SOIXANTE É COOL 4

Je suis (un peu plus) vieux, mais coolement.

Peut-être que certains lecteurs/trices, en voyant la casquette coiffant cette chronique, auront une réaction épidermique devant l’expression old. En fait, on n’est jamais vieux, ni vieille for that matter. Probablement qu’on ne peut pas vraiment se dire vieux ou vieille, mais davantage qu’on se sent ainsi. Ou pas. L’âge est donc en partie un feeling, une sensation. Question de feeling comme chantait le chanteur, ou la chanteuse.

En fait, dans l’absolu, on est toujours seulement, et inévitablement, soit moins jeune qu’avant, ça, ça semble être un fait établi selon la mathématique de la vie, soit plus vieux que d’autres. Et encore là, si on est plus vieux ou vieille que d’autres, nous sommes aussi toujours plus jeunes que d’autres autres.

Évidemment, l’âge ne se compare pas, l’âge se déguste, se goûte, s’expérimente. Surtout quand est on est plus jeunes. Que quoi ? À vous de choisir. On vieillit un jour à la fois, une ride à la fois, chaque ride dans la foi et le foie toujours un peu plus paresseux. Il est toujours plus facile de vieillir quand la santé se maintient au beau fixe. C’est souvent la maladie qui exacerbe et révèle l’âge, qui nous fait sentir vieux/vieille.

Dernière journée avant d’atteindre 65 ans d’expérience es vie donc pour moi aujourd’hui. Demain je serai officiellement un retraité étatique du Canada. Car je reçois de la RRQ déjà depuis 5 ans. Déjà un peu d’expérience en vieillitude. Quel privilège de vivre ici. Profitons-en pendant que ça passe car pas acquise pour l’éternité cette caisse commune.

Étrange de penser que ce sera mon 65ème anniversaire déjà demain car je me sens encore comme un ado. On dit que pour chaque personne, il y a un moment marquant dans une vie qui cristallise son être pour le reste de sa vie. Moi ce fut mon premier trip d’acide à 12 ans à l’école secondaire. Il y a eu un avant ce jour, et un après, qui se prolonge encore aujourd’hui. Révélation sur une existence nouvelle, entrée dans une autre dimension. Ati phone home. Bienvenue dans un autre monde mon atiguy.

Drôle l’âge, car en anglais, notre âge, on l’est – I am 64 – alors qu’en français, notre âge, on l’a – j’ai 64 ans. Être et avoir ont toujours été soit opposés soit complémentaires, c’est selon.

Et en même temps, c’est aussi un peu bidon tout ça. Car l’âge, on ne l’est pas, et on ne l’a pas non plus. L’âge ne nous touche pas vraiment, l’âge ne fait peut-être que nous effleurer. On a l’âge qu’on veut bien avoir, jusqu’à un certain âge probablement, ou celui qu’on peut, parfois, On dit d’ailleurs qu’on fait notre âge, ou pas.

Mais d’autres fois, avec les années qui passent et le corps qui change, on devient un peu plus notre âge aussi. Un peu plus de, un peu moins de, de plus en plus du moins. Ou plus ou moins. Toute une ride la vie, avec les rides qui se multiplient, et les muscles qui muent et qui plient, de moins en moins facilement. Un muscle l’âge peut-être ?

Non, notre âge, on ne l’est pas vraiment, et on ne l’a pas non plus. Notre âge, on le devient, lentement mais sûrement. Avec résistance, ou avec acceptation. Et ça change plus vite dans le corps que dans notre tête l’âge. Un numéro avec lequel on apprend à vivre. On peut compter sur l’âge.

D’ailleurs, comme le chantait notre JiPi, quand on aime on a toujours 20 ans right ? Tant qu’on aime, enwèye la vie, vient-en ! Le secret de la vie consiste donc à aimer. SOi, la vie, et les autres.

L’âge c’est le temps, mais pas que. Car parfois le temps passe vite, et à d’autres moments, le temps passe mal. Ou ne passe pas du tout. Ou lentement. Jamais bon signe me semble quand le temps se fait slowmo.

Parfois le temps nous vire à l’envers

et parfois il nous ramène à l’endroit et sur le plancher des vaches. Surtout pour les taureaux comme nous.

Le temps nous ramène toujours au moment présent, et à l’ici maintenant. Comme les nouilles. Ramen. Je sais, je l’ai déjà fait celle-ci la semaine passée, j’ai encore toute ma tête. Ou presque. C’est surtout le coeur qu’il ne fait pas perdre. Ni le sens de l’amour.

La semaine dernière on soupait avec la mère d’une amie, une madame bien présente de 94 ans. Et hier j’échangeais avec mon amie Isabelle dont les 2 parents ont ou sont 91 ans. Je vous les présente car ils sont inspirants.

Isabelle me disait que sa mère lui disait souvent qu’elle était encore si jeune. Tout est relatif qu’on se disait nous. Et mon ami Ravi qui va franchir le cap des 80 bientôt. Eh que la vie va. Toujours relativisant de côtoyer des plus vieux que soi. Ça éclaire, et ça relativise.

Alors voilà. Petit bla bla en ce dernier jour de sixty-four. Pour ne rien dire, ou pas grand chose du moins. Que dédire, mais pas médire. Que nenon.

On dit que l’idée est de rester jeune le plus longtemps possible. J’achète. Vendu.

Et ci-bas, cadeau de pré-anniversaire, un 2 pour 1, deux versions que je trouve plus belles que l’original.

LE JOUR DE LA MÈRE

Ils ont vu ma face cachée.
Fais-moi confiance, tu ne veux pas voir la leur.

C’est le jour de la Terre aujourd’hui à ce qu’on dit. Un jour pour quoi au juste ? Un jour pour qui ? Car à voir les abus qu’on lui fait subir à notre mère à tous, pas si certain qu’il y ait tant à célébrer. Pour elle du moins. Comme si on avait placé notre vieille mère à l’hospice et qu’on irait la voir une journée par année.

Je ne me pose pas en donneur de leçons ici car on fait tous partie du problème. Peut-être que lorsque tout le monde se sentira ainsi, on pourra travailler ensemble. Oui je sais, gros doutes là-dessus moi aussi.

Même si on sait notre mère menacée, on continue de voyager à tour de terre, on roule dans nos bolides de plus en plus gros, même les ptites autos électriques ont besoin d’une foule de minéraux extirpés des entrailles de notre mère, on consomme à coups de cartes de crédit, on jette à tour de poubelles tout en recyclant sans vraiment savoir où vont nos matières. Matière à réflexion.

Nous sommes de drôles de bibittes les Terriens. Pendant qu’on magane la mère même sur laquelle on vit, on explore la lune et on cherche à s’installer sur Mars. Prendre soin de son jardin en premier dit-on.

Probablement que ce n’est pas tant le sort de notre mère la Terre qui est en jeu avec nos abus, car elle en a sûrement vu d’autres la mère, – éruptions de volcans, tremblements, cataclysmes, raz-de-marée et Arche de Noé, ère glaciaire, name it – c’est probablement davantage le sort de ses enfants en général qui est en jeu. Môman môman, tes fils et tes filles passent un mauvais moment.

Drôle de timing pour déclarer le jour de la Terre le 22 avril car la fin avril est probablement le temps le plus laid de l’année. On revoit d’un coup d’oeil tout ce qu’on lui a jeté dessus depuis l’automne, on visualise ce qu’on fait de sa face cachée, qui est surtout la nôtre. On voit le résultat de nos abus matériels et bien concrets qui se cachaient sous la neige. Grosse cure de beautification à venir pour toi maman.

Maman, même si tu es la plus belle du monde, malheureusement on fait de toi aussi la poubelle du monde. Pardonne-nous nos offenses car nous sommes trop déconnectés pour le réaliser.

Mais bientôt, pour se reprendre, on va te gratter – oui oui pas avant un ptit bout pour laisser les tites bibites s’installer par terre – on va te planter, on va te semer, on va encore te faire travailler pour nous. Car à tous les jours, on se nourrit de tes fruits, de tes grains et de tes légumes. Apprécions-le. Au moins une fois de temps en temps. Dont aujourd’hui, ton anniversaire.

J’imagine que tout ce que l’on peut faire, à notre petite échelle, c’est de prendre soin de notre ptit coin de terrain, notre ptit coin de Mère, de notre petit lopin de terre. Et de faire le bien, et de bien le faire. Avec respect, avec soin, et vive le Jour de la Terre soin soin.

Allez, grosse pensée vers toi aujourd’hui chère maman. Pour toi, pour nous et nos enfants, pour aujourd’hui et pour demain.

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Et un peu de sagesse Anishnabée, car les nations premières ont conservé le lien filial avec la mère Terre.

Quand la neige fond et que la terre recommence à respirer… nous rangeons les histoires.
Non pas qu’elles n’aient pas d’importance, mais parce qu’elles sont d’une importance capitale.
Dans les enseignements anishinaabe, la narration est sacrée.
Les histoires, surtout les anciennes, celles qui parlent de Nanaboozhoo, des esprits et des leçons de nos ancêtres, ne sont pas de simples divertissements.
Elles sont vivantes. Elles véhiculent des enseignements, des avertissements, de l’humour et de la vérité.
Mais au printemps, tout s’éveille.
Les arbres se mettent à écouter.
L’eau se remet à couler.
Les animaux reviennent.
Et les esprits ne dorment plus.
C’est pourquoi nous ne racontons pas certaines histoires pendant les beaux jours.
Car ces histoires peuvent voyager.
Elles peuvent être entendues par des êtres auxquels elles ne sont pas destinées.
Elles peuvent réveiller une énergie qui ne doit pas être éveillée pour le moment. L’hiver est le temps des contes — quand le monde est silencieux, quand la terre est immobile, quand nous nous rassemblons et transmettons les enseignements en toute sécurité d’une génération à l’autre.
Le printemps et l’été sont faits pour vivre ces enseignements.
Pour marcher avec douceur.
Pour écouter plutôt que parler.
Pour observer comment la terre nous enseigne en temps réel.
Nos ancêtres comprenaient l’équilibre.
Il y a un temps pour parler… et un temps pour se taire.
Alors, quand quelqu’un vous dit : « Garde cette histoire pour l’hiver », ce n’est pas une restriction.
C’est du respect.
Le respect de la terre.
Le respect des esprits.
Le respect du pouvoir des mots.
Nous ne sommes pas seulement des conteurs…
Nous sommes les protecteurs du moment et de la manière dont ces histoires sont racontées.

