Le plus long voyage ne consiste pas à faire le tour du monde mais de revenir à soi.
C’est peut-être le plus long voyage parce qu’il n’y a nulle part où se rendre ?
Car lorsqu’on parle de soi, on parle de quoi ?
C’est quoi le soi ? Qu’il s’écrive avec un ptit esse ou un MAJUSCULE. Pas une différence capitale il me semble.
Non, sérieux, quoi le soi ?
La présence qui observe, pense, note, regarde, sent et ressent ?
Ce qui se souvient de ce qui nous est arrivé ? Du moins de ce qu’on s’en souvient.
Ou ce que l’on construit à partir du rien que nous étions au début de notre incarnation ?
Car on a beau se référer à un soi, ou au Soi, ce soi/Soi perdurera-t-il lorsque notre corps cessera de vivre, lorsque notre coeur cessera de battre ?
Et ce fameux soi/Soi ne serait-il jamais plus qu’un moi au fond ? Au fond de soi bien sûr, mais au fond de quoi ? Et s’il n’y avait pas de fond, ni de plafond ?
Quoi le soi ?
Ce qui voit ? Ce qui parle ?
Et au début de la vie, est-ce qu’il y une telle chose qu’un Soi ?
Ou qu’une petite graine de soi/Soi ? Qu’un germe de soi /Soi.
Ou ce fameux dont tout le monde parle ne serait-il pas qu’un soi/Soi disant ?
Un soi/Soi ne me disant pas grande chose d’autre qu’une illusion ?
Les questions se posent. Et se reposent, mais ne sont pas reposantes pour qui quiconque a déjà pris part à un Satori.
Qui suis-je ? Ou Que suis-je plutôt ?
Comme on disait, un peu baveux dans notre jeunesse: moi j’suis moi et toi t’es toi.
Au-delà de notre personnalité, de notre identité, existe-t-il quelque chose de plus ?
Est-ce qu’une petite part de Dieu est déposée en nous au moment de note conception ? Qu’on l’établisse au sein de notre mère ou à notre sortie.
J’ai comme l’impression qu’on mêle parfois personnalité et identité séparée du grand tout avec la part de Dieu en nous. Nous ne sommes pas primordiaux en cette existence et la vie va en effet continuer à peu près telle quelle après notre départ du corps. Mias nous portons tous une part sacrée en nous, un petite morceau de Dieu.
J’aime penser que notre âme, une graine de Divinité, repose au coeur de notre coeur. Et que lorsque la vie se met à y battre, avec le premier souffle, la premier inspire, seulement alors la vie prend forme et le coeur y battre.
Et que seulement alors le petit soi/Soi que nous venons expérimenter prend vie. Et à mesure que le soi/Soi se considère séparé du reste, il devient moi/Moi. Et que la job d’une vie consiste à retrouver le sens du soi/Soi. Avant notre dernier souffle, avant notre dernier expire.
Impossible de ne vraiment rien faire. La vie nous oblige toujours à faire. Du moins à faire quelque chose. Un minimum. Même à la retraite, même en retraite. Alors faire rien, comme ne rien faire, c’est vraiment quelque chose. Et ainsi, même si on ne fait rien, c’est déjà quelque chose. Donc il est impossible de ne rien faire du tout.
Simplement pour vivre et survivre, il y a toujours tant à faire, day in day out. Vivre, c’est quelque chose. Même dormir c’est faire de quoi. On peut même respirer sans vraiment le faire, ça se fait tout seul. Mais c’est préférable de contribuer. Un peu du moins. Ça l’aide. Ça respire mieux, ça respire plus. Consciemment.
Pour survivre, on doit toujours faire. On dit d’ailleurs que les humains sont les seuls êtres vivants sur terre qui doivent payer pour vivre. Pas faux.
Nous sommes des êtres de faire, d’action, comme des êtres d’avoir, des possesseurs. Même si au fond on ne possède jamais rien vraiment. Même pas notre propre corps qu’on devra rendre à la terre, ou au ciel si on préfère la petite fumée.
Certaines personnes pensent qu’il est possible de ne rien faire et de laisser le monde prendre soin de lui-même.
Trop paresseux pour être ambitieux, je laisse le monde prendre soin de lui-même. – Ryokan
Au fond, même méditer c’est faire quelque chose. C’est être présent. Pas toujours un cadeau être présent.
Pour certaines personnes, le rien dans le ne rien faire apporte beaucoup.
On m’a demandé: si rien n’arrive en Zazen pourquoi est-ce que je pratique encore ? J’ai répondu: parce que ce rien m’a tant apporté de paix.
Ainsi, ne rien faire, c’est déjà beaucoup. Notamment pour la paix du monde. Ne pas faire la guerre contribue à la paix du monde. Quoique prennent toujours place en soi certaines petites guerres entre la tête et le coeur, entre le bien et le mal. Nous sommes des êtres de dualité.
Alors, comme on dit: si tu n’as pas fini de ne rien faire aujourd’hui, tu finiras demain.
C’est mon programme de la journée. Peu importe ce que je compte faire, je le ferai tout doux.
Car tout doux or not tout doux, ce n’est pas une question, c’est la réponse à tout.
___ L’une des choses qui se produisent lorsqu’on entre dans un Buddhafield, c’est que les désirs diminuent. Essentiellement, l’ambition disparaît. L’ambition disparaît complètement à mesure qu’on s’élève vers une conscience supérieure. Parce que les pulsions s’apaisent. Il faut se rappeler que si quelqu’un est ambitieux, il est bien malheureux. Parce qu’il désire en réalité énormément quelque chose qu’il n’a pas. Ce ne sont pas des personnes heureuses. Elles sont insatisfaites de leur vie. Plus on s’élève en conscience, plus on est satisfait de sa vie. J’ai découvert qu’il n’y a qu’une seule motivation qui fonctionne pour moi, parce que toutes les autres ont disparu. Et cette motivation, c’est l’amour. Parce que l’amour est là. je consacre ma vie à essayer d’aider les autres êtres humains. – Vishrant ___ Comment ne pas devenir un loup des steppes et un ermite sans manières dans un monde dont je ne partage aucune des aspirations, dont je ne comprends aucun des enthousiasmes ?
Je ne puis tenir longtemps dans un théâtre ou dans un cinéma; je lis à peine le journal et rarement un livre contemporain; je suis incapable de comprendre quels plaisirs et quelles joies les hommes recherchent dans les trains et les hôtels bondés, dans les cafés combles où résonne une musique oppressante et tapageuse, dans les bars et les musics-hall des villes déployant un luxe élégant, dans les expositions universelles, dans les grandes avenues, dans les conférences destinées aux assoiffés de culture, dans les grands stades.
La solitude est synonyme d’indépendance ; je l’avais souhaitée et atteinte au bout de longues années.
Elle était glaciale, oh oui, mais elle était également paisible, merveilleusement paisible et immense, comme l’espace froid et paisible dans lequel gravitent les astres.
