LE KARMA LÉON, LE KARMA

Agis envers ceux en aval tel que tu voudrais que ceux en amont agissent.
– Wendell Berry

Ou dit en d’autres mots : pisse pas dans l’eau potable de tes voisins d’en bas, comme tu ne voudrais pas que ceux d’en haut pissent dans la tienne.

Simple non ? Non, en effet, pas si simple pour nous qui faisons nos numéros 1 et 2 dans de l’eau potable alors que d’autres meurent de soif sur terre.

Et pour nous qui sommes si centrés sur nos propres besoins, qui ne sentons pas toujours la connexion avec autrui, avec notre environnement, aval et amont ne sont que deux termes qu’on a tendance à mêler, Et Laval que la ville des centres d’achats au nord de Mouréal.

En fait, on descend ou on monte le fleuve quand on va en Gaspésie ?

Amont = d’où l’on vient. Aval = où l’on va.

Dans certaines traditions amérindiennes, il existe le principe des sept générations qui veut qu’on hérite de ce que les sept générations précédentes à la nôtre nous ont légué et que les décisions que nous prenons aujourd’hui devraient léguer un monde durable aux sept prochaines générations. Clairement, on est en train de manquer la cible pour l’aval.

Pourtant simple en effet en principe d’agir envers autrui comme on voudrait que les autres agissent envers nous. Mais ça prend un peu d’empathie, comme une capacité de se mettre à la place de l’autre. Et parfois, de faire quelques sacrifices.

Ce qu’on appelle aussi karma.

Parlant karma:

Dans les traditions bouddhistes, le karma n’est pas principalement une récompense ou une punition infligée par une force extérieure.
Le karma signifie fondamentalement action – et, plus précisément d’un point de vue bouddhiste, action intentionnelle.
On sème constamment des causes par nos actions, nos paroles et nos mouvements intérieurs.
Certaines graines peuvent mûrir beaucoup plus tard. Mais d’autres commencent à faire leurs effets presque immédiatement.
C’est là que l’expression « karma instantané » devient intéressante.
Je prononce un mot blessant sous l’emprise de la colère.
À peine trente secondes plus tard, quelque chose a déjà changé : le visage de l’autre personne se ferme, la confiance s’érode et mon propre esprit reste agité.
Le karma est déjà à l’œuvre.
À l’inverse, j’aborde une situation avec une véritable bienveillance.
Je souris. J’écoute attentivement quelqu’un.
Je fais un geste sans rien attendre en retour.
Encore une fois, quelque chose arrive tout de suite : la distance entre nous change.
Et mon propre esprit est aussi transformé par l’action que je viens d’entreprendre.
Peut-être que le premier endroit où notre karma mûrit est dans notre propre esprit.
Chaque fois que je nourris la colère, je la rends un peu plus familière.
Chaque fois que je cultive la compassion, je la rends un peu plus naturelle. Instant après instant, on participe donc à la création des conditions qui façonneront l’instant suivant.

L’image du boomerang est très évocatrice, à condition de ne pas la réduire à un mécanisme simpliste : « J’ai mal agi jeudi, donc il m’arrivera malheur vendredi. »
Le karma est beaucoup plus complexe.
Une multitude de causes et de conditions s’entrecroisent.
Il faut aussi faire preuve de délicatesse face à la souffrance d’autrui.
Dire à quelqu’un qui traverse une maladie, un deuil ou une catastrophe : « C’est ton karma », peut être une terrible preuve d’insensibilité.
Nous ignorons l’enchevêtrement complexe des causes qui composent la vie d’une autre personne.
Une véritable compréhension du karma devrait donc nous rendre plus responsables envers nous-mêmes et plus compatissants envers les autres, et non plus enclins à les juger.
C’est pourquoi les paroles de nos amis spirituels nous ramènent sans cesse à une vérité fondamentale : Regarde maintenant.
Qu’est-ce que tu fais maintenant ?
Qu’est-ce que tu dis maintenant ?
Qu’est-ce que tu cultives en toi en ce moment ?

Car le karma n’est pas simplement un mystérieux système comptable qui nous attend dans une existence future.
Il est aussi présent à ce moment précis, quand une pensée devient intention, l’intention devient parole, la parole devient action, l’action devient habitude… et l’habitude finit par façonner une vie.
Et ça s’accorde parfaitement avec tout ce qu’on explore autour de la Présence.
Être présent, ce n’est pas seulement contempler paisiblement ce qui est.
C’est aussi devenir suffisamment conscient pour percevoir la cause au moment même où elle surgit.
Avant la parole blessante, voyez la colère.
Avant le geste généreux, ressentez l’ouverture du cœur.

Avant de répéter un vieux schéma, reconnaissez le mouvement qui tente encore une fois de nous emporter.
Et parfois, dans ce minuscule espace de conscience, on peut désamorcer le boomerang avant même qu’il ne soit lancé.
C’est peut-être une belle façon de comprendre la liberté au cœur même du karma : nous héritons d’innombrables causes et conditions que nous n’avons pas nécessairement choisies, mais dans l’instant présent, nous participons déjà aux causes de ce qui va advenir.

La question n’est donc plus tant : « Quel karma m’attend ? » »
Elle devient : Quelle graine suis-je en train de semer, en ce moment même ?

PARTY DE FOI

La foi n’est pas une question d’existence ou de non existence de Dieu. C’est croire que l’amour sans récompense est précieux.
– Emmanuel Levinas

Le mot foi a beau être un mot de seulement trois lettres, c’est probablement l’un des mots les plus longs qui soit. Le plus long à apprendre, à développer, le plus long à mettre en pratique. Le plus ardu aussi.

