FAIRE DE SON MIEUX

Tu es un ptit bout de vie jouant un certain rôle pendant un bref moment.

Je pense à la mort ces temps-ci. Disons qu’elle se manifeste autour de moi et m’incite à penser à elle. Féminin la mort right ? J’imagine que c’est parce qu’on doit se laisser aller dans ses bras. Comme ceux de notre mère à notre arrivée ici-bas.

C’est que quelques proches et ami.e.s passent et trépassent ces temps-ci, ou sont sur le point de le faire. Quelques autres sont malades et rien n’est certain quant à leur proche avenir. Comme c’est le cas du nôtre d’ailleurs, jamais rien de certain. Mais certains reçoivent des signes.

J’imagine que le fait de penser davantage à la mort vient avec le fait de vieillir de corps. Et avec les réseaux sociaux qui nous montrent celles de plusieurs davantage qu’avant, alors qu’elle se passait plus discrètement, presque en cachette.

D’ailleurs, hier la citation postée ci-bas m’est passée devant les yeux, juste avant que je ne vois l’annonce d’une amie sur FB qui disait avec surprise et tristesse qu’un de ses plus proches amis qu’elle avait vu récemment venait tout juste de mourir subitement et qu’une autre annonce d’une connaissance de longue date annonçait que sa fille avait une maladie incurable. Deux trois clins d’oeil de Madame la mort en synchro coup sur coup. Ça m’a fait tiquer, et réfléchir.

Et me demander: Moi, petit bout de vie, suis-je prêt à mourir ? Pas mal oui que je me suis dit, si c’est ça que la vie veut. Le gros de la montagne est monté, on peut se laisser porter désormais.

Ai-je peur de mourir ? me suis-je aussi demandé. Je dis non maintenant, mais il parait que ça peut changer, qu’on peut devenir beaucoup moins brave quand elle se pointe pour de vrai, plus concrètement du moins. Qui vivra verra, et qui mourra le vivra.

Je crois que je pense plus à la mort ces temps-ci car je suis désormais officiellement à la retraite. Ce processus d’inscription à la pension nous reflète inévitablement qu’un certain bout de vie a déjà été vécu. On en a plus que la moitié de faite comme on dit. Je ne suis qu’un retraité sans expérience, je vais m’y faire.

Et alors, qu’est-ce que ce ptit bout de vie incarné dans un corps que je prends pour moi-même veut faire du rôle qu’il joue pour le reste du bref moment qu’on lui accorde et accordera ?

La question se pose, mais n’a pas vraiment à se répondre. On peut la laisser se déposer tout doucement, sans presse. La vie prend soin. La vie prend toujours soin. Car on ne peut qu’y aller un jour à la fois en ce grand voyage, et même un jour c’est déjà beaucoup. Pas garanti qu’on va même le vivre au complet. Et certains jours en comportent parfois plus d’un.

On va donc y aller une inspiration à la fois, chaque inspiration dans la foi. Et un pas en avant, pas par pas, et parfois aussi un ou deux pas en arrière car la vie est comme ça parfois. Comme certains pas qui se prennent mieux de côté. Quelle danse la vie. It takes two to tango : la vie pis soi. The rest will be history, et sera une autre histoire.

Et parfois, il n’y a même pas de pas à faire, qu’un surplace lent, calme et déposé, inutile même. Car à quoi ça sert la vie ? Sinon qu’à la vivre ? Qu’un moment de rien du tout. Et trois fois passera pas, ou pas. Pas à pas et petit patapon.

Comme le dit avec une drôle d’inspiration cette expression (via MF via Samano):
J’aspire à inspirer avant que je n’expire.

Alors, on va commencer par s’inspirer soi-même, par s’allumer, par se motiver et injecter du sens dans cette nouvelle journée qui s’offre à être vécue. Et on va prendre la journée d’aujourd’hui – jeudredi ? – pour ce qu’elle est, ce qu’elle sera, ce qu’elle apportera. Sans savoir, sans vouloir savoir. En disant oui à tout, comme oui à rien aussi. Toujours quelque chose la vie. Et toujours quelqu’un pour la vivre. Encore du moins. Pour un bout.

Je me souviens des paroles d’une personne qui est passée de l’autre côté et qui est revenue qui, lors de son passage, s’est demandé – ou s’est fait demander – si elle avait fait de son mieux pendant son passage sur terre. Elle a réalisé que ça n’avait pas toujours été le cas. Alors elle est revenue avec cette nouvelle mission de vie. Faire de son mieux.

Alors pendant que nous y sommes, faisons de notre mieux. C’est déjà beaucoup. Et le mieux qu’on peut faire.

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C’est clair que la plupart des gens ne sont pas prêts à mourir.
Ils continuent de finir des choses.
Ils remettent toujours à plus tard.
Ils s’imaginent encore avoir le temps.
Pour le mystique, l’approche est différente : Être accompli à chaque instant.
Tout ce qui devait être dit l’a été.
Tout ce qui devait être fait l’a été.
Alors, si la mort survient, il n’y a pas de lutte.
Pas de course effrénée.
Pas de panique.
Tout est fini.

Si vous saviez qu’il ne vous restait qu’une heure…
Qu’est-ce que vous n’avez pas fini ?
Qu’est-ce que vous n’avez pas dit ?
Qu’est-ce que vous n’avez pas fait ?
Parce que vous n’aurez peut-être pas une heure.
Vous pourriez mourir subitement.

On n’a que quelques minutes.
Les minutes sont comme de l’argent.
Les avez-vous dépensées judicieusement ?
Ou gaspillées en soucis, en ambition et en égoïsme ?
J’ai réalisé à 33 ans que j’avais gaspillé des années à courir après la richesse et le succès.
C’était en vain.
Ce qui est vraiment précieux, c’est…

L’amour.
Servir l’amour.
Aider les autres.
Aider la planète.
Aider les animaux.
Ces moments sont précieux.
Tous les autres moments sont du temps perdu.

On est tous mortels.
Es-tu prêt à mourir ?
Ou vas-tu lutter et paniquer ?
Le chemin vers une vie épanouie où chaque instant est précieux est celui du cœur.
Ni l’égoïsme.
Ni l’égocentrisme.
Le cœur.
Vous créez votre réalité.
Vous en êtes entièrement responsable.
Mieux vaut se préparer maintenant que d’être pris au dépourvu plus tard.

