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RUMI MÉNINGES

Sois témoin et non juge.
Mets l’emphase sur toi par sur les autres
et écoute ton coeur, pas la foule.

– Rumi

Ah ce cher Rumi, toujours les mots pour dire ce qui doit être dit, ce qui mérite d’être dit.

Sois témoin et non juge.

La base pour devenir plus conscient(e) de soi et de notre attitude face au monde qui nous entoure est inscrite dans ces quelques mots à mon avis. Prendre note sans porter de jugement définitif car les choses bougent et évoluent. Et ce que l’on pense vrai un jour s’avère différent le lendemain. Et de même le surlendemain.

Ainsi, observer sans capter, regarder ouvertement sans figer dans le temps, garder le focus le plus large possible. Sans fixer, captant tout avec l’oeil de l’âme, peut-être lui le troisième finalement.

Garder le regard ouvert et prendre acte, demeurer ouvert(e) car tout change, tout bouge, tout évolue. Surtout notre vision et notre compréhension des choses et des gens. Et de soi.

Et notre vision peut s’élargir et voir plus grand seulement si on ne serre pas nos mains sur ce qui semble être une réalité à un moment donné. Car la réalité d’un moment peut devenir la futilité de l’autre.

Comme on dit, le contraire de l’apprentissage et de la sagesse n’est pas le doute mais la certitude.

Ainsi, garder un esprit ouvert, une tasse toujours vide et prête à se renouveller, pour saisir la fraîcheur de la vie qui va.

Mets l’emphase sur toi, pas sur les autres.

Pas dans le sens égoïstique du terme, pas dans l’optique de se prendre pour le nombril du monde et ne pas considérer autrui. Mais plutôt dans le sens de considérer sa propre part dans ce qui nous arrive. Car comme le veut le dicton, si nous n’avons pas contrôle sur ce qui nous arrive, nous sommes responsables de la manière dont nous réagissons aux événements.

Se regarder soi regardant le monde, en soi comme autour. Voir les limites de notre propre regard sur soi comme sur le monde, voir nos propres biais et croyances déformantes quand on regarde le monde. Voir ce que l’on ne voit pas encore.

Écoute ton coeur, pas la foule.

Écouter notre coeur et pas la foule, donc se fier à soi tout d’abord. Et laisser courir les rumeurs, les bavardages, les qu’en dira-t-on. Car tant est pensé et dit.

Écouter notre coeur et pas toujours notre tête car le premier sent et la seconde calcule. Et le senti est plus souvent juste que le calcul des algorythmes, les nôtres comme ceux de nos ordinateurs.

Même si ces mots recèlent une grande part de sagesse, quand même pas fou d’écouter nos proches car ils nous connaissent parfois mieux que nous-même. Autre perspective.

Même si on dit que ce n’est pas par les mots que l’on cueillera la Vérité avec un grand V, cette dite et pas encore dite vérité passe par les mots pour le moment. Car nous sommes des êtres de mots, des gens du dit et du pensé. Notre compréhension du monde passe par les mots, les concepts, les enchaînements de lettres.

Et par le mental, ce que certains nomment drôlement l’esprit. Il semble qu’il existe autre chose que cette voie du mental mais pour le moment, dans et avec ce mental que la plupart d’entre nous vivons, évoluons, pensons la vie. Par le mental que nous concevons – encore – le monde. Mais par le coeur que nous le sentons.

Tant à dire, tant de mots, tant d’idées. Autant que de silence qui doit les aérer, les ventiler, les alléger.

Que le silence ventile nos mots. Et que Rumi les éclaire.

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P.S. Plusieurs groupes d’amoureux des mots de Rumi sur FB, tapez «Rumi quotes». Même si certaines des citations qu’on lui attribue ne sont pas toutes de lui, les mots sont justes.

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Pas du Rumi mais nourriture à méninges quand même.

Ne priorise pas ton look mon ami(e), car il ne durera pas le voyage.
Ton sens de l’humour ne fera que s’améliorer avec l’âge.
Ton intuition grandira et s’étendra comme un majestueux manteau de sagesse.
Ta capacité à choisir tes batailles sera affinée à la perfection.
Ta capacité à rester immobile, à vivre l’instant présent, s’épanouira.
Ton désir de vivre chaque instant transcendera tous les autres désirs.
Ton instinct pour savoir ce qui (et qui) vaut ton temps, grandira et s’épanouira comme le lierre sur un mur de château.
Ne priorise pas tes apparences mon ami(e), elles changeront pour toujours, et cette quête est pleine de tristesse et de déception.
Donne la priorité à l’unicité qui fait de toi et à l’aimant invisible qui attire d’autres âmes partageant les mêmes idées pour danser sur ton orbite.
Ce sont des choses qui ne feront que s’améliorer.
– Von Canon

AMOUR ET PAIX

Quand on regarde le monde, du moins les nouvelles reflétant la plupart du temps les situations les plus problématiques de ce monde, on peut être porté à en arriver au constat que le monde semble manquer d’amour. Panne d’amour sur terre. Particulièrement en temps de guerre.

Mais malgré les guerres, et les échanges de gros mots sur les zéros sociaux et en commentaires des médias divers, le monde est surtout peuplé de gens aimant, de gens de coeur, de personnes qui aiment. Que ce soit leurs enfants, leurs ami(e)s, leurs parents, et la plupart des gens sont des êtres aimants. Ils et elles attirent à eux et elles des gens qui aiment, et ils/elles leur rendent bien.

Plus la guerre sévit, plus on a besoin d’amour. Plus l’ombre semble régner sur terre, plus la lumière est requise. Et l’amour est la lumière de ce monde, la lumière dans ce monde.

Et cet amour ne peut que débuter en soi, en chacun(e) de nous. L’amour part toujours de soi vers le monde.

Besoin d’amour ? Donnons-le. Exprimons tout l’amour qu’on a besoin de recevoir. Car l’amour est avant tout et tout d’abord expression, l’amour cherche à aimer. L’amour cherche l’amour.

