
– Adyashanti
En attendant que la paix rejoigne tous les coeurs, tous les esprits et tous les racoins de la terre, on va essayer de l’installer dans nos propres coeurs, ici, là où la terreur ne frappe pas. Pas encore. Pas pour le moment. Pas comme là-bas.
Ce simple acte constitue en soi une incitation à la résistance guerrière, une invitation au calme et à la paix locale. Car seulement sur cela qu’on peut avoir un impact pour le moment : notre scène locale. Et, surtout, notre arrière-scène. Le champ de multiples batailles, petites et grandes. Nos ptites pleines de bardam et de badaboum.
Simplement accepter que ce qui est tel que c’est constitue en soi un grand pas vers la paix, un grand passage, un ptit pas de sage.
Accepter, c’est déjà changer, c’est accepter que les choses changent toujours d’elles-mêmes si on les laisse faire. Alors laissons faire la vie. Pour le meilleur, et pour le dire. Car ce qui est est toujours le meilleur, le mieux qui puisse être car sinon ça serait autrement.
Et comme on dit, si on n’aime pas l’endroit où nous sommes dans notre vie en ce moment, on peut toujours bouger, nous ne sommes pas des arbres. Donc soit on change de place, ou d’attitude, de disposition.

En ce moment même, ils sont nombreux à vivre le pire, sous le pire, la guerre, les bombes, la peur, l’horreur. Le pire que tout. La seule chose qu’on puisse faire est de penser à eux et elles, ne pas les oublier, les sentir à distance, les accompagner dans nos coeurs et dans notre humanité. Et réaliser qu’à leur place, on vivrait la même chose qu’eux et elles, on dealerait avec la situation nous aussi du mieux qu’on peut comme eux et elles le font sûrement.
N’empêche, pas ça que la vie nous donne à vivre et le simple fait de l’apprécier est en soi beaucoup. Alors apprécions-le mes ami.e.s lecteurs/trices.
Simplement s’assoir, dans la paix, et ressentir compassion et empathie pour les gens qui vivent la guerre, d’ici, à distance, en relative sécurité. Plus grande que la leur du moins. Déjà un pas pour et vers la paix dans le monde. Le seul qu’on puisse faire pour le moment pour ces gens d’ailleurs. Cet ailleurs qui est ici aussi si on s’étire le coeur. Si on l’invite. Si on s’y projette. Semer des graines de paix en soi, cultiver une attitude calme et paisible, dans la simplicité du quotidien. Ici, pour la paix là-bas.
Pour ressentir le calme et la paix, on doit préparer le terrain, le cultiver, et inviter. Rester ouvert.e.
Pas compliqué, mais pas toujours simple non plus. Comme le fait de simplement être. Aucun effort requis, mais pas toujours donné. Car êtres d’avoir nous sommes.

La paix ne se fera pas avec des mots. Alors cultivons le silence.
Car sacrée la paix. Mais pas donnée à tous. Comme disent les anglais, et les anglaises aussi sûrement: Location location location. Allez, loue-là. Ici.
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Les gens qui se taisent sont les derniers dieux de ce monde.
Ils tiennent un livre ou bien rien.
Ils regardent quelque chose par une fenêtre.
Leur âme, sur le coup d’une prière, d’une lecture ou d’un chagrin, s’est retirée dans ses appartements.
Ils ne sont plus la proie des modes.
En s’abattant sur eux, la griffe du siècle n’attrape que de l’air.
– Christian Bobin, La nuit du coeur
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Dieu est ce secret d’amour dont notre cœur est l’écrin.
Dieu ne peut pas se faire jour autrement qu’à travers le silence.
Il s’agit donc d’entretenir en nous ce silence et d’y revenir constamment (…)
(…) Il ne s’agit pas de dire: « Je vais faire du silence. »
(…) une communauté religieuse devrait être une communauté de silence, où le silence est placé au premier plan.
Je n`ai pas dit par un silence hostile, par un silence qui refuse de sourire, par un silence qui se ferme aux besoins des autres ; un silence de vie où chacun demeure dans le dialogue avec le Seigneur, dans le cœur des autres, ou le Seigneur rencontré dans son cœur ou dans le cœur de n’importe quelle créature, mais en dialogue avec le Seigneur.
Il s’agit donc toujours d’entrer dans ce recueillement où l’on devient une présence à Dieu.
Dieu est toujours déjà là, c’est nous qui ne sommes pas là.
– Maurice Zundel
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Mon Dieu donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux changer et la sagesse d’en connaître la différence.
De vivre un jour à la fois, d’apprécier un moment à la fois, d’accepter les épreuves comme le chemin vers la paix, de prendre, comme Jésus l’a fait, ce monde pécheur comme il est, et non pas comme je voudrais qu’il soit.
De croire que tu feras toute chose bonne si je me soumets à ta volonté ; afin que je puisse être raisonnablement heureux dans cette vie et suprêmement heureux avec toi, pour toujours dans le futur.
AMEN






























