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PETIT MAINTENANT DE L’AVANT

Petit matin blanc, matin de l’avant, petit matin de rien.
Petit matin qui tient, tout seul, dans la paume de ma main.
Que ce matin, et puis c’est tout.
Tout ce qu’il y a, tout ce qui est, y est, en ce petit matin de rien.

La vie coule en général, comme parfois nous on croule sous le poids du rien.
On dit que la vie est courte, mais elle est aussi longue à la fois.
On garde la foi, sans trop savoir, sans trop vouloir ni pouvoir savoir.

La foi en quoi ? La foi tout court.
La foi en tout, comme la foi en rien, ce grand rien du tout.

Foi dans la certitude de la beauté, cette beauté toute simple.
La simplicité du jour, du jour qui passe, ce jour où parfois rien ne se passe.
Que la vie.

Jours deux de l’avant. L’avant quoi ? L’avant maintenant. À l’avenant.
Petit matin zen, petit matin de rien, petit matin pendant.
Tout y est. Parfait.

SOI-MÊME ?

Hier une amie a posté ce meme.

Meme toi-même.

Et immédiatement est monté en moi cette réflexion: il ne reste plus qu’à définir ce soi-même.

En français soi-même, et en anglais yourself, ton soi. Ah ces langues dans le vinaigre de la vie.

On pense savoir ce qu’est ce soi-même dont tout le monde parle et dont tout le monde se revendique. En tous cas, on souhaite que chacun(e) en ait un, ou en soit un, ou sache ce que c’est, plus ou moins.

On dit sans cesse qu’on doit être soi-même, devenir soi-même, s’accepter soi-même, s’aimer soi-même, se pardonner à soi-même, se faire confiance à soi-même et autres tâches connexes reliées à ce fameux soi-même en question.

Mais qu’est-ce que ce soi-même au juste ?

Je l’ai googlé ce soi-même, et les avis ne sont pas si clairs, et plus que partagés. Mais pas de la même façon. Pas si simple d’être soi-même on dirait bien, en plus qu’il semble ne pas y en avoir un pareil à l’autre. Unique comme tout le monde.

En tous cas, j’ai trouvé qu’il n’existe aucun antonyme à soi-même. Toujours ça de trouvé.

Très sincèrement, après une quarantaine d’années de recherche ici, là et ailleurs, quoi que surtout autour d’ici, oui oui juste là, je n’en ai pourtant encore aucune idée, pas la moindre. Parfois je le suis, parfois pas. Parfois je le pense, d’autres fois je le suis, mais dans le sens d’à sa traîne. Je me suis moi-même.

Comme si ce petit soi-même juste à moi se défilait sans cesse, comme s’il changeait à chaque jour et à chaque détour. Il est tantôt ceci, tantôt cela, et la plupart du temps autre chose. Dès que je – pense – le saisir, il se sauve et m’évite, je me sauve et il s’effrite. Méchant joker ce soi-même. Un soi-même que j’imagine en moi, du moins contenu en mon corps, quoi que très souvent localisé dans ma ptite tête, derrière mes yeux. Et partout all over the palace.

Qu’était ce soi-même à la naissance, à ma naissance ?

Il n’était presque rien, pas grande chose du moins, rien d’autre qu’un corps avec des besoins fondamentaux à combler, une grande bouche surtout, équipée de bons poumons. Ou peut-être encore une âme mal ou peu cernée, dans un corps qui découvrait tout juste le monde après 9 mois de flottemaman bien au chaud.

Puis on l’a nourrit ce petit bout de soi-même, on l’a lavé, puis lové du mieux qu’on a pu autour de lui. Et ce petit soi-même en développement est devenu plus autonome, découvrant le monde et ses mystères, si nombreux mystères. Et il s’est pris à se considérer comme un vrai moi-même. Un petit bout de moi de rien du tout qui a grandi, s’est boursoufflé jusqu’à se prendre au sérieux, un bout de rien séparé du grand Tout, autonome et en même temps un peu désespéré de ne pas toujours se sentir connecté à ce grand Mani Tout. Toujours un peu à la recherche de cette reconnexion en fait.

Alors, se sentant plus mobile et indépendant, il s’est mis à se chercher lui-même, comme un ptit animal sans queue courant après sa queue, tournant en rond un peu partout sur la boule à sa propre recherche. Faites ses recherches n’a clairement pas commencé avec la Covid.

Puis il s’est mis à tenter de se définir lui-même, souvent en opposition avec ce qui se trouvait à l’extérieur de lui et qui lui déplaisait, et, au contraire, parfois en s’y projetant quand l’image reflétée lui plaisait.

Puis réalisant qu’il ne pouvait se trouver lui-même en cherchant à l’extérieur, autant de son corps que de sa propre perspective, il s’est mis à ingérer des substances qui le faisaient sortir de lui-même, qui le faisaient sortir de soi pour se voir d’en-dehors. Mais là encore, il a atteint des limites, il a atteint ses limites, les limites de son petit soi-même du moment. Car il lui semblait que le chemin ne pouvait passer par des pilules, des liquides ou des herbes, aussi cool soient-elles. Quoi qu’elles peuvent être très utiles pour réaliser ce que nous ne sommes pas.