Quand on regarde le sort que font subir certains humains à leurs frères et sœurs ici-bas, il n’est pas toujours simple ni aisé d’avoir la foi, de conserver la foi.

Je dis conserver la foi, mais du même souffle, je me demande si l’on a déjà la foi en soi en naissant ? On dirait que certains penchent davantage vers le doute que vers la foi. Certains doutent de la foi.

Pour certains la foi est une croyance, une certitude même, mais dans ce cas, qui vivra, et mourra, verra. Ou pas.

Pour d’autres, la foi est un ressenti, une disposition intérieure, une intuition, un gut feeling.

La foi me semble davantage concerner le coeur que la tête. L’inconnu, un saut dans le vide. Sans garantie aucune.

Mais comme le dit Mr Levinas ci-haut, une chose semble relativement claire, la foi n’est pas une croyance en l’existence ou la non-existence de Dieu. Ou d’un Dieu car les Dieux sont multiples et bien souvent créés à l’image de l’homme – plus que de la femme, étrange – et non l’inverse comme nous l’ont répété les prêtres de notre enfance.

Si personne ne sait vraiment si Dieu, ou le concept de Dieu, existe, ni ce qu’il ou elle est, on sait par contre que nous sommes en vie, que nous sommes ici, que quelque chose se passe ici-bas. Quoi ? est une autre affaire

Et on sait, si on a déjà ressenti l’amour, que les sentiments humains de cet ordre sont ce qui existe de plus près de la présence de Dieu. Le coeur nous l’indique.

Ainsi, on pourrait dire que l’amour plante les graines de la foi.

Si on peut traduire love without reward par l’amour sans récompense, on pourrait aussi le traduire par l’amour sans objet. L’amour pour la simple joie d’aimer, de ressentir l’amour passer en soi, sentir son coeur déborder de soi. Que cela soit dirigé vers autrui, vers une cause ou vers une activité, peu importe.

Quand on a ressenti l’amour une fois, dans sa vie on en veut de nouveau. Certains, trop pris dans l’objet de cet amour, restent nostalgiques de cet amour antérieur, voulant le répéter sans cesse ensuite alors que d’autres, qui ont été meurtris par cette ouverture à l’ amour, le craignent et referment leur coeur à jamais.

On doit apprendre à s’aimer soi-même pour commencer, car on dit que tout part de là. Mais il ne faut pas surtout s’arrêter là car sinon ce prétendu amour ne reste qu’égoïsme et narcissisme. Et ça on le voit à l’oeuvre amplement de nos jours sur tous les écrans du monde.

Apprendre alors à aimer les autres, aimer le monde, aimer la vie devient le but et le résultat ultime de la foi.

On dit qu’on doit tout d’abord être aimé.e avant de pouvoir aimer autrui. Maybe baby. Mais maybe not aussi. Car on peut apprendre à donner ce que l’on n’a pas reçu enfant. Et comme on dit, c’est en donnant que l’on reçoit. St-François d’Assise l’a si bien exprimé.

La foi est un bien grand mot au fond malgré ses trois petites lettres toutes simples. Qui ne s’apprend pas en croyant ni en espérant, mais qui ne s’apprend qu’en mettant ses tripes sur la table du travail quotidien.

Ma foi du bon Dieu, ça fait du sens ça non ?

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Ceux qui ont une foi profonde, ceux qui ont l’expérience de la foi, savent que Dieu est une rencontre au plus intime de soi.
Il ne s’agit pas de chercher Dieu derrière les étoiles, dans les hauteurs, dans cette espèce de gloire qui est une formule.
Il s’agit de le chercher ici, dans cette perspicacité au cœur de nous-mêmes où il demeure et où il nous attend.

– Maurice Zundel via Cristina RJ

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Vous cherchez le bonheur dans le tumulte de votre sang.
Parfois vous le trouvez, parfois vous le perdez.
Mais la joie dont je vous parle n’est rien de semblable.
Elle n’est ni heureuse ni malheureuse.
Elle est insouciance du bonheur comme du malheur.
Je ne vous demande pas de chercher en vous-mêmes.
Je vous invite à être comme la terre nue, oublieuse d’elle-même, faisant même accueil à la pluie qui la bat et au soleil qui la réchauffe.

– Christian Bobin via Cristina RJ

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et ci-bas, un de mes classiques de Gangaji


ET DANSONS MAINTENANT

Comment te décrirais-tu ?
Verbalement, mais je vous aussi préparer une ptite danse.

Moi je vous ferai plutôt une ptite chronique plutôt qu’une danse OK ? Car j’ai les deux pieds dans la même babine.

Je ferai danser les mots. Je les enfilerai les uns après les autres, sans sens unique, mollement, bêtement, aisément. Question de me défiler d’une description malaisante. Car de toute façon, peut-on réellement se décrire comme ça vu de l’intérieur ?

Petite danse de mots pour ne pas dire quelque chose d’important car je ne crois que pas que ce que j’ai à dire l’est tant. Non, ça n’importe pas tant mes ptits mots tannants et détonnants. Mes mots sont plus impotents qu’importants. Plus cons que féconds. Car que j’écrive ou pas, ça n’importe pas tant sur le sort du monde. Important de connaître son insignifiance. Nous ne sommes pas si importants même si nous sommes tous et toutes sacrés. Sacrés humains va.

Se permettre de jouer avec le sens des mots et danser en ligne entre les dignes lignes pour les faire sonner, ding et dong. Sauter du coq à l’âne. De Cocorico à Hi Han Hi Han.

Comment pourrais-je me décrire ? En fait, devrais-je le faire ?

