PARLER DROIT MARCHER DROIT ÉCOUTER DROIT

Plusieurs histoires très human interest à gérer et à digérer ces temps-ci le ptit chroniqueur des grands chemins.

On apprend en vivant disait le pouett pouett. Ou pas, répondait l’enseignant.

On dirait que la vie veut m’apprendre – ou moi qui doit apprendre et la vie m’enseigner ? – à faire attention à ma parole, à toutes mes paroles, à ce que j’émets en général.

Bons mots, bene dictions, plutôt que malédictions, paroles négatives et commérages.

La parrhésie bien sûr. Apprendre à se tenir droit, à garder sa parole pure, digne et sincère, à dire ses choses, mais aussi apprendre à entendre quand les autres ont à nous dire leurs propres choses en lien avec soi et nos comportements. Give and take la vie.

Les compliments sont toujours doux à entendre à première vue, ou à première écoute plutôt, quoique souvent on attend le pot après les fleurs pendant que les compliments sont émis, faisant en sorte que ne pouvons vraiment apprécier le menoum, car en attente du bang ! De toute façon, trop de compliments sonnent souvent louches right ?

Parler droit donc, mais écouter droit aussi.

Dire sa vérité, entendre et écouter les choses que nous disent les autres, les proches du moins, des choses qui peuvent nous heurter ou déranger. Les recevoir, les sentir, et les laisser aller après qu’e les mots nous aient traverser et qu’ils aient fait leur job.

Ne pas fermer les oreilles, ni le coeur. Et continuer à écouter ce qu’ils ou elles ont à nous dire, sans repousser, voir ce que l’on peut changer, améliorer, se perfectionner, à la lumière de leurs commentaires. Sans jamais penser atteindre la dite perfection car un processus la perfection, qu’un lent et long processus de perfectionnement la vie. Innatteignable. Un élan vers la droiture en soi et face au monde. Pas un objectif à devenir.

Encore une fois, la bonne vieille classique prière de la sérénité qui s’applique:

Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer,
le courage de changer les choses que je peux,

et la sagesse d’en connaître la différence.

Tout un contrat que d’être humain hein ?

En fait, je ne suis pas certain si on naît humain, je crois qu’on nait humain en devenir et qu’on le devient lentement mais pas nécessairement toujours sûrement. Et souvent ce sont les défis de la vie qui nous enseignent le plus. La vie nous polit face à nos vieilles habitudes négatives, mais cela est souvent douloureux de perdre des morceaux, même s’ils sont lourds à porter et encombrants. Blessant de se faire corriger, de se raffiner, de revenir à son essence la plus essentielle qui dort au fond de note coeur.

Veeresh nous disait souvent qu’on apprend soit par choc, ou par répétition. Makes sense. Les chocs sont durs à prendre, alors que les répétitions prennent du temps, impliquent qu’on fasse les mêmes erreurs on and on et demandent d’assumer tous nos gestes, comme de se regarder aller. ET de rester humble en marchant sa vie.

De nos jours, on doit faire preuve de discernement face à ce que l’on énonce publiquement. Car les écrits – et les posts FB etc… comme les ptites vidéos – restent. Plusieurs l’apprennent ces temps-ci avec les élections. Le passé peut refaire surface à tout moment. Ou même être inventé désormais. Fou de même le monde moderne et l’artificialité de l’intelligence pas toujours naturelle.

Alors dire ses choses, marcher son bout de chemin, se tenir droit et debout pour ses convictions profondes tout en acceptant que celles-ci peuvent changer avec le temps qui passe et au contact des autres qui peuvent nous enseigner. Car pas mal eux et elles la vie.

Et comme on dit: qui sème le vent récolte la tempête. Alors semons du bon, du beau et du droit pour le bien du plus grand nombre. Et voyons de quoi sera composée la récolte. L’Action de grâce s’en vient justement.

Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… une bonne celle-là.

Aho !

P.S. et pardon si mes gestes ou paroles ont blessé quiconque… pas l’intention.

___
C’est notre façon de percevoir le monde et la vie qui détermine la façon dont nous le traitons et dont nous nous traitons nous-mêmes.
C’est notre façon d’être au monde qui détermine ce que nous sommes.
Ce que nous acceptons, tolérons, est ce qui continuera…

Nul ne sert plus de dénoncer, de montrer du doigt l’horreur qui s’étend tout en continuant à obéir aux « règles » qui la génèrent, tout en continuant de reproduire docilement et aveuglément les comportements ordinaires qui la génèrent.
Nous sommes tous responsables.
Nous sommes le vivant.
Nous sommes le pouvoir.

~ John Trudell via Alain Nyala

___
…

Faisons bien attention aux commérages.
Ils sont déjà monnaie courante et se sont même installés dans nos pratiques.
Il faut y mettre un terme.
Les commérages sont toujours responsables des « balanços » — des secousses et des perturbations — ici et là.
Ils sont l’une des principales causes du découragement, car ils constituent un canal de négativité qui finit par dresser les frères et sœurs les uns contre les autres.
Ce cheminement mérite que nous en prenions soin.
Veillons à ne pas nous décourager ni à décourager les autres.
Finissons-en avec les commérages.
Ayons du respect, abstenons-nous de critiquer et cultivons de bonnes amitiés.
Ayons le courage d’en finir avec les commérages.
Nous attirons votre attention sur la nécessité de prendre soin de ce cheminement.
Cette Doctrine )le Santo Daime) est la plus belle découverte de notre existence; elle est à portée de main.
Nous devons nous raffermir afin de pouvoir cheminer et surmonter les épreuves.
Cette occasion de cheminer dans la Doctrine est si précieuse, si présente, si merveilleuse et si rare que nous devons l’embrasser et poursuivre avec joie et satisfaction.
Si nous n’y prenons pas garde, nous risquons de nous éloigner et d’entraîner d’autres personnes avec nous.

– Padrinho Saturnino Mendes, 5 avril 2018

LES MOTS QUI PORTENT

Tout semble tellement lourd aujourd’hui, ai-je dit à un ange qui était déguisé en ciel.

C’est parce que tu n’es pas censé tout porter, répondit l’ange.

J’ai senti mon dos plier sous le poids de mes fardeaux.

OK mais que suis-je censé porter alors ? demandais-je à ces cieux si bavards.

Continue dit l’ange-ciel, ne fait que continuer. Et pour aujourd’hui, cela est suffisant.

– john roedel

Bien sûr, un ptit quelque chose is lost in translation avec le carry on. Pas les bagages, le fun du pun. Surtout si vous lisez l’anglais. But you get the point; point virgule, pas point final. Un point c’est jamais tout. C’est toujours le début d’autre chose.

Définitivement, j’aime les gens qui écrivent leur nom en minuscule. Pas que ça ne garantisse une quelconque humilité relative, mais ça indique une certaine simplicité, un ptit saut hors des conventions mondaines. Rien de capital ici. Que l’ordinaire de la petite vie sans fla fla, ni tambour et surtout pas de trumpettes.

john roedel se définit lui-même comme un poète, écrivain, humoriste, conteur et comme un terrible danseur. I can relate dear john. Pas John Deere. Je vous laisse fouiller dans les anales webatiques si vous êtes curieux/se à propos de john en toutes ptites lettres. Il est out there. In here quoi. Oui chers et chères.