Alors, ce petit soi-même de rien du tout devenu quelque chose au fil du temps qui passe, pensant même être quelqu’un à l’occasion, au début de la vingtaine, ce ptit quelque chose s’est mis à fermer ses yeux et à tourner son regard vers l’intérieur afin de se chercher en soi-même et, éventuellement, espérer peut-être même se trouver, ou du moins trouver quelque chose. Et depuis, il cherche encore. Grand grand là-dedans. Porte vers l’infini.

Dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose, ou quelqu’un, un certain soi-même tant désiré car on nous dit que cela doit bien exister, les choses changent, la perspective se modifie, le point de vue fluctue. Et le flou revient.

Et ne sachant toujours ni quoi ni qui ni comment, il continue de chercher. En fait, ça continue de chercher. Ici, là-bas, ailleurs, partout.

La seule chose qu’il sait pour le moment, c’est que c’est pas mal toujours ici, et maintenant. Et que jamais il ne pourrait s’aviser de dire à quiconque qui il/elle est elle-même car lui-même n’en sait rien quant à son propre soi-même.

Quant au reste, gagez-vous ? qu’ils disaient. Ou était-ce dégagez-vous ?

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Humains ! Pourquoi vous retournez-vous contre vous-mêmes ?
Vous vous sentez triste, blessé, perdu, effrayé, loin de l’amour.
Vous vous sentez indigne, inaperçu, non reconnu.
Vous vous sentez parfois en colère.
Frustré parfois.
Mais vous le cachez.
Vous mettez un masque.
Vous faites semblant d’aller bien.
Vous êtes doué pour faire semblant.
Vous jouez au gentil garçon, à la fille heureuse.
Celui qui sait.
Le fort. Le confiant.
Le spirituel bienheureux.
Le très évolué.
Ou celui qui n’a aucun défaut.
Pourquoi se diviser en deux ?
Pourquoi submerger la moitié de votre être dans les ténèbres ?
Pourquoi brandir une image ?
Gagner l’amour ?
Être aimé ?
Pour se protéger de la douleur du rejet ?
Pour contrôler les opinions des autres ?
Pourquoi vous souciez-vous tant d’être aimé ?
Qu’importe, si le monde entier te rejette, quand tu sais que tu es réel ?
Pourquoi vous épuisez-vous à vivre un mensonge ?
Quand l’amour est-il devenu quelque chose que vous devez gagner?
Le masque enlevé, la prétention enfin à une fin –
Oh, humains, ne voyez-vous pas, vous êtes aimé et chéri,
exactement tel que vous êtes ?

– Jeff Foster

ICI, D’ICI, LE BONHEUR

Il est difficile de trouver du bonheur en soi, mais impossible de le trouver ailleurs.
– Arthur Schopenhauer

Chronique rose ce matin. En ce temps gris. Car beau rose et gris.

Quelle belle façon de le dire : difficile de trouver le bonheur en soi mais impossible de le trouver ailleurs.

Si on peut certainement trouver des sources de bonheur en dehors de soi, des révélateurs du bonheur inné, le réservoir ne peut inévitablement que se trouver en soi, comme la capacité de le faire croître, résonner, fructifier. De le protéger même.

Je crois que trouver n’est que la première étape dans la quête du bonheur. La seconde, toute narutelle, est de le faire croître, de le répandre, de lui faire prendre de l’expansion, de contaminer le monde, rendre le bonheur contagieux.

Un virus le bonheur ?

Si trouver le bonheur est un enjeu, créer des espaces dans lesquels les gens pourront arrêter et retourner leur terre intérieure pour mieux le cultiver est une suite logique, organique et naturelle à l’essence du bonheur.

On dit que lorsqu’on quittera ce monde, tout ce que l’on pourra apporter avec soi n’est pas ce que l’on a reçu au cours de de cette vie, mais seulement ce que l’on a donné, partagé, offert. Intéressant non ?

On dit aussi que Dieu – ou le Grand Mystère – se doutant bien que ses créatures seraient portées à chercher la clé du bonheur en dehors d’eux/elles-mêmes, jusqu’aux endroits les plus reculés du globe et des mers, il/elle aurait caché cette clé en notre coeur. Là où réside aussi notre âme je crois.

Le bonheur semble être une disposition intérieure, un état, une façon d’aborder le monde, comme chaque journée.

Le bonheur serait peut-être même une décision ? À méditer.

On peut être heureux(se) et comblé(e) en et par soi-même, en quelque sorte la première étape. Mais que la première. Souvent plus gratifiant – et tout naturel – de vouloir le partager avec autrui quand on le trouve.

Peu importe qui. Évidemment avec nos proches et nos bien-aimé(e)s en tout premier lieu, mais éventuellement le bonheur veut voyager, voir plus grand, veut se répandre et aller se faire voir ailleurs.

Difficile de trouver le bonheur en soi

En effet, comme si on nous avait appris que le bonheur habitait ailleurs, comme s’il découlait de quelque chose – ou de quelqu’un – en dehors de soi. Comme le gazon plus vert. Le trouver et le conserver, puis le semer. Comme dans planter et non le fuir.

mais impossible de le trouver ailleurs

Donc à trouver en soi. Tout d’abord. Là qu’on doit chercher.

Trouver le bonheur ? Ou n’est-ce pas plutôt lui qui nous trouve ? Peut-être en fait que c’est le bonheur qui nous cherche, et nous qui devons se laisser trouver. Et le conserver, le cultiver, en prendre soin et le répandre.