Screenshot

MAIS SI

Si vous ne dites qu’une prière aujourd’hui, faites en sorte que ce soit Merci.

Ce matin, j’ai un blanc. Ou un noir. Ou l’une des innombrables teintes de gris au-delà des 50 grivoises. Ou ça peut être un blanc de couleurs aussi car le blanc inclut toutes les couleurs. Tout est bienvenu.

Sincèrement, tout ce que la vie apporte est de plus en plus bienvenu. Même l’inattendu, même l’inespéré, même les craintes. Car souvent, lorsqu’elles se réalisent ces sacrées craintes, il devient plus facile de faire avec. Et on se rend compte qu’elles étaient plus menaçantes en tant que craintes qu’actuelles et réelles. Car la réalité est souvent plus simple que l’imaginé.

Je ne sais pas vraiment quoi écrire, ni dire, ce matin. Que merci qui me vient en tête, au coeur et aux doigts.

Rien d’autre que merci. Mais si.

Merci la vie. Beaucoup beaucoup. Beau cou, belle tête et beau coeur.

Merci pour tout, mais aussi pour rien. De rien. Pour le rien de grave, le rien de troublant. Pour le tout ordinaire.

Merci pour la simplicité, pour l’ordinarité du quotidien. Pour la facilité générale de notre vie.

Merci pour la fonctionnalité du corps, pour la santé du coeur, de l’esprit et de l’âme.

Merci pour le flow de la vie qui coule dedans et dehors. Depuis toujours, comme à tout jamais.

Merci pour la paix ambiante. Qui s’accompagne inévitablement et inexorablement de compassion et d’empathie pour tous ceux et celles qui n’ont pas cette chance de vivre notre paix à nous ici, pour ceux et celles qui subissent la guerre imposée par ces fous de guerre. Guère de paix pour tant d’entre nous. Alors vagues de paix vers vous.

Quand on commence à dire merci pour tout, à tout, on commence à aimer tout ce qui est, plutôt que seulement ce que l’on veut et désire. Tous ces mercis se mettent à déborder du cadre, du coeur et envahissent toute notre vie. Merci est un muscle qui se renforce avec la pratique.

Merci à nos ancêtres d’avoir contribué à créer une vie si facile pour nous tous désormais. Merci.

Merci aux cultivateurs/trices de nous nourrir, aux camionneurs/ses de transporter cette nourriture, aux marchands de nous l’offrir. Privilège. Énorme d’être nourri.e.s. ainsi chaque jour. Et empathie pour ceux et celles qui ont faim et soif.

Merci aux médecins, infirmières et préposé.e.s de prendre soin de ceux et celles qui souffrent et qui ont besoin de soin. Car un jour ça sera notre tour.

Merci.

Je dis merci en français mais je dis aussi mercy en anglais. Ce mot signifie miséricorde, qui est la compassion envers la misère d’autrui, mêlant pitié et pardon. Mais pas une pitié condescendante car

Merci pour le sens de l’humour, et de l’amour.

Pas une pitié piteuse, une pitié empathique, une empathie d’égal à égal, d’ego à ego. Une miséricorde qui incite à la bienveillance, à la charité et au pardon généreux, souvent définie comme le cœur ouvert à la détresse du prochain. Car nous sommes tous et toutes le/la prochain.e d’autrui.

D’ailleurs, le mot français et le mot anglais, malgré leur orthographe différente, sont issus tous deux du mot latin mercedem, qui voulait dire jadis salaire, récompense, solde. Réglons nos comptes en souffrance avec la vie et disons merci. La vraie paie. Donner ce que l’on voudrait recevoir.

D’ailleurs, nous sommes tous et toutes à la merci de la vie. Aussi bien le reconnaître, l’accepter et s’y conformer. Et couler avec ce qu’elle nous offre, avec ce qu’elle nous donne. Tout. Le beau comme le moins.

Une vie sans merci devient un combat, une lutte sans merci. Alors merci merci merci.

Et finalement, merci à mes mentors, maîtres, enseignants.

Merci la vie. Ce matin, comme à tous les soirs.

ET GO ET GO ET GO

Chaque minute de chaque heure de chaque jour, vous créez le monde comme vous vous créez vous-même – alors pourquoi ne pas le faire avec générosité et bienveillance, et avec style.
– Rebecca Solnit

On ramène toujours tout à soi. Oui, comme les nouilles. Comme des nouilles. On se prend tous et toutes pour le nombril du monde. 8 milliards de nombril, ça en fait du nombril ça m’sieur dame.

Il y a moi, et il y a le monde autour. Et il y a tout ce qui s’y passe. Tout ce que l’on sait, comme tout ce que l’on ignore et parait que ça c’est vaste en titi.

Pas si grave de tout ramener à soi, faut simplement voir plus grand, et se tasser un peu du chemin car la vie va passer anyway.

Car avant qu’on naisse, on n’était rien, du moins si peu, et pas grand-chose. Puis à notre naissance on nous a assigné un nom, une religion, une nationalité et une race. Et nous passons le reste de notre vie à défendre cette identité. Code barre inclus.

Le monde peut bien être en guerre depuis le début des temps. Les bleus contre les rouges, les bons contre les mauvais, les zanglais contre les français. Et encore bien d’autres versions.

Quand on naît, on n’a pas d’identité, pas d’ego, puis on s’en développe un. Chaque seconde de chaque minute de chaque jour, on crée le monde et on se crée. Et on se croit quelqu’un, séparé, nombril du monde. Alors, comme dit madame Solnit, tant qu’à se créer, faisons-le avec générosité et bienveillance et avec style.

Nous sommes tous égaux, mais comme on dit, certains le sont plus que d’autres.

Anyway, on ne peut vivre sans ego, sans identité. Mais combien d’ego ?

Q: De combien d’ego ai-je besoin maître ?
R : Juste assez pour ne pas vous faire frapper par un bus.

– Shunryu Suzuki

Connaissez-vous la joke du chauffeur d’autobus ? Moi non plus, j’étais assis en arrière.

___
Rien ne tue l’ego comme la légèreté, comme le rire.
Quand on commence à prendre la vie pour un jeu, l’ego meurt, il ne peut plus exister.
L’ego est une maladie ; il a besoin d’une atmosphère de tristesse pour se développer.
Le sérieux engendre la tristesse en nous.
La tristesse est le terreau nécessaire à l’ego.
Le vrai saint ne peut pas être sérieux.
La personne vraiment religieuse se doit d’être un célébrant.
Regardez autour de vous… regardez les arbres – sont-ils sérieux ?
Regardez les oiseaux, écoutez-les – sont-ils sérieux ?

Regardez les étoiles, la lune, le soleil – sont-ils sérieux ?
L’existence est complètement dénuée de sérieux ; elle danse sans cesse.
C’est une célébration éternelle, une fête.
Seul l’humain est sérieux, car seul l’humain a cherché à se séparer de l’existence.
Il ne veut pas faire partie du tout, parce qu’alors il disparaît.
Il veut sa propre identité, son propre nom, sa propre forme, sa propre définition.
Même si ça engendre la souffrance, peu importe, même s’il doit vivre en enfer, il y est prêt.
– Osho

Oui je sais il y a la guerre, et la sort de la planète, et l’inflation, et les conditions sociales qui se détériorent. Oui, c’est un fait. Et en plus on a tous et toutes chacun.e nos propres défis individuels, nos consolidateurs d’ego.

Mais si on peut apprendre à prendre la vie avec un peu plus de légèreté, peut-être que l’autobus va finir par passer tout drette ?

Et go et go et go Habs go !

PHOQUE

Trouve-toi, perd-toi… Fuck ! – image via Tatie

Ou dit autrement : Le mystique sait comment devenir rien afin de devenir le Tout.

Pour quiconque en quête, quiconque cherche ou se cherche depuis des années, on sait que se perdre et se chercher – et luckily se (re)trouver – représente un peu la même quête. Qui perd gagne ne disait sûrement pas le gambler.

En gros, il s’agit d’apprendre à laisser passer la vie de plus en plus à travers soi, être de plus en plus et totalement présent.e à tout ce que l’on est et à tout ce que l’on fait, comme avec soi-même et quiconque avec qui on se trouve.

On dirait bien que j’ai envie de dire quiconque ce matin 😉 Assez quelconque.

Quand on joue avec les concepts de se perdre ou de se trouver, ou se retrouver si on pense que ce l’on a déjà eu ou possédé ce que l’on cherche – on parle aussi de vivre en totalité l’intensité de chaque moment présent – malgré que ça sonne un brin cliché.

Car lorsqu’on fait quelque chose totalement, on est complètement ici, et en même temps, plus ici du tout, complètement là. Un autre beau et drôle twistage de mots ça ici et là.

C’est que les mots sont toujours trop ptits pour décrire la vie qui est si grande et complexe, mystérieuse et inexplicable. Trop gauches les mots, ou pas assez adroits ni précis, pour dire la vie telle qu’elle est.

On voudrait dire ceci, on dit cela. Excusez-moi, pas ça que je voulais dire. Mais quand même ça que j’ai dit. Quant à le penser, autre idée. Et en plus les autres comprennent bien ce qu’ils veulent, ou ce qu’ils peuvent. Ou ne comprennent rien du tout. On comprend ça right ?

On voudrait montrer ce que l’on voit dans sa tête, mais on se trouve – ou retrouve – à court de mots. On voudrait expliquer ce que l’on pense deep deep down, mais trop souvent on reste en surface car les mots ne remontent pas. On voudrait que les gens nous comprennent, mais souvent que les cons qui nous prennent. Excusez-là, elle est venue toute seule celle-ci. Ou celle-là, c’est selon.

Se perdre, se dissoudre, faire un, se trouver, se retrouver, allumer, différents termes, même quête. Celle de couler davantage dans et avec la vie, la petite comme la grande. Comme celle de la voie du milieu.