Répondre à une question par une question a toujours été une belle façon de se défiler. Pas celui de la coupe Stanley. Et de répondre de ses actes par des paroles. Utiles ou futiles ? Qu’un f de différence notre propre existence.

J’aime les mots fous fous, les mots flous et à double sens uni, les mots qui se fouent de nous, comme du sérieux et du prêt à penser. Je mâche mes mots pour mieux les régurgiter, je fouette mes mots pour mieux les crémer. Wicked cream. Joke steak bilingue patates. Party chinois. Écrire pour se faire frire soi-même. Frime puff. Rime poche. Rein poché. Et jeux cernés.

Dès qu’on écrit, on se décrit un peu. Comme disaient les Cyniques, avant de parler j’aimerais dire quelque chose. Moi je ne dirai rien qui vaille mais j’écrirai mes failles. Oui chères ouailles. Avec ou sans la plaisance d’un avocat. Je les taperai sur l’écran via mon clavier, via mes doigts, via ce qui pense en moi et ce qu’il me faille dire. Sans jamais médire car médire sera toujours retenu contre soi. Loi du karma et annales akashiques.

J’écris sans savoir ce que ça veut dire. Ça ou Je ? Est-ce une question ? Voyez ? Je l’ai refait. Répondre à une question par une autre question I mean. Question de jouer avec les mots. J’aime jouer avec les mots car sinon ce sont eux qui se jouent de moi. Ils me jouent des tours tout le tour de la tête, me font dire n’importe quoi et ils s’entêtent à me jouer dans les joues avant de sortir prendre l’air. Je préfère parler des doigts. C’est plus délétère. Ctrl Alt délit. J’ai l’doua.

Me décrire ? Vraiment ? Jamais 203. Voyez ? Je ne joues pas qu’avec les mots, je joues avec les chiffres aussi. Je les dénombres dans la pénombre. Oui oui, vous pouvez compter sur moi. Je suis un compteur nez. Que je porte gros d’ailleurs. Au milieu du visage. Celui qui tient mes lunettes désormais.

Je suis un Sol en herbe, un Sol en herbe à puce. Je suis fiché. Sol mais un tout petit Sol. Eille ! Et tout aussi Gobelet. Un clown des mots, le clown des sots. Désole de mes sottises. Mais pas vraiment.

Je pense jouer ave les mots mais ce sont probablement eux qui se jouent de moi, eux qui déjouent mes plans. Je pense dire quelque chose et au fond, comme en surface, ce sont eux qui m’utilisent pour rire de moi.

Tant de sottises en moi comme en ce bas monde, devant nos yeux et dans nos écrans. Si on sortait de l’écran plutôt que d’y entrer, la vie serait beaucoup plus simple. Mais il est trop tow tow pour ça.

Alors écrire par non-sens simplement pour déjouer l’indécence de la vie sur terre qui prend place en ce moment. Chercher l’humanité dans l’inhumanité ambiante à laquelle on assiste, impuissants devant tant d’horreurs. OK OK chercher quand même la beauté et la bonté.

Ressentir l’impuissance devant tant de drames humains. Jouir de notre vie de privilégiés gras durs ici pendant qu’une partie de la planète meurt littéralement sous et devant nos yeux. De faim, de secousses sismiques, de sécheresse ou sous les bombes. Et nous ici, aisés easy, on assiste à tant de stupidité naturelle crée par l’intelligence artificilelle. On devrait peut-être arrêter le progrès.

Ça prend un bon moral pour résister au cynisme devant tant d’immoralité ambiante. On tente de voir le coeur des gens, mais certains nous rendent la job bien difficile.

Alors il nous reste les mots pour jouer avec le sens de l’humour, sans jamais perdre le sens de l’amour. Et la danse.

Danse lorsque tu as le coeur ouvert.
Danse lorsque ton bandage a cédé.
Danse au milieu du combat.
Danse lorsque tu saignes.
Danse lorsque tu es parfaitement libre.

– Rumi

QUOI LE SOI ?

Le plus long voyage ne consiste pas à faire le tour du monde mais de revenir à soi.

C’est peut-être le plus long voyage parce qu’il n’y a nulle part où se rendre ?

Car lorsqu’on parle de soi, on parle de quoi ?

C’est quoi le soi ? Qu’il s’écrive avec un ptit esse ou un MAJUSCULE. Pas une différence capitale il me semble.

Non, sérieux, quoi le soi ?

La présence qui observe, pense, note, regarde, sent et ressent ?

Ce qui se souvient de ce qui nous est arrivé ? Du moins de ce qu’on s’en souvient.

Ou ce que l’on construit à partir du rien que nous étions au début de notre incarnation ?

Car on a beau se référer à un soi, ou au Soi, ce soi/Soi perdurera-t-il lorsque notre corps cessera de vivre, lorsque notre coeur cessera de battre ?

Et ce fameux soi/Soi ne serait-il jamais plus qu’un moi au fond ? Au fond de soi bien sûr, mais au fond de quoi ? Et s’il n’y avait pas de fond, ni de plafond ?

Quoi le soi ?

Ce qui voit ? Ce qui parle ?

Et au début de la vie, est-ce qu’il y une telle chose qu’un Soi ?

Ou qu’une petite graine de soi/Soi ? Qu’un germe de soi /Soi.

Ou ce fameux moi – surtout avec un M MAJUSCULE ces temps-ci – dont tout le monde parle ne serait-il pas qu’un soi/Soi disant ?

Un soi/Soi ne me disant pas grande chose d’autre qu’une illusion ?

Les questions se posent. Et se reposent, mais ne sont pas reposantes pour qui quiconque a déjà pris part à un Satori.

