Rappelez-vous que lorsque vous quitterez cette terre, vous ne pourrez apporter avec vous rien de ce que vous avez reçu – que ce que vous avez donné; un coeur plein, riche d’un service honnête, d’amour, de sacrifice et de courage. – St-François d’Assise
St-François est un cas rare dans la gang à Jésus, un gars rare. Parait qu’il parlait aux plantes et aux animaux. Il devait être végane lui c’est certain.
D’ailleurs voici sa prière:
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix! Là où il y a la haine, que je mette l’amour; Là où il y a l’offense, que je mette le pardon; Là où il y a le doute, que je mette la foi; Là où il y a le désespoir, que je mette la confiance; Là où il y a la tristesse, que je mette la joie; Là où il y a l’obscurité, que je mette la lumière; O. Maître Divin, que je ne cherche pas tant D’être consolé que de consoler, D’être compris que de comprendre, D’être aimé que d’aimer Car c’est en me donnant que je recevrai; C’est en pardonnant que je serai pardonné; C’est en mourant que je naîtrai à la vie éternelle.
Quand on commence à appliquer son enseignement, on réalise pour de vrai que le plaisir réel et profond consiste à donner. Que faire plaisir à autrui fait plaisir à soi-même. Et ça devient contagieux et exponentiel: plus on donne, plus on reçoit. Ça marche pour vrai.
On pense généralement qu’avant de donner, on doit tout d’abord accumuler et lorsqu’on en aura assez – mais quand en a-t-on assez au juste right ? – alors seulement on pourra partager, donner, redistribuer.
Mais si l’équation fonctionnait dans le sens inverse ?
Si on commençait plutôt par donner, partager, faire circuler et qu’ensuite, les choses se mettaient à arriver ? Intéressante twist non ? Mais on ne peut pas faker la leçon: on ne peut donner dans l’espoir que si on donne, on recevra. On donne tout simplement et le simple fait de donner apporte joie et satisfaction. Et si la vie redonne tant mieux, c’est du bonus. Mais si on apprend à prendre plaisir à donner, la job est faite.
Et ci-bas, dans le même sens, une vérité crue de la tradition bouddhiste : Tout ce que vous pensez être disparaîtra. Les titres. La fierté. L’argent. L’ego. Le pouvoir. Rien de tout cela ne vous suivra. Rien de ce à quoi tu t’accroches ne te survivra. La seule chose qui restera sera comment vous avez traité les gens: la douleur que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve. Longtemps après que tu sois parti.e, c’est ce dont on se souviendra de toi. Choisis prudemment: chaque jour, tu construis ton héritage.
On parle beaucoup de redistribution de la richesse ces temps-ci. Peut-être que certains pogneront le message ?
___ Un jour viendra Ton nom va tomber dans l’oubli. Tes titres seront oubliés. Ton argent changera de mains. Ton ego va disparaître sans laisser de traces. Tout ce sur quoi tu as bâti ton identité disparaîtra discrètement. Ce qui restera est d’une simplicité douloureuse : la façon dont tu as traité les autres, la peine que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve. – anonyme En fin de compte, ton héritage ne se mesure pas à ce que tu possédais, mais à ce que tu as laissé dans le cœur des autres.
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Piste 4 de l’album Os Hinos do Vale da Vida (2020) dédié à Jean-Patrice Desjardins (RIP) / enregistré à Val-David le dimanche 30 août 2020 / work encore et toujours in progress…
Charles Johnson: guitare et captation visuelle et sonore Guy Richer : contre-basse Raoul Pereira : percussions captation audio et vidéo : charlesjohnson.ca
4- SAO FRANCISCO DE ASSIS (traduction française ci-bas)
Você andou com animais Falando com arvores também Vivendo humildemente E tão facilmente
Sao Francisco de Assis Sao Francisco de Assis
Você andou pelos caminhos Você se parou aqui e la Dando todo o seu amor A aqueles que encontrou
Sao Francisco de Assis Sao Francisco de Assis
Ciao… Francisco de Assis
4- SAINT FRANÇOIS D’ASSISE
Tu as marché avec les animaux et parlé aux arbres aussi Tu vivais humblement Et si facilement
Sao Francisco de Assis Sao Francisco de Assis
Tu as parcouru les chemins Tu t’es arrêté ici et là Donnant tout ton amour A ceux et celles que tu as rencontrés
Avec les années, on dirait bien que nous avons de moins en moins de besoins, ou de plus en plus besoin de rien. Comme si, quand on n’a rien, tout y est et nous sommes complets. En fait, on a de moins en moins besoin d’être quoi ou qui que ce soit aussi. Simplement être fait la job. Ni être quelqu’un ou quelque chose, être est suffisant, et n’être rien encore mieux.
Une des choses que J’apprécie de plus en plus avoir de moins en moins besoin de faire est de me plaindre. De nter – et de mentionner – ce qui me manque, ce qui devrait être autrement. Pas encore rendu à rien rien rien, mais on the way. Car tout est rien qui finit bien.
Et comme le dit Eckart Tolle, chaque plainte est une petite histoire créée par le mental en laquelle vous croyez complètement.
Quand on décide d’apprécier ce qui est pour ce que c’est, la vie telle qu’elle se présente à nous, et non comme on voudrait qu’elle soit, la vie devient tellement plus simple.
Avec les années, on a de moins en moins envie de se casser le bécyk. De plus en envie et besoin de prendre les choses telles quelles, telles qu’elles viennent, telles qu’elles sont, et de ne plus tenter de tout changer. Trop de trouble, trop fatiguant, trop compliqué.
De plus en plus envie d’être tout bonnement, et bien humblement, simple d’esprit, borderline stupide, comme dans Keep It Simple Stupid. Garder les choses simples, et ne pas trop m’intéresser aux ragots et aux qu’en dira-t-on. Après toutes ces années, je réalise que le diction vivre et laisser vivre est une bonne idée finalement. Suffit de l’appliquer.
En cette fin de semaine de la Reine, de Dollard et/ou des Patriotes – parlez-moi de faire compliqué quand on peut faire simple – j’ai juste envie de chanter avec mes ami.e.s, de prendre le temps pour ne rien faire, du moins pas grand chose, de me la fermer, d’écouter les oiseaux, d’ouvrir mon coeur et de mettre ma tête à off.
Bon long week-end chez-vous aussi. On nous annonce même l’arrivée du printemps.
___ NE CRITIQUEZ PAS ET NE JUGEZ PAS – AIMEZ SIMPLEMENT Ne vous souciez pas de ce que font les autres, ne les critiquez pas et ne les jugez pas pour leurs pensées et leurs actions dualistes ; concentrez-vous seulement sur votre propre esprit. Une fois complètement libéré, vous pourrez aider les autres à se libérer. Libéré, vous devenez comme un lac d’eau chaude, faisant fondre naturellement toute glace que vous touchez. Alors, ne scrutez pas les paroles ou les actes des autres, laissez-les être, aimez-les, soyez bienveillants et concentrez-vous d’abord sur votre propre libération. Nous ne parvenons pas à nous défaire des pensées dualistes qui étiquettent et jugent parce que, même si nous sommes intelligents, notre amour est limité, il n’est pas encore infini.
~ Garchen Rinpoché
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LESS IS MORE (MORE OR LESS)
More and more and more and more / I feel that I am disappearing
More and more and more and more / I feel that I am dissolving into the one
More and more and more and more / I feel that I am becoming less and less
More and more and more and more / I feel that there is no one in here More and more and more and more / I feel that there is no one out there
Lorsqu’un système complexe s’éloigne de l’état d’équilibre, de petites îles de cohérence dans une mer de chaos ont le don de faire passer l’ensemble du système à un ordre supérieur. – Ilya Prigogine
Nous vivons dans un monde complexe. Un système mondial de plus en plus complexe. Et chaotique. Tellement qu’il est complètement impossible de le saisir dans son entièreté. On dit d’ailleurs que le système nerveux humain n’est pas construit pour traiter autant d’information qu’on nous propose en ce moment, et de ressentir autant de sensations. Makes sense.