Perso, c’est une plus grande simplicité que je recherche de mon côté. Qu’on appelle ça se perdre ou se re/trouver. Une simplicité d’être, simplicité de corps et d’esprit. Une aisance, une facilité à vivre, à couler avec la vie, à accepter tout tout tout pas juste les beaux bouts, en fait accepter surtout les bouts les plus difficiles à accepter. Accepter tout de la vie malgré les difficultés qui se présentent. Faire des obstacles de la vie des pierres desquelles et sur lesquelles sauter. Comme un clown, jongler avec les soucis, et comme un cook, jongler avec les saucisses. Viandeuses ou végés. pas r’gardant le chroniqueur tricksteur.

Faire de la vie avec tout ce qu’elle nous offre et nous propose, le tough comme le rose. Ça c’est de la rime en crime. Pof la vie ! Ne pas la pendre au sérieux mais avec sincérité, ne pas se prendre au sérieux non plus, mais avec acceptabilité de tout ce qui est.

Vieillir c’est un peu ça non ? Rester jeune le plus longtemps possible.

Et que ça coule assez 😉

Au fond, peut-être que l’idée est de perdre – un peu – la tête, et de re/trouver son coeur, d’enfant comme de grand. Car au fond, comme en surface, nous sommes toujours de glands glaçons, et des glandes figues. Cherchez pas à trouver le sens de celle-ci, vous allez vous perdre. Car tout est dans tout, surtout le rien.

___
Pour parvenir à goûter tout, ne cherche le goût en rien.
Pour parvenir à savoir tout, ne cherche à savoir quelque chose en rien.
Pour parvenir à posséder tout, ne cherche à posséder quelque chose en rien.
Pour parvenir à être tout, ne cherche à être quelque chose en rien.
Pour parvenir à ce que tu ne goûtes pas, tu dois passer par où tu ne goûtes pas.
Pour parvenir à ce que tu ne sais pas, tu dois passer par où tu ne sais pas.
Pour parvenir à ce que tu ne possèdes pas, tu dois passer par où tu ne possèdes pas.
Pour parvenir à ce que tu n’es pas, tu dois passer par où tu n’es pas.

– Jean de la Croix (« La Montée du Carmel ») via Cristina RJ

COEURS DE LUMIÈRE

Ce matin un peu de beauté, de poésie, de nature et de tendresse. Ce matin, un peu d’espoir, d’espérance, de résilience et de patience en ce temps sombre, en ce printemps hésitant sous la pluie.

Car si les temps actuels peuvent paraître sombres et désespérants, la lumière est toujours ici, elle se cache, elle se tient derrière, juste là. Juste ici en fait car tout est toujours ici, maintenant, autour et en soi. Derrière les nuages, derrière son ombre, en notre coeur et dans nos yeux.

À nous de la chercher, de la sentir et de la voir. Car la lumière apporte toujours avec elle une certaine part d’ombre, une part d’ombre certaine. C’est inévitable. Et ultimement, l’ombre cherche toujours à s’engouffrer dans la lumière, à s’y jeter pour s’y laisser bouffer et disparaître.

La Terre, pour laquelle on craint et pour laquelle on a parfois si peur à cause de nos abus et de notre arrogance d’humains déconnectés, elle en a vu d’autres la Terre. Comme la lune, elle a une face cachée. Elle a vu d’autres guerres folles et meurtrières, d’autres humains affamés de pouvoir, d’autres humains assoiffés de profit$, d’autres humains affamés et assoiffés tout court. Elle a tout vu. Et elle en verra d’autres encore.

Parfois on a tendance à penser que l’horreur occupe toute la place et tous les coeurs, cachant le devant de la scène, recouvrant toute notre humanité fondamentale. Mais ce n’est qu’un gros nuage menaçant et sombre qui passe et qui cache temporairement le soleil, apportant pluie, tonnerre et éclairs. Mais comme disent les anglais: this too shall pass. Nous sommes au coeur d’une tempête, une grosse dépression existentielle passagère. Et après la pluie, un meilleur temps.

Parfois, les mondanités étouffent et recouvrent la divinité.

Alors

Et retournons au coeur de notre humanité, à notre humanité fondamentale, à l’essentiel qui se trouve immanquablement au coeur de soi, au plus profond de notre âme, au coeur des ténèbres même. Mais il faut oser, il faut plonger dans l’ombre et la regarder en face. Miroir, miroir.

Car

Même la nuit la plus longue abdiquera devant l’aurore, elle finira par lui laisser la place. Et ainsi en sera du temps sombre actuel. Restez avec la respiration, restez avec le feu.

Respirons, espérons, chantons. Aimons. Soi, et les autres, aimons le monde malgré une certaine face laite actuelle. Car le simple fait d’ajouter à la folie ambiante n’aidera pas. Au contraire, cela ajoutera au chaos et à la panique, au désespoir ambiant.

Le monde a besoin de quelques phares calmes, posés, de quelques pépites de lumière réfléchissantes, de quelques mouches à feu dans cette nuit noire temporaire. Alors soyons ces petites lumières. Et l’aube viendra, reviendra.

Et restons. Présents, présentes. Soyons ces Présences.

L’Ombre, les Enfants, les parties en soi n’ont besoin que d’une seule chose: qu’on reste. Restez quand je suis triste, fâché, fier, heureux ou désespéré.e. SVP restez. Il y a une présence qui t’attend. Reviens à la maison.

L’EMPLOYÉ.E DU MOI

J’ai des préjugés à propos de moi, mes propres conclusions à propos de moi, mes fantasmes à propos de moi, mes visions et mes fantaisies à propos de moi, alors je ne me vois jamais tel que je suis.
– Krishnamurti

Je. Me. Moi.

Tout le monde tourne autour du moi. Autour de notre corps et de notre identité. Nous sommes persuadé.e.s. d’être notre nom, notre corps, notre identité et personnalité. Et jusqu’à preuve du contraire, nous le sommes en bonne partie. Nous sommes – plus ou moins, c’est selon – le nombril du monde. Des milliards de nombrils le monde. Pauvre monde riche de tant de nombrils. Cordon sans-fil. Oui fil.

L’autre jour, j’ai appris que mon parrain, qui portait avant moi le même nom que celui que j’ai porté pendant une bonne partie de ma vie étant plus jeune, soit Guy Dion, est décédé en novembre dernier. Et je dois avouer que j’ai un petit choc en voyant le nom collé à la date de naissance et surtout celle de sa mort. Il avait 89 ans et je ne l’avais pas vu depuis très longtemps donc je m’attendais un peu à ce qu’il quitte la terre éventuellement. Mais j’ai tout de même été sonné en voyant mon ex-nom associé à une date ultime. Comme si je pouvais me projeter par en avant. Et du coup un peu sous terre.

See you mononc Ti-Guy.

Tel que l’affirme ci-haut Krishnamurti, nous entretenons tous et toutes des préjugés favorables et moins à propos de soi: nos propres conclusions, nos fantasmes, visions et fantaisies à propos de soi-même, alors nous ne nous voyons jamais tel que nous sommes.

Comme on dit, nos yeux sont faits pour regarder vers l’extérieur, alors pour se voir soi-même, il faut utiliser le troisième. Jamais deux sans trois. Jamais de yeux sans soi. Rarement nos yeux sur soi.

En fait, on s’imagine davantage que ce que nous sommes. Soit en mieux, soit en pire et souvent un peu des deux. Soit on se prend souvent pour mieux que soi, se dorant dans nos grandeurs, et négligeant nos lacunes et nos failles, ou les niant carrément. Soit on se diminue et on se ratatine en esprit, et en estie parfois, ne voyant que nos côtés à améliorer.

On aime bien s’identifier à la somme de nos connaissances également, à tout ce que l’on sait. Je sais donc je suis. Mais si on savait seulement tout ce que l’on ignore.

On se prend souvent très et trop au sérieux. À ce sujet notre ami Ram Dass a un conseil pour nous: Don’t take yourself so personally !

SI on pouvait seulement, parfois, se mettre de côté, ou du moins, se tasser un peu du chemin de la vie. Elle pourrait mieux passer, circuler, faire son chemin et couler de source. De toute façon, avec ou sans nous, il arrivera ce qui arrivera.

Si on pouvait seulement ouvrir nos oeillères, accepter de ne rien savoir, ou du moins réaliser notre ignorance, demeurer frais et fraîches face au monde qui existe en dehors de soi, ça nous permettrait de continuer à apprendre, de recevoir le monde tel qu’il est, de rester ouvert.e.

Car on dit qu’on ne voit probablement le monde que dans la mesure qu’on se voit soi-même. On porte le monde extérieur dans nos propres yeux. On ne rêve que de soi. On ne voit que soi dans le monde.

Un autre de mes pushers de sagesse, Adyanshanti, affirme pour sa part que la cause de la souffrance ne se situe pas dans le fait de penser mais bien davantage dans l’identification à ses pensées. Selon lui, il est très important de comprendre ce fait car si on ne réalise pas que l’identification à la pensée constitue le coeur du problème, nous demeurons persuadé.e.s que le fait de penser est le problème, et on perdra alors beaucoup de temps à essayer d’arrêter le mental ou de l’améliorer.

On va penser à ça right ?

On dit souvent, ou on se fait dire, ce qui égratigne toujours un peu, de ne pas prendre les choses ou les situations trop personnelles. Surtout les critiques. Mais nous sommes une personne.

Alors demeurons une personne – car peut-on faire autrement ? – mais prenons conscience que c’est notre identification à nos pensées qui cause problème. Et apprenons à les regarder passer davantage que de tenter de les attraper, de nous y identifier, ou encore pire, de les arrêter. Car le mental ne fait que continuer de faire sa job de mental, soit de générer des pensées.

Et donnons-nous, nous-même et à nous-même, un break. Enfin une pause d’essayer d’être quelqu’un, du moins quelqu’un d’autre que soi. Et prenons donc davantage soin des autres autour de soi.

Et comme le printemps s’en vient, laissons passer, et pousser, les pensées.

