UN ÂGE CERTAIN

Après un certain âge, vous n’êtes plus le produit de votre environnement ni de votre éducation. Ça devient un choix personnel de vivre de la façon dont vous le faites. À un certain point, blâmer son passé devient une distraction qui entrave votre avenir. La guérison est votre responsabilité. La croissance est votre décision. C’est un choix personnel de vivre comme vous le voulez.. Soit vous prenez la responsabilité pour votre vie, soit vous devenez prisonnier/ère des justifications et excuses. La vérité ? Personne ne viendra vous sauver. Il n’incombe qu’à vous de devenir la personne qu’on ne vous a jamais montré à être.

Un certain âge. Un âge certain. Deux façons de dire qu’on vieillit.

Mais on vieillit à tout âge right ? Et encore plus vite quand on est jeune, les changements étant même plus spectaculaires. Juste qu’on s’en rend pas – ou moins – compte. L’arrogance de notre innocence – c’est de Richard Séguin. Beau non ? Vrai en tous cas. Mais de ça, on s’en rend compte seulement après un certain bout de route parcouru. À un certain âge.

Certains jeunes dans la vingtaine sont déjà vieux – salut l’aile jeunesse de la CAQ, excusez-là – et des gens qui ont passé le cap du 80 et même 90 sont encore jeunes. De coeur du moins. De corps, c’est selon.

Je suis à remplir mes papiers de pension ces temps-ci, vous savez l’aide sociale pour les gens de plus de 65 ans. Je ne pensais pas que ça rentrerait autant dans le dash de mon corps usagé que ça. Je vis actuellement mon dernier mois de pré-retraité officiel. Une certaine retraite pas certaine du tout, mais très bienvenue.

Même si l’âge n’est qu’un numéro, le 65 en est un gros je trouve. Les publicitaires ont essayé de faire rimer le numéro 55 avec liberté, avec un succès plutôt mitigé. Mais pour le ô 65, c’est bingo ! Pour moi du moins. Je suis un jeune de – presque – 65 ans. Tout un numéro.

La semaine dernière, j’ai dû aller au bureau de Service Canada pour ma demande et à entendre le ton de la préposée – mon ptit monsieur – j’ai réalisé que j’avais atteint un âge certain, et encore plus ce certain âge. Je suis devenu un ptit monsieur. 1 à 0 pour la vie. Et j’ai réalisé aussi que j’ai déjà dû parler comme ça à des plus vieux que moi jadis. Désolé. SIncèrement, msieurs dames.

Puis, à peu près en même temps, j’ai reçu une lettre de la SAAQ stipulant que puisque j’allais atteindre l’âge certain de 65 ans, si je voulais être certain de conserver mes permis de chauffeur de camion et d’autobus, je devais aller passer un test médical pour prouver mon aptitude. Comme je n’ai ni médecin, ni davantage l’envie de conduire des grosses affaires à roues ou à personnes multiples désormais, la décision de laisser tomber est tombée d’elle-même et très facilement, organiquement. C’est mon corps qui a dit non. Ça s’est fait en un claquement de doigts de Dieu. La fin d’une étape. Finies les jokes de chauffeur d’autobus pour moi. Je vais fouiller les jokes de ptit monsieur. Pourtant, encore qu’un ptit gars le ptit monsieur. Parait même que les bus de Montréal vont être gratuits pour moi le mois prochain. Vais aller me promener en ville juste pour ça.

J’ai plusieurs ami.e.s dans la soixante-dizaine, même que mon meilleur chum va avoir 80 ans cet été, alors je ne peux pas vraiment me plaindre. En tous cas, pas devant eux, encore moins devant lui. Mais ça tombe bien, je ne me sens pas vieux. Juste de plus en plus un peu plus certain d’âge, et d’un âge de plus en plus certain. Ça c’est sûr. Le sable file dans le sablier. Tiens ça me donne une idée.

J’ai aussi plusieurs amis fin de quarantaine et début de cinquantaine, et je ne me sens pas plus vieux qu’eux et elles. Au fond, nous ne sommes tous et toutes que de drôles de numéros indéterminés. De drôles de pistolets. Comme Sol, et comme Gobelet. Pour saisir celle-ci, vous devez être d’un certain âge certain. Sorry les ptits jeunes.

Même ma plus vieille va atteindre la mi-quarantaine cette année, et ça non plus ne me fait pas un pli sur le rouleau de numéros.

On a l’âge qu’on a, et en même temps, on n’a aucun âge du tout. Parfois, l’âge nous a.

Peut-être pour ça que âge et âme sont tous les deux circonflexes ?

C’est davantage notre corps que notre numéro qui nous ramène à l’ordre, ou au désordre, c’est selon. Même si les deux sont un peu liés. Vrai qu’on ralentit un peu avec les années. On s’assagit un peu aussi parait, mais ça varie selon le sens qu’on accorde à s’assagir. Parfois plus smatt, parfois juste plus lent.

On dit d’ailleurs en joke que si on fait moins de niaiseries en vieillissant, c’est peut-être juste parce qu’on bouge moins vite. On va penser à ça. Mais pas trop.

Je ne me sens pas vieux du tout. Et en même temps, je dois avouer que le numéro 65 résonne plus que les autres précédents retours d’âge. Me semble qu’on appelait les pauses d’hommes et de femmes ainsi jadis non ? Le retour d’âge. Prends une pause mon moineau.

Tout ce radottage – parait que ça vient avec l’âge – pour dire que le temps file sur et à travers notre corps. Mais notre âme, et notre âge, semblent éternels, même si parfois ils semblent s’attacher au corps plus qu’à d’autres.

Vieillir est une lente et inévitable pratique spirituelle qui s’acquiert lentement, sagement, et parfois, par à coups. Tout un art à apprendre. Comme ce fut le cas la semaine dernière pour moi. Alors tout mon respect pour quiconque a plus de miles au compteur que moi.

Mais le fait d’accumuler les années se prend bien en général, si on peut décrocher du look et de la vitesse. On relaxe en soi de plus en plus avec le temps qui passe. On accepte davantage le cours – ou la marche ou le trot c’est selon – des choses. On se tanne plus vite de résister du moins. Vieillir est une job de longue haleine qui nous coupe parfois le souffle. Respirons avant d’expirer.

Mais drôlement, le poids des années peut devenir une élévation, une préparation au grand envol, au grand détachement. Si on décide de l’accueillir ainsi. C’est le même prix paraît.

On dit que tout le monde vieillit mais que pas tout le monde mature. Qui vivra verra verrât !

Et ci-bas, ceux, rares mots d’elle-même, de l’une de mes pusheuses de citations éclairantes sur FB
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Vivre avec panache, dignité et courage.
Rire beaucoup, cultiver le beau et le doux.
Faire de son mieux dans tout ce que l’on est amené à réaliser.
Aller vers ce que l’on aime.
Être vraiment soi-même.
La vie spirituelle est une vie intérieure, chaque individu suit sa propre voie.
Il n’existe pas un sauveur, un enseignant qui va nous accompagner vers l’éveil ou une libération.
Des personnes fragiles, en souffrance psychique et d’autres en quête de sens sont attirées par des stages de yoga , de non-dualité etc. et sont exposées à des dérives qui peuvent s’avérer dangereuses.
J’en profite pour remercier ceux et celles qui partagent de magnifiques textes issus de littératures spirituelles et qui contribuent à nourrir ma vie intérieure.
Chaque fois c’est une belle découverte.
Il m’apparaît plus intéressant de partager nos expériences concrètes et les lectures qui inspirent notre vie intérieure de tout à chacun que d’avoir à écouter ou lire un enseignant , un éveillé ou un accompagnateur qui prétend savoir.

