OBSERVER 100 JUGEMENTS ET SANS CESSE

La capacité d’observer sans juger constitue l’intelligence pure dans sa forme la plus élevée.

Quel bel objectif que celui de viser à observer sans juger. Mais on n’en est pas là encore right ? Beaucoup de chemin à faire avant d’en arriver là, si jamais on y arrive un jour. Et même la nuit car le mental continue de rouler et de faire sa job de magistrat suprême même quand on dort.

Le monde est un miroir aux 1000 jugements. Aux jugements incessants. Pour ça probablement que certains choisissent de ne plus s’y regarder. Mais pas parce qu’on ne se regarde pas dans le miroir du monde qu’on va devenir libre de jugements. On va seulement les déplacer sur autre chose, sur autrui. Ou pire, sur soi-même. En fait, possiblement qu’on déplace les jugements qu’on entretient face à soi-même sur le monde.

Moi en tout cas, j’en suis encore bien loin du sans jugement, plus près du 100 jugements incessants. Je suis encore à tenter d’observer mes jugements qui roulent en boucle sans tomber dedans, sans m’y perdre ni m’y engouffrer.

J’ai abandonné l’idée d’arrêter de juger depuis longtemps. Trop de trouble. Mission impossible. Ça juge non-stop up there. Simplement observer mes propres jugements qui défilent sans cesse constitue un terrain de pratique bien suffisant pour le moment. Et depuis longtemps. Et toujours au stade de débutant j’en suis. En matière de watchage de jugements, nous sommes toujours des débutants. Car les jugements come and go en boucle, tournent sans fin. Pas de message THE END à la fin du film. Ça déroule tant qu’il y a de la vie, et de la bobine dans nos botines.

Si vous voulez un bon terrain de pratique, regardez la game politique, notamment celle au sud de notre frontière. Matière à jugements là for sure. Même ici, pas nécessairement plus beau la game. En fait toute la game politique semble corrompue. Pas nécessairement toutes les personnes qui la jouent, mais la structure politique en tant que telle semble profondément viciée. Pas certain si c’est là que les vraies décisions se prennent. Comme les actions du gouvernement de Netanyahu en Israël, carrément inhumain. Bien difficile de watcher ça sans réagir. Et sans juger.

Évidemment que nous ne sommes pas obligés de nous confronter à regarder le monde jusqu’à l’état de sans jugement. Mais même sans trop regarder dehors, et les organes de presse qui nous relient au monde dans lequel on vit, la machine à jugements continue. On remet souvent en question ce que l’on pense, en fait ce qui se pense en nous car même là on n’a pas vraiment de contrôle. On ne décide pas de ce qui se pense en nous. Ça pense et on se doit d’observer. Sans juger ? Bon chance.

Parfois aussi, on questionne même ce que l’on ressent. On juge ce que l’on ressent. Pourtant, s’il y a quelque chose à quoi on devrait faire confiance, c’est bien notre ressenti. Quoique nos ressentis ne sont pas complètement déconnectés de nos croyances, qui, elles, engendrent en partie nos jugements. Pas si simple la vie.

Car nos jugements reposent souvent sur la nature de nos croyances, sur la dualité de nos croyances: je crois que quelque chose, ou quelqu’un, est bon ou souhaitable, mon ressenti sera agréable, et j’en voudrai plus, encore. Au contraire, je considère que quelqu’un ou quelque chose est mauvais, alors je le condamne, et cela ne devrait pas être. Un peu sommaire mon affaire mais vous voyez le concept right ?

Tant qu’on n’acceptera pas tout ce qui existe est parfait tel quel par le simple fait que ça existe, et en particulier ce que l’on juge comme négatif et malsain, ce que l’on voudrait qui disparaisse car nous dérangeant trop dans notre petit confort de bien pensant.

Dès que quelque chose ou quelqu’un nous dérange, plutôt que de souhaiter le voir disparaître, si on regardait en soi ce que ça dérange, ce que ça fait réagir ?

Osho nous disait souvent de faire une distinction entre réaction et réponse. Une réaction est automatique, spontanée, résultant d’un individu ou d’un événement extérieur. C’est elle qui prend place en premier. Si on prend le temps de la sentir, la reconnaître, la faire sienne, on peut ensuite répondre adéquatement au stimuli l’ayant déclenché.

Je sais, plus facile à écrire qu’à faire. C’est pour ça qu’on dit que la vie en entier est une pratique spirituelle. Jusqu’à notre dernier souffle, la pratique va continuer. Chaque événement ou personne que la vie nous reflète représente un ptit bout de miroir de soi-même. Souvent, on choisit nos ptits bouts de miroir, préférant ceux qui nous allongent au détriment de ceux qui nous élargissent. Les boutiques de vêtements ont compris ce principe.

Certains choisissent de ne plus regarder le monde car ce dit monde suscite trop de jugements, trop de réactions négatives. Oui, en effet, le monde est matière à jugements.

S’il n’est pas si simple d’observer le monde en se regardant soi-même, ce monde trop souvent haï et jugé négativement peut nous informer sur nous-même. Du moins le reflet qu’il nous procure. On dit que lorsqu’on regarde le monde, ce n’est pas vraiment le monde qu’on voit, ce sont nos jugements par rapport à celui-ci, et ultimement, par rapport à nous-même. On se projette dans et sur le monde, alors qu’au fond, c’est toujours soi-même que l’on regarde, et qu’on observe.

C’est pourquoi le sage dit : je suis le monde.

Alors, regardons pour voir. Et observons pour se voir. Les yeux ouverts, comme les yeux fermés.