Qui suis-je ? Ou Que suis-je plutôt ?

Comme on disait, un peu baveux dans notre jeunesse: moi j’suis moi et toi t’es toi.

Au-delà de notre personnalité, de notre identité, existe-t-il quelque chose de plus ?

Est-ce qu’une petite part de Dieu est déposée en nous au moment de note conception ? Qu’on l’établisse au sein de notre mère ou à notre sortie.

J’ai comme l’impression qu’on mêle parfois personnalité et identité séparée du grand tout avec la part de Dieu en nous. Nous ne sommes pas primordiaux en cette existence et la vie va en effet continuer à peu près telle quelle après notre départ du corps. Mias nous portons tous une part sacrée en nous, un petite morceau de Dieu.

J’aime penser que notre âme, une graine de Divinité, repose au coeur de notre coeur. Et que lorsque la vie se met à y battre, avec le premier souffle, la premier inspire, seulement alors la vie prend forme et le coeur y battre.

Et que seulement alors le petit soi/Soi que nous venons expérimenter prend vie. Et à mesure que le soi/Soi se considère séparé du reste, il devient moi/Moi. Et que la job d’une vie consiste à retrouver le sens du soi/Soi. Avant notre dernier souffle, avant notre dernier expire.

Soit. Et ainsi soit-il.

TOUT DOUX OR NOT ? TOUT DOUX

Impossible de ne vraiment rien faire. La vie nous oblige toujours à faire. Du moins à faire quelque chose. Un minimum. Même à la retraite, même en retraite. Alors faire rien, comme ne rien faire, c’est vraiment quelque chose. Et ainsi, même si on ne fait rien, c’est déjà quelque chose. Donc il est impossible de ne rien faire du tout.

Simplement pour vivre et survivre, il y a toujours tant à faire, day in day out. Vivre, c’est quelque chose. Même dormir c’est faire de quoi. On peut même respirer sans vraiment le faire, ça se fait tout seul. Mais c’est préférable de contribuer. Un peu du moins. Ça l’aide. Ça respire mieux, ça respire plus. Consciemment.

Pour survivre, on doit toujours faire. On dit d’ailleurs que les humains sont les seuls êtres vivants sur terre qui doivent payer pour vivre. Pas faux.

Nous sommes des êtres de faire, d’action, comme des êtres d’avoir, des possesseurs. Même si au fond on ne possède jamais rien vraiment. Même pas notre propre corps qu’on devra rendre à la terre, ou au ciel si on préfère la petite fumée.

Certaines personnes pensent qu’il est possible de ne rien faire et de laisser le monde prendre soin de lui-même.

Trop paresseux pour être ambitieux,
je laisse le monde prendre soin de lui-même.
– Ryokan

Au fond, même méditer c’est faire quelque chose. C’est être présent. Pas toujours un cadeau être présent.

Pour certaines personnes, le rien dans le ne rien faire apporte beaucoup.

On m’a demandé: si rien n’arrive en Zazen pourquoi est-ce que je pratique encore ? J’ai répondu: parce que ce rien m’a tant apporté de paix.

Ainsi, ne rien faire, c’est déjà beaucoup. Notamment pour la paix du monde. Ne pas faire la guerre contribue à la paix du monde. Quoique prennent toujours place en soi certaines petites guerres entre la tête et le coeur, entre le bien et le mal. Nous sommes des êtres de dualité.

Alors, comme on dit: si tu n’as pas fini de ne rien faire aujourd’hui, tu finiras demain.

C’est mon programme de la journée. Peu importe ce que je compte faire, je le ferai tout doux.

Car tout doux or not tout doux, ce n’est pas une question, c’est la réponse à tout.

___
L’une des choses qui se produisent lorsqu’on entre dans un Buddhafield, c’est que les désirs diminuent.
Essentiellement, l’ambition disparaît.
L’ambition disparaît complètement à mesure qu’on s’élève vers une conscience supérieure.
Parce que les pulsions s’apaisent.
Il faut se rappeler que si quelqu’un est ambitieux, il est bien malheureux.
Parce qu’il désire en réalité énormément quelque chose qu’il n’a pas.
Ce ne sont pas des personnes heureuses.
Elles sont insatisfaites de leur vie.
Plus on s’élève en conscience, plus on est satisfait de sa vie.
J’ai découvert qu’il n’y a qu’une seule motivation qui fonctionne pour moi, parce que toutes les autres ont disparu.
Et cette motivation, c’est l’amour.
Parce que l’amour est là.
je consacre ma vie à essayer d’aider les autres êtres humains. 
– Vishrant
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Comment ne pas devenir un loup des steppes et un ermite sans manières dans un monde dont je ne partage aucune des aspirations, dont je ne comprends aucun des enthousiasmes ?

Je ne puis tenir longtemps dans un théâtre ou dans un cinéma; je lis à peine le journal et rarement un livre contemporain; je suis incapable de comprendre quels plaisirs et quelles joies les hommes recherchent dans les trains et les hôtels bondés, dans les cafés combles où résonne une musique oppressante et tapageuse, dans les bars et les musics-hall des villes déployant un luxe élégant, dans les expositions universelles, dans les grandes avenues, dans les conférences destinées aux assoiffés de culture, dans les grands stades.

La solitude est synonyme d’indépendance ; je l’avais souhaitée et atteinte au bout de longues années.

Elle était glaciale, oh oui, mais elle était également paisible, merveilleusement paisible et immense, comme l’espace froid et paisible dans lequel gravitent les astres.