– Cristina RJ

DOJO @ HOME

Aujourd’hui, je fais l’école à la maison.

Oui oui, ici.

Je transforme ma maison en dojo, en ashram, en monastère.

Je fais ça une fois par mois, ou une fois de temps en temps.

Une journée sans médias sociaux, une parenthèse sans mauvaises nouvelles, sans fuites vers l’extérieur. Sans guerre, sans qu’aucun gros politicien verreux ne rentre chez-moi.

Une journée en silence.

Et en musique.

Connectés à moi-même et au silence, et à quelques ami.e.s. par le sans fil de la vie.

Zoom in intérieur.

Mais pas sans âme, ni sans coeur, au contraire. Tout l’être.

Slowmo. Attentif au moment. Délicat. Jour lent.

Nous sommes quelques-un.e.s qui, parfois quand le monde est too much, voudrions aller vivre au monastère.

Aujourd’hui, c’est que je fais. Et mes quelques ami.e.s aussi.

Bienvenu.e.s si ça vous dit.

Si vous saviez le bien que ça fait.

Si vous saviez le rien que ça fait.

Mets Zen. Sur pause.

Par ici:
https://us02web.zoom.us/j/87280904672
ID de réunion: 872 8090 4672
Code secret: 153147

Sans micro, ni caméra. On se cache derrière nos écrans. On se trouve en soi.

TRANSMUTATION

Cette jeune artiste de Gaza a transformé sa tente en musée.

En ce bas monde, l’horreur cohabite avec la beauté.

Les extrêmes meublent et peuplent ce monde.

On y trouve du beau, du bon et du généreux, comme du laid, du mal et de l’avarice. Dans une grande danse bien difficile à saisir, difficile à conjuguer en une totalité équilibrée et complémentaire.

Par exemple, nous, en Occident, pour la plupart, nous vivons dans le mou, le confort et la ouatte alors qu’en tant d’ailleurs – Haïti, Ukraine, Gaza et en plusieurs pays d’Afrique – vivent la pauvreté extrême et la guerre chronique. Sur la même planète. En même temps. Tout se côtoie.

On considère normal et naturel qu’une part de nous ait tendance à rejeter le dit négatif pour ne chercher et rechercher le prétendu beau et bon, et que peu de gens parmi nous se nourrissent de négativité. À part les masochistes.

Vous connaissez celle-là ?
Une fois, c’t’un masochiste qui dit à un sadique: Fais-moi mal.
Et le sadique de répondre: Nooooon !

Excusez-là. Mais tout est relatif. Le bien de l’un est le mal de l’autre. Bien et mal ne sont peut-être qu’une question de jugement et d’interprétation ? Que sait-on vraiment avec certitude.

On veut tous et toutes la lumière, et on repousse l’ombre.

On veut du beau, du bon, du doux, et on tend à repousser le laid, le mauvais et le rough and tough. Mais la vie ne connait pas ces distinctions.

Et certains, comme la jeune artiste ci-haut, savent transformer le laid en beau, l’horrible en art.

Tout part de l’acceptation de ce qui est.

L’acceptation qui se définit ainsi selon Eckhart Tolle: Pour le moment, telle est la situation, ce moment qui m’incite à faire ce que doit. Et je le ferai volontairement.

Certains moments nous incitent – ou nous invitent – à faire ce que doit malgré les circonstances, malgré la situation. Dans certaines situations, il n’y a qu’une chose à faire, pour réagir avec justesse, pour répondre adéquatement. Bien sûr on ne décide pas toujours de nos réactions, mais l’idée consiste à transformer justement nos réactions en réponses – habilité à répondre.

Peu importe ce que la vie nous donne à vivre, ce qu’elle nous offre à vivre, faisons du plus juste que l’on peut.

Des citrons ? Squeezons-en la meilleure limonade qui soit alors.

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Plusieurs s’inquiètent de la situation mondiale.
On ignore quand les bombes exploseront.
On a l’impression d’être au bord du précipice. Individuellement, on se sent impuissants, désespérés.
La situation est si dangereuse, l’injustice si répandue, le danger si proche.
Dans un tel contexte, paniquer ne fera qu’empirer les choses.
On doit garder notre calme et notre lucidité.

J’aime prendre l’exemple d’une petite embarcation traversant le golfe de Siam.
Au Vietnam, nombreux sont ceux, appelés les boat-people, qui quittent le pays à bord de petites embarcations.
Souvent pris dans des mers agitées ou des tempêtes, les passagers paniquent et les bateaux coulent.

Mais si une seule personne à bord parvient à rester calme et lucide, sachant ce qu’il faut faire et ne pas faire, elle peut sauver le bateau.
Son expression – son visage, sa voix – communique clarté et sérénité, et les autres lui font confiance.

Ils l’écouteront. Une seule personne peut sauver des vies.

Notre monde est un peu comme cette petite embarcation.
Comparée au cosmos, notre planète est une toute petite embarcation.
Nous sommes au bord de la panique parce que notre situation n’est guère meilleure que celle de cette petite barque en pleine mer.

Vous savez que nous avons plus de 50 000 armes nucléaires.
L’humanité est devenue une espèce très dangereuse. On a besoin de personnes capables de rester calmes et sereines, de marcher paisiblement.
On a besoin de telles personnes pour nous sauver.
Le bouddhisme affirme que vous êtes cette personne, que chacun d’entre vous l’est.

Dans chaque femme, en chaque homme, en chaque enfant, réside la capacité de s’éveiller, de comprendre et d’aimer.
Certains la laissent se développer, d’autres non, mais elle est présente en chacun de nous.

Cette capacité de s’éveiller, d’être conscient de ce qui se passe dans vos sentiments, dans votre corps, dans vos perceptions, dans le monde, est appelée la nature de Bouddha, la capacité de comprendre et d’aimer.

C’est par notre capacité de pleine conscience, de respiration et d’en ÊTRE PAIX qu’on peut instaurer la paix.

