TON NOM EST PERSONNE

Ne sois personne qui va nulle part. Seulement alors pourras-tu vraiment relaxer. – Vishrant

Être personne, ça c’est quelque chose. Probablement la plus difficile tâche d’un être humain. Pourtant nous sommes nés rien ni personne, c’est notre nature profonde. Back to the future.

À la naissance, nous n’étions qu’une petite boule de chair et d’organes sans identité ni personnalité. Ou qu’une toute petite graine de pas encore vraiment éclose. Dès qu’on a émèregé, on nous a donné un prénom qui allait avec un nom – ou est-ce un prête-nom ? – et après quelques mois à patauger dans les eaux troubles de la vie nouvelle, on s’est mis à marcher notre chemin. Vers où ? Vers ici, qu’ici.

Nous sommes lentement devenus quelqu’un.e, ou tout au plus un ptit quelque chose. Nous avons appris à parler, à bouger, à penser, à nous projeter en dehors de soi en regardant le monde qui semblait aller de soi.

Au début il n’y avait qu’une certaine capacité d’observation incertaine encapsulée dans ce petit corps naissant, notamment une paire d’yeux qui regardait avec flou et avec surprise ce qui bougeait en dehors. Avec une bouche qui tétait sa survie, et un système digestif qui se rodait, et rotait et pétait. Puis le regard flou sur la vie a graduellement appris à faire focus sur ce monde souvent hocus pocus.

Il y avait aussi de nombreuses sensations qui traversaient ce petit corps à peine -et à pain – naissant et encore peu coordonné; un peu disloqué même, diverses sensations qui le parcouraient, certaines douloureuses qui le faisaient crier et pleurer, et d’autres, agréables qui le faisaient rire et sourire et en vouloir davantage. Encore, encore.

Puis quelques lettres apparurent, pour graduellement former des mots, tout d’abord du babillage enfantin dans les registres du mmm et du ppp selon les divers langages, pour maman et papa qu’on nous forçait à dire par excès d’excitation parentale. Et ensuite, les lettres se sont assemblées pour former des mots qui voulaient dire – plus ou moins – quelque chose, mais jamais vraiment la même pour tous.

Puis on nous a appris à penser, à faire des liens, à croire à certaines choses plutôt qu’à d’autres, et si on a été chanceux, on nous a appris à considérer de multiples alternatives comme plausibles ou possibles. Avec l’école est apparu le comment être en groupe, et trop souvent, la conformité aux valeurs du groupe dominant. Certain.e.s ont acheté, d’autres ont choisi plutôt de faire tout le contraire, ou surtout le contraire. Entre conformisme et rébellion réactionnaire, tout une gamme de joyeuses possibilités.

Puis, si on a été chanceux, on a découvert l’amour de et pour nos parents, ainsi que l’amitié, et l’amour tout court et tout ce qui vient avec. Puis on est lentement mais plus ou moins sûrement devenu quelqu’un, ou quelqu’une, ou something in between ou un peu des deux désormais possible, du moins quelque chose de plus ou moins séparé et différencié de notre famille.

On a appris à compter, à écrire, à penser, ah ça oui, et toutes sortes d’autres affaires utiles et inutiles. On a appris un métier, ou on en a fait 1000 et un autre pour gagner sa vie et payer ses bills. Ou on a appris à voler, soit les affaires des autres ou de nos propres ailes. On a loué des appartements, ou bâti ou acheté une ou des maisons, on a vu du pays, ou plusieurs, ou resté pas mal à la même place toute sa vie durant en rêvant d’aller voir ailleurs, ou pas.

On a regardé la vie des autres sur des écrans, des vraies et des inventées, on a cru toutes sortes d’histoires, d’amour avec un gland A, ou d’horreur en en ayant peur. On aime ça avoir peur.

Certain,e,s ont fait des enfants, d’autres en ont eu, d’autres pas. On souhaite les avoir bien élevés, ou pas trop abaissés. On s’est attachés avec joie, puis détachés avec peine. Ça vaut la joie, ça vaut la pain. On a eu le coeur brisé, et/ou on a en brisé certains. On a vécu quoi. Des deux bords de la clôture amoureuse et relationnelle.

Et ce matin, alors que la pluie tombe fortement sur nos petites vies ordinaires en ce début de 21ème siècle un peu beaucoup énormément questionnant ici-bas sur terre, alors que ça brûle un peu partout, que ça se chicane en masse ailleurs, que ça se polarise et que ça se divise, nous sommes ici vous et moi. Ici et là, d’un côté et l’autre de l’écran. Mais ici, ensemble.

Chacun chacune dans nos ptits corps et coeurs habités de et par toutes sortes d’idées et de sensations, comme quand on était petit.e quoi. Mais désormais, on a une plus grosse tête qui pense plus vite qu’alors, et que son ombre, mais moins vide qu’alors, que calor em minha cabeza, une tête qui spinne et qui pense à toute sortes d’affaires et qui se demande encore qui on est et où on va. Une tête qui perce à-travers les nuages et qui cherche les anges

Juste ici, encore ici, encore qu’ici me répondis-je. Et maintenant. Et juste après. et après, et après…Never ending story…

N’étant pas personne en particulier, avec nulle part où aller vraiment. À part travailler peut-être pour certain.e.s car les vacances de plusieurs sont terminées. Mais la vie est un job à temps plein, même pour les nobodys.