– Vishrant

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Et vu sur FB juste après avoir posté ma chronique

En 1975, j’ai lu le livre du Dr Raymond Moody, « La vie après la vie », dans lequel il interviewe plus d’une centaine de personnes ayant vécu des expériences de mort imminente (EMI).
Il y décrit comment, dans les derniers instants de leur passage de ce monde à l’autre, ces personnes repassent en revue toute leur vie, à propos d’un tunnel lumineux et d’êtres de lumière.
Ayant moi-même vécu plusieurs EMI, je me suis dit : « Pourquoi attendre ? Vas-y, repasse en revue toute ta vie maintenant et note tous les souvenirs marquants. »
Et c’est exactement ce que j’ai fait. J’avais déjà commencé à écrire mes premiers souvenirs.
Alors, quand mon dernier souffle arrivera, mon cœur sera rempli de paix et je murmurerai : Merci.

– Ron Whitehead

RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CRÉE, NI NE SE CROIT

Les choses ne se résolvent pas vraiment. Elles se rassemblent et se défont. Puis elles se rassemblent et se défont de nouveau. C’est comme ça. La guérison vient du fait de laisser de l’espace et du temps pour que tout ceci se produise; de l’espace et du temps pour le deuil, pour le soulagement, pour la misère et la joie.
– Pema Chodrön

Avec le temps qui file, qui passe et qui fait rider la peau, en même temps qu’on peut voir ce temps toujours faire du surplace, on finit par comprendre certaines choses. Notamment que tout passe. Moi, vous, nous tous et toutes. Et tout. De rien.

Et que, comme le dit Pema – vous permettez le Pema Mme Chodrön ? j’espère ne pas me mettre les pieds dans les plats – rien ne se résout jamais vraiment. Quel casse-tête à conjuguer ce verbe résoudre, I mean.

Non rien ne se résout vraiment. Les choses se rassemblent, viennent ensemble, s’entrechoquent, coulent – puis se défont. Et ainsi de suite la vie, on and on and on. Une suite de petits moments qui filent les uns après les autres. Ou en un même non-temps et dans différentes réalités c’est selon la nature de conception de la physique.

La guérison, quant à elle, se ferait un peu toute seule, par elle-même. Ou pas. Mais toujours avec du temps, et de l’espace. Et de l’acceptation.

On dit qu’on ne guérit jamais vraiment complètement des traumatismes que nous avons vécus jadis, qu’on finit seulement par les accepter, les intégrer et apprendre à vivre avec. I like. Gem. 😉

On dit qu’on doit apprendre à vivre avec nos cicatrices, avec nos manques, avec nos joies et nos peines, avec nos désirs inassouvis. À les digérer. Qu’on doit apprendre à laisser aller nos défaites, à les transmuter, à garder au coeur nos petites et grandes joies, tout en les laissant aller, sans regretter qu’elles soient choses du passé. Ainsi la vie va.

Ne pas nier le passé, ni souhaiter un avenir trop rose. Simplement apprendre à avancer jusqu’ici quand on fait du surplace dans un passé déçu ou nostalgique, et à simplement reculer dans le présent quand on se projette en avant avec un pied déjà dans un avenir trop voulu. Avancer sur place, sans bouger, ni trop monter ni descendre. Hercule, avance.

Werner Heisenberg dit ci-bas que tout émerge à partir de ce qui semble n’être rien. Le mot semble (appears) est important, et questionnant. Car rien peut-il vraiment exister ? Et est-ce que le tout peut n’être qu’un amas de petits riens ? Pensez-y. Mais pas trop car il n’y a peut-être rien là. C’est tout dire. De rien.

Il dit aussi en petits caractères ci-bas que : les atomes des particules élémentaires ne sont elles-mêmes pas réelles; elles ne forment qu’un monde de potentialités plutôt que quelque chose de concret, ou des faits.

On fait dans la physique ce matin messieurs dames. Toujours essentiel de faire dans la culture physique. On a appris ça à l’école. Car souvent, les gens aiment affirmer que certaines choses dans la vie ne sont pas une interprétation ni une illusion mais des faits bel et bien réels.

Mais qu’est-ce qu’un fait vraiment ? Et la réalité ?

Je vais vous laisser là-dessus pour tout de sweet car mon ami Pierre vient m’aider à bouger des pierres autour de mon étang – je sais mais c’est un fait bel et bien réel. Où l’est-ce vraiment ? SI je m’en échappe une sur un pied, une pierre je veux dire, je vous le dirai. Pas grand chose de plus concret qu’une pierre dans la vie. Surtout une qui n’amasse pas mousse.

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Plus il y a de moi, moins il y a de Dieu.
Notre orgueil, notre inquiétude, nos désirs de puissance et de plaisir sont des choses qui éclipsent Dieu.

– Aldous Huxley

PETITES BALIVERNES AU SUJET DE L’AMOUR

Une raison saine d’entrer en relation réside dans le fait de pouvoir aimer une personne. Il n’y a rien de plus précieux ici que l’amour, qu’aimer.

Bien sûr qu’on ne peut aimer davantage autrui que l’on ne s’aime soi-même.

Bien sûr qu’on ne peut aimer qu’une seule personne, mais bien sûr aussi qu’on ne peut pas aimer tout le monde. Comme on dit, aimer le monde entier est facile, mais aimer une personne à la fois est pas mal plus demandant.

Bien sûr que l’amour n’existe pas sans au moins un coeur pour donner et un autre pour recevoir. Ou peut-être que l’amour peut exister en soi.

Bien sûr que j’affirme avec des bien sûr de grandes vérités au sujet de l’amour sans en connaître tant que ça au sujet de l’amour. Amour est un mot facile à dire, comme à chanter mais le faire ? La job d’une vie, la job du coeur.

Mais qu’est-ce qu’aimer au juste ? Qu’est-ce que l’amour ?

Il y a le grand Amour de sa vie, comme dans les films, celui avec un grand A, comme il y a aussi aimer les tartes aux pommes. En anglais, ils font au moins une distinction entre liker et lover. En français, on aime un point c’est tout. Et si on aime beaucoup, si on aime bien, on dirait qu’on aime un peu moins que si on aime tout court. Long apprendre à aimer.