La plupart des gens ont peur de la noirceur. Le sage s’y assoit et apprend son langage.
english below
Dark peut signifier différentes choses: le noir de la nuit, celui des ténèbres qui suivra la mort du corps qu’on craint tant à cause des prêtres de notre enfance, le noir et les flames éternelles de l’enfer, comme l’espace quand on ferme les paupières. Sauf que si vous fermez les yeux, vous réaliserez qu’il ne fait pas vraiment noir quand on ferme les yeux. C’est plein de petites lumières, comme des mouches à feu, qui bougent et qui scintillent juste là. Souvent ce que je regarde quand je ferme les yeux pour méditer. Ça et les multiples pensées fofolles qui défilent à l’infini dans ma tête.
Mais par dark, on pourrait aussi se référer à la période dans laquelle on vit actuellement en ce bas monde. Car tout n’est pas rose sur terre en ce moment. Ça brûle, ça s’assèche, ça se bat, ça se matraque et ça se mitraille à tour de terre. Et certains choisissent de ne pas regarder par là, préférant se concentrer sur le beau et la surface.
En fait, la vie balance entre le rose et le noir. Et nous on danse entre les deux. Et on fiat de notre mieux. Pour s’alléger, et ne pas sombrer. Sombrer comme dans sombre. Si hombre, et mulhere.
Le rose représente habituellement l ‘espoir et nos illusions d’un monde différent et parfait peuplé de licornes multicolores. Alors que le noir constitue le pire du pire, ce que l’on préfère ne même pas imaginer. Normal, Mais si on ne regarde ce qui doit être adressé, on ne saura jamais comment changer le monde pour le mieux.
Ll me semble donc pertinent de faire porter notre regard sur et vers le sombre, le noir, le beurk, le pire du pire. Car ça existe. Et y git de nombreuses leçons de vie. Comme dans la mort. Certains ne veulent jamais penser à la mort, mais la mort est le parfait complément de la vie. La mort débute dès le début de la vie. En fait la mort nous incite à vivre pleinement, à vivre à fond, à prendre des risques, à vivre.
On voit souvent la naissance comme positive et la mort comme son inverse, mais si on y pense un peu, ce n’est pas nécessairement un party qui suit la naissance, alors qu’après la mort, ça risque d’être pas mal plus calme. Mais je m’égare.
Si je soulève ce thème aujourd’hui, c’est qu’hier j’ai vu comme certains d’entre vous cette horreur passer devant nos yeux, autant la nouvelle que la bête à cravate bleue.
Ça c’est du dark pas à peu près. Le pire de l’inhumanité.
Et je me demandais ce qu’il faudrait faire face collectivement à cette horreur.
Car l’humain, la plupart d’entre nous du moins, par définition, est attiré par la beauté, la bonté et les valeurs de partage et de bien. Mais ces monstres humains existent aussi. Et jusqu’à maintenant, ils ont le champs relativement libre, ils se lâchent lousse les lâches. Et ça nous rappelle de mauvais souvenirs non ? On a déjà dit : plus jamais. Et pourtant.
Et pourtant. important de regarder ces bêtes humaines et leurs actions en face pour se mobiliser sinon on en deviendra complètement désensibilisés. Oh, je sais, difficile de concevoir ce que l’on peut faire pour contrer cette vague d’inhumanité qui déferle encore sur notre monde.
Mais peut-être, au moins, dans un premier temps, la reconnaître ?
Et se mobiliser pour protéger la vie ?
Oui je sais, gros ptit lundi le chroniqueur.
Pour terminer, parce qu’en notre coeur vit encore et toujours un enfant qui a peur du noir, une berceuse pour affronter le dark du monde. Et si vous allez jusqu’au bout de ce chant de réconfort, et écouter la prochaine, ce petit message s’adresse personnellement à vous cher lecteur/trice.
Yes I do.
___ english
Dark can mean many things: the darkness of night, the darkness that will follow the death of the body, which we so fear because of the priests of our childhood, the black and eternal flames of hell, as it can mean the space when we close our eyes. But if you close your eyes, you’ll realize it’s not truly dark. It’s full of tiny lights, like fireflies, moving and twinkling right there. Often, that’s what I look at when I close my eyes to meditate. That, and the countless crazy thoughts that endlessly race through my mind.
But by dark, we could also refer to the period we’re currently living in on this earth. Because all is not well on Earth right now. Forests are burning, rivers are drying,there are fighting, beating, and gunfire everywhere. And some choose not to look at it, preferring to focus on beauty and the surface.We get it, yes it’s happening whether we like it or not.
In fact, life oscillates between pink and black. And we dance between the two. Doing our best. To lighten our load, and not sink. Sink as in dark.
Pink generally represents hope and our illusions of a different, perfect world populated by multicolored unicorns. While black is the worst of the worst, what we prefer not even to imagine. That’s normal. But if we don’t look at what needs to be addressed, we’ll never know how to change the world for the better.
It therefore seems relevant to me to turn our gaze toward the dark, the black, the ugly, the worst of the worst. Because it exists. And there are many life lessons hidden in it. Like in death. Some never want to think about death, but death is the perfect complement to life. Death begins at the very beginning of life. In fact, death forces us to live fully, to live life to the fullest, to take risks, to live.
We often see birth as positive and death as its opposite, but if you think about it, what follows birth isn’t necessarily all a celebration, whereas after death, things are likely to be much calmer. But I digress.
The reason I’m bringing up this topic today is that yesterday, like some of you, I saw both the news and the blue-tie-wearing beast pass before our eyes.
An Israeli minister suggest to kill 30 to 40 Palestinians every night
That is dark. The worst of inhumanity.
And I was wondering what we should do collectively in the face of this horror.
Because humankind, most of us at least, by definition, is drawn to beauty, kindness, and the values of sharing and goodness. But these human monsters exist too. And so far, they’ve had relatively free rein, they’re running wild, and abusing life. And it brings back bad memories, doesn’t it ? We’ve already said: never again. And yet.
And yet. It’s important to confront these human beasts and their actions so we can mobilize, otherwise we’ll become completely desensitized and numb. Oh, I know, it’s hard to imagine what we can do to counter this wave of inhumanity that’s still sweeping over our world.
But perhaps, at least as a first step, we should acknowledge it ?
And mobilize to protect life ?
Yes, I know, heavy Monday for the columnist.
Finally, because in our hearts probably still lives a child who fears the dark, here is a lullaby to face the darkness of the world. And if you listen to this comforting song to the end, and hear the next one, this little message is addressed personally to you, dear reader. Cause yes I do.
Si j’avais su, j’aurais agi autrement mais je ne savais pas alors j’ai fait du mieux que j’ai pu, et maintenant je sais un peu plus. – Rodney Norman
Tout le monde fait toujours de son mieux j’aime imaginer.
Même que certains qui font le mal le font très bien. Je ne nommerai personne.
De toute façon, comme on dit: si tu fais le mal, fais-le bien. Ou fais le bien, c’est selon.
Bien et mal sont deux concepts flexibles, fluides, multi-interprétables et inter changeables. Transgenre genre. Oui je sais les gros mots ce matin. Mais faut c’qui faut.
Le mal de l’un est souvent le bien de l’autre , ou vice et versa selon le côté de la ligne où l’on se trouve.
Ah le bien et le mal, quel couple.
Il y en a qui ont fait carrière là-dessus. Et des religions qui ont recruté et engrangé des millions de fidèles et d’infidèles et des tonnes de tibidoux.
