LA MORT L’AMIE

Nous allons tous mourir, chacun.e d’entre nous, quel cirque.
Ce seul fait devrait nous porter à nous aimer les un.e.s. les autres mais ça ne le fait pas.
Nous sommes terrorisé.e.s. et aplati.e.s. par des banalités, nous sommes dévoré.e.s. par des pécadilles.

– Charles Bukowski

Encore la mort ce matin. Désolé. Quoi que pas vraiment. Je dis par simple politesse. Car c’est un peu le but de la vie, nous polir avant la mort, nous polir par amor amor amor.

Mais on n’en a pas encore fini avec elle. En fait, c’est la mort qui n’en a pas fini avec nous. Je dis nous, mais j’aurais pu dire moi. Alors je dirai moi. Car rien de plus personnel que la mort. La mort des autres est une chose, mais notre mort n’est encore qu’un grand mystère à venir. Pour le moment.

Du moins la mort devient de plus en plus personnelle à un certain point de notre vie. Car lorsqu’on est jeune, comme je disais hier – je m’en souviens, je ne radote pas, pas encore du moins – la mort est un concept encore loin de nous. Mais plus on vieillit, plus elle s’approche, plus elle s’immisce et se glisse en nous. Plus elle nous habite.

Encore la mort ce matin car j’ai vu, hier, qu’une autre connaissance à moi a changé de forme récemment. Après une longue maladie. Début quarantaine. Plus jeune que la normale ça. Et en même temps, je lisais récemment un livre qui racontait l’histoire d’enfants gravement malades à l’hôpital, et d’autres en fin de vie. Alors pour la normalité quant à la mort, on repassera.

On dirait que les réseaux sociaux ont démocratisé la mort. Avant les gens mourraient et on ne le savait pas. Maintenant leur mort poppe dans nos écrans. Scroll de vie va. Viva !

Ce qui m’amène aux fameux dossiers en E qui circulent actuellement et qui font émerger une inhumanité que certains se vantent de connaître depuis longtemps. Dossiers qui m’intéressent peu même si le sort des victimes potentielles me touche droit au coeur. Quel cirque morbide en effet Charlie – Bukowsky I mean.

Mais pour en revenir à la mort, disons qu’elle me fait travailler ces jours-ci.

Peut-on avoir peur de la mort ? Je ne sais pas car on n’en connait rien.

On peut avoir peur de l’inconnu. On peut avoir peur de souffrir longtemps et péniblement. Peur de devenir un poids pour nos proches. On peut avoir peur de quitter ceux et celles qu’on aime aussi.

Mais peur de la mort ?

Probablement pas de la mort comme telle car on n’en sait rien. On ne sait rien directement à son propos en fait. Certains disent que ce n’est que comme s’endormir, mais pour l’éternité. Et se libérer de ce corps.

Je crois qu’on peut être curieux – plus ou moins positivement ou négativement – à propos de la mort.

Curieux de savoir s’il y a quelque chose de l’autre côté de ce corps.

Intrigué par la forme et le processus du passage même si ceux et celles qui y sont passé.e.s puis revenu.e.s en parlent en général comme une grande douceur lumineuse qui nous prend et nous attend. Qui mourra verra.

Je ne sais pas si on peut concrètement se préparer à la mort à part faire le ménage dans notre paperasse de vivants. Dans mon cas, ce ne sera que de la paparasse car je ne possède que ma maison que je vais léguer à mes filles. Et à ma douce.

Pour le reste, on peut tenir la maison en ordre. Et demeurer comme un scout, toujours prêt. Et garder son corps au meilleur de sa forme jusqu’à ce que ne frappent les petits ou gros pépins dans le gros raisin que nous sommes car il semble qu’ils viendront. Éventuellement. Et laisser maturer le raisin pour devenir du bon vin.

La mort des autres nous fournit un peu d’indication au sujet de notre propre mort. Elle nous prépare, elle se rappelle à nous. Mais surtout, elle nous permet de vivre chaque instant le plus totalement possible car jamais rien d’acquis ni de garanti.

La mort représente une sorte d’ombre qui nous permet de goûter et d’apprécier totalement la lumière pendant qu’elle luit. Un peu comme la maladie passagère qui nous fait tant apprécier le simple fait d’être en relativement bonne santé.

La mort est réellement une grande enseignante. Son concept du moins, car pour le moment, la mort n’est que concept. Qu’une étape à venir. Éventuellement, mais inexorablement.

Une ligne d’arrivée au bout d’une course plus ou moins folle, que l’on peut remplir avec ce que l’on veut, ou ce que l’on peut, dans les limites de nos circonstances de vie. Et la considérer comme elle se doit. Libre-choix.