Car on doit tout d’abord pouvoir le connaître en soi pour être en mesure de le reconnaître en dehors quand on le croise. On ne peut trouver le bonheur ailleurs si on n’y est pas soi-même. Alors portons-le, et apportons-le partout où l’on va, partout où l’on se trouve. Même quand la tristesse envahit notre coeur, même face à la désolation, à la perte. Le bonheur peut cohabiter avec diverses émotions connexes, tant que tout est assumé, accepté. Le bonheur est un bon coloc.

On dit ici bonheur, mais on devrait peut-être plutôt dire joie. Car si le bonheur semble souvent passager, la joie semble être plus permanente, comme le fond de notre être sur lequel pourrait reposer le bonheur. Ça prend un terrain solide et fertile de joie, une telle capacité en soi-même, pour que puisse grandir le bonheur.

Il est où le bonheur ? chantait le poète. Une bien belle version ici.

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L’émerveillement est une fleur de la vie.

Personne n’a une vie facile.
Le seul fait d’être vivant nous porte immédiatement au plus difficile.
Les liens que nous nouons dès la naissance, dès la première brûlure de l’âme au feu du souffle, ces liens sont immédiatement difficiles, inextricables, déchirants.
La vie n’est pas chose raisonnable.
On ne peut, sauf à se mentir, la disposer devant soi sur plusieurs années comme une chose calme, un dessin d’architecte.
La vie n’est rien de prévisible ni d’arrangeant.
Elle fond sur nous comme le fera plus tard la mort, elle est affaire de désir et le désir nous voue au déchirant et au contradictoire.
Ton génie est de t’accommoder une fois pour toute de tes contradictions, de ne rien gaspiller de tes forces à réduire ce qui ne peut l’être, ton génie est d’avancer dans la déchirure, ton génie c’est de traiter avec l’amour sans intermédiaire, d’égal à égal, et tant pis pour le reste.
D’ailleurs quel reste ?

– Christian Bobin

MENTAL SENTI / SENTI MENTAL

Nous sommes des animaux émotifs, et de pensées. Des humain(e)s pensant et sentant. On sent beaucoup, on pense aussi, souvent encore plus qu’on sent, souvent on pense trop. Et d’autres fois on pense qu’on sent.

On pense tout le temps. En fait, ça pense tout le temps. Là, en haut dans notre tête, derrière nos deux yeux. Comme le troisième.

Comme ça sent aussi tout le temps, ici-bas, partout dans notre corps. Mais ça sent dans notre tête aussi. Car notre tête fait partie du corps, la plupart du temps. Senti le mental aussi.

Parfois on pense qu’on sent mais au fond souvent on ne fait que penser sentir. Car parfois on sent toutes sortes d’affaires. Parfois on sent les bonnes affaires, et parfois pas. Parfois on ne ressent que nos vieilles affaires.

On sent – et on sait – que la pensée nous fait tourner en rond, et en même temps, penser est inévitable, indispensable même. Et penser se fait tout seul, et sans cesse. Tant que ça pense on doit suivre le fil, on doit observer. Le hamster est autonome, et la cage bien huilée.

On sent – ou on pense ? – que sentir est supérieur à la pensée. Mais les émotions concernent autant la pensée que le senti. Car le mental est aussi senti, et le senti mental. Les deux jambes de la même bibitte.

Pas de distinction si nette ni claire entre senti et mental, entre pensée et ressenti. L’un influence l’autre. Si je pense à une injustice, je vais ressentir une émotion, et, de l’autre côté, peut-être qu’avant même de penser, à la vue de quelque chose, je peux ressentir et ensuite interpréter. Les émotions ne sont pas un sens unique. Les deux pôles – senti et mental – interagissent. Et probablement que ça négocie différemment selon notre culture, nos croyances, nos expériences, notre genre, etc.

Nous sommes tous et toutes simultanément des êtres de sensations et de logique, des âmes pensantes et sentantes.

Certain(e)s pensent plus qu’ils/elles ne sentent. Certain(e)s pensent beaucoup et ressentent peu, d’autres sentent à profusion mais pensent dispersé, écartillé, tout partout. Certain(e)s valorisent le senti davantage que la pensée, d’autres l’inverse. Comme si l’un pouvait et devait être plus important que l’autre.

On associe généralement davantage la pensée au masculin et le senti au féminin. Généralement. Mais est-ce qu’un est plus important que l’autre ? Évidemment que non, tout est question d’équilibre et de danse ente les deux sphères au sein de notre être.

Tout ressentir sans relativiser nous envahit émotivement, et trop penser sans ressentir nous isole dans notre mental. Mais autant sentir que penser peuvent nous tromper. Car parfois on ressent du vieux stock, et d’autres fois, on pense en boucle. Et la plupart du temps on pense toujours aux mêmes affaires.

Si je m’arrête, je sens, je me sens, et ressens, et simultanément ça pense aussi beaucoup, en boucle en fait. Ça pense à toutes sortes d’affaires. Et quand je m’arrête pour sentir le monde, ça donne beaucoup à sentir. C’est grand et complexe le monde.

Mais est-ce que ce que je sens est toujours en lien avec la réalité ? Et quelle réalité ?

Ou ce que je sens n’est-il pas plutôt en lien avec ce que j’ai déjà vécu auparavant ? Ou avec les croyances que je porte en moi ?