Nous sommes ici-bas pour apprendre si on veut apprendre. Apprendre à vivre, à devenir plus humain.e., devenir meilleur.e.s à ce que l’on fait, comme à ne rien faire et à être tout simplement. Apprendre à être bien.
Et rien comme les erreurs pour nous donner des leçons, nous apprendre, nous enseigner. En fait, errer est presque la seule façon d’apprendre me semble. Comme dans apprendre de ses erreurs.
En fait, on dit qu’on apprend soit par choc, ou par répétitions. Certains apprennent plus vite que d’autres et certains autres n’apprennent jamais.
Certaines choses s’apprennent facilement, d’autres à la dure, d’autres encore ne s’apprennent jamais vraiment totalement. Comme vivre. On ne sait jamais vraiment comment vivre. Chaque jour est une leçon dans l’art de devenir humain.e.
Ils sont plusieurs en ce bas monde à faire le mal, à abuser, à guerroyer, à manquer de respect, à tricher, à forcer et à corrompre, à foncer et à tromper autrui. Ils savent mieux qu’hier et moins bien que demain comment le faire.
Mais peut-être regretteront-ils un jour ? Car on dit qu’on ne perd pour toujours ce que l’on a pas donné de son vivant et qu’on ne peut emporter avec soi que l’amour qu’on a donné. Qui mourra verra.
Mais si certains font le mal, je suis certains que nous sommes encore plus nombreux à vouloir le bien, et à essayer de la faire, du mieux que l’on peut. Faire de son mieux le mieux qu’on peut. En sachant ce que l’on sait au fur et à mesure.
Mais si on veut vraiment apprendre, vrai qu’on peut apprendre quelque chose à tous les jours. Au moins une chose. Car on n’a jamais vécu aussi vieux et vieille qu’on ne l’est maintenant. On n’a jamais vécu ce moment, cette journée, cette situation. Donc on ne sait jamais vraiment rien au fond. Oh, on peut penser parfois savoir, et alors la vie vient nous surprendre. Et nous, apprendre. Pas pour rien qu’apprendre et surprendre, ça rime câline de bine. Bine et bien, pas si loin. Apprendre le sens de l’amour, et le sens de l’humour.
Ça c’est une une base personnelle. Car sur le plan de l’humanité en général, on ne semble pas vraiment jamais apprendre. Ou si lentement qu’on dirait qu’on fait du surplace. Et possible que ça se termine mal cette histoire-là.
La lumière qu’on aperçoit au bout du tunnel, c’est le jour ou le train ?
Qui vivra verra. Tchou tchou.
Par exemple, si on avait su, se serait-on incarner ? Toute une question non ? La réponse est encore plus questionnante.
Les bien pensants répondront sûrement oui à cette question à 100 places. Pour apprendre, pour aimer, pour devenir un.e. meilleur.e. humain.e, pour faire de ce monde un monde meilleur. Ou moins pire, c’est selon la fameuse moitié du tout aussi fameux verre.
Et les mal intentionnés ? Je ne sais pas car comme Richard Desjardins, j’veux être un bon gars. Un gars bien. Gars ben ça et fais bien ça mon gars.
Mais la réalité, c’est qu’on ne sait même pas pourquoi nous nous sommes incarnés vous et moi. Ah vous le savez-vous ? Dites-moi ça car moi je cherche encore.
La vie est un grand mystère.
Et tant qu’on ne saura pas davantage que ce que l’on sait maintenant, on va continuer à faire du mieux qu’on peut. En espérant que ça va aller mieux. Ou moins pire c’est selon. Et peut-être un jour savoir pour vrai que comme la vie l’est maintenant, tout est déjà simplement parfait.
Ou peut-être trouver son coeur le but de la vie ?
______ Ainsi, le cœur – symbolique, invisible –, où palpite la Présence, devient le lieu des révélations, des intuitions fulgurantes, des visions et de l’union mystique. C’est « l’œil du cœur » qui perçoit le Seigneur, les mondes invisibles, les secrets intérieurs ; c’est « l’oreille du cœur » qui accueille la Parole éternelle, vivifiante, et les messages prophétiques. Grâce au cœur-conscience, l’être humain peut accéder à la contemplation des vérités éternelles et à la connaissance spirituelle qui est « intelligence du cœur ».
Au Moyen Âge, on figurait le cœur de deux manières : soit rayonnant, pour indiquer le siège de la sagesse, de la connaissance illuminative, soit enflammé, pour désigner le lieu de la ferveur et de l’amour inépuisable. Et on connaît le déploiement qu’a eu, dans le catholicisme, le culte du Sacré-Cœur, dû principalement aux visions de femmes mystiques, de Gertrude d’Helfta au XIIe siècle jusqu’à Marguerite-Marie au XVIIe siècle. Il n’en reste pas moins que l’image du cœur rouge, ardent, chère à tant de personnes, se trouve associée autant à la passion amoureuse qu’à l’ardeur mystique. Le brasier ou le creuset du cœur demeure le point de rencontre entre l’humain et le divin, puisque l’Amour est un.
– Jacqueline Kelen, via Cristina RJ ___ Et en terminant, un peu de stoïcisme.
Voici trois autres règles essentielles qu’Épictète a suivies et comment vous pouvez les appliquer aujourd’hui :
Faites des choix judicieux Si vous faites les bons choix, vous le serez aussi. Simple et vrai : vous êtes le fruit de vos choix. Ni plus, ni moins. Aujourd’hui vous offrira de nombreuses occasions de choisir : la beauté ou la laideur, la bonté ou l’égoïsme, la miséricorde ou la vengeance, la sérénité ou la colère. Il y aura de petits choix : ce que vous mangez, comment vous parlez aux autres, si vous prenez la télécommande ou un livre. Et il y aura aussi des choix plus importants : défendre ce qui est juste, tendre la main à ceux qui en ont besoin, quel travail vous faites, quelles exigences vous vous imposez. Faites des choix qui reflètent qui vous êtes et qui vous aspirez à devenir.
N’attendez pas pour exiger le meilleur de vous-même Combien de temps allez-vous attendre avant d’exiger le meilleur de vous-même ?
Les stoïciens condamnent fermement la procrastination. On disait qu’il n’y a pas de plus grand gâchis que de remettre les choses à plus tard. Si vous êtes négligent et paresseux maintenant, disait Épictète, et que vous remettez sans cesse à plus tard ce que vous ferez, vous ne vous apercevrez pas que vous n’avancez pas, mais vous vivrez et mourrez comme une personne tout à fait ordinaire. Quelle est cette chose que vous remettez toujours à plus tard ? Quelle action pouvez-vous entreprendre dès aujourd’hui pour commencer à progresser ?
Nourrissez le feu de vos habitudes Si vous voulez faire quelque chose, prenez-en l’habitude ; si vous ne voulez pas le faire, ne le faites pas, mais prenez plutôt l’habitude de faire autre chose.
Épictète disait que les habitudes – bonnes ou mauvaises – étaient comme un feu de joie. Chaque fois que nous accomplissons une habitude, nous la renforçons. Nous alimentons le feu. Chaque habitude et chaque capacité se confirme et se développe par les actions qui y correspondent, pas après pas, course après course, disait Épictète. Il en va de même pour notre état d’esprit. Lorsque vous vous mettez en colère, non seulement vous avez éprouvé ce mal, mais vous avez aussi renforcé une mauvaise habitude, jetant de l’huile sur le feu. C’était probablement l’un des nombreux enseignements qu’il avait reçus de son maître, Musonius Rufus. Ce dernier fut peut-être le premier philosophe à avoir identifié le pouvoir des habitudes. Dans bien des cas, disait-il, nous ne gérons pas nos affaires selon des principes justes, mais nous suivons plutôt des habitudes irréfléchies.