– Hermann Hesse

LA SAGESSE DES TÉNÈBRES / WISE DARKNESS

La plupart des gens ont peur de la noirceur.
Le sage s’y assoit et apprend son langage.

english below

Dark peut signifier différentes choses: le noir de la nuit, celui des ténèbres qui suivra la mort du corps qu’on craint tant à cause des prêtres de notre enfance, le noir et les flames éternelles de l’enfer, comme l’espace quand on ferme les paupières. Sauf que si vous fermez les yeux, vous réaliserez qu’il ne fait pas vraiment noir quand on ferme les yeux. C’est plein de petites lumières, comme des mouches à feu, qui bougent et qui scintillent juste là. Souvent ce que je regarde quand je ferme les yeux pour méditer. Ça et les multiples pensées fofolles qui défilent à l’infini dans ma tête.

Mais par dark, on pourrait aussi se référer à la période dans laquelle on vit actuellement en ce bas monde. Car tout n’est pas rose sur terre en ce moment. Ça brûle, ça s’assèche, ça se bat, ça se matraque et ça se mitraille à tour de terre. Et certains choisissent de ne pas regarder par là, préférant se concentrer sur le beau et la surface.

En fait, la vie balance entre le rose et le noir. Et nous on danse entre les deux. Et on fiat de notre mieux. Pour s’alléger, et ne pas sombrer. Sombrer comme dans sombre. Si hombre, et mulhere.

Le rose représente habituellement l ‘espoir et nos illusions d’un monde différent et parfait peuplé de licornes multicolores. Alors que le noir constitue le pire du pire, ce que l’on préfère ne même pas imaginer. Normal, Mais si on ne regarde ce qui doit être adressé, on ne saura jamais comment changer le monde pour le mieux.

Ll me semble donc pertinent de faire porter notre regard sur et vers le sombre, le noir, le beurk, le pire du pire. Car ça existe. Et y git de nombreuses leçons de vie. Comme dans la mort. Certains ne veulent jamais penser à la mort, mais la mort est le parfait complément de la vie. La mort débute dès le début de la vie. En fait la mort nous incite à vivre pleinement, à vivre à fond, à prendre des risques, à vivre.

On voit souvent la naissance comme positive et la mort comme son inverse, mais si on y pense un peu, ce n’est pas nécessairement un party qui suit la naissance, alors qu’après la mort, ça risque d’être pas mal plus calme. Mais je m’égare.

Si je soulève ce thème aujourd’hui, c’est qu’hier j’ai vu comme certains d’entre vous cette horreur passer devant nos yeux, autant la nouvelle que la bête à cravate bleue.

Ça c’est du dark pas à peu près. Le pire de l’inhumanité.

Et je me demandais ce qu’il faudrait faire face collectivement à cette horreur.

Car l’humain, la plupart d’entre nous du moins, par définition, est attiré par la beauté, la bonté et les valeurs de partage et de bien. Mais ces monstres humains existent aussi. Et jusqu’à maintenant, ils ont le champs relativement libre, ils se lâchent lousse les lâches. Et ça nous rappelle de mauvais souvenirs non ? On a déjà dit : plus jamais. Et pourtant.

Et pourtant. important de regarder ces bêtes humaines et leurs actions en face pour se mobiliser sinon on en deviendra complètement désensibilisés. Oh, je sais, difficile de concevoir ce que l’on peut faire pour contrer cette vague d’inhumanité qui déferle encore sur notre monde.

Mais peut-être, au moins, dans un premier temps, la reconnaître ?

Et se mobiliser pour protéger la vie ?

Oui je sais, gros ptit lundi le chroniqueur.

Pour terminer, parce qu’en notre coeur vit encore et toujours un enfant qui a peur du noir, une berceuse pour affronter le dark du monde. Et si vous allez jusqu’au bout de ce chant de réconfort, et écouter la prochaine, ce petit message s’adresse personnellement à vous cher lecteur/trice.

Yes I do.

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english

Dark can mean many things: the darkness of night, the darkness that will follow the death of the body, which we so fear because of the priests of our childhood, the black and eternal flames of hell, as it can mean the space when we close our eyes. But if you close your eyes, you’ll realize it’s not truly dark. It’s full of tiny lights, like fireflies, moving and twinkling right there. Often, that’s what I look at when I close my eyes to meditate. That, and the countless crazy thoughts that endlessly race through my mind.

But by dark, we could also refer to the period we’re currently living in on this earth. Because all is not well on Earth right now. Forests are burning, rivers are drying,there are fighting, beating, and gunfire everywhere. And some choose not to look at it, preferring to focus on beauty and the surface. We get it, yes it’s happening whether we like it or not.

In fact, life oscillates between pink and black. And we dance between the two. Doing our best. To lighten our load, and not sink. Sink as in dark.

Pink generally represents hope and our illusions of a different, perfect world populated by multicolored unicorns. While black is the worst of the worst, what we prefer not even to imagine. That’s normal. But if we don’t look at what needs to be addressed, we’ll never know how to change the world for the better.

It therefore seems relevant to me to turn our gaze toward the dark, the black, the ugly, the worst of the worst. Because it exists. And there are many life lessons hidden in it. Like in death. Some never want to think about death, but death is the perfect complement to life. Death begins at the very beginning of life. In fact, death forces us to live fully, to live life to the fullest, to take risks, to live.

We often see birth as positive and death as its opposite, but if you think about it, what follows birth isn’t necessarily all a celebration, whereas after death, things are likely to be much calmer. But I digress.

The reason I’m bringing up this topic today is that yesterday, like some of you, I saw both the news and the blue-tie-wearing beast pass before our eyes.

An Israeli minister suggest to kill 30 to 40 Palestinians every night

That is dark. The worst of inhumanity.