Même chose pour la pensée. Que sont ces choses auxquelles je pense ? D’où ça vient et où ça s’en va ? Ça ne fait que passer ?

Il y a clairement un lien entre senti et mental, entre pensée et ressenti, entre intuition et réflexion. Mais ce lien n’est pas toujours évident.

Alors ?

Je pense que je sens, donc je dois être.
Je sens donc je sais, mais sais-je vraiment quoi que ce soit ?
Je pense donc je ressens ?
Je sens, mais quoi au juste ?
Je sens puis j’interprètes.
Je pense sentir alors je ne sais pas trop quoi en penser.

Au fond, peu importe les réponses à ces questions, tout passe et tout passera.

Et pendant ce temps-là, il y a la vie. Et un tout petit quelque chose au centre de soi.

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Les émotions ont des objets et parfois même des cibles… des traductions limitées de sensations tentant d’interpréter les raisons et les effets de l’espace-temps.
Les dévotions — comme la joie, l’amour, la foi, la confiance et l’inspiration n’ont pas d’objet et ne sont jamais militarisées. Ce sont de vastes étendues de libertés extra-sensorielles sans mesure ni limitation d’espace et de temps.
Le pouvoir de la prière, de la méditation, de l’intuition contemplative et de la perspicacité sont tous des pouvoirs de dévotion. Si la vie était un film dans le théâtre de ce monde, la dévotion serait le pouvoir d’accéder à la salle de projection et de modifier l’hologramme à ultra haute densité qui se trouve sur le film de l’existence avant qu’il ne soit projeté.
De cette manière, les dévotions modifient la lumière qui construit la projection de la vie dans l’espace-temps… modifie en fait les sensations du temps dans les illusions de l’espace. C’est un cadeau parfait à avoir dans le monde actuel de projections corrompues, de fausses réfractions et de réflexions égocentriques.
Vous voyez partout, quotidiennement, des gens s’effondrer sous les couches de leurs propres émotions… pas même légèrement soutenus par aucun système actuellement en place pour préconiser des solutions.
La dévotion n’est pas une dévotion à quelque chose – c’est une allégeance ou une alliance – la dévotion est un état d’être. Au niveau sensoriel de l’univers matériel, il y a des règles et des lois, mais la dévotion – comme l’infini – n’a ni règles ni lois… elle est illimitée.
La dévotion peut générer au hasard les avantages d’un chemin autoguidé… la création aléatoire de l’ordre dans un champ de chaos. Tout le tissu de « ce qui est » peut être modifié lorsque les dévotions brisent le charme sensoriel. Les gardiens de la sagesse l’utilisent dans leurs actions afin que des réactions égales disparaissent dans un miracle imminent. Ici, maintenant, ceux qui connaissent cet art et cette technologie doivent enseigner à ceux qui en ont besoin.
Notre prière est que vous donniez ce don parfait de dévotion au monde des projections, des réfractions et des reflets ; que vous permettiez aux gens de créer des alternatives là où elles sont nécessaires, et d’offrir ces cadeaux pour le bien de tous, pour rendre l’amour, la joie, la foi, la confiance et l’inspiration populaires et banals sur Terre.
Toujours avec gratitude,
Gourou Singh et Guruperkarma Kaur

RÉFLEXIONS & GÉNUFLEXIONS

Je ne suis qu’un miroir, la réflection est à toi.

On dit que tout ce que l’on voit, tout ce que l’on perçoit, tout ce que l’on sent et ressent n’est que réflexion, que tout n’est que le reflet d’une certaine réalité incertaine.

Ainsi, tout ce que l’on voit et perçoit ne serait que perception de soi-même. On pourrait ainsi affirmer que le monde se trouve dans notre tête et dans nos yeux. Ou dans notre coeur peut-être aussi si on est plus senti que mental.

En ce cens, cet écran est une réflexion de ce que je perçois, autant lorsqu’il est blanc que lorsque je le remplis de mots et d’images. Ce que j’y tape et y projette l’est aussi, et ce que vous percevez de votre côté, soit ce que vous y lisez et y voyez, n’est aussi que votre propre création. Avec autant d’incertitude, pas certain si on va finir par se rejoindre un jour.

En fait on pourrait en quelque sorte affirmer que tout ce qui existe n’est qu’illusion. Autant ce qui existe en nous que ce qui existe en dehors de nous. Et encore là, ou commençons et où finissons nous ?

En ce sens, il faudrait tout d’abord définir le terme exister. Car nous ne sommes, soi comme le reste de la création, possiblement et/ou probablement aussi qu’une certaine forme d’illusion.

C’est ce que les sages disent du moins : que nous n’existons pas vraiment, que nous ne pensons et qu’imaginons exister. Et qu’en fait, tout, le monde, nous inclus, ne serait qu’une grande illusion.

Intéressant concept, Mais pas si simple à réaliser – rendre réel – tant qu’on habite un corps. Essayons d’appliquer ça concrètement quand la douleur parcourt notre corps, notamment une grosse migraine. Pas vraie cette douleur ?

La réalité, comme l’illusion, sont de drôles de concepts. Difficile à saisir, à comprendre. Ce qui est réel pour l’un peut être complètement illusoire pour l’autre. Et vice et versa. Certains perçoivent et voient les auras, d’autres pas. Certains parlent à Dieu, d’autres sont – persuadés d’être – athés et que seul le vide existe et existera après la mort du corps.