Quand on commence à se pratiquer à aimer, on découvre que plus on aime plus on devient amour, et du coup plus on s’aime soi-même. Ça commence ici et ça revient ici. L’amour est spirale, l’amour crée des vagues.

Et l’amour se reconnait par un sentiment de confiance, de relaxation, de dépôt en soi. L’amour ne court pas par en avant, l’amour irradie, l’amour émane.

S’aimer soi-même peut constituer l’un des plus grands défis de la vie. Car on a tendance à être dur(e) avec soi, comme si on s’appartenait et qu’on exigeait toujours plus et toujours mieux, toujours davantage. Comme si on n’était pas assez tel que nous sommes.

Avec les années qui passent, s’aimer soi-même est l’une des choses que l’on découvre. Même si ça semble évident, tout un contrat car nous connaissons les parties de soi que l’on ne montre pas toujours, pas à tout le monde du moins. Souvent qu’aux êtres les plus près de soi. Souvent autour de soi donc que l’amour pose les plus grands défis. Aimer le monde entier est facile, aimer son petit monde une personne à la fois beaucoup moins.

Alors apprenons tout d’abord à s’accepter soi-même, dans notre entièreté. Surtout les bouts mins aimables. Pour que la paix puisse régner sur terre, on doit apprendre et enseigner tout d’abord l’amour de soi.

Car comme l’exprime si bien David Goudreau: la paix commence par se la crisser soi-même. Se crisser la paix pour ensuite s’aimer, s’aimer mieux, s’aimer plus, et ainsi pouvoir laisser irradier cet amour autour de soi. Simple et compliqué.

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Le monde a besoin aujourd’hui de plus de méditateurs, de guerriers pacifiques, de rebelles spirituels et de moins de révolutionnaires et de politiciens ambitieux. La vision sannyas, c’est justement créer des méditateurs, des hommes et des femmes en paix avec eux mêmes . Chaque sannyas doit devenir un rebelle, mais cette rébellion est individuelle. Vous ne vous battez pas contre des structures extérieures, votre combat est intérieur. Vous vous battez avec la structure de votre propre inconscient. Vous détruisez l’inconscience, vos parts d’ombre et vous créez plus de clarté en vous-même. Et, une fois que vous avez cette lumière en vous, vous vivez avec elle. C’est cela la pleine conscience , la voie de la vigilance. Et, c’est seulement si plus de personnes font ce processus que le monde pourra changer, qu’une ÊTRE humaine nouvelle pourra naître sur cette terre.

– Osho

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Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »

Marguerite Yourcenar, « Les yeux ouverts. » 1980

JE EST NOUS, JE SUIS TOUT, ET TOUS, ET TOUTES

Vous êtes immortel(le). Vous avez existé depuis des milliards d’années sous différentes manifestations, parce que vous êtes la vie et la vie ne peut pas mourir. Vous êtes dans les arbres, les papillons, les poissions, l’air la lune et le soleil. Peu importe où vous allez, vous êtes là, vous attendant vous-mêmes.

– Don Miguel Ruiz

Si on peut commencer à simplement accepter que nous sommes tout du monde, que nous sommes tout le monde, et que tout le monde est moi, que le monde est nous, et donc que moi est nous tous et toutes, et tout, alors il devient possible de cesser de juger les parties de ce monde que l’on serait porter à vouloir exclure.

Car que moi, que nous. Tout, toujours. Et on ne peut qu’assumer le monde, ce monde, dans son entièreté, dans sa totalité. Car nous sommes la vie et la vie ne peut pas mourir. Et on ne peut voir certaines manifestations de cette vie sans être toutes ces manifestations. Car on ne peut voir ce que l’on ne peut concevoir dit-on. On ne peut nier les parties moins reluisantes de ce grand forfait tout inclus au détriment des plus belles auxquelles on serait porté de vouloir s’identifier. On ne peut avoir le beurre sans l’argent du beurre, sans la vache, la ferme et tout le bataclan.

Ainsi, si on peut se considérer soi-même comme le tout, en se prenant pour le tout, se pensant comme le tout, nous devenons les attaquant(e)s autant que les attaqué(e)s, les bourreaux autant que les victimes, les trop durs comme les trop mous. Nous devenons le bon autant que le mauvais, le bon et le mauvais.

En embrassant le monde dans toutes ses manifestations, dans tous ses extrêmes et toutes ses déclinaisons, en acceptant que toutes les formes et toutes les manifestations du monde ne sont au fond que reflet de moi, de nous, on devient le monde entier. Car tout ce qui existe n’est que projection de notre propre monde.

Ainsi, en s’identifiant au tout, on disparait en tant que soi et on (re)devient le monde entier. La goutte redevient la mer. Et du coup, plus de eux ni de nous, plus de moi ni de toi. Il n’y a que du ceci, et même plus de cela. Que des parties du même grand tout, du même grand Je, du même grand Nous. Que des petits moi du grand Jeu humain et existentiel.

Si on peut arriver à voir et à concevoir le monde entier tel qu’il est, dans toutes ses manifestations, ni bien ni mal, que tel quel, sans faire d’effort pour en écarter les parties que l’on aime moins, pas ou pas du tout, on (re)devient alors le monde entier et tout ce qui vit a sa raison d’être puisque cela est, ceci est. Et ceci est juste et bon, juste bon. Même le mauvais, même le moins beau, même ce que l’on déteste et qui nous répugne.

Je sais, gros contrat mes ami(e)s. Mais le sens profond d’empathie, qui signifie se mettre à la place de l’autre. Voir le monde à partir d’une autre perspective.

Et en même temps, si je suis tout, je suis aussi rien. Si nous sommes tout, nous ne sommes rien du tout. Qu’un petit bout du grand Tout. Et n’être rien du tout est probablement tout ce que l’on peut faire, car rien à y faire, qu’être. Et rien en ce grand Tout nous l’avons déjà été, nous le sommes déjà et le serons pour toujours, et à tout jamais. Et toujours que maintenant.