– Thich Nhat Hanh – Extrait de « Être la paix »

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La misère humaine contient le secret de la sagesse di­vine, et non pas le plaisir.
Toute recherche d’un plaisir est recherche d’un paradis artificiel, d’une ivresse, d’un accrois­sement.
Mais elle ne nous donne rien, sinon l’expérience qu’elle est vaine.
Seule la contemplation de nos limites et de notre misère nous élève. Qui s’abaisse sera élevé.
– Simone Weil – La pesanteur et la grâce, via Cristina RJ

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Ne rejette pas le sentiment de rejet, ni n’abandonne le sentiment d’abandon.
Ne résiste pas à ta résistance, ils ne fuient pas l’envie de fuir.
Ne laisse pas la tristesse s’installer, ne stimule pas la colère en te coupant des autres, ni n’aggrave la solitude, elle ne la repousse.
Accueille ton cœur brisé, avec autant d’amour que ton cœur heureux, ne perds jamais le sentiment d’être perdu, et ne doute pas de la présence du doute.
N’aie pas peur, il ne désire pas l’absence de désir, ne t’en fais pas de t’inquiéter. (Et si tu t’en fais, ne t’en fais pas).
Toutes les parties de toi sont sacrées, la lumière comme l’obscurité ; toutes sont dignes, méritant un amour inconditionnel.
– Jeff Foster

PRIÈRE D’APPRÉCIER

Soyez dans un état d’appréciation car c’est ce qu’est la vraie prière. un état de grâce et de gratitude pour ce qui EST, et non ce qui sera, ni ce que tu veux que ça devienne, simplement ce qui EST. Parce que tout est ici. Ainsi, plus tu es présent en prière, plus tu peux reconnaître et apprécier ce qui est déjà ici. même si c’est invisible, et c’est ce qui pourra accélérer et permettre de le matérialiser au moment juste.
– Bashar

L’avenir est incertain. Et avouons-le, aussi, un peu inquiétant, si on s’intéresse le moindrement au sort de la planète et des êtres qui y vivent. Le climat devrait être une réelle préoccupation car les signes avant-coureurs d’un grand déséquilibre semblent évidents.

Mais comme on dit, so far so good. Et ici maintenant. Et peu qu’on puisse y faire, à parti notre minime part.

Je le dis souvent ici, nous sommes parmi les grands privilégiés de la planète. Nous vivons sans guerre, en sécurité, nous mangeons et nous jouissons d’un système de santé minimal. Bien sûr que même ici certain.e.s souffrent et manquent du strict minimum essentiel. Mais en général, gras durs nous sommes.

Pourtant, on trouve souvent le moyen de se plaindre, de voir ce qui manque, d’en souhaiter plus. Drôles de bibittes les zumain.e.s.

La gratitude et l’appréciation constituent une pratique, une discipline à développer, un muscle à endurcir. Comme un choix. Car décider d’observer la moitié pleine du verre d’eau relève d’un choix constant, d’une décision à renouveller, encore et toujours. En effet, l’esprit humain a développé la mauvaise habitude de se concentrer sur ce qui nous manque, ce qui pourrait aller mieux plutôt que de réaliser que la seule façon que la vie peut se déployer est telle qu’elle le fait, telle qu’elle est, telles que les choses sont.

Avec ce qui tout ce cloche, avec ce qui reste à améliorer, avec encore des injustices et des inégalités. La vie est pleine de défis mais tout ce que l’on peut faire est de compter nos bénédictions, et de faire quelques petits pas vers une amélioration globale pour toutes et tous.

Car mon seul bonheur est incomplet s’il n’inclut le bien de tous et toutes. Et comme le bien de tous et toutes est et sera toujours incomplet, on ne peut que souhait4er le bien, le mieux et le meilleur pour le monde entier, en agissant en conséquences à notre petite et humble échelle.

Je sais, je sais, ça sonne un peu vague et bien pensant tout cela. Très bienveillant comme circule cette chère expression, un peu trop rose bonbon.

Mais quoi d’autre à faire que d’apprécier à sa juste valeur tout ce qui nous est déjà offert si généreusement par la vie, tout en travaillant à améliorer le sort de ceux et celles qui en ont besoin ?

Il y a un dicton qui avance que l’on perd à jamais tout ce que l’on garde pour soi, et qu’on possède pour toujours ce que l’on donne.

À méditer en ce petit lundi de mars.

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Il restera de toi ce que tu as donné.
– Michel Scouarnec

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Gratidao

ZOOM IN : DEVENIR LA DESTINATION

Je ne le dirai pas, mais…

Je ne sais pas comment je pourrais vivre désormais sans prendre régulièrement ce précieux temps hors du temps pour arrêter, ne rien faire, déguster de la belle musique, goûter le silence, voir la vie et les pensées tourner en rond dans ma tête, porter attention, et simplement respirer, les yeux fermés, le coeur ouvert. Sur pause.

La méditation fait partie de ma vie depuis 45 ans. Avec Osho, c’était notre chemin et notre ultime destination. Un peu de thérapie pour déblayer le terrain, mais la destination finale a toujours été now here, le grand vide, le grand rien, le grand plein. Plein de vide, plein de vie. Le présent de la présence. Pour simplement être, être simplement.

Il y a eu des périodes pendant lesquelles, j’ai oublié de prendre ce temps de rien. Temps de rien, pas de temps du tout. Busy busy à courir après la vie, occupé.e.s à faire ce que doit, j’ai parfois oublié d’arrêter. Je sais, tant à faire, à réaliser, à bâtir.

Sans structure, sans habitudes, sans routine, il est difficile d’installer une pratique. Car la méditation est cela, surtout cela, que cela; se pratiquer à être. Et observer. Pensées, émotions, sensations. Sans accrocher, sans s’accrocher dans les fleurs du tapis de son esprit. Tapis volant, tapis r’volant ici et là, pour aboutir ici, avec quelques escapades. Ice Capades et patin de fantaisie sur la glace de sa mémoire vive. Les deux pieds au sol, l’âme solide dans le corps, on we come.

Depuis 5 ans, quelques personnes à la fois, on médite en ligne, ensemble. Avec un horaire fixe, 5-6 fois par semaine – on arrête, on s’arrête et on arrive à la maison. Home sweet home. On utilise le sans fil pour tisser un fil invisible. Avec soi, avec l’univers. Sans paroles, namasté au début et à la fin, sans micro et sans écran, on Zoom in. On fait le vide, on vide le trop plein.

Certaines personnes réussissent à se discipliner et à placer des moments de méditation dans leur vie. Moi pas. C’est pourquoi j’ai mis sur pied ce dojo virtuel. Vivant en forêt, un peu à l’écart de la civilisation, c’est ma façon de me relier au monde. Et à moi. Et au tout. Celui avec un grand T.

Nous sommes quelques-un.e.s à vraiment apprécier ces rencontres du 3 ème type. Parfois, nous prenons une journée complète pour transformer nos maisons respectives en Ashram, en Dojo, en monastère. Tel qu’on le fera mercredi prochain. Une journée sans nouvelles, une journée de repos total.

Si l’âme vous en dit.

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Il y a deux façons d’errer.
L’une consiste à passer d’une ville à l’autre, d’une personne à l’autre, d’un plat à l’autre, d’une maison à l’autre. C’est une façon de voyager, très superficielle.
On peut parcourir le monde sans jamais atteindre un point où l’on puisse dire : « Voilà, c’est le but, j’y suis arrivé. »

On n’arrive jamais.
Dans le monde extérieur, il n’y a que des départs.
On quitte un endroit, mais on n’arrive jamais.

Il existe une autre façon de voyager : d’un état d’esprit à un autre, d’un espace à un autre, à l’intérieur de soi. Si l’on passe continuellement d’un état d’esprit à un autre – plus profond, plus silencieux, plus serein –, alors un jour, soudain, on trouve son centre – et c’est là tout le sens de l’errance.

Mais c’est ainsi… on commence par l’extérieur – il n’y a pas d’autre voie.
Progressivement, on réduit son cercle de plus en plus, jusqu’à ce qu’un jour, soudain, le voyageur lui-même devienne la destination.