And I was wondering what we should do collectively in the face of this horror.

Because humankind, most of us at least, by definition, is drawn to beauty, kindness, and the values ​​of sharing and goodness. But these human monsters exist too. And so far, they’ve had relatively free rein, they’re running wild, and abusing life. And it brings back bad memories, doesn’t it ? We’ve already said: never again. And yet.

And yet. It’s important to confront these human beasts and their actions so we can mobilize, otherwise we’ll become completely desensitized and numb. Oh, I know, it’s hard to imagine what we can do to counter this wave of inhumanity that’s still sweeping over our world.

But perhaps, at least as a first step, we should acknowledge it ?

And mobilize to protect life ?

Yes, I know, heavy Monday for the columnist.

Finally, because in our hearts probably still lives a child who fears the dark, here is a lullaby to face the darkness of the world. And if you listen to this comforting song to the end, and hear the next one, this little message is addressed personally to you, dear reader. Cause yes I do.

SI J’AVAIS SU

Si j’avais su, j’aurais agi autrement mais je ne savais pas alors j’ai fait du mieux que j’ai pu, et maintenant je sais un peu plus. – Rodney Norman

Tout le monde fait toujours de son mieux j’aime imaginer.

Même que certains qui font le mal le font très bien. Je ne nommerai personne.

De toute façon, comme on dit: si tu fais le mal, fais-le bien. Ou fais le bien, c’est selon.

Bien et mal sont deux concepts flexibles, fluides, multi-interprétables et inter changeables. Transgenre genre. Oui je sais les gros mots ce matin. Mais faut c’qui faut.

Le mal de l’un est souvent le bien de l’autre , ou vice et versa selon le côté de la ligne où l’on se trouve.

Ah le bien et le mal, quel couple.

Il y en a qui ont fait carrière là-dessus. Et des religions qui ont recruté et engrangé des millions de fidèles et d’infidèles et des tonnes de tibidoux.

Nous sommes ici-bas pour apprendre si on veut apprendre. Apprendre à vivre, à devenir plus humain.e., devenir meilleur.e.s à ce que l’on fait, comme à ne rien faire et à être tout simplement. Apprendre à être bien.

Et rien comme les erreurs pour nous donner des leçons, nous apprendre, nous enseigner. En fait, errer est presque la seule façon d’apprendre me semble. Comme dans apprendre de ses erreurs.

En fait, on dit qu’on apprend soit par choc, ou par répétitions. Certains apprennent plus vite que d’autres et certains autres n’apprennent jamais.

Certaines choses s’apprennent facilement, d’autres à la dure, d’autres encore ne s’apprennent jamais vraiment totalement. Comme vivre. On ne sait jamais vraiment comment vivre. Chaque jour est une leçon dans l’art de devenir humain.e.

Ils sont plusieurs en ce bas monde à faire le mal, à abuser, à guerroyer, à manquer de respect, à tricher, à forcer et à corrompre, à foncer et à tromper autrui. Ils savent mieux qu’hier et moins bien que demain comment le faire.

Mais peut-être regretteront-ils un jour ? Car on dit qu’on ne perd pour toujours ce que l’on a pas donné de son vivant et qu’on ne peut emporter avec soi que l’amour qu’on a donné. Qui mourra verra.

Mais si certains font le mal, je suis certains que nous sommes encore plus nombreux à vouloir le bien, et à essayer de la faire, du mieux que l’on peut. Faire de son mieux le mieux qu’on peut. En sachant ce que l’on sait au fur et à mesure.

Mais si on veut vraiment apprendre, vrai qu’on peut apprendre quelque chose à tous les jours. Au moins une chose. Car on n’a jamais vécu aussi vieux et vieille qu’on ne l’est maintenant. On n’a jamais vécu ce moment, cette journée, cette situation. Donc on ne sait jamais vraiment rien au fond. Oh, on peut penser parfois savoir, et alors la vie vient nous surprendre. Et nous, apprendre. Pas pour rien qu’apprendre et surprendre, ça rime câline de bine. Bine et bien, pas si loin. Apprendre le sens de l’amour, et le sens de l’humour.

Ça c’est une une base personnelle. Car sur le plan de l’humanité en général, on ne semble pas vraiment jamais apprendre. Ou si lentement qu’on dirait qu’on fait du surplace. Et possible que ça se termine mal cette histoire-là.

La lumière qu’on aperçoit au bout du tunnel, c’est le jour ou le train ?

Qui vivra verra. Tchou tchou.

Par exemple, si on avait su, se serait-on incarner ? Toute une question non ? La réponse est encore plus questionnante.

Les bien pensants répondront sûrement oui à cette question à 100 places. Pour apprendre, pour aimer, pour devenir un.e. meilleur.e. humain.e, pour faire de ce monde un monde meilleur. Ou moins pire, c’est selon la fameuse moitié du tout aussi fameux verre.

Et les mal intentionnés ? Je ne sais pas car comme Richard Desjardins, j’veux être un bon gars. Un gars bien. Gars ben ça et fais bien ça mon gars.

Mais la réalité, c’est qu’on ne sait même pas pourquoi nous nous sommes incarnés vous et moi. Ah vous le savez-vous ? Dites-moi ça car moi je cherche encore.

La vie est un grand mystère.

Et tant qu’on ne saura pas davantage que ce que l’on sait maintenant, on va continuer à faire du mieux qu’on peut. En espérant que ça va aller mieux. Ou moins pire c’est selon. Et peut-être un jour savoir pour vrai que comme la vie l’est maintenant, tout est déjà simplement parfait.

