QUAND IL N’Y EN AURA PLUS IL Y EN AURA D’AUTRE

Ce matin, j’ai la tête vide. Alors écoulons-la drett icitt.

Si vide mais toujours si pleine cette fichue tête. Car des pensées, des idées, des hypothèses et des théories, comme des projets, il en vient, il en passe et en revient sans cesse. Ils vont et viennent, mais surtout reviennent les idées, surtout les fofolles et les inutiles. Si vous saviez. Mais vous savez car vous aussi vous en portez une sur vos épaules. Et il en est ainsi tout le tour de la terre.

C’est parce qu’elle est aussi active et hyperactive cette boule qui roule qu’il nous faut apprendre à la regarder, à l’observer, à voir rouler en boucle ce qui roule sans cesse sur le dessus de nos épaules car ça n’arrête jamais, et probablement que ça n’arrêtera jamais. Tant qu’il y a de la vie, il y aura du sweet et du moins sweet dans la suite de nos idées.

Empty when full & full again when empty.

On doit apprendre à peser sur la clutch de notre shoppe à pensées car le moteur n’arrête jamais de tourner. Même quand on dort ça spinne encore, et parfois encore plus fort. Ça spinne et ça rime. Au mieux, on peut régler le moteur au bon nombre de tours/minutes et laisser rouler. Comme le bon temps. Quand ça roule au bon rythme et qu’on observe, c’est doux comme un ronronnement, un léger bourdonnement. Bizz bizz les idées, buzz buzz les pensées.

La tête est ainsi faite. Du moins, en ce qui a trait au mental, ce ptit quelque chose comme la boîte noire de notre cerveau. Certains l’appellent esprit en français, mais en anglais, c’est plus straightforward, en anglais, c’est carrément le mind. Me semble que l’esprit est plus aérien, plus éthérique. Mind comme dans nevermind mais c’est davantage always mind que nevermind. La boîte à pensées, la cage à hamster, l’inépuisable sac à lettres sans fond du grand jeu de scrabble intellectuel humain. Mais le mental ne fait jamais dans le never. Never empty, toujours foule de lettres et de mots.

Qu’on est bien quand on réussit à ne plus se battre contre cette formidable machine à générer des pensées à l’infini pour un bout de temps. L’idée consiste peut-être à réussir à trouver comment vivre avec ainsi à temps plein j’imagine. On va y penser. Mais pas trop.

Formidable invention en effet que cette machine à idées, mais en même temps, terrifiante quand elle spinne sur elle-même et qu’elle s’emballe et, surtout, si on se met soit à croire tout ce qu’elle dit et à essayer de la combattre. Car parait qu’on gagnera jamais contre elle. Ça a l’air qu’on doit apprendre à vivre avec. Et la tempérer avec le coeur, qui serait une autre sorte de cerveau. Un cerveau lent, qui nous fait davantage lever.

Car il fabule souvent aussi ce mental puits sans fond auto-générateur grand parleur ptit faiseur quand il squatte notre bouche. Car on aura beau dire, il restera toujours tout à le faire. De rien.

Le mental peut nous emporter dans des tourbillons, dans des troubillons sans fonds et très creux aussi. Comme on dit, le mental fait un excellent serviteur, mais un bien cruel maître. Apprendre à le conduire est un must, et en même temps un grand défi de le driver. Parce que même lorsque vide pour un moment, il se remplit toujours de nouveau. Les flots viennent et débordent. Sploush à sploush, et floush et floush.

L’idée consiste probablement à le regarder faire son ptit show de mots finfinnauds. Car toujours les mots flowent. Et le show must go on son of a gun.

Empty when full. And on and on and on…

Et habitons le corps en entier, entité dont la tête fait partie de…

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Lorsque le corps est calme et apaisé, vous pouvez vous élever, vous envoler, devenir un nuage blanc, mais seulement si ses besoins sont vraiment pris en compte.
Le corps n’est pas votre ennemi, c’est votre ami.
Le corps est votre terre, il porte toutes vos racines.
Vous devez trouver un pont entre vous et votre corps.
Si vous ne trouvez pas ce pont, vous serez constamment en conflit avec lui – et une personne qui se bat contre elle-même est toujours malheureuse.
La première chose à faire est de conclure un pacte de paix avec votre corps et de ne jamais le rompre.
Une fois ce pacte conclu, le corps deviendra très, très amical.
Vous prenez soin de votre corps, il prendra soin de vous – il devient un véhicule d’une valeur inestimable, il devient le temple même.
Un jour, votre corps vous sera révélé comme le sanctuaire même de Dieu.

~ Osho

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et la pensée ultime… celle qui sent bon…

VIVRE POUR/AVEC AUTRUI

Les rivières ne boivent pas l’eau qu’elles transportent; les arbres ne mangent pas leurs propres fruits, le soleil ne luit pas pour lui-même. Vivre pour les autres constitue une règle fondamentale de la nature. Nous sommes tous né.e.s pour s’aider les un.e.s les autres. Peu importe la difficulté, la vie est bonne quand les autres sont heureux grâce à vous.

Tout un processus d’apprendre à aider – davantage ? de plus en plus ? plus qu’avant ? – autrui, d’apprendre à penser plus large que pour soi-même seulement. Tout dans la nature est destiné à servir plus grand que soi.