Bon dimanche, premier jour du printemps, qui n’est que l’envers de l’automne, entre l’hiver et l’été qui partent et qui reviennent. Au fil des saisons.

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Ci-bas de beaux et puissant mots de Thich Nhat Hanh, qui vient justement de changer de forme, relayés via mon amie tatie MF.

Ne dites pas, je serai parti demain, car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.

Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde bourgeon sur une branche printanière, oisillon aux ailes encore fragiles, apprenant à chanter dans mon nouveau nid, chenille au coeur d’une fleur ; bijou caché dans une pierre.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer.

Mon coeur est rythmé par la naissance et la mort de tout ce qui est vivant.

Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière, et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps pour manger l’éphémère.

Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire. Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique, aux jambes pareilles à des bambous fragiles, et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation, se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate. Et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer.

Je suis un membre du Politburo, et je suis l’homme qui doit acquitter sa « dette de sang  » envers son peuple, mourant lentement aux travaux forcés.

Ma joie est comme le printemps, chaude, au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.

Ma peine forme une rivière de larmes, débordante, au point d’emplir les quatre océans.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms. Que j’entende ensemble mes cris et mes rires. Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms.

Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur, la porte de la compassion.

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20/3/2022

TOUJOURS JUSTE LE MILIEU

Ni que blanc, ni que noir. Pas de bien ni de mal non plus.

L’équilibre n’est qu’un constant état de déséquilibre. Si certains apprennent à fuir ou à se battre, nous avons la chance de simplement observer, et ressentir. Et le devoir d’apprendre à marcher sur le fil, à avancer avec le vent, et contre vents et marées.

Ne pas s’en foutre, car c’est toujours de nous qu’il s’agit, de notre monde, de notre propre humanité, qu’elle en nous ou en dehors.

En crever ? Ça nous arrivera bien tous un jour. Mais d’ici là, vivons, vivons totalement, vivons passionnément. Et continuons de se sentir lié(e)s, uni(e)s, un.

Impossible de s’enfermer à double tour de toute façon, alors laissons entrer le monde entier en nous, mais en le laissant passer son chemin. Ne le retenant pas, ne fermant pas les mains, mais ne l’empêchant pas non plus de nous atteindre car impossible à éviter de toute façon. Peu importe les protections que l’on tentera d’ériger, le monde nous atteindra, le monde nous bouleversera. Car je suis le monde, nous sommes le monde, et le monde est je, nous, le monde est tout et partout, et le monde est fou.

Ne pas se laisser durcir, car le trop dur craque. Mais ne pas trop se laisser ramollir non plus, car le trop mou s’effondre. Juste assez dur, juste assez mou, Ni trop peu, ni trop.

Tout est donc question d’équilibre. Ce constant déséquilibre.

Face à cette guerre qui frappe, et qui semble nous toucher plus que les autres qui ont pourtant cours depuis toujours ou presque, on ne peut que se sentir concerné(e), car nos frères et nos soeurs, leurs enfants et leurs parents, qui écopent. Et au nom de nos frères et soeurs aussi qu’on attaque.

Et en même temps, rien que nous ne puissions faire pour l’arrêter, pour la stopper cette fichue guerre qui fait partie intégrale de notre humanité. Et la guerre, ça frappe toujours fort, très fort, trop fort.

Et l’antidote à la guerre réside toujours dans la paix, dans l’intention de la paix. Et peut-être que le but réel de la guerre est de nous apprendre la paix, même si la leçon semble longue jusqu’à l’éternité.

Être lucide sans devenir cynique, se laisser toucher sans devenir apathique et désensibilisé(e).

Pendant qu’ici, nous vivons la guerre par médias interposés, d’autres la subissent, d’autres la provoquent. Mais tous elle nous atteint à divers degrés.

Ainsi, demeurons empathiques sans crouler sous les bombes qui ne sont que médiatiques dans notre cas. Apprécions cette chance que tous n’ont pas. Pour le moment.

Sentons-nous concerné(e)s, car de notre monde qu’il s’agit, notre monde qui souffre et qui vacille. Sentons-nous solidaires, autant avec les attaqué(e)s, qu’avec le peuple des attaquants car pas tous des pro-guerre de ce côté-là non plus. Séparons les actions des gens, séparons les gens de couleurs de drapeaux. Car nous sommes tous les fils et les filles de la terre, de nos mères et de nos pères, et tous les parents de nos enfants, car tous et toutes nos enfants, même si pas directement, même si pas biologiquement. Tous des enfants de l’humanité.

Et continuons d’espérer la paix, de la vouloir, toujours, à tout jamais, car on ne peut qu’espérer et vouloir la paix, cette paix qui semble devoir se construire à coup de guerres et de bombes. Plus jamais a-t-on déjà dit. Mais encore dirait-on.

Le monde extérieur que l’on observe est en partie notre propre monde interne, notre propre monde d’illusions et de réalités diverses. Ce monde extérieur nous reflète nos propres petites guerres internes, nos propres conflits enterrés. Nous, candidement désarmé(e)s et désemparé(e)s devant la folie meurtrière.

Incrédules devant l’arrogance guerrière et l’inhumanité qui la sous-tend, rien que nous ne puissions faire pour ne pas sentir au plus profond de soi la souffrance qui git, la souffrance qui fuit.

Dans cet état de constant déséquilibre, acceptons ce qui est, et faisons en sorte que nous puissions contribuer à ce fameux plus jamais.

Mais pour pouvoir atteindre ce juste milieu, essentiel de connaître et d’accepter les deux extrêmes, en soi comme en dehors.

