Parfois, très discrètement et sans qu’on le remarque, certaines personnes posent de bonnes actions dans le monde.
Ferveur, quel beau mot.
Mais en cherchant ses définitions et ses synonymes, je trouvais qu’on définissait le terme un peu excessivement, un peu trop flamboyamment.
On le divisant grosso modo en deux catégories :
1- Ardeur passionnée, élan enthousiaste, avec les synonymes chaleur, effusion, enthousiasme, exaltation.
2- Zèle ardent, animé par un vif sentiment religieux, avec dévotion, recueillement et piété comme synonymes.
Déjà, même si elle réfère à la religion – gros mot chargé qui, pourtant, signifie simplement relier– la 2ème catégorie est plus soft et relaxe, plus intérieure et introspective.
On nourrit beaucoup – trop et excessivement – le négatif dans l’espace public. On dénigre, on décrie, on cherche les scoops juteux et les scandales. On bitche contre les politiciens, on cherche les bibittes et on les trouve aisément. Puis on finit par se construire un monde avec un fort penchant sur le sombre et le glauque. Et on finit par se méfier de tout et de tous.
Je radote un peu, j’avoue, mais la plupart des gens sur terre sont des gens de bonne volonté. Et plein de projets sont mis sur pied pour aider, supporter, s’entraider, se soutenir et collaborer. On en entend seulement trop peu parler. Pensons notamment aux milieux communautaires qui font un travail essentiel mais quasi invisible et dont on ne parle que trop peu.
On parle davantage de guerre, d’abus et de transgressions. Ça vend, ça punche, ça bait le click, ça rentre dans le dash de notre quête d’attention médiatique. Ça nous en met plein les yeux et ça nous titllle le regard. Comme l’affirme Yuval Harari, les médias sociaux jouent sur trois émotions principales pour capter notre attention : la peur, la colère et la haine. Et ça marche.
Pour cette raison, les bonnes nouvelles passent souvent sous le radar. Pas assez catchy, pas suffisamment punchées. Pas vendeuses.
Oui il y a la guerre, il y a des êtres corrompus, il y a des crimes qui se commettent chaque jour. On ne peut ni ne doit le nier, ni détourner le regard. Et on doit conserver toute notre compassion et notre empathie au cœur pour ceux et celles qui subissent les injustices et les horreurs, ceux et celles qui en souffrent, qui sont en manque.
Mais le monde est plein de choses magiques, attendant patiemment que nos sens se raffinent. – W.B. Yeats
Car on ne voit que ce que l’on peut – ou veut – voir.
Ainsi, en arrière-scène de ces scènes de guerre et ce monde qui s’écroule, règne une magie et du beau et oeuvrent des tonnes de gens de coeur et de ferveur. Et derrière le rideau, discrètement, se prépare un monde meilleur pendant qu’au-devant de la scène, la destruction et l’horreur attirent l’attention, une certaine attention du moins, celles des médias vendeurs d’horreurs. La plus brute, la plus évidente à l’oeil public, à l’oeil nu.
Alors ne perdons pas notre vision plus fine, l’oeil du coeur, qui voit et reconnait la beauté et la bonté, le nez qui sniffe et sent le bien et l’humain dans le monde. Ne perdons pas non plus notre ferveur, cette ferveur discrète du bon et du don qui est toujours à l’œuvre sous un couvert de neige éternelle au coeur des hommes et des femmes de bonne volonté.
___ La révolution ne consiste pas à détruire, mais à faire émerger. Si vous passez votre temps à penser à ce que vous attaquez, vous vous y enfermez. Il faut trouver en soi la ferveur nécessaire et la manifester. – Joseph Campbell
Les gens feraient n’importe quoi, peu en importe l’absurdité, pour éviter de faire face à leur propre âme. – Carl G. Jung
Nous sommes drôles les humain.e.s. Dans le sens de bizarres, étranges, évitants et pas évidents. On dit tous que l’on veut se connaître et se découvrir, aller au fond des choses, découvrir son vrai visage – original face.
Mais dès que ça brasse le moindrement dans sa baraque, on ouvre les yeux, on s’échappe et on s’évade et on sacre le camp. Pas mal toujours notre premier réflexe devant l’adversité, la première réaction. On veut le beurre, l’argent du beurre, le couteau à beurre, le beurrier, la vache et la ferme au complet, mais on n’est pas prêt à faire la job de bras pour soutenir tout ça.
Dès qu’on fait face à quelque chose de rough and tough, de déplaisant, d’inconfortable, on part, on disjoncte, on déconnecte, et on va voir ailleurs. Au lieu de plonger et de chercher à aller au coeur de l’inconfort, de la douleur, on split et on se divertit. On rock and scroll. On regarde en dehors. On se projette sur et dans le monde. On s’intéresse à autre chose.
Dès qu’on rencontre ce qui peut ressembler à un obstacle, en soi ou en dehors de soi, on cherche à l’éviter, à le contourner. Pourtant, comme le dit ce proverbe Zen, les obstacles n’entravent pas le chemin, ils sont le chemin.
Sans chercher les obstacles à tout prix, ni courir après, on peut au moins arrêter de les éviter et les reconnaître comme des occasions d’allègement, de clarification. Je sais, plus facile à dire qu’à faire. Mais les obstacles ne sont peut-être que ce qui empêche la lumière de rayonner à sa pleine mesure. This little light of mine, I’m gonna let it shine.
On dit tous/tes qu’on veut vivre dans le moment présent. Mais on vit la plupart du temps dans le passé – avec regrets ou nostalgie – ou à penser et à préparer l’avenir – avec inquiétude et incertitude. Oui pour le moment présent. mais pas celui-ci. Passez au suivant. Ce que font les moments.
Nous sommes nombreux à vouloir devenir illuminé.e.s, éveillé.e.s, ou du moins à vouloir croître personnellement. Beaucoup moins nombreux par contre à simplement s’assoir avec soi-même dans l’ordinarité de la vie pour se rendre au point où même notre identité s’ennuie et sacre le camp.