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L’Intelligence qui s’écoule de Dieu, c’est-à-dire la révélation intérieure de Dieu, tient ouverte notre intériorité et élève notre entendement au-dessus de toutes les images et tous les soucis, dans une tranquillité toute pure.
Par cette intelligence supérieure, notre raison reçoit de l’inspiration de Dieu une science divine qui illumine notre raison et fait de nous, de l’intérieur, des voyants.
– Jean de Ruysbroeck via José LeRoy

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Le dharma est censé rendre nos vies plus heureuses et moins encombrées. «Nourrissons-nous de joie», comme l’a dit le Bouddha. Le dharma devrait être comme du levain dans la pâte lourde de notre existence quotidienne, allégeant nos journées et les rendant plus digestes. Donc, quand notre pratique devient un fardeau de plus dans le sac à dos de la vie, rendant tout plus lourd et plus stressant, c’est que quelque chose ne fonctionne pas correctement.

Dans la célèbre comparaison du luth, le Bouddha expliquait que, tout comme les cordes d’un instrument de musique ne doivent être ni trop tendues ni trop lâches, notre pratique doit être bien accordée – ni trop intense, ni trop relâchée. Comme un marathonien, on doit gérer notre effort.

On doit s’encourager soi-même et encourager les autres pratiquants à se détendre et à ne pas se prendre autant au sérieux. Parfois, je pense que la septième paramita devrait être le sens de l’humour !
Il est très peu probable que nous atteignions l’éveil complet dans cette vie. Alors ? Nous avons d’innombrables vies futures pour poursuivre ce travail. Dans cette vie, on peut se permettre de relaxer un peu et de profiter de la vie. « Des fleurs, même si on continue notre chemin. »
~ Jetsunma Tenzin Palmo

WIFI HUMAIN

Pas surprenant que l’on sente parfois tout croche ces temps-ci.

Considérant tous ces gens qui souffrent sur la terre.

Considérant le sort de la planète sur laquelle on vit, elle qui se plaint si silencieusement de nos abus, même si on ne l’entend pas toujours.

Considérant l’incertitude ambiante.

Considérant les mots et les actions des petits et gros politiciens véreux.

Et considérant que désormais, on voit passer tout ça sur nos écrans.

D’où l’importance de bien s’alimenter.

Plus nous sommes sensibles au monde, plus nous sommes touché.e.s au coeur et dans l’âme.

Parfois on voudrait fermer le modem existentiel, mais le contact est constant, et permanent. L’heure est grave plus que grâce.

On a beau se divertir, ou tenter de le faire, car sincèrement, ça fonctionne jusqu’à un certain point seulement, si nous sommes le moindrement humanosensibles, on va le feeler le monde. On va la pogner la vibe mondiale.

J’imagine qu’il faut apprendre à vivre avec ça. Et à transformer cette ombre en lumière. Beau contrat.

On doit garder allumée la flamme du coeur et y consumez la schnoutt du monde.

Un ptit truc ci-bas: expirez et laissez aller. À l’expiration, nous pouvons trouver la liberté face à tout.

Et remplir le monde de notre humanité.

Ci-bas, attachez votre tuque et foulard – oui oui le printemps s’en vient – car c’est long, touffu mais très riche. De l’un de mes pushers de lumière sur FB.

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Ceci est un enseignement complet sur la guerre spirituelle : son fonctionnement, son infiltration et comment devenir invincible face à elle.
On vous confie une armure.
Prenez le temps de l’assimiler.
Revenez-y.
Incarnez-la complètement, pas partiellement.
Votre âme, votre famille et votre communauté dépendent de ce que vous ferez de ce savoir.

GUERRE SPIRITUELLE

Nous y sommes.
Maintenant.
En ce moment même.
Vous.
Moi.
Chaque âme qui respire sur cette planète.
Et je vais dire ce que la plupart n’oseront pas dire.
Regardez le monde.
La Russie et l’Ukraine.
Le Moyen-Orient en flammes.
Israël.
Le Liban.
L’Iran.
Le Soudan, aux prises avec une hémorragie silencieuse.
Le Congo.
Le Myanmar.
L’Éthiopie.
Les guerres qui s’étalent à la page 50 d’un journal, là où les caméras ne s’aventurent pas, où les mots-clics ne font pas le buzz, où des enfants meurent dans l’obscurité sans qu’une seule veillée aux chandelles ne soit organisée en leur mémoire.
Voici la couche visible.
Et ce n’est que la surface.
Car sous chaque guerre physique se cache la guerre spirituelle qui l’a engendrée.
Chaque atrocité commise dans le monde extérieur était d’abord une corruption restée impunie dans le monde intérieur des êtres humains qui l’ont perpétrée.
Les dirigeants ne deviennent pas des instruments d’intentions démoniaques du jour au lendemain.
Ils s’érodent.
Lentement.
Insidieusement.
Un petit compromis après l’autre, jusqu’à ce que l’âme soit vidée de son sang et qu’une autre s’y installe.
J’utilise le mot « démoniaque » avec précision et lucidité.
Les forces qui opèrent au plus haut niveau du pouvoir sur cette planète… les forces de l’ego, de l’ombre, de la cupidité, de la domination, la soif de contrôle absolu… il ne s’agit pas simplement d’un échec humain.
Il s’agit des ténèbres organisées qui revêtent le visage de la gouvernance, des politiques et du progrès.
Nous assistons à une guerre spirituelle pour l’âme de l’humanité.

LA STRATÉGIE DES TÉNÈBRES

Voici ce qui rend cette guerre si dévastatrice, et pourquoi la plupart des gens ne réalisent même pas qu’ils en sont déjà victimes…
Les ténèbres manipulent la soumission.
Elles créent un environnement si précisément calibré sur la faiblesse humaine que la reddition passe pour un choix.
Épuisement chronique.
Stimulation infinie.
Indignation algorithmique qui se répète toutes les quatre secondes.
Division si finement orchestrée que les voisins n’osent plus se regarder dans les yeux.
Une culture qui a érigé en idoles les célébrités, le divertissement, le sport professionnel, les messies politiques et le cycle anesthésiant de l’achat compulsif de n’importe quoi, juste pour avoir l’impression que la vie a encore un souffle.
La plus grande tactique de guerre spirituelle de l’histoire de l’humanité est la suivante : garder le guerrier si fatigué, si diverti, si fragmenté et si accro à la prochaine dose de dopamine qu’il ne se présente jamais sur le véritable champ de bataille.
La plupart des gens perdent cette guerre spirituelle par érosion…
Un tout petit mensonge.
Blanc.
Presque invisible.
Puis gris.
Puis rouge.
Puis un mensonge flagrant, aveuglant, que vous ne voyez plus car il est devenu l’air que vous respirez.
Ces micro-transgressions… envers vous-même, sur vous-même, sur votre véritable raison d’être, sont le phare.
Elles sont le feu de circulation qui attire la manipulation, l’ombre et l’effondrement directement sur vous.
Chaque infime érosion de votre intégrité est une porte ouverte.
Et les ténèbres sont patientes.
Elles vous veulent faible.
Distrait.
Engourdi.
Un peu moins honnête qu’hier.
Un peu plus confortable que votre âme ne peut se le permettre.
C’est comme ça que les civilisations s’effondrent.
De l’intérieur vers l’extérieur.
Une âme compromise à la fois.

L’INTÉGRITÉ EST VOTRE BOUCLIER

Je dois m’arrêter ici et enfoncer le clou, parce que c’est le point crucial de tout.
La vérité.
Une intégrité irréprochable.
Un alignement parfait entre ce que vous savez, ce que vous dites et ce que vous faites.
C’est ton armure.
C’est ton bouclier.
C’est la seule protection à laquelle les forces des ténèbres n’ont aucune réponse et n’en ont jamais eu, tout au long de l’histoire de l’humanité.
Et c’est difficile.
Soyons clairs.
Vivre dans une intégrité absolue est l’une des choses les plus difficiles qu’un être humain puisse supporter.
Les tentations de déraper sont constantes, subtiles et dissimulées sous des apparences tout à fait raisonnables.
Une petite exagération pour embellir son récit.
Un silence pour éviter une conversation délicate.
Un compromis pour protéger une relation, une entente, une réputation.
Une demi-vérité qui permet d’obtenir le résultat escompté.
Chacune semble gérable. Chacune semble être une exception acceptable.

Chacune ouvre une porte.

Voici le mécanisme que vous devez comprendre parfaitement :

Un petit écart de conduite ouvre une porte. Le prochain l’ouvre plus largement.
Et le suivant.
Et le suivant.
Tôt ou tard, vous vous retrouvez dans une pièce qui vous est étrangère, à vous demander comment vous en êtes arrivé là, comment une personne bonne, sincère, qui voulait vraiment servir, est devenue soit un instrument du mal, soit un farouche combattant contre lui, tout en le nourrissant.
Car le/la combattant.te qui a perdu son intégrité se nourrit encore du même carburant que les ténèbres qu’il/elle combat.
La rage contre la corruption, née d’un intérieur corrompu, est l’obscurité qui revêt les habits de la justice.
Un dirigeant corrompu ne s’est pas réveillé un beau matin en choisissant le mal.
Il a choisi le p’tit mensonge commode. Encore et encore.
Jusqu’à ce qu’un autre élément prenne le dessus.
Voici une description précise des mécanismes spirituels.
Votre intégrité est la membrane énergétique qui vous garde souverain et entier.
Chaque microtransgression est une brèche dans cette membrane.
Et les membranes percées laissent passer les choses.
Alors, quand je dis « soyez un homme de vérité, soyez une femme de vérité », je le dis comme un impératif de survie. Un impératif de survie spirituelle de la plus haute importance.
Repensez à votre vie, maintenant.
Aujourd’hui.
Identifiez les microtransgressions que vous n’avez pas encore résolues.
Le p’tit mensonge que vous n’avez pas corrigé.
L’exagération qui persiste dans l’esprit de quelqu’un comme une vérité.
L’engagement que vous avez laissé se dissoudre discrètement sans l’honorer ni le renégocier honnêtement.
Ce que vous savez et que vous n’avez pas encore dit.
Nettoyez tout cela.
Absolument tout.
Ce nettoyage est un acte de combat spirituel du bon côté de la ligne.
Car lorsque vous vivez dans votre intégrité la plus profonde, la plus alignée, la plus cohérente, lorsqu’il n’y a plus aucun espace entre ce que vous savez et ce que vous vivez, vous devenez, au niveau de l’âme, au niveau spirituel, invincible.
Invincible.
L’obscurité a besoin d’une brèche pour pénétrer.
L’intégrité comble toutes les brèches.
Une âme scellée dans la vérité, en parfaite harmonie entre son savoir et sa vie, est un territoire sans vulnérabilité, sans prise, sans accroche.
La manipulation a besoin d’un point d’appui.
La vérité ne lui en offre aucun.
C’est le bouclier.
Et il doit être entretenu chaque jour avec la même vigilance qu’un guerrier met à son entraînement, à sa nutrition, à la préparation de son corps.
Votre intégrité est une discipline quotidienne.
Un retour au quotidien.
Un engagement renouvelé chaque jour envers l’exigence la plus forte qu’un être humain puisse s’imposer.
Soyez des hommes et des femmes de vérité.
Dans chaque pièce.
Dans chaque conversation.
À chaque instant où le chemin de la facilité s’écarte du chemin de l’honnêteté.
Choisissez la vérité.
À chaque fois.
Surtout si ça vous coûte.
Votre âme, et celles de tous ceux qui vous entourent, en dépendent.