Cette tendance n’est pas tout à fait innée pour tout le monde. On nous dit tellement de prendre soin de soi, d’être autonome et responsable, de penser à soi, que souvent, on finit par oublier les besoins des autres. On finit par oublier que soi et les autres, c’est pas mal semblable et que la communauté est plus qu’essentielle.

Bien sûr qu’on doit commencer par prendre soin de soi-même, penser et combler tout d’abord ses propres besoins. Là que tout commence. Mais ce n’est que la première partie de l’équation. Comme si on devait apprendre à prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres ensuite. Les autres sont une continuité de soi-même.

Mais là, comme dans tout, tout est question d’équilibre, et de moyens. Ainsi, pas toujours évident de doser le soin de soi et l’aide aux autres. Parfois on se lâche trop lousse. Ça s’applique à moi-même ce matin car j’avais dit à une amie que j’allais l’aider à déménager mais j’ai le dos barré. Changement de plans. Et dose d’humilité. Car à force de trop vouloir aider autrui, on peut en venir à s’en ennorgueillir. Bien faite la vie qui nous ramène à l’ordre quand c’est requis.

Heureusement, parallèlement à une forte tendance au penser à soi seulement, il semble y avoir un réveil du penser à autrui.

Ci-bas, paru dans le Le Devoir, hier.

Cette semaine, des associations pour la défense des droits, des coalitions, des organismes communautaires et de solidarité internationale, des syndicats, des écologistes, des artistes et d’autres citoyens appellent la population à se joindre à un mouvement large pour faire front contre la montée du fascisme et de l’extrême droite.

Un réseau mis sur pied pour favoriser la concertation des actions et des initiatives populaires, appelé Mosaïque des résistances, sera lancé le 3 juin lors d’une conférence animée par l’essayiste Aurélie Lanctôt avec la participation de l’autrice et militante altermondialiste Naomi Klein.

Notre monde ne va pas bien.
Les crises se multiplient et se conjuguent, qu’elles soient sociales, économiques, écologiques, sanitaires ou politiques.
Pendant que la planète brûle, les décisions et les actions de nos gouvernements nous poussent vers de nouveaux points de bascule, de plus en plus critiques, irréversibles.
Il est minuit moins une.

Le communautaire est «à boutte», les syndicats sont en révolte, les mouvements féministes s’inquiètent de l’avancée de la misogynie et de l’islamophobie, les peuples autochtones constatent un recul dans la reconnaissance de leurs droits et de leur souveraineté, les groupes pour la justice migrante se mobilisent contre une montée de politiques xénophobes, les écologistes se heurtent à une vague de dérégulation, les personnes 2ELGBTQI+ s’inquiètent de la recrudescence de manifestations transphobes et homophobes.

Chaque jour, les glissements s’accélèrent : transgression de la démocratie, saccage du filet social, démantèlement des contre-pouvoirs, piétinement du droit international, destruction des territoires et du vivant.

Inégalités obscènes

Depuis des décennies, le capitalisme néolibéral approfondit les inégalités sociales, économiques et territoriales et enrichit les plus nantis. Une poignée d’ultrariches (soit 0,001 % de la population mondiale) contrôle trois fois plus de richesse que la moitié de l’humanité.

Selon l’Observatoire québécois des inégalités et le CCPA, les 21 chefs d’entreprise les mieux payés du Québec gagneront 236 fois plus que le salaire annuel moyen en 2026.

À mesure que l’État se désengage et impose ses mesures d’austérité, les services publics s’appauvrissent, l’accès aux soins de santé se rétrécit, la crise du logement et de l’itinérance s’aggrave. De plus en plus de Québécois ont du mal à joindre les deux bouts.

Devant le mécontentement populaire, les pouvoirs politiques font des personnes migrantes et des minorités les boucs émissaires des crises sociales. En même temps, ils encouragent l’exploitation de leur travail à de mauvaises conditions et à de bas salaires et sacrifient ainsi, couche par couche, les populations les plus précaires.

Au Québec comme au Canada, on constate un tournant autoritaire et démagogique. Les projets de loi se suivent les uns après les autres : il s’agit d’affaiblir nos institutions démocratiques et de réduire au silence les voix critiques capables d’exprimer des désaccords légitimes.

S’attaquant à des droits qu’on croyait acquis, tout un arsenal de lois antisociales et antisyndicales fragilise les conditions de travail, marginalise les populations les plus défavorisées et discriminées, nourrit la peur et favorise la montée d’un climat raciste, discriminatoire et islamophobe. Souvent adoptées sous bâillon, ces politiques détruisent les bases de notre démocratie pour répondre aux intérêts d’élites économiques.

Guerre totale

La planète entière est en danger imminent. Aujourd’hui, l’extractivisme — modèle économique qui repose sur l’exploitation industrielle et prédatrice des forêts, des océans et des mines — nourrit un système de plus en plus inégalitaire. Les entreprises extractives du Canada continuent de faire des ravages partout sur la planète : elles détruisent le territoire et le vivant, brutalisent le corps des femmes, usurpent les savoirs indigènes. Sans égards à la souveraineté des pays concernés, elles exportent les profits et sèment la destruction.

Ce système d’exploitation intensive affecte surtout les peuples autochtones et les populations du Sud global qui, pour survivre, sont forcés à l’exil. Au lieu de reconnaître notre responsabilité envers ces populations déplacées, on répond par une fermeture et une militarisation des frontières.