Cute non ? Oui. Mais long. Mais bon, on a le temps right ? Une éternité de moments présents. Celui-ci, et celui-là et…
___ La vérité n’est pas belle ; elle est réelle. Les gens désirent la beauté, ils recherchent des consolations, ils aspirent à des illusions – quand on apporte la vérité, elle est souvent mal accueillie. La vérité est comme un couteau aiguisé : elle blesse, et l’on a peur d’être blessé.e. – Osho
___ La prison la plus difficile à quitter est celle que nous nous construisons pour nous sentir en sécurité – comme autant de certitudes, qui marqueront donc une séparation entre soi et le monde. Face à la découverte des limites de cette architecture traumatique, nous commençons à entendre l’appel du dehors – du plus grand que soi. Ce murmure venu d’ailleurs, ou peut-être depuis « en-dedans », nous poussera à desceller une à une, les pierres de notre prison, comme autant de nos convictions, pour envisager de bâtir des ponts plutôt que des murs. Quelle aventure que de chercher à se regarder précisement-là ou nous avions justement besoin d’être aveugle pour survivre… – Stephan Schillinger
___ J’ai cessé d’enseigner l’Advaita Vedanta il y a plus de 15 ans, car je ne pensais pas que cela fonctionnait. Je me suis rendu compte que les gens n’étaient pas prêts pour l’introspection. Ils n’avaient pas préparé leur esprit à ce qu’ils allaient découvrir. Alors j’ai commencé à examiner mon propre parcours pour voir ce que j’avais fait pour préparer mon esprit à l’éveil… J’avais fait beaucoup de choses. Mon esprit avait déjà appris à lâcher prise avant l’éveil. Un esprit capable de lâcher prise peut favoriser l’éveil. Je n’enseigne plus l’Advaita Vedanta pur, de loin. Car je ne pense pas que cela fonctionne pour les gens ordinaires. Cela a fonctionné pour Ramana Maharshi, mais il a vécu dans une grotte pendant de nombreuses années, cela fonctionne pour quelques individus, mais c’est très difficile à appliquer dans le monde réel… J’enseigne donc une méthodologie à deux volets : la méditation, l’introspection, soit le volet de la discipline, mais aussi la voie du cœur, l’ouverture, qui est essentielle. Parce que je pense que dans la vie de tous les jours, sur la place du marché, la discipline intérieure n’est pas seulement ce dont nous avons besoin. Il nous faut les deux ailes pour pouvoir voler. – Vishrant
La guerre n’est-elle pas un crime contre Dieu et contre l’humanité ? Ainsi, tous ceux qui les approuvent, les planifient et les conduisent les guerres, des criminels de guerre ? – M.K. Gandhi
Et en plus, en ce moment, ça semble être les plus gros nonos qui les déclenchent, les mènent et les font tourner en rond. Pas surprenant car le commander in chief de la prétendue plus grande armée du monde (malgré qu’elle ait perdu ses quatre dernières contre de toutes petites armées de rien du tout) est un draft dodger à papa.
Comme ça, le Canada vient d’atteindre le seuil de 2 % du budget dans l’investissement de la guerre ? Ils appellent ça la défense, mais pour de vrai, c’est dans la guerre qu’ils investissent les fonds publiques. Impudique. Dans la mort qu’ils investissent nos bidous. Dans la peur. Ils appellent ça des investissements mais ce sont carrément des dépenses folles et inutiles. De l’argent gaspillé, et grapillé à des peu nantis. Les gouvernements encouragent de grosses corporations aux profits astronomiques qui réjouissent leurs actionnaires qui ne font rien d’autre que des profits. Alors que le monde, ici meurt dans la rue. Iici.
Cherchez l’horreur.
Personne – que je connais du moins – n’a voté pour ça ! aime-t-on dire. Mais comme on dit aussi, si les élections faisaient vraiment une différence, elles seraient interdites depuis longtemps.
Même les dirigeants de l’OTAN, contents contents de ça, disent que c’est grâce au gros Tata en chef si tous les pays ont augmenté leurs dépenses guerrières de défense. Lui qui les a pourtant dénigrés et insultés à profusion. Stoned le monde. Défense d’utiliser le mot en G. Un poing c’est tout, un point sait tout.
Toujours les vieux monsieurs en habits et à cravate, et en général blancs et riches, qui aiment le plus la guerre. Et jamais leurs enfants qui y vont. Oh ils ne la font pas la guerre eux, ni eux ni leur progéniture. Ils les financent. Ils envoient les autres les faire à leur place. Eux, ils la vendent, la défendent et la mettent en marché. Et ils engrangent. Les profits, les cadavres et les dividendes.
Tant de dividendes dont. Ça sonne un peu comme dindons ça non ? Pas des dindons sauvages comme il y en a tant autour d’ici, des dindons très très civilisés. Trop. Et nous la farce de ces gros dindons. Tiens donc. Dans les dents.
Me semble qu’on est rendus à dé/penser la guerre non ? Passée date la guerre. Une trop vieille affaire à faire. Depuis des siècles qu’on la fait et voyez l’état du monde. Tannés de la guerre nous sommes pour la plupart. Les jeunes le sont en tous cas selon les sondages. Même aux États-Unis. Même les jeunes républicains selon ce qu’on dit. C’est tout dire. Y a de l’espoir. Même si un peu faiblard sur les bords et dans les bars.
Peut-être que tout le monde devrait aller faire un ptit tour de fusée. Parait que ça nous fait réaliser que les frontières n’existent pas. Jeff, Elon, un ptit tour ?
Ou mieux, peut-être que tous ceux qui veulent la guerre devraient être tenus d’aller la faire eux-mêmes ? On n’est jamais mieux servis que par soi-même dit-on. Rien comme se mettre les mains d’dans pour apprendre.
On aurait besoin de nouveaux Gandhis, de nouveaux Mandelas. Plusieurs.
Comme on aurait besoin de transformer nos ennemis en amis, en partenaires de la terre. Car c’est bien ce que nous sommes au fond, comme en surface.
Si vous voulez faire la paix avec vos ennemis, vous devez travailler conjointement avec eux. Ainsi ils deviennent vos partenaires.
Partenaires de la terre. Frères et soeurs. Amis et amies. Humains humaines.
Mais pour ça, probablement que l’humanité devra apprendre à accepter ses multiples dualités, ses différences artificielles et créées par les adeptes de la guerre justement. Religions, nationalités, genres et tutti quanti. Universalité divisée. Et que chaque humain.e apprenne à concilier et à intégrer ses propres contradictions internes, à s’unifier soi-même dans ses multiples zones d’ombre et de lumière. Pour que ça danse en soi. Pour que ça s’adoucisse avant pas juste là où ça plisse. Pliiiise.