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Chögyam Trungpa Rinpoché a dit un jour que la méditation est un acte de sagesse.
Je pense que bien des gens comprennent pourquoi c’est si important en ce moment.
Le monde est tellement trépidant.
Tellement d’indignation, de stimulation, d’anxiété, de réactions et de bruit que le système nerveux a rarement le temps de se calmer avant qu’un autre élément ne surgisse.
L’attention est constamment sollicitée, et au bout d’un moment, on ne remarque plus l’impact que ça a sur le corps, l’esprit et le cœur.
Tout devient urgent.
Tout devient personnel.
Tout devient insupportable.
Et ainsi, étrangement, le simple fait de s’asseoir et de rester immobile prend une dimension radicale.
Pas parce qu’on se coupe du monde.
Mais parce qu’on refuse d’être complètement emportés par lui.
La méditation ne fait pas disparaître l’incertitude, les conflits, le chagrin ou les difficultés.
Elle accomplit quelque chose de plus simple et de plus profond : elle nous aide à rester suffisamment présents pour affronter la vie sans réagir immédiatement de manière impulsive.
C’est en partie ce que Trungpa Rinpoché avait si clairement compris.
Dans un monde organisé autour de la vitesse, de l’agressivité et des distractions incessantes, la volonté de faire une pause, de respirer, de ressentir son corps et d’être simplement présent est déjà une autre façon d’appréhender la réalité.
Une façon plus saine.
Bien avant que les neurosciences ne nous donnent les mots pour décrire les réactions au stress et la régulation du système nerveux, les traditions contemplatives reconnaissaient que l’attention transforme l’expérience.
Quand on s’assoit tranquillement et qu’on suit notre souffle, le corps s’apaise. L’esprit se libère de son propre tourbillon.
On commence à observer nos pensées et nos émotions sans s’y identifier immédiatement.
Et lentement, quelque chose change.
Pas le monde.
Mais notre relation avec le monde.
En ce moment, ça me semble plus important que jamais.
Parfois, la chose la plus saine à faire est de s’arrêter, de s’asseoir et de revenir au moment présent.

– Diane Musho Hamilton

LÉGER FLYDAY GIVRÉ DE MAI

C’est le plein temps lecteurs/trices. Fait beau. Pas encore chaud chaud le show printanier mais ben ben beau.

Bleu en haut, avec sa boule jaune qui tourne en l’air. L’air de rien, c’est le printemps à plein temps. Avec des milliers de ptits verts tendres à faire pâlir d’envie l’équipe de designers de la palette de couleurs chez Sico. Un brin psycho ces designers de toutes sortes de noms de couleurs. Vert meilleux. Vert solidaire. Vert meille ou mère vert. Vert tige de noms de couleurs. Tous les verts pointent vers l’été. Verts qu’à moitié pleins pour le moment. Mais vides de tracas en tous cas, comme libre de fracas. Sans frimas. Quoi que ce matin, c’est le point zéro ici de wow. Et les ptits verts ont un brain pâli. Kôliss. Ça glisse.

Parfois, le vendredi, je me la lâche lousse la boule qui me r’tourne au-dessus de mon ptit moi-même. J’écris foufou partout, nono tant qu’il me faut, tata sur les bords. Mais toujours sur mon clavier que j’écris, et que, chroniquement, je me tape de la chronique. En usant de la virgule à la pelle.

Et ce matin avec ces ptits verts tributaires de la renaissance de la terre nature, je n’écris pas gris. C’est juste si je ne cries pas. J’écris le coeur ouvert, le coeur tout vert, le coeur à l’envers de l’hiver duquel on vient de sortir. On y a goûté cette année. À la neige incolore, indolore, insonore. La neige ne goûte rien mais coûte beaucoup. Insipide mais pas invisible. Qu’en été qu’elle l’est. Eau eau eau. Coûte que coûte et goutte par goutte.

Ah la neige insolente, innocente, isolante et ISO 100, et lente à partir. Y en avait encore un ptit tas ici jusqu’à vendredi dernier. Jusqu’à la mi-mai l’hiver cette année. Enwèye bonhomme mime l’hiver et à ton tour d’aller hiberner dans ta caverne d’ali Baobab. Tu r’viendras nous voir en novembre. C’est ben pour dire en pas pour rire. C’est pour la rime et c’est pas de la frime crime. Puff and rough. Oui j’écris en frenchglish en friche. Oui, je sais, je triche en chriche.

Petit fly day matin un brin flyé de cette fin de mai yéyé. Mais oui. May West. Go west island young man.

Petit fly day matin flyé pour ne dire à peu près rien qui vaille, et pour tout dire le monde et ses failles. Mais tout de même, toujours de l’avant faut qu’on aille. De l’avant, toujours de l’avant, sans r’garder en arrière car par là, rien qui ne vaille. Aller de l’avant, en vivant dans le présent. Certains vont de l’avant en reculant, les deux pieds sans lien avec leurs deux babines, bla bla bla, talk talk talk et walk walk walk.

D’autres, vers l’avant ils vont, mais de reculons. Ben voyons donc. Si on va de l’avant de reculons, est-ce qu’on fait du sur place ? Et si on fait du surplace, se retrouve-t-on encore et toujours dans le moment présent ? Plaisant ou déplaisant ? L’hiver, c’est du surglace qu’on fait ? On va mettre ça sur la glace jusqu’à novembre à la place. Pour une couple de piasses.

Avance ou recule, on fait toujours du surplace ici maintenant. C’est tout ce qu’on a fait jusqu’ici, et d’ailleurs, c’est tout ce qu’on fera jusque là-bas. Ce là-bas qui ne sera toujours qu’un autre ici parmi d’autres quand il sera à répondre présent. Plus on avance, plus on est ici. Ici, qu’ici. AC DC qu’y disaient.

Vous connaissez l’histoire du cheval Hercule qui est devenu fou ? Ben oui, son maître lui criait sans cesse: enwèye Hercule avance ! Avance Hercule ! Excusez-là même pas celle-là, elle est déjà pardonnée, oubliée même. C’est la beauté de la faculté de la mémoire qui oublie. On peut oublier ce à quoi on ne veut pas penser. Pensez-y. Mais pas trop. Ou oubliez ça.

Petit matin givré en dedans, comme en dehors encore. Petit matin de wow. Be oui, encore. On doit attendre avant de planter. Mais pour se planter soi-même, y a pas de sot moment. On peut toujours faire un Sol de soi. Ou un Gobe laid et créer de la beauté. Beauté dans la terre, comme dans les airs qu’on fredonne en jardinant. All is music.