Nous ne parlons qu’à soi. Nous ne parlons plus aux rivières, nous n’écoutons plus le vent ni les étoiles. Nous avons brisé la grande conversation. En brisant cette grande conversation, nous avons fragmenté l’univers. – Thomas Berry
Nous avons perdu le contact avec plus grand que soi. Nous n’écoutons désormais que les multiples voix dans nos têtes. Nous vivons en circuit fermé. Nous vivons à tue-tête. Loin du coeur. Loin du choeur céleste.
En effet, nous n’écoutons plus le vent, nous ne prenons plus le temps ni le soin d’entendre les arbres et les fleurs pousser, pas plus que les oiseaux chanter. Pourtant, ils chantent toujours et encore. Pit pit pit. Et le vent continue de chuchoter sa chanson. Et de faire chanter les arbres sur son passage. Et l’eau, et l’eau ? Que de cliquetis mélodieux.
Mais nous sommes si pris dans nos têtes avec notre propre voix qui parle en rond et en boucle. Et qui répète la plupart du temps les mêmes chimères, les mêmes ptites misères. Comères va.
Écouter et parler à la vie.
Une relation saine que l’on a perdu, par peur de passer pour un fou ou une folle. Pourtant, une grande partie des secrets de la vie passe par les oreilles. Sauf que nous vivons surtout par les yeux. Ma foi des bons yeux.
Pourtant, souvent on entend l’expression qui veut que l’on doive écouter cette petite voix qui parle en soi. La voix de l’intuition, la voix de l’âme, la voix du coeur, là où l’âme repose en soi.
Mais on dirait qu’on l’a fait taire cette petite voix, on dirait qu’on l’a tue, tuée presque.
Mais elle chuchote encore et toujours. Si on prend le soin d’écouter. Elle chuchote plutôt que de crier, elle nous indique la voie à suivre, elle parle, au coeur de soi.
Et si on a le courage de l’écouter, on peut l’entendre. Courage ou sagesse ? Courage ou patience ?
Est-ce la voix de Dieu ? Ou notre propre voix ? Same same ?
Remarquez, pas toujours socialement payant de dire qu’on entend des voix 😉
Mais certaines prières s’émettent dans le silence, dans l’écoute. Dans l’attente.
Et pourtant, notre propre voix ou celle de Dieu, ou de la Vie, elle existe ?
Je vous entends – oui oui je vous entends – vous dire ce matin que le chroniqueur a viré sul top ? Maybe baby. But I see you too. Et en vérité en vérité je vous le dis: je ne sais rien avec certitude mais j’entends quelque chose. And the answer my friend is blowing in the wind.It is blowing in the wind.
Mais entendons-nous. Entendons-nous ?
Et lui parlez-vous vous aussi à la vie ?
L’entendez-vous la vie qui nous parle ?
Ils sont pourtant plusieurs à entendre des voix. Et pas fous du tout.
Nous faisons des plans, inconscients de ce qui se trame; et ce que nous planifions ne peut pas défaire les plans de Dieu. – Rumi
Ou comme on dit, tout ce qui doit se produire arrivera que tu le veuilles ou pas, même chose pour ce que tu ne veux pas qui arrive.
Qu’on l’appelle Dieu, la vie ou le destin, quelque chose semble déterminer ce qui arrive, comme ce qui n’arrive pas.
Quand on veut trop quelque chose, quand ça force, si ça se passe, habituellement, ça se passe mal. Alors qu’au contraire, quand quelque chose a à se passer, ça se passe sinon tour seul, très facilement.
Ou dit autrement et adroitement par Terrence McKenna : la vérité n’a pas besoin de votre participation pour exister. La merde de taureau, si. Meuh !
Mais j’avoues, pas toujours facile de faire la différence entre faire les efforts et persévérer quand on veut quelque chose, ou laisser couler. Le bon temps comme le moins. Car c’est toujours la vie qui décide au final. Toujours la vie qui veut. Mais nous aussi on veut un peu. Parfois la même chose que la vie, parfois pas. Mais la vie est plus forte que nous.
Et comme le dit Bashar: Relaxe et fais confiance à la façon dont la vie se déploie et travaille avec ce que la vie t’offre. Ne t’en fais pas avec ce que tu n’obtiens pas. Tu recevras alors ce dont tu as vraiment besoin. Laisse la vie travailler. Tu n’as pas à essayer de la faire arriver. Tout fonctionne déjà tel que ça doit.
En effet, je vous entend, il y a des choses qui ne tournent pas rond dans le monde. Mais qui sommes-nous pour penser savoir comment ça devrait aller autrement la vie ?
On va y penser. Mais pas trop.
___ On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c’est que tant d’hommes l’étaient et le cachaient.
En fait, si on met tout son coeur et toute son âme dans qui l’on est, ça se reflètera inévitablement dans tout ce que l’on fait.
Mais mettre tout son coeur et toute son âme dans qui l’on est, malgré que ça sonne simple, s’avère tout un défi.
Car on a beau dire qu’on s’aime soi-même et qu’on s’accepte, le faire pour vrai est tout un contrat et un défi.
Par exemple, accepter ses ombres, ses travers, ses côtés moins glorieux constitue un apprentissage de toute une vie. On découvre toujours des ptits bout plus difficiles à accepter.
Évidemment que tout commence par soi–même.
Si on veut traiter toute personne avec amour et respect, on ne peut que commencer par soi-même car comme l’a si bien dit Ramana:
Il n’y a pas d’autres.
En fait, on ne peut traiter les autres que comme on se considère soi-même. Alors on sait où commencer. Et ça ne finit jamais.
Mais certaines personnes ne font que la première moitié de la job. Ils et elles se priorisent, se mettent au premier plan, mais oublient de faire la même chose envers les autres. Moi moi moi est devenu le slogan des temps modernes.
Un moment donné, on doit passer du moi à nous. From me to we en anglais. Car notre petite personne n’est importante qu’on fonction du grand tout. Qu’un maillon dans une chaîne humaine sommes-nous. SI la chaîne déraille, les maillons deviennent bien insignifiants.
On dit que l’ultime récompense dans la vie est cachée dans le don de soi. Que l’on reçoit ce que l’on donne. Au final, on obtient la qualité du soin que l’on donne, à soi mais surtout aux autres.
Un dicton veut que dans la vie, on va perdre tout ce que l’on aura pas partager avec autrui, et qu’à notre dernier souffle, on ne pourra apporter avec soi que ce l’on aura donné, que l’amour qui aura passé par notre coeur.
Caritas, charité, coeur.
Peut-être ça les annales akashiques en fait: le contenu de son propre coeur ?
Un étant sans mouvement reflète la lune sans distortion; un mental calme reflète la réalité telle qu’elle est.
Esprit, âme, mental. La Sainte trinité. En autant que le coeur en soit le Dieu, j’achète.