– Osho
Nothing to Lose But Your Head
Darshan excerpt, Ch #17

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Plusieurs personnes pensent que la méditation demande beaucoup d’efforts et qu’il faut la conquérir.
On s’accroche à cette idée qu’il faut se forcer à méditer et qu’au bout du compte, on réussira ou on échouera. Or, je crois qu’il est essentiel de comprendre que ce n’est absolument pas le cas. Ce n’est que l’ego qui veut devenir méditant.

Tout le secret de la méditation réside dans l’apprentissage de la pleine présence au moment présent, dans un état d’ouverture et de relaxation totales.
Il ne s’agit pas de gagner, mais de perdre, de lâcher prise, de lâcher prise, de lâcher prise.
Je pense que c’est vraiment très important, surtout à notre époque où on est tous conditionnés à vouloir obtenir quelque chose, que l’important n’est pas ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd.


~ Jetsuma Tensin Palm

VIVE LE SPRING !

On n’a connu que quelques petites et timides bribes printanières jusqu’à maintenant, que quelques effluves volages nous indiquant qu’un jour, le blanc cédera sa place aux verts tendres. Et aux bibittes. À ce point-ci, on a même (presque) hâte de les voir elles.

Ici dans le petit now en tous cas, c’est encore tout blanc ben haut et cette semaine, on se croyait davantage en décembre que de l’autre côté de l’hiver, plus avant qu’après. On peut dire que le ressort n’a pas encore viré le coin. Seul le carré aux dates nous indique intellectuellement que le printemps va arriver dans quelques heures. Parce que par la fenêtre, pas évident.

Mais au fond (des 3-4 pieds de neige accumulée), il y a de nombreux printemps.

Les premiers rayons tièdes de février nous donnent un premier espoir. Mais souvent, en mars, on tombe en rechutes saisonnières multiples. Ah les attentes. 31 jours ce mois de marde, euh mars, en plus. Long longtemps mars. Cette année, ce fut particulièrement le cas avec neige, froid et verglas en masse. Et il reste encore 10 jours avant le poisson.

Notre ami Gordon, qui vit en Arizona qui n’a pas eu de neige du tout cette année, était ici hier et il se pâmait devant la beauté des millions de flocons qui déambulaient de haut en bas, du ciel à la terre, tombant sur nos têtes entuquées un peu tannées du blanc. Ouain. Pour rester polis. Les mêmes flocons de mars n’ont pas la même beauté que ceux de novembre.

Ma douce a entaillé quelques érables mais ça ne coule pas encore à flot. On garde espoir. Et l’appétit.

Le printemps est une saison d’espoir et d’illusion, mais aussi une saison de montagnes russes, canadiennes et vermontoises. Nordiques quoi. On veut y croire et espérer, mais on regarde dehors aussi.

Au printemps, un jour on est à moitié-nu.e (je parle pour moi), le suivant, on se ré-emmitouffle. Un jour, on déambule en shorts et en sandales (sur son balcon en tous cas), le suivant on pellete en manteau et en bottes, et on sacre.

Petits problèmes existentiels me direz-vous car un printemps avec une stupide guerre internationale en toile de fond affiche un certain bémol, sinon un bémol certain. Mais ici, on doit apprécier notre printemps de paix, car guère de guerre. Que celle des tarifs du gros bonhomme 7 heures.

Le printemps nous illustre si bien comment l’espoir et son contraire, le désenchantement, peuvent danser le tango, nous enchanter et nous faire déchanter. Quelle balade mes ami.e.s. Mais comme à chaque année, on va faire face à la musique. Et cultiver l’espoir. Cha cha cha.

Je pense souvent à mes ami.e.s du Brésil qui ne connaissent que deux saisons: chaud et très chaud. Avec quelques épisodes de grosse pluie. Ici, nous sommes polyamoureux saisonniers.

Une année quand je suis revenu du Brésil justement, mon toit de tôle, la neige et le soleil avaient créé cette oeuvre d’art en dansant l’un avec l’autre. Ça ne s’invente pas.

Et quand je leur montre des photos de ma petite maison dans la forêt, ils ferment les yeux, prennent froid et se mettent à trembler. Mais nous, les canayens, on aime ça le bleu blanc rouge. Eux ne connaissent que le vert et jaune du drapeau brésilien, sur fond de ciel bleu azul et bleu mer.

Pour ceux et celles qui n’auraient pas saisi la subtilité de la joke printanière en english ci-haut 😉

ÊTRE SOI – MESSY BEAUCOUP

On m’a dit: sois simplement toi-même…
mais c’est ainsi que je me suis retrouvé dans ce pétrin
.
– Rodney Norman

Une partie de nous veut faire comme tout le monde, se conformer, rentrer dans le rang, jouer safe.

Une autre veut suivre son gut feeling, écouter son intuition, bifurquer de l’autoroute et rouler sur les routes secondaires, les chemins de terre, les chemins moins fréquentés comme le disait le best seller. Au risque de s’y perdre. Et de découvrir. D’apprendre.

On aime dire qu’on doit penser en dehors de la boîte. Mais paraît qu’il n’y a pas d’autres boîtes que celles qu’on nous offre, ou celles qu’on s’invente. Pensez-y pas.

Je parlais hier avec un ami qui est sur le point d’entreprendre une aventure qui comporte une certaine part de risque et d’inconnu. S’il y pense, ça ne fait pas trop de sens. Mais s’il le feel, ça prend tout son sens et c’est certain qu’il va sauter dans le vide et partir. Au risque et péril de l’aventure. Épeurant, ou excitant, c’est selon. Pas de boîte.

Notre discussion me rappelait quelques décisions que j’ai prises lorsque j’étais plus jeune. Certaines des plus fofolles et des plus risquées ont été les plus payantes. Pas en termes financiers, en termes d’expériences de vie, de vraies richesses, celles qu’on conserve au coeur et celles qui restent gravées dans la peau.

Et si c’était à refaire, je replongerais. Je me revoyais en lui hier. En fait, même au seuil de la retraite officielle, je me sens prêt à replonger dans l’inconnu, dans l’inespéré et l’inattendu, dans l’aventure. Hi ha !

D’ailleurs, on dit que c’est lorsqu’on arrête de prendre des risques qu’on commence à vieillir. Même s’ils sont probablement plus calculés que jadis – quoi que, disons possiblement alors – très plausible que ce soit le goût du risque et de l’inconnu qui nous garde en vie. Sinon on se stationne dans la file d’attente de la mort.

Le goût du risque ne se manifeste pas toujours nécessairement en actions concrètes. C’est davantage une attitude, une disposition intérieure, une façon d’aborder soi-même et le monde. C’est oser douter, se remettre en question, se placer dans des situations nouvelles et inconnues, considérer les choses autrement. Autrement qu’on les a toujours pensées, voir la vie autrement qu’on l’a toujours ou déjà vue.

Le goût du risque, c’est aussi oser considérer les deux côtés de toutes les médailles. Oser les croquer même pour voir si c’est du vrai or. C’est oser échanger avec des gens qui ont des idées à l’opposé des nôtres, et tenter de comprendre leur point de vue. Même si on est en profond désaccord. C’est écouter sans tout de suite vouloir réagir. C’est répondre plutôt que de toujours réagir automatiquement justement.

Oser être soi-même, tout un défi. Face au monde, face à soi. Et en même temps, cela est inévitable si on veut découvrir dans et par l’action concrète qui nous sommes vraiment dans ces situations qui nous indisposent et nous sortent de notre zone de confort. Hein confort ?