Du génocide à Gaza jusqu’aux attaques contre l’Iran, le Liban et la Syrie, les guerres d’agression menées par Israël et les États-Unis ont provoqué une escalade catastrophique. La fiction d’un ordre fondé sur les règles et le droit ne tient plus : plus que jamais, c’est le pouvoir de la mort qui fait loi.

En dépit de l’opposition populaire, cette logique d’agression sans fin continue d’obtenir l’approbation de nos dirigeants qui nous entraînent dans une course inexorable aux armements. En s’appuyant sur la nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada, on détourne des milliards de dollars des budgets pour le climat et le développement social et économique.

Alors que l’on continue de faciliter la vente d’armes à des pays accusés de crimes de guerre et de génocide, nos économies se militarisent et nos cibles écologiques reculent. Mis en avant par le gouvernement Carney, ce virage dangereux risque de nous plonger dans un nouveau cycle d’austérité, de guerres, de répression et d’agressions, où prime le droit du plus fort.

L’heure de vérité

Plus de 40 ans de néolibéralisme ont conduit à une fragmentation sociale et à un sentiment généralisé d’impuissance. Or, devant l’urgence, il n’est plus possible de dissocier nos luttes. Aujourd’hui, l’expansion de l’extrême droite et du fascisme appelle à la construction d’un mouvement politique fort et pluriel autour d’une vision de la société qui est émancipatrice, juste, décoloniale, inclusive, féministe et écologique.

Le 29 novembre dernier, nous avons été des dizaines de milliers dans la rue pour dénoncer la montée de l’autoritarisme et les atteintes aux droits de la personne. Ce printemps, nous lâcherons la main de personne. Devant la brutalité de notre époque, nous continuerons de résister, de contester et de nous rebeller.

Notre réponse sera radicalement solidaire. Ensemble, nous formerons une mosaïque de résistances pour faire front aux dérives autoritaristes et aux lois réactionnaires de nos gouvernements. Car notre avenir collectif et celui de notre planète en dépendent.

Ont signé cette lettre :

Centre de formation populaire ; Montérégie Antifasciste ; Parti de la rue ; Les Maisons de l’Ancre ; Mères au front Rouyn-Noranda ; Table de concertation des groupes féministes du Bas-Saint-Laurent ; Centre Entre-Femmes ; ANPI — Association nationale des partisans d’Italie. Section de Montréal ; L’R des centres de femmes du Québec ; Ligue des droits et libertés — Section de Québec ; Revue À bâbord ! ; Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux ; Palestinian Youth Movement — Montreal ; Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) ; La Maison des Femmes des Bois-Francs ; Co-Savoir ; Fédération des femmes du Québec ; Distributions l’Escalier ; Centre Arc-en-ci-elle ; Uniphare ; Collectif d’analyse politique / Nouveaux Cahiers du socialisme ; Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec ; Montreal for a World BEYOND War ; La Collective centre de femmes de Nicolet-Yamaska ; Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF) ; Mères au front ; Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Polémos Décroissance ; RIPAJ ; Vigilance OGM ; Comité pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL) ; ROHMI ; Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep Montmorency ; Au bas de l’échelle ; Club Ami ; Réseau international pour l’innovation sociale et écologique ; Coalition Mobilisations Citoyennes Environnementales de Laval (CMCEL) ; Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes ; Ligue des droits et libertés ; Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA) ; Comité pour les droits humains en Amérique latine (CDHAL) ; Centre des travailleurs et travailleuses immigrants ; Conseil central du Montréal métropolitain — CSN ; Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles ; Journal d’Alter ; Collectif de lutte contre l’islamophobie ; Pôle francophone, Voix juives indépendantes ; Écologie populaire ; Alternatives ; Observatoire pour la justice migrante

DESTIN OU LIBRE ARBITRE ?

Nous croisons seulement les personnes avec lesquelles nos rencontres sont prédestinées. La durée des rencontres avec chaque personne est également décidée d’avance. On ne devrait pas pleurer si nos routes se séparent ou si la relation dure peu de temps.
– Sri Neem Karoli Baba

On ne peut s’obstiner contre la logique de cette citation. Non seulement on ne peut s’obstiner, mais ça aide grandement si on réussit à adopter une telle attitude dans la vie en général et non seulement en termes de relations. Car si ça nous dit, on peut en venir à penser que tout ce qui arrive est prédestiné. Sinon ça n’arriverait pas, il se passerait autre chose. Et comme il ne passe jamais autre chose que ce qui se passe, tout est toujours parfait. La seule chose qui se passe et se passera est la seule chose qui doit se passer. Parmi des milliards de possibilités, qu’une seule.

J’aime penser que tout se passe parfaitement tel que c’est censé se passer dans la vie. Même quand ça ne va pas comme je le voudrais, comme je le souhaiterais. Autant en matière de relations, donc la ou les personnes que l’on a rencontrées, ceux et celles que l’on rencontre, que ceux et celles qu’on rencontrera; autant la nature que la durée spécifique de chacune de ces relations. Sinon, ça aurait été autrement et on aurait rencontré quelqu’un d’autre.

Si on décide de tout remettre entre les mains de Dieu, de la Vie, ou du Grand Esprit, name it comme vous le voulez, même si la chose en question n’a pas de mains, ce qui nous arrive devient plus facile à accepter.

Car grosso modo, deux grands choix seulement dans la vie: un, que tout est déjà décidé d’avance, alors on peut relaxer et se laisser aller, ou bien rien ne l’est et tout est à faire et/ou à décider au fur et à mesure. On peut nommer cela soit acceptation, soit résignation. Chacun assaisonne ça comme il ou elle le veut, ou le peut.