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Amour.
Je suis un avec toutes choses.
Dans la beauté, dans la laideur,
Pour tout ce qui est, je suis là.
Non seulement en vertu
Mais dans le péché aussi je suis un partenaire,
Et pas seulement le ciel, mais l’enfer aussi est à moi.
Bouddha, Jésus, Lao Tzu- Il est facile d’être leur héritier.
Mais Gengis, Taimur et Hitler ? Ils sont aussi en moi !
NON, pas la moitié – je suis toute l’humanité !
Tout ce qui est à l’homme est à moi –
Fleurs et épines,
Les ténèbres comme la lumière.
Et si le nectar est à moi, à qui appartient le poison ?
Nectar et poison, les deux sont à moi.
Quiconque éprouve ce que j’appelle religieux, car seule l’angoisse d’une telle expérience, peut révolutionner la vie sur terre.

– Osho

AIDE DIVINE DEMANDÉE

Je crois que nous, les humains, avons divinement besoin d’aide.

Je ne sais pas trop d’où peut et doit venir cette aide, non plus si quelque chose ou quelqu’un entend nos demandes, nos prières, mais clairement, si on regarde la situation actuelle de notre humanité, on aurait bien besoin d’aide de l’au-delà en ce moment.

Force est de constater qu’au fil de l’histoire humaine, nous sommes des barbares nous les humains. Et les seuls animaux qui s’entretuent pour leur propre profit, ou leurs sales idéologies. Et, de surcroît, nous semblons sur le point d’achever la Terre même sur laquelle on vit, au profit des intentions de quelques-uns plus désireux et plus pro-actifs. Mais peut-être que nous disparaîtrons avant elle.

De descendance catholique, j’ai longtemps été en réaction à toute forme de prière, ou aux demandes divines. Incrédule devant les possibilités de recevoir de l’aide d’ailleurs, j’ai de façon arrogante longtemps juger ceux et celles qui parlent à Dieu, préférant me prétendre à son écoute par la méditation quand, au fond, c’est surtout mon mental que je visite.

Mais ces temps-ci, devant le constat de notre triste situation, comme si je sens qu’il nous faudrait retrouver la capacité de prier, de demander de l’aide, ou du moins conseil, à plus grand que moi, implorer une aide supérieure à nous-même.

Que l’on nomme cette présence plus vaste que nous Dieu, Existence, la Vie, le Grand Esprit, ou de façon plus incarnée le coeur profond des hommes et femmes de bonne volonté, il me semble que l’on doive s’ouvrir à demander et à recevoir une forme de sagesse qui pourrait venir d’ailleurs, ou du plus profond de soi-même, pour espérer pouvoir venir à bout de nos récurrents et constants conflits, à bout de notre abus et du non-respect de la Terre même sur laquelle on vit.

On dit que l’ombre force la venue de la lumière. Ces temps-ci, l’ombre frappe fort et un immense puits de lumière divine me semble requis.

On nous dit d’avoir la foi. De faire confiance. OK. Mais presqu’inévitable de douter aussi car le défi est grand, et sombre, et fort inquiétant en ce moment.

Difficile de se suffire à soi-même, et de simplement apprécier son petit bonheur en ces temps troubles car on vit sur une Terre commune, nous partageons la même existence humaine et terrestre, malgré que chacun(e) crée son propre petit monde en ce bas monde.

Pas facile de se détacher de ce qui se passe ailleurs sur terre en ce moment. Même si la paix ne peut commencer qu’en soi-même évidemment, fin équilibre de faire sens de cette grande barbarie humaine et de ne point la laisser nous toucher, du moins ne pas la laisser trop nous affecter.

Alors quand le défi de la foi est aussi grand qu’en ce moment, on ne peut que s’en remettre à une force supérieure, à une sagesse et une intelligence plus grande que soi. On ne peut qu’ouvrir son coeur, reconnaître notre impuissance et notre solidarité, et demander aide et conseil à plus grand que soi. Car que peut-on faire d’autre en ce moment ?

Le monde bouille, la terre gronde, la tension monte. Un peu normal de se sentir en effervescence intérieurement, car on vit au coeur du monde, et ce monde vit également en nous, qu’on le veuille ou non, qu’on le sente ou pas. Notre coeur partage le même grand rythme terrestre.

Qu’on écoute ou non les nouvelles, on peut sentir le bouillonnement mondial, on peut goûter la tension, on peut entendre le bruit des bottes et des canons.

Ainsi, en ces temps instables, même s’il possible encore de croire que tout est parfait et pour le mieux, on est en droit de douter, de se poser des questions, de ressentir un certain vertige, un malaise certain.

Malgré tout, en particulier notre incompréhension, tout ce que l’on peut faire est de continuer à faire confiance en la Vie, la petite comme la Grande, garder sa foi vivante et enthousiaste, vaillante, et notre flamme allumée.

Amen !

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Promets-moi.
Promets-moi ce jour.
Promets-moi maintenant.
Pendant que le soleil est au-dessus
exactement au zénith.
Promets-moi.
Même s’ils t’abattent
avec une montagne de haine et de violence.
Même lorsqu’ils te marchent dessus
et t’écrasent comme un ver.
Alors même qu’ils se démembrent
et t’éventrent,
Souviens-toi frère.
Rappelez-vous, l’homme n’est pas
notre ennemi.
La seule chose digne de toi
est la compassion –
invincible, illimité, inconditionnel.
La haine ne te laissera jamais affronter la bête en l’homme.
Un jour, quand tu affronteras cette bête seul avec ton courage intact, tes yeux bienveillants, tranquilles (même si personne ne les voit), de ton sourire fleurira une fleur.
Et ceux qui vous aiment vous verront à travers dix mille mondes de naissance et de mort.
De nouveau seul, je continuerai tête baissée, sachant que l’amour est devenu éternel.

Sur la route longue et accidentée, le Soleil et la Lune continueront de briller.
L’homme n’est pas l’ennemi.

Notre ennemi est la haine, la colère, l’ignorance et la peur.
🌻 Thich Nhat Hanh

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J’ai reçu récemment cette prière d’une amie qui vient de perdre son fils.