J’aime les gens qui écrivent leur nom en minuscules petites lettres mais j’aime tout autant sinon encore plus les gens qui jouent aussi bien avec les mots que notre john en question. Jean dit. Et Simon says.

J’apprécient ceux et celles qui utilisent les 26 lettres de l’alphabète pour nous faire entrer dans une autre vie, dans la profondeur de notre propre être simplement par l’agencement de ces simples lettres à conjuguer.

Car les lettres ne sont pas que des outils, ils sont des blocs légo pour faire de l’esprit sans le mode d’emploi, des clés magiques pour ouvrir les portes de l’esprit et du coeur, pour nous ramener à nous-mêmes, comme pour nous amener à plus grand que soi. Ou devrais-je plutôt écrire: pour nous amener à nous-mêmes et nous ramener à plus grand que soi. Car amener et ramener ne veulent pas dire la même chose. Voyez ce qu’une seule petite lettre peut faire ? Et moi je fais du air writing. J’écris dans le vide, j’écris tout plein, mais dans le vide.

Imaginez alors ce que les mots peuvent nous faire dire, penser, sentir, réfléchir à, sur quoi ils peuvent nous permettent d’ouvrir. Les mots, mais surtout leur agencement. Pour ça que les mots et leurs jeux ne sont pas que drôles. Les mots enjoués peuvent détourner la signification de leur sens originel. Ils peuvent twister la réalité et nous amener – ou nous ramener, c’est selon – ailleurs. Dans un ailleurs meilleur. Un ailleurs qui pourrait devenir un ici éventuellement. Car le temps, vous savez hein ?

Les mots peuvent nous faire rêver, les mots peuvent nous permettre d’imaginer un présent plus humain, plus vrai, plus beau et plus doux. Espoir est un mot de cinq six lettres – cinq en anglais et six en français – mais aussi notre destin, notre destinée.

En fait, incarné.e.s comme nous le sommes tous et toutes, quoi que certain.e.s. le sont moins que d’autres, et d’autres pluches, le monde est mots, et le monde est également bien plus que mots, le monde est au-delà. Des mots comme d’autre chose. Le monde est aussi son, son silence, le silence entre les mots qui est souvent trop court pour qu’on s’entende perler.

Le monde est mots, mais le monde est aussi couleurs, beauté, fréquences.

Le monde est mots dits, et surtout non dits. Car il s’en passe davantage entre les mots et entre les lignes que dans les mots mêmes. Comme dans les memes.

Les mots dits sont finis, gravés dans la pierre du vide, même si les paroles s’envolent et les écrits restent. Car les paroles ne s’envolent jamais tout à fait. Leurs souvenirs et leur mémoire font des petits, résonnent et continuent de réverbérer dans les têtes et les coeurs des malentendants et des liseux de bonnes aventures. Une fois écrits, les mots continuent de sonner, et de résonner. Ding dong !

Le langage est l’une de nos façons de communiquer. Pas la seule, mais l’une des principales. Sauf que ce même langage est probablement source de plus de mécommunication que d’entendement. Les mots ont plusieurs sens et sont interprétés différemment selon chacun.e. On peut aussi inventer des mots car le langage n’est pas fini. Infini il est. Et si fin. Sans fin. Fino.

Comme disait Bernard Werber:

Essayons quand même.

Pour voir comment je peux essayer de twister tant de mots et décliner tant de dignes lignes simplement pour trouver de nouvelles façons de dire que je vous aime, vous qui lisez ces quelques lignes. Vous dire que nous ne sommes pas seuls ici-bas – comme ici-haut disent les anges des nuages de petit john en minuscule – à vouloir le bien, le partage et la solidarité. À tenter adroitement, maladroitement ou carrément gauchement de semer l’amour en nous et autour.

Et vous dire que I care for the world et ses habitant.e.s, même en bilingue, dans toutees les langues et tous les coeurs, même si on ne sait pas toujours comment le dire, ni l’écrire. Le tirer de l’encrier jusqu’à vos yeux, jusqu’à nos Dieux. Sans le crier, en le chuchotant, tout doucement, en minuscule.

Voilà, c’est dit. C’est écrit. Et c’est décrit, tant bien que mal, autant bien que mal.

___
Toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous.
La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder.
Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste.
Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné.

Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. 

– Christiane Singer via RJ

AU SEUIL DE L’AUTOMNE

Photo: Robert Séguin

L’automne arrive un jour en retard cette année. Il arrivera même ce soir, un automne de soir.

Drôle de temps, drôle d’année.

Moi j’adore l’automne.

C’est le plus beau et sensuel des striptease. Naturel, sens à tionel à la pelle.

J’adore ces rouges, ces ocres, ces jaunes/oranges, et ces dorés. En fait, l’automne se dore avant qu’on dorme un peu plus.

Mais avant le blanc, pendant ces quelques semaines époustouflantes, il nous force à ouvrir les yeux bien grands. Il nous émerveille avant d’inspirer le sommeil.

L’automne n’est pas qu’une saison, c’est un espace, c’est un temps, c’est une dimension. L’automne est aussi une étape de vie.

Il nous incite et nous invite à sortir toutes voiles dehors avant de rentrer par en d’dans pour l’hiver.

L’automne est spectaculaire, réconfortant, transcendant.

Il nous dit que l’été s’achève et nous avertit que la neige et le froid reviendront bientôt.

Entre le vert et le blanc, l’automne flash et nous affiche un bien beau bal coloré.

La lumière y est moins crue pour les yeux, mais plus douce pour le cœur.

Le soleil, plus gêné et poli, pâlit un peu. Il ne brûle plus, il réchauffe, il nourrit, il nous embraise les yeux et le coeur.

Peut-être pour qu’on ouvre plus grands les yeux pendant ce beau ptit bout de temps ? L’automne est un bien beau ptit bout de temps.

Contrairement à certains d’entre nous qui le devenons avec l’âge, l’automne est tout doux, et pas du tout dur de la feuille. L’automne est doux de la feuille.

Ci-dessous, deux doux textes qui n’auraient pas pu être gossés sur un tronc d’arbre car trop longs, mais écrits en blanc sur une feuille, orange ou rouge, et qui resteront, en cette fin de saison qui aura été, gravés sur votre écrin d’ordin’à fleur et peut-être aussi sur votre cœur.

Ça a été écrit par des hommes, mais ça aurait pu l’être par une feuille.

___
Je n’ai qu’une toute petite foi naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.
Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu’à une certitude.
Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m’apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire que la vie humaine ne soit qu’un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.
Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clarté, de si riches espérances et de si douces affections.
Il me parait répugner à la raison de l’homme autant qu’à la providence de Dieu que l’existence ne soit que temporelle et qu’un être humain n’ait pas plus de valeur et d’autre destin qu’un caillou.
J’ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie; je sais que je suis sur l’autre versant des cimes et que j’ai plus de passé que d’avenir.
Alors j’ai sagement apprivoisé l’idée de ma mort.
Je l’ai domestiquée et j’en ai fait ma compagne si quotidienne qu’elle ne m’effraie plus…ou presque.
Au contraire, elle va jusqu’à m’inspirer des pensées de joie.
On dirait que la mort m’apprend à vivre.
Si bien que j’en suis venu à penser que la vraie mort, ce n’est pas mourir, c’est perdre sa raison de vivre.
Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l’autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre.
Pas avant.
Mourir, c’est savoir, enfin.
Sans l’espérance, non seulement la mort n’a plus de sens, mais la vie non plus n’en a pas.
Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement.
Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.
La tombe est un berceau.
Mourir au monde, c’est naître à l’éternité.
Car la mort n’est que la porte noire qui s’ouvre sur la lumière.
La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas.
Or notre âme est immortelle.
Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort….
C’est l’immortalité.
Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître.
Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?
Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?
Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie, pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse de devenir heureux ?
La plus jolie chose que j’ai lue sur la mort, c’est Victor Hugo qui l’a écrite.
C’est un admirable chant d’espérance en même temps qu’un poème d’immortalité.

Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme,
Ouvre le firmament,
Et que ce qu’ici bas nous prenons pour le terme

Est le commencement.

– Doris Lussier via Benoit Girouard

___
Moi : Dis, mon Dieu, ça fait longtemps que j’ai pas fait ça.
Dieu : Salut, mon amour. Je me demandais quand tu allais recommencer à me parler.

Moi : J’ai l’impression que le monde tourne plus vite que jamais.
Dieu : C’est parce que c’est le cas.

Moi : Chaque jour, un nouveau titre le fait tourner encore plus vite.
Guerre. Robots. Abus de pouvoir. Violence.
Dieu : Je sais. Et tu portes chaque titre en toi.

Moi : Si je n’y fais plus attention, j’ai l’impression de m’en ficher.
Dieu : On peut se soucier du monde sans sombrer dans le désespoir.

Moi : Comment faire pour ne pas tomber de ce monde instable ?
Dieu : Enracine-toi.

Moi : Comment m’enraciner dans quelque chose qui ne cesse de bouger ?
Dieu : Aime ce qui est à portée de la main.

Moi : Ça me paraît trop petit.
Dieu : Les racines aussi.

Moi : Mais la guerre n’est pas petite.
Dieu : L’amour non plus.

Moi : Aimer ma famille n’arrêtera pas la violence.
Dieu : Non.

Moi : Planter des fleurs n’arrêtera pas les tyrans.
Dieu : Non.

Moi : Alors, à quoi bon tout ça ?
Dieu : Tu demandes constamment à l’amour de faire ses preuves en devenant une force.

Moi : Qu’est-ce que je dois lui demander de devenir ?
Dieu : Un point d’appui.

Moi : Alors que le monde entier tourne ?
Dieu : Surtout à ce moment-là.

– John Roddel

EXACTEMENT À PEU PRÈS ÇA LA VIE

Rendue là dans ma vie, je tente seulement de rester à peu près en forme, de garder la maison à peu près propre et de rester à peu près sain.e.

Vous aussi ? Alors nous sommes au moins deux. Trois en fait, la madame, vous et moi. Mais sincèrement, considérant tous les aléas de la grande vie out there, je pense que c’est probablement le cas de la plupart d’entre nous à vivre la vie à peu près comme ça.

J’adore l’expression anglaise ish qu’on rajoute autant aux rendez-vous – ça donne du lousse – qu’aux explications. J’ai traduit par à peu près mais l’anglish sonne mieux je trouve dans ce cas précis…

ish diront sûrement certains lecteurs-trices… ish en effet… comme relish, selfish et quel ish.

On fait tous et toutes du mieux que l’on peut avec les moyens du bord que l’on a à notre disposition. Ce qui est plus que la plupart des gens. On s’occupe de soi et de nos proches avec le plus de soin que l’on peut y consacrer. La plupart du temps. Même si souvent on manque de temps pour tout faire ce que l’on voudrait faire. On court beaucoup alors qu’on devrait ralentir. Parfois on se pogne à temps, parfois pas.

Quand on regarde en dehors de soi, on constate que le monde brasse en ta. L’environnement, les guerres, les inégalités, les jeux d’égos un peu dégueux des joutes des politichiens et de leurs maîtres à dicter, les gens qui vivent dans la rue, la suffocation économique d’un nombre grandissant de nos frères et soeurs. Et on trouve quand même le moyen de se plaindre. Faut le faire. Ou arrêter de, c’est selon.

Personnellement, à chaque fois que je constate une crise quelque part, que ce soit un tremblement de terre ou une inondation, je voudrais aider. Parfois je le fais, mais toujours selon mes modestes moyens. Chacun.e nos priorités et nos causes. Mais toujours à la mesure de nos capacités. Et de notre volonté. Comme de nos choix.

Vivre aujourd’hui est clairement plus complexe qu’auparavant. On doit se dépatouiller dans un monde de plus en plus complexe, multi et de plus en plus rapide. Je n’ose même pas imaginer comment font les parents aujourd’hui avec la gestion des comms de leurs flots et les machines à images miniatures. Me semble que ça devait être plus simple avant d’être parent. Pensées vers vous si avez encore le temps de lire.

La vie devient de plus en plus à peu près, de moins en moins simple et facile, même si la mienne n’est sûrement pas la plus complexe. On doit apprendre à se méfier de – presque – tout, chaque coup de téléphone représente désormais un potentiel risque de fraude, chaque vidéo peut être fake, chaque nouvelle arrangée avec le gars de la vue en question.

Dommage que de nos jours, on ait à enseigner à nos enfants la méfiance, comme d’être toujours sur ses gardes. Ça me semble pourtant le propre de l’enfance de développer sa confiance en soi et dans le monde. Le discernement, OK, mais pas la méfiance bout de cierge. L’esprit critique et le discernement, sure, mais la peur et la suspicion face à presque tout ce qui bouge, no way José.

Et pourtant, c’est à peu près le monde à peu près dans lequel les enfants doivent apprendre à vivre aujourd’hui.

Malgré une certaine nostalgie, on doit faire avec. On doit vivre en fonction du monde dans lequel on a choisi de vivre. L’a-t-on vraiment choisi ainsi ? Certains disent que oui, d’autres que non. Que sera sera. Votre opinion vaut la mienne. À peu près. Exactement.

Et rendu à un certain âge, à un âge certain, on vit la vie du mieux que l’on peut la vie, on vit de plus en plus à peu près, selon nos moyens. Nos grandes certitudes foutent le camp, nos idéaux se simplifient, l’humilité croit et on revient à une simplicité de vie. À une intelligence naturelle.

Et quand le monde se complexifie et devient too much, rien comme revenir à la simplicité. Genre ces ptits messages Taoïstes.

Le secret d’une vie heureuse consiste à ne jamais arrêter d’apprendre.
Si tu cherches à cultiver la sagesse et la vertu à chaque jour, la vie ne perdra jamais sa lumière.
Aime la vie et aime apprendre. C’est le chemin.
Si tu considères chaque moment comme un enseignement, chaque moment devient précieux.

___
Et je me permets de poster ici la chronique FB de François Gourd de ce Jeudi 17 septembre 2026 car ce matin, bouché-bée, il dit exactement cet à peu près existentiel avec les mots des autres.

Quand on a rien à dire car on sent que notre intuition est atrophiée par la bêtise humaine.
Alors on fait un silence au fond de notre cœur et on écoute le cœur des autres qui savent dire mieux que nous.

Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d’en savoir trop, de voir le monde tel qu’il est vraiment.
C’est la tristesse de comprendre que la vie n’est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l’amour n’est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n’est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s’accrocher.
Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d’être coupé du monde, des autres, de soi-même.
– Virginia Woolf, Vers le phare

La rencontre est le but et le sens d’une vie humaine.
Elle permet qu’on ne la traverse pas en somnambule.
Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m’auront ému, troublé, éclairé.
Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu’il est tourné vers autre chose que lui-même.
Le soin qu’il prend de l’autre, l’illumine, le rend vivant.
Il capte une lumière et la renvoie.
C’est quelque chose de rare.
La richesse de cette vie est faite surtout de visages et de quelques paroles.
– Christian Bobin, L’homme joie

Les artistes sont des capteurs d’énergie, des capteurs d’états d’âme, emprisonnés dans un monde, celui-ci, représentant un monde riche de partage, le sien, ayant soif d’absolu.
L’artiste a le désir d’améliorer la condition humaine, la sienne ou celle des autres et désirant un changement vers un cap d’élévation de la conscience humaine, vers le bien et le bonheur, sans maîtriser la technique comme un enfant qui ne sait pas encore parler. L’artiste suit son chemin, le sien.
– Louise Hubert

Il fut un temps où le silence s’en alla en bateau pêcher du soleil pour remettre au monde du beau, car du beau, il en faut tout plein pour que l’homme, la femme, l’eau prennent la source pour retrouver du encore plus beau, pour que ça prenne la place de ce qui fait mal au dedans du dedans.
Y’a comme des silences très silencieux, des silences qui coulent en bateau, des politiques sans noms, sans mots, de l’idiot, du rien dans le sac à crème à glace.
Ça vire carré par boutte, tout est rond, pourtant ça prendrait du neuf, du c’qui sort du rouleau; on a juste besoin de vivre, de rire, de sauter comme sur le dos d’un chameau, d’partir se monter un projet pour mieux danser, d’écrire, de s’envoyer des cartes postales, des dessins animés, de décompresser, d’allumer l’allumette, de faire des feux pour se retrouver quek’part dans un bon temps rempli de remplitude, de beau sentier à marcher pour danser autour d’une belle tomate qui goûte la tomate sur un nid de mayonnaise, étendue sur une toast merveilleuse.
Le silence est froid parfois, on le veut chaud, totalement rempli d’espoir et d’humanité.
L’automne rougit, la tomate est mûre.
– Daniel St-Laurent

HI HA

Quand on regarde le monde, il est légitime de se poser des questions. De sérieuses questions.

L’environnement, les conflits, le clivage entre riches et pauvres, la sur-technologisation de nos communications, l’avidité galopante des déjà trop pleins, l’AI/ïsation du monde, name it. Ou même pas besoin. On peut facilement constater une déshumanisation certaine du monde qui nous entoure. Une perte de repères fondamentaux.

Grosse job que celle de penser changer l’état du monde. Comme celle de changer la perception des tas du monde, ceux qui détiennent un pouvoir certain.

On regarde la game se dérouler out there et on se demande quoi faire.

Vous voulez savoir pourquoi certains experts pensent que l’IA pourrait mener à l’extinction de l’humanité ?

Elle n’aurait pas besoin de nous haïr. Elle n’aurait pas à être fâchée après nous. Elle n’aurait qu’à devenir indifférente à notre existence – en décidant que les ressources essentielles dont la IA a besoin sont plus importantes que nos propres vies.


Exactement la façon dont les humains négligent la vie sauvage et le monde naturel.

En oubliant notre milieu de vie, notre environnement, l’importance de nos rapports sociaux, on dirait bien que nous sommes en train de nous éliminer nous-mêmes, de nous rayer de la carte par nos propres moyens. Consternant.

… puis les dinosaures sont disparus quand une astéroïde géante et les humains furent éliminés par eux-mêmes.


Il est facile de regarder l’état de notre monde, ses crises politiques, écologiques ou sociales, et de chercher des coupables extérieurs. Pourtant, Jung nous ramène à la seule responsabilité que nous possédons réellement : nous-mêmes. Pour Jung, la société n’est que la somme des psychés individuelles. Si nous refusons de guérir nos propres blessures et d’affronter nos propres ombres, nous projetons cette violence et ce chaos vers l’extérieur. La haine du monde extérieur commence souvent par un conflit non résolu avec soi-même.

Si les choses vont mal dans le monde, c’est parce que les choses vont mal dans l’individu, parce que les choses vont mal en moi-même.
– C.G. Jung

OK alors, on va continuer la job. Celle de se regarder, d’assumer et de prendre responsabilité pour ses propres pensées et actions car quoi d’autre à faire ? Que faire du mieux qu’on peut en soi et autour.

See you.

ET 1001 CHRONIQUES…

Hier, mon administrateur WordPress me rappelait que j’écrivais ma 1000 ème chronique sur ce blogue qui roule depuis quelques années. Ah bin. Déjà. Comme Osho, ça m’a fait regarder en arrière pendant qu’on continue d’avancer par en avant tout en faisant du sur place.

J’aime écrire, c’est plus fort que moi. 1 à 0 pour l’écriture.

La plupart des matins que le bon Yeu nous amène, je m’assois ici. J’aime mon rituel du café fumant devant mon écran blanc avant que le soleil ne se soit levé. Comme si c’était le monde et moi. Je me choisis un meme dans ma banque de memes – qui est mieux garnie que ma caisse à bidoux – et je me lâche lousse. Allez ouste et sans frousse.

C’est que j’aime écrire.

Je le fais depuis que j’habite ici dans mon ptit home actuel dans la vallée de David, ou de la vie, c’est selon la perdition de la traduction. Ou c’est peut-être la vallée de la vie de David.

Je l’ai fait sous un autre nom pendant plusieurs années et des milliers de chroniques. Si vous êtes curieux, c’est par ici : https://atidion.com/. Non non, je n’ai pas fait faillite. Que changer d’identité, d’ati entité. Quelques milliers d’autres chroniques dorment par là-bas.

Wow ça fait beaucoup de mots pour un ptit cul qui a pas tant à dire dans le fond, comme en surface. Un ptit cul qui aime se taper du mot sur son écran et qui se balance des redevances. Qu’à vous lecteurs/trices que je rends des comptes, et décomptes.

J’aime écrire, et parfois j’aime me lire, et me relire. Notamment parce que ça ne remplit pas ma tirelire. J’écris free. Parfois, je radotte en polyglotte. C’est plus fort que moi, les doigts me picottent.

J’écris pour le fun, et parfois pour le pun. J’écris en me demandant ce que les yeux qui s’épancheront sur mes mots – non, en fait, pas mes mots, juste des mots libres et orphelins – comprendront. Comment ils interpréteront ce que je dis comme ce que je ne dis pas. Car j’ai beau écrire, c’est vous qui lisez. Ben, quelques-un.e.s. Car la plupart du monde ne me lit pas et ça ne m’offusque guère. C’est le guère que je préfère. L’autre guerre, on la laisse aux gens d’affaires.

Vous êtes quelques-un.e.s à me lire plus et moins régulièrement, ou plus ou moins, certains moins que plus. Mais je vous sais là. Allo toi comme disait Oncle Georges.