Et si ça vous dit de swinger votre propre compagnie à partir de la semaine prochaine, toujours possible. Car juin est vraiment pas loin, juste l’autre bord du dernier coin de rue de mai. Juin s’en vient. C’est bien, et pas très loin. Et l’été avec. Viva Primavera ! Et qui vivra shakera. Presque comme la chanteuse. Givré je vous disais le chroniqueur croque niqueur. Ben quoi, c’est flyday morning et samedi sait.

ÂMES EN CHAIR & RÉFLEXIONS SUR L’ÂME ET LE CORPS

Tu n’as pas une âme, tu es une âme. Tu as un corps. – C.S. Lewis image piquée à Benoit 😉

Nous nous identifions habituellement à notre corps. Dans cette optique, pas surprenant que la mort nous semble terrifiante. Comme si on vivait avec la certitude de disparaître au fil d’arrivée, et soit on va finir enterré.e ou brûlé.e. Pas un débouché très positif ni encourageant.

Je préfère ce concept qui avance que nous soyons plutôt une âme qui s’incarne dans un corps à la naissance – un peu avant disons – pour un certain temps, pour un temps incertain. Ça allège, ça soulage. Ça permet une suite possible. Ça ouvre sur autre chose.

Et notre corps, ce n’est pas un don, ce n’est pas à nous. Qu’un contrat de location à plus ou moins long terme qu’on a nous fait signer mais on a oublié, on le prend personnel.

. Dans ce monde si matérialiste, où la plupart des gens s’identifient à leur enveloppe charnelle, on vit en quelque sorte en surface. Me, my Selfie and I. Un peu comme si une auto se prenait pour son propriétaire, son/sa conducteur/trice.

Avec les années qui passent, notre rutilante et jadis nouvelle fougueuse voiture sport devient graduellement un char usagé, jusqu’à devenir éventuellement une bagnole usagée, une minoune qui finira à la cour à scrap. Oh, bien sûr, notre corps physique est davantage un temple qu’un char si on le considère ainsi. Mais néant en moins, il vieillit toujours un peu plus.

Quand une âme se souvient que c’est elle qui a squatté un corps pour quelques années plutôt que de se retrouver prisonnière d’un habit de chair, ça lui donne de l’éclat, Ça donne de l’expansion à sa brillance, à son aura. L’aura score. Excusez-là. Comme l’impression que c’est pour cela que certaines personnes brillent plus que d’autres, elles se savent plus âme que corps, elles se souviennent pour de vrai, comme nous le rappellent pourtant nos plaques d’immatriculation au Québec sur nos bolides.

En fait l’aura serait peut-être l’éclat de la lumière de l’âme qui déborde de notre corps.

Il y a quelques années, je me souviens d’être allé voir une amie dont le corps venait tout juste de mourir à la maison de soins palliatifs. Quand je suis rentré dans la chambre où reposait encore son corps tout fraîchement mort, c’est comme si j’étais entré en elle, comme si j’avais pénétré dans l’antre de son âme. Je la sentais encore autant présente qu’avant, sinon plus encore. Du moins, autrement. Car on dit que l’âme flotte autour du corps pendant un certain temps après la dernière expiration et le dernier battement du coeur. D’ailleurs, son corps sans âme active désormais n’était plus du tout semblable à l’avant, lorsqu’il était animé de son âme.

Personnellement, c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que nous sommes bien davantage une âme qu’un corps. Et que la vie continue après la dernière expiration. Car un corps sans âme n’est plus du tout la personne que nous avons connue jadis. Un corps sans âme n’est pas vraiment quelqu’un, ce n’est qu’un corps tout court, un contenant à âme, un corps de membres sans force vitale, sans essence. Un char pus de gaz.

Bien sûr qu’on devra sûrement attendre le trépas ultime pour avoir la preuve confirmée de cette théorie, pour vivre l’expérience. En fait, pour la mourir pour de vrai. Mais déjà, ceux et celles qui sont passés de l’autre bord et qui sont revenus, nous l’ont dit, nous l’ont raconté un peu. Légèreté et lumière blanche etc.

Et si nous sommes davantage une âme qu’un corps, le passage ultime ne nous fait pas disparaitre complètement. Comme la naissance ne nous a pas créé à partir de rien. La mort de notre corps ne fera que révéler une autre facette de notre âme, une grande libération.

Alors vivons à mort d’ici là.

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Le vrai tombeau des morts, c’est le coeur des vivants.
Le moine Rigord 

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Ce n’est pas la mort qui prend les gens, c’est l’oubli.
On meurt quand on n’est plus dans le cœur de personne.

– Christian Bobin, La Plus que vive

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Il y a tellement de choses à étudier, mais tu vas mourir. 
Alors, concentres-toi sur l’essentiel. 
Explore ton esprit. 
Approche-toi le plus près de ton esprit. 
C’est là que se cache le trésor.
– James Low

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Cette vie, la vie future et le bardo ne font qu’un : « Lorsque vous rencontrez des difficultés, comme une personne qui vous cause des ennuis, cela semble être un obstacle à votre pratique du Dharma.
Mais lorsque des pensées et des sentiments surgissent dans votre esprit, méditez.
Plus tard, dans le bardo, après votre mort, les mêmes tendances habituelles surgiront et vous feront souffrir.
Les mêmes pensées et sentiments qui surgissent maintenant surgiront également dans le bardo. »

Jigten Sumgon a dit : « Moi, un yogi, j’ai réalisé que cette vie, la vie future et le bardo ne font qu’un.»
Sachez que toutes ces pensées et sentiments sont des illusions et méditez.
Avec une conscience claire, observez-les directement et ne vous y accrochez pas.
Si vous ne vous accrochez à rien, bon ou mauvais, votre réalisation s’améliorera considérablement.

Une personne ordinaire pourrait penser : « Je dois me débarrasser de tous mes problèmes, je n’en veux aucun.
Je veux seulement connaître le bonheur et la félicité sans aucune difficulté. »
Ne soyez pas ainsi.
Pratiquez plutôt face à la souffrance et aux difficultés. Les sentiments négatifs qui naissent des circonstances difficiles et ceux qui naissent des pensées perturbées sont tous identiques.