Certains pourraient choisir une 3ème voie avec un peu des deux parsemés ici et là, un peu de destin pré-programmé, et un peu de choix personnel clairsemé au fil des événements, mais c’est là que ça se corse. Qu’est-ce qui est prédéterminé et qu’est-ce qui relève de notre prétendu contrôle ?

Peu importe ce que l’on pense décider, on peut toujours penser que c’était déjà décidé d’avance.

Donc, destin ou libre arbitre alors ?

Si on aime penser que nous décidons, alors pensons ainsi et décidons. Par contre, si on décide de laisser la vie faire et de lui laisser dicter notre chemin, si on laisse la vie nous faire, let’s go with the flow. On peut toujours utiliser le vent pour avancer, même le vent de front.

Peut-être qu’on ne décide pas tout ce qui nous arrive, mais on peut au moins décider de la façon dont nous réagirons à tout ce qui nous arrive.

Mais j’ai quelques petites questions pour ceux et celles qui veulent penser que nous décidons de ce qui nous arrive: pourquoi êtes-vous né.e.s ? en effet, pourquoi s’être incarner ? pourquoi dans cette famille précise ? d’où venons-nous ? pourquoi la guerre et l’injustice ? pourquoi la vie ?

Bonne journée… qu’elle soit déjà décidée, ou encore toute à faire.

Mais j’avoue que la guerre et tout le branle-bas de combat autour de la boule, ça ça me questionne pas mal et j’ai ben d’la misère à y voir la perfection.

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La plupart des traditions religieuses de l’humanité parlent d’une Puissance Supérieure à la fois aimante et exigeante, observatrice et jugeante, qui récompense et punit.
Pour ma part, je comprends que cette Puissance Supérieure est aimante et permissive, observatrice et guérissante, qui bénit et accueille.
Je crois que les trois messages les plus importants de Dieu à l’humanité sont :

(1) Vous vous trompez complètement à mon sujet ;
(2) On est un seul ;
(3) L’amour pur n’est pas intéressé.
Je suis convaincu que Dieu ne vous aime pas « si », mais « même si ».
L’amour de Dieu est inconditionnel, illimité et éternel.
Cela ne signifie pas que Dieu approuve tous les comportements humains, ni qu’il est souhaitable de les voir se répéter, mais cela signifie qu’il les comprend tous, tout comme nous comprenons le comportement d’un enfant de deux ans.
Nombreux sont ceux qui, comme nous, se comportent comme des enfants de deux ans.
Dans l’esprit de la Puissance Supérieure – et dans celui de chaque chercheur spirituel aspirant à la Divinité – la compréhension remplace le jugement, et la bienveillance et la guérison se substituent au retrait d’amour.
Je pourrais me tromper, mais je crois que si ces idées étaient adoptées par la plus grande majorité, le monde deviendrait meilleur du jour au lendemain.
Si vous n’êtes pas d’accord, je vous remercie de votre ouverture d’esprit.

– Donald Neal Walsh

MOMENTS PLAISANTS ET GRAND ÉCART

Il est possible que vous soyez la dernière génération à pouvoir se rebeller. Et si vous ne le faites pas, il n’y aura peut-être aucune autre possibilité: l’humanité en sera réduite à une existence robotique. Alors rebellez-vous pendant qu’il est encore temps. – Osho

À voir aller le monde ces temps-ci, ces mots d’Osho, énoncés dans les années 70 ou 80, constituent en quelque sorte une prophétie. Notamment par la menace d’une existence robotique qui nous pointe au bout du nez, des doigts et du clavier surtout. Car on dirait bien que l’intelligence artificielle est en train de remplacer la stupidité naturelle et ego dégradable, pas nécessairement pour le mieux. Pas que du moins. En fait, les deux co-habitent encore et pas toujours harmonieusement.

Mais les algorithmes remplacent de plus et plus et graduellement les rythmes naturels de notre organicité; en fait, ils ne les remplacent pas seulement, ils les dictent, les décident et les modèlent de plus en plus. They are taking over. On perd graduellement tout sens de direction en se fiant de plus en plus au GPS et aux recommandations virtuelles. Génie, génie, dis-moi dans quelle direction aller.

Nous sommes de plus en plus fiché.e.s, suivi.e.s, surveillé.e.s, traquée.e.s comme dans kept in track.

On ne cherche plus en soi, on demande à Google, ou à Siri, ou peu importe le nom de nos nouvelles secrétaires personnelles et, simultanément, nos nouveaux maîtres. Secrétaires administratives.

Certaines personnes entretiennent même déjà des relations intimes avec des machines, des avatars. D’autres ont des thérapeutes virtuels. Oui ladies and gentlemen, on est rendus là. Tout plein de morceaux de robots qui revolent à tous vents et de tous bords tous côtés.

Mais la vraie rébellion ne consistera pas à prendre les armes et à sortir dans la rue car à ce jeu on ne fait pas le poids et on ne gagnera pas. ILS – oui, eux autres, les gens de pouvoir, d’avidité galopante et d’ambition sans scrupule – sont plus puissants que nous à ce pas drôle de jeu, méchante game, nous pauvres gens riches surtout de coeur. Nous le peuple, et gens simples d’esprit

Comme le dit Tagore,

Mais pas toujours facile non plus d’être heureux right ? On y travaille.