On ne connait jamais vraiment ni totalement ce en quoi consiste aimer car l’amour est un grand mystère qui revêt de nombreuses formes.

Chez certaines premières nations, on dit que le mot amour n’existe pas, il n’y aurait que le verbe aimer. L’amour ne peut que se conjuguer. Ni au passé, ni au futur, qu’au présent. L’amour ne peut exister sans des êtres qui le font, qui l’expriment, qui le vivent. Makes sense non ? On n’a jamais vu un ptit tas d’amour tout seul sur le bord du chemin. Ça prend quelqu’un ou quelque chose pour l’incarner, pour lui donner vie. À moins que ce ne soit l’amour qui nous donne vie.

Bien sûr, et peut-être bien. Plausiblement, possiblement, probablement.

Une définition de l’amour se dit du parfum que répand la fleur quand on marche dessus. Dur mais beau non ? Ça me fait penser à l’amour du Christ ou du Bouddha. Un amour plus grande que soi, un amour qui transcende sa propre personne, sa propre existence, un amour de service, un amour au service de l’amour. D’ailleurs, Veeresh utilisait souvent l’expression Love in Action.

Il s’en est dit des choses au sujet de l’amour, et il s’en dit toujours. Et ça continuera car amour rime avec toujours.

Mais quoi qu’on en dise, quoi qu’on fasse, l’amour reste toujours à faire. Que lui nous fasse, que nous le fassions. L’amour demande toujours à se dépasser, à se consumer, à se mettre en action et à se vivre. Entre deux personnes, et plus. Entre deux organismes vivants, peu importe qu’il y ait langage ou pas pour le nommer. L’amour veut se faire, malgré la folie de la guerre.

Toute la vie est amour. Et peut-être aussi que toute la haine du monde est aussi amour. Un amour qui a peur, un amour mal dirigé, un amour de tête qui pense qu’il doit blesser les autres pour préserver les siens. Bien sûr que je ne sais pas, et que je n’en sais rien.

Écrire au sujet de l’amour alors qu’il y a tant de manifestations de haine en ce bas monde. Peut-être l’idée justement. Se mettre à aimer autant et même plus que certains haïssent, détestent, ont peur. Pour équilibrer, pour ramener l’amour au premier plan car on en a tant besoin. L’amour exige toujours plus de nous.

Aimer sans savoir, aimer sans vouloir être aimé en retour. Comme St-François d’Amour.

Aimer for love’s sake. Aimer par amour, aimer pour l’amour. Pour que l’amour finisse par nous consumer, par gober toute la peur et la haine. Car si le mot amour n’existe pas et qu’il ne peut que se conjuguer, laissons justement ce verbe nous faire bouger, nous motiver, nous animer. Si le mot amour n’existe pas, soyons l’amour. Amourons. Amour de soi, amour de soie. Doux amour.

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La vraie pauvreté n’est pas dans le fait de ne rien avoir, mais dans le fait de n’être possédé par rien.

Il y a des pauvres qui sont encombrés de leurs richesses imaginaires, comme il y a des riches qui ont appris le détachement.
L’Évangile nous appelle à cette liberté intérieure où l’humain cesse de se cramponner à lui-même pour devenir un être d’accueil et de communion.
Car aimer, c’est toujours se déposséder de soi au profit d’une présence plus grande que soi-même.

– Maurice Zundel, Retraite sur les Béatitudes et la pauvreté évangélique, via Cristina RJ

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L’amour dans toutes les langues, toutes les mains et tous les coeurs.

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La première chose à comprendre est donc : ne confondez pas relation, couple et amour.
Même si vous faites l’amour, même si vous avez une relation sexuelle, le sexe est, lui aussi, à la périphérie.
À moins que les centres se rencontrent, le sexe n’est que la rencontre de deux corps.
Et la rencontre de deux corps n’est pas votre rencontre.
Le sexe, lui aussi, reste une relation superficielle, physique, corporelle, mais toujours superficielle.
Mais vous ne pouvez permettre à quelqu’un de pénétrer jusqu’en votre centre que si vous n’avez pas peur, que si vous n’avez aucune crainte.
Aussi, je vous dis qu’il y a deux sortes d’existence.
L’une est dirigée par la peur, l’autre par l’amour.
Vivre dans la peur ne pourra jamais vous permettre une relation profonde.
Vous restez craintif et vous ne pouvez laisser faire l’autre : vous ne pouvez lui permettre d’entrer en vous vraiment jusqu’à votre cœur.
Vous tolérez l’autre jusqu’à un certain point, et puis c’est le mur et tout s’arrête.
Celui dont la vie est tournée vers l’amour est l’être religieux et spirituel.
Être tourné vers l’amour veut dire : ne pas avoir peur de l’avenir, ne pas avoir peur du résultat ni des conséquences : vivre ici et maintenant.

– Osho

OBSERVER 100 JUGEMENTS ET SANS CESSE

La capacité d’observer sans juger constitue l’intelligence pure dans sa forme la plus élevée.

Quel bel objectif que celui de viser à observer sans juger. Mais on n’en est pas là encore right ? Beaucoup de chemin à faire avant d’en arriver là, si jamais on y arrive un jour. Et même la nuit car le mental continue de rouler et de faire sa job de magistrat suprême même quand on dort.

Le monde est un miroir aux 1000 jugements. Aux jugements incessants. Pour ça probablement que certains choisissent de ne plus s’y regarder. Mais pas parce qu’on ne se regarde pas dans le miroir du monde qu’on va devenir libre de jugements. On va seulement les déplacer sur autre chose, sur autrui. Ou pire, sur soi-même. En fait, possiblement qu’on déplace les jugements qu’on entretient face à soi-même sur le monde.

Moi en tout cas, j’en suis encore bien loin du sans jugement, plus près du 100 jugements incessants. Je suis encore à tenter d’observer mes jugements qui roulent en boucle sans tomber dedans, sans m’y perdre ni m’y engouffrer.