Si on ne peut trouver de cohérence dans le monde, Il nous faut alors chercher un équilibre dans notre proximité plus immédiate, juste ici, en soi et autour. Pas que le monde finisse là, au contraire, mais il y commence et là qu’il s’y déroule.
Car le monde est vaste, trop vaste pour qu’on puisse y trouver un seul sens, un sens unique. De plus en plus une autoroute de la désinformation. Le sens ne peut que se trouver en soi et par la suite, prendre de l’expansion, se diffuser et s’expandre.
En fait, ce que l’on nomme le monde n’existe pas vraiment d’ailleurs. Il n’existe que dans l’absolu, dans l’imagination, dans ses divers reflets qu’on se met dans l’oeil et dans les oreilles. On ne perçoit que quelques petites bits de la vaste et complexe réalité du monde à la fois. Et souvent, on prend le monde pour ces petites bits d’information. On prend le monde pour le trou du beigne et soi pour le nombril du monde. On pense que le monde est notre ptit motton. Excusez-là.
Le vrai monde me semble ne pouvoir exister réellement qu’ici, juste là sous nos pieds et dans notre coeur, là où l’on peut toucher, sentir, voir, goûter et entendre. Ce que l’on peut ressentir avec et par nos cinq sens. Oh, bien sûr, il y en a sûrement davantage que cinq si on fouille un peu. Disons que c’est le monde primaire, le monde de nos sens. Là où l’on peut commencer à créer sa propre île, île qui cohabitera avec l’ensemble des autres îles, surtout celles situées directement plus près de nous.
J’ai posté cette citation hier mais elle s’applique avec encore plus de justesse aux propos d’aujourd’hui. Peut-être la cohérence qui nous parle ?
Et si par hasard tu ignores où tu dois Me rechercher, ne va pas de-ci de-là ; si tu voulais me trouver, Moi en toi tu me chercheras. Parce que tu es mon alcôve, tu es ma maison et ma demeure, où j’appelle à tout moment lorsque je crois que la porte est fermée dans ta pensée. Hors de toi ne me cherche pas, puisque pour me trouver Moi, il suffira de m’appeler ; j’irai vers toi sans tarder, Moi en toi tu me chercheras.
– Thérèse d’Avila via Cristina RJ
On le sait bien que tout commence en soi, par soi, ici. Mais l’erreur que font peut-être certain.e.s consiste à penser que c’est là que le monde se termine aussi, alors que c’est là qu’il ne fait que débuter.
Le début du monde fin. Fin.
___ Il n’y a pas d’illumination en dehors de la vie quotidienne. – Thich Nhat Hanh
J’ai quelques ami.e.s. et proches autour de moi qui souffrent ces temps-ci. Et parce que j’ai déjà souffert, quand je me trouve en leur présence, je sais ce qu’ils/elles vivent, je sens ce qu’elles/ils ressentent. En fait je ressens la souffrance que j’ai moi-même vécue. La douleur a beau être invisible à l’oeil nu, elle ne l’est jamais au coeur qui a su et qui l’a vécu.
Lorsqu’une douleur est physique et qu’on la voit, elle se comprend mieux, elle se justifie mieux, surtout lorsqu’elle est extérieure, lorsqu’on peut la voir et en identifier la source précise.
Mais quand c’est l’esprit qui a mal jusqu’à l’âme, et lorsque le coeur est si lourd qu’il devient même difficile à porter, on peut avoir tendance à se dire que cette douleur n’existe pas et qu’on ne devrait pas souffrir ainsi, surtout au printemps, surtout si on se compare à pire que soi. Mais la douleur demeure tout de même et elle existe, bien réelle.
On dit parfois que la douleur est inévitable, mais que la souffrance est optionnelle. Je ne suis pas tout à fait certain de cette grande vérité personnellement. Car lorsqu’on a mal, ça fait mal, on a beau tenter de se raisonner, la douleur est bien réelle même si elle est invisible. Le corps la ressent, l’esprit la subit, la tension se vit concrètement en notre corps.
Parfois, nous sommes pris en soi avec une certaine douleur, emprisonné dans une souffrance certaine, une douleur aiguë. On tourne en rond et on ne voit pas comment s’en sortir. On se retrouve pris dans une loop de souffrance, sans sortie de secours à l’horizon. La simple idée de faire un effort devient résistance. La tête spinne sur elle-même et toutes les voies de sortie sont bouchées, comme les solutions trop pâles pour contrer l’ombre de nos malaises.
S’il était aussi simple que de simplement décider de s’en sortir, tout le monde le ferait, à moins d’apprécier souffrir, mais les masochistes sont relativement rares. On roule souvent dans des patterns inconscients qui, par définition, ne se comprennent pas dûs à la part cachée de la spirale qui nous ramène souvent à la même place en soi, ou dans les mêmes situations à répétition.
Parfois la vie nous force à mariner dans un état inconfortable pendant un certain temps, toujours trop longs à notre goût, ou elle nous ramène régulièrement dans une même douleur connue, mais difficile à accepter. Ce processus est un grand mystère.
Probablement que la première étape consiste à accepter totalement l’état vécu, même si c’est difficile, comme l’inconfort et l’impuissance qui viennent avec. Puis à ressentir la dite douleur/souffrance.
Du temps de son (corps) vivant, Osho nous recommandait de suivre la souffrance, de remonter la douleur jusqu’à sa source. Ce faisant, sans la juger ni tenter de la nier, il devient possible de réaliser que la douleur est une sensation, surtout une sensation du moins lorsque libérée du jugement qui l’accompagne et l’alourdit d’autant plus. En ce sens, si la douleur est une sensation, la souffrance serait une forme de résistance à ce qui est. Osho nous disait de prendre le temps et de rentrer dedans. Ça fonctionnait souvent pour moi. On finit par perdre le fil et la douleur s’atténue une fois reconnue et apprivoisée.
Un autre outil réside dans la méditation d’Atisha. Cette technique, issue du bouddhisme tibétain, veut qu’une flamme de guérison brûle dans le coeur de chaque être humain et qu’à l’inspiration, en y portant notre attention, on peut y diriger notre douleur et notre souffrance et les laisser s’y consumer. Le feu a cette qualité de transmutation. Puis à l’expiration, on peut ensuite laisser aller l’inconfort qu’elle génère avec acceptation et soulagement, en expirant la guérison, l’apaisement et l’allègement.
Petits moyens bien simples, peut-être même un peu simplets quand notre coeur a si mal et souffre tant. Mais parfois, les mots sont de trop. Et l’acceptation de notre état de grande vulnérabilité dans les moments les plus difficiles de notre vie constitue probablement une grande leçon de vie inévitable et incontournable pour chacun.e d’entre nous. C’est en se cens que nous sommes tous et toutes liées. Notamment par notre apprentissage et par la transformation de la douleur.
Quand nous sommes en présence de gens qui souffrent, n’essayons pas de nier leur douleur, de minimiser leur souffrance, ni tenter de les convaincre de quoi que ce soit. Soyons présent.e.s à eux/elles, et prenons même une partie de leur mal-être. Ils/elles se sentiront déjà mieux, du moins reconnus et acceptés. Ci-bas, un bout de texte intéressant en ce sens.
Et brûlons une petite tige de sauge en invitant la légèreté.
___ L’ENSEIGNEMENT DU TONGLEN PAR KHENPO MUNSEL
La pratique principale que j’ai suivie en prison était le tong-len (donner et recevoir). Khenpo Munsel m’a transmis de nombreuses instructions orales spécifiques sur le tong-len, qui ne figuraient pas dans les textes. Le tong-len consiste généralement à répandre le bonheur autour de soi et à absorber la souffrance d’autrui. Mais pour saisir le vrai sens du tong-len, il faut comprendre l’indissociabilité du soi et de l’autre. Notre esprit repose sur le même fondement. Nous le comprenons grâce à la Vision. Dans ce contexte, même s’il existe de nombreuses formes de souffrance, il n’y a en réalité qu’une seule chose appelée « souffrance ». Il n’y a qu’une seule souffrance, enseignait-il.