Personnellement, je suis à chaque matin en totale gratitude pour la chance de vivre une vie paisible, en nature, avec un immense terrain de jeu boréal de l’autre côté de ma porte d’entrée. Des arbres à perte de vue qui m’accueillent dans mes marches quotidiennes. Mes meilleurs amis du moment. Et les oiseaux, les oiseaux. Pit pit.

À chaque jour qui nait – ou qui renait c’est selon – je ne peux que remercier la vie pour la chance que j’ai, que nous avons. Car si on se compare, ce qui n’est pas recommandé selon certains, nous sommes tellement choyé.e.s de vivre ici.

Reconnaissant de notre chance tout en gardant au coeur empathie et compassion pour ceux et celles qui souffrent, qui vivent pris au piège en terrain miné de guerre et de conflit, affamé.e.s, assoiffé.e.s, menacé.e.s sans cesse. Pensées vers vous, vers eux, vers elles, frères, soeurs et enfants .

Appréciant notre immense chance, sans se sentir coupables, mais responsables – comme dans able to respond, capables de répondre dans la mesure de nos moyens limités – lié.e.s à leurs douleurs, à leur souffrance mais surtout, sans jamais les oublier.

Je ne sais pas si prier pour eux et elles aide vraiment, mais le simple fait de les garder vivants dans notre coeur nous rend plus vaste, plus grand.e, plus humain.e. Plus liée.s à eux et elles.

Et plus vivant.e.

Pour le moment.

À chaque moment.

Un seul coeur humain. Poupoum Poupoum.

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La liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, mais à devenir ce que l’on est.
Elle n’est pas un droit de caprice, mais une conquête intérieure.
Être libre, ce n’est pas s’affirmer contre les autres, c’est se délivrer de soi-même, de son égoïsme, pour entrer dans l’espace infini de l’amour.
La vraie liberté naît quand (on) cesse d’être centré sur soi-même et devient transparence à une Présence plus grande que soi.

Maurice Zundel – Je est un Autre, via Cristina RJ sur FB

LA VIE QUI MORT

Tu peux porter la compassion en ton coeur et t’en servir pour créer quelque chose de beau malgré les difficultés.
– Jack Rosenberg

J’avais commencé une chronique sur un tout autre sujet. Mais je viens d’apprendre qu’une connaissance a fait son passage hier. Il est mort quoi. Il a quitté ce plan. Pas un ami intime mais quelqu’un de notre église au Brésil que j’avais rencontré il y une quinzaine d’années lors de ma première visite là-bas. Pas un ami proche, une connaissance. Mais quand même. Vole haut l’ami.

À chaque fois qu’on apprend le passage de quelqu’un, soit qu’on connait ou même inconnu de nous personnellement, quelqu’un de public, on reçoit toujours un ptit choc au coeur. Ou est-ce à la tête ? Plus ou moins grand selon notre degré de proximité et d’intimité mais toujours un ptit choc au coeur. Qui nous rappelle que la vie est une grande roulette russe et que, plus certainement que le vante Loto-Québec, un jour ce sera notre tour.

Chaque fois, un ptit choc dans le bassin d’incertitude qui vient avec la vie. En fait, un rappel de la certitude de la mort qui fait partie intégrante de la vie, même si on l’oublie – trop – souvent. Même si on aimerait mieux l’oublier. Et juste vivre comme si. Ou comme ça.

Avec les années qui passent, la mort se rappelle davantage, et plus souvent, à nous, elle s’approche toujours de plus en plus près de nous. Elle s’immisce dans notre vie. De la mort éloignée des autres quand nous sommes enfant, elle devient graduellement une possibilité, une plausabilité puis une probabilité, notre mort à nous. Jusqu’à atteindre le niveau de certitude par le ralentissement graduel de notre corps qui nous y mène.

La vie qui va. La vie qui mord. La mort qui vit, et nous fait vivre. Maintenant. Totalement.

Notre mort potentielle, notre mort à venir. De laquelle on peut soit avoir peur, ou pas, mais de laquelle on peut être certain.e. Même si, lorsqu’on est jeune, la réalité de notre mort est plus éloignée de notre conscience. Avec le temps, elle finit par nous rattraper. Et nous dépasser même. Coquine va.

J’allais cabotiner sur un sujet quelconque plus tôt ce matin et subitement la mort s’est rappelée à moi par le passage de Joel. On vit parfois sans trop savoir clairement où l’on s’en va, ce que l’on doit faire pour la suite de la route, ni pourquoi. Puis à l’occasion la mort nous réveille, nous éveille, nous brasse la vie par en-dedans. Comme ce matin.