Mais celui qui tape ces mots a passé cette étape d’avoir à aller travailler. Il s’est rendu à la retraite et lorsqu’il regarde en arrière, il se rend compte que tout ça a passé très vite. Non, pas trop vite. Juste vite quoi que la vitesse est somme toute relative, en particulier quand attend à l’urgence d’un hôpital.

Tout ça pour ça diront certain.e.s, comme se dit lui-même celui qui tape ces mots, et ce petit vacarme silencieux. En espérant qu’il ne tape pas sur les nerfs de personne, ni de la guerre car devenir personne – ou quelqu’un – est souvent le nerf de la guerre.

Eh oui, tout ça pour ça. Ou tout ceci pour ceci, c’est comme vous voulez, ou comme vous pouvez.

Ma voisine d’amour me texte de son lit pour me dire Oi, et qu’elle n’a pas envie de se lever car c’est la flotte dehors. Lui ai envoyé mon meme qu’elle aime.

Je crois qu’elle aussi, son nom est personne, et ça l’a fait vraiment relaxer.

BRISE COEUR OUVRE COEUR

Sur mon lit de mort, je veux que mon coeur soit couvert de vergetures.
– Andrea Gibson

Le coeur est un muscle. Il grandit au fur et à mesure des efforts qu’on lui demande. Et les vergetures sont le symbole d’un coeur en expansion, d’un coeur qui a aimé, qui a donné, qui a vécu. Vive les vergetures du coeur.

Quand on regarde le moindrement ce qui se passe en terme d’injustices et de grossières indécences commises un peu partout dans le monde ces temps-ci, on a parfois envie de brailler sa vie. On a souvent mal au coeur.

Mais si on utilisait cette immense tristesse, cette flagrante indignation comme moteur de changement et comme motivation à changer le monde ? À notre humble mesure, un petite pas à la fois, chaque petit pas dans le foi. Un acte d’amour à la fois.

Car en effet, le monde est un miroir qui nous renvoie une image pas très glorifiante de notre humanité partagée. Mais tout ce que l’on voit dans le monde, on le voit principalement en soi-même. Car si on peut reconnaître quelque chose dans le monde, c’est qu’on doit le porter en soi.

Comme on ne peut se battre contre ce que l’on considère comme le mal dans le monde, mettons de l’avant ce que l’on aime au lieu de dénigrer ce que l’on déteste. Économie d’énergie et meilleur retour sur son investissement de temps et de passion.

Quand on vit totalement, quand on s’implique, quand on met nos tripes sur la table, la vie va inévitablement nous briser le coeur. Tant d’injustices obscènes en ce bas monde.

Quand on ose vivre avec ses tripes, avec son coeur, ses passions et ses convictions, quand on ose tout court, on va inévitablement se blesser, avoir mal, connaître des échecs, être marqué et avoir des poques sul coeur. Ça fait partie de la job d’humain.e.

Nous sommes ici pour grandir, apprendre, essayer de nouvelles choses, prendre des risques, oser. Oh oué José !

Et si ces brisures du coeur inévitables à tout destin d’humain véritable constituait le coeur de notre humanité individuelle ? Cette humanité individuelle qu’on peut ensuite ajouter à l’humanité collective, celle avec un grand H.

Comme le dit si bien Gangaji ci-bas, le fait de jouer safe par peur de se faire briser le coeur constitue la plus grande brisure qui soit.

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ELLE FAIT LA BELLE LA VIE

le Je dans Je pense est aussi réel que le Il dans Il pleut.
– Wu Hsin

JE suis bien d’accord avec les mots de Wu Hsin.

On se prend trop facilement pour quelqu’un de réel.

Et on prend le temps qu’IL fait, ou le destin, pour une décision du ptit monsieur à grande barbe blanche omnipotent et omniprésent.

On tient pour acquis et pour du comptant certains de ces mots et/ou expressions qu’on utilise à tour de bouche depuis la nuit des temps. À force de les répéter, on a fini par les gossés dans nos conceptions intellectuelles d’une réalité pourtant plus abstraite qu’elle ne semble.

Car à la naissance, Je n’existait pas. Il n’y avait qu’un grand ÇA, qu’un grand blanc, avec des ouain ouain.

Le je s’est bâtit graduellement, construit à coups de répétitions, d’identification et de rapprochement à un corps et ses besoins, à un point d’observation et à ses nombreux désirs.

Le Je s’est fait avec le temps, en lien avec autrui. Moi, je, versus eux/elles autres. Je et toi. Nous et vous, quoi que c’est nous contre vous surtout.

Probablement ce que les adeptes de la non-dualité tentent de précise et de dépasser.

Pourtant, tant qu’on est propulsés par un corps, tant qu’on vit dans un corps physique et qu’on y est attaché surtout, le Je versus Tu sévira toujours. Je te tutoies. Vous voyez ?

Je et Tu, c’est de bonne guerre car nos corps respectifs sont différents et différenciés. Ils bougent séparément. Nos personnalités sont scindées, séparées, distinguées parfois. Mais ça se manifeste trop souvent en tant que Je te tue comme dans toutes les maudites guerres. Pas Je ou Tu, Je et Tu.

Mais au-delà des mots, il y a la vie et en elle, nous sommes tous et toutes inclus et incluses, mais si certain.e.s sont diffus.e.s. Un tous/tes inclus la vie. La ptite, chacune des nôtres, comme la Grande, qui englobe chacune de nos ptites vies séparées. Au fond, rien ni personne de séparé, qu’un grand Tout, qu’un grand fouillis.