On dit que la vie propose, et que nous, on dispose.

Voyons voir ce que la suite du monde nous proposera. Et comment on en disposera.

Trois petites perles ci-bas pour stimuler votre réflexion.

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L’idée d’une dimension personnelle de l’Être est rarement abordée dans les enseignements spirituels.
On la retrouve notamment chez les soufis, au sein de la tradition soufie.

Ils l’évoquent et parlent même d’un véritable ego.
D’autres mentions apparaissent ailleurs, mais rares sont celles qui en soulignent l’importance, si bien qu’elle reste souvent négligée.
Il en va de même pour toute chose.
Si nous ne concevons pas l’existence d’une chose, il est peu probable que nous la percevions, qu’elle soit en nous ou hors de nous.
Comme vous le voyez, tel est-il ?
Tel est le cours des choses.
Tel que nous concevons, telle est notre perception.

Diverses analogies ont été utilisées dans le passé, comme celle de la perle, présente dans le soufisme, le taoïsme et le christianisme.
Cette analogie est pertinente, car les perles se forment à partir d’une particule étrangère qui trouve sa place à l’intérieur de sa coquille, à l’image du développement de la véritable personne de l’Être à partir du sentiment d’être une personne.
Grâce à ce développement, il devient possible de participer à la vie humaine de manière authentiquement personnelle.
Ainsi, tout en demeurant impersonnel, l’Être devient personnel.
Ou, de notre point de vue, toute notre vie personnelle finit par s’intégrer à l’Être.
Qu’est-ce qui me fait penser… comment disait-on déjà ?

Le royaume des cieux est comme un marchand qui, ayant trouvé une perle de grand prix, vendit tout ce qu’il possédait et l’acheta.

Comme les enseignements d’une grande partie de la spiritualité tendent à ignorer, rejeter ou minimiser la dimension personnelle, beaucoup de gens ne peuvent adhérer pleinement à ce qu’ils ont à offrir, car pour eux, être une personne et avoir une vie personnelle définissent naturellement leur existence.
Ce faisant, malgré toute la valeur de leur contribution, ils ont involontairement détourné les gens de ce à quoi ils les appelaient précisément, en omettant de reconnaître un élément central qui fait de la vie humaine ce qu’elle est unique.
Il y a la personnalité et la personne.
Il y a le sentiment d’être personnel propre à la personnalité et la qualité personnelle de la personne de l’Être.
La première est une imitation, un reflet ou un écho de la seconde.
C’est un développement limité qui attend de se reprendre, si l’occasion se présente.
Il existe un vrai vous, votre vrai moi.
La possibilité de s’épanouir pleinement en tant que personne authentique est bien réelle.
C’est ce qui nous permet d’être notre vraie nature tout en restant profondément humains et personnels.
Sans cela, nous ne pourrions expérimenter que l’Être impersonnel, une expérience elle aussi bien réelle : les dimensions universelles de l’amour impersonnel, de la conscience et du vide.
Les maîtres spirituels, d’hier et d’aujourd’hui, incarnent en grande partie ces dimensions.
Ils sont remarquables, et pourtant, d’une manière peu humaine. Ils sont comme des anges ou des extraterrestres, venus de nulle part.

C’est une question essentielle.
L’exclusion d’une dimension personnelle indissociable de la véritable nature de la réalité a semé la confusion à travers l’histoire.
Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter.
Non seulement il est possible de réaliser notre vraie nature de multiples façons, mais il est aussi possible de l’intégrer à notre vie personnelle.
Les personnes spirituelles ont tendance à réagir négativement à la question de la personnalité, car leur seul point de référence est la perception qu’elles et les autres en ont.
Elles ne peuvent la rattacher qu’à la personnalité.
Ils n’ont pas les outils nécessaires pour voir, pour reconnaître que l’Être peut se manifester sous forme de personne et fonctionner de manière personnelle.
C’est aussi simple que cela.

– Bernard Guy

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Un autre aspect de la Condition Innée est qu’elle n’a ni psyché, ni mémoire, ni identité propre fondée sur la mémoire, ni expérience psycho-physique, ni archétypes, ni images, ni pensée, ni concepts, ni langage, ni nombres.
Elle n’est confondue avec rien.
Voyez-vous ?
Elle n’est emmêlée avec rien.
Mais la Pratique parfaite consiste à s’y habituer, à accepter le Bien dans son intégralité.
Vous êtes habitué à avoir une psyché.
Il reste donc une sorte d’association périphérique.
Vous entrez et sortez de l’association directe, mais elle est toujours là.
Voyez-vous ?

Mais pas dans votre propre position, elle n’y est pas du tout.
Ainsi, plus vous êtes établi dans Cela, ou plus Cela est amplifié, plus on arrive au point où il devient parfaitement acceptable de n’avoir aucune psyché, aucune pensée.
Alors que dans vos moments ordinaires, vous êtes constamment actif dans vos rêves, psychiquement actif, la stimulant sans cesse.
C’est une sorte d’addiction.
Ça continue encore et encore.

Vous vous demandez comment y mettre fin, comment se détendre ?
Mais naturellement, rien de tout ça ne se produit.
Ainsi, la « Pratique Parfaite » consiste aussi à se surpasser, à transcender le corps et l’esprit.
Vous n’avez besoin d’aucune association, vous n’en imaginez aucune.
Pleinement conscient, pleinement éveillé.
Voilà la paix.

Une autre caractéristique de l’état naturel est l’équanimité innée, une « conductivité » parfaite, sans stress ni anxiété.
Si vous ne vous établissez pas dans cet état, vous ne vous ressourcez jamais, vous ne le savez jamais.
Vous entrez parfois en contact superficiel avec lui, vous le ressentez un peu, mais vous n’êtes pas établi en lui.
Comment pouvez-vous vous offrir ce luxe si vous ne vous y investissez pas ?
Souvenez-vous-en jusqu’à ce que vous y soyez si profondément connecté qu’il devienne naturel.

Vous n’avez pas besoin d’un corps et d’un esprit.
Vous n’avez pas besoin d’une psyché.
Vous devez grandir dans cette transcendance, mais intrinsèquement, ce n’est pas nécessaire.
Vous l’exigez dans votre effort corporel et mental, mais vous, en vous-même, n’en avez pas besoin.
Ça n’y est pas associé.
Cette réalisation doit se transformer en sagesse et en concentration absolue jusqu’à ce que vous voyiez ce point émerger en vous et se traduire dans l’état de conscience lui-même.
D’une certaine façon, s’éveiller au Témoin revient donc à se traduire dans le Domaine Divin.
La démonstration finale, septième et dernière étape, reste la même chose.

Donc, si vous pouvez vous investir, vous ressourcer en Cela, vous pouvez vous investir, vous ressourcer avec intrépidité, paix et béatitude.
Laissez Cela rayonner dans votre vie, dans votre « vie dans son ensemble », non pas en vous y attachant davantage, mais en remplaçant cet attachement par cet état originel.

Ainsi, ça rayonne dans votre vie dans son ensemble, mais
Ça vous en libère.

– Adi Da Samraj, Le couple de l’attention

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Plusieurs personnes pensent que la méditation demande beaucoup d’efforts et qu’il faut la conquérir.
On s’accroche à cette idée qu’il faut se forcer à méditer et qu’au bout du compte, on réussira ou on échouera.
Or, je crois qu’il est essentiel de comprendre que ce n’est absolument pas le cas.
C’est juste l’ego qui veut devenir méditant.