J’aimerais écrire comme Sol, avec du sens tout le tour de la terre. En fait, j’écris souvent en pensant à lui. En me demandant comment il canalisait tous ses jeux de mots à force de jus de bras.

Souvent j’écris juste pour moi aussi. J’écris fou fou, je crie tout doux. J’écris toutou. Comme un tichien. Poli pas poli. Diplomalittéracie. Je ne dis pas tout, pas plus que vous. Ni moins. Ni plus ni pluche.

Je ne sais pas trop si vous y comprenez toujours quoi que ce soit à mes écrits, ces écrits gris, noirs et blancs. Blancs de mémoire. Eh oui, nous sommes des blancs de mémoire, on voit l’histoire en blancs, l’histoire d’un monde pourtant multicolore. Nous sommes daltoniens face à l’histoire. Les ptites comme la Grande.

J’aime écrire free car je peux me permettre de dire – presque – n’importe quoi. Parfois je dis même des choses que je ne pense même pas. Ça c’est fort. Pour moi du moins. Quel luxe de pouvoir écrire sans penser, écrire 100 pensées, sans jamais trop y penser. Une vraie fleur. Mes pensées vous voient. Et je te tutoies.

J’ai donc écrit plus de 3 500 chroniques et je considère toujours n’avoir rien dit. Rien qu’il faille, rien qui vaille. Je ne fais que me délier les doigts, et la langue frenchaise. Franchement.

Je me suis parfois dédit aussi. Et contredit. Ça j’aime ça, ne pas être d’accord avec moi-même. Ne pas être raccord, ne pas avoir rapport. Parfois je me relis et je suis surpris, je me surprends encore. J’ai dit ça moi ? En tous cas, les écrits restent. Tranquilles mes écrits, tranquilles.

Je me prends à peine pour un ptit écrivain des ptits riens et des grands chemins. Un écrivoeux. Je souhaite écrire longtemps. No sweat.

J’écris surtout pour le plaisir de voir ce qui va sortir de mes doigts de guitariste. Dring dring entre les dignes lignes. J’écris notes et accords. Musique à mes yeux et ptits riens à vos oreilles. Du pareil au même, et des memes pareils pour me partir le sac à scrabble. Toutes les lettres comptent trip.

J’aime faire danser les mots, et valser, les faire s’entrechoquer les uns et les autres parfois aussi. Car les mots veulent se frotter les uns aux autres car qui s’y frotte s’épique.

J’aime écrire pour ne pas dire ce qu’il faudrait dire. La comprenez-vous celle-ci ? Moi non plus. J’adore quand je ne sais pas ce que je dis et que vous me suivez dans mon dé lire. Car il faut bien délier la vie si on veut qu’elle coule. Il s’en va où avec ses skis dit pas ? No tics, no tacs. Je sais, je sais, on s’engage sur une pente glissante. Mais qui n’ose pas ne sait pas ce qui se cache derrière le non-dit. Oui Sigmund.

Il y a une dizaine d’années, j’ai même osé ramasser 108 de mes premières chroniques – mala/de chroniques le ptit disciple dissipé – dans un recueil dont il me reste ici encore quelques copies.

Si vous vous êtes rendu.e jusqu’ici, et que vous n’avez jamais vu le ptit bookin, écrivez-moi, je vous en réserverai une copie. Recto verso ascendant taureau. Car j’ai quelques piles de mots de face qui dorment ici sur ma tablette et qui demandent d’être réveillés, à défaut d’éveiller autrui. Je vous l’offre.

Car je n’écris pas pour éveiller qui que ce soit d’autre que moi-même. Ça doit être pour ça que j’écris tôt le matin. Certain.e.s se prennent pour des éveillé.e.s. Pas moi. Plutôt pour un semi endormi à certaines réalités, un semi conducteur de ptits mots. Ptits mots dits va.

J’écris et je ne me prends pas pour un autre. Déjà que pour moi-même, c’est déjà en masse. Pas de trouble de personnalité par ici, ni même de personne alitée. J’écris assis mais j’essaie de rester debout, droit et digne. Ptit pou va. Debout, sur mes deux fesses et mes deux pieds. Je vous vois tenter d’imaginer la posture de chez-vous. Yoga littéraire 101 ça m’ssieurs dames.

Alors voilà chers lecteurs/trices. La fin de la 1001 nième. Vous serez probablement tout au plus quelques douzaines à voir mes élucubrations de ce 15 septembre de lent 2026. En effet, j’écris pas vite ce matin. À peine mot par mot, rondement, parfois même je hocquette, mais jamais je n’écris à reculons. Carrément toujours pour le plaisir de tourner les coins coins ronds comme disait le canard.

Les colibris sont repartis je pense. See you lator beija-flor.

Et comme Osho, j’avance par en avant. En regardant par en arrière un tout tsi peu ce matin.
That’s my Guru !

Et j’avoue, j’aime un peu singer les grands écrivain.e.s. Je vous aime.

___
Mais personne ne nous doit rien, surtout pas ceux que nous aimons !
Ils nous ont déjà tout donné !
Ils ont réveilé en nous I’amour !
Oser dire: Tu me dois quelque chose.
L’amour que j’ai pour toi a créé des droits.

J’ai des droits sur toi puisque je t’aime.
Ignoble. Ignoble. (…)
Apprenons ce qu’est l’amour.
Comment y aurait-il une autre raison à l’amour que d’aimer ?
Vous voulez en tirer un avantage supplémentaire ?
Ceux qui m’ont, dans ma vie, inspiré de l’amour, mais je leur dois tout !

– Christiane Singer

___
P.S. Connaissez-vous la joke du chauffeur d’autobus ? Moi non plus, j’étais en arrière.

Avancez en arrière !

VA TEMPS VA

Le vieillissement est un processus extraordinaire par lequel vous devenez la personne que vous étiez toujours censée être.
– David Bowie

J’ai traduit the person you should always have been par la personne que vous étiez toujours censée être, mais j’aurais aussi pu écrire la personne que vous auriez vraiment dû être. Ou qui vous auriez dû avoir le courage d’être peu importe les circonstances. Mais vous voyez où on veut en venir David et moi 😉 Ben oui, j’ai osé. 100 % humilité relative. Très relative. David’s ati.

J’ai deux amies qui ont viré 65 hier. Pour avoir vécu ce passage récemment, je sais que ce n’est pas rien. C’est même très quelque chose. Et si ce l’est pour les hommes, ce doit aussi sûrement l’être pour les femmes. Le temps n’est pas genré. Genre.

Avec le temps, on apprend.

À devenir davantage soi-même, la personne qu’on aurait pas vraiment pu être avant n’en déplaise à David. Sorry Dave. Car devenir la personne qu’on doit – ou peut – être prend du temps, des essais et des erreurs pour qu’on apprenne, quelques réussites pour nous indiquer la voie à suivre car pour que ça fonctionne faut qu’on ait du fun. C’est pas juste pour la rime la formule. C’est de même que ça marche, parole d’apprenti sage. On ne peut vraiment être qui l’on veut qu’en faisant ce que l’on aime. Pas autrement. Sinon on est quelqu’un d’autre 😉 Simple non ?