Non, la vraie rébellion va passer par le coeur, par le courage du coeur. Les deux termes ont la même racine d’ailleurs, cor.

La vraie rébellion va passer par l’ignorance et le refus du gros show médiatico-politique qu’on veut nous enfoncer dans la gorge jusque dans l’âme. Je crois sincèrement qu’on doit détourner le regard de là où on veut l’attirer; dans ce cas-ci on exclut la personne qui parle, tape et lit. Les conglomérats, les organes de presse, les big shots du pouvoir; les gros bonnets débonnaires, les gobe-sous et gobe-tout, notre attention surtout.

Pendant qu’un certain empire s’écroule devant nos yeux, on doit mettre en place un autre monde, un monde nouveau et parallèle, on the side. Un monde apolitique, collaboratif plutôt que compétitif, frais, plus humain où la personne redeviendra au centre de nos préoccupations plutôt que les profits et les choses. Un monde de coeur.

On doit utiliser plus intelligemment les machines qui sont mises à notre disposition; s’en servir plutôt que de les laisser nous utiliser. Pas facile je sais. Décrocher parfois, souvent, régulièrement.

Retourner à la forêt, retrouver notre animalité, un peu du moins. Se fier davantage à notre intuition, à nos sens qui font de nous des humain.e.s. sentant et feelant le monde.

Non, la vraie révolution doit prendre place tout d’abord en soi, dans le coeur du monde, dans nos coeurs à tous. Et de là, elle contaminera le monde entier.

Je ne sais pas si on doit réintégrer les Dieux, les ré-inventer, leur ajouter des Déesses, ou carrément les remplacer par celles-ci.

Mais je sens bien qu’une aspiration et une inspiration plus grande que nous les humain.e.s doit s’ajouter à notre nature humaine. Qu’elle passe par la nature ou par le coeur des êtres vivants, on doit grandir, évoluer, s’émanciper de notre simple humanité qui ne cherche qu’une gratification immédiate.

Bien beau de toujours chercher à vivre le sacré moment présent, mais la vie est un élan qui va quelque part, la vie est un mouvement qui prépare le monde pour le passer à une nouvelle génération. Certains disent même qu’on doit préparer le monde pour les 7 générations qui suivront. Ça implique de laisser la place en état, en bon état. Ce qui ne semble pas encore être le cas.

La vraie rébellion sera tout d’abord intérieure, et passera inévitablement par le coeur. La tête sera requise bien sûr, mais pas en tant que commandant en chef, en tant que serviteur. C’est le coeur qui doit mener, le coeur qui doit mener la bataille de la révolution à venir.

Probablement qu’on aura à passer par un bout rough and tough dans les prochaines années, question de réajuster le tir car on est partis sur un élan dans une étrange direction. Pas certain du temps qu’il nous reste mais quelque chose doit inévitablement changer, et assez rapidement je crois.

1-2-3 go…

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Et je marche en plein jour
là ou l’arbre est arbre
là ou la pierre est pierre
là où le vent est vent
et là où les mots forment une insaisissable union
de tout ce qui a été
de tout ce qui disparait
et ainsi demeure
comme des mots qui réconcilient

– Jon Fosse via Hélène Dorion, traduit par Camilla Bouchet et Gabriel Dufay

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L’ascension vers la lumière

Nous passons une grande partie de notre vie à gravir des escaliers invisibles.
Parfois dans l’ombre.
Parfois dans le doute.
Parfois avec le sentiment de ne pas savoir où mène la prochaine marche.
Et pourtant, quelque chose en nous continue d’avancer.
La lumière n’apparaît pas toujours au sommet.
Souvent, elle nous rejoint en chemin.
Elle éclaire juste assez pour révéler la marche suivante, puis une autre encore.
Chaque épreuve devient alors une invitation.
Chaque pas, un acte de confiance.
Chaque montée, une transformation silencieuse.
Peut-être que le véritable sens de cette ascension n’est pas d’atteindre la lumière, mais de découvrir que nous la portions déjà en nous depuis le commencement.
Et qu’à mesure que nous montons, ce n’est pas seulement le monde qui s’éclaire…
C’est notre regard qui apprend à reconnaître la lumière.

– inconnu.e

GENTIL MEN, GENTIL

Ne sous-estimez pas le pouvoir de la gentillesse. La gentillesse est de la force enveloppée dans de la paix, et là réside le pouvoir de changer le monde.

Le monde est dur. Le monde est fou. Le monde est en guerre constante depuis le début des temps. Quelques-unes en cours en ce moment même. Peut-être même une 3ème mondiale à l’horizon qui, si elle a lieu, pourrait être la dernière. En passant, le gros voisin d’en bas s’organise même un combat de lutte pour son anniversaire dans la maison du peuple. Sur le matelas.

On nous donne l’impression qu’on doit être dur pour survivre, qu’on doit se battre pour faire sa place dans ce monde. Qu’on doive se forcer. Que seuls les plus forts peuvent survivre. Mais parait que si ça a déjà été le cas, ce ne le serait plus pour la suite du monde. On verra.

La vérité est que les plus forts peuvent bien s’accaparer la plus grosse part du butin, amasser des tonnes de zéro$ dans leurs cerveaux, forcer les plus faibles à se soumettre, jouer les rough and tough, mais comme on récolte toujours ce que l’on sème, ils finiront avec un coeur dur et sec.