Guéris-moi Seigneur.
Je me tiens devant toi, j’ai grand besoin que tu touches mon coeur.
Je te demande de venir à moi, de me guider, et que tu me prennes dans tes mains aimantes. Soulage-moi de mes peurs, de mes pleurs et de ma douleur.
Oh toi Grand guérisseur réconfortant, je demande que dans ta miséricorde et ta grande indulgence, tu répares ce qui est brisé en moi et que tu m’unifies. Aide-moi à sentir Ta présence en chaque souffle.
Ceci, je le demande avec tout mon coeur.
Amen !

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Je suis peu instruit en la matière, mais selon certains, certaines forces et entités veillent et nous protègent.

PETITES PÉPITES D’ESPOIR EN TEMPS DE CRISE

Garder l’espoir en temps de crise n’est pas qu’une sotte idée simplement romantique. Cela repose sur le fait que le monde n’est pas qu’histoire de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de bonté. Ce sur quoi nous décidons de mettre l’emphase dans cette histoire complexe déterminera le sens que prendra notre vie. Si nous choisissons de ne voir que le pire, cela affectera notre capacité même de contribuer. Si nous nous souvenons de ces temps et lieux – et il y en a tant – où les gens ont agi avec dignité, cela nous donne l’énergie d’agir, ou au moins ça nous offre la possibilité de considérer un changement.

E si nous agissons, peu importe la porté de nos actions, nous n’avons pas à attendre
un grand avenir utopique. L’avenir n’est qu’une succession de petits présents, et le fait de vivre maintenant comme nous considérons que les humains devraient vivre, au mépris de tout le mal autour de soi, est en soi une merveilleuse victoire.

– Howard Zinn, La politique de la réforme humaine, une force pour el changement positif

Ces temps-ci, je suis à réparer quelques petits problèmes dans mon humble petit home en forêt. Petits et insignifiants problèmes comparés à ce qui se passe dans le monde. Du moins dans le monde de certaines personnes qui fuient les tirs et les bombes. Cette guerre en Ukraine qui nous fait d’ailleurs prendre conscience des nombreuses autres guerres qui sévissent ailleurs et que nous oublions. Ces guerres que nous préférons oublier parce que plus loin de nous, parce que peu rapportées dans les médias, parce que les victimes nous sont moins semblables. Mais guerres néanmoins. Et multiples misères non moins.

Alors comment arriver à simplement faire la paix avec notre petit bonheur et confort personnel ici en temps de guerre là-bas ?

La question se pose. Car troublant de penser que pendant que nous vivons dans une relative normalité, d’autres cherchent simplement à survivre. Sur la même planète, en même temps. Comment ne pas se sentir mal de ne pas être à leur place. Ou du moins responsable avec eux.

Si on considère le terme responsable à l’anglaise, comme dans responsability, comme habileté à répondre justement, quelle peut être notre réponse face à la grande guerre ?

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La vérité, c’est qu’il y a des moments dans l’histoire, des moments comme celui que nous vivons, où tout ce qui nous empêche de désespérer, tout ce qui nous permet de croire et de continuer à vivre, a besoin d’une cachette, d’un refuge. Ce refuge parfois, c’est seulement une chanson, un poème, une musique, un livre.
Romain Gary – Éducation européenne
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Personnellement, ce que j’aime faire pour contribuer à mon humble mesure consiste à semer quelques graines d’espoir sous forme de mots. Lancer à bouts de mots quelques pépites d’espoir ici et là, plus ici que là car toujours qu’ici pour soi finalement. En espérant que cet ici se rende ailleurs, jusque là. Là-bas. Qui n’est aussi qu’ici.

Ainsi, nourrir la paix, en soi, autour de soi. Créer de la beauté à petite échelle.

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Il ne faut pas seulement désirer la paix. Il faut la nourrir au quotidien, en soi comme autour de soi. Il faut parler de la paix, faire des actes de paix, au sein même de notre quotidien. Alors, et seulement alors, la paix sera possible dans le monde.
Alain Williamson, Des échos intérieurs via Robert Potvin

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Et, au risque de me répéter, de tout d’abord réaliser et prendre conscience de la grande chance, l’inestimable chance et précieux privilège de vivre en paix. D’avoir un toit, et chaud, et à boire et manger. Déjà plus que tant d’autres.

Et partant de cette précieuse base, en soi, la faire grandir, et partager autour de soi. Par des gestes, par des mots, par des pensées de paix et de justice. Partager de la beauté, partager de l’espoir car on ne peut être ailleurs qu’ici pour le moment, on ne peut qu’être soi-même.

Et continuer de marcher notre chemin. Avec le coeur. Dans la confiance.
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Quelqu’un m’a demandé : « Tu n’as pas peur de l’état du monde ? »

Je me suis permis de respirer et puis j’ai dit : « Ce qui est le plus important, c’est de ne pas laisser ton anxiété à propos de ce qui se passe dans le monde remplir ton cœur ». Si votre cœur est rempli d’anxiété, vous tomberez malade et vous ne pourrez pas aider.

Il y a des guerres – grandes et petites – dans de nombreux endroits, et cela peut nous faire perdre la paix.

L’anxiété est la maladie de notre époque.

Nous nous inquiétons pour nous-mêmes, notre famille, nos amis, notre travail et l’état du monde.

Si nous laissons l’inquiétude remplir nos cœurs, tôt ou tard nous tomberons malades.

Oui, il y a d’énormes souffrances partout dans le monde, mais le savoir ne doit pas nous paralyser.

Si nous pratiquons la respiration consciente, la marche consciente, la position assise consciente et le travail en pleine conscience, nous faisons de notre mieux pour aider et nous pouvons avoir la paix dans notre cœur.

S’inquiéter ne sert à rien.

Même si vous vous inquiétez vingt fois plus, cela ne changera pas la situation du monde.

En fait, votre anxiété ne fera qu’empirer les choses.

Même si les choses ne se passent pas comme nous le souhaiterions, nous pouvons toujours être satisfaits, sachant que nous faisons de notre mieux et que nous continuerons à le faire.