J’ai abandonné l’idée d’arrêter de juger depuis longtemps. Trop de trouble. Mission impossible. Ça juge non-stop up there. Simplement observer mes propres jugements qui défilent sans cesse constitue un terrain de pratique bien suffisant pour le moment. Et depuis longtemps. Et toujours au stade de débutant j’en suis. En matière de watchage de jugements, nous sommes toujours des débutants. Car les jugements come and go en boucle, tournent sans fin. Pas de message THE END à la fin du film. Ça déroule tant qu’il y a de la vie, et de la bobine dans nos botines.

Si vous voulez un bon terrain de pratique, regardez la game politique, notamment celle au sud de notre frontière. Matière à jugements là for sure. Même ici, pas nécessairement plus beau la game. En fait toute la game politique semble corrompue. Pas nécessairement toutes les personnes qui la jouent, mais la structure politique en tant que telle semble profondément viciée. Pas certain si c’est là que les vraies décisions se prennent. Comme les actions du gouvernement de Netanyahu en Israël, carrément inhumain. Bien difficile de watcher ça sans réagir. Et sans juger.

Évidemment que nous ne sommes pas obligés de nous confronter à regarder le monde jusqu’à l’état de sans jugement. Mais même sans trop regarder dehors, et les organes de presse qui nous relient au monde dans lequel on vit, la machine à jugements continue. On remet souvent en question ce que l’on pense, en fait ce qui se pense en nous car même là on n’a pas vraiment de contrôle. On ne décide pas de ce qui se pense en nous. Ça pense et on se doit d’observer. Sans juger ? Bon chance.

Parfois aussi, on questionne même ce que l’on ressent. On juge ce que l’on ressent. Pourtant, s’il y a quelque chose à quoi on devrait faire confiance, c’est bien notre ressenti. Quoique nos ressentis ne sont pas complètement déconnectés de nos croyances, qui, elles, engendrent en partie nos jugements. Pas si simple la vie.

Nos jugements reposent souvent sur la nature de nos croyances, sur la dualité de nos croyances: je crois que quelque chose, ou quelqu’un, est bon ou souhaitable, mon ressenti sera agréable, et j’en voudrai plus, encore. Au contraire, je considère que quelqu’un ou quelque chose est mauvais, alors je le condamne, et cela ne devrait pas être. Un peu sommaire mon affaire mais vous voyez le concept right ?

Tant qu’on n’acceptera pas tout ce qui existe est parfait tel quel par le simple fait que ça existe, et en particulier ce que l’on juge comme négatif et malsain, ce que l’on voudrait qui disparaisse car nous dérangeant trop dans notre petit confort de bien pensant.

Dès que quelque chose ou quelqu’un nous dérange, plutôt que de souhaiter le voir disparaître, si on regardait en soi ce que ça dérange, ce que ça fait réagir ?

Osho nous disait souvent de faire une distinction entre réaction et réponse. Une réaction est automatique, spontanée, résultant d’un individu ou d’un événement extérieur. C’est elle qui prend place en premier. Si on prend le temps de la sentir, la reconnaître, la faire sienne, on peut ensuite répondre adéquatement au stimuli l’ayant déclenché.

Je sais, plus facile à écrire qu’à faire. C’est pour ça qu’on dit que la vie en entier est une pratique spirituelle. Jusqu’à notre dernier souffle, la pratique va continuer. Chaque événement ou personne que la vie nous reflète représente un ptit bout de miroir de soi-même. Souvent, on choisit nos ptits bouts de miroir, préférant ceux qui nous allongent au détriment de ceux qui nous élargissent. Les boutiques de vêtements ont compris ce principe.

Certains choisissent de ne plus regarder le monde car ce dit monde suscite trop de jugements, trop de réactions négatives. Oui, en effet, le monde est matière à jugements.

S’il n’est pas si simple d’observer le monde en se regardant soi-même, ce monde trop souvent haï et jugé négativement peut nous informer sur nous-même. Du moins le reflet qu’il nous procure. On dit que lorsqu’on regarde le monde, ce n’est pas vraiment le monde qu’on voit, ce sont nos jugements par rapport à celui-ci, et ultimement, par rapport à nous-même. On se projette dans et sur le monde, alors qu’au fond, c’est toujours soi-même que l’on regarde, et qu’on observe.

C’est pourquoi le sage dit : je suis le monde.

Alors, regardons pour voir. Et observons pour se voir. Les yeux ouverts, comme les yeux fermés.

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Chögyam Trungpa Rinpoché a dit un jour que la méditation est un acte de sagesse.
Je pense que bien des gens comprennent pourquoi c’est si important en ce moment.
Le monde est tellement trépidant.
Tellement d’indignation, de stimulation, d’anxiété, de réactions et de bruit que le système nerveux a rarement le temps de se calmer avant qu’un autre élément ne surgisse.
L’attention est constamment sollicitée, et au bout d’un moment, on ne remarque plus l’impact que ça a sur le corps, l’esprit et le cœur.
Tout devient urgent.
Tout devient personnel.
Tout devient insupportable.
Et ainsi, étrangement, le simple fait de s’asseoir et de rester immobile prend une dimension radicale.
Pas parce qu’on se coupe du monde.
Mais parce qu’on refuse d’être complètement emportés par lui.
La méditation ne fait pas disparaître l’incertitude, les conflits, le chagrin ou les difficultés.
Elle accomplit quelque chose de plus simple et de plus profond : elle nous aide à rester suffisamment présents pour affronter la vie sans réagir immédiatement de manière impulsive.
C’est en partie ce que Trungpa Rinpoché avait si clairement compris.
Dans un monde organisé autour de la vitesse, de l’agressivité et des distractions incessantes, la volonté de faire une pause, de respirer, de ressentir son corps et d’être simplement présent est déjà une autre façon d’appréhender la réalité.
Une façon plus saine.
Bien avant que les neurosciences ne nous donnent les mots pour décrire les réactions au stress et la régulation du système nerveux, les traditions contemplatives reconnaissaient que l’attention transforme l’expérience.
Quand on s’assoit tranquillement et qu’on suit notre souffle, le corps s’apaise. L’esprit se libère de son propre tourbillon.
On commence à observer nos pensées et nos émotions sans s’y identifier immédiatement.
Et lentement, quelque chose change.
Pas le monde.
Mais notre relation avec le monde.
En ce moment, ça me semble plus important que jamais.
Parfois, la chose la plus saine à faire est de s’arrêter, de s’asseoir et de revenir au moment présent.