La mort nous rappelle qu’il n’y a pas de temps à perdre. Pas de temps du tout en fait. Que maintenant. Ni de raison pour retarder l’appréciation et la création de la beauté dans notre vie. Pas de raison de retarder le partage de la beauté en soi et autour de soi. Et pour sentir la compassion en notre coeur.

D’où la citation de Jack Rosenberg ci-haut qui nous invite à porter la compassion en notre coeur et à créer de la beauté malgré les difficultés. Les difficultés du monde entier, comme nos petites et grandes difficultés personnelles qui sont inévitables malgré le privilège de vivre nos vies ici dans cette partie du monde.

Ces temps-ci, de retour du Brésil, j’ai le privilège de pouvoir prendre quelques jours avant de repartir dans l’aventure sacrée de nos travaux spirituels et de la musique. Quelques jours, à l’aube de mes 65 ans à venir en avril, pour du silence en solo, et du flottement dans le vide. Du temps et du silence pour réfléchir, méditer, me laisser être sans rien faire, ou si peu.

Quand on se permet de se laisser descendre dans le silence, on touche à toutes sortes de choses en soi qu’on enterre trop souvent sous du bruit et de l’action. Ou du défilement de réseaux sociaux.

On dit que le silence est le son le plus assourdissant qu’on puisse entendre car il a la capacité de nous rappeler tout doucement tout ce qui nous fait peur.

Et ce matin, la mort de cet ami du Brésil me met en contact avec ce souvenir particulier. Un souvenir à venir. Et une balise précieuse sur le chemin. Pour me permettre de descendre encore un peu plus creux dans ce qui se cache dans le silence, pour monter un peu plus haut sur les ailes de ce silence.

Aho !

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Une profonde tristesse, parce que rien ne dure.
Un amour ardent, car tous les êtres sont ma famille bien-aimée.
Une ouverture lucide, car cet esprit ordinaire est pleinement éveillé.
Une joie pure, car tout ça est vrai.
~ Chökyi Nyima Rinpoche.

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Et si jamais, mercredi prochain, vous avez envie ou besoin de silence, on y goûtera en masse. En ligne, ensemble.

ON S’ENTEND-TU ?

Un homme âgé, pensant que sa femme perdait l’ouïe, se déplaça à 20 pieds derrière elle et lui demanda: Peux-tu m’entendre chérie ?.
Pas de réponse.

Il s’approcha à 10 pieds et posa de nouveau la même question.
Toujours pas de réponse.

Puis, il se déplaça encore plus près à 5 pieds et toujours pas de réponse.

Puis s’approchant à quelques pouces de son oreille, il lui demanda:

Tu peux m’entendre maintenant ma chérie ?

Alors sa femme lui répondit : Pour la quatrième fois, OUI.

Souvent comme ça la vie. On projette sur les autres notre propre ignorance, notre propre surdité, nos propres jugements et biais. On pense que ce sont les autres qui ne nous entendent pas alors qu’au fond, c’est souvent nous qui sommes sourd.e.s, ou qui ne nous exprimons pas clairement.

Souvent, on pense savoir, considérant les autres comme sourds, aveugles ou ignorants, Alors que ce n’est que nous, seulement nous qui ne percevons pas avec suffisamment d’acuité et d‘ampleur d’esprit la situation dans sa globalité.

On pense savoir comment fonctionne le monde, ce qu’il aurait besoin. Comme on pense se connaître. On pense qu’on écoute les gens.

Mais peut-être que ce ne sont que nos propres perceptions qui auraient besoin d’être éclaircies ?

Peut-être que c’est notre esprit qui aurait besoin d’une plus grande ouverture, d’une plus grande réceptivité ?

Peut-être que nous devrions faire preuve de plus d’humilité et d’ouverture ?

Vous m’entendez ?

Non ?

OK je vais m’écouter davantage ou préciser ma question.

Just saying !

CARÊME, RAMADAN ET NOUVEL AN LUNAIRE

photo de source non identifiée

Les derniers jours ont marqué un moment rare et spécial et on dit que cette année est particulière : le Carême débutait hier le mercredi 18 février, mercredi des Cendres, alors que le Nouvel An lunaire et le Mardi gras avaient lieu le mardi 17 février, tandis que le Ramadan commençait également dans cette même soirée du 17 février.

En ces temps un peu obsessionnels compulsifs de tentative d’effacement de toute trace de religion ici au Québec, personnellement, j’ai plutôt envie, au contraire, de chercher ce qui unit les modalités de ces trois rituels de diverses religions ou traditions.

Car si on en sait un tout petit peu au sujet de chacun de ces rituels, on ne sait pas vraiment grand-chose réellement en fait à leur sujet.