En passant, elle fait la belle aujourd’hui la vie.

LE POÈTE RIT DANS SA BARBE @ APPÂT

OK c’est vendreudi, la presque fin des vacances de la déconstruction, alors un peu de folie, un peu de holy folly, et quelques sacrés mots full fun, quelques bribes foufounes just for fun et juste pour rire, et pour le dire. Pas parce qu’on rit que c’est drône non plus que c’est parce qu’on écrit que c’est rock n drôle. Oui je sais, ça fesse dure et fesse mollement, et ça reste, dans les annales. Akashiques bien sûr. Que là que tous les cris restent pris dans la gorge profonde de Dieu. Allez hop, une ptit crise de sottises, c’est le dernier fly day de juillet. Un ptit bain de rien du vendredi matin. Ouain ouain swin swin.

Le monde est fou, c’est ce qu’on en dit mon chum pis moé. Ma blonde aussi.

Ça brûle, ça se tire dessus, les zéros du samedi se font la guerre en mots dits sur les réseaux et ça se bat dans les caniveaux de la pensée. Avant, ça restait à la taverne, ou à la caverne. Mais désormais, l’inconscient collectif est devenu visible, même si au fond, il a toujours été risible. C’est juste que maintenant, il s’est lâché lousse dans la brosse et la frousse des zéros asociaux. La guerre est sortie de son écrin pour passer dans nos écrans. Tant de sacres môman.

Des mots fous ou doux comme une catharsis, mais les mots c’est comme d’la saucisse. Plus ils nous démangent, plus on fait nos frais. Et plus on écrit, plus on est faits. Ou défaits, c’est selon le bedon. Les faits sont devenus secondaires au pays de la stupidité articifielle. Le naturel a sacré son camp au galop quand le dira-t-on raton éleveur de conscience a pogné la rage en dedans. De dents comme de wow. La bouche grande ou verte. Métro avancé.

Certains font la guerre, d’autres font d’largent, d’autres font les fous pis les fols. Ça c’est tout moi, le fou fou en froufrou. Tourlou il est parti. Party time pour les mots en cavale.

Rudyard Kipling a un message pour les hommes de trop de toutes sortes d’affaires : prenez garde à votre obsession pour l’argent ou les statues sociales, comme pour la gloire. Un jour vous rencontrerez une personne qui se fout de toutes ces choses. Et alors vous connaitrez la richesse de votre pauvreté.
– traduction mésadaptée

Et vlan, dans le dash comme dans le cash. Payez contents. Ce sont vos billets de planque qui ont allumé le feu aux foudres.

Au village en ce moment a lieu l’événement 1000 et un pots. Moi je suis le fou du sillage, le Sol et unique sot fils du sol et de la terre. Sot fils de sa mère. Je dis des âneries à bride abattue et à bras raccourcis, et, ne me posant pas de question, je pose la question qui tue. Ahu ahu ? Ça rut dans l’bahut. On aura tout vu. On dit ça on dit rien. Le rien en braille bien sûr. Faut toucher pour voir.

Poésie en pot et folie en mots. 10 lexies, sans manies en beaux habits. Mots en furie, fuite de mots du cerveau lent perdu dans le vent. Et nous on est dans le vent. Yé yé. Et un souris ouvert.

Écrire pour lâcher son fou, crier pour se créer du lousse dans la brousse du céré bel homme, et belle femme aussi bien sûr. Même chose car les mots tranchent les genres, genre. Écrire pour ne rien dire, s’écrier dans l’encrier comme sul clavier. Ben non, pas l’acteur Christian. Crétin va. Et Chrétien r’vient. Djisus crailleste.

Pieds nus sur la terre sacrée comme développer l’art de se mettre les pieds à plats. Pieds plats et terre à terre. Laisser les mots se taper d’eux-mêmes et se tirer d’affaires pour ne point se censurer sans se serrer la teinture. Cheveux gris, cheveux blancs et gris sonnant. Kechling kechling. On en r’vient toujours au cash mais un jour on en r’viendra du cash quand le monde aura brûler comptant. Agents sonnants et désolants. Certains pensent encore et toujours à l’argent. D’autres, à l’agent d’abord. Flyé. Salut l’ouïe. Faut égoûter pour voir.

J’écris sans sens, la tête en folie et le coeur en furie. Y a du lousse dans ma bourse à mots d’oeufs scramble. C’est la fin des vacances pour certains, le début de la retraite pour d’autres. Allez y comprendre quelque chose chose. Petites vies différentes mais même grande Vie pour tout le monde. À Paris comme à Conakrie, à New-York comme à St-Côme. Comble de bonheur et Côme de saveur, c’est enfin la fin de mon délire. Mais pour le comprendre, on ne doit pas le lire, ni le tire-lire, ni à l’endroit, ni à l’envers, on doit simplement délirer entre les dignes lignes du petit cochon à sous. Saoûl à cabochon de la bourse.

Poésie et poterie qu’on disait ?

Y en a fumé du bon le chronique gros niqueur à matin. Blame it on the moon foule.

Simple coup d’lune l’atilou garou.

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La poésie, c’est vital.
C’est un mot terrible, si vous voulez faire fuir tout le monde vous prononcez le mot « poésie » aujourd’hui.
Et si vous voulez faire venir tout le monde vous prononcez le mot « argent » ou « dollars ».
C’est idiot parce que l’argent s’en va, l’argent file et la poésie, c’est vraiment la flèche de l’éternel plantée dans le cœur, ça ne passe pas, c’est le plus vivant de la parole de la personne la poésie.