Car si on voit et considère l’autre comme soi-même, qu’on considère tous les enfants du monde comme nos propres enfants, bien difficile de penser faire la guerre. Et pas besoin de se défendre alors. Alors ? Dépensons la guerre, pas avec du cash, avec nos idées, avec notre imagination. Unique nation.
Mais pour le moment, on dépense peu pour la paix, on regarde pas dans la dépense en terme de défense. On se défonce même. On ne pense qu’à la guerre, on ne pense qu’à la faire. Du moins on en parle beaucoup. De plus en plus on dirait. La guerre fait vendre. Pourtant, vendus sont les adeptes de la guerre. Et jamais rassasiés. Quand elle n’est pas militaire, la guerre se fait économique, tarifaire. Faut le faire. La guerre à toutes les sauces, surtout la brune, épaisse et dégoulinante.
En guerre, et contre tout. On ne dépense guère pour la paix. Trop peu du moins. Et en effet, ça n’a guère de sens. Maintenant comme naguère, la guerre dégénère. Et ne génère que du mal, et sème la mort, en corps et dans l’âme.
You can say I am dreamer, Yes John, you are.And all together now, give peace a chance.
We still can think we are dreamers.
Mais continuons à rêver. Car les rêves ne coûtent rien, and they set us free. Of charge. Free free set them free.
Après un certain âge, vous n’êtes plus le produit de votre environnement ni de votre éducation. Ça devient un choix personnel de vivre de la façon dont vous le faites. À un certain point, blâmer son passé devient une distraction qui entrave votre avenir. La guérison est votre responsabilité. La croissance est votre décision. C’est un choix personnel de vivre comme vous le voulez.. Soit vous prenez la responsabilité pour votre vie, soit vous devenez prisonnier/ère des justifications et excuses. La vérité ? Personne ne viendra vous sauver. Il n’incombe qu’à vous de devenir la personne qu’on ne vous a jamais montré à être.
Un certain âge. Un âge certain. Deux façons de dire qu’on vieillit.
Mais on vieillit à tout âge right ? Et encore plus vite quand on est jeune, les changements étant même plus spectaculaires. Juste qu’on s’en rend pas – ou moins – compte. L’arrogance de notre innocence – c’est de Richard Séguin. Beau non ? Vrai en tous cas. Mais de ça, on s’en rend compte seulement après un certain bout de route parcouru. À un certain âge.
Certains jeunes dans la vingtaine sont déjà vieux – salut l’aile jeunesse de la CAQ, excusez-là – et des gens qui ont passé le cap du 80 et même 90 sont encore jeunes. De coeur du moins. De corps, c’est selon.
Je suis à remplir mes papiers de pension ces temps-ci, vous savez l’aide sociale pour les gens de plus de 65 ans. Je ne pensais pas que ça rentrerait autant dans le dash de mon corps usagé que ça. Je vis actuellement mon dernier mois de pré-retraité officiel. Une certaine retraite pas certaine du tout, mais très bienvenue.
Même si l’âge n’est qu’un numéro, le 65 en est un gros je trouve. Les publicitaires ont essayé de faire rimer le numéro 55 avec liberté, avec un succès plutôt mitigé. Mais pour le ô 65, c’est bingo ! Pour moi du moins. Je suis un jeune de – presque – 65 ans. Tout un numéro.
La semaine dernière, j’ai dû aller au bureau de Service Canada pour ma demande et à entendre le ton de la préposée – mon ptit monsieur – j’ai réalisé que j’avais atteint un âge certain, et encore plus ce certain âge. Je suis devenu un ptit monsieur. 1 à 0 pour la vie. Et j’ai réalisé aussi que j’ai déjà dû parler comme ça à des plus vieux que moi jadis. Désolé. SIncèrement, msieurs dames.
Puis, à peu près en même temps, j’ai reçu une lettre de la SAAQ stipulant que puisque j’allais atteindre l’âge certain de 65 ans, si je voulais être certain de conserver mes permis de chauffeur de camion et d’autobus, je devais aller passer un test médical pour prouver mon aptitude. Comme je n’ai ni médecin, ni davantage l’envie de conduire des grosses affaires à roues ou à personnes multiples désormais, la décision de laisser tomber est tombée d’elle-même et très facilement, organiquement. C’est mon corps qui a dit non. Ça s’est fait en un claquement de doigts de Dieu. La fin d’une étape. Finies les jokes de chauffeur d’autobus pour moi. Je vais fouiller les jokes de ptit monsieur. Pourtant, encore qu’un ptit gars le ptit monsieur. Parait même que les bus de Montréal vont être gratuits pour moi le mois prochain. Vais aller me promener en ville juste pour ça.
J’ai plusieurs ami.e.s dans la soixante-dizaine, même que mon meilleur chum va avoir 80 ans cet été, alors je ne peux pas vraiment me plaindre. En tous cas, pas devant eux, encore moins devant lui. Mais ça tombe bien, je ne me sens pas vieux. Juste de plus en plus un peu plus certain d’âge, et d’un âge de plus en plus certain. Ça c’est sûr. Le sable file dans le sablier. Tiens ça me donne une idée.
J’ai aussi plusieurs amis fin de quarantaine et début de cinquantaine, et je ne me sens pas plus vieux qu’eux et elles. Au fond, nous ne sommes tous et toutes que de drôles de numéros indéterminés. De drôles de pistolets. Comme Sol, et comme Gobelet. Pour saisir celle-ci, vous devez être d’un certain âge certain. Sorry les ptits jeunes.
Même ma plus vieille va atteindre la mi-quarantaine cette année, et ça non plus ne me fait pas un pli sur le rouleau de numéros.
On a l’âge qu’on a, et en même temps, on n’a aucun âge du tout. Parfois, l’âge nous a.
Peut-être pour ça que âge et âme sont tous les deux circonflexes ?
C’est davantage notre corps que notre numéro qui nous ramène à l’ordre, ou au désordre, c’est selon. Même si les deux sont un peu liés. Vrai qu’on ralentit un peu avec les années. On s’assagit un peu aussi parait, mais ça varie selon le sens qu’on accorde à s’assagir. Parfois plus smatt, parfois juste plus lent.
