
– Doc Childre
On essaie de nous faire croire que le monde n’est que mauvais, sale et méchant. Que l’avenir n’est que sombre et sans issue. Du moins, on ne rapporte que les histoires les plus sordides, les guerres les plus sales, les scandales les plus outrageux. Comme on rapporte sans cesse les moindres propos du gros monsieur d’en bas.

Simple loi de la nature et à un moment donné, il faut fermer la shoppe car lui ne se ferme pas la trappe et c’est ce jeu que jouent la plupart des médias.
La plupart des grands médias nous entertainent et nous injectent du fast food intellectuel facile à gober mais indigeste qui nous reste pris dans la gorge et dans l’intestin grêle de notre conscience. Les réseaux asociaux s’en font les porte-voix et, ainsi, les propos merdiers frappent le ventilateur social des qu’en-dira-t-on. Et on prend ça pour du ca$h. On finit par penser que c’est ce qu’est rendu le monde aujourd’hui, notre monde, celui dans lequel on vit
Oui ils sont nombreux à ne vouloir faire que du ca$h, détenir un prétendu pouvoir sur autrui, à vendre des armes et à avoir le bien du monde. Mais nous sommes bien plus nombreux à vouloir le bien, et à le faire du mieux que nous pouvons, au meilleur de notre expérience et de notre connaissance. Avec notre coeur. Du mieux que nous le pouvons. Et c’est déjà beaucoup.
Car pendant que les mauvaises nouvelles font tant de bruit et occupent à peu près tout le devant de l’espace public, toute une génération d’humain.e.s s’éveille à leur coeur. Pendant que les médias ne rapportent que la schnout, et des profit$ (encore), pendant ce temps, des milliards de gestes d’amour sont posés généreusement et gratuitement à chaque jour, sans qu’on en parle, sans qu’on ne les mentionne.

Comme on dit, un arbre qui tombe fait beaucoup de bruit mais une forêt pousse toujours en silence. Il nous faut apprendre à développer ce silence en soi, à l’écouter davantage, à mieux l’écouter, pour l’entendre, le reconnaître et par la suite le diffuser. Car là que les vraies choses se passent. Le reste n’est qu’un bruyant et spectaculaire feu d’artifice plaqué or cheapette qui va passer son chemin, qui doit passer son chemin.
On dit que l’ombre cherche la lumière. En tous cas, ces temps-ci, elle le trouve amplement.
Mais en back scene, partout dans le monde, des millions de médecins, infirmières et préposé.e.s donnent des soins et mettent leur coeur à sauver des vies. Des mères, des pères, des familles entières soutiennent leurs enfants et leurs ainé.e.s. Des groupes communautaires s’occupent des laisser pour compte et des bénévoles s’activent en silence.
On nous parle des politiciens verreux, mais ils et elles sont aussi très nombreux à s’impliquer au niveau municipal pour améliorer le sort de leurs concitoyen.ne.s.
On parle et on montre abondamment les guerres qui sont menées un peu partout sur la planète. Mais les vrais guerriers ne sont peut-être pas seulement ceux que nous définissons ainsi.

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La technologie nous met au courant dans la minute de tout ce qu’il se passe dans le monde comme atrocités, les journalistes, avides de sensationnel, nous inondant d’images violentes et barbares.
Hélas les médias ne mentionnent pas (ou rarement) ce qu’il y a de beau, de bon et de simple dans le monde, ni à côté de chez nous.
Je pense qu’il faut redonner de l’espoir et une image plus juste de la nature humaine.
Une personne qui a vingt ans, en Europe, a vu plus de 40 000 images de morts violentes dans les médias.
La technologie nous rend au courant de tout.
Il y a une surdose de l’aberrant et du barbare.
Cette distorsion phénoménale nous amène à l’idée du «mauvais monde».
L’Homme serait mauvais.
Le monde, un puits de violence.
En réalité, elle n’a cessé de diminuer en cinq siècles.
La plupart du temps, la vaste majorité des sept milliards d’êtres humains se comportent de façon décente les uns envers les autres.
On oublie la banalité du bien.
– Matthieu Ricard via Francine Barabant