On a fait beaucoup de mal à ce mot, les poètes en sont en partie responsables d’ailleurs, parce qu’ils ont fait une chose un peu désuète, un peu vieillotte, qui fait que quand quelqu’un commence à dire : « Je vais vous lire un poème », on a une envie irrésistible de chercher la sortie.

En fait la poésie, c’est le feu dans les veines, c’est le vrai sang de la parole, la parole étant elle-même le nerf, la racine de ce que nous sommes, le plus beau domaine sur lequel nous puissions aller dans cette vie, c’est la parole, le silence est inclus évidemment, le sourire aussi, tout ça fait partie du langage qui nous fait vivre.

Et ce langage se densifie, un peu comme les minéraux sous la terre qui donnent des diamants.

– Christian Bobin

CHILLING INCARNÉ

Mon corps est un temple. Ancient et s’effritant, probablement hanté, peut-être même maudit, mais un temple néanmoins. – image via Asango, merci du coeur du Temple 🙂

On aime parfois prétendre que nous ne sommes pas notre corps. Jusqu’à ce que la maladie se pointe. On réalise alors que même si nous ne sommes peut-être pas le corps, on vit dedans et c’est qui mène le bal. Et tant qu’on vit dans un corps, nous sommes soumis aux lois de la dualité et de la physicalité, n’en déplaise aux adeptes de la non-dualité et de la pleine conscience.

D’autres s’identifient davantage à leur esprit qu’à leur corps, à ce qui se passe au-dessus de leurs épaules, leurs idées, leur intellect. Mais tout passe par le corps, tout se passe dans le corps. Et d’ailleurs, la tête ne fait-elle pas partie du corps ?

Comme au début de la vie alors qu’on découvre pour la première fois tout ce que notre corps peut réaliser, ce véhicule terrestre pour notre âme, avec les années qui s’accumulent, on revient aux fonctions primaires de notre corps. De plus en plus lentement, mais encore plus sûrement. On part du corps et on y revient. Et parfois on n’en revient pas.

Le corps vient de nulle part, se manifeste, et y retournera. Soit par terre, soit par les airs.

À la recherche de soi-même, ou de la Vérité avec un bien grand V, et souvent un peu dégroundé et déconnecté de nos pieds, on s’égare parfois dans toutes sortes de directions mentales, conceptuelles ou intellectuelles. Notre tête quitte le corps, son ancrage, comme les deux pieds la terre. On vit ici-bas, mais très loin de ses bas. Oh oh oh !

On explore de multiples théories, on fouille les annales akashiques, on demande aux astres ou aux arcanes du tarot, on cherche partout, avec sa tête et ses yeux, et on oublie souvent que le secret de la vie passe inévitablement par le corps. Par les diverses fonctions du corps, par ses besoins fondamentaux, par ses appels à la terre, par sa fondamentalité.

On a traditionnellement dévalué le corps physique, le reléguant à ses aspects la plus bas, à ses instincts les plus primaires. Mais si c’est dans et par le corps que se trouvait l’ultime voie à suivre ? Et si c’était par le corps que ça devait passer, que l’on devait passer ?

On se cherche souvent la tête dans les étoiles, alors que le secret se cache juste ici, juste là, ici-bas, en soi, dans la chair de sa chair, dans la matière et ses tissus de vérités.

Moi, personnellement, quand je pense corps, je pense généralement coeur. Ce coeur qu’on qualifie parfois de siège de l’âme. Pas si spectaculaire ni éclatant mais si basic. Poupoum poupoum. Élémentaire cette chair Watson.

Le coeur humain produit un champ électromagnétique 100 plus puissant que celui généré par le cerveau. Ce champ puissant peut être détecté jusqu’à trois pieds du corps et change selon les états émotionnels. Les scientifiques ont découvert que l’énergie émise par le coeur influence l’activité du cerveau, illustrant ainsi que nos émotions peuvent affecter l’énergie que nous émettons.
– source non identifiée

Alors, si le corps, et le coeur par qui tout bat, peuvent générer autant d’énergie, ça vaudrait peut-être la peine, et la joie surtout, d’y plonger, de s’y investir, d’y ouvrir un chantier d’exploration de travail pratique ? Une fouille archéologique. Car vivent de nombreux mondes en ce corps.

On a mis un coeur dans le monde, on devrait peut-être y goûter. Et l’écouter bien sûr.

Chilling em carne.

Car si comme l’affirme Vishrant, il n’y a pas comme tel de but dans la vie, une vie sans but peut s’avérer démotivante. Alors fixons-nous le but d’explorer la voie du coeur.