Ça fait des années que je me demande comment traduire ce fameux mind. Vous savez ce petit ordinateur qu’on porte tous dans notre tête ? Et qui prend parfois beaucoup trop de place. Ce petit machin invisible qui emmagasine les connaissances, les expériences, les concepts et tant de croyances, les utiles comme les moins. L’intelligence naturelle – pas toujours si intelligente – qui agit sans cesse au-dessus de nos épaules. Pour le meilleur et pour le dire, et le rire.
En cherchant dans les outils de traduction, aucun ne me donnait mental comme traduction à mind. On me suggérait en premier lieu esprit, le sain comme le moins, mais ensuite, sans distinguer entre les noms et les verbes, s’enfilaient avis, idée, mémoire, intelligence, cerveau, souvenir, conscience, raison, opinion, intention, remarquer, humeur, tenir, se rappeler, se souvenir, garder, surveiller, écouter, prendre soin, prendre garde et finalement, mon préféré, prêter attention.
La plupart de ce que nous disons et répétons, nous l’avons emprunté. À nos parents. À notre éducation. À la culture ambiante. Des idées et des concepts que nous avons assimilés avant même de savoir ou même de pouvoir les remettre en question. Je lis donc je suis.
Prêter attention à tout ce qui se passe me semble une bonne idée, en particulier tout ce qui passe par notre petit ordinateur personnel, comme par nos cinq sens. Sentir et penser. Porter ou prêter attention avec tout notre être, pas seulement toute notre tête.
On dit que le corps saisit les stimuli extérieurs avant même que le mental ait pu les interpréter ou les décoder. Intelligence naturelle.
On dit aussi que le coeur, en terme de fréquences émises, est beaucoup plus intelligent que notre ptite tête de peanut. La perception est directe, sans filtre.
Certains vendent l’idée qu’on doit arrêter de penser, qu’on doive stopper la pensée. Bon chance.
Probablement que tout ce que l’on peut faire est justement de prêter attention. En français on la prête ou on la porte l’attention, en anglais on la paie – to pay attention. Lost en pleine traduction. Et perdus dans les trous de l’emmental. Cheeze and cheers !
Le mental est indispensable, en tous cas, il est inévitable et incontournable. Si on peut réussir à le ralentir un peu, en respirant plus lentement, en portant attention à son contenu, la vie s’avère plus légère. Portons ou prêtons attention. Sinon, tension attention. Car un mental tendu rend la vie trop inattendue.
Le problème n’est probablement pas avec le mental, qui n’est qu’un contenant à ondes pensées, qu’un outil; il est tout de même bien utile pour certaines jobs de planification. On dit de lui qu’il est formidalbe employé mais un terrible patron. C’est davantage avec sa surcharge ou son hyperactivité compulsive que la schnoutt frappe la fan. Comme avec le manque de distanciation à son endroit qui peut nous virer à l’envers.
J’aime cette image du plan d’eau calme qui reflète la lune sans distortion comme un mental apaisé peut refléter la réalité telle qu’elle est. Ça enligne le mental, ça lui donne une direction, une cible. Ça lui enlève une responsabilité. Ça le relativise.
Et comme le veut le dicton, quand le doigt pointe la lune, ne prêtons pas trop d’attention au doigt, Visons la lune.
Pas si simple cette buzyness du mental slash esprit slash tant d’autres termes. Alors, never mind.
___ Il n’y a qu’une seule chose que tu dois apprendre. C’est l’abandon inconditionnel. Il n’y a rien d’autre. Toute la connaissance spirituelle du monde ne t’illuminera pas. Toute la connaissance spirituelle du monde ne guérira pas les blessures de ton cœur. Pourtant, c’est ce que les gens achètent. Parce que c’est ce qui les intéresse : la connaissance. Mais la connaissance ne libère pas. C’est la conscience d’elle-même qui libère. Et cela ne peut être possible qu’avec un esprit abandonné.
L’illumination est survenue lorsque mon esprit s’est totalement abandonné à la Vérité. J’ai compris qu’il y avait un pacte. Le pacte, c’était tout pour la Vérité, et rien pour moi. Tout pour Dieu, et rien pour moi. Peu importe comment on le dit.
Dans ce pacte, Vishrant est mort. Parce que tout a été donné à la Vérité. Et Vishrant n’est jamais revenu. On ne l’a plus revu depuis. On a envoyé des équipes de recherche, mais rien.
– Vishrant
___ Dernier texte écrit par Jung quelques mois avant sa mort survenue le 6 juin 1961.
Notre intellect a créé un nouveau monde fondé sur la domination de la nature, et l’a peuplé de machines monstrueuses. Ces machines sont si indubitablement utiles que nous ne voyons pas la possibilité de nous en débarrasser, ni d’échapper à la sujétion qu’elles nous imposent. L’homme ne peut s’empêcher de suivre les sollicitations aventureuses de son esprit scientifique et inventif et de se féliciter de l’ampleur de ses conquêtes. Cependant, son génie montre une tendance inquiétante à inventer des choses de plus en plus dangereuses qui constituent des instruments toujours plus efficaces de suicide collectif.
L’homme, devant l’avalanche rapidement croissante des naissances, cherche les moyens d’arrêter le déferlement démographique. Mais il se pourrait que la nature prévienne ses efforts en tournant contre lui ses propres créations. La bombe H arrêterait efficacement la surpopulation. Malgré l’orgueilleuse prétention que nous avons de dominer la nature, nous sommes encore ses victimes, parce que nous n’avons pas encore appris à nous dominer nous-mêmes. Lentement, mais sûrement, nous approchons du désastre.
Il n’y a plus de dieux que nous puissions invoquer pour nous aider. Les grandes religions du monde souffrent d’une anémie croissante, parce que les divinités secourables ont déserté les bois, les rivières, les montagnes, les animaux, et que les hommes-dieux se sont terrés dans notre inconscient. Nous nous berçons de l’illusion qu’ils y mènent une vie ignominieuse parmi les reliques de notre passé. Notre vie présente est dominée par la déesse Raison, qui est notre illusion la plus grande et la plus tragique. C’est grâce à elle que nous avons « vaincu » la nature.
Mais ceci n’est qu’un slogan, car cette prétendue victoire remportées sur la nature fait que nous sommes accablés par le phénomène naturel de la surpopulation, et ajoute à nos malheurs l’incapacité psychologique où nous sommes de prendre les accords politiques qui s’imposeraient. Nous considérons encore qu’il est naturel que les hommes se querellent, et luttent pour affirmer chacun sa supériorité sur l’autre. Comment peut-on parler de « victoire sur la nature » ?
Comme tout changement doit commencer quelque part, c’est l’individu isolé qui en aura l’intuition et le réalisera. Ce changement ne peut germer que dans l’individu, et ce peut être dans n’importe lequel d’entre nous. Personne ne peut se permettre d’attendre, en regardant autour de soi, que quelqu’un d’autre vienne accomplir ce qu’il ne veut pas faire. Malheureusement, il semble qu’aucun de nous ne sache quoi faire ; peut-être vaudrait-il la peine que chacun s’interroge, en se demandant si son inconscient ne saurait pas quelque chose qui pourrait nous être utile à tous. La conscience semble assurément incapable de nous venir en aide. L’homme, aujourd’hui, se rend douloureusement compte que ni ses grandes religions, ni ses diverses philosophies, ne paraissent lui fournir ces idées fortes et dynamiques qui lui rendraient l’assurance nécessaire pour faire face à l’état actuel du monde.