Si nous ne savons pas respirer, sourire et vivre profondément chaque instant de notre vie, nous ne pourrons jamais aider personne.

Je suis heureux dans le moment présent.

Je ne demande rien d’autre.

Je ne m’attends pas à un bonheur supplémentaire ou à des conditions qui apporteront plus de bonheur.

La pratique la plus importante est l’absence de but, ne pas courir après les choses, ne pas saisir.

– Thich Nhat Hanh

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17/3/2022

MARCHER AVEC SON COEUR

Ton coeur connait le chemin, va dans cette direction.

Cette citation de Rumi me fait penser à ces quelques mots que j’ai bien appréciés de l’ami Adam du village ici qui écrivait la semaine dernière : Le sens est pour moi là où le cœur s’ouvre.

Deux façons de dire la même chose.

Deux façons de dire que ce n’est pas la tête qui doit mener notre vie, même si on est plutôt éduqués, de par notre culture de performance, dans une société d’actuariat, de planification et de prévision, à penser notre chemin, à prévoir et préparer notre demain.

Combien de fois nous sommes-nous fait demander, enfants : que veux-tu faire quand tu vas être grand(e) ?

Dès l’école secondaire, sinon primaire, on demande aux jeunes de choisir leur avenir, de penser leur vie à venir, de préparer leur carrière. Si cela était plus courant jadis, il semble que cette époque soit un peu révolue. Un peu. Car on réalise que l’avenir est imprévisible, imprédictible. On ne peut vivre que maintenant.

Pas rare désormais d’avoir 3-4 carrières au cours de la même vie. Pas rare de fonder quelques familles, ou d’en reconstituer une. Pas rare non plus de voir des gens quitter de bonnes grosses jobs payantes pour partir faire ce qu’ils/elles aiment, ce qui les passionnent, au risque et périls de leur coeur. Et c’est tant mieux. Le coeur peut en prendre.

Car en effet, c’est le coeur qui devrait mener notre vie. Pas que la tête ne serve à rien, toujours utile d’avoir une calculette pas trop loin. Mais elle devrait n’être qu’au service du coeur, et non l’inverse comme c’est trop souvent le cas. Très censé de savoir compter sur son coeur.

Parfois, quand on arrive à ce point où l’on ne sait plus par où avancer, quand on ne sait plus où faire le prochain pas, on ne peut que s’arrêter, faire silence et écouter son coeur. Sous le poupoum poupoum initial de notre pompe biologique, réside une autre dimension. Au-delà, ou au-dessous de ce que l’on entend, et ressent dans un premier temps quand on se branche sur son coeur, résonne une délicate musique, chante et chuchote une petite voix, se cache une douce inspiration logée au plus profond des ramifications intimes de notre coeur.

Mais pour entendre les aspirations profondes de son coeur, il faut s’arrêter assez longtemps, et régulièrement, et écouter, et sentir. Car le coeur est un muscle qui demande du temps et de l’attention. Le coeur est un orgue de barbarie, a grand pipe organ.

Nos petits coeurs individuels battent en choeur au même rythme que le grand coeur du monde, même si chacun(e) a son rythme qui lui est propre. Ces coeurs qui battent à différentes rythmes forment une grande harmonie, l’harmonie des coeurs humains, animaux et végétaux qui règne en cette existence.

Malgré les apparences. Même si on dirait que les coeurs battent en retraite ces temps-ci, même s’ils semblent en chamaille. Au fond, ce ne sont que nos têtes qui s’enfargent dans les fleurs tapies dans le chaos, car les coeurs ne sont qu’un, ne forment qu’un. Un seul coeur humain.

– Grand-mère, la guerre a commencé !
Mon enfant, la guerre est déjà dans le monde. Et depuis si longtemps. Ce que tu vois aujourd’hui n’est pas le début, mais l’extension de la stupidité humaine.

– N’y a-t-il aucun moyen d’arrêter cette stupidité ?
– On ne peut l’arrêter qu’avec du courage. En regardant à l’intérieur de soi. Il est temps de déposer les armes de la peur, de faire taire les bombes du raisonnement, de lâcher les avions de contrôle. Et de mener la seule bataille qui en vaudrait la peine : celle contre notre propre résistance à la vie !

– Mais grand-mère, il y a des bébés qui meurent, des personnes âgées, des jeunes… que peut-on faire ?
– Demande-toi plutôt ce que tu veux ÊTRE. Et sois l’amour, partout autour de toi. Ce qui signifie suivre son cœur, toujours !
Même si tu es obligé de mettre ta vie sans dessus dessous. C’est avec nos cœurs que nous sommes en guerre depuis toujours, commençons par là et trouvons la paix ! Il est temps d’allumer les candelabres de notre feu intérieur.

– Elena Bernabè via François Thiboutot sur FB

SERVIR À QUOI OU SERVIR À SOI

Les cultures Occidentales laissent entendre que nous sommes né(e)s dans un but précis, soit pour travailler, produire, faire de l’argent; au contraire, dans certaines cultures indigènes, on dit plutôt que nous sommes tout simplement vivants(e)s comme l’est la nature: pour être ici et maintenant, pour être beau/belle et étrange. Nous n’avons pas à atteindre quoi que ce soit pour être confirmé(e) dans notre humanité.

Intéressants propos cette dame, propos qui posent quelques questions connexes dans ma caboche.

Être ou faire ? Être et faire ?

Servir à quelque chose, ou servir à rien ?

En effet, nous sommes pour la plupart pris dans une logique de produire, d’être utile, de servir à quelque chose, si ce n’est à quelqu’un. Nous devons faire rouler une machine. Nous sommes des consommateurs/trices. Mais consommateurs tristes.

Pour avoir oeuvré longtemps dans le domaine de la toxicomanie, j’ai toujours été émerveillé d’entendre les gens qui prenaient diverses substances psychoactives trop régulièrement dire qu’ils/elles consommaient, sans mentionner quoi. Comme si le simple de fait de consommer les définissaient, faisait d’eux quelqu’un. Je consomme donc je suis. Peu importe l’objet de la consommation. Désormais, les influenceurs font un peu ce jeu, en étant sur les réseaux, ils existent.