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Ces derniers temps, j’ai beaucoup réfléchi au lien entre méditation et incarnation.
Nombreux sont ceux qui débutent la pratique en pensant que la méditation concerne avant tout l’esprit.
Nous espérons apaiser nos pensées, devenir moins réactifs ou cultiver une plus grande paix intérieure.
Ce sont de belles aspirations, qui se concrétisent souvent avec le temps.
Pourtant, plus je pratique, plus je constate que le Dharma nous demande quelque chose de plus profond que de simplement changer notre façon de penser.
Il nous invite à vivre différemment.
Bien avant de nous forger une opinion ou de nous raconter une histoire, le corps a déjà réagi.
Nous ressentons l’oppression dans la poitrine, le souffle court, la contraction du ventre, l’impulsion de nous défendre, de nous replier sur nous-mêmes ou de nous accrocher.
Ce que nous percevons souvent comme une « pensée » est déjà un événement incarné.
C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le Zen a toujours accordé une telle importance à la posture, à la respiration, à la marche, aux chants, aux prosternations, à l’alimentation et à la pratique du travail.
Le corps n’est pas secondaire à l’éveil.
C’est là que l’éveil se vit.
À mesure que nous pratiquons, nous commençons à reconnaître ces schémas avec une plus grande intimité.
Nous percevons l’instant qui précède notre réaction.
Nous découvrons que la peur peut être ressentie sans pour autant devenir immédiatement notre identité.
Nous apprenons que la colère, le chagrin, la tendresse et la joie ont tous une existence corporelle avant de se transformer en récits mentaux.
C’est ce que je comprends comme l’incarnation.
L’incarnation ne consiste pas simplement à prendre davantage conscience de son corps.
Il s’agit de permettre au Dharma de s’intégrer si profondément à nos vies que la sagesse et la compassion commencent à s’exprimer naturellement : dans notre façon d’écouter, de parler, de gérer les conflits et de prendre soin les uns des autres.
Les neurosciences contemporaines ont commencé à décrire certains de ces changements en termes de régulation du système nerveux, de résilience et de neuroplasticité.
Je trouve ces découvertes profondément intéressantes, non pas parce qu’elles valident le bouddhisme, mais parce qu’elles offrent un autre langage pour comprendre des phénomènes explorés par les traditions contemplatives depuis des siècles.
Plus je pratique, moins je m’intéresse aux expériences extraordinaires et plus je m’intéresse à l’incarnation.
L’intuition peut surgir en un instant.
L’incarnation est le travail silencieux d’une vie entière.
C’est peut-être pourquoi la pratique est si merveilleusement ordinaire.
Nous revenons simplement sans cesse à la respiration, au corps, à l’instant présent.
Et peu à peu, le Dharma cesse d’être simplement quelque chose que nous comprenons.
Il devient notre façon de vivre.

– Diane Musho Hamilton

JADIS ET AUTREFOIS DANS LE GRAND NOW

Voyagez léger, même hier est un bagage. – proverbe Zen

On porte tous et toutes le bagage d’un ptit bout de vie avec soi, en soi. Ce que l’on nomme sa vie, notre propre vie. On porte avec soi, dans notre sac à dos, le poids de nos expériences, de nos connaissances, de nos savoirs ainsi que de nos constructions mentales et intellectuelles. On traîne le passé, son passé, avec soi. Sans vraiment s’en rendre compte et sans vraiment le vouloir. Mais parfois, on sent ce poids qui nous pèse, le poids de notre vie.

On tient tant à ce qui était, à ce qui a été, ou on veut l’oublier à tout prix, mais au fond, c’est la même chose. Mirage disparu.

Comme on a peur de ce qui sera, ou hâte à ce que l’on voudrait qui soit, vite vite que ça arrive, mais ça aussi c’est la seule et même chose. Mirage à venir.

Ce qui était, comme ce qui sera, est tout sauf ce qui est.

Ce ce qui est est une parenthèse squeezée entre ce qui a été et ce qui sera, comme tout ce qu’on s’imagine qui sera et qui ne sera jamais, jamais vraiment comme on l’a imaginé ou souhaité du moins.

Mais probablement que l’art le plus difficile en cette existence ici-bas consiste justement à apprendre à saisir simplement ce qui est. Car ce qui est est justement difficile à accepter et à apprendre car il n’est que temporaire, momentané, furtif, toujours qu’en train de passer pour disparaître aussitôt. Évanescent moment présent aussitôt passé et dépassé.

Le présent n’est qu’un instant furtif en processus de devenir du passé. Passé simple et décomposé.

Oh bien sûr, on conserve toujours quelques bribes de notre passé, quelques fragrances et saveurs qui restent collés au coeur ou en tête, quelques souvenirs qui voltigent autour de soi, mais rien ne dure ni ne perdure. Tout passe. Qu’on aime ou pas, qu’on le veuille ou non.

L’art de vivre consiste donc à laisser aller la vie, à laisser glisser sur soi le temps qui passe sous les radars de nos mentaux. Mentaux divers.

Se délester de ce qui a été, de ce qui fut jadis et autrefois, comme cet été qui passe toujours si vite pour devenir automne avant qu’on l’ait assez goûté. L’été est, mais toujours qu’en train de passer. Comme en ce court instant qui n’est déjà plus.

Apprendre à vivre totalement chaque moment et, en même temps, sans temps, entre chaque moment, entre chaque instant.

La vie est une fine dentelle de soi tissée au gré du vent qui se désagrège et fut et à mesure qu’elle se tisse. My, my, une à l’endroit et une autre à l’envers.

La vie nous plisse, et glisse en nous, comme elle se glisse, hors de soi, pour nous mener toujours un peu plus loin vers la ligne d’arrivée du sans fil infini. Oui oui, f-i-fi, n-i-ni. Finfinonno va.

Inspire, pause, expire, pause, et on recommence, maintenant, à l’infini.

Tant qu’on le peut.

Tant que la vie le veut.

Et enwèye à maison.

Embraie à maison. Vroum vroum.

Sul neutre of course.

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On nous demande souvent si la méditation apporte la paix.
Parfois, oui.
Mais surtout, elle favorise la stabilité.

Il existe une différence importante entre les deux.