Lorsque vous méditez et comprenez que ce ne sont que des pensées fictives, l’expérience du problème disparaît instantanément.
En vous habituant à cela, quelle que soit la difficulté rencontrée, elle vous sera bénéfique.
On peut dire que Milarépa a enduré des épreuves réelles, comme la famine.
Cependant, la plupart de nos difficultés ne sont que mentales.

—H.E. Garchen Rinpoche (July 2020, Arizona)

Et ça ne sera peut-être pas si triste que ça finalement

POINGS DE VUE

Nous nous attachons à notre point de vue comme si le monde entier en dépendait. Mais nos opinions n’ont aucune permanence.
Mais telles les saisons, elles passent leur chemin.
– Zhuangzi, maître Taoïste

Il existe des milliards d’opinions diverses et différentes dans le monde. En fait, le monde est un méga bol de soupe aux opinions gratinées. Même chacun.e de nous est un grand bol en soi.

Individuellement, nous adoptons des points de vue obtus, têtus, joufflus, dans le sens qu’ils occupent trop de place et nous bloquent la vue, On les considère souvent comme plus importants que ceux des autres.

Mais d’où viennent ces divers points de vue qui nous bloquent tant la vue et auxquels nous tenons tant ? La question se pose. Et la réponse peut être dérangeante. Ou fuyante.

Tanné.e.s vous aussi de voir le monde avec tant de petitesse et de rigidité ? De voir s’entrechoquer les diverses opinions comme si chacune était la plus importante et la seule qui vaille et voulait dominer toutes les autres ?

Les opinions et les points de vue constituent des oeillères, des grilles de lecture qui rendent le monde plat – et plate – et unidimensionnel. Un peu plate de toujours voir le monde de la même façon. On peut se surprendre soi-même parfois, ça rend la vie plus excitante. Fun fun fun de changer d’idée.

Car au cours d’une vie, notre vision du monde change sans cesse et changera inévitablement à de nombreuses reprises. Sain. Inévitablement et inexorablement notre perspective changera. C’est le propre d’un point de vue: une perspective sur un ptit bout du monde à un moment donné.

Mais cette perspective se modifie au fur et à mesure que nous évoluons, grandissons, maturons. Au fur et à mesure que nous comprenons le monde différemment, au fil de nos expériences et de nos diverses compréhensions.

This too shall pass est un dicton qui dit tout.

La vie est un flow, un courant, une rivière, une énergie qui bouge, fluctue, se modifie. Et nous sommes tous et toutes dans le bain, parfois un lac tranquille, parfois une grosse piscine à vagues. L’idée consiste à apprécier le cycle de la grande laveuse au fur et à mesure. Une grosse brassée la vie, avec ses remplissages et ses vidages, ses spins et ses rinces.

Tout un art d’apprendre à accepter ce qui est quand c’est, comme que c’est.

Et à laisser aller avec grâce et acceptation. La job d’une vie. Jamais complétée.

Certains cycles sont délicats, et on doit y aller mollo, mais parfois quand ça spinne, faut que ça spinne et on dit que c’est toujours moins pénible quand on suit le courant et qu’on se laisse aller avec le flow.

Et comme Osho le dit: sitting silently, doing nothing, the grass grows, and the spring comes by itself.

Parfaite occasion de prendre un ptit 5 minutes pour se laisser aller non ?

DONNEZ ET VOUS RECEVREZ QU’IL DISAIT

Rappelez-vous que lorsque vous quitterez cette terre, vous ne pourrez apporter avec vous rien de ce que vous avez reçu – que ce que vous avez donné; un coeur plein, riche d’un service honnête, d’amour, de sacrifice et de courage. – St-François d’Assise

St-François est un cas rare dans la gang à Jésus, un gars rare. Parait qu’il parlait aux plantes et aux animaux. Il devait être végane lui c’est certain.

D’ailleurs voici sa prière:

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix!
Là où il y a la haine, que je mette l’amour;
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon;
Là où il y a le doute, que je mette la foi;
Là où il y a le désespoir, que je mette la confiance;
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie;
Là où il y a l’obscurité, que je mette la lumière;
O. Maître Divin, que je ne cherche pas tant
D’être consolé que de consoler,
D’être compris que de comprendre,
D’être aimé que d’aimer
Car c’est en me donnant que je recevrai;
C’est en pardonnant que je serai pardonné;
C’est en mourant que je naîtrai à la vie éternelle.

Quand on commence à appliquer son enseignement, on réalise pour de vrai que le plaisir réel et profond consiste à donner. Que faire plaisir à autrui fait plaisir à soi-même. Et ça devient contagieux et exponentiel: plus on donne, plus on reçoit. Ça marche pour vrai.

On pense généralement qu’avant de donner, on doit tout d’abord accumuler et lorsqu’on en aura assez – mais quand en a-t-on assez au juste right ? – alors seulement on pourra partager, donner, redistribuer.

Mais si l’équation fonctionnait dans le sens inverse ?

Si on commençait plutôt par donner, partager, faire circuler et qu’ensuite, les choses se mettaient à arriver ? Intéressante twist non ? Mais on ne peut pas faker la leçon: on ne peut donner dans l’espoir que si on donne, on recevra. On donne tout simplement et le simple fait de donner apporte joie et satisfaction. Et si la vie redonne tant mieux, c’est du bonus. Mais si on apprend à prendre plaisir à donner, la job est faite.

Et ci-bas, dans le même sens, une vérité crue de la tradition bouddhiste : Tout ce que vous pensez être disparaîtra. Les titres. La fierté. L’argent. L’ego. Le pouvoir. Rien de tout cela ne vous suivra. Rien de ce à quoi tu t’accroches ne te survivra. La seule chose qui restera sera comment vous avez traité les gens: la douleur que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve. Longtemps après que tu sois parti.e, c’est ce dont on se souviendra de toi. Choisis prudemment: chaque jour, tu construis ton héritage.

On parle beaucoup de redistribution de la richesse ces temps-ci. Peut-être que certains pogneront le message ?