Tout le secret de la méditation réside dans l’apprentissage de la pleine présence au moment présent, dans un état d’ouverture et de relaxation totales.
Il ne s’agit pas de gagner, mais de perdre, de lâcher prise, de lâcher prise, de lâcher prise.
Je pense que c’est vraiment très important, surtout à notre époque où on est tous conditionnés à vouloir obtenir quelque chose, que l’important n’est pas ce qu’on gagne, mais ce qu’on perd.


~ Jetsuma Tensin Palm

TEMPS LENT LONG TEMPS

Je ne suis pas né pour cette époque, c’est trop dur, trop bruyant, trop vite pour moi. Je suis fait pour une ère de chemins de terre, de ciels calmes, là où la bonté a la patience des arbres.
– John Roedel

Petit mercredi de rien. Nombril de la semaine pour ne rien faire. Ne rien faire qui vaille, ne rien faire qui sert. Un ptit mercredi de rien. Pour faire rien, ou quelque chose de rien, ce rien qui goûte tout le sens du monde.

Écrire cette chronique. Lire. Siroter le café. Regarder dehors l’hiver qui rit de nos élans de printemps et qui dit: relaxe, en temps et lieux. Puis jouer de la musique. En écouter. Flâner. Marcher, peut-être, ou pas. Un peu. Ou pas beaucoup. Faire la vaisselle. Une assiette à la fois. Oups, une tache, belle tâche,

Ne rien chercher et tout trouver. Tout ce qui se trouve ici, déjà sous la main, et sous nos pieds. La main sur le coeur. Le coeur grand ouvert, le coeur tout blanc, grand tout vert, comme le printemps à venir.

Écrire des mots comme ils veulent sortir, sans les ranger, sans les trier. Sans les penser, ni dépenser.

Accepter la vie telle qu’elle est, simplement, comme elle passe. Comme elle est.

Accepter que l’hiver s’étire alors que nos pieds et nos coeurs désirent le printemps.

Mais attendez, est-ce que nos pieds veulent vraiment aller quelque part ailleurs que là où ils sont posés maintenant ?

Est-ce qu’un coeur peut désirer quoi que ce soit d’autre que ce qui est ?

Je vais prendre la journée pour penser à ça. Ou pas.

Bon mercredi par ici, où l’on peut jouir du grand luxe du rien en paix.

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Car pendant ce temps, à Beyrouth

J’écris ces lignes pendant que les maudits drones isr*** bourdonnent avec la régularité obscènement rassurante d’un dispositif de prédation parfaitement huilé. Beyrouth est de nouveau bombardée, au-delà de la banlieue sud, bien entendu, parce qu’il aurait été regrettable de circonscrire le carnage à un seul périmètre et de priver le reste de la capitale (et du pays) de sa part d’initiation au désastre. Au Sud, dans la Békaa, les massacres se succèdent à une cadence dite “méthodique” de la barbarie. À Tyr (Sour), au beau milieu de la nuit, des « avertissements » – non, des sommations, des ordres – d’évacuation s’abattent sur les habitants comme des injonctions à quitter non seulement leurs maisons, mais leurs propres continuités intérieures, déclenchant un mélange de panique brute, de confusion hébétée et de dignité écrasée. L’invasion terrestre est en cours, les bilans s’épaississent, les chiffres circulent, propres, alignés, calibrés, presque élégants dans leur capacité à empaqueter l’horreur. Sans parler des retombées économiques, ce supplément d’âme du désastre : deux tiers de l’activité commerciale quasiment à l’arrêt à ce jour, autrement dit un pays qui saigne aussi par ses vitrines, ses échoppes closes, ses caisses vides, ses gestes quotidiens amputés. Bref, tout se déroule selon les règles de l’art. C’est le ravissement général…

Entre deux phrases, mon téléphone s’illumine de notifications devenues si familières qu’elles finissent par ressembler à de vulgaires rappels d’agenda. Les mots arrivent comme des bulletins météo pour civilisation en décomposition : progression des troupes, axes coupés, “déplacements” de populations, quartiers visés, villages éventrés, marchés pulvérisés, négociations suspendues, comités réunis, déclarations creuses, missiles “précis”, morts “approximatifs”. On ajuste, on absorbe, on actualise. Le monde, lui, observe, commente, dissèque, hiérarchise, classe, puis passe à autre chose avec cette élégance supérieure que confèrent toujours la distance géographique et l’absence de chair exposée.

Et pendant ce temps, j’essaie d’écrire, avec ce vacarme, dans ce vacarme, à travers ce vacarme… Mon regard retombe, encore et encore, sur cette valise dans le coin de ma chambre que je ne me contente pas de haïr, mais que j’abhorre avec la ferveur presque mystique que l’on réserve aux symboles trop exacts. Elle est là, entrouverte, à moitié pleine, obscène dans sa disponibilité, presque lubrique dans sa promptitude à collaborer au prochain arrachement. Et je refuse de la fermer car ce serait capituler et entériner l’idée que l’histoire, cette vieille charogne aux dents impeccables, a déjà remporté une manche.

Je nourris à l’égard des valises une hostilité presque organique, une répulsion cellulaire, comme si elles étaient devenues les complices matérielles de tout ce qui nous démembre. Bien sûr, elles n’y sont pour rien. Elles ne larguent ni bombes ni communiqués. Mais elles ont cette puissance redoutable d’incarner, avec une précision intolérable, la logique nue du “déplacement” forcé. Elles ne hurlent pas, elles ne débattent pas, elles ne protestent pas. Elles attendent, et dans cette attente, il y a une arrogance muette, presque métaphysique, celle des objets qui savent qu’ils retrouveront leur utilité au moment exact où tout le reste, valeurs, promesses, institutions, appartenances, ne servira plus à rien.

On continue pourtant à nous servir des récits enchantés sur les valises. Des récits sucrés, climatisés, pleins d’aéroports lumineux, de départs choisis, de vies élargies, de cappuccinos trop chers et de destinations dont les syllabes sentent la liberté. La valise, accessoire de l’émancipation. Quelle performance narrative… Dans ma réalité, elle a parfois été cela, oui. Je ne vais pas réécrire le passé en souffrance intégrale. Mais elle a surtout été l’outil discret, docile, efficace, qui entre en scène lorsque le sol se dérobe suffisamment pour qu’il devienne prudent ou urgent de s’arracher soi-même du décor avant que le décor ne vous engloutisse.

Depuis l’enfance, je traîne des valises, comme ceux qui m’ont précédée, et comme ceux qui, après moi, apprendront peut-être eux aussi cette chorégraphie de l’arrachement. D’un pays à l’autre, certes, et surtout à l’intérieur du même pays, ce pays qui a le génie sinistre de transformer sa propre géographie en tableau de bord du péril. On n’y habite pas vraiment ; on s’y positionne, on s’y redéploie, on y calcule, on affine le risque, on choisit un quartier un peu moins vulnérable que le précédent, un axe un peu moins exposé que la veille, une zone où l’on sera, statistiquement parlant, un peu moins pulvérisable. L’existence devient un exercice de calibration macabre, une science appliquée de la survie relative.