S’il n’y a qu’une seule souffrance, alors, lorsque vous-même souffrez profondément, vous devriez penser : « L’esprit des êtres sensibles des trois royaumes et mon esprit reposent sur le même fondement. L’essence de la souffrance des êtres sensibles des trois royaumes et de votre propre souffrance est la même. Si vous les percevez comme identiques, si vous les considérez comme non duelles, et que vous méditez ensuite sur cette souffrance dans l’état naturel de l’esprit, cette souffrance disparaît. À cet instant, vous avez simultanément apaisé la souffrance de tous les êtres sensibles des trois royaumes.
Le « len » de tong-len signifie « prendre ». Commencez par prendre de cette manière. « Tong » signifie « donner ». Si vous comprenez la nature de l’esprit, alors vous reconnaissez que l’essence de toute souffrance et de toute émotion afflictive est le vide. Lorsque la souffrance ne vous nuit plus, l’esprit atteint une grande félicité. Si, à ce moment-là, vous méditez en unifiant vous-même et les autres, ce bonheur peut diminuer l’attachement à soi de tous les êtres sensibles. Elle peut atténuer cet attachement. Le bonheur donné est le bonheur qui découle de la pratique du don et de la réception. C’est comme ça que vous… Il faut pratiquer. C’est très particulier. D’autres ne l’expliquent pas ainsi.
~ Garchen Rinpoché Enseignement sur Tong-Len donné par Son Éminence Garchen Triptrül Rinpoché à Katmandou, Népal, en 2007
Merci à Hong Chang et Tashi Lhamo et al. , via Erik Jensen et traduit par Googletranslate
___ Et si votre coeur est alourdi par la souffrance ces temps-ci, peu importe sa source, Gangaji a quelques mots d’encouragement qui ont déjà fait des miracles pour le mien quand il était dans la flotte.
Même le travail silencieux de nos mains peut devenir une prière lorsqu’il est réalisé avec soin… avec présence… avec respect pour ce dont nous faisons partie. – Kaniwapi Maskwa
Avec le printemps revient l’appel du soin de la terre, du soin à la terre. Avec le printemps revient le temps des prières faites à la main, faites avec soin, avec coeur.
À ce temps-ci de l’année, alors que l’on sort lentement de nos cavernes, on se remet à prendre soin de notre mère terre, de la nature, du grand navire sur lequel nous naviguons ensemble. Ce grand porte âmes commun qui nous soutient tous et toutes malgré nos abus flagrants et notre manque de respect à son endroit.
Hier matin, un monsieur de grande vieillesse (plus de 90 ans) dont je croise parfois les écrits sur FB a posté un rare message de découragement en lien avec le sort actuel du monde. On passe tous par là à certains moments lorsqu’on regarde le monde tourner un peu carré autour de nous. Parfois, on perd espoir et le poids du monde nous submerge, nous écrase, nous rentre dedans car nous sommes encore humain.e.s.
Je me suis permis de partager en commentaires des paroles entendues de la bouche de Louise Forestier à la radio récemment: je n’ai plus tant d’espoir, de toute façon c’est de courage dont nous aurons besoin désormais… je la paraphrase.
J’aime l’idée de remplacer l’espoir par le courage. Ce mot simple, qui signifie coeur, qui part du coeur, qui donne du coeur et qui nous y lie.
Et comme le dit Êkwa ci-bas: même lorsque le monde tremble, nous sommes toujours responsables du «ptit bout du grand esprit» dont nous sommes tributaires et que nous portonsen nous… je paraphrase encore. Mais vous comprenez l’idée.
Parfois la loi de la gravité nous rattrape et le poids du monde nous rend plus lourds, et le regard plus sombre. Lucidité des êtres incarnés.
Parfois le sens de la vie nous échappe, surtout quand on pense au sort de ceux qui nous suivent. On leur laisse tout un défi à affronter, un casse-tête complexe à des milliards de morceaux à résoudre. Mais peut-être que cela a toujours été le cas, depuis le début des temps même si les années d’après-guerre semblaient plus légères et prometteuses. Qu’illusion peut-être ?
Back to life, back to reality.
Tout ce que nous avons pour appliquer concrètement notre foi et notre courage réside dans le moment que la vie nous offre à vivre, un jour à la fois, chaque jour dans la foi. Et dans le courage. Avec le coeur, et nos deux mains.
Prendre soin, anglicisme de taking care.
Prendre soinde la terre, des gens autour de soi, du petit monde dans lequel on gravite, qui nous entoure et qu’on nous offre à vivre. Jamais rien d’acquis. Tout ce que l’on peut faire consiste à faire de son mieux. Humblement, courageusement, discrètement, en privé, sans nécessairement le crier au monde entier. Pour donner du sens à son ptit bout de vie à soi et contribuer de sa petite symphonie à la grande. Planter des arbres et des fleurs, aider son/sa prochain.e, embellir et adoucir la vie.
Quelqu’un qui était au seuil de la mort et qui est revenu à la vie pour le raconter, disait récemment que lors de ce passage, la seule question qu’il s’est posée – ou qu’on lui a posée – fut: as-tu fait de ton mieux ?
Ça me semble la seule question qui compte, non ?
___ Vous n’avez pas besoin de savoir précisément ce qui se passe, ni où tout ça va mener. Ce dont vous avez besoin, c’est de reconnaître les possibilités et les défis que présente le moment présent, et de les accueillir avec courage, foi et espoir. ― Thomas Merton
___ Et si par hasard tu ignores où tu dois Me rechercher, ne va pas de-ci de-là ; si tu voulais me trouver, Moi en toi tu me chercheras. Parce que tu es mon alcôve, tu es ma maison et ma demeure, où j’appelle à tout moment lorsque je crois que la porte est fermée dans ta pensée. Hors de toi ne me cherche pas, puisque pour me trouver Moi, il suffira de m’appeler ; j’irai vers toi sans tarder, Moi en toi tu me chercheras.
– Thérèse d’Avila via Cristina RJ
___ L’amour est le meilleur remède naturel. Et sa beauté réside dans le fait qu’il ne vous rend jamais apathique et morose. Il procure une harmonie intérieure. C’est une drogue… c’est l’une des substances chimiques les plus puissantes, mais elle est innée. On ne la prend pas de l’extérieur. Elle est créée en soi-même. – Osho
Ce matin, je surfais dans ma banque de photos et de memes pour me partir la boîte à mots tel que je le fais la plupart des matins de semaine. Petite pratique régulière pour starter mes journées.
En fouillant, j’ai passé et repassé sur cette photo trouvée hier (Beyoncé au Met Gala et jeune palestinienne de Gaza) à quelques reprises en me disant que je ne pouvais pas l’utiliser comme haut de chronique.
Mais pourquoi ? me suis-je demandé. Car ce blogue ne traite pas de politique, ni d’enjeux sociaux, quoi que.
Et en me le demandant encore, je la poste tout de même et je verrai bien ce que j’ai à en dire, je verrai bien les mots qui sortiront de ma petite boîte de Cracker Jack.
C’est que cette photo m’obsède un peu depuis hier. Je dis m’obsède un peu même si cela ne fait pas tout à fait sens car en principe, une obsession nous prend complètement et viscéralement. Une obsession se vit à temps plein. Et bien qu’elle puisse être positive, une obsession est généralement connotée négativement. Celle-ci l’est sûrement du moins. Peut-être que je ne la laisse m’obséder qu’un peu pour ne pas qu’elle m’envahisse complètement, et qu’elle me hante à temps plein. Elle en a le potentiel. Et j’y pense beaucoup beaucoup.