On dit d’ailleurs en joke que si on fait moins de niaiseries en vieillissant, c’est peut-être juste parce qu’on bouge moins vite. On va penser à ça. Mais pas trop.
Je ne me sens pas vieux du tout. Et en même temps, je dois avouer que le numéro 65 résonne plus que les autres précédents retours d’âge. Me semble qu’on appelait les pauses d’hommes et de femmes ainsi jadis non ? Le retour d’âge. Prends une pause mon moineau.
Tout ce radottage – parait que ça vient avec l’âge – pour dire que le temps file sur et à travers notre corps. Mais notre âme, et notre âge, semblent éternels, même si parfois ils semblent s’attacher au corps plus qu’à d’autres.
Vieillir est une lente et inévitable pratique spirituelle qui s’acquiert lentement, sagement, et parfois, par à coups. Tout un art à apprendre. Comme ce fut le cas la semaine dernière pour moi. Alors tout mon respect pour quiconque a plus de miles au compteur que moi.
Mais le fait d’accumuler les années se prend bien en général, si on peut décrocher du look et de la vitesse. On relaxe en soi de plus en plus avec le temps qui passe. On accepte davantage le cours – ou la marche ou le trot c’est selon – des choses. On se tanne plus vite de résister du moins. Vieillir est une job de longue haleine qui nous coupe parfois le souffle. Respirons avant d’expirer.
Mais drôlement, le poids des années peut devenir une élévation, une préparation au grand envol, au grand détachement. Si on décide de l’accueillir ainsi. C’est le même prix paraît.
On dit que tout le monde vieillit mais que pas tout le monde mature. Qui vivra verra verrât !
Et ci-bas, ceux, rares mots d’elle-même, de l’une de mes pusheuses de citations éclairantes sur FB ___ Vivre avec panache, dignité et courage. Rire beaucoup, cultiver le beau et le doux. Faire de son mieux dans tout ce que l’on est amené à réaliser. Aller vers ce que l’on aime. Être vraiment soi-même. La vie spirituelle est une vie intérieure, chaque individu suit sa propre voie. Il n’existe pas un sauveur, un enseignant qui va nous accompagner vers l’éveil ou une libération. Des personnes fragiles, en souffrance psychique et d’autres en quête de sens sont attirées par des stages de yoga , de non-dualité etc. et sont exposées à des dérives qui peuvent s’avérer dangereuses. J’en profite pour remercier ceux et celles qui partagent de magnifiques textes issus de littératures spirituelles et qui contribuent à nourrir ma vie intérieure. Chaque fois c’est une belle découverte. Il m’apparaît plus intéressant de partager nos expériences concrètes et les lectures qui inspirent notre vie intérieure de tout à chacun que d’avoir à écouter ou lire un enseignant , un éveillé ou un accompagnateur qui prétend savoir.
Je transforme ma maison en dojo, en ashram, en monastère.
Je fais ça une fois par mois, ou une fois de temps en temps.
Une journée sans médias sociaux, une parenthèse sans mauvaises nouvelles, sans fuites vers l’extérieur. Sans guerre, sans qu’aucun gros politicien verreux ne rentre chez-moi.
Une journée en silence.
Et en musique.
Connectés à moi-même et au silence, et à quelques ami.e.s. par le sans fil de la vie.
Zoom in intérieur.
Mais pas sans âme, ni sans coeur, au contraire. Tout l’être.
Slowmo. Attentif au moment. Délicat. Jour lent.
Nous sommes quelques-un.e.s qui, parfois quand le monde est too much, voudrions aller vivre au monastère.
Aujourd’hui, c’est que je fais. Et mes quelques ami.e.s aussi.
Cette jeune artiste de Gaza a transformé sa tente en musée.
En ce bas monde, l’horreur cohabite avec la beauté.
Les extrêmes meublent et peuplent ce monde.
On y trouve du beau, du bon et du généreux, comme du laid, du mal et de l’avarice. Dans une grande danse bien difficile à saisir, difficile à conjuguer en une totalité équilibrée et complémentaire.
Par exemple, nous, en Occident, pour la plupart, nous vivons dans le mou, le confort et la ouatte alors qu’en tant d’ailleurs – Haïti, Ukraine, Gaza et en plusieurs pays d’Afrique – vivent la pauvreté extrême et la guerre chronique. Sur la même planète. En même temps. Tout se côtoie.
On considère normal et naturel qu’une part de nous ait tendance à rejeter le dit négatif pour ne chercher et rechercher le prétendu beau et bon, et que peu de gens parmi nous se nourrissent de négativité. À part les masochistes.
Vous connaissez celle-là ? Une fois, c’t’un masochiste qui dit à un sadique: Fais-moi mal. Et le sadique de répondre: Nooooon !
Excusez-là. Mais tout est relatif. Le bien de l’un est le mal de l’autre. Bien et mal ne sont peut-être qu’une question de jugement et d’interprétation ? Que sait-on vraiment avec certitude.
On veut tous et toutes la lumière, et on repousse l’ombre.
On veut du beau, du bon, du doux, et on tend à repousser le laid, le mauvais et le rough and tough. Mais la vie ne connait pas ces distinctions.
Et certains, comme la jeune artiste ci-haut, savent transformer le laid en beau, l’horrible en art.
Tout part de l’acceptation de ce qui est.
L’acceptation qui se définit ainsi selon Eckhart Tolle: Pour le moment, telle est la situation, ce moment qui m’incite à faire ce que doit. Et je le ferai volontairement.
Certains moments nous incitent – ou nous invitent – à faire ce que doit malgré les circonstances, malgré la situation. Dans certaines situations, il n’y a qu’une chose à faire, pour réagir avec justesse, pour répondre adéquatement. Bien sûr on ne décide pas toujours de nos réactions, mais l’idée consiste à transformer justement nos réactions en réponses – habilité à répondre.
Peu importe ce que la vie nous donne à vivre, ce qu’elle nous offre à vivre, faisons du plus juste que l’on peut.
Des citrons ? Squeezons-en la meilleure limonade qui soit alors.