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Un jour viendra
Ton nom va tomber dans l’oubli.
Tes titres seront oubliés.
Ton argent changera de mains.
Ton ego va disparaître sans laisser de traces.
Tout ce sur quoi tu as bâti ton identité disparaîtra discrètement.
Ce qui restera est d’une simplicité douloureuse : la façon dont tu as traité les autres, la peine que tu as causée ou la bonté dont tu as fait preuve.

– anonyme
En fin de compte, ton héritage ne se mesure pas à ce que tu possédais, mais à ce que tu as laissé dans le cœur des autres.

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Piste 4 de l’album Os Hinos do Vale da Vida (2020) dédié à Jean-Patrice Desjardins (RIP) / enregistré à Val-David le dimanche 30 août 2020 / work encore et toujours in progress…

Charles Johnson: guitare et captation visuelle et sonore
Guy Richer : contre-basse
Raoul Pereira : percussions
captation audio et vidéo : charlesjohnson.ca

4- SAO FRANCISCO DE ASSIS
(traduction française ci-bas)

Você andou com animais
Falando com arvores também
Vivendo humildemente
E tão facilmente

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Você andou pelos caminhos
Você se parou aqui e la
Dando todo o seu amor
A aqueles que encontrou

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Ciao… Francisco de Assis

4- SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Tu as marché avec les animaux
et parlé aux arbres aussi
Tu vivais humblement
Et si facilement

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Tu as parcouru les chemins
Tu t’es arrêté ici et là
Donnant tout ton amour
A ceux et celles que tu as rencontrés

Sao Francisco de Assis
Sao Francisco de Assis

Ciao… Francisco de Assis

DE MOINS EN MOINS – PLUS OU MOINS DU MOINS

Tout ce dont vous avez besoin est moins…

Avec les années, on dirait bien que nous avons de moins en moins de besoins, ou de plus en plus besoin de rien. Comme si, quand on n’a rien, tout y est et nous sommes complets. En fait, on a de moins en moins besoin d’être quoi ou qui que ce soit aussi. Simplement être fait la job. Ni être quelqu’un ou quelque chose, être est suffisant, et n’être rien encore mieux.

Une des choses que J’apprécie de plus en plus avoir de moins en moins besoin de faire est de me plaindre. De nter – et de mentionner – ce qui me manque, ce qui devrait être autrement. Pas encore rendu à rien rien rien, mais on the way. Car tout est rien qui finit bien.

Et comme le dit Eckart Tolle, chaque plainte est une petite histoire créée par le mental en laquelle vous croyez complètement.

Quand on décide d’apprécier ce qui est pour ce que c’est, la vie telle qu’elle se présente à nous, et non comme on voudrait qu’elle soit, la vie devient tellement plus simple.

Avec les années, on a de moins en moins envie de se casser le bécyk. De plus en envie et besoin de prendre les choses telles quelles, telles qu’elles viennent, telles qu’elles sont, et de ne plus tenter de tout changer. Trop de trouble, trop fatiguant, trop compliqué.

De plus en plus envie d’être tout bonnement, et bien humblement, simple d’esprit, borderline stupide, comme dans Keep It Simple Stupid. Garder les choses simples, et ne pas trop m’intéresser aux ragots et aux qu’en dira-t-on. Après toutes ces années, je réalise que le diction vivre et laisser vivre est une bonne idée finalement. Suffit de l’appliquer.

En cette fin de semaine de la Reine, de Dollard et/ou des Patriotes – parlez-moi de faire compliqué quand on peut faire simple – j’ai juste envie de chanter avec mes ami.e.s, de prendre le temps pour ne rien faire, du moins pas grand chose, de me la fermer, d’écouter les oiseaux, d’ouvrir mon coeur et de mettre ma tête à off.

Bon long week-end chez-vous aussi. On nous annonce même l’arrivée du printemps.

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NE CRITIQUEZ PAS ET NE JUGEZ PAS – AIMEZ SIMPLEMENT
Ne vous souciez pas de ce que font les autres, ne les critiquez pas et ne les jugez pas pour leurs pensées et leurs actions dualistes ; concentrez-vous seulement sur votre propre esprit.
Une fois complètement libéré, vous pourrez aider les autres à se libérer.
Libéré, vous devenez comme un lac d’eau chaude, faisant fondre naturellement toute glace que vous touchez.
Alors, ne scrutez pas les paroles ou les actes des autres, laissez-les être, aimez-les, soyez bienveillants et concentrez-vous d’abord sur votre propre libération.
Nous ne parvenons pas à nous défaire des pensées dualistes qui étiquettent et jugent parce que, même si nous sommes intelligents, notre amour est limité, il n’est pas encore infini.

~ Garchen Rinpoché

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LESS IS MORE (MORE OR LESS) 

More and more and more and more / I feel that I am disappearing

More and more and more and more  / I feel that I am dissolving into the one

More and more and more and more  / I feel that I am becoming less and less

More and more and more and more  / I feel that there is no one in here
More and more and more and more  / I feel that there is no one out there

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Et ça, ci-bas, c’est quelque chose !

On finira demain alors… ou plus tard…

HEIN ? COHÉRENCE ?

Lorsqu’un système complexe s’éloigne de l’état d’équilibre, de petites îles de cohérence dans une mer de chaos ont le don de faire passer l’ensemble du système à un ordre supérieur. – Ilya Prigogine

Nous vivons dans un monde complexe. Un système mondial de plus en plus complexe. Et chaotique. Tellement qu’il est complètement impossible de le saisir dans son entièreté. On dit d’ailleurs que le système nerveux humain n’est pas construit pour traiter autant d’information qu’on nous propose en ce moment, et de ressentir autant de sensations. Makes sense.

Si on ne peut trouver de cohérence dans le monde, Il nous faut alors chercher un équilibre dans notre proximité plus immédiate, juste ici, en soi et autour. Pas que le monde finisse là, au contraire, mais il y commence et là qu’il s’y déroule.

Car le monde est vaste, trop vaste pour qu’on puisse y trouver un seul sens, un sens unique. De plus en plus une autoroute de la désinformation. Le sens ne peut que se trouver en soi et par la suite, prendre de l’expansion, se diffuser et s’expandre.