Si je suis honnête, j’aurais préféré ne pas voir cette photo. Car il y a des choses que je ne veux pas voir. Ça me heurte trop, trop dérangeant.
Depuis que j’ai posé les yeux sur cette photo, quelque chose de fondamental a été dérangé en moi, et pas que mon petit mental hyperactif qui fut déclenché. Quelque chose a été profondément touché, atteint, perturbé. Mon mental ne sait quoi en faire et les émotions le submergent, le dépassent.
Oh je sais avec ma tête qu’il y a des inégalités et des injustices flagrantes en ce monde, mais de voir ces deux extrêmes côte à côte révèle quelque chose de très troublant en moi. Presque trop troublant. Quasi impossible de vivre avec un tel malaise, un tel mal à l’âme. Sans rationnaliser, sans justifier.
En fait, ces deux photos juxtaposées nous ramènent à deux choix : soit de regarder le monde en cherchant/trouvant des causes et des coupables, donc en blâmant autrui, ce qui va jusqu’à blâmer Dieu pour certains.
Ou soit d’utiliser ces photos comme un miroir pour se regarder soi-même et voir ce qui est ébranlé en soi à la vue de ces deux extrêmes. Et éventuellement, possiblement tenter de prendre action pour atténuer les inégalités. Mais ça, je sais, gros contrat. Et trop souvent on agit pour masquer notre impuissance et notre désespoir.
Ou peut-être qu’il existe un troisième choix: celui de simplement sentir son impuissance et d’accepter que certaines choses dans le monde sont tout simplement dérangeantes, perturbantes, inconfortables. Et tenter de vivre avec ce malaise du mieux qu’on peut. Si cela est possible.
Ou peut-être qu’il existe même un quatrième choix qui consiste à tout simplement nier certaines réalités quand elles nous dérangent trop. On dirait que certaines personnes parviennent à le faire.
Je constate qu’on a souvent tendance à blâmer les très riches face à la pauvreté du monde comme si l’argent pouvait tout régler. Mais quiconque a déjà voyagé dans les pays pauvres sait que nous sommes tous et toutes les riches d’autrui – plus pauvres que soi.
En hésitant à poster cette photo, je vois aussi que je ne veux pas effrayer mes quelques lecteurs/trices. Pourtant, j’écris librement, du moins sans éditeur/trice qui me censure selon des lignes éditoriales spécifiques. J’écris librement, sans filtres, autres que les miens finalement. Mais je réalise que nous nous censurons toujours un peu, nous pendant tout à fait libres, selon des valeurs et critères un peu mystérieux et inconscients.
Ou tout simplement une culpabilité chronique soulevée par ces photos ?
Le Karma ne se presse pas. Il documente. Et lorsqu’il ferme les comptes, il ne manque rien.
Chronique Abrakadakarmique aujourd’hui. Si on réfère souvent au karma, personne ne sait trop réellement ce que c’est pour de vrai. Il existe ou pas le karma ? En tous les cas, le karma prendra forme selon ce qu’on en pense et ce qu’on en dit. Et si abracadabra signifie je crée comme je parle (ou comme je pense ou j’écris) on peut en faire/dire/penser ce que l’on veut de ce karma, ou ce que l’on peut. Abracabra de longue haleine ou à bras raccourcis.
Le karma, issu du sanskrit signifiant action, serait une loi universelle de cause à effet présente dans les religions indiennes. Chaque intention, parole ou acte (physique, mental, énergétique) générerait une énergie qui déterminerait les expériences futures, agissant comme une mémoire invisible influençant le cycle des réincarnations (Samsara). On parle ici des religions indiennes mais l’idée du paradis – ou de l’enfer – à la fin de notre vie va pas mal dans le même sens à mon humble avis.
En fait, le karma se résumerait plus succinctement par l’expression on récolte ce que l’on sème.
Parfois on dit que le karma est instantané, soit que le résultat se manifeste au moment même où l’on pose le geste; la récolte serait donc immédiate. Si on agit en fonction de ses valeurs et de son intégrité personnelle, on vivra aligné.e. Certains définissent d’ailleurs ainsi le péché, soit par le fait de ne pas agir à partir du coeur.
Mais le karma existe-t-il ? Certains en sont certains, ça c’est sûr 😉 Dont Vishrant ci-bas: Le karma est réel. Peu importe ce que tu donnes dans la vie, tu le retires, soit dans cette vie, ou dans une autre. Ce n’est un système magique, c’est une loi énergétique.
Comme la réincarnation, le concept de karma fait du sens mais il est bien difficile à vérifier. Alors in God we will trust. Ou pas. Moi j’aime bien l’idée tout de même. Qui ramène un certain sens de justice, de comptes à rendre, de résultats face aux actions posées, que ça soit immédiat ou comptabilisé dans la grande banque centrale karmique storée probablement dans les annales akashiques. And swell.
Comme l’impression que quelques zillionnaires de grands chemins doivent avoir peur de mourir, au cas où… Quelques-uns sont sûrement dans le rouge karmique (nouvelle couleur chez Sico).
De façon plus terre à terre, le karma peut être défini ainsi: lorsque vous finissez le rouleau de papier de toilette sans la remplacer et que vous êtes la prochaine personne à utiliser la salle de bain. Version karma merdique védique va-vite.
Imagé, le karma pourrait ressembler à ce domino. Avec un certain time delay avant le retour.
Comme l’impression que le karma est intergénérationnel, soit qu’une génération peut payer pour les erreurs des précédentes. Parlons-en à nos enfants. Mais on dit aussi qu’on apprend de nos erreurs, ou pas toujours. Car on dirait souvent que ce sont les autres qui apprennent des nôtres et que si on ne soigne pas nos blessures, on risque de saigner sur autrui. À soigner.
Certains sont plus catégoriques: le karma suit tout le monde éventuellement. Tu ne peux flouer les gens toute ta vie, je me fous qui tu es. Ce qui va finit toujours par revenir. C’est ainsi que ça fonctionne. Tôt ou tard, l’univers te rendra la monnaie de ta pièce. Pas mal certaine d’elle-même la Jessica.
Comme on peut voir, le karma porte flanc à diverses interprétations. Celle-ci de Wayne Dyer me plaît bien car elle nous remet la responsabilité: la façon dont les gens vous traitent est leur karma, comment vous réagissez est le vôtre.
Au final peu importe la nature du karma, suivons donc notre coeur pour déterminer nos actions.
Ci-bas le karma avec une twist Zen.
___ Karma, renaissance et la personne disparue
La plupart des gens, en entendant le mot karma, imaginent tout de suite un boomerang cosmique. Faites le bien, et le bien vous sera rendu. Faites le mal, et le mal vous reviendra avec un goût amer. Quelque part derrière le rideau, il semble y avoir un tribunal invisible, un juge invisible, un registre invisible et un univers très patient qui tient les comptes. Mais le zen n’a besoin de rien de tout cela.
Dépouillez-vous de tout ça, et le karma devient douloureusement ordinaire : cause et effet. Placez votre main sur une plaque chauffante et vous vous brûlerez. Appuyez sur l’accélérateur, et la voiture ira plus vite. Mentez à quelqu’un, et la confiance commencera à se corrompre. Nourrissez le ressentiment assez longtemps, et le ressentiment deviendra l’air que vous respirez. Pratiquez l’attention, et l’attention deviendra moins dispersée. Parlez fort tous les jours, et la dureté deviendra le langage naturel du corps et de l’esprit. Soyez généreux assez souvent, et la générosité cessera d’être une idée et deviendra une façon d’être au monde.