Ou peut-être trouver son coeur le but de la vie ?

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Ainsi, le cœur – symbolique, invisible –, où palpite la Présence, devient le lieu des révélations, des intuitions fulgurantes, des visions et de l’union mystique.
C’est « l’œil du cœur » qui perçoit le Seigneur, les mondes invisibles, les secrets intérieurs ; c’est « l’oreille du cœur » qui accueille la Parole éternelle, vivifiante, et les messages prophétiques.
Grâce au cœur-conscience, l’être humain peut accéder à la contemplation des vérités éternelles et à la connaissance spirituelle qui est « intelligence du cœur ».

Au Moyen Âge, on figurait le cœur de deux manières : soit rayonnant, pour indiquer le siège de la sagesse, de la connaissance illuminative, soit enflammé, pour désigner le lieu de la ferveur et de l’amour inépuisable.
Et on connaît le déploiement qu’a eu, dans le catholicisme, le culte du Sacré-Cœur, dû principalement aux visions de femmes mystiques, de Gertrude d’Helfta au XIIe siècle jusqu’à Marguerite-Marie au XVIIe siècle.
Il n’en reste pas moins que l’image du cœur rouge, ardent, chère à tant de personnes, se trouve associée autant à la passion amoureuse qu’à l’ardeur mystique.
Le brasier ou le creuset du cœur demeure le point de rencontre entre l’humain et le divin, puisque l’Amour est un.

– Jacqueline Kelen, via Cristina RJ
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Et en terminant, un peu de stoïcisme.

Voici trois autres règles essentielles qu’Épictète a suivies et comment vous pouvez les appliquer aujourd’hui :

  1. Faites des choix judicieux
    Si vous faites les bons choix, vous le serez aussi.
    Simple et vrai : vous êtes le fruit de vos choix.
    Ni plus, ni moins.
    Aujourd’hui vous offrira de nombreuses occasions de choisir : la beauté ou la laideur, la bonté ou l’égoïsme, la miséricorde ou la vengeance, la sérénité ou la colère.
    Il y aura de petits choix : ce que vous mangez, comment vous parlez aux autres, si vous prenez la télécommande ou un livre.
    Et il y aura aussi des choix plus importants : défendre ce qui est juste, tendre la main à ceux qui en ont besoin, quel travail vous faites, quelles exigences vous vous imposez.
    Faites des choix qui reflètent qui vous êtes et qui vous aspirez à devenir.
  2. N’attendez pas pour exiger le meilleur de vous-même
    Combien de temps allez-vous attendre avant d’exiger le meilleur de vous-même ?

Les stoïciens condamnent fermement la procrastination.
On disait qu’il n’y a pas de plus grand gâchis que de remettre les choses à plus tard.
Si vous êtes négligent et paresseux maintenant, disait Épictète, et que vous remettez sans cesse à plus tard ce que vous ferez, vous ne vous apercevrez pas que vous n’avancez pas, mais vous vivrez et mourrez comme une personne tout à fait ordinaire.
Quelle est cette chose que vous remettez toujours à plus tard ?
Quelle action pouvez-vous entreprendre dès aujourd’hui pour commencer à progresser ?

  1. Nourrissez le feu de vos habitudes
    Si vous voulez faire quelque chose, prenez-en l’habitude ; si vous ne voulez pas le faire, ne le faites pas, mais prenez plutôt l’habitude de faire autre chose.

Épictète disait que les habitudes – bonnes ou mauvaises – étaient comme un feu de joie.
Chaque fois que nous accomplissons une habitude, nous la renforçons.
Nous alimentons le feu.
Chaque habitude et chaque capacité se confirme et se développe par les actions qui y correspondent, pas après pas, course après course, disait Épictète.
Il en va de même pour notre état d’esprit.
Lorsque vous vous mettez en colère, non seulement vous avez éprouvé ce mal, mais vous avez aussi renforcé une mauvaise habitude, jetant de l’huile sur le feu.
C’était probablement l’un des nombreux enseignements qu’il avait reçus de son maître, Musonius Rufus.
Ce dernier fut peut-être le premier philosophe à avoir identifié le pouvoir des habitudes.
Dans bien des cas, disait-il, nous ne gérons pas nos affaires selon des principes justes, mais nous suivons plutôt des habitudes irréfléchies.

PARLER À ET ÉCOUTER LA VIE

Nous ne parlons qu’à soi. Nous ne parlons plus aux rivières, nous n’écoutons plus le vent ni les étoiles. Nous avons brisé la grande conversation. En brisant cette grande conversation, nous avons fragmenté l’univers.
– Thomas Berry

Nous avons perdu le contact avec plus grand que soi. Nous n’écoutons désormais que les multiples voix dans nos têtes. Nous vivons en circuit fermé. Nous vivons à tue-tête. Loin du coeur. Loin du choeur céleste.

En effet, nous n’écoutons plus le vent, nous ne prenons plus le temps ni le soin d’entendre les arbres et les fleurs pousser, pas plus que les oiseaux chanter. Pourtant, ils chantent toujours et encore. Pit pit pit. Et le vent continue de chuchoter sa chanson. Et de faire chanter les arbres sur son passage. Et l’eau, et l’eau ? Que de cliquetis mélodieux.

Mais nous sommes si pris dans nos têtes avec notre propre voix qui parle en rond et en boucle. Et qui répète la plupart du temps les mêmes chimères, les mêmes ptites misères. Comères va.

Écouter et parler à la vie.

Une relation saine que l’on a perdu, par peur de passer pour un fou ou une folle. Pourtant, une grande partie des secrets de la vie passe par les oreilles. Sauf que nous vivons surtout par les yeux. Ma foi des bons yeux.