LES CINQ VISAGES DE LA CAPITULATION

Avant que les ténèbres ne s’infiltrent dans un dirigeant mondial, une institution corrompue ou une culture effondrée, elles s’insinuent d’abord dans l’un de ces cinq traits de caractère.
Chaque être humain en porte au moins un.
Identifiez le vôtre.
Celui que vous reconnaissez est celui qui, en vous, sert actuellement les ténèbres.

L’Apaisant troque la vérité contre la paix.
Il perçoit le mensonge, ressent l’injustice, connaît le prix du silence – et sourit malgré tout.
Il s’est convaincu que maintenir la paix est une forme d’amour.
C’est une forme d’abandon.
De lui-même et de tous ceux qui avaient besoin de parler.

Le Cynique utilise un doute sophistiqué comme une armure contre le prix d’un engagement véritable.
Il a vu suffisamment de trahisons pour que le scepticisme lui paraisse sage.
Il confond la blessure avec la leçon. Son intelligence devient la cage la plus élégante jamais construite, trop perspicace pour être dupée, trop bien protégée pour être transformée.

L’Artiste a remplacé l’authenticité par une version idéalisée de l’éveil.
Il maîtrise parfaitement le langage de la conscience.
Il publie le contenu approprié, utilise le vocabulaire approprié, adopte les positions adéquates.
Et sous cette façade, le vrai travail intérieur s’est discrètement interrompu.
L’image du Guerrier a pris la place de l’individu.

Le Martyr fait de la souffrance son identité et de l’épuisement une preuve de dévotion.
Il donne sans cesse, s’épuise constamment, toujours à un sacrifice de plus de la percée qui n’arrive jamais.
Il confond le sang versé avec l’offrande.
Les ténèbres aiment le martyr parce qu’un guerrier épuisé ne protège personne.

Le Contourneur Spirituel utilise un langage lumineux pour éviter de plonger dans un véritable travail sur l’ombre.
Amour et lumière.
Uniquement des vibrations positives.
Tout arrive pour une raison.
Entre les mains du contourneur, ces affirmations deviennent des armes d’évitement, un moyen de rester constamment au-dessus des ténèbres intérieures plutôt que de les affronter, de les intégrer et de les dépouiller de leur pouvoir.

Regarde-toi en face. Quel est ton visage ?

La guerre commence précisément là où vous refusez de regarder.
Et au moment où vous nommez votre visage… pleinement, sans hésiter, vous franchissez le seuil du niveau qui change tout.

TROIS NIVEAUX. UN CHOIX…

Dans chaque guerre spirituelle, il existe trois catégories d’êtres humains.

Les premiers sont ceux qui sont inconsciemment capturés. Ils sont totalement absorbés par la simulation… le contenu, la controverse, la consommation.
C’est souvent de bonnes personnes.
Des personnes bienveillantes.
Endormis dans un édifice en feu, rêvant de confort.

Les seconds sont ceux qui combattent.
Ils se sont éveillés.
Ils sont en colère, mobilisés, résistants.
Ils repoussent les ténèbres, les dénoncent, les affrontent.
C’est nécessaire.
C’est honorable.
Et c’est incomplet.
Car le combattant opère toujours à l’intérieur de la polarité.
Toujours réactif.
Encore défini par l’opposition.
Lorsque vous combattez les ténèbres sur leur propre terrain, en utilisant leurs propres armes… la rage, la division, la suffisance, la peur…
Tu alimentes le champ même que tu essaies d’assécher.
Le combattant est éveillé. Le combattant est toujours prisonnier.

Le troisième niveau est celui où réside le Sage Guerrier.
C’est l’octave au-dessus de la guerre.
Entièrement perméable à la douleur, à la fureur, à la beauté et à l’horreur dévastatrices du monde, et absolument invincible face à tout cela.
Le Sage Guerrier illumine les ténèbres jusqu’à les rendre insignifiantes.
La lumière arrive, et l’ombre perd toute existence.
Ceci décrit ce qui se produit lorsqu’un être humain est si profondément ancré dans la vérité souveraine, si puisant sa source dans l’Absolu, si cohérent dans son amour et sa puissance, que les forces de la manipulation ne trouvent aucune prise.
Le Sage Guerrier est tellement ancré dans la vérité, si scellé dans l’intégrité, si puisant sa source en Dieu, que les ténèbres le traversent comme une tempête traverse la roche.
Le Sage Guerrier est ingouvernable.
Et cette ingouvernabilité est la chose la plus dangereuse sur Terre pour les forces obscures organisées.
Ce que coûte vraiment ce chemin…
Je ne vais pas minimiser les choses.

Le troisième niveau est le chemin le plus exigeant qu’un être humain puisse emprunter.
Il exige tout ce que le monde vous a conditionné à protéger.
Il exige une honnêteté radicale envers vous-même avant même que le moindre mot ne passe dans votre bouche.
Une honnêteté qui vous permet de voir votre propre ombre sans ciller, d’accepter vos contradictions sans sombrer dans le mépris de soi ou l’autojustification.
Il exige la volonté de ressentir pleinement le poids de la douleur et de la rage de ce monde… de les laisser vous traverser complètement, sans vous y noyer ni vous en protéger.
Il exige de puiser chaque action, chaque mot, chaque décision dans l’Absolu, dans le fondement de la vérité qui sous-tend chaque histoire, chaque blessure, chaque peur, plutôt que dans les réactions impulsives du corps émotionnel.
Il exige le refus farouche de troquer votre souveraineté contre l’appartenance, contre l’approbation, contre le confort, contre le soulagement illusoire de voir quelqu’un d’autre vous définir.
Et surtout, ça exige ça… que vous deveniez une personne dont l’intérieur et l’extérieur ne font qu’un.
Que vos connaissances et vos actions ne forment qu’une ligne continue et ininterrompue.
Que vous comblez chaque brèche, réparez chaque blessure, honorez chaque engagement et proclamez chaque vérité que votre âme juge nécessaire d’exprimer.

Telle est la pratique quotidienne du Guerrier-Sage.
Une présence intense.
Une vérité irréprochable.
Un amour qui a un prix. Un courage qui vous pousse à agir malgré tout.
Le Guerrier-Sage porte tout le poids des événements qui se déroulent sur cette planète et en est forgé plutôt qu’anéanti.
Il pleure et se relève.
Il se déchaîne et retrouve le calme.
Il ressent tout et n’appartient à rien.
Un contact total avec la réalité.

Aucune soumission.

LES SIX PROTOCOLES DE TERRAIN…

Voici à quoi ressemble le troisième niveau vécu au quotidien, une architecture complète du lever au coucher du soleil, mise en pratique dans une vie ordinaire, sous une pression réelle.
Ce sont les exigences du chemin. Appliquez-les maintenant.

UN. L’AUDIT QUOTIDIEN DE LA SOUVERAINETÉ

Chaque matin, avant toute chose (ni téléphone, ni nouvelles, ni contenu), asseyez-vous en silence et posez-vous trois questions à voix haute :

Où ai-je transigé avec ma vérité hier ?
Où ai-je reculé pour éviter l’inconfort ?
Où ai-je puisé ma force dans la peur plutôt que dans ma sagesse intérieure ?

Répondez à ces questions à voix haute.
La parole a un poids corporel, contrairement à la pensée.
C’est le compte rendu quotidien d’un guerrier.
Les microtransgressions s’accumulent dans l’ombre.
Mettez-les en lumière avant que le monde ne capte votre attention.
Nommez-les.
Assumez-les.
Réglez-les avant que la journée ne commence.

DEUX. LE CORPS COMME DÉTECTEUR DE VÉRITÉ

L’obscurité agit par le biais de l’esprit, par le récit, la rationalisation et les histoires sophistiquées qu’un psychisme compromis se raconte.
Le corps porte la vérité sur un registre complètement différent.
Avant toute décision ou conversation importante, sortez complètement de votre mental analytique.
Ancrez-vous à plat sur le sol.
Inspirez profondément par le ventre.
Demandez-vous : qu’est-ce que mon corps sait que mon esprit essaie d’ignorer ?
La réponse qui survient avant même la deuxième réflexion, c’est ton signe de vérité.
Honorez-le systématiquement, même si ça vous coûte.
Surtout si ça vous coûte.
Dès que vous ignorez ce signal par commodité, une porte s’ouvre.

TROIS. LA PRATIQUE DE L’ACHÈVEMENT.