En fait, ce que l’on nomme le monde n’existe pas vraiment d’ailleurs. Il n’existe que dans l’absolu, dans l’imagination, dans ses divers reflets qu’on se met dans l’oeil et dans les oreilles. On ne perçoit que quelques petites bits de la vaste et complexe réalité du monde à la fois. Et souvent, on prend le monde pour ces petites bits d’information. On prend le monde pour le trou du beigne et soi pour le nombril du monde. On pense que le monde est notre ptit motton. Excusez-là.

Le vrai monde me semble ne pouvoir exister réellement qu’ici, juste là sous nos pieds et dans notre coeur, là où l’on peut toucher, sentir, voir, goûter et entendre. Ce que l’on peut ressentir avec et par nos cinq sens. Oh, bien sûr, il y en a sûrement davantage que cinq si on fouille un peu. Disons que c’est le monde primaire, le monde de nos sens. Là où l’on peut commencer à créer sa propre île, île qui cohabitera avec l’ensemble des autres îles, surtout celles situées directement plus près de nous.

J’ai posté cette citation hier mais elle s’applique avec encore plus de justesse aux propos d’aujourd’hui. Peut-être la cohérence qui nous parle ?

Et si par hasard tu ignores où tu dois Me rechercher,
ne va pas de-ci de-là ;
si tu voulais me trouver,
Moi en toi tu me chercheras.
Parce que tu es mon alcôve,
tu es ma maison et ma demeure,
où j’appelle à tout moment
lorsque je crois que la porte
est fermée dans ta pensée.
Hors de toi ne me cherche pas,
puisque pour me trouver Moi,
il suffira de m’appeler ;
j’irai vers toi sans tarder,
Moi en toi tu me chercheras.

– Thérèse d’Avila via Cristina RJ

On le sait bien que tout commence en soi, par soi, ici. Mais l’erreur que font peut-être certain.e.s consiste à penser que c’est là que le monde se termine aussi, alors que c’est là qu’il ne fait que débuter.

Le début du monde fin. Fin.

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Il n’y a pas d’illumination en dehors de la vie quotidienne.
– Thich Nhat Hanh

LÉGÈRETÉ

J’ai quelques ami.e.s. et proches autour de moi qui souffrent ces temps-ci. Et parce que j’ai déjà souffert, quand je me trouve en leur présence, je sais ce qu’ils/elles vivent, je sens ce qu’elles/ils ressentent. En fait je ressens la souffrance que j’ai moi-même vécue. La douleur a beau être invisible à l’oeil nu, elle ne l’est jamais au coeur qui a su et qui l’a vécu.

Lorsqu’une douleur est physique et qu’on la voit, elle se comprend mieux, elle se justifie mieux, surtout lorsqu’elle est extérieure, lorsqu’on peut la voir et en identifier la source précise.

Mais quand c’est l’esprit qui a mal jusqu’à l’âme, et lorsque le coeur est si lourd qu’il devient même difficile à porter, on peut avoir tendance à se dire que cette douleur n’existe pas et qu’on ne devrait pas souffrir ainsi, surtout au printemps, surtout si on se compare à pire que soi. Mais la douleur demeure tout de même et elle existe, bien réelle.

On dit parfois que la douleur est inévitable, mais que la souffrance est optionnelle. Je ne suis pas tout à fait certain de cette grande vérité personnellement. Car lorsqu’on a mal, ça fait mal, on a beau tenter de se raisonner, la douleur est bien réelle même si elle est invisible. Le corps la ressent, l’esprit la subit, la tension se vit concrètement en notre corps.

Parfois, nous sommes pris en soi avec une certaine douleur, emprisonné dans une souffrance certaine, une douleur aiguë. On tourne en rond et on ne voit pas comment s’en sortir. On se retrouve pris dans une loop de souffrance, sans sortie de secours à l’horizon. La simple idée de faire un effort devient résistance. La tête spinne sur elle-même et toutes les voies de sortie sont bouchées, comme les solutions trop pâles pour contrer l’ombre de nos malaises.

S’il était aussi simple que de simplement décider de s’en sortir, tout le monde le ferait, à moins d’apprécier souffrir, mais les masochistes sont relativement rares. On roule souvent dans des patterns inconscients qui, par définition, ne se comprennent pas dûs à la part cachée de la spirale qui nous ramène souvent à la même place en soi, ou dans les mêmes situations à répétition.

Parfois la vie nous force à mariner dans un état inconfortable pendant un certain temps, toujours trop longs à notre goût, ou elle nous ramène régulièrement dans une même douleur connue, mais difficile à accepter. Ce processus est un grand mystère.

Probablement que la première étape consiste à accepter totalement l’état vécu, même si c’est difficile, comme l’inconfort et l’impuissance qui viennent avec. Puis à ressentir la dite douleur/souffrance.

Du temps de son (corps) vivant, Osho nous recommandait de suivre la souffrance, de remonter la douleur jusqu’à sa source. Ce faisant, sans la juger ni tenter de la nier, il devient possible de réaliser que la douleur est une sensation, surtout une sensation du moins lorsque libérée du jugement qui l’accompagne et l’alourdit d’autant plus. En ce sens, si la douleur est une sensation, la souffrance serait une forme de résistance à ce qui est. Osho nous disait de prendre le temps et de rentrer dedans. Ça fonctionnait souvent pour moi. On finit par perdre le fil et la douleur s’atténue une fois reconnue et apprivoisée.

Un autre outil réside dans la méditation d’Atisha. Cette technique, issue du bouddhisme tibétain, veut qu’une flamme de guérison brûle dans le coeur de chaque être humain et qu’à l’inspiration, en y portant notre attention, on peut y diriger notre douleur et notre souffrance et les laisser s’y consumer. Le feu a cette qualité de transmutation. Puis à l’expiration, on peut ensuite laisser aller l’inconfort qu’elle génère avec acceptation et soulagement, en expirant la guérison, l’apaisement et l’allègement.

Petits moyens bien simples, peut-être même un peu simplets quand notre coeur a si mal et souffre tant. Mais parfois, les mots sont de trop. Et l’acceptation de notre état de grande vulnérabilité dans les moments les plus difficiles de notre vie constitue probablement une grande leçon de vie inévitable et incontournable pour chacun.e d’entre nous. C’est en se cens que nous sommes tous et toutes liées. Notamment par notre apprentissage et par la transformation de la douleur.