Avec le temps, on apprend aussi à ne plus accepter des choses inacceptables pour soi. Faut l’avoir fait pour savoir. En tous cas, quand on en constate de l’inacceptable, notamment le sort des enfants de la Palestine pour ne parler que d’eux, on ose s’élever contre, parler de, au moins poster notre indignation.

Avec les années, on réalise qu’on ne va pas changer le monde, on ne peut que changer le regard qu’on porte sur le monde. On réalise aussi que ce monde n’est pas un monde, c’est notre monde, celui dans lequel on vit et on meurt, celui que l’on crée toute la gang des humains ensemble, celui dans lequel on vieillit, avec tous les changements qui vont et viennent. Avec tous les gens qui viennent et vont et passent. La vie nous passe dedans et devant.

Avec le temps, et en particulier avec les échecs, on apprend l’humilité. On apprend à accepter que certaines on peut changer, mais d’autres pas. Et notre corps est le véhicule privilégié pour nous apprendre le passage du temps. Car le temps se reflète sur notre corps. Nos certitudes passent mais nos rides restent. Avec le temps, on apprend à laisser aller car on voit de plus en plus le temps passer au fil du temps, on constate les traces qu’il laisse sur notre corps. Souvenirs souvenirs.

Avec le temps qui passe, on apprend aussi à se préparer à la mort qui s’approche et qui va venir car on l’a vu venir pour tant d’autres. On la sent un peu plus près de nous. Ce qui nous donne l’énergie pour faire le ménage avant de quitter.

Bons anniversaires mes ptites vieilles amies de corps et jeunes de coeur.

Ça ne fait que s’améliorer avec le temps. Si on le veut.

___
Tout l’univers est contenu dans un seul être humain : toi.
Tout ce que tu vois autour de toi, y compris les choses que tu n’aimes guère, y compris les gens que tu méprises ou détestes, est présent en toi à divers degrés.
Ne cherche donc pas non plus Sheitan (Satan) hors de toi.
Le diable n’est pas une force extraordinaire qui t’attaque du dehors.
C’est une voix ordinaire en toi.
Si tu parviens à te connaître totalement, si tu peux affronter honnêtement et durement à la fois tes côtés sombres et tes côtés lumineux, tu arriveras à une forme suprême de conscience.

~ Djalâl ad-Dîn Rûmî, Le livre de Chams de Tabriz via Alain Nyala

___
Il n’y a pas d’un côté le monde avec ses guerres, ses tortures, ses horreurs, et de l’autre les hommes qui s’en indignent.
Il n’y a qu’un monde.
Et tout ce qui respire sous le soleil partage un souffle, un seul !
En dressant un mur contre la haine du monde, sa laideur, sa tristesse, sa vénalité, sa dépression comme si tout cela ne nous concernait pas, nous nous ôtons le seul puissant outil de changement : la conscience que le monde n’est rien d’autre que le précipité chimique de toutes mes pensées, de toutes mes peurs, de toutes mes cruautés.

– Christiane Singer

___
L’humanité s’égare en suivant des faux dieux.
En s’opposant à des faux dieux, elle est tentée tout simplement de créer un pharaonisme humain qui est aussi détestable que le pharaonisme céleste, c’est-à-dire qu’elle est tentée de créer une fausse grandeur dans la domination dans la compétition: il faut qu’on arrive le premier à la Lune ou sur Mars ou sur Vénus !

Dans la compétition, dans la rivalité jusqu’à l’absurde, on érige les amours-propres individuels ou collectifs les uns contre les autres.
On se déchire en se déshonorant dans un sadisme effroyable et monstrueux, parce que, justement, on veut constituer la grandeur comme quelque chose au-dessus des autres. comme une domination par rapport à eux. à autrui, au lieu de constituer la grandeur dans la démission, dans l’agenouillement du lavement des pieds, dans la générosité, comme le fait Jésus.

Au lavement des pieds, Jésus a exprimé le sens même le plus profond de la divinité.
La divinité est à genoux.
La divinité est divine parce qu’elle est dépossédée.
Dieu est Dieu parce qu’il n’a rien et ne peut rien avoir.
Dieu est Dieu parce qu’il est incapable de dominer, parce qu’il ne peut que se donner.
Dieu est Dieu parce qu’il est essentiellement l’espace où notre liberté respire.
Dieu est libre de lui-même, puisqu’il n’est pas attaché à soi, étant uniquement et éternellement communication totale de lui-même.
C’est ce Dieu-là, ce vrai Dieu qui se révèle en Jésus-Christ, qui peut seul nous mettre sur le chemin de notre propre divinisation puisqu’il est là pour ça.
Le Christ est là pour nous conduire à cette identification cette suprême grandeur qui est jointe à la suprême humilité.

– Maurice Zundel Ses pierres de fondation, via Cristina RJ

PAS SOUPIR QUE ÇA

Pourquoi soupires-tu tant que ça tout le temps ?
Chaque soupir est une phase que j’ai décidé de ne pas dire tout haut.

Ben mal parti le soupirant, trouvez pas vous aussi ? Quoique ça m’a l’air d’un vieux couple. Si les jeunes sont plutôt inspirants, les vieux couples sont souvent plus soupirants. Dans le sens de. Oui, dans ce sens justement.

C’est sûrement un vieux couple car au début on ne veut pas soupirer, tout au plus chuchoter dans les oreilles l’un de l’autre. Au début, dans la passion de la nouveauté, on inspire et expire plus rapidement même, plus loud que ça. On transpire même un peu, ou beaucoup. La présence de l’être aimé nous inspire, on s’inspire et se respire même l’un l’autre.

Car comme on le chante, Love is in the air et l’amour est dans la chambre… à air.

Mais avec le temps, ça empire, les soupirs empirent. Jusqu’à devenir de pire en pire, le pire du pire même. Il y a de ces silences qui en disent beaucoup si on sait les scruter et les écouter. Rien n’est dit comme ce qui est dit dans le silence. En particulier, celui entre les mots.

Étrange terme que celui de soupirant.
Se dit d’une personne qui soupire.
Ou qui aspire à l’amour d’une autre personne.

Et spoupirer peut vouloir signifier tout ceci en même temps :

La fatigue ou l’ennui : Manifester de la lassitude face à une situation pesante, longue ou ennuyeuse.

Le soulagement : Exprimer la détente après une tension, un stress ou un effort important.

La tristesse ou le découragement : Traduire un chagrin, une nostalgie ou un sentiment d’impuissance

Le désir ardent (sens vieilli ou littéraire) : Aspirer avec passion à quelque chose ou quelqu’un (on dit alors soupirer après ou soupirer pour).

Comme on dit parfois: coeur qui soupire n’a pas ce qu’il désire. Mais une bouche qui soupire est clairement pire que ça.

Souvent, un soupir signifie aussi subir les mots de l’autre en silence et le faire savoir par notre air, soit celui du visage ou celui qui qui sort de notre bouche.

Finalement, pas pire ce meme non pour me starter la boîte à mots ?

En tous cas, pas le pire que j’ai posté car le pire n’est peut-être pas encore passé ni dépassé. Celui-ci me vient d’une drôle de sbire de memes drôles. Salut A.

Je trouve le monde peu inspirant ces temps-ci, alors je préfère me faire soupirant et me taire. Il y a quelques personnages, pas les plus allumés du grand livre à colorier, qui prennent beaucoup de place, trop de place, toute la place. On parle tout le temps d’eux. OK OK de lui.