La charge émotionnelle non résolue est la principale porte d’entrée de la manipulation.
Le ressentiment, le chagrin inexprimé, la rage refoulée, l’amour tu : autant de fuites énergétiques qui épuisent et rendent vulnérable le Guerrier.
Chaque cycle émotionnel inachevé est une porte que les ténèbres peuvent actionner.
Identifiez la relation, la blessure, la vérité inavouée que vous portez en vous.
Écrivez-la.
Dites-la à voix haute, comme si la personne était présente.
Accomplissez-la… par une expression complète, votre voix, votre respiration, vos mouvements, vos larmes, tout ce que votre corps exige, jusqu’à ce que la charge se neutralise et que seule la clarté subsiste.
Puis passez à la suivante.
Il s’agit d’un nettoyage stratégique de votre champ énergétique afin que rien ne puisse vous atteindre par surprise.

QUATRE. LA VERSION PRATIQUE DE SOURCEMENT ARTIFICIELLE

L’ego réactif puise son énergie horizontalement, dans l’approbation, le résultat ou l’apparence de la victoire.
C’est pourquoi les combattants s’épuisent.
Ils fonctionnent grâce à une énergie contrôlée par des conditions extérieures.
Le Sage Guerrier puise son énergie verticalement, dans une connexion directe à l’Absolu, le fondement de l’être qui existe au-delà de toutes circonstances.
Asseyez-vous chaque jour dans un silence complet, sans intention particulière.
Sans manifestation.
Sans visualisation.
Sans demande.
Soyez simplement présent à ce qui se trouve au-delà de toute pensée, au-delà de tout sentiment, au-delà de toute identité.
Cinq minutes d’une vraie source verticale valent mieux qu’une heure d’agitation motivée.
C’est là que le pouvoir souverain se régénère.
C’est la source inépuisable, peu importe ce que fait le monde extérieur.
Et c’est là que l’intégrité se renouvelle, à la source même de la vérité, avant même que le monde ne commence à formuler ses exigences.

CINQ. LA DISCIPLINE DE L’ÉPÉE DE LOTUS…

Les mots sont des armes dans le combat spirituel, et la plupart des gens se blessent eux-mêmes et blessent les autres par des paroles inconscientes chaque jour.
Les commérages.
Les plaintes.
Exagération.
Défoulement déguisé en réflexion.
Indignation de façade.
Chacune de ces attitudes sape votre champ d’action, perce votre intégrité et révèle votre vulnérabilité aux forces de la manipulation.

Pendant trente jours… avant de parler, demandez-vous : « Est-ce que je signerais ceci ? Est-ce vrai ? Est-ce nécessaire ? Est-ce bénéfique ou nuisible ?
« C’est la discipline de l’épée… savoir faire la différence entre une lame dégainée au service et une lame brandie par réaction.
Le Guerrier-Sage parle rarement, avec précision, et chaque mot est empreint d’une intention profonde.
Quand il/elle parle, l’ambiance se transforme.
Et quand il/elle prend un engagement, il/elle l’honore ou le renégocie honnêtement, car une parole manquée, même insignifiante, est une brèche dans le bouclier.

SIX. LA PRATIQUE DU PLAISIR ET DE LA BEAUTÉ…

C’est celle que la plupart des Guerriers négligent.
Et c’est celle que les ténèbres veulent le plus vous faire négliger.
La beauté, le plaisir, la joie et le ravissement sont le carburant de l’œuvre.
Une âme privée de plaisir authentique devient fragile, imprégnée de sa propre justice et, en fin de compte, cruelle, même au service de nobles causes.
Chaque jour, consciemment, sans culpabilité… accueillez la beauté.
Bougez votre corps de manière à insuffler la vie.
Mangez des aliments authentiques, préparés avec soin.
Passez du temps dans la nature sans but précis.
Laissez-vous toucher par la musique, par un paysage, par le visage d’un être cher.
Ainsi, votre âme est remplie de joie et la lumière peut rayonner à travers elle.
Un.e guerrier.ère sans joie est une arme pointée dans la mauvaise direction.

LA FOI EN DIEU. LE BOUCLIER ULTIME…

Tout dans cet enseignement provient d’une seule et même source.
Et cette source doit être nommée clairement et sans détour.
Dieu.
La présence vivante, respirante et infinie qui est le fondement de tout être, la source de toute vérité, la puissance qui anime chaque acte d’intégrité authentique et d’amour souverain qu’un être humain ait jamais exprimé dans l’histoire de ce monde.
La lumière de l’Épée de Lotus qui rayonne du cœur du Guerrier-Sage… cette lumière qui dissout les ténèbres, que la manipulation ne peut saisir, que les forces démoniaques ne peuvent pénétrer, cette lumière n’est pas auto-générée.
On ne la crée pas par la seule discipline.
On ne la fait pas exister par la seule pratique.
On devient son réceptacle en choisissant, chaque jour et délibérément, de s’abandonner à Dieu comme relation primordiale de sa vie.
C’est le fondement de toute chose.
Sans ce fondement, les pratiques sont puissantes mais incomplètes.
Sans ce fondement, l’intégrité se transforme en suffisance.
La présence souveraine devient orgueil spirituel.
Le Guerrier sans Dieu au centre puise son énergie dans un carburant qui finira par s’épuiser, car il est tiré de lui-même plutôt que de l’infini.
Avec Dieu au centre, tout change.

« S’abandonner à Dieu » est l’expression la plus mal comprise dans le vocabulaire du guerrier spirituel.
C’est l’acte le plus intense et exigeant qu’un être humain puisse accomplir, car il requiert l’abandon total de l’emprise de l’ego sur le résultat, l’identité, le besoin d’avoir raison, le besoin d’être vu, le besoin d’être l’auteur de l’action.
La véritable soumission à Dieu signifie : « Je suis l’instrument. Tu es la force. Agis à travers moi de toute ta puissance et je m’effacerai complètement.»

C’est ce qui rend le Guerrier-Sage vraiment invincible.
Car celui/celle qui combat par ses propres forces a ses limites. Celui et celle qui combat en tant que réceptacle conscient de la vérité et de l’amour divins a accès à une puissance sans plafond, inépuisable et invulnérable aux forces des ténèbres, car elle est la source même de toute lumière.
Les ténèbres le savent.
C’est précisément pourquoi les manœuvres de distraction, d’épuisement et de fragmentation ciblent en premier lieu votre lien avec Dieu.
Chaque micro-atteinte à l’intégrité est une brèche dans la membrane.
Mais sous cette membrane, plus profondément que les pratiques, plus profondément que la discipline, se trouve la racine : votre relation vivante et consciente avec le Divin.
Lorsque cette racine est forte, la membrane se répare elle-même. Lorsque cette racine est coupée,
Aucune pratique ne peut maintenir le cap.
Alors, gardez Dieu dans votre cœur.
Avec ferveur.
Consciemment.
Chaque jour.

Abandonnez-vous à Dieu, source de la lumière de votre Épée de Lotus, origine de chaque parole sincère, de chaque acte de courage authentique, de chaque instant d’amour souverain qui vous coûte quelque chose de réel.
Que votre intégrité soit l’expression de votre relation avec le divin, plutôt qu’une réussite personnelle.
Que votre présence soit une transmission de l’amour de Dieu à travers un corps humain qui a choisi d’être un réceptacle pur et sans obstacle.

Priez.
Sous la forme qui vous convient.
Parlez à Dieu directement, sincèrement, sans artifice, sans vocabulaire spirituel préétabli.
Amenez toute la crudité de votre expérience humaine dans cette relation et laissez Dieu vous y rencontrer.
C’est l’axe vertical dans son expression la plus profonde : non pas puiser dans l’Absolu comme un concept, mais vivre une relation personnelle avec le Divin comme présence, puissance et guide.
Et lorsque le combat spirituel fait rage, lorsque les ténèbres semblent les plus organisées, les plus implacables, les plus suffocantes de leur poids, revenez à ceci…
Dieu est l’Épée de Lotus.
Dieu est le bouclier.
Dieu est la source de toute lumière que les ténèbres ont jamais combattue durant toute l’histoire de cette guerre.

Votre seule tâche est de demeurer un réceptacle pur.
Garder la racine forte.
De vous abandonner chaque jour aux desseins de l’ego et de laisser l’infini vous traverser de toute sa force et de tout son amour.
Une âme en pleine soumission à Dieu, vivant dans l’intégrité, scellée dans la vérité, puisant sa source dans le Divin, voilà la force la plus puissante sur Terre.
Et les ténèbres le savent depuis toujours.
C’est précisément pourquoi elles ont tant œuvré pour vous le faire oublier.
Souviens-toi-en maintenant.
Dieu est avec vous.
Allez de l’avant.

UN MOT AUX TÉNÈBRES ELLES-MÊMES…

Je vais maintenant parler directement aux forces qui ont orchestré cette guerre.
On vous voit.
On voit la machine à épuisement que vous avez bâtie.
L’architecture de la distraction.
La précision avec laquelle vous avez orchestré la division, fabriqué le désespoir et exploité l’attention de milliards d’âmes qui méritaient mieux que ce que ce monde leur a offert.
Nous voyons les trônes que vous avez occupés, les institutions que vous avez vidées de leur substance, les langages de la justice et du progrès que vous avez appris à porter comme un costume.
Et on veut que tu saches quelque chose.
Votre stratégie repose entièrement sur notre propension à la faille. À propos de notre tendance à dire le petit mensonge, à garder le silence commode, à troquer la vérité dérangeante contre le confort du moment présent.
Toute votre architecture d’influence est construite sur les microtransgressions d’êtres humains qui n’ont pas encore décidé d’être pleinement souverains.
Sur les failles.
Sur les portes ouvertes.

Nous les fermons.

Chaque être humain qui effectue quotidiennement son bilan de souveraineté, qui honore le signal de vérité de son corps, qui règle ses affaires émotionnelles inachevées, qui ne dit que ce qu’il signerait, qui place Dieu avec ferveur au centre de sa vie, cet être humain est un territoire scellé par la vérité.
Un champ que vous ne pouvez pas récolter.
Une âme que vos instruments ne peuvent atteindre.
On devient ingouvernables.
À travers la seule chose à laquelle vous n’avez aucune réponse…
Une âme abandonnée à Dieu.
Vivant dans une intégrité absolue.
Scellée dans la vérité, en parfaite harmonie entre ce qu’elle sait et ce qu’elle vit.
Une âme si enracinée dans le Divin et si transparente dans sa vérité qu’aucune manipulation ne peut s’y cacher, aucune à laquelle elle puisse s’accrocher.
Nous devenons la lumière dans laquelle vous vous dissolvez.
Et on est de plus en plus nombreux chaque jour.