___ Plusieurs s’inquiètent de la situation mondiale. On ignore quand les bombes exploseront. On a l’impression d’être au bord du précipice. Individuellement, on se sent impuissants, désespérés. La situation est si dangereuse, l’injustice si répandue, le danger si proche. Dans un tel contexte, paniquer ne fera qu’empirer les choses. On doit garder notre calme et notre lucidité.
J’aime prendre l’exemple d’une petite embarcation traversant le golfe de Siam. Au Vietnam, nombreux sont ceux, appelés les boat-people, qui quittent le pays à bord de petites embarcations. Souvent pris dans des mers agitées ou des tempêtes, les passagers paniquent et les bateaux coulent.
Mais si une seule personne à bord parvient à rester calme et lucide, sachant ce qu’il faut faire et ne pas faire, elle peut sauver le bateau. Son expression – son visage, sa voix – communique clarté et sérénité, et les autres lui font confiance. Ils l’écouteront. Une seule personne peut sauver des vies.
Notre monde est un peu comme cette petite embarcation. Comparée au cosmos, notre planète est une toute petite embarcation. Nous sommes au bord de la panique parce que notre situation n’est guère meilleure que celle de cette petite barque en pleine mer.
Vous savez que nous avons plus de 50 000 armes nucléaires. L’humanité est devenue une espèce très dangereuse. On a besoin de personnes capables de rester calmes et sereines, de marcher paisiblement. On a besoin de telles personnes pour nous sauver. Le bouddhisme affirme que vous êtes cette personne, que chacun d’entre vous l’est.
Dans chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, réside la capacité de s’éveiller, de comprendre et d’aimer. Certains la laissent se développer, d’autres non, mais elle est présente en chacun de nous.
Cette capacité de s’éveiller, d’être conscient de ce qui se passe dans vos sentiments, dans votre corps, dans vos perceptions, dans le monde, est appelée la nature de Bouddha, la capacité de comprendre et d’aimer.
C’est par notre capacité de pleine conscience, de respiration et d’en ÊTRE PAIX qu’on peut instaurer la paix.
– Thich Nhat Hanh – Extrait de « Être la paix »
___ La misère humaine contient le secret de la sagesse divine, et non pas le plaisir. Toute recherche d’un plaisir est recherche d’un paradis artificiel, d’une ivresse, d’un accroissement. Mais elle ne nous donne rien, sinon l’expérience qu’elle est vaine. Seule la contemplation de nos limites et de notre misère nous élève. Qui s’abaisse sera élevé. – Simone Weil – La pesanteur et la grâce, via Cristina RJ
___ Ne rejette pas le sentiment de rejet, ni n’abandonne le sentiment d’abandon. Ne résiste pas à ta résistance, ils ne fuient pas l’envie de fuir. Ne laisse pas la tristesse s’installer, ne stimule pas la colère en te coupant des autres, ni n’aggrave la solitude, elle ne la repousse. Accueille ton cœur brisé, avec autant d’amour que ton cœur heureux, ne perds jamais le sentiment d’être perdu, et ne doute pas de la présence du doute. N’aie pas peur, il ne désire pas l’absence de désir, ne t’en fais pas de t’inquiéter. (Et si tu t’en fais, ne t’en fais pas). Toutes les parties de toi sont sacrées, la lumière comme l’obscurité ; toutes sont dignes, méritant un amour inconditionnel. – Jeff Foster
Soyez dans un état d’appréciation car c’est ce qu’est la vraie prière. un état de grâce et de gratitude pour ce qui EST, et non ce qui sera, ni ce que tu veux que ça devienne, simplement ce qui EST. Parce que tout est ici. Ainsi, plus tu es présent en prière, plus tu peux reconnaître et apprécier ce qui est déjà ici. même si c’est invisible, et c’est ce qui pourra accélérer et permettre de le matérialiser au moment juste. – Bashar
L’avenir est incertain. Et avouons-le, aussi, un peu inquiétant, si on s’intéresse le moindrement au sort de la planète et des êtres qui y vivent. Le climat devrait être une réelle préoccupation car les signes avant-coureurs d’un grand déséquilibre semblent évidents.
Mais comme on dit, so far so good. Et ici maintenant. Et peu qu’on puisse y faire, à parti notre minime part.
Je le dis souvent ici, nous sommes parmi les grands privilégiés de la planète. Nous vivons sans guerre, en sécurité, nous mangeons et nous jouissons d’un système de santé minimal. Bien sûr que même ici certain.e.s souffrent et manquent du strict minimum essentiel. Mais en général, gras durs nous sommes.
Pourtant, on trouve souvent le moyen de se plaindre, de voir ce qui manque, d’en souhaiter plus. Drôles de bibittes les zumain.e.s.
La gratitude et l’appréciation constituent une pratique, une discipline à développer, un muscle à endurcir. Comme un choix. Car décider d’observer la moitié pleine du verre d’eau relève d’un choix constant, d’une décision à renouveller, encore et toujours. En effet, l’esprit humain a développé la mauvaise habitude de se concentrer sur ce qui nous manque, ce qui pourrait aller mieux plutôt que de réaliser que la seule façon que la vie peut se déployer est telle qu’elle le fait, telle qu’elle est, telles que les choses sont.
Avec ce qui tout ce cloche, avec ce qui reste à améliorer, avec encore des injustices et des inégalités. La vie est pleine de défis mais tout ce que l’on peut faire est de compter nos bénédictions, et de faire quelques petits pas vers une amélioration globale pour toutes et tous.
Car mon seul bonheur est incomplet s’il n’inclut le bien de tous et toutes. Et comme le bien de tous et toutes est et sera toujours incomplet, on ne peut que souhait4er le bien, le mieux et le meilleur pour le monde entier, en agissant en conséquences à notre petite et humble échelle.
Je sais, je sais, ça sonne un peu vague et bien pensant tout cela. Très bienveillant comme circule cette chère expression, un peu trop rose bonbon.
Mais quoi d’autre à faire que d’apprécier à sa juste valeur tout ce qui nous est déjà offert si généreusement par la vie, tout en travaillant à améliorer le sort de ceux et celles qui en ont besoin ?
Il y a un dicton qui avance que l’on perd à jamais tout ce que l’on garde pour soi, et qu’on possède pour toujours ce que l’on donne.
À méditer en ce petit lundi de mars.