Je sais ce que diraient les bouddhistes : tout irait bien si les gens consentaient à suivre l’octuple voie du Dharma (loi) et à apprendre à connaître véritablement le Soi. Les chrétiens nous disent que si les gens croyaient en Dieu, le monde serait meilleur. Le rationaliste déclare que si les gens étaient intelligents et raisonnables, tous les problèmes seraient solubles. L’ennui est qu’aucun rationaliste ne s’arrange jamais pour résoudre ses problèmes lui-même. Les chrétiens demandent souvent pourquoi Dieu ne leur parle plus, comme on croit qu’il a fait dans le passé. Quand on me pose cette question, je pense toujours à ce rabbin auquel on demandait pourquoi, alors que Dieu était si fréquemment apparu aux hommes d’autrefois, personne ne le voyait plus aujourd’hui. Le rabbin répondit : « Aujourd’hui, il n’y a plus personne qui soit capable de se courber assez bas. »
La réponse est pertinente. Nous sommes si fascinés, si absorbés, par notre conscience subjective, que nous avons oublié ce fait, de notoriété millénaire, que Dieu parle surtout dans les rêves et les visions. Le bouddhiste rejette les fantasmes produits par l’inconscient comme d’inutiles illusions. Le chrétien met l’Eglise et sa Bible entre lui et son inconscient. Le rationaliste ne sait pas encore que la conscience n’est pas toujours la psyché. Cette ignorance persiste bien que l’inconscient soit depuis plus de soixante-dix ans un concept scientifique indispensable à toute investigation scientifique sérieuse.
Nous ne pouvons plus nous permettre de jouer au Dieu-Tout-Puissant qui s’érige en juge des avantages et des inconvénients des phénomènes naturels. Nous ne fondons pas notre botanique sur une classification démodée en espèces utiles et nuisibles, ni notre zoologie sur une distinction naïve entre animaux dangereux et inoffensifs. Mais nous pensons encore avec complaisance que notre conscience est la raison, et que notre inconscient est la déraison. Dans toute autre science, un tel critère soulèverait des rires qui le chasseraient de la scène. Les microbes, par exemple, relèvent-ils de la raison ou de la déraison ? De quelque nature que soit l’inconscient, c’est un phénomène naturel, qui engendre des symboles dont l’expérience révèle qu’ils ont un sens. Nous ne pouvons pas nous attendre que quelqu’un qui n’a jamais regardé dans un microscope parle avec compétence des microbes.
De même, quelqu’un qui ne s’est pas penché sérieusement sur l’étude des symboles naturels ne peut pas être considéré comme un juge compétent en la matière. Mais on sous-estime si généralement l’âme humaine, que ni les grandes religions, ni les philosophes, ni le rationalisme scientifique n’ont daigné approfondir son étude. En dépit du fait que l’Église catholique admette les somnia a deo missa (les songes envoyés par Dieu) la plupart de ses penseurs ne font aucun effort sérieux pour comprendre les rêves. Je doute qu’il y ait un traité ou une doctrine dans lesquels un protestant se soit abaissé jusqu’à admettre que la vox Dei pût être perçue dans un rêve. Pourtant si un théologien croit vraiment en Dieu, à quel titre peut-il affirmer que Dieu est incapable de s’exprimer par le truchement des rêves ?
J’ai passé plus d’un demi-siècle à étudier les symboles naturels, et je suis arrivé à la conclusion que les rêves et leurs symboles ne sont ni stupides, ni dénués de sens. Au contraire, les rêves nous procurent les connaissances les plus intéressantes, si l’on se donne la peine de comprendre leurs symboles. Les résultats de telles recherches, il est vrai, ont peu de rapports avec les problèmes de ce monde : la vente et l’achat. Mais le sens de la vie n’est pas épuisé par notre activité économique, ni le désir profond du cœur humain par la possession d’un compte en banque.
Dans une période de l’histoire humaine où toute l’énergie disponible est consacrée à l’étude de la nature, on ne fait guère attention à l’essence de l’homme, c’est-à-dire à sa psyché. Sans doute beaucoup de recherches sont consacrées aux fonctions conscientes de l’esprit, mais les régions réellement complexes et peu familières de la psyché où germent les symboles demeurent encore pratiquement inexplorées. Il semble presque incroyable qu’avec les signaux qui nous en parviennent toutes les nuits, le déchiffrement de ces messages paraisse si ennuyeux que presque personne ne veuille s’en occuper. Le plus grand instrument de l’homme, sa psyché, jouit de peu de considération, et est souvent ouvertement traitée avec méfiance ou mépris : « ce n’est que psychologique » signifie trop souvent : « ce n’est rien ».
D’où est venu ce préjugé considérable ? Nous avons manifestement été si occupés de ce que nous pensons que nous oublions complètement de nous demander ce que notre psyché inconsciente pense de nous. Les idées de Sigmund Freud ont confirmé la plupart des gens dans le mépris que leur inspire la psyché inconsciente. Avant lui, son existence était ignorée, ou négligée. Désormais, elle est ne s’accorde même pas avec les faits connus. Notre connaissance actuelle de l’inconscient montre qu’il est un phénomène naturel et que, comme la Nature elle-même, il est au moins neutre. Il contient tous les aspects de la nature humaine, la lumière et l’ombre, la beauté et la laideur, le bien et le mal, la profondeur et la sottise. L’étude du symbolisme individuel aussi bien que du symbolisme collectif, est une énorme tâche, et on ne l’a pas encore pleinement dominée. Mais l’on a enfin commencé. Les premiers résultats sont encourageants, et ils semblent annoncer une réponse— attendue jusqu’ici — à bien des problèmes qui se posent à l’humanité aujourd’hui. »
– C.G. Jung, Essai d’exploration de l’inconscient via Jean Gagliardi
Même un monde meurtri nous nourrit. même un monde blessé nous soutient, nous offrant des moments de joie et d’émerveillement. je choisis la joie plutôt que le désespoir, non parce que je me mets la tête dans le sable, mais parce que la joie est ce que la terre nous offre quotidiennement et je dois redonner ce cadeau.
Oui, la joie plutôt que le désespoir. On revient encore au fameux verre d’eau. Oui, oui, celui-ci.
Mais ça aurait pu être celui-là remarquez
Car lorsqu’on a vraiment soif, tous les verres d’eau se valent. Presque. Parlez-en aux gens de Gaza et d’ailleurs qui en manquent cruellement et qui expérimentent davantage la moitié vide du verre, souvent obligés de boire des moitiés pleines de qualité douteuse. Petite parenthèse pour nous faire apprécier la pluie qui tombe si généreusement ici. Même si on ne devrait pas se comparer, quand on se compare on se console et quand on voit le sort de certains de nos frères et soeurs, on se désole.
Car oui on reçoit de la joie de la terre à chaque jour si on veut ou peut le voir ainsi, comme le recevoir. On reçoit aussi de l’eau, de la nourriture, du soleil et de l’air. Tout ce que l’on a besoin pour survivre et pour vivre. Si les éléments de base sont nécessaires pour survivre, la joie l’est tout autant pour bien vivre.