L’APPEL…

Vous lisez ces mots pour une raison.
Les forces des ténèbres comptent sur vous pour rester au premier niveau, ou pour passer toute votre vie à osciller entre le premier et le deuxième niveau.
Épuisés, réactifs, à moitié éveillés, presque libres.
Ce moment de l’histoire exige autre chose.
Il exige des hommes et des femmes de vérité.
Une vérité impeccable, intransigeante, exigeante.
Des gens qui ont examiné chaque recoin de leur vie intérieure et purifié ce qui devait l’être.
Ceux qui ont comblé chaque lacune, honoré chaque engagement, prononcé chaque mot nécessaire.
Ceux qui ont décidé, pleinement, irrévocablement, qu’aucun confort, aucune approbation, aucune facilité ne vaut le prix de leur intégrité.

Il s’agit d’êtres humains qui ont franchi le seuil du troisième niveau.
Qui ont fait un travail intérieur si complet que leur seule présence transforme l’environnement.
Qui portent en eux une vérité si cohérente que la manipulation ne trouve aucun appui.
Qui tiennent Dieu si fermement en leur centre que les ténèbres ne peuvent s’y enraciner.
Qui aiment si complètement et si clairement qu’ils sont incorruptibles, indestructibles, indivisibles.
La guerre spirituelle est bien réelle.
Elle est ancestrale.
Et elle atteint son paroxysme de votre vivant, à ce moment précis et unique de l’histoire.
La question est : à quel niveau choisissez-vous de vous situer ? Maintenant.
Et au-delà de cette question, une question encore plus fondamentale…
Êtes-vous prêt à être une personne de vérité absolue ?
En tout lieu.
Dans chaque relation.
À chaque instant où la facilité s’écarte de l’honnêteté.
Quand ça vous coûte de l’argent.
Quand ça vous coûte l’approbation.
Quand cela vous coûte le récit confortable que vous vous racontiez.

Car lorsque vous vivez dans votre intégrité la plus profonde, la plus alignée, la plus cohérente, abandonné à Dieu, scellé dans la vérité, puisant votre source dans le divin, vous devenez, au niveau de l’âme, au niveau spirituel, invincible.
Cette invincibilité est votre contribution à ce combat.
C’est la contribution la plus puissante qu’un être humain puisse apporter.
Qui devez-vous devenir pour affronter ce moment ?

BÉNÉDICTION…

Je veux maintenant parler à l’âme derrière le lecteur.
Sous le doute.
Sous la fatigue.
Sous les années de « presque », de « pas encore » et de « un jour ».
Je te vois.
Je vois la partie de vous qui a toujours su que cette vie exigeait plus que ce que vous lui avez donné jusqu’à présent.
La partie qui recule devant le compromis.
Qui souffre quand vous vous trahissez.
Celui et celle qui n’a jamais pleinement cru à l’idée que la réalité se résume à ça, qu’une vie étriquée est acceptable, que le mensonge commode est supportable.
Cette partie de vous, c’est votre intégrité qui s’exprime.
Cette douleur, c’est ton âme qui refuse d’accepter moins que ce pour quoi elle est venue.
Et sous cette douleur, plus profondément que les pratiques, plus profondément que la discipline, plus profondément que la détermination du guerrier, Dieu est là.
Il a toujours été là.
Il attend, avec toute la force de son amour infini, le moment où vous vous tournerez pleinement vers le Divin et direz : « Pénètre-moi entièrement. Utilise-moi. Je suis à toi.»

Cet abandon est le début de ton vrai pouvoir.
Honorez-le.
Vous êtes né en ce moment avec un but et avec toutes les capacités de l’accomplir.
Les pratiques sont là.
Le sentier est clair.
Le prix à payer est réel et la récompense, c’est votre vie elle-même… souveraine, puisant sa source, abandonnée à Dieu, pleinement habitée, transparente dans votre vérité, impossible à manipuler, impossible à éteindre.
Repensez à votre vie.
Trouvez les micro-transgressions.
Purifiez-vous avec dignité et sans vous flageller.
Renouvelez votre engagement envers l’idéal.
Retournez à Dieu comme première relation et source première.
Puis, élevez-vous, homme et femme de vérité, réceptacle de lumière divine, vers la plénitude de ce dont vous avez toujours été capable et que vous n’avez peut-être pas encore osé devenir pleinement.
Le monde a besoin de la pleine transmission de votre vraie nature, lorsque vous vivez en toute intégrité, abandonné à Dieu, l’âme embrasée par la vérité divine.
Avancez.
Comblez chaque brèche.
Placez Dieu au centre de votre être.
Le temps est venu.
Et vous avez toujours été prêt.

– Satyen Raja

ÇA ME DIMANCHE

Maintenant n’est pas le temps de penser à tout ce que vous n’avez pas. Pensez à ce que vous pouvez faire avec ce qui est. – Ernest Hemingway

Ce matin, c’est dimanche. Habituellement, le dimanche je fais pause pause chronique. Mais ce dimanche n’est pas coutume. Alors ce dimanche samedi d’écrire. Shabat mon homme.

Alors j’écris. J’écris pour rien, j’écris sur quoi ? Je verrai bien.

Toujours comme ça quand on écrit, on sait quand ça commence même si parfois ça ne commence jamais, mais après ? Faut bien que ça finisse un jour. Ou pas. Car parfois on finit d’écrire la nuit. Et parfois on ne finit jamais d’écrire.

Écrits d’éternité. Annales Akashiques. Banales ati chiques. Cabales tchik à tchik.

Ce matin, comme je ne suis pas censé – écrire 🙂 je vais décrire.

Je vais couper la citation ci-haut en petits bouts de mots inédits, je vais la hachurer pour lui faire dire autre chose en petits bouts que ce qu’elle tente de dire en un seul grand bout. Ptits bouts de vie va. Viva !

Elle dit tout d’abord que maintenant est intemporel. Maintenant est en dehors du temps, une bulle protégée des intempéries passagères. Elle dit aussi que le moment présent est hors du temps, maintenant n’est pas vraiment du temps présent, c’est du temps à passer.

Mais si maintenant n’est pas du temps, aurait-on du temps à perdre ? Et peut-on gagner du temps ? Comme la nouvelle tendance qui veut que des gens regardent des films à la vitesse 1,5 pour ça que aille plus vite. Fallait y penser. À ce rythme, on va mourir de plus en plus tôt. Même si on se retrouvera toujours dans le moment présent qui n’existe pas. On court après quoi au juste ?

Twilight zone vous dites ? Où pis quand ?

En fait ce que l’on nomme maintenant – ou le fameux moment présent – n’existe pas vraiment car dès qu’on le dit, dès qu’on tente de le saisir, il est déjà parti. La vie ne serait donc qu’une enfilade de petits passages à vide emplis du peu de conscience qu’on y dépose.

Pas de temps à perdre alors. Vite vite, vivons maintenant.

Maintenant n’est pas le moment – ou le temps – de penser à tout ce que vous n’avez pas. S’il fallait penser à tout ce que l’on a pas, on en aurait pour longtemps. Éternité quand tu nous tiens.

Et le vide alors ? Plein plein de vide la vie. On vida la vida à Vale da Vida mais on ne l’évitera pas.

Viva !

Maintenant, oups comme il est déjà passé, on se retrouve encore dans le moment d’après, et ainsi de suite. Toujours un peu en avance, ou en retard c’est selon, face au moment présent. Ptite vite lui j’te dis. On va suivre, on va suivre. On va même se dépasser ou se surpasser si on suit bien.

Pensez à ce que vous pouvez faire avec ce qui est.

Est-ce que penser c’est faire quelque chose ?

Si oui, alors c’est ce que je ferai avec le temps que j’ai, et aussi avec celui que je n’ai pas et que je n’aurai jamais. Passer le temps, un bien drôle de hobby. Ou pas. Car même si je ne pense pas à ça, ça pense tout seul, le temps pense à moi. J’observerai cela alors.

Et je penserai aux gens qui vivent en guerre. Car je pense souvent aux gens qui vivent en guerre. Et à notre humanité qui tend vers la paix, pas la petite, la grande PAIX.

Maintenant, jamais, et plus tard. Un moment donné. Allez, loue là la paix. Alléluia.

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LA GUERRE DES RICHES

Les pauvres, affamés de bouffe, affamés de terre
Affamés de paix, avides d’authenticité
La guerre des riches
Attaquer l’humain, attaquer l’être
Attaquer la Terre, attaquer demain

La guerre des riches
Pensant toujours à la guerre,
Pensant toujours à la guerre
Avec des machines pour ancêtres
Nouvelles générations à naître
Les cordons ombilicaux chimiques ne sont que des câbles

Dans vos progrès électriques
Vies humaines
Offrandes brûlées au Dieu
Avidité

– John Trudell, 1992

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Je vais t’aider, mon Dieu, à ne pas t’éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d’avance.
Une chose cependant m’apparaît de plus en plus clairement : ce n’est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t’aider — et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes.
Et voilà tout ce qui nous est possible en ces temps : sauver en nous un peu de toi, mon Dieu.
Et peut-être pourrons-nous aussi contribuer à te mettre au jour dans les cœurs martyrisés des autres.
Oui, mon Dieu, tu sembles bien peu pouvoir modifier les circonstances, mais elles font partie de cette vie.
Je ne t’appelle pas à rendre des comptes, c’est toi au contraire qui nous demanderas des comptes un jour.
Et presque à chaque battement de mon cœur grandit ma certitude : tu ne peux pas nous aider, mais c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous.

– Etty Hillesum, Une vie bouleversée via Cristina RJ

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Amen, alléluia et Inch Allah.
Chantons avec allégresse pendant que le moment passe encore et toujours.
Dring dring wow wow !