Quelle tête de truck.

Parfois, sa simple vue m’inflige quasiment une

On pourrait soupirer davantage à son sujet plutôt que de parler et de raconter ses multiples conneries, tromperies et folleries.

Ahhhhh ! Ahhhhh ! Ahhhhh ! Silence pliiiiiiiiiise.

De toute façon, on parle trop. Et ça inclut la personne qui tape. Quoi que j’écris pour moins dire. Mais pas que moi qui parle trop, et pas que de lui. On parle trop et on parle mal en général. Oui mon colonel. On parle poulet même. Comme des poules pas de fête. Et des coqs pas de crête.

On parle trop en mal, on parle trop de, de soi et des autres, on parle trop de certaines personnes à propos desquelles on devrait plutôt se fermer la trappe à mots. Ou les passer à la trappe, mais ça c’est une autre histoire, autres moeurs et autre époque. Quoi que l’idée peut réjouir et inspirer.

On devrait réduire notre jogging syllabien, notre élocution babinienne et pratiquer davantage le silence. Le silence sportif, le silence extrême. Car le silence, ça c’est du sport.

On devrait se fermer davantage le sac à scrabble. En particulier à propos des gros nonos qui pullulent et qui polluent. Et lui en particulier, le nono en chef. Pas besoin de raconter toutes les inepties que ne disent pas anyway les incessants tweets du tweet en chef.

I see, I see a big stupid blabby turd.

De toute façon, il n’a pas vraiment de sweet dans les idées, ni dans les tweets, aucune suite dans les idées et des idées pas très sweet dans les tweets. Diarrhée verbale quand tu nous tiens et que tu ne nous dis rien qui vaille ni qui faille. D’ailleurs, voici où ça nous a menés:

Si la vérité sort de la bouche des enfants, elle semble revenir éventuellement nous hanter à l’autre bout de la vie. Checkons nos arrières mes soeurs et mes frères.

Taisons-nous et redevenons des adeptes du silence, comme au début de la vie. Avant les mots. Ou au mieux, mama papa. Les divins je veux dire.

Mais le silence a besoin de beaucoup beaucoup de pratique, le silence a besoin d’être beaucoup beaucoup pratiqué, exercé, intégré, réfléchi, mais pas trop. Faire fléchir de nouveau nos vieilles idées. Désintégrons notre habitude à trop parler, à parler tout le temps, de tout et en particulier de ce dont nous ne savons rien. Et tant que nous igrorons. Tellement que nous n’en savons même rien.

Si on ne peut arrêter le verbiage mental qui spinne sans cesse dans notre cage à hamster, on peut au moins l’observer et s’en détacher, se la fermer, puis le laisser aller sans le faire subir à nos proches, comme à nos lointains cousins et cousines. Pas obligés de polluer les ondes en imposant notre verbi âge au monde entier.

Le silence devient une espèce en voie d’extinction. Les seuls moments où les gens ne parlent pas sont justement lorsqu’ils en souffrent. D’une extinction de voix. Prions alors.

Le silence requiert de la maîtrise, de l’observation, du pesage sua clutch face à ce qui tourne en boucle dans notre cage à souris. Et souvent, en effet, on devrait sourire plutôt que de parler. Ou au moins soupirer. Ou au moins parler pas trop pire.

Comme dirait un des mes chums de gars, et pas un chum dégât du tout, atchum et excusez-là, un précieux joueur de tour aux mots lui aussi, le mutisme n’est pas méditatif en soi; ou dans mes propres mots un peu souillés de suis, pas parce qu’on soupire qu’on inspire.

Inspirant ça ? Pas si pire. Mais attendez, car avec les années, ça va empirer. Et vous, vous soupirerez de plus en plus. Pendant que moi je subirai vos soupirs, mais à distance au moins. Car rien de pire qu’un soupir en personne.

Mes bien chers soeurs et frères, apprenons à devenir des soupirants de la vie. Séduisons-la pour qu’elle redevienne une dulcinée, un doux ciné.

Amen le silence et au yable le verbi âge, à l’ère des mots.

Au silence on r’tourne.

L’AMOUR ET CETERA

Ah l’amour. Le plus gros et grand mot du monde. Le plus lourd, comme celui qui rend le coeur le plus léger.

Amour est un mot de cinq lettres en français, que quatre en anglais et en portugais, mais quel mot mystérieux. Un mot chargé de sens et d’indécence. Un mot passe-partout qui veut parfois tout dire, et parfois rien.

Un mot dit souvent à tort et pour de multiples raisons.

Amour est un mot sans façon, un mot qui se montre mieux qu’il ne se dit à mon humble avis.

L’amour est un mot d’attentions. De petites et de grandes. Faut toujours faire attention à l’amour.

L’amour l’Amour. Celui avec un ptit a, celui avec un grand tas.

L’amour avec un grand A qui finit la plupart du temps par revenir sur terre, et redevenir minusculisé par le quotidien, ou, au contraire, magnifié par les petites choses de la vie. Le quotidien, comme le temps qui passe, sont clairement des épreuves pour l’amour qui mettent l’amour sur le métier.

Comme la vieillesse. Certains vieux aiment encore plus au fil du temps, d’autres aimeraient mieux partir le plus tôt possible. Certains aiment la vie, d’autres mieux la mort. Du moins, l’absence de souffrance. Car l’amour peut faire rire le coeur et sourire le visage mais l’amour peut aussi faire souffrir la tête.

L’amour universel est si simple quand c’est le temps d’aimer l’humanité entière, mais tellement plus difficile à conjuguer au singulier. Aimer le monde entier est facile, le dire du moins, mais aimer un.e humain.e à la fois constitue nettement un plus gros défi d’amour. Non, clairement, l’amour de son prochain, ou de sa prochaine, n’est pas toujours une évidence à mettre en pratique de toute évidence. D’autant plus selon qui est en avant soi dans la file humaine, ou à ses côtés.

L’amour de la bouffe, de la dope, de l’aventure, du sexe. Name it. C’est souvent davantage l’objet de l’amour que le verbe qui détermine l’amour. Et ça aussi, comme l’autobus, la mode et le vent, l’objet de l’amour finit souvent par passer, ou du moins à se transformer. Et oui, les humain.es peuvent devenir des choses à aimer. Ou à avoir peur de perdre. Pas toujours détaché l’amour.

L’amour-haine est également une relation d’amour bien particulière. Qui finit par nous faire haïr et souffrir aussi intensément qu’il nous a fait aimer et jouir au début. Vous savez, ces fameuses histoires d’amour ? Celles qui font des bonnes vues ? Mais des grosses vies.

Parfois, qui aime bien châtie mal, et pas mal. Trop même. Mortel l’amour parfois. Le prétendu amour du moins. Car l’amour sans détachement attache mal, et trop. L’amour peut déchirer. L’amour peut shirrer.

L’amour qui aime trop. Mais peut-on vraiment aimer trop ? Aime-t-on trop ou aime-t-on mal ? Trop aimer ? Possible ? On n’aime jamais trop dit-on, mais on aime souvent mal. Bien et mal, quel haria. Comme la maladie. La maladie d’amour, un vrai titre de chanson. Ça en dit long sur notre incompréhension de l’amour.