Oh, bien sûr qu’ils auront foutu le bordel en chemin, mais ce n’est pas en se battant contre eux qu’on va les arrêter ni qu’on va gagner la bataille. Ils sont plus forts, mieux armés, ils ont plus d’ambition. Ambition mal placée mais ambition quand même. En fait ils gagnent leur vie avec la guerre et les armes, en les vantant, en les vendant, en engrangeant des profits faramineux. Mais que profits faraminables sans fonds de commerce au fond.

Le pouvoir de la gentillesse est la seule arme qu’on possède nous humbles mortels. Avec la gentillesse on vit, et avec elle on mourra aussi. Quand on est mesquin avec autrui, quand on abuse des autres, ce n’est au fond qu’avec soi-même qu’on agit ainsi. On n’envie pas les toughs sans coeur right ?

La meilleure raison d’être gentil.le, c’est que ça s’applique à soi-même en premier lieu. Comme disait un grand sage: il n’y pas d’autres que soi-même. Quand on joue dur, c’est soi-même à qui on fait mal, c’est soi-même qu’on blesse tout d’abord, en plus de heurter les autres. Je parle d’expérience car j’ai déjà essayé d’être, du moins d’avoir l’air, rough and tough. Dur dur sur le coeur.

Car au fond du coeur des durs, des rocs coeurs, je pense sincèrement qu’il y a beaucoup de mou qui implore, il y a des tonnes de doux qui s’ignorent. Soft spot.

Et je pense aussi qu’à l’intérieur des durs de durs qu’il y a de la peur, de la vulnérabilité et de l’insécurité. D’où l’armure si dure. Qui craquera bien éventuellement, sinon devant la mort, peut-être avant.

Mais la peur, c’est comme la foi, on nous demande d’y croire sans qu’on ne puisse les voir. Et on a le choix.

Les gentil.le.s ne sont pas des lavettes. La gentillesse est peut-être la plus puissante des armes, des larmes de compassion massive. On ne pourra jamais gagner la bataille contre les grands ptits durs devenus glands. On ne pourra même jamais discuter de paix avec eux. On ne peut que les observer, les regarder aller et faire confiance que la vie se chargera bien de les remettre dans le coeur de la justice, dans la justesse de leur coeur. Ou pas.

Tout ce que l’on peut faire consiste à être gentil.le avec soi-même, à semer la gentillesse, le respect, la compassion et l’empathie autour de soi.

Et conserver la foi et faire confiance que l’amour vaincra la peur.

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La douceur est une puissance invincible.
La douceur dans la manière de supporter la souffrance est une victoire plus miraculeuse que la victoire de la force sur la force.
La douceur est capable de désarmer ce qu’il y a de plus dur dans l’âme humaine.

– Simone Weil

FAIRE DE SON MIEUX

Tu es un ptit bout de vie jouant un certain rôle pendant un bref moment.

Je pense à la mort ces temps-ci. Disons qu’elle se manifeste autour de moi et m’incite à penser à elle. Féminin la mort right ? J’imagine que c’est parce qu’on doit se laisser aller dans ses bras. Comme ceux de notre mère à notre arrivée ici-bas.

C’est que quelques proches et ami.e.s passent et trépassent ces temps-ci, ou sont sur le point de le faire. Quelques autres sont malades et rien n’est certain quant à leur proche avenir. Comme c’est le cas du nôtre d’ailleurs, jamais rien de certain. Mais certains reçoivent des signes.

J’imagine que le fait de penser davantage à la mort vient avec le fait de vieillir de corps. Et avec les réseaux sociaux qui nous montrent celles de plusieurs davantage qu’avant, alors qu’elle se passait plus discrètement, presque en cachette.

D’ailleurs, hier la citation postée ci-bas m’est passée devant les yeux, juste avant que je ne vois l’annonce d’une amie sur FB qui disait avec surprise et tristesse qu’un de ses plus proches amis qu’elle avait vu récemment venait tout juste de mourir subitement et qu’une autre annonce d’une connaissance de longue date annonçait que sa fille avait une maladie incurable. Deux trois clins d’oeil de Madame la mort en synchro coup sur coup. Ça m’a fait tiquer, et réfléchir.

Et me demander: Moi, petit bout de vie, suis-je prêt à mourir ? Pas mal oui que je me suis dit, si c’est ça que la vie veut. Le gros de la montagne est monté, on peut se laisser porter désormais.

Ai-je peur de mourir ? me suis-je aussi demandé. Je dis non maintenant, mais il parait que ça peut changer, qu’on peut devenir beaucoup moins brave quand elle se pointe pour de vrai, plus concrètement du moins. Qui vivra verra, et qui mourra le vivra.

Je crois que je pense plus à la mort ces temps-ci car je suis désormais officiellement à la retraite. Ce processus d’inscription à la pension nous reflète inévitablement qu’un certain bout de vie a déjà été vécu. On en a plus que la moitié de faite comme on dit. Je ne suis qu’un retraité sans expérience, je vais m’y faire.

Et alors, qu’est-ce que ce ptit bout de vie incarné dans un corps que je prends pour moi-même veut faire du rôle qu’il joue pour le reste du bref moment qu’on lui accorde et accordera ?

La question se pose, mais n’a pas vraiment à se répondre. On peut la laisser se déposer tout doucement, sans presse. La vie prend soin. La vie prend toujours soin. Car on ne peut qu’y aller un jour à la fois en ce grand voyage, et même un jour c’est déjà beaucoup. Pas garanti qu’on va même le vivre au complet. Et certains jours en comportent parfois plus d’un.