Et pourtant, le même monde, perçu de tant de façons différentes par tant de gens qui l’habitent, jusqu’en Tibi (jeu de mots pour mes lecteurs/trices tordus du cerebelum). Comme on dit, tout dépend du point de vue. Et il existe au moins 8 milliards de points de vue désormais en ce bas monde, et cela sans compter le reste de la création qui perçoit inévitablement ce monde.

Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce que réalité ?

Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’est illusion ?

En fait, que sont illusion, rêve et fantasme ?

Et quelle est la différence entre une hallucination et une vision ?

D’où vient la vie ? Où allons-nous quand on quitte ce corps ? Et qui et où sommes-nous quand on l’habite ?

Comme vous voyez – mais le voyez-vous vraiment ou ne faites-vous que l’imaginer car même votre écran est louche ? même pas certain que j’existe alors ! – quelques petites questions qui trottent dans la tête du chroniqueur ce matin.

Comme toujours. Ça roule, ça tourne, que dis-je ça virevolte de questions. Des questions qui ne demandent pas absolument à être résolues toutefois. Des questions qui dansent, tournent, se bousculent, passent et font leur chemin vers le grand vide intersidéral rempli de questions non-résolus.

Avec le temps, on apprend à vivre avec le grand mystère.

Avec le temps, on apprend à vivre sans savoir, sans même vouloir savoir, en ne sachant rien avec certitude et en étant OK avec cet état de non fait. On apprend que ce qui se passe en soi comme en dehors de soi puisse être complètement différent de ce que l’on sent, perçoit, pense et ressent. C’est ce qu’on appelle l’humilité d’après moi. Le grand doute existentiel. Génuflexion, à genou dans et devant la vie.

Dans réflexion, il y a flexion, une flexibilité, comme dans être capable de changer d’opinion et de regard sur les choses au fil du temps et de nos réflexions, comme dans être capable de tenir compte du point de vue chacun aussi, surtout s’il est différent du nôtre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, de cette flexibilité naît une grande force et fermeté en soi.

Vivre dans le mystère et tout de même conserver la foi que la vie est juste, juste comme dans justesse davantage que justice. Juste ce qu’elle est comme on décide qu’elle soit.

Certains comparent parfois le Père Noël à Dieu, notamment à cause de leur caractère supposément illusoire, et de leur grande barbe blanche. D’autres trouvent étrange le fait qu’à un certain âge, la plupart des enfants cessent de croire au Père Noël alors que d’autres continuent de croire en Dieu toute leur vie – ou à une certaine image de Dieu si l’on accepte que tout est créé par soi.

Certains s’inspirent des cartes, des feuilles de thé, du tarot, de l’horoscope et des astres, d’autres des chiffres, de rationalité et de probabilités pour définir le monde.

Pour ma part, c’est cette technique que j’utilise pour prédire l’avenir. Essayez, vous allez voir, très très révélateur.

LE MONDE, DE MA CHAISE

Salut lecteur/trice

Ce matin j’avais envie de te montrer ma ptite vue à moi, du dedans de ma caboche.

Ce que moi je vois quand je t’écris, assis, d’ici, le matin en général. Alors voici. Tu vois mon ici, d’ici. Rock n drôle.

Quoi qu’à l’heure à laquelle je t’écris habituellement, c’est encore noir dans ma fenêtre. Noir, et blanc et de toutes les couleurs ici.

Ainsi, de l’autre côté de ton écran, il y a ceci, qui est pour toi cela.

Le point de vue sur le monde de ce tout petit ati de rien du Grand Tout qui, chaque matin de semaine que le grand Mystère nous permet de vivre, tape ses quelques mots pour tenter de te joindre et te rejoindre, ici dans le coeur. Sa bouteille dans la neige. Pour te dire ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qui lui traverse l’esprit, ce à quoi il réfléchit, là où il space out quand son esprit vagabonde, là où il space in aussi. À ce point-ci de sa vie. Car un point c’est tout. Toujours question de point de vue. Tu vois le mien ce matin. Tout est question de perspective, sans réponse souvent.

Lui qui écrit pour jouer avec les mots, pour faire, et se défaire, de la place dans ses idées, pour se délousser les croyances, pour aérer le dedans de sa ptite tête de pinotte et ouvrir son coeur en se déliant les doigts.

Dehors, tout est blanc depuis une dizaine de jours, tout est pur, tout est calme. Et tout a changé. Une grande chape de blanc a recouvert mon ptit monde.

Parfois, il passe quelques chevreuils devant mes yeux, dans ma fenêtre et derrière cet écran, donc devant le tien. Je te le dis pour que tu te les imagines là où tu es. Life is also a biche.

Avec cette blanche couverture qui nous est tombée sur la tête, et sur le coeur aussi, la semaine dernière, une autre dimension s’est révélée dehors, comme dedans car toujours dedans tel dehors. Ou les deux. Et ni l’un ni l’autre really.

Comme elle le fait à ce temps-ci à chaque année, cette grande et blanche courtepointe recouvre surprenament et sans surprise notre âme d’un dôme de calme et d’apaisement profonds. Une autre vitesse s’est enclenchée dehors comme dedans. On a rétrogradé en première. Première neige et première classe.