La paix dépend souvent des circonstances.
Lorsque nos relations sont harmonieuses, notre santé bonne, notre travail a du sens et l’avenir semble prévisible, il est relativement facile de se sentir en paix.

Mais le Bouddha n’a jamais suggéré que la vie resterait stable.
Bien au contraire.
L’impermanence est intrinsèque à l’existence.
Les relations changent.
Le corps vieillit.
Les projets s’effondrent.
Les communautés évoluent.
La perte et la joie sont inévitables et font partie intégrante de la vie humaine.

Si nous recherchons la stabilité en essayant de modeler le monde à notre guise, nous finirons par nous épuiser.
Il y a toujours une nouvelle incertitude à gérer, un autre résultat à contrôler, une nouvelle peur qui guette à l’horizon.
La quête de sécurité dans un monde en perpétuel changement est sans fin, car le monde lui-même est en perpétuel changement.

La pratique offre une autre possibilité.

Chaque fois que nous nous asseyons sur le coussin, nous revenons à quelque chose d’étonnamment simple : la respiration, le corps et la conscience elle-même.
Nul besoin de faire des miracles.
Nous ne cherchons pas à créer un état d’esprit particulier ni à devenir une autre personne.
Nous apprenons simplement, instant après instant, à rester pleinement présents à notre expérience telle qu’elle est.

Au fil des mois et des années, cette pratique en apparence banale commence à nous transformer. Non pas parce que la vie devient plus facile, mais parce que notre rapport à la vie change.
Nous découvrons que la joie peut être ressentie sans s’y accrocher, le chagrin sans être consumé, et la peur sans définir qui nous sommes.
Nous devenons moins dépendants des certitudes et plus confiants en notre capacité à affronter ce que la vie nous réserve.

C’est cette stabilité vers laquelle tend le zen.
Non pas la stabilité de circonstances immuables, mais celle d’une relation éveillée avec le changement.
Ce n’est ni l’indifférence ni la distance émotionnelle.
C’est plutôt une intimité croissante avec la vie elle-même – la volonté de rester ouvert face à l’incertitude sans chercher immédiatement à la contrôler ou à fuir.

Les neurosciences contemporaines offrent un parallèle intéressant.
En cultivant la pleine conscience, le système nerveux devient moins réactif et plus résilient.
Nous récupérons plus vite du stress.
Nous devenons plus aptes à faire une pause avant de réagir, à écouter avant de nous défendre, et à répondre avec plus de sagesse plutôt que par habitude.
Si la science décrit ces changements dans le langage du cerveau et du corps, le Zen les cultive depuis des siècles par la simple discipline de revenir, encore et encore, à l’instant présent.

C’est peut-être pourquoi la pratique devient un refuge si sûr.
Non pas parce qu’elle nous protège des tempêtes de la vie, mais parce qu’elle révèle peu à peu que nous sommes capables de les affronter avec une sérénité insoupçonnée.

Le monde continuera de changer.
C’est sa nature.

L’invitation à la pratique n’est pas de rendre le monde plus prévisible.
Elle est de s’enraciner si profondément dans la conscience que notre bien-être ne dépend plus de la prévisibilité.

Cette confiance tranquille est l’un des plus grands dons du Dharma.
Ce n’est pas la certitude de ce que demain nous réserve, mais la confiance que, quoi que demain nous réserve, nous pouvons l’accueillir avec un cœur ouvert.

– Diane Musho Hamilton

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COMING HOME

We are coming home / safely coming home
We are coming home / sweet home again

As we are approaching, getting closer and closer
We all have to leave our luggage behind

As we’re getting nearer, getting lighter and lighter
We’re finding our way back home again 


Para sempre home again para sempre home again

ALORS J’ÉCOUTE

Plusieurs d’entre nous apprennent à parler, mais non à écouter. Apprendre à s’écouter les un.e.s les autres constitue une chose importante dans la vie. Et la musique nous apprend à faire cela.
– Claudio Abbado

Salut lecteur/trice.

Je vous écris avec les doigts un peu rouillés ce matin. Quelques semaines à ne pas tenir chronique, à part une petite et chouette rechute. Squick squick, un peu de WD-40 pour se refaire la main et hop on tape. Les deux en fait. Manos.

Pendant ce temps de pause, j’ai joué, j’ai écouté, j’ai regardé vivre la vie autour de moi, la vie en moi. Cette vie qui continue de vivre et de virevolter avec ses oh ! et ses bah ! Comme ci comme ça que vit la vie.

On a fait beaucoup de musique récemment autour d’ici, et j’ai continué à développer mon aptitude d’écoute. L’écoute entre les lignes, les dignes comme les moins, pour saisir les sens derrière les mots et les silences entre les lettres, comme le bruit fin des non-dits.

Et revoilà que ce matin l’envie me reprend, l’envie de dire, sans médire, l’envie d’écrire sans malice. L’envie de dire un ptit peu du grand n’importe quoi qui me chatouille les doigts et les yeux. Le ptit tout du n’importe quoi qui me dit de dire sans trop savoir, cet élan mystérieux qui me pousse à écrire.

Pendant cette pause estivale, j’ai tenu, j’ai contenu, j’ai vu et retenu, j’ai gardé pour moi ce qui m’habite. La vie qui habite l’ati-guy. Me suis regardé moi-même, et j’ai regardé le monde, regardé où je voulais aller pour la suite. Me suis demandé ce que je voulais faire et dire. Et ne plus faire. Et je ne suis encore qu’ici, toujours qu’ici. Tout là.