On va donc y aller une inspiration à la fois, chaque inspiration dans la foi. Et un pas en avant, pas par pas, et parfois aussi un ou deux pas en arrière car la vie est comme ça parfois. Comme certains pas qui se prennent mieux de côté. Quelle danse la vie. It takes two to tango : la vie pis soi. The rest will be history, et sera une autre histoire.

Et parfois, il n’y a même pas de pas à faire, qu’un surplace lent, calme et déposé, inutile même. Car à quoi ça sert la vie ? Sinon qu’à la vivre ? Qu’un moment de rien du tout. Et trois fois passera pas, ou pas. Pas à pas et petit patapon.

Comme le dit avec une drôle d’inspiration cette expression (via MF via Samano):
J’aspire à inspirer avant que je n’expire.

Alors, on va commencer par s’inspirer soi-même, par s’allumer, par se motiver et injecter du sens dans cette nouvelle journée qui s’offre à être vécue. Et on va prendre la journée d’aujourd’hui – jeudredi ? – pour ce qu’elle est, ce qu’elle sera, ce qu’elle apportera. Sans savoir, sans vouloir savoir. En disant oui à tout, comme oui à rien aussi. Toujours quelque chose la vie. Et toujours quelqu’un pour la vivre. Encore du moins. Pour un bout.

Je me souviens des paroles d’une personne qui est passée de l’autre côté et qui est revenue qui, lors de son passage, s’est demandé – ou s’est fait demander – si elle avait fait de son mieux pendant son passage sur terre. Elle a réalisé que ça n’avait pas toujours été le cas. Alors elle est revenue avec cette nouvelle mission de vie. Faire de son mieux.

Alors pendant que nous y sommes, faisons de notre mieux. C’est déjà beaucoup. Et le mieux qu’on peut faire.

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C’est clair que la plupart des gens ne sont pas prêts à mourir.
Ils continuent de finir des choses.
Ils remettent toujours à plus tard.
Ils s’imaginent encore avoir le temps.
Pour le mystique, l’approche est différente : Être accompli à chaque instant.
Tout ce qui devait être dit l’a été.
Tout ce qui devait être fait l’a été.
Alors, si la mort survient, il n’y a pas de lutte.
Pas de course effrénée.
Pas de panique.
Tout est fini.

Si vous saviez qu’il ne vous restait qu’une heure…
Qu’est-ce que vous n’avez pas fini ?
Qu’est-ce que vous n’avez pas dit ?
Qu’est-ce que vous n’avez pas fait ?
Parce que vous n’aurez peut-être pas une heure.
Vous pourriez mourir subitement.

On n’a que quelques minutes.
Les minutes sont comme de l’argent.
Les avez-vous dépensées judicieusement ?
Ou gaspillées en soucis, en ambition et en égoïsme ?
J’ai réalisé à 33 ans que j’avais gaspillé des années à courir après la richesse et le succès.
C’était en vain.
Ce qui est vraiment précieux, c’est…

L’amour.
Servir l’amour.
Aider les autres.
Aider la planète.
Aider les animaux.
Ces moments sont précieux.
Tous les autres moments sont du temps perdu.

On est tous mortels.
Es-tu prêt à mourir ?
Ou vas-tu lutter et paniquer ?
Le chemin vers une vie épanouie où chaque instant est précieux est celui du cœur.
Ni l’égoïsme.
Ni l’égocentrisme.
Le cœur.
Vous créez votre réalité.
Vous en êtes entièrement responsable.
Mieux vaut se préparer maintenant que d’être pris au dépourvu plus tard.

– Vishrant

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Et vu sur FB juste après avoir posté ma chronique

En 1975, j’ai lu le livre du Dr Raymond Moody, « La vie après la vie », dans lequel il interviewe plus d’une centaine de personnes ayant vécu des expériences de mort imminente (EMI).
Il y décrit comment, dans les derniers instants de leur passage de ce monde à l’autre, ces personnes repassent en revue toute leur vie, à propos d’un tunnel lumineux et d’êtres de lumière.
Ayant moi-même vécu plusieurs EMI, je me suis dit : « Pourquoi attendre ? Vas-y, repasse en revue toute ta vie maintenant et note tous les souvenirs marquants. »
Et c’est exactement ce que j’ai fait. J’avais déjà commencé à écrire mes premiers souvenirs.
Alors, quand mon dernier souffle arrivera, mon cœur sera rempli de paix et je murmurerai : Merci.

– Ron Whitehead

RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CRÉE, NI NE SE CROIT

Les choses ne se résolvent pas vraiment. Elles se rassemblent et se défont. Puis elles se rassemblent et se défont de nouveau. C’est comme ça. La guérison vient du fait de laisser de l’espace et du temps pour que tout ceci se produise; de l’espace et du temps pour le deuil, pour le soulagement, pour la misère et la joie.
– Pema Chodrön

Avec le temps qui file, qui passe et qui fait rider la peau, en même temps qu’on peut voir ce temps toujours faire du surplace, on finit par comprendre certaines choses. Notamment que tout passe. Moi, vous, nous tous et toutes. Et tout. De rien.

Et que, comme le dit Pema – vous permettez le Pema Mme Chodrön ? j’espère ne pas me mettre les pieds dans les plats – rien ne se résout jamais vraiment. Quel casse-tête à conjuguer ce verbe résoudre, I mean.