Pour la plupart d’entre nous, la plupart du temps du moins, nous définissons nos journées comme positives si on a accompli quelque chose de concret, si on a fait quelque chose. Si on a créé. Comme si ne rien faire n’était rien justement.

Pourtant, ne rien faire est déjà quelque chose en soi. Comme on dit, quand il n’y a plus rien à faire, que peut-on faire ?

Dans notre société de consommation, société de production à outrance, on doit servir à quelque chose, on doit faire rouler les choses. Pour cela que les vieux sont si peu considérés probablement, ils ne servent plus à rien. Pourtant les enfants ne servent à rien eux non plus sauf qu’ils/elles représentent l’avenir. Deux poids deux mesures.

S’il en revient à chacun(e) de de trouver un sens à sa propre vie, on pourrait aussi commencer à enseigner à être, tout simplement. Apprécier sa propre valeur en tant qu’organisme vivant. Comme les arbres qui ne font que se faire aller au vent (même si on dit qu’il se passe toute une vie communautaire sous la terre), comme les pierres qui ne font que leur têtes dures, comme les animaux qui ne font que vivre, courir, se défendre, se nourrir et se reproduire tout naturellement, selon leur instinct, selon leur flair. La nature coule avec la vie. Tout simplement.

Nous, les humains, dans les sociétés occidentales du moins, depuis des décennies, nous devons servir, à quelque chose, mais la plupart du temps surtout à faire rouler la machine. Pour avoir du sens, on doit faire, on doit produire, divertir, faire du bien, qu’ils soit humain mais le plus souvent utile.

Plusieurs politicien(ne)s disent vouloir servir le bien public. Si j’aime croire que la plupart le font en toute sincérité et de bonne foi, on constate que certains préfèrent se servir dans le bien public. Mais ceci est un autre débat.

Pas évident de ne simplement qu’être, être, tout simplement. Simplement parce que la vie en a décidé ainsi, ou Dieu, ou le destin. Nous ne sommes que le résultat d’une équation biochimique. Et un grand mystère.

Pourtant, sans l’avoir décidé ni toujours le comprendre, on naît, on meurt, et entre les deux, on vit. Et chacun chacune nous sommes face au fait de notre propre existence. Peu importe le sens qu’on lui donne, peu importe le sens qu’on en fait.

En ces temps de guerre, après deux années déstabilisantes, nous sommes en proie à nous poser quelques questions quant à note existence.

Car en effet, quelle période intrigante, quelle période questionnante.

Car le sol sur lequel on marche, court et roule, l’air que l’on respire et le ciel au-dessus de notre tête nous menacent sans qu’on veuille entendre. La température monte et monte et monte, même si on ne veut pas le réaliser et surtout changer nos habitudes à la base de cette hausse, hausse, hausse.

Alors quand il semble ne plus rien y avoir à faire, on fait quoi ?

Peut-être qu’il ne sert à rien de servir à quoi que ce soit, peut-être qu’il ne suffit d’être. Et de se suffire à soi. Et comme on se posait la question récemment, qu’est-ce que le soi de toute façon ? Qu’est-ce que le soi sans les autres ?

Et peut-être aussi qu’il n’y a tout simplement pas de réponse à ce genre de questionnement, peut-être qu’il ne suffit que vivre puisqu’on nous prête souffle. Une respiration à la fois, chaque respiration dans la foi.

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15/3/2022

SILENCE DE PAIX SOUS BRUIT DES BOMBES

On a tendance à l’oublier. Mais le monde est surtout rempli d’amour. Malgré les apparences. D’ailleurs, haine ou peur ?

Car la guerre fait beaucoup de bruit, elle prend toute la place. Elle est grossière, spectaculaire, tueuse, blessante, ordurière. Elle en met plein les yeux et lève le coeur. Surtout pour ceux et celles qui la subissent directement. Des millions de personnes qui fuient, se protègent, se sauvent des chars, des balles et des bombes sales.

Un grand nombre de personnes subissent la guerre que quelques-uns seulement leur imposent. Ceux qui veulent le pouvoir absolu, ceux qui font commerce de cette guerre et de leurs armes. Ceux qui ne peuvent trouver refuge dans leur coeur et qui massacrent le bonheur des autres.

Mais malgré la guerre, le monde est surtout constitué d’amour, d’amitié, de compassion, d’empathie, d’entraide et de beauté. Also comme disait Veeresh. La guerre ne fait que cacher la paix car elle crie plus fort, elle fait beaucoup de bruit. La guerre fait exploser la paix. Mais peut-être que la paix lui tout de même supérieure. Malgré les apparences.

Mais derrière ce bruit, dans ce bruit, le silence persiste. Comme au coeur de la guerre c’est la paix qui résiste. Au coeur de toute guerre, la paix insiste et subsiste.

Nous, qui regardons ces guerres dans nos écrans, bien confortables, au chaud, choyés, nous ne pouvons connaître la réalité de cette folie meurtrière au quotidien. Nous ne pouvons qu’imaginer. Tout ce que l’on peut faire est regarder, sentir, imaginer, compatir. Pendant que d’autres courent, se protègent et se défendent, nous on observe.

Pendant que les bombes tombent, lancées par ceux qui se bombent le torse et fourbissent leurs canons, nous on regarde. Pendant que les avions tournent et grondent au-dessus de la tête de nos frères et soeurs, nous on observe. Pourtant, tous et toutes nos frères et soeurs, attaquants comme attaqués. Et on apprécie que ce n’est pas sur nos têtes que ces bombes tombent. En cherchant ce que l’on pourrait faire pour aider. En vain souvent car quoi faire face à cette guerre incompréhensible ?

