
On porte tous et toutes le bagage d’un ptit bout de vie avec soi, en soi. Ce que l’on nomme sa vie, notre propre vie. On porte avec soi, dans notre sac à dos, le poids de nos expériences, de nos connaissances, de nos savoirs ainsi que de nos constructions mentales et intellectuelles. On traîne le passé, son passé, avec soi. Sans vraiment s’en rendre compte et sans vraiment le vouloir. Mais parfois, on sent ce poids qui nous pèse, le poids de notre vie.
On tient tant à ce qui était, à ce qui a été, ou on veut l’oublier à tout prix, mais au fond, c’est la même chose. Mirage disparu.
Comme on a peur de ce qui sera, ou hâte à ce que l’on voudrait qui soit, vite vite que ça arrive, mais ça aussi c’est la seule et même chose. Mirage à venir.
Ce qui était, comme ce qui sera, est tout sauf ce qui est.
Ce ce qui est est une parenthèse squeezée entre ce qui a été et ce qui sera, comme tout ce qu’on s’imagine qui sera et qui ne sera jamais, jamais vraiment comme on l’a imaginé ou souhaité du moins.
Mais probablement que l’art le plus difficile en cette existence ici-bas consiste justement à apprendre à saisir simplement ce qui est. Car ce qui est est justement difficile à accepter et à apprendre car il n’est que temporaire, momentané, furtif, toujours qu’en train de passer pour disparaître aussitôt. Évanescent moment présent aussitôt passé et dépassé.
Le présent n’est qu’un instant furtif en processus de devenir du passé. Passé simple et décomposé.
Oh bien sûr, on conserve toujours quelques bribes de notre passé, quelques fragrances et saveurs qui restent collés au coeur ou en tête, quelques souvenirs qui voltigent autour de soi, mais rien ne dure ni ne perdure. Tout passe. Qu’on aime ou pas, qu’on le veuille ou non.
L’art de vivre consiste donc à laisser aller la vie, à laisser glisser sur soi le temps qui passe sous les radars de nos mentaux. Mentaux divers.
Se délester de ce qui a été, de ce qui fut jadis et autrefois, comme cet été qui passe toujours si vite pour devenir automne avant qu’on l’ait assez goûté. L’été est, mais toujours qu’en train de passer. Comme en ce court instant qui n’est déjà plus.
Apprendre à vivre totalement chaque moment et, en même temps, sans temps, entre chaque moment, entre chaque instant.
La vie est une fine dentelle de soi tissée au gré du vent qui se désagrège et fut et à mesure qu’elle se tisse. My, my, une à l’endroit et une autre à l’envers.
La vie nous plisse, et glisse en nous, comme elle se glisse, hors de soi, pour nous mener toujours un peu plus loin vers la ligne d’arrivée du sans fil infini. Oui oui, f-i-fi, n-i-ni. Finfinonno va.
Inspire, pause, expire, pause, et on recommence, maintenant, à l’infini.
Tant qu’on le peut.
Tant que la vie le veut.
Et enwèye à maison.
Embraie à maison. Vroum vroum.
Sul neutre of course.
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On nous demande souvent si la méditation apporte la paix.
Parfois, oui.
Mais surtout, elle favorise la stabilité.
Il existe une différence importante entre les deux.
La paix dépend souvent des circonstances.
Lorsque nos relations sont harmonieuses, notre santé bonne, notre travail a du sens et l’avenir semble prévisible, il est relativement facile de se sentir en paix.
Mais le Bouddha n’a jamais suggéré que la vie resterait stable.
Bien au contraire.
L’impermanence est intrinsèque à l’existence.
Les relations changent.
Le corps vieillit.
Les projets s’effondrent.
Les communautés évoluent.
La perte et la joie sont inévitables et font partie intégrante de la vie humaine.
Si nous recherchons la stabilité en essayant de modeler le monde à notre guise, nous finirons par nous épuiser.
Il y a toujours une nouvelle incertitude à gérer, un autre résultat à contrôler, une nouvelle peur qui guette à l’horizon.
La quête de sécurité dans un monde en perpétuel changement est sans fin, car le monde lui-même est en perpétuel changement.
La pratique offre une autre possibilité.
Chaque fois que nous nous asseyons sur le coussin, nous revenons à quelque chose d’étonnamment simple : la respiration, le corps et la conscience elle-même.
Nul besoin de faire des miracles.
Nous ne cherchons pas à créer un état d’esprit particulier ni à devenir une autre personne.
Nous apprenons simplement, instant après instant, à rester pleinement présents à notre expérience telle qu’elle est.
Au fil des mois et des années, cette pratique en apparence banale commence à nous transformer. Non pas parce que la vie devient plus facile, mais parce que notre rapport à la vie change.
Nous découvrons que la joie peut être ressentie sans s’y accrocher, le chagrin sans être consumé, et la peur sans définir qui nous sommes.
Nous devenons moins dépendants des certitudes et plus confiants en notre capacité à affronter ce que la vie nous réserve.
C’est cette stabilité vers laquelle tend le zen.
Non pas la stabilité de circonstances immuables, mais celle d’une relation éveillée avec le changement.
Ce n’est ni l’indifférence ni la distance émotionnelle.
C’est plutôt une intimité croissante avec la vie elle-même – la volonté de rester ouvert face à l’incertitude sans chercher immédiatement à la contrôler ou à fuir.
Les neurosciences contemporaines offrent un parallèle intéressant.
En cultivant la pleine conscience, le système nerveux devient moins réactif et plus résilient.
Nous récupérons plus vite du stress.
Nous devenons plus aptes à faire une pause avant de réagir, à écouter avant de nous défendre, et à répondre avec plus de sagesse plutôt que par habitude.
Si la science décrit ces changements dans le langage du cerveau et du corps, le Zen les cultive depuis des siècles par la simple discipline de revenir, encore et encore, à l’instant présent.
C’est peut-être pourquoi la pratique devient un refuge si sûr.
Non pas parce qu’elle nous protège des tempêtes de la vie, mais parce qu’elle révèle peu à peu que nous sommes capables de les affronter avec une sérénité insoupçonnée.
Le monde continuera de changer.
C’est sa nature.
L’invitation à la pratique n’est pas de rendre le monde plus prévisible.
Elle est de s’enraciner si profondément dans la conscience que notre bien-être ne dépend plus de la prévisibilité.
Cette confiance tranquille est l’un des plus grands dons du Dharma.
Ce n’est pas la certitude de ce que demain nous réserve, mais la confiance que, quoi que demain nous réserve, nous pouvons l’accueillir avec un cœur ouvert.
– Diane Musho Hamilton
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COMING HOME
We are coming home / safely coming home
We are coming home / sweet home again
As we are approaching, getting closer and closer
We all have to leave our luggage behind
As we’re getting nearer, getting lighter and lighter
We’re finding our way back home again
Para sempre home again para sempre home again

