Les Levantins -du moins une grande partie d’entre eux, pour ne pas froisser les puristes de la nuance – excellent dans cet art. C’est même devenu une compétence régionale, presque un patrimoine immatériel, un savoir-faire transgénérationnel qu’aucune institution ne recense mais que chaque famille porte dans ses nerfs, dans ses trajets, dans ses récits tronqués, dans ses silences. Nous savons plier une vie rapidement. Nous savons quoi prendre, quoi laisser, quoi abandonner sans cérémonie, quoi sauver avec cette lucidité atroce que produit l’urgence quand elle a trop souvent frappé à la porte. Un Libanais sur huit est “déplacé” à ce jour, et à ce rythme d’ordres d’évacuation qui tombent en rafales, nous serons bientôt huit sur huit, admirablement optimisés pour la mobilité intégrale, prêts à devenir un peuple parfaitement fluide, sans ancrage, sans poids mort, sans autre souveraineté que celle d’un coffre de voiture surchargé.

Le mot “déplacement” est d’ailleurs splendide. Il évoque un léger glissement, une correction de trajectoire, une petite modulation ergonomique du vivant. Rien de brutal. Rien de viscéral. Rien qui sente la nuit, la fuite, l’asphyxie, les enfants qu’on réveille à la hâte, les vieux qu’on traîne, les bêtes qu’on laisse, les maisons qu’on ferme sans savoir si elles existeront encore à l’aube. Juste une opération de géométrie humaine. Derrière cette élégance lexicale, il y a pourtant des centaines de milliers de valises ouvertes, de chambres désertées, d’existences compactées, de biographies devenues portatives, interchangeables, reconditionnables.

Mais appelons cela autrement, pour une fois. Appelons cela par son nom : des déportations. Oui, le mot dérange. Tant mieux!!!!!!!! Il est chargé, lourd, abrasif. Il heurte parce qu’il refuse l’anesthésie. Il rappelle des choses que l’on préfère enfermer dans des chapitres historiques soigneusement compartimentés afin d’éviter les contaminations morales. Pourtant, il est d’une exactitude implacable. Il décrit ce geste simple, presque banal dans sa monstruosité bureaucratique, par lequel un pouvoir décrète que certaines vies doivent être déplacées, redistribuées, diluées ou effacées pour que le reste du système puisse continuer de fonctionner “proprement”, c’est-à-dire salement, mais avec vocabulaire propre.

L’humanité, il faut le lui reconnaître, a toujours excellé dans ce registre. Déplacer, expulser, redistribuer, extraire, déraciner, effacer, avec méthode, avec terminologie, avec argumentaire, avec doctrine, avec appareil rhétorique. Elle a même appris à le faire poliment avec des conférences de presse, avec des cartes, avec des expressions techniques, avec des cadres juridiques suffisamment souples pour épouser sans difficulté les contours les plus durs de la cruauté. Le fond, lui, ne change jamais. On manipule des êtres humains comme on réorganise un espace devenu embarrassant. On vide, on pousse, on trie, on recompose. Et l’on appelle cela “nécessité”, “sécurité”, “droit divin”…

Le Levant, lui, a manifestement été promu terrain d’excellence. Ici, la déportation n’est plus un accident de l’histoire; c’est son rythme cardiaque. Les Palestiniens, les Syriens, les Libanais, chacun à son tour, chacun à sa cadence, chacun avec ses variantes du même supplice. Partir, revenir, repartir, ne plus pouvoir revenir, recommencer ailleurs, s’user partout. Toute une pédagogie de l’arrachement. Toute une civilisation du provisoire. Toute une élégance forcée dans la manière de survivre sans sol. Et tout cela sur une terre que l’on continue de décrire comme exceptionnelle, somptueuse, unique, chargée d’histoire, saturée de beauté, de strates, de mémoires, de pierres et de mythes, une terre que l’on admire de loin, que l’on photographie, que l’on fantasme, que l’on consomme en images, en nostalgies, en récits savamment orientalisés. Une terre si convoitée, si chantée, si exhaussée, qu’on en oublierait presque ses habitants, ces accessoires humains devenus logistiquement contraignants. Il fallait tout de même réussir ce prodige, faire d’un territoire sublime une fabrique à populations expulsables.

Je regarde ma valise. Elle ne promet rien. Elle ne ment pas. Elle ne parle ni de racines, ni d’avenir, ni de reconstruction, ni de résilience, ce mot obscène qu’on nous jette souvent au visage comme une décoration bon marché pour peuples bombardables. Elle est simplement là, prête, efficace, d’une honnêteté brutale dans sa fonction minimale qui est de contenir ce qu’il reste quand tout le reste s’effondre. Elle sait ce qu’elle est, elle ne prétend pas sauver; elle ne fait que porter.

Et moi, je suis là, déchirée vive dans une contradiction qui me consume sans répit… ne pas vouloir partir, alors même que rester relève de l’irrationnel, ou peut-être d’une forme particulièrement raffinée de folie lucide. Refuser la valise tout en sachant qu’elle est probablement l’objet le plus clairvoyant de la pièce. Mes tripes font mal, mes cellules font mal, mon ADN fait mal, et ce n’est pas une figure de style, c’est une saturation, une combustion interne, une rage compacte, acide, qui déborde et ne trouve plus ni issue ni langage à sa mesure. Alors oui, je vomis la valise, avec une violence presque organique, comme si mon corps refusait d’apprendre encore une fois à partir; je refuse cette pédagogie répétée de l’arrachement, mais je sais aussi, et c’est peut-être cela le plus insupportable, que cette boîte à roulettes, implacable dans sa sobriété, semble comprendre mieux que quiconque la grammaire réelle de notre réalité.

– Pamela Chrabieh

LE TANGO DE LA LUMIÈRE ET DES TÉNÈBRES

Je crois que le monde est formidable. Et en effet, je crois à tout ce qui est évoqué plus haut.

Je crois en la bonté et la beauté humaines. Je veux y croire. J’ose y croire.

Et simultanément, le monde est fou. On peut le constater à chaque jour dans nos écrans, notamment dans les guerres. Car autour d’ici, la vie est plutôt douce.

En effet, tel que l’avance C.S. Lewis, les pires maux de ce monde ne sont pas portés par les hommes avec des fusils, mais par des hommes en habits assis derrière des bureaux. Des hommes qui n’iraient jamais se battre eux-mêmes, ni leur famille. Ils préfèrent envoyer les fils et les filles des autres.

Malgré la laideur, on doit continuer de croire à l’amour, à la beauté, à la résilience. On dirait que l’humanité doit passer à travers toutes ces horribles épreuves bestiales et inhumaines pour que se révèle son essence divine, sa divine humanité. Quite a process la nature humaine..

Et on dirait bien que l’une des grandes leçons à apprendre pour nous simples humain.e.s consiste à continuer de croire à la beauté du monde malgré la laideur, à garder la foi malgré le doute.

Et pendant que la guerre sévit, encore et partout, et toujours, depuis le début des temps, et dans une moindre mesure en chacun.e de nous dans nos conflits incarnés et par la dualité que nous portons, une nouvelle fréquence de gens émerge sur la terre. Des gens qui veulent la paix, la vérité, l’abondance pour tous et ils et elles.

Forte la vie. Malgré la guerre, malgré les guerres.