– Diane Musho Hamilton

LÉGER FLYDAY GIVRÉ DE MAI

C’est le plein temps lecteurs/trices. Fait beau. Pas encore chaud chaud le show printanier mais ben ben beau.

Bleu en haut, avec sa boule jaune qui tourne en l’air. L’air de rien, c’est le printemps à plein temps. Avec des milliers de ptits verts tendres à faire pâlir d’envie l’équipe de designers de la palette de couleurs chez Sico. Un brin psycho ces designers de toutes sortes de noms de couleurs. Vert meilleux. Vert solidaire. Vert meille ou mère vert. Vert tige de noms de couleurs. Tous les verts pointent vers l’été. Verts qu’à moitié pleins pour le moment. Mais vides de tracas en tous cas, comme libre de fracas. Sans frimas. Quoi que ce matin, c’est le point zéro ici de wow. Et les ptits verts ont un brain pâli. Kôliss. Ça glisse.

Parfois, le vendredi, je me la lâche lousse la boule qui me r’tourne au-dessus de mon ptit moi-même. J’écris foufou partout, nono tant qu’il me faut, tata sur les bords. Mais toujours sur mon clavier que j’écris, et que, chroniquement, je me tape de la chronique. En usant de la virgule à la pelle.

Et ce matin avec ces ptits verts tributaires de la renaissance de la terre nature, je n’écris pas gris. C’est juste si je ne cries pas. J’écris le coeur ouvert, le coeur tout vert, le coeur à l’envers de l’hiver duquel on vient de sortir. On y a goûté cette année. À la neige incolore, indolore, insonore. La neige ne goûte rien mais coûte beaucoup. Insipide mais pas invisible. Qu’en été qu’elle l’est. Eau eau eau. Coûte que coûte et goutte par goutte.

Ah la neige insolente, innocente, isolante et ISO 100, et lente à partir. Y en avait encore un ptit tas ici jusqu’à vendredi dernier. Jusqu’à la mi-mai l’hiver cette année. Enwèye bonhomme mime l’hiver et à ton tour d’aller hiberner dans ta caverne d’ali Baobab. Tu r’viendras nous voir en novembre. C’est ben pour dire en pas pour rire. C’est pour la rime et c’est pas de la frime crime. Puff and rough. Oui j’écris en frenchglish en friche. Oui, je sais, je triche en chriche.

Petit fly day matin un brin flyé de cette fin de mai yéyé. Mais oui. May West. Go west island young man.

Petit fly day matin flyé pour ne dire à peu près rien qui vaille, et pour tout dire le monde et ses failles. Mais tout de même, toujours de l’avant faut qu’on aille. De l’avant, toujours de l’avant, sans r’garder en arrière car par là, rien qui ne vaille. Aller de l’avant, en vivant dans le présent. Certains vont de l’avant en reculant, les deux pieds sans lien avec leurs deux babines, bla bla bla, talk talk talk et walk walk walk.

D’autres, vers l’avant ils vont, mais de reculons. Ben voyons donc. Si on va de l’avant de reculons, est-ce qu’on fait du sur place ? Et si on fait du surplace, se retrouve-t-on encore et toujours dans le moment présent ? Plaisant ou déplaisant ? L’hiver, c’est du surglace qu’on fait ? On va mettre ça sur la glace jusqu’à novembre à la place. Pour une couple de piasses.

Avance ou recule, on fait toujours du surplace ici maintenant. C’est tout ce qu’on a fait jusqu’ici, et d’ailleurs, c’est tout ce qu’on fera jusque là-bas. Ce là-bas qui ne sera toujours qu’un autre ici parmi d’autres quand il sera à répondre présent. Plus on avance, plus on est ici. Ici, qu’ici. AC DC qu’y disaient.

Vous connaissez l’histoire du cheval Hercule qui est devenu fou ? Ben oui, son maître lui criait sans cesse: enwèye Hercule avance ! Avance Hercule ! Excusez-là même pas celle-là, elle est déjà pardonnée, oubliée même. C’est la beauté de la faculté de la mémoire qui oublie. On peut oublier ce à quoi on ne veut pas penser. Pensez-y. Mais pas trop. Ou oubliez ça.

Petit matin givré en dedans, comme en dehors encore. Petit matin de wow. Be oui, encore. On doit attendre avant de planter. Mais pour se planter soi-même, y a pas de sot moment. On peut toujours faire un Sol de soi. Ou un Gobe laid et créer de la beauté. Beauté dans la terre, comme dans les airs qu’on fredonne en jardinant. All is music.

Et si ça vous dit de swinger votre propre compagnie à partir de la semaine prochaine, toujours possible. Car juin est vraiment pas loin, juste l’autre bord du dernier coin de rue de mai. Juin s’en vient. C’est bien, et pas très loin. Et l’été avec. Viva Primavera ! Et qui vivra shakera. Presque comme la chanteuse. Givré je vous disais le chroniqueur croque niqueur. Ben quoi, c’est flyday morning et samedi sait.

ÂMES EN CHAIR & RÉFLEXIONS SUR L’ÂME ET LE CORPS

Tu n’as pas une âme, tu es une âme. Tu as un corps. – C.S. Lewis image piquée à Benoit 😉

Nous nous identifions habituellement à notre corps. Dans cette optique, pas surprenant que la mort nous semble terrifiante. Comme si on vivait avec la certitude de disparaître au fil d’arrivée, et soit on va finir enterré.e ou brûlé.e. Pas un débouché très positif ni encourageant.

Je préfère ce concept qui avance que nous soyons plutôt une âme qui s’incarne dans un corps à la naissance – un peu avant disons – pour un certain temps, pour un temps incertain. Ça allège, ça soulage. Ça permet une suite possible. Ça ouvre sur autre chose.

Et notre corps, ce n’est pas un don, ce n’est pas à nous. Qu’un contrat de location à plus ou moins long terme qu’on a nous fait signer mais on a oublié, on le prend personnel.

. Dans ce monde si matérialiste, où la plupart des gens s’identifient à leur enveloppe charnelle, on vit en quelque sorte en surface. Me, my Selfie and I. Un peu comme si une auto se prenait pour son propriétaire, son/sa conducteur/trice.