Pourtant, souvent on entend l’expression qui veut que l’on doive écouter cette petite voix qui parle en soi. La voix de l’intuition, la voix de l’âme, la voix du coeur, là où l’âme repose en soi.

Mais on dirait qu’on l’a fait taire cette petite voix, on dirait qu’on l’a tue, tuée presque.

Mais elle chuchote encore et toujours. Si on prend le soin d’écouter. Elle chuchote plutôt que de crier, elle nous indique la voie à suivre, elle parle, au coeur de soi.

Et si on a le courage de l’écouter, on peut l’entendre. Courage ou sagesse ? Courage ou patience ?

Est-ce la voix de Dieu ? Ou notre propre voix ? Same same ?

Remarquez, pas toujours socialement payant de dire qu’on entend des voix 😉

Vous parlez à Dieu, vous êtes religieux. Dieu vous parle, vous êtes psychotique.

Mais certaines prières s’émettent dans le silence, dans l’écoute. Dans l’attente.

Et pourtant, notre propre voix ou celle de Dieu, ou de la Vie, elle existe ?

Je vous entends – oui oui je vous entends – vous dire ce matin que le chroniqueur a viré sul top ? Maybe baby. But I see you too. Et en vérité en vérité je vous le dis: je ne sais rien avec certitude mais j’entends quelque chose. And the answer my friend is blowing in the wind. It is blowing in the wind.

Mais entendons-nous. Entendons-nous ?

Et lui parlez-vous vous aussi à la vie ?

L’entendez-vous la vie qui nous parle ?

Ils sont pourtant plusieurs à entendre des voix. Et pas fous du tout.

RATAPLANS

Nous faisons des plans, inconscients de ce qui se trame; et ce que nous planifions ne peut pas défaire les plans de Dieu.
– Rumi

Ou comme on dit, tout ce qui doit se produire arrivera que tu le veuilles ou pas, même chose pour ce que tu ne veux pas qui arrive.

Qu’on l’appelle Dieu, la vie ou le destin, quelque chose semble déterminer ce qui arrive, comme ce qui n’arrive pas.

Quand on veut trop quelque chose, quand ça force, si ça se passe, habituellement, ça se passe mal. Alors qu’au contraire, quand quelque chose a à se passer, ça se passe sinon tour seul, très facilement.

Ou dit autrement et adroitement par Terrence McKenna : la vérité n’a pas besoin de votre participation pour exister. La merde de taureau, si. Meuh !

Mais j’avoues, pas toujours facile de faire la différence entre faire les efforts et persévérer quand on veut quelque chose, ou laisser couler. Le bon temps comme le moins. Car c’est toujours la vie qui décide au final. Toujours la vie qui veut. Mais nous aussi on veut un peu. Parfois la même chose que la vie, parfois pas. Mais la vie est plus forte que nous.

Et comme le dit Bashar: Relaxe et fais confiance à la façon dont la vie se déploie et travaille avec ce que la vie t’offre. Ne t’en fais pas avec ce que tu n’obtiens pas. Tu recevras alors ce dont tu as vraiment besoin. Laisse la vie travailler. Tu n’as pas à essayer de la faire arriver. Tout fonctionne déjà tel que ça doit.

En effet, je vous entend, il y a des choses qui ne tournent pas rond dans le monde. Mais qui sommes-nous pour penser savoir comment ça devrait aller autrement la vie ?

On va y penser. Mais pas trop.

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On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c’est que tant d’hommes l’étaient et le cachaient.

– André Malraux

MERAKI BEAUCOUP

Y a-t-il une autre façon de vivre ?

En fait, si on met tout son coeur et toute son âme dans qui l’on est, ça se reflètera inévitablement dans tout ce que l’on fait.

Mais mettre tout son coeur et toute son âme dans qui l’on est, malgré que ça sonne simple, s’avère tout un défi.

Car on a beau dire qu’on s’aime soi-même et qu’on s’accepte, le faire pour vrai est tout un contrat et un défi.

Par exemple, accepter ses ombres, ses travers, ses côtés moins glorieux constitue un apprentissage de toute une vie. On découvre toujours des ptits bout plus difficiles à accepter.

Évidemment que tout commence par soi–même.

Si on veut traiter toute personne avec amour et respect, on ne peut que commencer par soi-même car comme l’a si bien dit Ramana:

Il n’y a pas d’autres.

En fait, on ne peut traiter les autres que comme on se considère soi-même. Alors on sait où commencer. Et ça ne finit jamais.

Mais certaines personnes ne font que la première moitié de la job. Ils et elles se priorisent, se mettent au premier plan, mais oublient de faire la même chose envers les autres. Moi moi moi est devenu le slogan des temps modernes.

Un moment donné, on doit passer du moi à nous. From me to we en anglais. Car notre petite personne n’est importante qu’on fonction du grand tout. Qu’un maillon dans une chaîne humaine sommes-nous. SI la chaîne déraille, les maillons deviennent bien insignifiants.

On dit que l’ultime récompense dans la vie est cachée dans le don de soi. Que l’on reçoit ce que l’on donne. Au final, on obtient la qualité du soin que l’on donne, à soi mais surtout aux autres.

Un dicton veut que dans la vie, on va perdre tout ce que l’on aura pas partager avec autrui, et qu’à notre dernier souffle, on ne pourra apporter avec soi que ce l’on aura donné, que l’amour qui aura passé par notre coeur.

Caritas, charité, coeur.

Peut-être ça les annales akashiques en fait: le contenu de son propre coeur ?

Pensons-y.

Et Meraki beaucoup.