La tradition chrétienne se prépare à Pâques par le biais du carême, peu pratiqué au Québec désormais. Les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil pendant un mois et doivent faire une offrande à la fin du mois, tandis que le nouvel an lunaire marque le début d’une nouvelle année fondée sur les cycles de la lune surtout célébrée par les peuples asiatiques.

Parallèlement à ces trois traditions, de mon côté je vais pratiquer 21 jours de Shaking matinal pour compléter l’hiver et préparer l’été.

Alors pendant les 40 prochains jours, soit d’ici Pâques le 5 avril, je vais utiliser ce temps pour regarder davantage en moi, faire plus attention à ce que j’ingère comme nourriture et en liquide, et explorer les éléments communs à ces trois rituels printaniers.

En cette fin d’hiver, une nouvelle énergie s’apprête à émerger. Et on dirait que le monde extérieur est également en train de se purifier d’une part certaine de son ombre.

Comme nous tenons ici à chaque printemps 3 cérémonies de Curas de Pâques, ce temps nous servira de rituel de préparation. Si le vendredi saint représente la mort, le samedi constitue un espèce d’espace de vide et de transition, alors que le dimanche célèbre une certaine renaissance.

Peu importe les rituels, il me semble que les trois nous ramènent à soi, en nous permettant de nous voir, de nous observer, de nous investiguer.

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On s’aperçoit qu’il suffit de faire un pas en arrière dans sa conscience, juste un petit mouvement de retrait, et l’on entre dans une étendue de silence par-derrière.

Comme s’il y avait un coin de notre être qui avait les yeux à jamais fixés sur un grand Nord tout blanc.

Le vacarme est là, dehors, la souffrance, les problèmes, et on fait un léger mouvement intérieur, comme pour franchir un seuil, et, tout d’un coup, on est en dehors (ou en dedans ?) à mille lieues et plus rien n’a d’importance, on est sur des neiges de velours.

L’expérience finit par acquérir tant d’agilité, si l’on peut dire, qu’en plein milieu des activités les plus absorbantes, dans la rue, quand on discute, quand on travaille, on plonge au-dedans (ou en dehors ?) et plus rien n’existe, qu’un sourire — il suffit d’une fraction de seconde.

Alors on commence à connaître la Paix; on a un Refuge inexpugnable partout, en toutes circonstances.

Et on perçoit de plus en plus tangiblement que ce Silence n’est pas seulement au-dedans, en soi; il est partout, il est comme la substance profonde de l’univers, comme si toute chose se détachait sur ce fond, venait de là, retournait là.

C’est comme un creux de douceur au fond des choses, comme un manteau de velours qui enveloppe.

Et ce Silence n’est pas vide, c’est un Plein absolu… mais un Plein sans rien dedans, ou un Plein qui contient comme l’essence de tout ce qui peut être, juste avant la seconde où les choses vont naître — elles ne sont pas là, et pourtant elles sont toutes là, comme une chanson pas encore chantée.

Satprem – just a step behind
via Charles Couttarej Sattoji et Michelle Metge

ET LA VIE CONTINUE

Salutations lecteurs/trices

Eh oui, bien revenu à la maison le ptit chroniqueu des grands chemins.

Qu’elle est sweet sweet cette chère maison qui est bien davantage qu’une maison, un vrai home indeed. Le lieu central de l’univers pour moi, ici que je vis, là où je peux déposer mon nombril, le nombril de mon ptit monde. Mon refuge, mon repère. Pas celui des Hells ni celui de l’enfer, au contraire, mon petit paradis terrestre extra.

Avec le feu au coeur. Et le feu dans le poêle qui réchauffe le sweet sweet home.

Ça fait au moins 20 fois que je vais au Brésil et à chaque fois j’en reviens mais je n’en reviens jamais tout à fait ni complètement. J’adore ce pays mais je ne pourrais y vivre à l’année. Trop chaud. Le climat ici est trop parfait pour nos corps et nos esprits.

Le cycle des saisons est parfait pour moi. Mais chaque fois que je vais au Brésil, je n’en reviens pas comment j’en reviens plus que plein, débordant de vie et d’énergie même, overflowing. Les gens de notre église là-bas sont tellement accueillants et généreux avec nous. Notre famille de coeur. Et d’esprit.

12 jours de dérochage… des médias, du bruit social de surface, comme des mauvaises nouvelles. Assez loin de tout le Brésil. Essentiel de couper régulièrement d’avec la schnoutt du monde pour chanter, méditer, faire silence, communier. Sinon la schnoutt hit le fan… ati… que je suis.