___ Il restera de toi ce que tu as donné. – Michel Scouarnec
Je ne sais pas comment je pourrais vivre désormais sans prendre régulièrement ce précieux temps hors du temps pour arrêter, ne rien faire, déguster de la belle musique, goûter le silence, voir la vie et les pensées tourner en rond dans ma tête, porter attention, et simplement respirer, les yeux fermés, le coeur ouvert. Sur pause.
La méditation fait partie de ma vie depuis 45 ans. Avec Osho, c’était notre chemin et notre ultime destination. Un peu de thérapie pour déblayer le terrain, mais la destination finale a toujours été now here, le grand vide, le grand rien, le grand plein. Plein de vide, plein de vie. Le présent de la présence. Pour simplement être, être simplement.
Il y a eu des périodes pendant lesquelles, j’ai oublié de prendre ce temps de rien. Temps de rien, pas de temps du tout. Busy busy à courir après la vie, occupé.e.s à faire ce que doit, j’ai parfois oublié d’arrêter. Je sais, tant à faire, à réaliser, à bâtir.
Sans structure, sans habitudes, sans routine, il est difficile d’installer une pratique. Car la méditation est cela, surtout cela, que cela; se pratiquer à être. Et observer. Pensées, émotions, sensations. Sans accrocher, sans s’accrocher dans les fleurs du tapis de son esprit. Tapis volant, tapis r’volant ici et là, pour aboutir ici, avec quelques escapades. Ice Capades et patin de fantaisie sur la glace de sa mémoire vive. Les deux pieds au sol, l’âme solide dans le corps, on we come.
Depuis 5 ans, quelques personnes à la fois, on médite en ligne, ensemble. Avec un horaire fixe, 5-6 fois par semaine – on arrête, on s’arrête et on arrive à la maison. Home sweet home. On utilise le sans fil pour tisser un fil invisible. Avec soi, avec l’univers. Sans paroles, namasté au début et à la fin, sans micro et sans écran, on Zoom in. On fait le vide, on vide le trop plein.
Certaines personnes réussissent à se discipliner et à placer des moments de méditation dans leur vie. Moi pas. C’est pourquoi j’ai mis sur pied ce dojo virtuel. Vivant en forêt, un peu à l’écart de la civilisation, c’est ma façon de me relier au monde. Et à moi. Et au tout. Celui avec un grand T.
Nous sommes quelques-un.e.s à vraiment apprécier ces rencontres du 3 ème type. Parfois, nous prenons une journée complète pour transformer nos maisons respectives en Ashram, en Dojo, en monastère. Tel qu’on le fera mercredi prochain. Une journée sans nouvelles, une journée de repos total.
Si l’âme vous en dit.
___ Il y a deux façons d’errer. L’une consiste à passer d’une ville à l’autre, d’une personne à l’autre, d’un plat à l’autre, d’une maison à l’autre. C’est une façon de voyager, très superficielle. On peut parcourir le monde sans jamais atteindre un point où l’on puisse dire : « Voilà, c’est le but, j’y suis arrivé. » On n’arrive jamais. Dans le monde extérieur, il n’y a que des départs. On quitte un endroit, mais on n’arrive jamais.
Il existe une autre façon de voyager : d’un état d’esprit à un autre, d’un espace à un autre, à l’intérieur de soi. Si l’on passe continuellement d’un état d’esprit à un autre – plus profond, plus silencieux, plus serein –, alors un jour, soudain, on trouve son centre – et c’est là tout le sens de l’errance.
Mais c’est ainsi… on commence par l’extérieur – il n’y a pas d’autre voie. Progressivement, on réduit son cercle de plus en plus, jusqu’à ce qu’un jour, soudain, le voyageur lui-même devienne la destination.
– Osho Nothing to Lose But Your Head Darshan excerpt, Ch #17
___ Plusieurs personnes pensent que la méditation demande beaucoup d’efforts et qu’il faut la conquérir. On s’accroche à cette idée qu’il faut se forcer à méditer et qu’au bout du compte, on réussira ou on échouera. Or, je crois qu’il est essentiel de comprendre que ce n’est absolument pas le cas. Ce n’est que l’ego qui veut devenir méditant.
Tout le secret de la méditation réside dans l’apprentissage de la pleine présence au moment présent, dans un état d’ouverture et de relaxation totales. Il ne s’agit pas de gagner, mais de perdre, de lâcher prise, de lâcher prise, de lâcher prise. Je pense que c’est vraiment très important, surtout à notre époque où on est tous conditionnés à vouloir obtenir quelque chose, que l’important n’est pas ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd.
On n’a connu que quelques petites et timides bribes printanières jusqu’à maintenant, que quelques effluves volages nous indiquant qu’un jour, le blanc cédera sa place aux verts tendres. Et aux bibittes. À ce point-ci, on a même (presque) hâte de les voir elles.
Ici dans le petit now en tous cas, c’est encore tout blanc ben haut et cette semaine, on se croyait davantage en décembre que de l’autre côté de l’hiver, plus avant qu’après. On peut dire que le ressort n’a pas encore viré le coin. Seul le carré aux dates nous indique intellectuellement que le printemps va arriver dans quelques heures. Parce que par la fenêtre, pas évident.
Mais au fond (des 3-4 pieds de neige accumulée), il y a de nombreux printemps.
Les premiers rayons tièdes de février nous donnent un premier espoir. Mais souvent, en mars, on tombe en rechutes saisonnières multiples. Ah les attentes. 31 jours ce mois de marde, euh mars, en plus. Long longtemps mars. Cette année, ce fut particulièrement le cas avec neige, froid et verglas en masse. Et il reste encore 10 jours avant le poisson.
Notre ami Gordon, qui vit en Arizona qui n’a pas eu de neige du tout cette année, était ici hier et il se pâmait devant la beauté des millions de flocons qui déambulaient de haut en bas, du ciel à la terre, tombant sur nos têtes entuquées un peu tannées du blanc. Ouain. Pour rester polis. Les mêmes flocons de mars n’ont pas la même beauté que ceux de novembre.
Ma douce a entaillé quelques érables mais ça ne coule pas encore à flot. On garde espoir. Et l’appétit.
Le printemps est une saison d’espoir et d’illusion, mais aussi une saison de montagnes russes, canadiennes et vermontoises. Nordiques quoi. On veut y croire et espérer, mais on regarde dehors aussi.