Car l’hiver ici offre un tout autre rythme, une vitesse inférieure, de qualité supérieure. Tout est soudainement devenu ouaté, dodu, comfy et fluffy. Ouatte de phoque.

Pour les prochains mois, nos principales activités consisteront à admirer, apprécier, remercier, ralentir, pelleter, marcher, écrire et méditer.

Les voisins ont ouvert un beau et long chemin forestier dans la montagne derrière alors depuis quelques semaines, en solo ou avec ma voisine d’amoure, on va monter et descendre et jouer à se perdre pendant des heures dans la forêt qui est devenue notre immense cour arrière privée. Merci voisins.

Lucky tu dis ? Lucky l’atiti j’te dis.

Jadis c’était vert, brun et gris, désormais c’est vert, blanc et tout illuminé.

D’ici aussi, avec ce même ordinati, je tiens l’espace pour quelques méditations hebdomadaires en ligne avec ma gang de la Tribu, notre CLUB MEDitation dans notre dojo virtuel (https://lanouvelletribu.ca/club-meditation/). Notre façon de communier, notre façon de rester connecté(e)s, de se voir les binettes dans nos écrans, dans nos écrins de silence. Précieux. Jamais seul. Merci wifi. Merci la vie.

Avec l’hiver qui est descendu dans le now, le rythme a ralenti, comme si la neige a tout retrogradé. Comme si la neige révélait toujours l’essentiel.

Avec cette neige qui rend tout plus incertain et fragile au niveau de l’organisation des cérémonies qui sont plus fréquentes et nombreuses ici l’été, on va ralentir. Encore quelques-unes pour clore l’année et ensuite on va peser sur pause, se pauser et se repauser. La grande repause hivernale.

Je compte profiter de l’hiver qui pointe droit dedans pour continuer d’apprendre à ralentir, et à méditer sans but, à ne rien faire parfois, de plus en plus souvent.

Je compte également apprendre le piano, et continuer de rédiger quelques mémoires dures et vives, pas tant pour raconter ma petite histoire à moi que pour vous présenter les incroyables personnages que j’ai croisés au long de ma route personnelle. Devoir de mémoires et leçons de vie.

Il y a aussi au programme quelques voyages: au début de l’année, une visite en Arizona avec ma voisine d’amoure chez notre ami Gordon, ainsi que le pèlerinage annuel au Brésil en février pour aller continuer d’apprendre à brasser le thé sacré avec notre famille italo-Brésilienne do amor, et en ramener ici, si Dieu et le gouvernement canadien le veulent toujours, et encore. Inch à la Santé Canada.

Comme tu vois maintenant littérallement lecteur/trice, comme ça que je vois la vie d’ici. Simple simple la vie ici d’ailleurs.

Quelques mots, du silence, de la musique, des pas feutrées et des respirations ralenties, enveloppés de silence, de neige et de lentes heures, le tout coulant de moins en moins vite.

Voilà la vue que m’offre ma chaise, et ma fenêtre sur la vie. Vois, là, d’ici. La petite vue de ma fenêtre sur le grand monde.

CONTENU CONTENT

Citation via Josée Blanchette

Nous vivons en effet dans un monde à dominance matérialiste. La matière prime sur l’essence. Le corps sur l’âme. Le faire sur l’être.

Nous vivons dans un monde où l’image prime sur le texte. Un livre d’histoire dans lequel on ne regarde que les images, sans lire le texte.

Un monde dans lequel le paraître prime sur l’être. Où le faire et l’avoir dominent l’être. Un monde de modes passagères dans lequel la forme est plus importante que le fond. Du moins c’est ce qui semble être et paraître. Un monde de paraître justement. Un monde de premières impressions. Un monde de recherches Google et de connaissances Wikipédia inspirés par les algo et égo rythmes.

Je ne pourrais dire si le contenant méprise le contenu, mais, du moins, il le surpasse, il le domine, il prime sur lui. Mais en fait, en l’écrivant ici, je réalise que si le contenant surpasse et domine ainsi le contenu, il doit aussi le mépriser car dans un monde de dualité dans lequel nous vivons, les différences ont parfois bien de la difficulté à vivre côte-à-côte. Un ou l’autre plutôt qu’un et l’autre. Comme si, plutôt que co-exister, le contenant masquait le contenu, du moins lui fait grand ombre.

On prend en général grand soin de notre apparence, de notre allure, qu’on veut souvent sinon toujours la plus fière possible, surtout aux yeux d’autrui car lorsqu’on se retrouve avec soi-même, on est très à l’aise en mou, en flanalette, en décontracté(e).

On accorde beaucoup d’attention, d’importance et de soin à ce que les autres pensent de nous, du moins à ce que l’on pense qu’ils vont penser de nous. L’image que l’on veut projeter est souvent plus importante que l’état dans lequel on se trouve, dans lequel on évolue.

Mais une fois que l’on a affirmé cela, que fait-on ?

On ralentit, on revient à soi et à l’essentiel, on relaxe. On revient à son essence, on retourne au fond de soi. Et on réalise que de toute façon, les autres auront toujours leur propre opinion à notre sujet. Alors vivre pour soi, et prendre soin, de soi comme d’autrui. Comme de ce qui nous entoure. Allons au fond des choses et des êtres.