Indispensable de revenir en soi, de reprendre contact avec ce petit quelque chose comme avec ce grand Tout qui vit en chacun.e. de nous.

Se retrouver soi-même, pour mieux retrouver le monde, pour le voir d’ailleurs, autrement, pour le percevoir plus clairement, allégé d’une partie de sa lourdeur. Le monde physique est clairement très dense. On doit y danser allègrement.

Important – mais si facile néanmoins – de ne pas se perdre soi-même dans le monde car si vaste le monde. Et si bruyant, tonitruant même. Assourdissant tant qu’on finit par ne plus s’entendre soi-même.

Fermer ses yeux pour mieux entendre battre son propre coeur. Poupoum poupoum.

Alors que ces quelques mots cher lecteur/trice pour ce matin. Suis en mode réinsertion sociale. Ici, de et dans mon nid, pit pit pit, de et dans ma forêt, de et dans mon refuge au coeur de la forêt.

Je me replongerai dans le monde bien assez vite, ce monde dans lequel on vit et pour lequel on fait son gros possible – dans la mesure du possible – pour l’améliorer, à notre humble mesure. Sans mesure. Hors mesure. De Small à Extra large. Médium enseignant.

Je vous laisse sur les mots d’un autre ce matin, qui disent bien ce que je voudrais et pourrais vous dire ce matin si je pouvais en dire davantage.

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L’émotion populaire vous submergera

L’atmosphère en est chargée.
Affaire Epstein.
Guerres potentielles.
Vertige économique.
Théâtre politique sombrant dans l’absurde.
Le champ énergétique qui nous entoure vibre de chaos, même quand on essaie de se recentrer.
Vous le sentez.
Ce profond malaise cellulaire.
Cette incertitude qui traverse votre système nerveux comme de l’électricité statique.
La plupart d’entre nous se tournent vers le même anesthésiant éculé… la dissonance cognitive.
Nous nous enfonçons dans les plaisirs personnels, nous nous engourdissons avec des substances et des plateformes de diffusion en continu, nous nous laissons envahir par une colère vertueuse face à la moindre indignation qui défile sous nos yeux.
Tout autour de vous est conçu pour vous manipuler émotionnellement.
Pour vous aspirer.
Pour vous exploiter.

La haine que tu ressens ?
Exploitée.
La peur qui vous pousse à défiler ? Exploitée.
La rage, la répression, la consommation sans fin ?
Tout est exploité.

Nous ne sommes pas enfermé.e.s dans des bureaux à la Matrix, mais ne vous méprenez pas, l’extraction est bien réelle.
Votre énergie est une monnaie d’échange.
Votre attention est du carburant.
Vos turbulences émotionnelles alimentent des systèmes conçus pour vous déstabiliser, vous rendre réactif et perpétuellement déséquilibré.

La question n’est pas de savoir si ça se produit.
La question est…
Êtes-vous prêt à devenir inexploitable ?

Réinvestissez votre énergie…

D’abord, prenez vos distances avec l’émotion collective.
C’est non négociable.
La rage, la peur et le désespoir collectifs se propagent comme un tsunami.
Il faut une force intérieure farouche pour rester au cœur de cette tempête sans se laisser emporter.
Mais c’est là que réside votre souveraineté.

Restez éveillé.
Méditez.
Priez.
Marchez pieds nus sur la terre chaque jour.
Laissez le soleil caresser votre visage.
Mangez des aliments qui fortifient plutôt que des aliments qui abrutissent.
C’est le temps de fortifier votre corps, votre esprit et votre âme.
Nous nous dirigeons vers des bouleversements encore plus cataclysmiques.
L’IA et la robotique vont démanteler les structures sur lesquelles on a bâti nos identités.
Nombreux seront ceux qui perdront leur emploi, leur raison d’être, leur raison d’être.
Il est donc impératif de trouver un sens à votre vie dès maintenant, au-delà de la carrière et de l’ambition.
Trouvez-le les un.e.s dans les autres.
Trouvez-le dans une connexion profonde.
Trouvez-le au sein d’une vraie communauté, en vous réunissant non pas pour la productivité, mais pour la joie, pour danser, pour partager un repas, pour le simple fait d’être humains ensemble.
À mesure que les vieilles structures s’effondreront, elles tenteront de vous entraîner dans leur chute.
Chaque cycle de nouvelles, chaque algorithme, chaque crise artificielle cherche à provoquer la peur et à vous épuiser.
Plus vous restez dans la dissonance cognitive, plus vous alimentez ce système.