Cette guerre même qui, selon Howard Zinn, est l’ennemie même de la race humaine.

On dirait bien que la guerre a toujours fait partie intégrale de l’histoire de l’humanité. Peut-être qu’une des leçons consiste à dompter la guerre, à la transcender. Qui sait ?

Et peut-être que la guerre n’est que la dualité portée par nous les humain.e.s, la dualité portée à son extrême, à son paroxysme, manifestée et matérialisée. Ou instrumentalisée par certains qui y trouvent un certain intérêt, un intérêt certain,

Peut-être que la source de la guerre se trouve dans un refus d’une partie de nous qui se manifeste en dehors de soi. Le conflit fondamental entre la raison et le coeur, entre l’amour et la peur, entre la force et la vulnérabilité.

Tant qu’à faire dans les croyances ce matin, je crois sincèrement aussi que le contraire de l’amour n’est peut-être pas tant la haine que la peur.

La peur d’en manquer, la peur de mourir, la peur de disparaître, la peur de ne pas exister et, pour ce faire, on s’invente des nationalités, des différences avec les autres. Et on s’oppose, on se mesure au vide.

Pour les maîtres de la guerre, c’est peut-être la peur de ne pas être les plus puissants, les plus riches, les plus forts, les plus virils.

Qui sait vraiment ? Certainement pas moi.

Alors ce matin, petite danse avec les mots entre l’ombre et la lumière, entre l’espoir et le désespoir, entre le doute et la certitude que le monde est tel qu’il est, tel quel, as is, malgré notre incompréhension, et que tout existe pour une raison précise. Ou pour aucune raison.

La danse du doute entre le bien et le mal, entre Dieu et le néant, la confiance de la vie entre la naissance et la mort.

Et la confiance de la pertinence de notre incarnation sur terre, encore et en corps, à trouver dans la richesse des multiples épreuves humaines. En lien avec tous ceux et celles qui subissent les guerres. D’ici, en cette terre de paix.

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Tous les bruits qui nous entourent font beaucoup moins de tapage que nous-mêmes.
Le vrai bruit, c’est l’écho que les choses ont en nous.

Le silence est la place de la Parole de Dieu.
Que nous soyons n’importe où, Dieu y est aussi.
L’espace nécessaire pour le rejoindre, c’est la place de notre amour qui ne veut pas être séparé de Dieu, qui veut rencontrer Dieu.

– Madeleine Delbrêl via Cristina RJ

EMBRASSER COMME PRENDRE DANS SES BRAS

La façon de s’élever au-delà de la souffrance du monde matériel consiste à l’intégrer totalement, pour qu’elle puisse faire partie de vous, plutôt que de vous projeter en tant que quelque chose en ce monde.
– Bashar

Un autre diction veut que si tu as peur du crocodile, laisse-le te dévorer. Tu feras alors partie du crocodile, tu vivras en lui. Fallait y penser non ? C’est la première bouchée qui est la pire, il parait.

On dit que la douleur est inévitable mais que la souffrance est optionnelle. Pensez-y.

On dit aussi qu’on ne peut éviter la souffrance dans la vie, qu’on ne peut que passer au travers, on doit la vivre, l’incarner. Osho recommandait aussi que lorsqu’une douleur traversait notre corps, qu’on devrait suivre la sensation sans la juger, la cataloguer, la définir. Simplement la ressentir neutre, comme une simple sensation. La laisser passer.

C’est en ce sens peut-être qu’on transforme une souffrance en simple douleur. La douleur serait davantage une sensation, tandis que la souffrance serait une résistance à cette douleur.

Le monde est en guerre. Prenons cette guerre en nous. Car à trop vouloir la paix dans un monde en guerre, on se trouve dans le déni, en conflit. Le monde est en guerre, that’s it that’s all, for now. Je sais, dur à digérer et à admettre. Mais c’est l’état du monde en ce moment. Qu’on aime ou pas.

Moi aussi je voudrais qu’on arrête d’investir autant dans l’armement et la destruction. Qu’on prenne soin de tous les enfants du monde. Que les milliardaires partagent les ressources. On peut tendre vers. Et poser des gestes en ce sens dans notre quotidien.

Mais on doit tout d’abord accepter le monde dans lequel on vit tel qu’il est, imparfait. Différent de nos idéaux, de ce qu’il devrait être. Mais il est ce qu’il est. Fou, sauvage, en bonne partie inhumain.

Mais on ne doit pas oublier que la plupart des gens qui peuplent le monde sont des gens de bonne volonté. Que la plupart des gens prennent soin de leur père et mère, frères et soeurs, de leurs enfants. Une pognée de fous furieux out there aussi. Eux qui font le plus de bruit, et de tort.

Imparfaitement parfait le monde, malgré ce qu’on en pense, malgré ce que l’on souhaiterait.

Alors peut-être qu’en effet, la solution consiste à prendre le monde entier dans ses propres bras, à tour de bras, à tour de coeur. Respirer la misère et la folie du monde entier dans nos coeurs, laisser brûler tout cela au feu de notre amour, au coeur de notre rage, et transformer le monde à partir de cette énergie. Comme Kali. Comme Krishna. Car parfois la vie est une bataille, un combat à mener. Même pour nous, pacifistes de coeur et d’esprit.

Et quand on regarde autour, on peut avoir le coeur plein déjà.

On peut soit haïr, ou utiliser cette puissance pour changer le monde autour de soi, en transformant cette rage, ce dégoût, cette colère et cette révolte. Au moins ne pas nier ces sensations, les reconnaître puis les transformer. Sinon ça se retourne contre soi et ça finit par nous manger. Comme un crocodile. Peut-être qu’on peut aussi manger le crocodile avant qu’il ne nous mange ?

Eat you in a while.

Je racontais il y a quelque temps qu’on avait demandé à quelqu’un ce qu’elle voudrait le plus dans la vie, et de quoi elle aimerait être le plus soulagée. En y réfléchissant, elle a réalisé que la source du malheur résidait exactement dans ces deux questions. Vouloir que les choses soient différentes. En plus, ou en moins. Plutôt que ce qui est soit. Tout simplement.

Comme chantaient les chanteurs, if you can’t be with the ones you love, love the ones you’re with.

Alors, if you can’t live in the world you want, want the world you live in.

Prenons le monde dans nos bras, embrassons-le toutt toutt toutt, pas juste les ptits bouttes qui nous plaisent. Embrasons le monde. Mettons-y le feu de notre passion, infusons-le de notre amour du monde, de la flamme de nos coeurs.

Keep the flame alive disait notre amie Paule.

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En ce temps d’effroi, je vais t’aider, mon Dieu.
Je vais t’aider à ne pas t’éteindre en moi…
Une chose m’apparaît de plus en plus claire : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider.
Et ce faisant, nous nous aidons nous-mêmes.
C’est tout ce qui nous est possible de sauver en cette époque, et c’est aussi la seule chose qui compte : un peu de toi en nous, mon Dieu.
Peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres.
Tu ne peux pas nous aider, mais c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous.

– Etty Hillesum, Une vie bouleversée
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À l’Amour très haut, 
tout Mon être j’ai consacré
Que je perde ou que je gagne,
Lui seul en porte tout le poids
Que m’est-il advenu ?
Je ne suis plus à moi-même,
En lui je suis tout engloutie…
– Hadewijch d’Anvers