Mais qu’est-ce que la joie ?
Certains la comparent au bonheur, mais d’autres psys les distinguent en affirmant que la joie est une émotion primaire profonde que les individus ressentent lorsqu’ils se sentent véritablement connectés dans des relations, en phase avec leurs valeurs et/ou ont un sentiment de sens et d’objectif, alors que le bonheur se traduirait par un état émotionnel qui peut se produire à travers des expériences spontanées et qui dépend souvent de facteurs externes comme une réussite ou l’obtention d’une satisfaction matérielle. Ainsi le bonheur serait éphémère et la joie est plus durable.
Je suis certain que vous saisissez la nuance. Le bonheur serait les vagues des événements de la vie alors que la joie serait davantage le fond de la mer. Pour les besoins de la cause, on va y aller avec la joie aujourd’hui, cette source de menoum menoum permanente qui git au fond de soi quand on peut vraiment apprécier les cadeaux de la vie et ressentir pleinement la gratitude d’être en vie, soit l’énergie fondamentale que l’on reçoit de la terre à chaque jour selon Mme Kimmerer ci-haut.
Pas toujours évident de sentir et de ressentir cette joie. Nous sommes souvent distraits par les vagues événementielles, autant les mondiales que les personnelles. En ce sens, j’aime bien l’image de la joie comme le fond de la mer car pour la sentir, il faut plonger en soi. Peut-être que la joie permanente repose dans le coeur alors que le bonheur serait davantage une affaire de tête. Grosso modo mais là n’est pas mon propos. je dis vagues mais je divague.
Il est possible et essentiel même d’apprendre à recevoir la joie qui émane de la terre à chaque jour si on s’y branche, s’y on s’y gounde. Les oiseaux le font et la chantent, les plantes, les arbres et les fleurs et la manifestent aussi. Comme le soleil qui fait sa job et qui allume toute vie sur terre, ainsi que l’eau qui nous abreuve. Tous ces éléments sont des manifestations concrètes de la joie pure que nous offre la vie, celle avec un grand V, celle qui ne s’achète pas.
Cela n’élimine pas les défis, les obstacles et les petits soucis du quotidien, mais tant qu’on les considère comme de simples vagues qui vont et viennent, on peut toujours revenir au fond de joie qui dort en soi, au fond de la mère, de la Terre mère.
Et s’inspirer de cette joie pour changer concrètement le cours des choses en cette ère de déshumanisation. En commençant par semer de la joie et du bonheur ici en soi et autour de soi, tout en gardant au coeur la situation des plus démunis sur terre. Lorsqu’on reçoit autant de bénédictions de la terre, on ne peut que la redonner, la partager, la faire fructifier, sinon on coupe le courant.
Car même chez certains ci-bas, dans leurs yeux, cette joie de la terre transperce. Alors si eux peuvent la trouver, de même le pouvons-nous.
___ et je reposte ci-bas une citation d’une psychanalyse françaises déjà postée il y a quelques jours mais trop parfaite avec le meme ci-haut.
La folie tranquille de la joie : Traverser le monde sans lui abandonner notre puissance de vivre
Il y a des jours où la joie paraît presque indécente. Le monde brûle, les guerres déchirent, les liens se durcissent, les corps fatiguent. Nous avançons parmi les pertes, les inquiétudes et les informations qui semblent chaque matin nous demander de renoncer un peu davantage à l’avenir. Et pourtant, quelqu’un rit. Une musique traverse une fenêtre. Une main se pose sur une épaule. Un arbre continue de faire de l’ombre. Deux êtres dansent quelques minutes au milieu d’une époque qui ne leur promet rien. Cette joie n’est pas une ignorance du désastre. Elle est parfois exactement l’inverse : la décision silencieuse de ne pas laisser le désastre occuper toute la scène. La joie ne nie pas l’épreuve Il existe une joie défensive, bruyante, obligée, qui exige que tout aille bien. Elle recouvre la souffrance d’un sourire et transforme la fragilité en faute. Mais la joie dont il est question ici ne commande rien.
Elle ne dit pas : « Oublie ce qui t’est arrivé. » Elle dit plutôt : « Ce qui t’est arrivé ne possédera pas toute ta vie. »
Elle connaît la perte. Elle a parfois dormi près du chagrin pendant des années. Elle n’efface ni les morts, ni les humiliations, ni les abandons. Elle pousse parmi eux, comme une plante surgissant dans la fissure d’un mur. Ce n’est pas la joie de celui qui n’a jamais souffert. C’est la joie de celui qui refuse que la souffrance devienne son unique identité. Traverser n’est pas vaincre Nous rêvons souvent de sortir définitivement de nos épreuves. Nous voudrions refermer la porte, achever le deuil, résoudre le conflit, déposer le passé derrière nous comme un bagage devenu inutile. Mais certaines expériences ne disparaissent pas. Elles se transforment. Traverser ne signifie pas arriver intact de l’autre côté. Traverser, c’est consentir à être modifié sans être détruit. C’est découvrir que nous pouvons porter certaines cicatrices sans leur demander de se rouvrir chaque jour pour prouver qu’elles existent. La traversée n’a rien d’une marche triomphale. Elle connaît les retours en arrière, les nuits de doute, la fatigue et les moments où l’on croit n’avoir rien appris. Puis un matin, presque sans s’en apercevoir, on recommence à désirer quelque chose. Un repas. Une promenade. Une chanson. Une rencontre. Un projet minuscule. Ce désir qui revient est déjà une victoire du vivant.