Pas besoin d’un comptable cosmique. Juste la conséquence. Le vrai problème commence lorsque le karma se transforme en une agence de voyages métaphysique : cette vie, la suivante, une meilleure naissance, une pire naissance, le fardeau karmique, les dettes impayées, les ascensions spirituelles, le châtiment cosmique, la récompense et le retour. À ce stade, quelque chose de très insidieux se produit. Un « quelqu’un » s’est infiltré dans l’enseignement, un propriétaire, un vecteur, une personne cachée traînant une valise karmique à travers le temps.
Et c’est précisément ce que l’enseignement du Bouddha sur le non-soi, les cinq skandhas et la production conditionnée déconstruit. Les cinq skandhas ne sont pas une âme. Ils ne sont pas une personne cachée dans l’expérience. Ce sont des processus : forme, sensation, perception, formations, conscience. Ils apparaissent, interagissent, se transforment, s’estompent et réapparaissent sous de nouvelles formes. Ce qu’on appelle « moi » est une étiquette commode apposée sur cet ensemble mouvant, tout comme on appelle une rivière « la rivière » alors que son eau n’est jamais la même d’un moment à l’autre.
Une étiquette utile ? Oui. Un propriétaire permanent ? Non.
La production conditionnée va encore plus loin. Rien n’est isolé. Rien ne se possède. Rien n’existe en soi comme une entité fixe et indépendante. Chaque événement résulte de conditions. Ça se produit, donc ça se produit. Supprimez les conditions, et ce qu’on appelle « ça » ne peut pas exister par lui-même. Dès lors, la question devient très troublante : qu’est-ce qui renaît exactement ? Une étiquette ? Un processus ? Un flot de souvenirs ? Un ensemble de conditions ? Une habitude ? Et si tout cela est vide de toute appropriation à l’heure actuelle, à qui appartiendra le karma plus tard ?
C’est là que le langage religieux, souvent vague, entre en jeu pour combler le vide. Il dit : « Ce n’est pas la même personne, mais ce n’est pas non plus complètement différent.» Soit. Ça peut servir d’indice. Une flamme en allume une autre. Une vague déferle dans l’océan. Une boule de billard frappe une autre. Une habitude d’aujourd’hui façonne une réaction de demain. La colère d’hier devient l’ambiance d’aujourd’hui. Une blessure non examinée devient une personnalité entière. Mais remarquez ce qui a discrètement disparu : la personne. Il y a continuité, certes. Mais la continuité n’est pas l’identité. Un enfant devient adulte, mais aucune entité enfantine figée ne traverse le temps inchangée. La colère d’hier influence l’humeur d’aujourd’hui, mais c’est pas un p’tit fantôme tapi dans le sang. Un souvenir peut façonner une vie pendant des décennies, mais il n’en est pas le maître. C’est un modèle qui se répète en raison des circonstances.
Ça se manifeste déjà dans une vie ordinaire. On se réveille de mauvaise humeur à cause de paroles prononcées la veille, et cette humeur colore le petit-déjeuner, la façon de répondre à un message, le ton employé avec un proche, l’impatience palpable dans nos mains, tout l’état d’esprit qui nous caractérise avant même que la journée ne commence. Un instant en engendre un autre. Un monde entier renaît avant le déjeuner. Pas besoin d’une vie antérieure. Pas besoin de passeport métaphysique. Juste du conditionnement. C’est déjà le karma.
Je me souviens de Nisargadatta Maharaj qui, d’une remarque qui m’est restée en mémoire, a mis fin à toute cette histoire sentimentale de continuité personnelle. Il a fait remarquer, avec sa franchise habituelle, que les souvenirs, les impressions, les images et les concepts peuvent persister comme une forme d’énergie pour une autre incarnation, mais qu’ils ne continuent pas d’appartenir à la même personne. Ça a fait mouche. Même si quelque chose perdure, ce n’est pas « la même personne ». Ce qui perdure, ce sont des schémas, des dynamiques, des conditionnements, des traces de mémoire, des tendances inachevées, la force d’identification cherchant un autre masque. Une fois la notion de « même personne » écartée, tout le système de récompenses et de punitions perd son sens. Et Nisargadatta était encore plus intransigeant lorsqu’il s’agissait de la théorie de la renaissance. Il n’en faisait pas un dogme. Son vrai message était toujours le suivant : comprendre cette naissance, ce « je suis », cette illusion présente d’être une personne distincte, avant de spéculer sur une autre. Car si le « je » n’est pas réel maintenant, qu’est-ce qui est censé survivre plus tard ? L’enseignement du Bouddha à Bāhiya va encore plus loin : « Dans le vu, il n’y a que le vu. Dans l’entendu, il n’y a que l’entendu. Dans le perçu, il n’y a que le perçu. Dans le connu, il n’y a que le connu.»
Ce n’est pas de la philosophie. C’est de la chirurgie à vif. Il y a la vision, puis la pensée dit : « Je vois. « Il y a la douleur, puis la pensée dit : « Je souffre. » Il y a la colère, puis la pensée s’approprie : « Ma colère. « Il y a le souvenir, puis la pensée s’approprie : « Mon passé. « Il y a la peur de la mort, puis la pensée demande : « Qu’est-ce qui va m’arriver ? »
Mais à y regarder de plus près, le « moi » arrive toujours en dernier. L’expérience précède l’appropriation. L’appropriation vient ensuite. On entend un son, puis on affirme : « Je l’ai entendu. « Un choc traverse le corps, puis on affirme : « Je suis choqué. « Une pensée surgit, puis on affirme : « Je pense. « Une vie se déroule, puis on dit : « C’est ma vie. » Finalement, cette même habitude s’étend au-delà de la mort et demande : « Qu’est-ce qui va m’arriver après cette vie ? »
Mais d’abord, il nous faut poser la question plus dangereuse : où est ce « moi » maintenant ? Pas comme une idée, pas comme une croyance, pas comme une réponse rassurante, pas comme un emprunt au bouddhisme, à l’Advaita Vedanta, au Zen ou à qui que ce soit d’autre. Regardez vraiment. Est-ce dans le corps ? Dans la mémoire ? Dans la conscience ? Chez le témoin ? Dans le récit ? Dans la trouille ? Chez celui qui pose la question ?
Partout où nous portons notre regard, nous trouvons mouvement, sensation, pensée, mémoire, réaction, image, sentiment, conscience, mais pas d’entité fixe. La personne apparaît comme un schéma, pas comme une chose. Le soi est plus comme une flamme que comme une pierre : vacillant, changeant, dépendant du combustible, impossible à saisir.
Nāgārjuna a placé la lame exactement là où elle devait être : « Les Bouddhas ont enseigné le soi. Ils ont enseigné le non-soi. Ils n’ont pas non plus enseigné le soi ni le non-soi.» Pourquoi donc ? Parce que l’esprit s’accroche à n’importe quelle position. Donnez-lui le « soi », et il bâtit une âme. Donnez-lui le « non-soi », et il bâtit une doctrine. Donnez-lui la « renaissance », et il imagine une continuation personnelle. Si on lui refuse la renaissance, il imagine l’anéantissement. L’esprit ne se contente pas de désirer la vérité ; il aspire à un point d’ancrage, et il transformera même le vide en réalité.
Le Zen rejette ces deux pièges.
C’est pourquoi l’enseignement de Bankei sur l’Inné est si bouleversant. Il ne nous pousse pas à rechercher une renaissance future meilleure. Il désigne ce qui est déjà à l’œuvre avant même que l’esprit ne divise l’expérience en « moi » et « monde », avant que la saisie ne commence, avant que le récit ne se forme. L’Inné n’est pas une âme. Ce n’est pas une entité spirituelle. Ce n’est pas une personne intérieure rayonnante qui attend de survivre à la mort. C’est ce fonctionnement immédiat, avant même d’être saisi par la construction de soi. Voir ce produit. Entendre se produit. Respirer se produit. Penser se produit. Ressentir se produit. Choisir semble se produire. Mais le propriétaire demeure introuvable.
Ainsi, lorsque le Zen affirme « Inné », il ne propose pas une nouvelle croyance métaphysique. Il tranche avec tout le mécanisme du devenir. Si ce qu’il y a de plus réel est inné, comment peut-il renaître ? Et si ce qui renaît n’est que schéma, habitude, souvenir, attachement, peur et élan inachevé, pourquoi l’appeler « moi » ? C’est là que le récit habituel de la renaissance commence à vaciller. S’il n’y a pas de maître maintenant, il n’y en aura pas plus tard. Si les skandhas sont vides maintenant, ils ne deviennent pas une âme à la mort. Si la conscience est apparue de manière dépendante maintenant, elle ne devient pas soudainement un voyageur permanent après la chute du corps. Si le soi est une construction maintenant, pourquoi cette construction deviendrait-elle réelle simplement parce qu’on la projette au-delà de la tombe ?
Le vieux koan va droit au but : « Quel était votre visage original avant la naissance de vos parents ? »
Cette question n’invite pas à la spéculation sur les vies antérieures. Elle ne demande pas de théorie. Elle ne dit pas : « Veuillez décrire votre biographie karmique. Elle pointe avant la biographie, avant le nom, avant le genre, avant la nationalité, avant l’identité spirituelle, avant le souvenir, avant toute cette fragile fiction du « ceci est moi ». Avant la naissance de tes parents, qui étais-tu ? Pas qui. Quoi. Et si on répond trop vite, c’est déjà trop tard.
Cela met également en lumière un problème négligé que presque personne n’ose aborder : la soi-disant première naissance. Si chaque naissance est conditionnée par un karma antérieur, qu’est-ce qui a conditionné la première ? S’il y a eu une première vie, aucun karma antérieur ne peut l’expliquer. S’il n’y a pas eu de première vie, alors on se retrouve face à une chaîne infinie qui n’explique rien, ne faisant que repousser la question indéfiniment. Dans tous les cas, des ajustements sont nécessaires. Et lorsqu’un enseignement nécessite trop d’ajustements, il est peut-être judicieux de se demander si nous protégeons la vérité ou nos habitudes.
Rien de tout ça ne nie la causalité. Ça serait naïf. Nos gestes comptent. Nos paroles comptent. Nos habitudes comptent. La cruauté laisse des traces. La bienveillance transforme l’atmosphère. L’attention modifie le système nerveux. La cupidité restreint le monde. La générosité l’ouvre. Nos actions influencent nos conséquences. C’est une évidence.
Mais l’idée d’un être permanent recevant une rétribution cosmique à travers les vies est difficilement compatible avec le concept d’absence de soi. Cela peut apaiser l’imagination morale, mais cela réintroduit aussi, insidieusement, le propriétaire même que le Bouddha n’a cessé de démanteler.
L’hypothèse la plus plausible est la suivante : la renaissance est constante, non pas comme une âme passant d’un corps à l’autre, mais comme la renaissance répétée du « moi » au sein de l’expérience. Une pensée surgit, et le « je » naît. Une peur surgit, et le « je » est menacé. Un désir surgit, et le « je » doit obtenir quelque chose. Un souvenir surgit, et le « je » devient mon passé. Une intuition spirituelle émerge, et le « je » progresse. Une doctrine émerge, et le « je » devient celui qui sait.
C’est cette renaissance qu’on peut observer. Instant après instant, le récit de soi se réincarne. Le masque change, mais le procédé reste le même. La pratique zen ne consiste pas à obtenir une meilleure renaissance. Il s’agit de voir la naissance de son propre être tel qu’il se produit. Pas demain. Pas après la mort. Maintenant. À ce moment précis. La légère contraction. L’affirmation. Le « mien ». Le « je suis ça ». Le resserrement soudain autour de l’expérience.
Voyez ça clairement, et tout le drame commence à perdre son emprise. Le passé apparaît maintenant comme un souvenir. Le futur apparaît maintenant comme une imagination. Même l’idée d’une autre vie apparaît maintenant comme une pensée. Alors, où est le voyageur ? Où est celui qui traverse le temps ? Où est le maître du karma ? Pas en théorie. Ici. Regardez. S’il y a vision, il n’y a que vision. S’il y a ouïe, il n’y a qu’ouïe. S’il y a pensée, il n’y a que pensée. « Celui qui continue » est aussi une pensée.
Ça ne nous donne pas de réponse définitive, et ça n’a pas besoin de l’être. Il ne s’agit pas de remplacer la croyance en la renaissance par la croyance en la non-renaissance. Ça serait juste une autre vision, un autre petit drapeau planté dans le brouillard. Le problème est plus simple, plus dangereux et beaucoup plus proche de nous : quelque chose cloche. L’absence de soi et « ma renaissance » ne font pas bon ménage. La production conditionnée et un maître karmique caché ne font pas bon ménage. L’inné et la continuation personnelle ne font pas bon ménage. Alors peut-être que la vraie question n’est pas : « Vais-je renaître ? » « Peut-être que la vraie question est : « Qui pose la question ? »
Et quand on l’examine sans détourner le regard, la réponse ne se présente pas comme une doctrine. Quelque chose se libère, tout simplement. On n’a jamais trouvé le propriétaire. Seulement des causes. Seulement des conditions. Seulement cette renaissance vacillante du « moi », encore et encore, jusqu’à ce qu’elle soit perçue pour ce qu’elle est.
Sonnerie de cloche : S’il n’y a pas de propriétaire maintenant, il n’y en aura pas plus tard. La seule chose qui se réincarne sans cesse, c’est l’habitude de prétendre qu’il y en a un.
Lorsque le chagrin se manifeste, accueillez-le. Car Dieu a placé une perle au creux des mains du chagrin.
Ce cher Rumi. Toujours les mots pour le dire, même quand ce n’est pas les siens. Car on lui en fait dire bien des choses à ce cher Rumi. Comme à bien d’autres d’ailleurs. Mais est-ce bien important que ce soient ses mots à lui ? Car lorsque les mots sont beaux, qu’ils sont complets en soi, ils n’ont pas besoin de propriétaire et leur source est secondaire. Alors merci de toute façon Rumi.
Une perle au creux des mains du chagrin. Quelle belle expression.
Parfois quand on observe le monde, il y a matière à chagrin, à désolation, à tristesse et à coeur gros. Le sort de tant de peuples est triste, comme celui de tant de gens même parmi les sociétés les plus choyées.
Tout le monde court après le bonheur et ce faisant, on fuit tous devant le chagrin. Comme si on ne voulait que les jours de soleil et de ciel bleu. Pourtant, la terre serait asséchée rapidement et la vie cesserait.
Je pense souvent aux gens de Gaza, du Liban, aux peuples Iranien et d’Haïti, et à tant d’autres endroits où règnent souffrance, pauvreté, guerre, famine et soif. Ces pensées alourdissent mon esprit et apportent une certaine part d’ombre sur mon coeur. Mias je ne veux pas ignorer ce chagrin.
Car par ce chagrin, ces pensées de solidarité me permettent de me relier à ces gens, de me faire sentir la compassion, l’empathie, notre humanité partagée. Et je ne veux pas les oublier, je ne veux jamais les oublier. Je veux les porter en mon coeur, en notre coeur.
Car leur tristesse et leur chagrin sont miens, sont nôtres.
Quand mes ami.e.s. et mes proches souffrent, je prends toujours une petite part de leur souffrance. Auparavant, je voulais me couper de leur mal d’âme, me protéger de leur souffrance, contre leur chagrin et leur trouble d’humeur.
Maintenant, je la respire, j’en prends une infime partie sur moi, en moi. Et comme nous l’a appris Atisha avec sa technique de méditation, je respire ce mal-être directement dans le feu brûlant au coeur de mon coeur, là où veille une flamme éternelle qui peut tout transformer et tout transmuter. Et à l’expiration, je laisse s’échapper une douce brise de braise de guérison et de soulagement.
Oh je sais bien que ça n’atténue pas leur réalité difficile, que ça ne change pas leur malaise, mais moi ça me permet de rester connecté, à moi comme à eux et elles. Je crois sincèrement que cette simple technique de méditation peut nous permettre de nous sentir liés avec les gens qui souffrent, avec les gens qui peinent à vivre et même à survivre. Et qui sait, peut-être qu’un jour ce sera notre tour et nous aurons ce minimum d’entraînement pour affronter une situation difficile.
Car parfois, d’ici en nos contrées choyées, on se pense à l’abri de la misère humaine. Mais elle n’est peut-être que de l’autre côté du tournant. Et on doit faire face à la possibilité que la vie puisse basculer et devenir plus lourde car on ne peut changer ce que l’on ne veut confronter.
Et en ce moment, des millions de personnes souffrent sur terre. Si nous sommes le moindrement sensibles et ouverts, ce chagrin planétaire passe inévitablement en nous, par nous. Même si on ne le sait pas, même si on ne le voit pas, Quand nos frères et soeurs souffrent un peu partout sur la terre comme c’est le cas en ce moment, comment pourrions-nous ne pas le sentir et en souffrir un peu nous aussi ? La peine et la joie peuvent danser le tango dans notre coeur.
Et quand les mains du chagrin s’ouvrent doucement, juste ici au creux, la perle.
La même perle que dans le coeur de ceux et celles qui souffrent, au loin, là-bas, ailleurs.
D’ailleurs, le seul et même coeur non ?
___ Le véritable courage, c’est faire en soi un espace à la peine. Un lieu immatériel où elle peut s’exprimer. L’autoriser à habiter le cœur et les pensées. Sans la laisser coloniser. Juste à sa place. À sa juste place. La vivre comme elle vient, quand elle vient.
– Anne-Dauphine Julliand, Ajouter de la vie aux jours, via Cristina RJ
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Ci-bas, les mots de Pamela Chrabieh, une Libanaise qui tient un blogue en ces temps de guerre au Sud-Liban.https://pamelachrabiehblog.com/ Je suis tombée sur l’histoire d’Abu Ali – Hajj Hussein Ali Faqiah, de Srifa, au Sud-Liban – comme beaucoup d’entre nous, à travers une image devenue presque insoutenable à regarder. On y voyait un homme âgé, revenu parmi les ruines de sa maison détruite, allongé sur une dalle de pierre comme on se couche encore dans un lieu familier. Quelques jours plus tard, la nouvelle de son décès a circulé à son tour, ajoutant au cliché une douleur plus dense encore, comme si cette maison effondrée avait fini par l’appeler entièrement à elle.
Cette photo n’avait rien d’un symbole fabriqué pour les caméras. Elle montrait un corps fatigué qui ne négociait plus avec la perte, un homme qui ne se tenait pas devant les ruines pour les désigner, mais qui s’y déposait, presque confondu avec elles. Abu Ali ne semblait pas revenir visiter ce qui restait de sa demeure au quotidien; il semblait revenir habiter l’impossible, poser son corps là où son âme refusait encore l’exil, faisant de la pierre froide une extension de sa propre peau. Je n’ai pas pu ne pas m’y attarder. Je n’ai pas pu ne pas dessiner cette scène, non pour reproduire la photo, mais pour tenter d’approcher ce qu’elle déposait en moi, cette jonction insoutenable entre le corps, la pierre, la perte et l’attachement.
Cette image est une sidération. Elle résonne aussi avec une ironie cruelle. Car le nom d’Abu Ali, pour beaucoup de Libanaises et de Libanais, porte déjà une mémoire sonore, celle de Ziad Rahbani, de son instrumental de la fin des années 1970, où les arrangements arabes croisent le disco, le jazz, le funk et cette nervosité si libanaise, sortie comme du cœur de la rue, de sa vitesse, de son chaos, de son humour noir et de son inquiétude. Mais ici, le nom change de matière. Il ne vient plus comme un rythme, ni comme une énergie collective. Il vient comme un silence. Celui d’un homme allongé sur les ruines de sa maison, plus assourdissant que n’importe quelle partition.
(…)
Que reste-t-il quand les bulldozers ont fini leur œuvre et que les diplomates se sont tus ? Il reste cette racine que ni les missiles, ni la dynamite, ni les “-cides” de notre temps ne peuvent totalement arracher : gén**ocide, éc**ocide, dom&&icide, patrimoin&&ocide, mémori((cide, socio))cide, topo&&cide… Il reste cet attachement qui ramène un homme de 87 ans sur son tas de pierres. Il reste cette fidélité dangereuse et nécessaire, cette façon de dire qu’un lieu détruit n’est pas un lieu annulé, qu’une maison éventrée n’est pas une adresse supprimée, qu’une terre violée n’est pas une terre abandonnée.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est notre seule véritable souveraineté. Car une racine, même tranchée, continue de chercher la terre.
L’Univers: Tout ce que dont tu as besoin est déjà en toi. Creuse plus profondément. Moi:
On se prend tous et toutes pour quelqu’un.
Quoique, de plus en plus, personnellement, j’ai plutôt tendance à me prendre pour quelque chose que pour quelqu’un. De Qui suis-je ? je suis passé à Que suis-je ?
Paolo Coelho, lui, dit qu’il est parti de Qui suis-je ? pour aboutir à Je suis. Chacun son chemin.
Quand on fouille en soi, au plus profond de soi, qu’y trouve-t-on ?
Une respiration récurrente, qui a débuté avec une première inspiration initiale qu’on dit qu’elle est le vrai début de la vie. Puis tout au long de la vie, une courte pause sépare une inspiration de l’expiration, pendant laquelle la vie est suspendue. Ainsi de suite jusqu’à l’expiration finale.
Simultanément, des pensées vont et viennent, sans arrêt ni sens précis, une tornade de pensées diverses et sans queue ni tête qu’on ne contrôle même pas. Des sensations émergent aussi, en réaction avec les situations dans lesquelles on se trouve et elles aussi passent, et/ou reviennent parfois, selon les enjeux plus ou moins résolus de notre passé. Des émotions aussi émergent dans notre corps, notre appareil, émotions et sensations plaisantes ou pas; plaisantes on veut les faire durer, déplaisantes plutôt s’en débarrasser. Grosso modo ainsi va la petite valse de la vie. 1-2-3.
Mais cela se passe en nous, sans nous indiquer qui nous sommes, ou quoi. Ça prend place à l’intérieur de notre corps et nous en sommes soit témoin, soit victime.
On se tient ensemble par la force de la croyance que nous sommes quelqu’un ou quelque chose, un tout, un ensemble de membres, de croyances et de concepts. Nous nous tenons ensemble en nous-même. Et à l’aide de cet ensemble que nous croyons être, nous percevons le monde tel qu’on pense être, tel qu’on pense qu’il est. En fait nous construisons le monde avec ce que nous portons dans nos yeux, ces yeux qui voient ce que nous croyons vrai et réel.
On dit qu’il faut le voir pour le croire.
Mais peut-être que c’est plutôt parce qu’on le croit qu’on le voit ?
I see said the blind man.
Par exemple, on se prend pour quelqu’un.e, séparé.e de tout et du tout. Différent.e d’autrui. Mais au début, avant que l’on naisse, avant qu’on se prenne pour quelqu’un.e, qu’étions-nous ? Qui étions-nous ? Et après notre mort, qui ou que serons-nous ? La question se pose. Et se re pose. Mais pas reposante. On préfère ne pas y penser. On préfère souvent dépenser.
Peut-être que nous n’avons pas trouvé qui, ou ce que, nous sommes, notre vrai soi, notre vraie nature, parce que nous n’avons pas fouillé assez profondément ?
Mais dans quel fouilli fouiller ? Au fond, il n’y a peut-être pas de fond ? Continuons à creuser et trouvons-y du plaisir.
Ou peut-être que la vie est simplement plus plate qu’on le pense ?
Et que tout n’est que question de sens et de perspective ?
___ Dieu est chez lui à l’intérieur de nous-mêmes, et – ce qui n’est pas moins beau – c’est qu’à l’intérieur de nous-mêmes nous sommes chez Dieu. – Maurice Zundel via Cristina RJ
___ Pourquoi le Soi n’est pas une caractéristique intrinsèque de la réalité
C’est le créateur du Soi qui détourne la réalité et qui est la dernière chose qui émerge de l’expérience une fois toutes les conditions réunies. Si on médite correctement, on peut voir qu’à la fin de tous les processus, le soi est le tout dernier maillon à recevoir l’événement a posteriori. Exemple : Un objet tombe au sol. Un contact s’établit, suivi d’une explosion d’ondes sonores. Les ondes sonores se propagent et atteignent l’oreille. L’information circule ensuite dans le système nerveux. Le cerveau traite l’information. La réaction produite est un choc. Au tout dernier maillon de la chaîne, un soi émerge de ce processus et s’approprie l’événement : « Je suis choqué ».
Mais ce « je suis » est illusoire. Es-tu choqué ? Bien sûr que non. Ce n’est qu’un événement momentané, né de certaines conditions et qui a maintenant disparu dans le néant. Comment peut-on prétendre à une identité ou à la propriété de cela ? C’est comme un virus informatique, pour employer une terminologie moderne, qui corrompt le système. La mine est une illusion, car rien ne nous appartient. Le corps, l’esprit, sont des produits de la nature, créés par elle. Si c’est votre corps, pourquoi ne pas le rajeunir ? Si c’est votre esprit, pourquoi ne pouvez-vous pas arrêter vos pensées d’un claquement de doigts ? Si ce sont vos sentiments, pourquoi ne pouvez-vous pas commander le bonheur comme un général commande ses légions ? La réponse est simple : parce que ÇA ne t’appartient pas. Tout appartient à la nature et à ses processus impersonnels (non soi). Tous ces processus de pensée ne sont pas de votre fait ; ils se déroulent en arrière-plan, et vous n’y jouez aucun rôle conscient. Quand avez-vous créé une pensée à la main ? Jamais. Quand avez-vous régénéré manuellement une cellule de votre corps ? Jamais.
Mais encore une fois, c’est l’intrus qui domine tous ces processus et s’en attribue le mérite. Le moi est comparable à quelqu’un qui reçoit une lettre, en lit le contenu et s’autoproclame auteur. L’Ata, ou « moi », est l’adversaire fantôme qui se cache entre les lignes, sabotant le bon déroulement des processus. Il prétend que toute existence doit d’abord passer par lui, comme un gardien, mais l’existence n’a besoin ni d’un moi, ni d’une personnalité. En réalité, c’est le but ultime de toute chose. Le moi n’est rien de plus qu’un support où les souillures peuvent prospérer et s’enraciner. Mais l’immortel n’a ni support ni lieu où la souillure puisse se déposer et prendre racine, car l’immortel est « nulle part » (l’utopie).
Il n’y a jamais eu de moi et il n’y en aura jamais. Il n’existe tout simplement pas. Le moi est le Grand Mur de l’Ouest qu’il faut abattre pour que ce qui est véritablement originel, véritablement rayonnant, sans ligne ni caractéristique, sans centre, vide et sans raison, puisse briller sans entrave. Puissions-nous tous être libérés de ce mal et puissions-nous tous être libérés d’Ata.
Alors qu’n nombre grandissant de gens se branchent sur la guidance de l’intelligence du coeur, ils/elles aident à modifier la dynamique des contraintes planétaires qui, à son tour, peut transformer la conscience globale. – Doc Childre
On essaie de nous faire croire que le monde n’est que mauvais, sale et méchant. Que l’avenir n’est que sombre et sans issue. Du moins, on ne rapporte que les histoires les plus sordides, les guerres les plus sales, les scandales les plus outrageux. Comme on rapporte sans cesse les moindres propos du gros monsieur d’en bas.
Le corps humain n’a pas été conçu pour savoir ce que la pire personne du monde est en train de faire à toutes les quinze minutes.
Simple loi de la nature et à un moment donné, il faut fermer la shoppe car lui ne se ferme pas la trappe et c’est ce jeu que jouent la plupart des médias.
La plupart des grands médias nous entertainent et nous injectent du fast food intellectuel facile à gober mais indigeste qui nous reste pris dans la gorge et dans l’intestin grêle de notre conscience. Les réseaux asociaux s’en font les porte-voix et, ainsi, les propos merdiers frappent le ventilateur social des qu’en-dira-t-on. Et on prend ça pour du ca$h. On finit par penser que c’est ce qu’est rendu le monde aujourd’hui, notre monde, celui dans lequel on vit
Oui ils sont nombreux à ne vouloir faire que du ca$h, détenir un prétendu pouvoir sur autrui, à vendre des armes et à avoir le bien du monde. Mais nous sommes bien plus nombreux à vouloir le bien, et à le faire du mieux que nous pouvons, au meilleur de notre expérience et de notre connaissance. Avec notre coeur. Du mieux que nous le pouvons. Et c’est déjà beaucoup.
Car pendant que les mauvaises nouvelles font tant de bruit et occupent à peu près tout le devant de l’espace public, toute une génération d’humain.e.s s’éveille à leur coeur. Pendant que les médias ne rapportent que la schnout, et des profit$ (encore), pendant ce temps, des milliards de gestes d’amour sont posés généreusement et gratuitement à chaque jour, sans qu’on en parle, sans qu’on ne les mentionne.
Aucun geste de bonté, peu importe sa portée, n’est jamais perdu.
Comme on dit, un arbre qui tombe fait beaucoup de bruit mais une forêt pousse toujours en silence. Il nous faut apprendre à développer ce silence en soi, à l’écouter davantage, à mieux l’écouter, pour l’entendre, le reconnaître et par la suite le diffuser. Car là que les vraies choses se passent. Le reste n’est qu’un bruyant et spectaculaire feu d’artifice plaqué or cheapette qui va passer son chemin, qui doit passer son chemin.
On dit que l’ombre cherche la lumière. En tous cas, ces temps-ci, elle le trouve amplement.
Mais en back scene, partout dans le monde, des millions de médecins, infirmières et préposé.e.s donnent des soins et mettent leur coeur à sauver des vies. Des mères, des pères, des familles entières soutiennent leurs enfants et leurs ainé.e.s. Des groupes communautaires s’occupent des laisser pour compte et des bénévoles s’activent en silence.
On nous parle des politiciens verreux, mais ils et elles sont aussi très nombreux à s’impliquer au niveau municipal pour améliorer le sort de leurs concitoyen.ne.s.
On parle et on montre abondamment les guerres qui sont menées un peu partout sur la planète. Mais les vrais guerriers ne sont peut-être pas seulement ceux que nous définissons ainsi.
___ La technologie nous met au courant dans la minute de tout ce qu’il se passe dans le monde comme atrocités, les journalistes, avides de sensationnel, nous inondant d’images violentes et barbares. Hélas les médias ne mentionnent pas (ou rarement) ce qu’il y a de beau, de bon et de simple dans le monde, ni à côté de chez nous. Je pense qu’il faut redonner de l’espoir et une image plus juste de la nature humaine. Une personne qui a vingt ans, en Europe, a vu plus de 40 000 images de morts violentes dans les médias. La technologie nous rend au courant de tout. Il y a une surdose de l’aberrant et du barbare. Cette distorsion phénoménale nous amène à l’idée du «mauvais monde». L’Homme serait mauvais. Le monde, un puits de violence. En réalité, elle n’a cessé de diminuer en cinq siècles. La plupart du temps, la vaste majorité des sept milliards d’êtres humains se comportent de façon décente les uns envers les autres. On oublie la banalité du bien.