Le vrai travail…
Faites un effort supplémentaire pour aimer votre famille.
Rapprochez-vous d’elle.
Faites-lui savoir que vous êtes assez fort.e pour affronter l’avenir.
Apprenez de nouveau à vivre au contact de la nature.
Chassez, pêchez, cueillez, cultivez un jardin, partagez des moments en communauté. Faites face à l’effondrement potentiel avec courage.

Nos ancêtres ont survécu sans aucune de ces technologies.
Ils ont prospéré en s’unissant, en tissant des liens communautaires indéfectibles.
Cette sagesse est inscrite dans votre ADN.
Vous savez déjà comment faire.

L’antidote n’est pas la résistance.
L’antidote, c’est de se fortifier mentalement, émotionnellement et spirituellement.
L’antidote, c’est de faire taire le bruit ambiant et de reconquérir le caractère sacré de votre attention.
Vous recevrez les renseignements dont vous avez besoin.
Elles viendront à vous.
Mais cette dépendance à la véhémence que suscitent les médias ?
Elle fait partie du lot.
Prenez ça au sérieux.
Votre énergie est en train d’être aspirée.
Le système se nourrit des turbulences internes parce que, quand on est calme et serein, on ne consomme pas de manière compulsive.
On n’achète pas par peur.
On trouve le repos dans la subtilité, le bonheur, le contentement, l’épanouissement.

Ce qui brûle brûlera.
Toutes les illusions qui se brisent se briseront.
Ce dénouement peut prendre dix ans ou cinquante.
Certains d’entre vous sont déjà à l’avant-garde.
Vous le sentez.
Vous savez exactement de quoi je parle.
VOUS ÊTES LES DÉTENUS…
Vous tenez la lumière.
Vous tenez la conscience.
Vous avez la Force Divine.
Vous détenez tout ce qui est bon et naturel et qui palpite encore sous le chaos apparent.
Si vous vous reconnaissez dans ces mots, sachez que nous sommes nombreux.
C’est le temps de s’unir.
Pas pour combattre.
Pour se rassembler.
Pour se réunir dans la simplicité du cœur et se rappeler ce que signifie être humain.
Être une communauté.
Pour revenir à nos racines profondes, à notre vraie nature.
À l’amour et à la liberté qu’on est réellement.

Le choix est maintenant…

Chaque instant passé à nourrir la moisson est un moment volé à votre vie.
À vos enfants.
À votre raison d’être.
À la joie intense d’être pleinement humain et vivant.
Les systèmes qui s’écroulent autour de nous étaient voués à la chute.
Ils ont été bâtis sur l’extraction, la séparation, le mensonge que vous êtes seul.e.s et impuissant.e.s et que vous devez consommer pour combler le vide.
Vous n’êtes rien de tout cela.
Vous êtes ancien.ne.s.
Vous êtes souverain.e.s.
Vous êtes lié.e.s à une lignée ininterrompue de survivant.e.s qui ont traversé les ères glaciaires, les épidémies et les empires naissants et déchus.
Cette force coule dans tes veines.
Cette sagesse est inscrite dans ta chair.
La moisson ne porte ses fruits que si vous en restez inconscient.e.s.
Alors, réveillez-vous.
Coupez les liens.
Ramenez votre énergie en vous.
Enracinez-vous dans la terre sous vos pieds.
Regardez vos proches dans les yeux et dites-leur que vous êtes là, pleinement présent, refusant désormais d’être épuisé par des forces qui vous considèrent comme du bétail.

C’est un combat spirituel, et le champ de bataille, c’est votre attention.
Chaque fois que vous choisissez la présence plutôt que la distraction, vous gagnez.
Chaque fois que vous choisissez la communauté plutôt que l’isolement, vous gagnez.
Chaque fois que vous choisissez votre intuition plutôt que le consensus fabriqué, vous gagnez.
Le vieux monde meurt.
Laissez-le faire.
Ce qui naît est quelque chose que les moissonneurs n’avaient jamais prévu… une génération d’humain.e.s qui se souviennent de qui ils/elles sont.
Qui refusent d’être exploité.e.s.
Qui restent ancré.e.s dans leur centre inébranlable tandis que tout autour d’eux se dissout dans le chaos.
C’est vous qui nous guiderez.
Pas en combattant l’effondrement, mais en incarnant le nouveau modèle.
En devenant la preuve vivante qu’il y a une autre voie.
En portant la fréquence de la souveraineté avec une telle puissance que les autres commenceront à s’en rappeler eux/elles-mêmes.
L’heure de la passivité est révolue.
L’heure des demi-mesures est révolue.
L’heure d’attendre qu’on vous sauve est révolue.