La folie tranquille Pourquoi parler de folie ? Parce qu’il y a quelque chose de déraisonnable à continuer d’aimer lorsque l’on a été trahi, à créer lorsque tant de choses sont détruites, à faire confiance au lendemain lorsque le présent paraît si incertain. Mais cette folie est tranquille. Elle ne cherche ni l’exploit ni l’admiration. Elle ne se met pas en scène. Elle ne prétend pas sauver le monde. Elle prépare du café. Elle soigne une plante. Elle ouvre les volets. Elle téléphone à quelqu’un qui se croit oublié. Elle écoute un morceau de saxophone jusqu’au bout. La folie tranquille de la joie ne fait pas beaucoup de bruit. Elle travaille discrètement contre les puissances de mort. Elle maintient ouvertes des zones de respiration là où tout semblait devoir se refermer. La joie est une force de liaison La souffrance isole. Elle enferme parfois le sujet dans une scène intérieure où le passé se répète sans témoin. Le monde devient menaçant, l’autre devient lointain, et le corps lui-même peut sembler étranger. La joie, lorsqu’elle n’est pas imposée, remet du lien. Elle relie le corps au présent. Elle relie une sensation à une présence, une mémoire à un devenir, un être humain à un autre. Elle permet de sentir que quelque chose circule encore. On peut avoir beaucoup pensé, beaucoup compris, beaucoup parlé de son histoire, et demeurer pourtant retenu au seuil de la vie. Il faut parfois qu’une expérience simple survienne : être accueilli sans être envahi, rire sans être moqué, se reposer sans être abandonné, éprouver du plaisir sans avoir aussitôt à le payer. Alors le psychisme découvre que le monde n’est pas uniquement le lieu de la menace. La joie devient une expérience de sécurité. Ne pas livrer toute la maison au malheur Le malheur, lorsqu’il entre, voudrait souvent occuper toutes les pièces. Il s’installe dans la mémoire, dans le sommeil, dans le corps. Il transforme chaque événement nouveau en confirmation de ce qui a déjà été vécu. Il murmure que rien ne changera, que toute ouverture est dangereuse, que l’avenir ne fera que répéter le passé. Il ne s’agit pas de le chasser de force. Certaines douleurs doivent être entendues, reconnues, accompagnées. Mais nous pouvons refuser de leur livrer toute la maison. Une pièce peut rester ouverte pour la musique. Une autre pour l’amitié. Une autre encore pour le silence, les livres, le jardin, les animaux, les rêves, le désir. La joie commence parfois par cette limite intérieure : « Tu peux habiter une partie de moi, mais tu ne seras pas tout ce que je suis. »
Le droit d’être heureux sans réparer le monde entier Certaines personnes ne s’autorisent à vivre qu’après avoir réparé tous ceux qu’elles aiment. Elles attendent que leurs enfants aillent bien, que leur compagnon change, que leur mère ne souffre plus, que les conflits s’apaisent. Leur joie demeure suspendue à l’état du monde extérieur. Mais le monde extérieur ne sera jamais entièrement réparé. S’autoriser un moment de bonheur ne signifie pas abandonner les autres. Cela signifie reconnaître que nul ne peut durablement soutenir autrui en se condamnant lui-même à l’épuisement. La joie n’est pas une dette envers ceux qui souffrent. Elle peut même devenir ce que nous leur transmettons de plus précieux : la preuve qu’une existence ne se réduit pas à ce qui l’a blessée. … La joie véritable ne demande aucune promesse d’éternité. Elle sait que l’instant passera. La musique s’arrêtera. La personne aimée s’éloignera un jour. L’été prendra fin. Le corps changera. Mais elle ne transforme pas cette finitude en raison de ne plus rien vivre. Elle murmure : « Cela ne durera peut-être pas. Mais cela existe maintenant. » Accueillir la joie, c’est consentir à ne pas la posséder. C’est la laisser nous traverser sans vouloir la retenir jusqu’à l’étouffer. La joie ressemble alors à un souffle. Elle vient. Elle ouvre. Elle repart parfois. Mais après son passage, quelque chose en nous se souvient qu’il est encore possible de respirer. Continuer, avec poésie et avec force. Nous ne traverserons pas ce monde uniquement par le courage. Le courage peut s’épuiser. Nous aurons aussi besoin de beauté, de musique, de récits, de gestes inutiles, de rires inattendus et de tendresse. Nous aurons besoin de tout ce qui ne résout rien immédiatement, mais empêche l’existence de se réduire à la survie. La poésie ne protège pas des catastrophes. Elle protège quelque chose de notre humanité au cœur des catastrophes. La joie ne nie pas les ténèbres. Elle y allume une lampe. Elle n’est ni naïve ni légère. Elle est une force grave, une insoumission intime, une manière de dire au monde : « Tu peux me blesser. Tu peux m’éprouver. Mais tu ne décideras pas seul de ce que je ferai de ma vie. »
Voilà peut-être la folie tranquille de la joie : continuer à aimer ce qui peut l’être, créer ce qui peut naître, transmettre ce qui mérite de durer. Et, au milieu du fracas, entendre encore la musique.
Lorsqu’on réalise que chaque nouveau jour n’est pas un jour de plus mais un jour de moins, ce moment devient infiniment précieux.
Ah que j’aime le Zen. J’aime ces petits riens du tout qui font ressortir le tout du rien.
Le Zen nous présente simplement les choses telles qu’elles sont. Ou telles qu’elles ne sont pas. Ou les deux. Ou pas. À pas. Le Zen nous appâtte.
Ces quelques mots zeniques – ou zenniens – reprend le concept du fameux verre d’eau, vide ou rempli à moitié, oui oui celui-là, mais transposé sur la ligne du temps de notre propre existence, plutôt que sous une forme liquide et contenue. Un ver d’eaureille à la conscience.
À un certain âge, qui n’est pas toujours un âge certain, ni un numéro particulier, on commence à apprécier autrement le temps. Le temps qui passe, celui qui est passé, comme le moment qui est et celui qui reste. Plusieurs temps en même temps, tout le temps et hors du temps. Tant de temps.
Parfois, ayant réalisé pas mal de trucs dans sa propre vie, on se sent – de plus en plus – prêt à partir pour le prochain grand voyage qui n’est peut-être simplement que la fin de cette illusion liée au corps, la levée du voile à venir. Pouf !
Et à d’autres moments, réalisant avec lucidité le précieux et irréversible égrainage des petits moments fuyants dans les grand sablier du temps qui s’écoule, on apprécie davantage et on veut les étirer, les ralentir, les stretcher ces petits moments futiles et agréables.
Mais on sait plus que jamais auparavant qu’on ne peut pas, qu’on ne peut plus, mais, surtout, qu’on a jamais pu. Qu’au contraire même, que plus qu’on veut les conserver, plus ils fuient rapidement ces petits moments de rien du tout. Comme du sable entre les doigts. Ou les orteils.
Si on peut arriver à s’inclure soi-même dans le grand sablier, à s’étendre sur la grande plage du conte humain à rebours, on file et on défile avec de plus en plus de confiance au coeur de la vie, sans offrir de résistance, sans jamais désirer autre chose que ce qui est. Il devient alors impossible d’avoir hâte comme d’avoir des regrets.
Si, chaque matin, on apprend à appréhender chaque nouveau jour comme le dernier, ce qui est toujours plausible sinon possible, la vie devient plus précieuse, plus fragile, et le concept de passer le temps prend un autre sens. Car ce n’est jamais le temps qui passe, toujours soi, toujours que soi.
Rendu à un certain point de notre vie, on sait qu’on a parcouru plus de la moitié du chemin. On se met à deviner le fil d’arrivée, à le sentir s’approcher. Mais on ne réalise pas nécessairement que chaque nouveau jour est un jour de moins.
Comme un chapelet ou un mala la vie au fond: au début on met l’emphase sur les billes à venir, puis vient un moment où on se met à compter les billes qui restent. La vie est un mala.
Et tant qu’à faire dans le Zen ce matin, celle-ci-bas va un peu dans le même sens malgré sa tournure différente : ne me demandez pas où je vais, car comme je voyage en ce monde sans limite, chaque pas que je fais est ma maison.
Alors chaque jour qui reste devient une occasion, une opportunité de bâtir maison. Un grain de sable. Soit pour ne rien faire du tout et simplement être, ou errer, dans tous les sens, soit pour laisser le bon temps s’écouler, soit pour bâtir sa maison sur la plage de sable mouvant qu’est notre vie.
Tic tac tic tac…
___ Je dois aimer être rien. Comme ce serait horrible si j’étais quelque chose. Aimer mon néant, aimer être néant. Aimer avec la partie de l’âme qui est située de l’autre côté du rideau, car la partie de l’âme qui est perceptible à la conscience ne peut pas aimer le néant, elle en a horreur. Si elle croit l’aimer, ce qu’elle aime est autre chose que le néant.