Avec les années qui passent, notre rutilante et jadis nouvelle fougueuse voiture sport devient graduellement un char usagé, jusqu’à devenir éventuellement une bagnole usagée, une minoune qui finira à la cour à scrap. Oh, bien sûr, notre corps physique est davantage un temple qu’un char si on le considère ainsi. Mais néant en moins, il vieillit toujours un peu plus.

Quand une âme se souvient que c’est elle qui a squatté un corps pour quelques années plutôt que de se retrouver prisonnière d’un habit de chair, ça lui donne de l’éclat, Ça donne de l’expansion à sa brillance, à son aura. L’aura score. Excusez-là. Comme l’impression que c’est pour cela que certaines personnes brillent plus que d’autres, elles se savent plus âme que corps, elles se souviennent pour de vrai, comme nous le rappellent pourtant nos plaques d’immatriculation au Québec sur nos bolides.

En fait l’aura serait peut-être l’éclat de la lumière de l’âme qui déborde de notre corps.

Il y a quelques années, je me souviens d’être allé voir une amie dont le corps venait tout juste de mourir à la maison de soins palliatifs. Quand je suis rentré dans la chambre où reposait encore son corps tout fraîchement mort, c’est comme si j’étais entré en elle, comme si j’avais pénétré dans l’antre de son âme. Je la sentais encore autant présente qu’avant, sinon plus encore. Du moins, autrement. Car on dit que l’âme flotte autour du corps pendant un certain temps après la dernière expiration et le dernier battement du coeur. D’ailleurs, son corps sans âme active désormais n’était plus du tout semblable à l’avant, lorsqu’il était animé de son âme.

Personnellement, c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que nous sommes bien davantage une âme qu’un corps. Et que la vie continue après la dernière expiration. Car un corps sans âme n’est plus du tout la personne que nous avons connue jadis. Un corps sans âme n’est pas vraiment quelqu’un, ce n’est qu’un corps tout court, un contenant à âme, un corps de membres sans force vitale, sans essence. Un char pus de gaz.

Bien sûr qu’on devra sûrement attendre le trépas ultime pour avoir la preuve confirmée de cette théorie, pour vivre l’expérience. En fait, pour la mourir pour de vrai. Mais déjà, ceux et celles qui sont passés de l’autre bord et qui sont revenus, nous l’ont dit, nous l’ont raconté un peu. Légèreté et lumière blanche etc.

Et si nous sommes davantage une âme qu’un corps, le passage ultime ne nous fait pas disparaitre complètement. Comme la naissance ne nous a pas créé à partir de rien. La mort de notre corps ne fera que révéler une autre facette de notre âme, une grande libération.

Alors vivons à mort d’ici là.

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Le vrai tombeau des morts, c’est le coeur des vivants.
Le moine Rigord 

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Ce n’est pas la mort qui prend les gens, c’est l’oubli.
On meurt quand on n’est plus dans le cœur de personne.

– Christian Bobin, La Plus que vive

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Il y a tellement de choses à étudier, mais tu vas mourir. 
Alors, concentres-toi sur l’essentiel. 
Explore ton esprit. 
Approche-toi le plus près de ton esprit. 
C’est là que se cache le trésor.
– James Low

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Cette vie, la vie future et le bardo ne font qu’un : « Lorsque vous rencontrez des difficultés, comme une personne qui vous cause des ennuis, cela semble être un obstacle à votre pratique du Dharma.
Mais lorsque des pensées et des sentiments surgissent dans votre esprit, méditez.
Plus tard, dans le bardo, après votre mort, les mêmes tendances habituelles surgiront et vous feront souffrir.
Les mêmes pensées et sentiments qui surgissent maintenant surgiront également dans le bardo. »

Jigten Sumgon a dit : « Moi, un yogi, j’ai réalisé que cette vie, la vie future et le bardo ne font qu’un.»
Sachez que toutes ces pensées et sentiments sont des illusions et méditez.
Avec une conscience claire, observez-les directement et ne vous y accrochez pas.
Si vous ne vous accrochez à rien, bon ou mauvais, votre réalisation s’améliorera considérablement.

Une personne ordinaire pourrait penser : « Je dois me débarrasser de tous mes problèmes, je n’en veux aucun.
Je veux seulement connaître le bonheur et la félicité sans aucune difficulté. »
Ne soyez pas ainsi.
Pratiquez plutôt face à la souffrance et aux difficultés. Les sentiments négatifs qui naissent des circonstances difficiles et ceux qui naissent des pensées perturbées sont tous identiques.

Lorsque vous méditez et comprenez que ce ne sont que des pensées fictives, l’expérience du problème disparaît instantanément.
En vous habituant à cela, quelle que soit la difficulté rencontrée, elle vous sera bénéfique.
On peut dire que Milarépa a enduré des épreuves réelles, comme la famine.
Cependant, la plupart de nos difficultés ne sont que mentales.

—H.E. Garchen Rinpoche (July 2020, Arizona)

Et ça ne sera peut-être pas si triste que ça finalement

POINGS DE VUE

Nous nous attachons à notre point de vue comme si le monde entier en dépendait. Mais nos opinions n’ont aucune permanence.
Mais telles les saisons, elles passent leur chemin.
– Zhuangzi, maître Taoïste

Il existe des milliards d’opinions diverses et différentes dans le monde. En fait, le monde est un méga bol de soupe aux opinions gratinées. Même chacun.e de nous est un grand bol en soi.

Individuellement, nous adoptons des points de vue obtus, têtus, joufflus, dans le sens qu’ils occupent trop de place et nous bloquent la vue, On les considère souvent comme plus importants que ceux des autres.

Mais d’où viennent ces divers points de vue qui nous bloquent tant la vue et auxquels nous tenons tant ? La question se pose. Et la réponse peut être dérangeante. Ou fuyante.

Tanné.e.s vous aussi de voir le monde avec tant de petitesse et de rigidité ? De voir s’entrechoquer les diverses opinions comme si chacune était la plus importante et la seule qui vaille et voulait dominer toutes les autres ?

Les opinions et les points de vue constituent des oeillères, des grilles de lecture qui rendent le monde plat – et plate – et unidimensionnel. Un peu plate de toujours voir le monde de la même façon. On peut se surprendre soi-même parfois, ça rend la vie plus excitante. Fun fun fun de changer d’idée.