Reprenons notre énergie en main.
Devenons inébranlables.
Unissons nos forces à celles de ceux/celles qui reconnaissent la vérité.
Et restons calmes au cœur de la tempête.
C’est pour ça que nous avons été créé.e.s.
C’est pourquoi nous sommes ici maintenant.
C’est le temps de nous élever.
La récolte se termine quand nous le décidons.
Levons-nous !

– Satyen Raja

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CONFIDENCES DO BRASIL 2026 – 5 – BAT(AÇAO) MAN

Salut lecteurs/trices

Probablement mon dernier billet car la fin de semaine va être active. Les gens ont commencé à arriver. Une quinzaine d’entre eux et elles après plus de 30 heures de route, en provenance de Bahia. Des locaux, invités par l’église ici.

Les gens de Céu Sagrado sont immensément généreux. Ils soutiennent de nombreuses causes de par le pays. Ils ouvrent leurs portes et leurs coeurs sans compter, et sans limites. Ils posent des actes de charité. Depuis ma première rencontre avec eux en 2011, que du don, que du don. Dondaine…

Ces jours-ci, je suis à fond dans les bataçaos, ce processus du battage de la vigne au rythme et au son de la musique. Avec le lavage des feuilles, ces deux activités constituent le coeur du feitio.

Exigeant, mais révélateur. Ça fait sortir le méchant. Et ça permet au bon d’émerger. Ça claire les doutes et ça fait circuler l’énergie.

Hier Padrinho Luciano a pris le temps de jaser avec les visiteurs d’un peu partout dans le monde. Généreux disais-je.

Et ce soir, premier des 3 gros travaux en compagnie de Padrinho Ze Ricardo. Le highlight de la semaine. Musique divine et 500-600 personnes. Ci-bas, une photo de l’an dernier.

À compter d’aujourd’hui, de nombreuses personnes arriveront pour le week-end. Puis, lundi matin, Ravi et moi on rencontrera le Padrinho pour préparer le thé pour le voyage, régler quelques trucs administratifs et hop, dans l’avion pour le retour en hiver. Mon cher ami Louis me ramassera, le thé et moi, pour me conduire à la maison pour la suite de notre petite église dans la forêt.

Vous ré-écris un dernier billet synthèse au retour.

Sioux mes ami.e.s.

CONFIDENCES DO BRASIL 2026 – 4 – HUMILITÉ

Salut lecteur/trice

Quelques journées de pluie ici, très humide, ça change le mood. Mais de la pluie chaude ça se prend bien right ?

En portugais, humilité se dit humilde. Confidence: chaque fois que nous chantons le mot humilde dans les hymnes du Daime, ce qui arrive souvent, j’associe toujours humilité et humidité. Sou humilde.

L’apprentissage de l’humilité est une grande leçon pour moi depuis toutes ces années que je visite le Brésil, et notamment dans le cadre des travaux du Santo Daime. Je dirais même que c’est la leçon principale. On a jamais maîtrisé l’humilité, work in progrss para sempre (pour toujours).

Notamment humble ici à cause du langage. Je me débrouille bien dans le one on one en portugais, mais quand les gens parlent tous en même temps, j’en perds – encore – des bouts, même après des années.

En ne comprenant pas tout, on doit demeurer alerte et aux aguets pour tenter d’en saisir le plus possible car ils/elles parlent vite en ta… Un peu comme les étrangers chez-nous avec notre français aux coins ronds.

Ici, on apprend par observation. On regarde, on voit et on fait comme. Si on n’est pas certain, on vérifie, on demande. Comme disait Veeresh: when in doubt, check it out. Très fluide comme apprentissage.

Le Santo Daime est un type d’apprentissage par modelage. On doit s’insérer dans les us et coutumes de la famille. On ne veut rien bouleverser, ni choquer. On doit couler avec. Go with the flow disent les anglos – pour la rime.

Comme pour la musique et les hymnes. On doit écouter et rentrer dedans. Harmonia.

Luis Mendes, une figure patriarche du Santo Daime a dit: L’humilité est le symbole de la noblesse. Un de mes mantras préférés. Pas besoin de vouloir être spécial dans la vie ni dans le groupe, simplement occuper sa place est bien suffisant. Comme dans la vie quoi. Être un maillon solide et intègre de la grande chaîne humaine.

Déjà à mi parcours ici. Courte visite. Ce midi, nous faisons une petite rencontre entre nous, les 4 amis de notre petite église dans la forêt à être venus cette année.

Nous ça 😉

À partir de demain, c’est le highlight de notre séjour, le Carna Cura, avec la suite des activités de brassage du thé en journée, mais en soirée, se tiendront trois grosses cérémonies de 500-600 personnes chantant à l’unisson les hymnes de Ze Ricardo.