Comme vous, depuis des semaines, je regarde le monde brûler et se faire la guerre en cet été 2026. On peut même sentir le monde brûler d’ici par moments. Par les deux bouts. La vie appelle la mort, la vie rappelle la mort.

Je regarde le monde en essayant de ne pas trop le juger, de lui donner une chance d’apprendre de nos nombreuses erreurs, en me demandant pourquoi on ne fait pas davantage l’amour plutôt que la guerre. Pas que l’amour sexu, l’amour plus grand, l’amour du coeur et de l’âme, de toutes les âmes, l’amour plus général et englobant tout dans son sillage. L’amour de tout, et de tous et de toutes.

C’est le même prix pourtant l’amour, mais une aubaine probablement car la guerre coûte cher, très cher, trop cher. Guère d’économies la guerre. Toutes ces ressources que l’on investit dans la mort et dans le néant qui pourraient être investies dans la paix et dans la vie. Drôle d’humanité pas drôle du tout que la nôtre. Étrange destin que le nôtre. Essayons de comprendre qu’il n’y a probablement rien à y comprendre. Qu’à vivre et qu’à voir où cela nous amène, nous mène et nous mènera. Come on men !

J’ai écouté le monde et c’est un immense besoin de paix et d’amour que j’entends et pressens, un profond besoin de calme et de repos. Enseveli juste là sous les cris et les insultes, sous la peur et la colère des commentaires publics et impudiques.

Alors sans savoir, je reprends mes petits mots de rien du tout, mes petits petits mots de rien en ce grand tout. Le grand toutou de la vie qui nous berce et qui vogue d’une rive à l’autre et parfois à la dérive semble-t-il.

Pour contrer la folie du monde, rien comme l’écoute, rien comme la musique aussi pour trouver l’harmonie en soi. Là où les mots ne font qu’accompagner plutôt que de shower off et de prendre toute la place, là où les mots se mettent derrière et au service des notes et des mélodies.

Le chemin passe peut-être davantage par les oreilles que par la bouche. Car si les canons ont une bouche, les oreilles, elles, débouchent les coeurs. Et tous ces coeurs qui battent à l’unisson forment un seul grand coeur, le grand choeur de l’humanité en quête d’harmonie.

Alors écoutons pour voir.

SOLEIL ROUGE

photo : Luc Vallières

Salut lecteur/trice

Petit son de vie ce matin au lendemain d’une étrange journée rouge jaune orange.

Pour vous dire que je m’ennuie de vous. De vos yeux, de vos coeurs silencieux.

Ce contact subtil, intime et discret que quelques mots matinaux permettent tout de même, mystérieux et magique.

Je me tiens loin des échanges asociaux des réseaux ces temps-ci. Trop de conflits, d’obstinations, de désaccords. Les médias aussi me rebutent en ces airs de fin du monde, l’ancien du moins. Trop de guerres et de trumperies. Trop de chaos, pas assez de paix, d’esprit comme de coeur. On va la chercher ailleurs la paix alors, en dedans, dans le coeur. Merci grand esprit.

Alors je joues dans le bois ces temps-ci, je garde la chienne de mes amis pour quelques jours et je joue de la guetare. Comme Jean Leloup qui aura un show de cirque en son hommage parait-il. Be good Johnny, be good.

Ah, je ne vous ai pas dit, mais une chouette rode dans la forêt derrière la maison ici.

Je vous jure.

Je prends ça comme une bénédiction, comme une protection. Tout bon.

On se prépare pour un gros week-end de méditation musicale ici. Un programme double. Vive la musique et les connexions de coeurs et d’âmes.

Je vous reviens bientôt alors, probablement. Si la vie le veut, et si petit moi le peut.

Prenez soin soin de vous et je ferai de même chez-nous.

Sioux, Tourlou.

LE DERNIER MOT

La prochaine fois que votre épouse vous demande pourquoi vous devez toujours avoir le dernier mot, ne répondez pas…

Salut lecteur/trice. Dernier mot. Pour un bout. Ici du moins. Car avec ma grande trappe, je ne pourrai sûrement pas m’empêcher de faire bla bla ailleurs. On verra où, on verra quoi.

À partir de demain matin, plutôt que de faire une histoire courte à chaque jour, je vais prendre une histoire courte et l’allonger. Et vous monter un beau grand bateau que vous n’avez jamais demandé.

Mais pas ici. Pas maintenant. Là-bas. Ailleurs. Un autre tantôt.

Dans un monde imaginaire, mon petit monde imaginé.

Simplement envie de me surprendre, et de changer cette habitude d’écrire par ici à chaque matin que le bon dieu amène. Amen !

Envie de voir ce qui va popper le matin si je ne fouille pas dans ma banque de memes pour me partir la boîte à mots et le sac à lettres pour écrire chronique.

Car j’écris, j’écris, mais pour dire quoi au fond ? 3 500 chroniques plus tard, je n’ai toujours rien dit qui vaille, rien dit qu’il faille. Les mots courent et ça marche mais vers où au juste ?

Que cache ce besoin inassouvi et inépuisable de communiquer sans cesse, d’être lu, de dire tout et n’importe quoi, tout et son contraire ? Quelle est cette manie d’ainsi me dire ? Je vais aller voir l’autre côté du miroir et visiter Alice au pays des vermeilles.

Peut-être que j’écrirai dans mon journal intime, peut-être pas.

Peut-être que je continuerai de raconter l’histoire de ma petite vie de gars ben ordinaire que je mets sans cesse de côté par pudeur ou par gêne. Génétique peut-être ? Ou gêne éthique ?