Pendant que les chars d’assaut avancent, pillent et détruisent tout sur leur passage, pendant que des bombent tombent sur des hôpitaux, pendant que la stratégie des uns se déploient sur le dos, la maison et dans le coeur des autres, ces autres fuient et courent. Pendant que nous on se demande ce que l’on peut faire.

Évidemment on ne peut que commencer par cultiver la paix en soi, ce qui semble le premier pas. Mais encore peut-on se demander.

Joindre les rangs ?
Envoyer un peu d’argent ?
Prier pour la paix ?

Un peu de tout ça j’imagine. À la mesure de nos capacités.

Mais, peut-être surtout et tout d’abord, ne pas oublier que l’amour domine le monde et que cette folle guerre apportera peut-être finalement la paix. Comme on a espéré que toutes les précédentes le feraient. Et pourtant, nous en sommes encore là. Peut-être est-ce la bonne ?

Car on ne peut et ne doit pas s’habituer à la guerre. On doit bien sûr accepter qu’elle existe et qu’elle frappe en certains endroits du monde, même si celle en Ukraine nous semble plus réelle, plus près de nous. Mais elle est aussi souvent en nous-même cette foutue guerre.

Avec les heurts au coeur de nos frères et soeurs qui subissent les guerres, rappelons-nous que tous les êtres humains ont un coeur, que tous et toutes sont les fils et les filles de parents qui les ont aimés, tous et toutes nous sommes les parents d’enfants, des frères et des soeurs, amis et amies d’autrui. Et que ces coeurs cherchent la lumière, à leur façon.

Car nous partageons tous et toutes les mêmes besoins. Nous foulons tous et toutes la même terre.

Et quotidiennement, malgré les horreurs guerrières, tant de bonté, d’amour et de compassion se déploient et peuplent le coeur de la plupart des êtres humains. Tous et toutes, chacun chacune, nous sommes en quête de paix, autant en nous qu’autour. Avec les mêmes quelques besoins fondamentaux à combler. Même si cela semble improbable quand la guerre frappe, ce qu’elle constamment depuis le début des temps.

N’oublions pas la paix, l’amour, le bien.

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image via ma voisine Christine Tupper, amoureuse des chevaux
11/3/2022

BONTHÉ DIVINE À TOUS LES HUMAIN(E)S

Si tu désires un monde de bonté, alors agis avec bonté.
Si tu désires un monde de paix, fais la paix en toi-même.
– Dan Millman

Quel monde fou et étrange dans lequel nous vivons.

Que de haine et de guerre un peu partout sur la terre. Et en nous-même.

Cette terre que nous malmenons à coups de hache et d’achats compulsifs.

Je n’entrerai pas dans les grandes analyses stratégiques car bien trop complexes les jeux de guerre et de pouvoir pour le pauvre petit pois que je porte en ma caboche. Mais comme vous, je sens et ressens le monde qui souffre, le monde qui cherche la paix alors que d’autres font commerce de la guerre.

Quoi faire d’autre que de tenter la paix à petite échelle car que là qu’on ne puisse vivre. À sa propre petite échelle humaine et humaniste. Car la grande majorité de l’humanité en est une de bonté.

Les événements qui prennent place nous dépassent largement. On peut être tenté(e) de chercher – et de trouver – un ou des coupables, peut-être le sommes-nous tous et toutes un peu d’ailleurs. Coupables ou responsables ? Responsables du moins de cette grande guerre qui trouve racine tout d’abord dans les petites guerres qui vivent en nous, en chacun chacune. Toujours tout d’abord en soi la guerre ? Peut-être, je ne sais trop. Cette guerre qui semble nous toucher plus que d’autres, mais qui au fond ne fait que nous révéler toutes les autres, quelque soit la couleur ou le lieu.

Pour penser viser la paix mondiale, tentons la paix en soi, la paix autour de notre petit nombril, pour retrouver le cordon qui nous relie. Cultivons tout d’abord la paix en notre propre coeur. Pour apaiser nos propres peurs, pour calmer et apprivoiser nos ardeurs.

On dit que la lumière appelle l’ombre et la noirceur. Peut-être alors que cette grande ombre, cette période sombre ne fait qu’appeler encore plus de lumière. Peut-être. On l’espère du moins.

D’ici, apprécions la chance que l’on a de vivre en paix. Autour du moins. Pour l’intérieur, chacun(e) son champs de bataille à pacifier, plus ou moins chargé.

Pour ma part, je ne peux que tenter de générer paix et lumière en et autour de moi. Grâce à ce thé sacré qui nous révèle nos parts d’ombre. Pour ensuite partager cette lumière autour de moi. En toute humilité, en tout respect, et avec une immense gratitude.

Alors pensées, empathie et compassion envers tous ceux et celles qui subissent ces guerres, ici, là, comme partout ailleurs. À ceux et celles qui se protègent et se défendent, comme à ceux et celles qui fuient. Pensées toutes spéciales envers les enfants.

Et à ceux qui les créent et qui tirent profit de ces guerres, paix vers vous aussi, paix en vous. Surtout à vous la paix en fait, car vous qui en avez le plus besoin. J’espère que vous n’êtes pas conscients de la portée de vos actes. Et espérons que cette ombre que vous propagez saura instiller la lumière dans notre monde.

Amen !

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« La vie intérieure, c’est savoir que la paix n’est pas dans le monde, mais dans le regard de paix que nous portons sur le monde.

C’est savoir que la joie n’est pas dans le monde comme des dragées dans une bonbonnière, et qu’il suffit d’attendre qu’une société enfin parfaite, ou des appareils, enfin complets, remplissent la bonbonnière.

C’est savoir que la joie n’est jamais pour demain, mais pour aujourd’hui, ou alors qu’elle ne sera pas. Être bien sûr que les événements, même les plus doux, la campagne, même la plus fleurie, la paix civile, même la plus durable, ne la donneront jamais.

Et cela, pour la simple raison que nous l’avons déjà. »

– Jacques Lusseyran,
Le monde commence aujourd’hui, via Jean Gagliardi

10/3/2022