Aimer beaucoup, aimer gros, aimer bien, aimer si… Dès que quelque chose se met derrière l’amour, l’amour devient louche. Alors apprenons à aimer tout court. Mais c’est long apprendre à aimer tout court. Comme aimer un point c’est tout. Plus difficile que d’aimer les poinsettias en tous cas.

D’ailleurs pourquoi dit-on que le rouge est la couleur de l’amour ? Car l’amour se fait surtout dans le noir. OK on n’ira pas là. On va rester ici. We’re on the same page ?

On dit que l’amour c’est tout. Ou dit-on plutôt que l’amour sait tout ? Je ne sais plous, je suis dans le flou. Aimons comme des flous. Car aimer comme un fou finit souvent très mal.

L’amour de soi. Ça en prend bien sûr, mais pas que, et pas trop non plus. Car trop s’aimer est overated. Si l’amour commence par soi, il ne faut surtout pas qu’il finisse là. L’amour de soi n’est que la graine de l’amour d’autrui. Même si Ramana affirme qu’il n’y a pas d’autres.

Dans ce cas, qui aime qui ? Qui aime-t-on ? Qu’aime-t-on ? Qui aime quoi ?

Coudonc, ben donc compliqué l’amour. Sur écran, jamais simple. Sur papier, jamais simple non plus. Dans les livres et les films, pas plus. Nous, les nues mains, on aime compliquer l’amour alors que l’amour se doit d’être simple. Simpliste même. Pour ça que les enfants aiment autant. L’amour est un jeu d’enfants. Mais il peut se virer de bord vite l’amour enfantin. Faut que l’amour mature. Et ça, ça prend du temps.

Est-ce que l’amour peut exister sans qu’on fasse quelque chose pour montrer qu’on aime ?

Je vous laisse chercher, moi je n’aime pas ce genre de questions, et probablement pas davantage les réponses qu’elles appellent. Don’t like, don’t love. L’amour questionne beaucoup en tous cas. On le veut et on en a un peu peur en même temps. L’amour est bi… zarre, bienveillant et bien bon au coeur. Et l’amour est souvent bi… aisé. Et un peu malaisant. L’amour attire, et l’amour fait peur.

En français on aime tout, tout simplement. En anglais on like – on aime un tsi peu – ou on love – on aime beaucoup. En anglais on gradue l’amour. Mieux ? Plus nuancé du moins. Plus ou moins. Ça clique et ça claque l’amour.

Peut-on aimer l’amour ? Autre question embêtante si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas. La vie, la vie l’amour.

Si on peut aimer aimer, l’amour n’existe pas vraiment en tant que tel. Sans un.e aimant.e ni un.e. aimé.e. Pour certaines peuples, le mot amour n’existe pas, n’existe que le verbe aimer. Un peu les multiples facettes du meme up there.

Aimé ou Aimée est un beau prénom. J’aime. Mais grosse job pour les parents. Et qui dépend du nom de famille.

Aimer la vie ? Facile. Aimer tout de la vie ? Moins.

Peut-on aimer d’autre chose que d’amour ? La question se pose et elle sert surtout de miroir à qui se la pose.

Parfois aimer trop c’est comme pas aimer assez. Car on sait tous que trop c’est comme pas assez. On le sait hein ? En tous cas, on l’entend et on le dit même. Mais même si on pense qu’on connait la différence entre trop et pas assez, c’est en amour que cela le plus difficile à distinguer.

Parfois l’amour est too much. J’imagine qu’un défi de la vie consiste à apprendre à aimer juste assez.

Mais d’autres disent qu’aimer bien ou aimer, ce qui compte c’est aimer. J’aime ça. I like et I love. Comme la chanson: I love to love.

Je vous aime bien, je vous aime beaucoup et je vous aime trop chers lecteurs/trices.

À demain, si la vie aime assez se reproduire pour nous offrir une autre journée à aimer aujourd’hui.

___
L’amour n’est pas une relation, l’amour est un état, une façon d’être; il n’a rien à voir avec autrui.
On n’est pas amoureux, on est amour.
Et bien sûr, quand on est amour, on est amoureux – mais c’est un résultat, un effet secondaire, ce n’est pas la source.
La source, c’est qu’on est amour.

– Osho

QU’EST-CE QUE LE NOIR PEUT FAIRE POUR NOUS ?

Je ne connais pas son degré d’accentuation à l’heure actuelle, mais le noir auquel réfère Mr Bobin semble foncir de plus en plus ces temps-ci dans le monde, au sein de notre monde. Ou peut-être n’est-ce qu’une illusion d’optique.

Du moins, on constate que certains pans du monde se déshumanisent, que certaines actions de la part de certains gouvernements – notamment celui d’Israël, comme celui de nos bruyants voisins d’en bas – atteignent des bas fonds en termes de manque de respect des droits humains, de décence primaire et de civilité minimale. On ne se gêne plus, du moins de moins en moins. Difficile à voir sans pouvoir faire quoi que ce soit. Frustrant pour nous gens de bonne volonté.

Une compagnie de transport demandait jadis : qu’est-ce que le Brun peut faire pour vous ?

Alors, moi je me demande: qu’est-ce que le noir peut faire pour nous ?

Car nous portons tous et toutes une part de ce noir environnant. Même si nous nous considérons comme de bonnes personnes, notre ombre personnelle contient inévitablement une partie de l’ombre du monde. L’ombre du monde est aussi notre ombre donc. Si si hombre and gentlemen, l’ombre du monde est également notre propre ombre. Du moins, en partie. Méchant human party.

L’Ombre de la «bonne personne».
L’ombre de la bonne personne contient l’agression, l’appétit, le refus, l’ambition, la sexualité, le pouvoir et la capacité de tout quitter. Ces forces ont été réprimées parce que le besoin d’appartenance exige innocence et obéissance. La plénitude requiert de descendre en soi pour reconquérir la force que la bonté a été contrainte de céder.

– J. Mike Fields

Pas évident de reconnaître sa propre ombre. Of course, car nos yeux voient bien mieux par en dehors. Et on veut vivre au sein du groupe social. être accepté.e, faire partie.

Pour puiser dans ce réservoir d’énergie plus brute, moins belle et facile à accepter, il faut en effet descendre et plonger en soi, explorer ses noirs racoins intérieurs, reconnaître sa propre laideur, fouiller dans ces forces réprimées. Car la laideur qu’on reconnait en dehors de soi est également la nôtre, elle ne peut être que la nôtre. Du moins son potentiel. Toujours plus facile de la projeter sur les autres, sur les méchants.

Désormais, certaines personnes ne se gênent pas, ou moins, pour la manifester cette laideur humaine Elles s’en foutent d’être de bonnes personnes. Ou du moins d’être considérées comme telles. Et probablement que chaque personne qui commet des horreurs a ses propres mécanismes de rationnalisation et de justification. Chacun.e, on s’arrange toujours un monde en soi pour faire un certain sens interne.

Au fond, et c’est le cas de le dire, la seule lumière qui peut nous guider est notre propre lumière interne.

Vivez selon votre propre lumière.
Trouvez votre lumière en vous et vivez à partir d’elle, sans peur.

– Osho

So, this little light of mine, I’m gonna let it shine. And you itou j’imagine.


Et on n’a pas peur du noir.