Quand nous sommes en présence de gens qui souffrent, n’essayons pas de nier leur douleur, de minimiser leur souffrance, ni tenter de les convaincre de quoi que ce soit. Soyons présent.e.s à eux/elles, et prenons même une partie de leur mal-être. Ils/elles se sentiront déjà mieux, du moins reconnus et acceptés. Ci-bas, un bout de texte intéressant en ce sens.

Et brûlons une petite tige de sauge en invitant la légèreté.

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L’ENSEIGNEMENT DU TONGLEN PAR KHENPO MUNSEL

La pratique principale que j’ai suivie en prison était le tong-len (donner et recevoir).
Khenpo Munsel m’a transmis de nombreuses instructions orales spécifiques sur le tong-len, qui ne figuraient pas dans les textes.
Le tong-len consiste généralement à répandre le bonheur autour de soi et à absorber la souffrance d’autrui.
Mais pour saisir le vrai sens du tong-len, il faut comprendre l’indissociabilité du soi et de l’autre.
Notre esprit repose sur le même fondement.
Nous le comprenons grâce à la Vision.
Dans ce contexte, même s’il existe de nombreuses formes de souffrance, il n’y a en réalité qu’une seule chose appelée « souffrance ».
Il n’y a qu’une seule souffrance, enseignait-il.

S’il n’y a qu’une seule souffrance, alors, lorsque vous-même souffrez profondément, vous devriez penser :
« L’esprit des êtres sensibles des trois royaumes et mon esprit reposent sur le même fondement.
L’essence de la souffrance des êtres sensibles des trois royaumes et de votre propre souffrance est la même.
Si vous les percevez comme identiques, si vous les considérez comme non duelles, et que vous méditez ensuite sur cette souffrance dans l’état naturel de l’esprit, cette souffrance disparaît.
À cet instant, vous avez simultanément apaisé la souffrance de tous les êtres sensibles des trois royaumes.


Le « len » de tong-len signifie « prendre ».
Commencez par prendre de cette manière.
« Tong » signifie « donner ».
Si vous comprenez la nature de l’esprit, alors vous reconnaissez que l’essence de toute souffrance et de toute émotion afflictive est le vide.
Lorsque la souffrance ne vous nuit plus, l’esprit atteint une grande félicité.
Si, à ce moment-là, vous méditez en unifiant vous-même et les autres, ce bonheur peut diminuer l’attachement à soi de tous les êtres sensibles.

Elle peut atténuer cet attachement.
Le bonheur donné est le bonheur qui découle de la pratique du don et de la réception.
C’est comme ça que vous…
Il faut pratiquer.
C’est très particulier.
D’autres ne l’expliquent pas ainsi.

~ Garchen Rinpoché
Enseignement sur Tong-Len donné par Son Éminence Garchen Triptrül Rinpoché à Katmandou, Népal, en 2007

Extrait de ratnashri.se et Christina Lundberg, « Pour le bien de tous les êtres », film documentaire sur la vie de S.E. Garchen Rinpoché, © 2013 Garuda Sky Productions ; utilisé avec son aimable autorisation. Traduction : Meghan Howard et Ina Trinley Wangmo.

Merci à Hong Chang et Tashi Lhamo et al. , via Erik Jensen et traduit par Googletranslate

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Et si votre coeur est alourdi par la souffrance ces temps-ci, peu importe sa source, Gangaji a quelques mots d’encouragement qui ont déjà fait des miracles pour le mien quand il était dans la flotte.

FAIRE DE SON MIEUX

Même le travail silencieux de nos mains peut devenir une prière lorsqu’il est réalisé avec soin… avec présence… avec respect pour ce dont nous faisons partie. – Kaniwapi Maskwa

Avec le printemps revient l’appel du soin de la terre, du soin à la terre. Avec le printemps revient le temps des prières faites à la main, faites avec soin, avec coeur.

À ce temps-ci de l’année, alors que l’on sort lentement de nos cavernes, on se remet à prendre soin de notre mère terre, de la nature, du grand navire sur lequel nous naviguons ensemble. Ce grand porte âmes commun qui nous soutient tous et toutes malgré nos abus flagrants et notre manque de respect à son endroit.

Hier matin, un monsieur de grande vieillesse (plus de 90 ans) dont je croise parfois les écrits sur FB a posté un rare message de découragement en lien avec le sort actuel du monde. On passe tous par là à certains moments lorsqu’on regarde le monde tourner un peu carré autour de nous. Parfois, on perd espoir et le poids du monde nous submerge, nous écrase, nous rentre dedans car nous sommes encore humain.e.s.

Je me suis permis de partager en commentaires des paroles entendues de la bouche de Louise Forestier à la radio récemment: je n’ai plus tant d’espoir, de toute façon c’est de courage dont nous aurons besoin désormais… je la paraphrase.

J’aime l’idée de remplacer l’espoir par le courage. Ce mot simple, qui signifie coeur, qui part du coeur, qui donne du coeur et qui nous y lie.

Et comme le dit Êkwa ci-bas: même lorsque le monde tremble, nous sommes toujours responsables du «ptit bout du grand esprit» dont nous sommes tributaires et que nous portons en nous… je paraphrase encore. Mais vous comprenez l’idée.

Parfois la loi de la gravité nous rattrape et le poids du monde nous rend plus lourds, et le regard plus sombre. Lucidité des êtres incarnés.

Parfois le sens de la vie nous échappe, surtout quand on pense au sort de ceux qui nous suivent. On leur laisse tout un défi à affronter, un casse-tête complexe à des milliards de morceaux à résoudre. Mais peut-être que cela a toujours été le cas, depuis le début des temps même si les années d’après-guerre semblaient plus légères et prometteuses. Qu’illusion peut-être ?

Back to life, back to reality.

Tout ce que nous avons pour appliquer concrètement notre foi et notre courage réside dans le moment que la vie nous offre à vivre, un jour à la fois, chaque jour dans la foi. Et dans le courage. Avec le coeur, et nos deux mains.