Et arrêtons aussi d’entretenir des opinions au sujet d’autrui. Tentons de voir le fond de leur âme, leur essence, leur être. Comme on veut le faire le plus possible pour soi-même, et comme on aimerait que les autres fassent envers nous.

Notre contenant passe et passera, notre corps se flétrira, se recroquevillera pour éventuellement retourner à la source. Alors que notre contenu, notre âme, notre essence, cette présence qui observe les grands et petits mouvements intérieurs et extérieurs demeure et demeurera. Même si le changement de forme risque de modifier notre perception du grand mystère.

Revenons à l’essence et à l’essentiel. Mettons l’emphase sur le fond des choses en prenant conscience que ce qui est est probablement beaucoup plus grand qu’il ne semble l’être.

Et plutôt que de tout partager à tous vents sur les réseaux, apprenons à se contenir aussi, contenir notre essence en soi, apprenons la discrétion, cultivons le recueillement. Car à force de tout et trop se montrer, on tend à s’éventer, à se semer à tous vents et à se disperser. Conservons-nous.

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Et en terminant, ma définition personnelle du contentement à partir de diverses définitions officielles et officieuses:

Content, contente: Qui éprouve du bonheur, de la plénitude et une profonde satisfaction intérieure en raison de circonstances internes et externes agréables, assumées, acceptées et satisfaisantes.

ÉCOUTONS-NOUS / ENTENDONS-NOUS

Sois assez sage pour écouter ce qu’une personne ne dit pas.

Je ne pourrai jamais écrire rien de ce que je ne veux dire, ni ne voudrais dire.

Et même si je le pouvais, je ne le ferais pas.

Donc tout ce que je pourrai écrire ici et tout ce que vous pourrez y lire n’est pas ça, pas la vraie affaire, pas le coeur de la matière.

Car cette vraie affaire ne se dit pas, elle est indicible, et sourde et muette en plus.

Et nous, sourd(e) à la vérité, ou très très dur(e) d’oreille.

Car la vraie affaire se perçoit autrement que par l’oreille, ça passe par ailleurs en soi.

Car dès que quelque chose est dit, ou exprimé, quelque chose d’essentiel est perdu, quelque chose en provenance de l’absolu est transformé, altéré. À part peut-être le silence et la musique.

La vérité me semble résider dans le silence entre les lignes, et dans la musique, dring dring.

D’ailleurs, quand on travaille avez les gens, on apprend à écouter ce qu’ils ne disent pas, ce que l’on nomme le langage corporel, ou je préfère le son de leur âme, soit ce qui repose au fond de leur coeur, au fond de leur âme, ce qui s’en dégage quand le bruit de leur bouche n’obstrue pas l’air ambiant.

Et quand on vieillit, parle pour toi le chroniqueur, OK, j’apprends à apprécier de plus en plus mon propre silence.

Assis, par et en soi-même, on écoute la vie qui murmure, qui chante, qui joue autour.

Le silence est plein d’une symphonie, d’une merveilleuse musique.

Et si on a la chance de la faire en compagnie de quelques ami(e)s, encore mieux. Le silence est réverbéré, amplifié, harmonisé.

Désormais, ce que je préfère faire dans la vie est d’écouter le silence, seul ou en bonne compagnie. Et de chanter, ensemble, et en harmonie.

Ce que je cherche le plus en cette existence est innommable, indicible, ce qui contourne les mots.

Pour ça que j’écris à tous les jours 😉 Pour vider le non essentiel.

Et que je joues de la musique, ou plutôt que je laisse la musique jouer avec moi, car comme l’impression que c’est elle qui se joue de moi, elle qui me mène vers le silence.

Et pendant que la musique résonne, ou que le silence règne, le grand mystère descend sur nous, se dévoile et nous enveloppe.

Shttt et dring dring wow wow…

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Selon la philosophie soufi, l’une des premières règles du bonheur consiste à s’asseoir avec des amis ou des gens qu’on aime.
On s’assoit, on ne dit rien, on ne fait rien.
On se regarde ou on ne se regarde pas.
Toute l’extase vient du plaisir d’être entouré de gens avec lesquels on se sent bien.
Plus besoin de s’occuper ou d’occuper l’espace sonore.
On se contente d’apprécier cette muette coexistence.

– Rûmi

RÊVER MOINS VIVRE PLUS

Il m’arrive parfois de prendre des mots qui me font tiquer pour partir une chronique. Ceux ci-haut en sont. Car ils sont en ligne avec trop d’affirmations qui ne veulent rien dire à mon avis, ces mots qui encouragent à rêver à quelque chose de mieux, d’autre, de plus, alors que l’ordinaire de cette vie-ci nous en offre déjà tellement. Si on sait les saisir à bras le corps et l’âme.

Tes rêves te demandent de risquer
Pourquoi vouloir suivre ses rêves ? Pourquoi ne pas mordre dans la réalité du quotidien dans toute sa simplicité ? dans l’extra ordinarité de chaque tranche de 24 heures que l’univers nous permet de vivre ?

Car on nous offre déjà tout ce que l’on a besoin pour vivre. Oh bien sûr que si on veut rêver quand la vie nous confronte à des défis, on peut s’évader et se projeter ailleurs. Mais une certaine réalité finira toujours par nous rattraper.