Ou peut-être que je chanterai davantage plutôt que de taper tant.

Ou peut-être que je me la fermerai et que je me foullerai le dedans. Pour faire l’Inventaire, et le ménage, pour sortir la grosse vie d’ange.

Alors, pour un bout de temps et d’espace, je vais faire profil bas et m’éplucher un peu, couche par couche, pelure par pelure, pour tenter de m’approcher de ce vide au coeur du grand mystère. Je vais me mêler dans et de mes propres oignons. Ou oignon unique ?

Le Zen ne vous donne rien, il ne fait que retirer toutes les pelures de l’oignon et vous dit: regarde, c’est toi – un rien pur.
– Osho

Pour explorer les atomes qui me composent et m’approcher de ce vide reposant qui nous contient tous et toutes, ce vide qui contient tout, au-delà de mes propres opinions bien insignifiantes dans le grand plan.

Comme l’affirmait Démocrite: Rien n’existe, hormis les atomes et le vide ; tout le reste n’est qu’opinion.

Alors, je me la ferme, me la boucle et vous laisse le dernier mot qui sera…

AIME MENTAL 101

Comment méditer:
1- Porte attention à la respiration
2- Remarque quand tu «pars ailleurs»
3- Laisse aller la distraction doucement et reviens à la respiration

J’ai passé plus de la moitié de ma vie à me pratiquer à méditer. Mais sincèrement, je ne sais pas si au bout du compte de fée, j’ai passé plus de temps présent à ce qui est que perdu dans l’espace (1). Clin d’oeil nostalgique pour les boomers 😉

Car le mental est une bête sauvage qui ne veut ni ne peut être mise en cage, ni se faire dompter, ni se faire contrôler. Au mieux on ne peut que l’observer, l’apprivoiser, le respecter et s’en servir. Car le mental est plus fort que nous. Plus on essaie de le contenir, plus il se débat, plus il s’évade. il nous glisse entre les neurones.

Le mental spinne sans cesse, part dans toutes les directions et prend sinon toute la place, beaucoup beaucoup de place. Il crée une tension si on tente de résister. Tension, attention.

On doit apprendre à aimer son mental car par lui que passent les bonnes idées. Par lui que se manifeste l’intuition et l’inspiration. Ordinateur central. Aime mental. Car si on se bat contre, l’enfer nous guette et on ne gagnera pas. Alors chummy chummy avec son mental. Et avec votre esprit.

Le mental est un fromage affiné et plein de trous dans lesquels on peut s’engouffrer pour de plus ou moins longs moments. Certains s’y perdent parait-il. L’important est d’en revenir. Comme disait mon père quand on lui demandait comment ça allait : pour aller ça va, c’est pour revenir que c’est plus compliqué.

Très simple la méditation. Du moins, simple de commencer. On s’assoit et on porte simplement attention à sa respiration. Sans tension, full attention. C’est par la suite que ça peut se corser. Probablement que passé la première minute, on commence à se promener un peu partout dans l’univers, on se promène un peu par trou.

C’est la job du mental de se promener, de voltiger, de butiner, d’explorer. De spacer in ou spacer out. Le mental est un explorateur. Et le mental n’est pas qu’un fromage, c’est aussi un papillon, ou un colibri, un Beija Flor. Il va ainsi de fleur en fleur, de trou en trou. Il est fait ainsi. Il va, et vient. Faut simplement en revenir.

Personnellement, j’ai besoin d’une structure minimale pour méditer, sinon je trouve toujours autre chose à faire, surtout à ne pas le faire. Méditer c’est simplement prendre un moment pour porter attention. À sa respiration, comme à tout le reste.

Perso, j’aime méditer avec ma ptite gang du Dojo virtuel. On fait chacun.e chez-soi, chacun.e de chez-soi. On s’est créé un dojo à domicile. On zoom in.

Parfois on ne fait que silence, parfois on médite avec des ptits bouts de musique entre silence, musiques qui nous ramènent à l’instant, à nos sens, l’écoute en ce cas. La musique nous rassemble, car lorsque la musique joue, elle nous relie malgré la distance.

Parfois on ne fait que s’assoir, parfois, on shake un peu aussi, ça aide à faire passer les ptits mottons de la vie, à faire bouger l’énergie.

La méditation n’est pas un art ni un but, c’est une pratique. Et qui dit pratique dit régularité.

Sur une note plus légère… car la méditation ce n’est pas si sérieux.. surtout une détente et une présence… qui prennent diverses formes.
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Au sujet de la méditation selon Mary Oliver

La méditation, paraît-il, s’accomplit mieux en adoptant une posture stricte.
Franchement, moi, je préfère me prélasser sous un arbre.
Alors pourquoi penserais-je y arriver ?
Certains jours, je m’endors, ou j’atteins cet endroit encore meilleur — à moitié endormie — où le monde, printemps, été, automne, hiver — traverse mon esprit dans son ascension vigoureuse et sa descente implacable.
Alors je reste ainsi, tandis que la distance et le temps révèlent leur véritable nature : ils n’ont jamais entendu parler de moi, et n’entendront jamais parler de moi, ni n’en auront jamais besoin.
Bien sûr, je me réveille enfin en pensant : comme c’est merveilleux d’être qui je suis, faite de terre et d’eau, mes propres pensées, mes propres empreintes digitales — toute cette chose glorieuse et éphémère.

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(1)