Au printemps, un jour on est à moitié-nu.e (je parle pour moi), le suivant, on se ré-emmitouffle. Un jour, on déambule en shorts et en sandales (sur son balcon en tous cas), le suivant on pellete en manteau et en bottes, et on sacre.
Petits problèmes existentiels me direz-vous car un printemps avec une stupide guerre internationale en toile de fond affiche un certain bémol, sinon un bémol certain. Mais ici, on doit apprécier notre printemps de paix, car guère de guerre. Que celle des tarifs du gros bonhomme 7 heures.
Le printemps nous illustre si bien comment l’espoir et son contraire, le désenchantement, peuvent danser le tango, nous enchanter et nous faire déchanter. Quelle balade mes ami.e.s. Mais comme à chaque année, on va faire face à la musique. Et cultiver l’espoir. Cha cha cha.
Je pense souvent à mes ami.e.s du Brésil qui ne connaissent que deux saisons: chaud et très chaud. Avec quelques épisodes de grosse pluie. Ici, nous sommes polyamoureux saisonniers.
Une année quand je suis revenu du Brésil justement, mon toit de tôle, la neige et le soleil avaient créé cette oeuvre d’art en dansant l’un avec l’autre. Ça ne s’invente pas.
Et quand je leur montre des photos de ma petite maison dans la forêt, ils ferment les yeux, prennent froid et se mettent à trembler. Mais nous, les canayens, on aime ça le bleu blanc rouge. Eux ne connaissent que le vert et jaune du drapeau brésilien, sur fond de ciel bleu azul et bleu mer.
Pour ceux et celles qui n’auraient pas saisi la subtilité de la joke printanière en english ci-haut 😉
On m’a dit: sois simplement toi-même… mais c’est ainsi que je me suis retrouvé dans ce pétrin. – Rodney Norman
Une partie de nous veut faire comme tout le monde, se conformer, rentrer dans le rang, jouer safe.
Une autre veut suivre son gut feeling, écouter son intuition, bifurquer de l’autoroute et rouler sur les routes secondaires, les chemins de terre, les chemins moins fréquentés comme le disait le best seller. Au risque de s’y perdre. Et de découvrir. D’apprendre.
On aime dire qu’on doit penser en dehors de la boîte. Mais paraît qu’il n’y a pas d’autres boîtes que celles qu’on nous offre, ou celles qu’on s’invente. Pensez-y pas.
Je parlais hier avec un ami qui est sur le point d’entreprendre une aventure qui comporte une certaine part de risque et d’inconnu. S’il y pense, ça ne fait pas trop de sens. Mais s’il le feel, ça prend tout son sens et c’est certain qu’il va sauter dans le vide et partir. Au risque et péril de l’aventure. Épeurant, ou excitant, c’est selon. Pas de boîte.
Notre discussion me rappelait quelques décisions que j’ai prises lorsque j’étais plus jeune. Certaines des plus fofolles et des plus risquées ont été les plus payantes. Pas en termes financiers, en termes d’expériences de vie, de vraies richesses, celles qu’on conserve au coeur et celles qui restent gravées dans la peau.
Et si c’était à refaire, je replongerais. Je me revoyais en lui hier. En fait, même au seuil de la retraite officielle, je me sens prêt à replonger dans l’inconnu, dans l’inespéré et l’inattendu, dans l’aventure. Hi ha !
D’ailleurs, on dit que c’est lorsqu’on arrête de prendre des risques qu’on commence à vieillir. Même s’ils sont probablement plus calculés que jadis – quoi que, disons possiblement alors – très plausible que ce soit le goût du risque et de l’inconnu qui nous garde en vie. Sinon on se stationne dans la file d’attente de la mort.
Le goût du risque ne se manifeste pas toujours nécessairement en actions concrètes. C’est davantage une attitude, une disposition intérieure, une façon d’aborder soi-même et le monde. C’est oser douter, se remettre en question, se placer dans des situations nouvelles et inconnues, considérer les choses autrement. Autrement qu’on les a toujours pensées, voir la vie autrement qu’on l’a toujours ou déjà vue.
Le goût du risque, c’est aussi oser considérer les deux côtés de toutes les médailles. Oser les croquer même pour voir si c’est du vrai or. C’est oser échanger avec des gens qui ont des idées à l’opposé des nôtres, et tenter de comprendre leur point de vue. Même si on est en profond désaccord. C’est écouter sans tout de suite vouloir réagir. C’est répondre plutôt que de toujours réagir automatiquement justement.
Oser être soi-même, tout un défi. Face au monde, face à soi. Et en même temps, cela est inévitable si on veut découvrir dans et par l’action concrète qui nous sommes vraiment dans ces situations qui nous indisposent et nous sortent de notre zone de confort. Hein confort ?
On dit que la vie propose, et que nous, on dispose.
Voyons voir ce que la suite du monde nous proposera. Et comment on en disposera.
Trois petites perles ci-bas pour stimuler votre réflexion.
___ L’idée d’une dimension personnelle de l’Être est rarement abordée dans les enseignements spirituels. On la retrouve notamment chez les soufis, au sein de la tradition soufie. Ils l’évoquent et parlent même d’un véritable ego. D’autres mentions apparaissent ailleurs, mais rares sont celles qui en soulignent l’importance, si bien qu’elle reste souvent négligée. Il en va de même pour toute chose. Si nous ne concevons pas l’existence d’une chose, il est peu probable que nous la percevions, qu’elle soit en nous ou hors de nous. Comme vous le voyez, tel est-il ? Tel est le cours des choses. Tel que nous concevons, telle est notre perception.
Diverses analogies ont été utilisées dans le passé, comme celle de la perle, présente dans le soufisme, le taoïsme et le christianisme. Cette analogie est pertinente, car les perles se forment à partir d’une particule étrangère qui trouve sa place à l’intérieur de sa coquille, à l’image du développement de la véritable personne de l’Être à partir du sentiment d’être une personne. Grâce à ce développement, il devient possible de participer à la vie humaine de manière authentiquement personnelle. Ainsi, tout en demeurant impersonnel, l’Être devient personnel. Ou, de notre point de vue, toute notre vie personnelle finit par s’intégrer à l’Être. Qu’est-ce qui me fait penser… comment disait-on déjà ?