Prendre soin, anglicisme de taking care.

Prendre soin de la terre, des gens autour de soi, du petit monde dans lequel on gravite, qui nous entoure et qu’on nous offre à vivre. Jamais rien d’acquis. Tout ce que l’on peut faire consiste à faire de son mieux. Humblement, courageusement, discrètement, en privé, sans nécessairement le crier au monde entier. Pour donner du sens à son ptit bout de vie à soi et contribuer de sa petite symphonie à la grande. Planter des arbres et des fleurs, aider son/sa prochain.e, embellir et adoucir la vie.

Quelqu’un qui était au seuil de la mort et qui est revenu à la vie pour le raconter, disait récemment que lors de ce passage, la seule question qu’il s’est posée – ou qu’on lui a posée – fut: as-tu fait de ton mieux ?

Ça me semble la seule question qui compte, non ?

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Vous n’avez pas besoin de savoir précisément ce qui se passe, ni où tout ça va mener.
Ce dont vous avez besoin, c’est de reconnaître les possibilités et les défis que présente le moment présent, et de les accueillir avec courage, foi et espoir.
― Thomas Merton

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Et si par hasard tu ignores où tu dois Me rechercher,
ne va pas de-ci de-là ;
si tu voulais me trouver,
Moi en toi tu me chercheras.
Parce que tu es mon alcôve,
tu es ma maison et ma demeure,
où j’appelle à tout moment
lorsque je crois que la porte
est fermée dans ta pensée.
Hors de toi ne me cherche pas,
puisque pour me trouver Moi,
il suffira de m’appeler ;
j’irai vers toi sans tarder,
Moi en toi tu me chercheras.

– Thérèse d’Avila via Cristina RJ

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L’amour est le meilleur remède naturel.
Et sa beauté réside dans le fait qu’il ne vous rend jamais apathique et morose.
Il procure une harmonie intérieure.
C’est une drogue… c’est l’une des substances chimiques les plus puissantes, mais elle est innée.
On ne la prend pas de l’extérieur.
Elle est créée en soi-même
.
– Osho

PHOTOS TROUBLÂME

Ce matin, je surfais dans ma banque de photos et de memes pour me partir la boîte à mots tel que je le fais la plupart des matins de semaine. Petite pratique régulière pour starter mes journées.

En fouillant, j’ai passé et repassé sur cette photo trouvée hier (Beyoncé au Met Gala et jeune palestinienne de Gaza) à quelques reprises en me disant que je ne pouvais pas l’utiliser comme haut de chronique.

Mais pourquoi ? me suis-je demandé. Car ce blogue ne traite pas de politique, ni d’enjeux sociaux, quoi que.

Et en me le demandant encore, je la poste tout de même et je verrai bien ce que j’ai à en dire, je verrai bien les mots qui sortiront de ma petite boîte de Cracker Jack.

C’est que cette photo m’obsède un peu depuis hier. Je dis m’obsède un peu même si cela ne fait pas tout à fait sens car en principe, une obsession nous prend complètement et viscéralement. Une obsession se vit à temps plein. Et bien qu’elle puisse être positive, une obsession est généralement connotée négativement. Celle-ci l’est sûrement du moins. Peut-être que je ne la laisse m’obséder qu’un peu pour ne pas qu’elle m’envahisse complètement, et qu’elle me hante à temps plein. Elle en a le potentiel. Et j’y pense beaucoup beaucoup.

Si je suis honnête, j’aurais préféré ne pas voir cette photo. Car il y a des choses que je ne veux pas voir. Ça me heurte trop, trop dérangeant.

Depuis que j’ai posé les yeux sur cette photo, quelque chose de fondamental a été dérangé en moi, et pas que mon petit mental hyperactif qui fut déclenché. Quelque chose a été profondément touché, atteint, perturbé. Mon mental ne sait quoi en faire et les émotions le submergent, le dépassent.

Oh je sais avec ma tête qu’il y a des inégalités et des injustices flagrantes en ce monde, mais de voir ces deux extrêmes côte à côte révèle quelque chose de très troublant en moi. Presque trop troublant. Quasi impossible de vivre avec un tel malaise, un tel mal à l’âme. Sans rationnaliser, sans justifier.

En fait, ces deux photos juxtaposées nous ramènent à deux choix : soit de regarder le monde en cherchant/trouvant des causes et des coupables, donc en blâmant autrui, ce qui va jusqu’à blâmer Dieu pour certains.

Ou soit d’utiliser ces photos comme un miroir pour se regarder soi-même et voir ce qui est ébranlé en soi à la vue de ces deux extrêmes. Et éventuellement, possiblement tenter de prendre action pour atténuer les inégalités. Mais ça, je sais, gros contrat. Et trop souvent on agit pour masquer notre impuissance et notre désespoir.

Ou peut-être qu’il existe un troisième choix: celui de simplement sentir son impuissance et d’accepter que certaines choses dans le monde sont tout simplement dérangeantes, perturbantes, inconfortables. Et tenter de vivre avec ce malaise du mieux qu’on peut. Si cela est possible.

Ou peut-être qu’il existe même un quatrième choix qui consiste à tout simplement nier certaines réalités quand elles nous dérangent trop. On dirait que certaines personnes parviennent à le faire.

Je constate qu’on a souvent tendance à blâmer les très riches face à la pauvreté du monde comme si l’argent pouvait tout régler. Mais quiconque a déjà voyagé dans les pays pauvres sait que nous sommes tous et toutes les riches d’autrui – plus pauvres que soi.

En hésitant à poster cette photo, je vois aussi que je ne veux pas effrayer mes quelques lecteurs/trices. Pourtant, j’écris librement, du moins sans éditeur/trice qui me censure selon des lignes éditoriales spécifiques. J’écris librement, sans filtres, autres que les miens finalement. Mais je réalise que nous nous censurons toujours un peu, nous pendant tout à fait libres, selon des valeurs et critères un peu mystérieux et inconscients.

Ou tout simplement une culpabilité chronique soulevée par ces photos ?

Un peu de toutes ces réponses peut-être.

Et vous, quel effet elles vous font ces photos ?

Vous pouvez commenter, je vous lirai.