Et est-ce vraiment nos rêves qui demandent de risquer ? Ou notre goût de se sentir vivant(e) ? Et si on décidait de se sentir vivant(e) en arrêtant de rêver plutôt ? Et en vivant totalement ? La question se pose, et se dépose lentement.

de délaisser le confort
Parfois la vie nous arrache des éléments de notre petit confort acquis avec tant d’effort, parfois elle nous permet d’en profiter. Ceux et celles qui ont vécu de grandes épreuves de détachement le savent. Comme plusieurs migrants qui parcourent les routes en ce moment même peuvent en témoigner à l’heure actuelle. Eux et elles prendraient bien un peu de confort.

La plupart d’entre nous l’avons relativement facile. Merci à nos ancêtres qui l’ont certainement eu plus dur que nous en ouvrant ces terres pour nous. Et oui, parfois, on a envie de tout lâcher et de partir à l’aventure. Ainsi soit-il quand cela se présente. Mais le confort se calcule souvent davantage à notre capacité de s’adapter à l’ordinaire autour de soi plutôt que de quitter le dit confort. Car certains trouvent le confort dans l’inconfort de toute façon.

… d’exister dans le monde
Comment ne peut-on pas exister dans le monde ? Si on se fie au regard d’autrui pour se définir. Car dès que nous sommes ici, en vie, incarné(e), peu importe la forme de notre véhicule, nous existons. Et en même temps, chacun se bâtir son propre monde, petit monde individualisé désormais de plus en plus virtuel, nourri par les algorithmes qui ne font que renforcer nos multiples biais d’interprétation. Alors oui, existons dans le monde, mais incluons tout ce qui vit dans ce monde.

d’être différent(e)
Différent(e) de qui ? De quoi ? Pourquoi devrions-nous être différent(e) ? Pourquoi ne pas viser à devenir de plus en plus qui nous sommes ? Car de toute façon, nous différent(e)s à chaque instant, si on prend seulement le temps de le réaliser.

… de déranger
Personnellement, j’ai déjà voulu déranger auparavant, dans mes plus jeunes années, pour le simple plaisir de choquer, de confronter, de bouleverser l’ordre établi. Un peu le propre de la jeunesse que de s’affirmer, se rebeller. Et chaque chose en son temps. Avec les années qui passent, simplement envie de vivre en paix désormais, évidemment sans taire ma vérité ni délaisser mes valeurs.

… et de croire en toi.
Croire en soi ou se vivre pleinement ? Car que sont nos croyances ? Et qu’est-ce que ce moi en lequel on nous dit de tant croire ? Pourquoi ne pas viser à vivre sans soi ? Cela me semble beaucoup plus simple et léger.

Et en complément de ces quelques mots que j’ai aimé prendre à contre-partie par esprit de contradiction, je vous présente cette citation de Bowie qui me semble bien y répondre.

Le fait de vieillir est un processus extraordinaire qui nous fait devenir la personne que l’on aurait toujours dû être.

En effet, si on pouvait seulement se laisser devenir naturellement soi-même, sans rien forcer, sans rêver à devenir quelqu’un d’autre, sans toujours vouloir autre chose. Mais il semble que cela, seul le processus de la maturation naturelle puisse nous y mener. Très lentement, une respiration à la fois, chaque pas dans la foi.

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Plusieurs des choses sur lesquelles vous pouvez compter, ne comptent pas.
Alors que plusieurs choses sur lesquelles vous ne pouvez compter comptent vraiment.
– Albert Einstein, via Pierre Lemieux

HIVER WE GO AGAIN

Si tu choisis de ne pas apprécier la neige, tu auras la même quantité de neige dans ta vie, mais la même quantité de neige.

OK j’avoue: la neige de novembre est plus facile à apprécier que celle d’avril.

Plus facile d’être un enfant devant ces pellicules de Dieu qui tombent du ciel pour les premières fois en ce début d’hiver.

Les gens qui vivent au sud ne savent ce que ces premiers flocons annoncent. Les ours n’ont plus.

Comme les gens de la campagne apprécient probablement autrement cette eau sous forme légère mais non moins réelle que ceux de la ville car la neige y est là-bas plus dérangeante.

Première neige ici donc. Et on repart pour un autre tour de carré aux dates. Notre appréciation de cette légère matière des anges va changer au fil de l’hiver, ce long hiver qui va durer jusqu’à ce que l’ours se réveille. Pas fou lui finalement.

Certains apprécient la neige, d’autres pas, et une grosse gang se situent entre les deux. Avec un taux d’appréciation qui va fluctuer au fil des jours, semaines et mois.

Mais au fond, notre attitude envers la neige est fort probablement la même que celle envers la vie en générale, à quelques exceptions près. Car il en va de notre appréciation de la neige comme du reste. En bonne partie du moins. Que se disait-on hier au juste ?

La sérénité d’accepter les choses que l’on ne peut changer, le courage de changer les choses que l’on peut et la sagesse d’en connaître la différence.

Ah oui c’est ça.

En vivant ici, on ne peut qu’apprécier la neige et l’hiver, sinon les prochains mois seront longs et pénibles. En y marchant, en y jouant, en l’acceptant et en se faisant une tête qu’elle est ici pour rester, un bon bout du moins. Welcome l’hiver !

Ça ou déménager dans le sud.

Ou encore faire comme l’ours.

Allez, bon nouvel hiver à nous tous et toutes. Et floush et floush.