MAMA TRICE

Le but ne consiste pas à s’échapper de la matrice,
mais plutôt d’atteindre la maîtrise de soi à l’intérieur.
image via Émilie-Ah Ó Maoldhomhnaigh O Mammmmmamamamia

Et on pourrait ajouter aider nos frères et soeurs à atteindre la maîtrise de soi eux aussi à l’intérieur de cette même matrice. Car j’ai beau ne pas être expert en matricité, ni en évolution matricielle, me semble qu’on partage tous et toutes la même. Une seule Mamatrice. Alors mon chemin, ton chemin, notre chemin. Ma maîtrise, ta maîtrise, notre maîtrise. Mama Trice.

Car ça donne quoi d’avoir une bonne maîtrise de soi si les autres ptits sois du monde qu’on partage et dans lequel on vit tous et toutes ensemble sont totalement fucked up et prêts à se faire sauter la matrice ?

La paix est probablement le dénominateur commun primordial à la maîtrise de soi. La sienne, celle dans son propre corps, comme la paix dans le monde entier. Je sais, je stretch le concept un peu.

Mais comme l’affiche fièrement et avec justesse cette compagnie de menuiserie des Cantons de l’est, on sait tous que l’essentiel c’est important. Touchons du bois.

Essentielle. Importante. Indispensable la matrice.

Même si parfois on perd la foi en l’humanité. Même si parfois on doute jusqu’à tout remettre en question, même sa propre existence.

Ainsi, quand ça spinne dans notre caboche et juste que dans notre coeur, on doit revenir à la matrice qui nous porte tous et toutes, la matrice qui porte tout en son sein. Unique matrice. Qu’on l’appelle Dieu, Grand Esprit, ÇA,, Rien, la Source ou la Mère Divine. Personnellement, j’aime bien cette dénomination féminine et maternelle. Mama. Car nous sommes tous des enfants de…

Et contrairement à la psychanalyse, la Vie a besoin d’une mère porteuse.

Car nous avons jadis été porté.e.s, bercé.e.s, nourri.e.s par une force féminine. La seule et unique source de vie porteuse de conscience. Mama trice.

Et la matrice a besoin de notre aide, au minimum de notre collaboration, de notre contribution. Pas pour sauver personne d’autre, simplement pour répondre à notre humanité fondamentale. Car si la tâche première d’un être humain consiste à être, le terme humain vient juste derrière. Avant d’être quoi que ce soit, nous sommes humain.e.s.

Que veux-tu faire dans la vie ? Être Humain. Juste Humain, tout Humain. Avec un H majuscule. Et ici en hiver, un nues mains. Excusez-là mais avec la journée d’hier, on reprend espoir.

Allez, bon ouikènne ma foi de la Matrice.

Soyons Humain.e.s, totalement et tout simplement. Car l’humanité, ça nous va comme un gant.

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Et ci-bas, un article assez juste qui vient justement juste de me tomber dessus


Sushis pendant que le monde brûle –
Le problème n’est pas Trump. C’est nous.

On ne s’attend pas à du leadership. On se cache derrière cette idée.
Par Christine Merser

Je suis déménagée du Maine à New York la semaine dernière.
En quatre jours, j’ai emballé toutes mes affaires et j’ai tout recommencé.
Une semaine s’est écoulée.
Hier soir, j’ai ramassé ma sœur à 17h30 et on est allées à notre rituel du mardi soir : un souper sushi au bar.
On a parlé du déménagement.
On a parlé d’un mariage de famille à venir.
Et puis, tout en mangeant des sushis, on a parlé de l’Iran et de l’apocalypse qui était censée arriver dans trois heures.
En Iran, si j’ai bien compris, des jeunes se préparaient à se tenir la main et à encercler les centrales électriques et autres cibles que Trump avait menacé d’anéantir, pleinement conscients que cela pourrait leur coûter la vie.
À ma connaissance, aucun d’entre nous, en Amérique, ne faisait la file ailleurs que devant un cinéma.
Oh, ça fait bien du bruit.
Réseaux sociaux, clavardage en ligne, appels téléphoniques, conversations à table…
« Quand vont-ils l’arrêter ? »
Partout dans le monde, on nous regarde, se demandant pourquoi on ne comprend pas qui ils sont.
Pourquoi nous ne manifestons pas devant la Maison-Blanche.
Pourquoi nous n’avons pas défilé toute la journée, exigeant une session du Congrès, exigeant que cela cesse.
Au lieu de cela, la plupart des commentateurs expliquent que c’est à l’armée de refuser d’exécuter les ordres du commandant en chef.
Et, en fin de compte, c’est à chaque individu de ne pas exécuter l’ordre de destruction donné par Trump.
Je me suis renseigné.
La personne chargée d’armer le drone, d’appuyer sur le bouton du missile, gagne entre 50 000 et 70 000 dollars par an.
Toute sa formation lui apprend à obéir aux ordres.
Et c’est ce qu’on attend de nous ?
Il ne s’agit pas de Trump.
C’est un vieil homme sénile.
Quand il ne sera plus là, je ferai écho à ses propres mots : « Je suis content qu’il soit mort », et des millions, peut-être des milliards, à travers le monde, les répéteront.
Mais ce moment n’est pas à propos de lui.
Il parle de nous, le peuple.
On a perdu le nord.
Chacun d’entre nous.
Il y a quelque chose de plus discret, caché sous tout ça, quelque chose qu’on préfère ignorer.
On cherche sans cesse un « on » parce que ça nous permet de rester tranquilles, en sécurité, à l’écart.
« On » est rassurant.
« On » est distance.
« On » est la croyance que quelqu’un d’autre, ailleurs, assumera les conséquences de nos actes.
Mais l’histoire ne fonctionne pas ainsi.
Quand les gens agissent, c’est rarement par courage ou par force.
C’est parce que le fossé entre leurs convictions et leurs actions devient insupportable.
La tension monte jusqu’à ce que l’action ne soit plus un choix, mais un exutoire.
On n’en est pas encore là.
On est encore assez à l’aise pour parler de guerre en mangeant des sushis.
Pour consulter nos téléphones.
Poser la question et passer au sujet suivant.
Ce n’est pas de l’apathie.
C’est plus complexe.
C’est une dépendance acquise aux systèmes, aux structures, à l’autorité, combinée à une distance suffisante par rapport aux conséquences pour nous maintenir dans l’immobilisme.
On attend un signal qui ne viendra pas.
Et tant que le malaise de l’inaction l’emportera sur le confort de l’observation, on continuera d’attendre.
Voici le vrai danger.
Pas lui.
Nous.

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La foi ne supprime pas les questions, elle les habite.
Elle n’apporte pas des réponses toutes faites, elle apprend à vivre avec le mystère.
Croire, ce n’est pas savoir, c’est accepter de ne pas savoir tout en continuant à avancer, porté par une confiance qui dépasse la raison.
La foi n’est pas une certitude, c’est un chemin.

– Eric-Emmanuel Schmitt, La Nuit de feu, via Cristina RJ

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Comment trouver notre orientation spirituelle ?
Chacun de nous a un thème dominant dans cette incarnation.
Certains d’entre nous sont principalement guidés par l’intellect.
La plupart d’entre nous suivent leur cœur.
Nous possédons des mosaïques incroyablement complexes qui décrivent nos différences individuelles.
Ces différences occupent une place intéressante dans l’ordre des choses ; sont-elles réelles ou illusoires ?
Une partie de notre travail intérieur consiste à apprendre à écouter toutes ces différences individuelles.
Nous pouvons alors déterminer notre chemin particulier.
Chacun a une situation karmique unique, et chaque individu a une possibilité dharmatique unique.
On appelle cela le « dharma », qui signifie « pratique » ou « chemin ».
Très rarement, on le sait à l’avance.
La plupart du temps, on n’en a même pas conscience lorsqu’on le suit.
Il nous surprend, car rien d’autre ne fonctionne.
Au moment où l’on comprend son dharma, on a pratiquement fini de l’utiliser, mais il n’est pas essentiel de tout savoir à son propos.
Lorsque nous comprenons pour la première fois qu’il y a un voyage, un chemin, nous avons tendance à…devenir presque hystérique.
On veut le vendre à tout le monde, changer tout le monde, et quel que soit le chemin emprunté en premier, on essaie de convertir tout le monde.
Ce zèle repose sur notre manque de foi, car nous ne sommes pas sûrs de ce que nous faisons, alors nous apaisons ce mécontentement en essayant de convaincre les autres.
Mais nous entrons tous dans une nouvelle ère, la première hystérie collective est terminée, et nous nous installons dans le train-train quotidien de vivre notre incarnation aussi consciemment que possible.
Si, au final, il s’avère que c’est votre dernière chance d’atteindre l’illumination, tant pis.
Sinon, c’est ainsi – vous n’y pouvez rien.
Vous ne pouvez pas écraser qui que ce soit pour vaincre le système – vous êtes le système.
Le désir de vaincre le système en fait partie.
De même que la frustration totale quand vous voyez que vous essayez de faire obstacle, et que vous n’arrivez pas à vous arrêter.
Notre orientation occidentale vers la réussite se résume à : « Accomplir, réussir, l’homme au-dessus de la nature, mon propre intérêt ».
« Le pouvoir, je le comprendrai, le contrôlerai, le maîtriserai et je l’aurai », une phrase qui fonctionne pour presque tout, sauf pour ce dont il s’agit vraiment.
Vous vous asseyez et vous essayez de méditer, mais votre esprit s’emballe et devient irresponsable.
Des millions de pensées tourbillonnent soudainement.
Tout prend soudain une importance capitale. « Tu as oublié d’appeler, et tu dois aller aux toilettes ; tu as mal au genou. »
Vous doutez de la méthode avant même de l’avoir essayée.
« Ça ne marchera jamais. »
Mais cet essai vous apprend beaucoup.
Il vous révèle l’agitation de votre mental.
Or, cela ne fonctionne que lorsque vous avez acquis suffisamment de ce que nous appelons « prajna » dans un système, ou « punyam » dans un autre, ou suffisamment de sagesse pour comprendre que le mental est un serviteur exquis mais non le maître – que votre être n’est pas votre mental.
Vous devez être profondément enraciné dans cette sagesse pour que la méditation ait un sens.
Vous devez être suffisamment enraciné dans cette sagesse pour pouvoir percevoir les pensées comme de la matière plutôt que comme définissant la réalité.

– Ram Dass