Car au cours d’une vie, notre vision du monde change sans cesse et changera inévitablement à de nombreuses reprises. Sain. Inévitablement et inexorablement notre perspective changera. C’est le propre d’un point de vue: une perspective sur un ptit bout du monde à un moment donné.

Mais cette perspective se modifie au fur et à mesure que nous évoluons, grandissons, maturons. Au fur et à mesure que nous comprenons le monde différemment, au fil de nos expériences et de nos diverses compréhensions.

This too shall pass est un dicton qui dit tout.

La vie est un flow, un courant, une rivière, une énergie qui bouge, fluctue, se modifie. Et nous sommes tous et toutes dans le bain, parfois un lac tranquille, parfois une grosse piscine à vagues. L’idée consiste à apprécier le cycle de la grande laveuse au fur et à mesure. Une grosse brassée la vie, avec ses remplissages et ses vidages, ses spins et ses rinces.

Tout un art d’apprendre à accepter ce qui est quand c’est, comme que c’est.

Et à laisser aller avec grâce et acceptation. La job d’une vie. Jamais complétée.

Certains cycles sont délicats, et on doit y aller mollo, mais parfois quand ça spinne, faut que ça spinne et on dit que c’est toujours moins pénible quand on suit le courant et qu’on se laisse aller avec le flow.

Et comme Osho le dit: sitting silently, doing nothing, the grass grows, and the spring comes by itself.

Parfaite occasion de prendre un ptit 5 minutes pour se laisser aller non ?

DONNEZ ET VOUS RECEVREZ QU’IL DISAIT

Rappelez-vous que lorsque vous quitterez cette terre, vous ne pourrez apporter avec vous rien de ce que vous avez reçu – que ce que vous avez donné; un coeur plein, riche d’un service honnête, d’amour, de sacrifice et de courage. – St-François d’Assise

St-François est un cas rare dans la gang à Jésus, un gars rare. Parait qu’il parlait aux plantes et aux animaux. Il devait être végane lui c’est certain.

D’ailleurs voici sa prière:

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix!
Là où il y a la haine, que je mette l’amour;
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon;
Là où il y a le doute, que je mette la foi;
Là où il y a le désespoir, que je mette la confiance;
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie;
Là où il y a l’obscurité, que je mette la lumière;
O. Maître Divin, que je ne cherche pas tant
D’être consolé que de consoler,
D’être compris que de comprendre,
D’être aimé que d’aimer
Car c’est en me donnant que je recevrai;
C’est en pardonnant que je serai pardonné;
C’est en mourant que je naîtrai à la vie éternelle.

Quand on commence à appliquer son enseignement, on réalise pour de vrai que le plaisir réel et profond consiste à donner. Que faire plaisir à autrui fait plaisir à soi-même. Et ça devient contagieux et exponentiel: plus on donne, plus on reçoit. Ça marche pour vrai.

On pense généralement qu’avant de donner, on doit tout d’abord accumuler et lorsqu’on en aura assez – mais quand en a-t-on assez au juste right ? – alors seulement on pourra partager, donner, redistribuer.

Mais si l’équation fonctionnait dans le sens inverse ?

Si on commençait plutôt par donner, partager, faire circuler et qu’ensuite, les choses se mettaient à arriver ? Intéressante twist non ? Mais on ne peut pas faker la leçon: on ne peut donner dans l’espoir que si on donne, on recevra. On donne tout simplement et le simple fait de donner apporte joie et satisfaction. Et si la vie redonne tant mieux, c’est du bonus. Mais si on apprend à prendre plaisir à donner, la job est faite.

Et ci-bas, dans le même sens, une vérité crue de la tradition bouddhiste : Tout ce que vous pensez être disparaîtra. Les titres. La fierté. L’argent. L’ego. Le pouvoir. Rien de tout cela ne vous suivra. Rien de ce à quoi tu t’accroches ne te survivra. La seule chose qui restera sera comment vous avez traité les gens: la douleur que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve. Longtemps après que tu sois parti.e, c’est ce dont on se souviendra de toi. Choisis prudemment: chaque jour, tu construis ton héritage.

On parle beaucoup de redistribution de la richesse ces temps-ci. Peut-être que certains pogneront le message ?

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Un jour viendra
Ton nom va tomber dans l’oubli.
Tes titres seront oubliés.
Ton argent changera de mains.
Ton ego va disparaître sans laisser de traces.
Tout ce sur quoi tu as bâti ton identité disparaîtra discrètement.
Ce qui restera est d’une simplicité douloureuse : la façon dont tu as traité les autres, la peine que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve.

– anonyme
En fin de compte, ton héritage ne se mesure pas à ce que tu possédais, mais à ce que tu as laissé dans le cœur des autres.

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Piste 4 de l’album Os Hinos do Vale da Vida (2020) dédié à Jean-Patrice Desjardins (RIP) / enregistré à Val-David le dimanche 30 août 2020 / work encore et toujours in progress…

Charles Johnson: guitare et captation visuelle et sonore
Guy Richer : contre-basse
Raoul Pereira : percussions
captation audio et vidéo : charlesjohnson.ca

4- SAO FRANCISCO DE ASSIS
(traduction française ci-bas)

Você andou com animais
Falando com arvores também
Vivendo humildemente
E tão facilmente

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Você andou pelos caminhos
Você se parou aqui e la
Dando todo o seu amor
A aqueles que encontrou

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Ciao… Francisco de Assis

4- SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Tu as marché avec les animaux
et parlé aux arbres aussi
Tu vivais humblement
Et si facilement

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Tu as parcouru les chemins
Tu t’es arrêté ici et là
Donnant tout ton amour
A ceux et celles que tu as rencontrés

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Ciao… Francisco de Assis

DE MOINS EN MOINS – PLUS OU MOINS DU MOINS

Tout ce dont vous avez besoin est moins…

Avec les années, on dirait bien que nous avons de moins en moins de besoins, ou de plus en plus besoin de rien. Comme si, quand on n’a rien, tout y est et nous sommes complets. En fait, on a de moins en moins besoin d’être quoi ou qui que ce soit aussi. Simplement être fait la job. Ni être quelqu’un ou quelque chose, être est suffisant, et n’être rien encore mieux.