Le royaume des cieux est comme un marchand qui, ayant trouvé une perle de grand prix, vendit tout ce qu’il possédait et l’acheta.
Comme les enseignements d’une grande partie de la spiritualité tendent à ignorer, rejeter ou minimiser la dimension personnelle, beaucoup de gens ne peuvent adhérer pleinement à ce qu’ils ont à offrir, car pour eux, être une personne et avoir une vie personnelle définissent naturellement leur existence. Ce faisant, malgré toute la valeur de leur contribution, ils ont involontairement détourné les gens de ce à quoi ils les appelaient précisément, en omettant de reconnaître un élément central qui fait de la vie humaine ce qu’elle est unique. Il y a la personnalité et la personne. Il y a le sentiment d’être personnel propre à la personnalité et la qualité personnelle de la personne de l’Être. La première est une imitation, un reflet ou un écho de la seconde. C’est un développement limité qui attend de se reprendre, si l’occasion se présente. Il existe un vrai vous, votre vrai moi. La possibilité de s’épanouir pleinement en tant que personne authentique est bien réelle. C’est ce qui nous permet d’être notre vraie nature tout en restant profondément humains et personnels. Sans cela, nous ne pourrions expérimenter que l’Être impersonnel, une expérience elle aussi bien réelle : les dimensions universelles de l’amour impersonnel, de la conscience et du vide. Les maîtres spirituels, d’hier et d’aujourd’hui, incarnent en grande partie ces dimensions. Ils sont remarquables, et pourtant, d’une manière peu humaine. Ils sont comme des anges ou des extraterrestres, venus de nulle part.
C’est une question essentielle. L’exclusion d’une dimension personnelle indissociable de la véritable nature de la réalité a semé la confusion à travers l’histoire. Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Non seulement il est possible de réaliser notre vraie nature de multiples façons, mais il est aussi possible de l’intégrer à notre vie personnelle. Les personnes spirituelles ont tendance à réagir négativement à la question de la personnalité, car leur seul point de référence est la perception qu’elles et les autres en ont. Elles ne peuvent la rattacher qu’à la personnalité. Ils n’ont pas les outils nécessaires pour voir, pour reconnaître que l’Être peut se manifester sous forme de personne et fonctionner de manière personnelle. C’est aussi simple que cela.
– Bernard Guy
___ Un autre aspect de la Condition Innée est qu’elle n’a ni psyché, ni mémoire, ni identité propre fondée sur la mémoire, ni expérience psycho-physique, ni archétypes, ni images, ni pensée, ni concepts, ni langage, ni nombres. Elle n’est confondue avec rien. Voyez-vous ? Elle n’est emmêlée avec rien. Mais la Pratique parfaite consiste à s’y habituer, à accepter le Bien dans son intégralité. Vous êtes habitué à avoir une psyché. Il reste donc une sorte d’association périphérique. Vous entrez et sortez de l’association directe, mais elle est toujours là. Voyez-vous ?
Mais pas dans votre propre position, elle n’y est pas du tout. Ainsi, plus vous êtes établi dans Cela, ou plus Cela est amplifié, plus on arrive au point où il devient parfaitement acceptable de n’avoir aucune psyché, aucune pensée. Alors que dans vos moments ordinaires, vous êtes constamment actif dans vos rêves, psychiquement actif, la stimulant sans cesse. C’est une sorte d’addiction. Ça continue encore et encore.
Vous vous demandez comment y mettre fin, comment se détendre ? Mais naturellement, rien de tout ça ne se produit. Ainsi, la « Pratique Parfaite » consiste aussi à se surpasser, à transcender le corps et l’esprit. Vous n’avez besoin d’aucune association, vous n’en imaginez aucune. Pleinement conscient, pleinement éveillé. Voilà la paix.
Une autre caractéristique de l’état naturel est l’équanimité innée, une « conductivité » parfaite, sans stress ni anxiété. Si vous ne vous établissez pas dans cet état, vous ne vous ressourcez jamais, vous ne le savez jamais. Vous entrez parfois en contact superficiel avec lui, vous le ressentez un peu, mais vous n’êtes pas établi en lui. Comment pouvez-vous vous offrir ce luxe si vous ne vous y investissez pas ? Souvenez-vous-en jusqu’à ce que vous y soyez si profondément connecté qu’il devienne naturel.
Vous n’avez pas besoin d’un corps et d’un esprit. Vous n’avez pas besoin d’une psyché. Vous devez grandir dans cette transcendance, mais intrinsèquement, ce n’est pas nécessaire. Vous l’exigez dans votre effort corporel et mental, mais vous, en vous-même, n’en avez pas besoin. Ça n’y est pas associé. Cette réalisation doit se transformer en sagesse et en concentration absolue jusqu’à ce que vous voyiez ce point émerger en vous et se traduire dans l’état de conscience lui-même. D’une certaine façon, s’éveiller au Témoin revient donc à se traduire dans le Domaine Divin. La démonstration finale, septième et dernière étape, reste la même chose.
Donc, si vous pouvez vous investir, vous ressourcer en Cela, vous pouvez vous investir, vous ressourcer avec intrépidité, paix et béatitude. Laissez Cela rayonner dans votre vie, dans votre « vie dans son ensemble », non pas en vous y attachant davantage, mais en remplaçant cet attachement par cet état originel. Ainsi, ça rayonne dans votre vie dans son ensemble, mais Ça vous en libère.
– Adi Da Samraj, Le couple de l’attention
___ Plusieurs personnes pensent que la méditation demande beaucoup d’efforts et qu’il faut la conquérir. On s’accroche à cette idée qu’il faut se forcer à méditer et qu’au bout du compte, on réussira ou on échouera. Or, je crois qu’il est essentiel de comprendre que ce n’est absolument pas le cas. C’est juste l’ego qui veut devenir méditant.
Tout le secret de la méditation réside dans l’apprentissage de la pleine présence au moment présent, dans un état d’ouverture et de relaxation totales. Il ne s’agit pas de gagner, mais de perdre, de lâcher prise, de lâcher prise, de lâcher prise. Je pense que c’est vraiment très important, surtout à notre époque où on est tous conditionnés à vouloir obtenir quelque chose, que l’important n’est pas ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd.