
Juré craché. Hi ha ! Ce texte est gossé à la main, et c’est le gars de le dire.
Pas par Hi Ha, mais par ati par toutatis. Oui oui, par tout ati. Pas Tatie Danielle, ati supino. Par tout ati. Du moins, ses mains et une petite partie de son petit cerveau lent. Tant que le fil tient. Tête en l’air va. Un peu flyé et virevoltant ce texte qui ne sert absolument à rien… d’autre que de capter votre attention. Un texte décousu cousu de fil blanc à tordre et à retordre par le fils d’une couturière. Faut le faire, et le défaire. Me cherchez pas maille. Faut seulement chercher le sens sous toutes les coutures. Coup sûr. Goût sûr.
Ce texte est tapé à la bonne franquette, lettre à lettre, une lettre à la fois, tic tac tic tac, sans lettres de noblesse formant des mots dignes, des phrases dong et un gros tas de nonsense personnel, mais aussi très impersonnel car nous sommes tous le produit de nos sociétés respectives, actuelles et anciennes. Bien et mal de société de consommation. Et comme vous, mon ptit nom est personne.
Vous pouvez passer ce texte dans tous les logiciels détecteurs d’écrivains fraudeurs des grands chemins que vous voulez, vous ne trouverez aucune trace de fraude ici, de copie, de plagiat, ni de sens profond. Non sens unique. Tout au plus quelques soupçons d’influence de plaisir littéraire emprunté à Sol mon idole fofolle des mots et de leurs jeux. Jus de mots et smoothie de non-sens. Let’s dring to that.
Car moi j’aime jouer à l’écriveux, taper des lettres, et j’aime le faire moi-même, pas le faire faire par une machine. What’s the point virgule ?
Je me découvre quand j’écris, je me dénude. Mais je tape tout habillé. Je vois mon propre inconscient parfois un peu sale apparaître sur mon écran – delete delete – et je découvre en même temps que vous ce qui sort (ou presque) de la boîte à surprises que je porte sur mes épaules.
Coucou les mots. Lequel va sortir en premier ? Au plus fort la poche de lettres du grand jeu de scrabble. Scrambled eggs mes cocos ? Let’s make a toast !
Les mots poppent up et se propulsent hors de ma tête. À l’abordage. Ils se poussent et se bousculent dans mes doigts et foutent le bordel sur le clavier. Wo bec l’alphabet. Une lettre à la fois. et avancez par en arrière disait le chauffeur d’autobus. En passant, connaissez-vous la joke du chauffeur d’autobus ? Moi non plus, j’étais en arrière. Enwèye Hercule avance qu’il disait.
J’aime écrire sans but, moi le frère d’un gardien de but et ex-gardien sans but lui-même. Goaler un jour goaler toujours. Go l’heure et le temps file. Un mauvais cotton.
Que dis-je, je n’aime pas écrire, j’adoooore. Écrire sans dorer la pilule et suivre les idées qui pullulent. Car les idées ne disent jamais leur dernier mot. Il y en a toujours des nouvelles qui émergent, même elles ne sont jamais vraiment nouvelles. Comment peut-on inventer quoi que ce soit quand on utilise toujours les seules et mêmes 26 lettres ? On agence comme on peut, et si on est chanceux, comme on peut. Au fond, comme en surface, on ne fait que ressasser les mêmes vieilles idées, en les peignant autrement, en les lustrant différemment. On n’invente jamais rien, on ne fait que remanier de la vieille vie.
Le futur n’est que du passé recomposé, recyclé, et le présent, un ticadeau entre les deux. Fuyant, coulant, se sauvant du temps. Ce temps qui passe, même s’il n’existe pas vraiment. Pas certain si une machine pourrait penser à ça.
Plus sérieusement, mais pas tant non plus car faut garder le sens de l’amour, à force de ne pas arrêter le progrès, on se crée de beaux nouveaux problèmes trouvez pas ? Même plus moyen d’écrire sans se faire accuser de trichage. Même si c’en est pas, de la triche. Quel âge.
La vie était tellement plus simple avant.

Allez groupe, du moins les quelques paires d’yeux qui m’ont suivi jusqu’ici, je vous laisse tranquilles. Désolé, j’suis occupé.
Bon oui Ken, et Lulu Hughes (celle-ci requiert une connaissance minimale des canayen$ et du show business). C’est le temps des couleurs, sortez, r’gardez, sentez, ça c’est d’la vraie vie. Si beau de wow. Beauté naturelle.
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Le plagiat est une excellente chose, car on ne peut créer à partir de rien.
Angélique de Montbrun, le seul roman que j’ai «écrit», est au moins à 50% plagié.
Ça n’a pas causé scandale parce que j’ai revendiqué ce plagiat, que l’autrice du texte original ne peut pas trop se plaindre (puisqu’elle est morte depuis plus de cent ans), que je n’ai pas remporté de prix littéraire et qu’on n’a pas vu ma face d’ahurie sur les écrans du monde entier.
Il n’y a pas d’art sans plagiat.
Toute innovation repose sur une solide base d’idées, de concepts et de symboles hérités de millénaires de pratique artistique.
Ce n’est que parce que l’oeuvre est une marchandise que le plagiat cause problème, mais ce n’est pas le problème que vous croyez.
En se disant seul·e propriétaire de sa création, l’artiste confisque une part de l’expression artistique qui appartient à l’humanité entière.
C’est le même principe que les enclosures et la saisie des terres communales des débuts du capitalisme: la transformation en propriété de ce qui est commun à toute notre espèce.
Ce que les artistes ont fait individuellement, l’IA le fait à grande échelle: spolier le commun pour en faire une marchandise.
La différence entre les deux gestes n’en est pas une de nature, mais d’ampleur.
Le plagiat est un scandale seulement si l’art est une marchandise.
Si une oeuvre – nécessairement plagiée – permet le profit, les honneurs, la célébrité et l’obtention d’un statut social qui s’élève au-dessus de la plèbe, l’artiste passe pour un voleur, une voleuse.
Si l’oeuvre est une marchandise ratée – une marchandise qui ne génère pas d’argent ou de capital social – alors personne ne se soucie de la part de plagiat qu’elle contient.
Ce que je veux dire, c’est que le plagiat ne dégrade pas la qualité d’une oeuvre, puisqu’il ne peut pas avoir d’oeuvre sans lui.
Il ne fait qu’avarier sa nature de marchandise, mais seulement si l’artiste a quelque chose à perdre en se faisant taxer de plagiaire.
Vous vous opposez à la propriété ?
Un bon endroit pour commencer est de s’attaquer à celle qui se trouve dans nos esprits, la propriété intellectuelle.
Créez et plagiez, puisque ces deux gestes sont inséparables, donnez accès librement à vos oeuvres et fuyez la gloire.
Ce sera peut-être le début de quelque chose qui ressemble à une révolution.
– Anne archet, via Catherine Dorion sur FB
