Une des choses que J’apprécie de plus en plus avoir de moins en moins besoin de faire est de me plaindre. De nter – et de mentionner – ce qui me manque, ce qui devrait être autrement. Pas encore rendu à rien rien rien, mais on the way. Car tout est rien qui finit bien.

Et comme le dit Eckart Tolle, chaque plainte est une petite histoire créée par le mental en laquelle vous croyez complètement.

Quand on décide d’apprécier ce qui est pour ce que c’est, la vie telle qu’elle se présente à nous, et non comme on voudrait qu’elle soit, la vie devient tellement plus simple.

Avec les années, on a de moins en moins envie de se casser le bécyk. De plus en envie et besoin de prendre les choses telles quelles, telles qu’elles viennent, telles qu’elles sont, et de ne plus tenter de tout changer. Trop de trouble, trop fatiguant, trop compliqué.

De plus en plus envie d’être tout bonnement, et bien humblement, simple d’esprit, borderline stupide, comme dans Keep It Simple Stupid. Garder les choses simples, et ne pas trop m’intéresser aux ragots et aux qu’en dira-t-on. Après toutes ces années, je réalise que le diction vivre et laisser vivre est une bonne idée finalement. Suffit de l’appliquer.

En cette fin de semaine de la Reine, de Dollard et/ou des Patriotes – parlez-moi de faire compliqué quand on peut faire simple – j’ai juste envie de chanter avec mes ami.e.s, de prendre le temps pour ne rien faire, du moins pas grand chose, de me la fermer, d’écouter les oiseaux, d’ouvrir mon coeur et de mettre ma tête à off.

Bon long week-end chez-vous aussi. On nous annonce même l’arrivée du printemps.

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NE CRITIQUEZ PAS ET NE JUGEZ PAS – AIMEZ SIMPLEMENT
Ne vous souciez pas de ce que font les autres, ne les critiquez pas et ne les jugez pas pour leurs pensées et leurs actions dualistes ; concentrez-vous seulement sur votre propre esprit.
Une fois complètement libéré, vous pourrez aider les autres à se libérer.
Libéré, vous devenez comme un lac d’eau chaude, faisant fondre naturellement toute glace que vous touchez.
Alors, ne scrutez pas les paroles ou les actes des autres, laissez-les être, aimez-les, soyez bienveillants et concentrez-vous d’abord sur votre propre libération.
Nous ne parvenons pas à nous défaire des pensées dualistes qui étiquettent et jugent parce que, même si nous sommes intelligents, notre amour est limité, il n’est pas encore infini.

~ Garchen Rinpoché

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LESS IS MORE (MORE OR LESS) 

More and more and more and more / I feel that I am disappearing

More and more and more and more  / I feel that I am dissolving into the one

More and more and more and more  / I feel that I am becoming less and less

More and more and more and more  / I feel that there is no one in here
More and more and more and more  / I feel that there is no one out there

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Et ça, ci-bas, c’est quelque chose !

On finira demain alors… ou plus tard…

HEIN ? COHÉRENCE ?

Lorsqu’un système complexe s’éloigne de l’état d’équilibre, de petites îles de cohérence dans une mer de chaos ont le don de faire passer l’ensemble du système à un ordre supérieur. – Ilya Prigogine

Nous vivons dans un monde complexe. Un système mondial de plus en plus complexe. Et chaotique. Tellement qu’il est complètement impossible de le saisir dans son entièreté. On dit d’ailleurs que le système nerveux humain n’est pas construit pour traiter autant d’information qu’on nous propose en ce moment, et de ressentir autant de sensations. Makes sense.

Si on ne peut trouver de cohérence dans le monde, Il nous faut alors chercher un équilibre dans notre proximité plus immédiate, juste ici, en soi et autour. Pas que le monde finisse là, au contraire, mais il y commence et là qu’il s’y déroule.

Car le monde est vaste, trop vaste pour qu’on puisse y trouver un seul sens, un sens unique. De plus en plus une autoroute de la désinformation. Le sens ne peut que se trouver en soi et par la suite, prendre de l’expansion, se diffuser et s’expandre.

En fait, ce que l’on nomme le monde n’existe pas vraiment d’ailleurs. Il n’existe que dans l’absolu, dans l’imagination, dans ses divers reflets qu’on se met dans l’oeil et dans les oreilles. On ne perçoit que quelques petites bits de la vaste et complexe réalité du monde à la fois. Et souvent, on prend le monde pour ces petites bits d’information. On prend le monde pour le trou du beigne et soi pour le nombril du monde. On pense que le monde est notre ptit motton. Excusez-là.

Le vrai monde me semble ne pouvoir exister réellement qu’ici, juste là sous nos pieds et dans notre coeur, là où l’on peut toucher, sentir, voir, goûter et entendre. Ce que l’on peut ressentir avec et par nos cinq sens. Oh, bien sûr, il y en a sûrement davantage que cinq si on fouille un peu. Disons que c’est le monde primaire, le monde de nos sens. Là où l’on peut commencer à créer sa propre île, île qui cohabitera avec l’ensemble des autres îles, surtout celles situées directement plus près de nous.

J’ai posté cette citation hier mais elle s’applique avec encore plus de justesse aux propos d’aujourd’hui. Peut-être la cohérence qui nous parle ?

Et si par hasard tu ignores où tu dois Me rechercher,
ne va pas de-ci de-là ;
si tu voulais me trouver,
Moi en toi tu me chercheras.
Parce que tu es mon alcôve,
tu es ma maison et ma demeure,
où j’appelle à tout moment
lorsque je crois que la porte
est fermée dans ta pensée.
Hors de toi ne me cherche pas,
puisque pour me trouver Moi,
il suffira de m’appeler ;
j’irai vers toi sans tarder,
Moi en toi tu me chercheras.

– Thérèse d’Avila via Cristina RJ

On le sait bien que tout commence en soi, par soi, ici. Mais l’erreur que font peut-être certain.e.s consiste à penser que c’est là que le monde se termine aussi, alors que c’est là qu’il ne fait que débuter.

Le début du monde fin. Fin.

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Il n’y a pas d’illumination en dehors de la vie quotidienne.
– Thich Nhat Hanh