Je vous poste un extrait ci-bas de l’an passé et vous donnerai peut-être d’autres nouvelles avant notre départ lundi, mais pas certain car le train va rouler vite vite vite à partir de maintenant.. Tchou tchou…

En espérant que le vidéo va être visible cette fois


CONFIDENCES DO BRASIL 2026 – 2

Voici notre petit groupe cette année: Ravi, Suketa, bibi et Éloi.

Comme je disais hier, ça fait 15 ans que je viens ici, et à chaque année depuis 2017. À chaque année, la taille du groupe varie entre 4 et 12. Cette année est l’une des plus petite cohorte, à part l’année où j’étais venu seul lorsque Ravi était malade. C’est d’ailleurs lorsque je suis venu seul que j’ai le plus appris le portugais, soloïtude oblige.

Ça prend toujours quelques jours pour atterrir ici, avant de recommencer à prendre une certaine altitude. Eu canto nas alturas… je chante dans les hauteurs dit l’hymne de Mestre. Change of altitude.

Hier soir en me couchant, j’ai prié. Une prière toute simple: Seigneur, faites-moi dormir.

Et les Dieux m’ont exaucé: 8 heures straight through. Première fois depuis belle et laitte lurette – excusez-la, c’est pour la rime. Mon corps était content content ce matin. En fait, je n’ai pas dormi ainsi depuis des années. Et je me rends compte que mon corps est épuisé par ce manque de sommeil.

Depuis une dizaine d’années, je dirige notre petite église dans la forêt et je me rend compte que la job demande vraiment beaucoup d’énergie. Plus que je n’imaginais. Et je me rends compte qu’avec le corps aussi épuisé, l’âme en arrache un peu aussi, elle a de la difficulté à suivre.

Pour une rare fois, je suis arrivé sans grand enthousiasme cette année, justement à cause de cette fatigue probablement. Je me demandais si, après tant d’années à venir ici aussi régulièrement, mon temps était fait.

Mais non. Je n’étais que fatigué. Simplement épuisé en corps, et en esprit à part de ça. La fatigue me bloquait la vue, elle tirait mon coeur par le bas. Quand même drôle de venir ici pour la lumière et l’élévation et c’est de sommeil et de repos que je me délecte. Ah la vie va. Viva !

Le travail du feitio – fabrication du thé – est parti sur les chapeaux de roue depuis deux jours. Deux grosses journées, du matin au soir, à laver des feuilles, à battre les vignes, à jouer et à chanter. Cette semaine, ça sera – un peu – plus calme, mais on aura le même rythme à chaque jour, seulement un peu moins intense et plus ralenti, surtout après-midi et en soirée.

Et la semaine se clôturera par le CarnaCura, 3 cérémonies grandioses animées par la musique de Ze Ricardo, en compagnie de 500-600 personnes. Je vous enverrai plus de photos, promis. Pour tout de suite, une de l’an dernier.

Merci chère lecteur/trice de poser vos yeux sur mes ptits mots et leur donner vie au froid. Lâchez pas, ça achève. Un plaisir de me permettre d’écrire ainsi, intimement, tout simplement, à petite échelle, pour partager mes états d’âmes, cette âme pas down de rien du tout après tout.

De petit matin, je viens au café ici près de l’église, ma Padaria Real do amor, prendre une bouchée et mon café, et vous taper ces quelques ptites bribes de vie qui m’anime.

À suivre…

CONFIDENCES DO BRASIL 2026 – 1

Salut lecteurs/trices

Premiers mots depuis notre arrivée. Que pour vous, lecteurs/trices. Que quelques mots, car la plongée ne fait que commencer.

Revenu à la maison, dehors et dedans. 15 ans que je viens ici. Une éternité en éternelle et perpétuelle recommencement.

Étrange de voyager à l’autre bout du monde pour venir se regarder par en-dedans. Ainsi va la vie. Ici, un lieu infini et indéfini. Indéfinissable et indéfinissant. Bienvenue au grand bal des indéfinissants. Prendre le bal au bon, au bon moment qui se perpétue et reperpétue à l’infini.

Regarder en dedans pour finir par ne voir qu’au dehors. Voir à travers en fait.

Mais il faut oser tout voir, tout regarder. Tout ce qui bloque le chemin de l’infini. Car jamais finie la vie, toujours en processus. Un processus la vie.

Ces quelques mots pour entamer un partage d’états d’âme, état des lieux.

Vous revient. Avec d’autres mots mais surtout des photos. Car on sait que les mots…

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Notre visite de 2017, début de ce voyage qui n’en finit plus et ne finira jamais

https://atisupino.com/bresil-2017/