Non rien ne se résout vraiment. Les choses se rassemblent, viennent ensemble, s’entrechoquent, coulent – puis se défont. Et ainsi de suite la vie, on and on and on. Une suite de petits moments qui filent les uns après les autres. Ou en un même non-temps et dans différentes réalités c’est selon la nature de conception de la physique.

La guérison, quant à elle, se ferait un peu toute seule, par elle-même. Ou pas. Mais toujours avec du temps, et de l’espace. Et de l’acceptation.

On dit qu’on ne guérit jamais vraiment complètement des traumatismes que nous avons vécus jadis, qu’on finit seulement par les accepter, les intégrer et apprendre à vivre avec. I like. Gem. 😉

On dit qu’on doit apprendre à vivre avec nos cicatrices, avec nos manques, avec nos joies et nos peines, avec nos désirs inassouvis. À les digérer. Qu’on doit apprendre à laisser aller nos défaites, à les transmuter, à garder au coeur nos petites et grandes joies, tout en les laissant aller, sans regretter qu’elles soient choses du passé. Ainsi la vie va.

Ne pas nier le passé, ni souhaiter un avenir trop rose. Simplement apprendre à avancer jusqu’ici quand on fait du surplace dans un passé déçu ou nostalgique, et à simplement reculer dans le présent quand on se projette en avant avec un pied déjà dans un avenir trop voulu. Avancer sur place, sans bouger, ni trop monter ni descendre. Hercule, avance.

Werner Heisenberg dit ci-bas que tout émerge à partir de ce qui semble n’être rien. Le mot semble (appears) est important, et questionnant. Car rien peut-il vraiment exister ? Et est-ce que le tout peut n’être qu’un amas de petits riens ? Pensez-y. Mais pas trop car il n’y a peut-être rien là. C’est tout dire. De rien.

Il dit aussi en petits caractères ci-bas que : les atomes des particules élémentaires ne sont elles-mêmes pas réelles; elles ne forment qu’un monde de potentialités plutôt que quelque chose de concret, ou des faits.

On fait dans la physique ce matin messieurs dames. Toujours essentiel de faire dans la culture physique. On a appris ça à l’école. Car souvent, les gens aiment affirmer que certaines choses dans la vie ne sont pas une interprétation ni une illusion mais des faits bel et bien réels.

Mais qu’est-ce qu’un fait vraiment ? Et la réalité ?

Je vais vous laisser là-dessus pour tout de sweet car mon ami Pierre vient m’aider à bouger des pierres autour de mon étang – je sais mais c’est un fait bel et bien réel. Où l’est-ce vraiment ? SI je m’en échappe une sur un pied, une pierre je veux dire, je vous le dirai. Pas grand chose de plus concret qu’une pierre dans la vie. Surtout une qui n’amasse pas mousse.

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Plus il y a de moi, moins il y a de Dieu.
Notre orgueil, notre inquiétude, nos désirs de puissance et de plaisir sont des choses qui éclipsent Dieu.

– Aldous Huxley

PETITES BALIVERNES AU SUJET DE L’AMOUR

Une raison saine d’entrer en relation réside dans le fait de pouvoir aimer une personne. Il n’y a rien de plus précieux ici que l’amour, qu’aimer.

Bien sûr qu’on ne peut aimer davantage autrui que l’on ne s’aime soi-même.

Bien sûr qu’on ne peut aimer qu’une seule personne, mais bien sûr aussi qu’on ne peut pas aimer tout le monde. Comme on dit, aimer le monde entier est facile, mais aimer une personne à la fois est pas mal plus demandant.

Bien sûr que l’amour n’existe pas sans au moins un coeur pour donner et un autre pour recevoir. Ou peut-être que l’amour peut exister en soi.

Bien sûr que j’affirme avec des bien sûr de grandes vérités au sujet de l’amour sans en connaître tant que ça au sujet de l’amour. Amour est un mot facile à dire, comme à chanter mais le faire ? La job d’une vie, la job du coeur.

Mais qu’est-ce qu’aimer au juste ? Qu’est-ce que l’amour ?

Il y a le grand Amour de sa vie, comme dans les films, celui avec un grand A, comme il y a aussi aimer les tartes aux pommes. En anglais, ils font au moins une distinction entre liker et lover. En français, on aime un point c’est tout. Et si on aime beaucoup, si on aime bien, on dirait qu’on aime un peu moins que si on aime tout court. Long apprendre à aimer.

On ne connait jamais vraiment ni totalement ce en quoi consiste aimer car l’amour est un grand mystère qui revêt de nombreuses formes.

Chez certaines premières nations, on dit que le mot amour n’existe pas, il n’y aurait que le verbe aimer. L’amour ne peut que se conjuguer. Ni au passé, ni au futur, qu’au présent. L’amour ne peut exister sans des êtres qui le font, qui l’expriment, qui le vivent. Makes sense non ? On n’a jamais vu un ptit tas d’amour tout seul sur le bord du chemin. Ça prend quelqu’un ou quelque chose pour l’incarner, pour lui donner vie. À moins que ce ne soit l’amour qui nous donne vie.

Bien sûr, et peut-être bien. Plausiblement, possiblement, probablement.

Une définition de l’amour se dit du parfum que répand la fleur quand on marche dessus. Dur mais beau non ? Ça me fait penser à l’amour du Christ ou du Bouddha. Un amour plus grande que soi, un amour qui transcende sa propre personne, sa propre existence, un amour de service, un amour au service de l’amour. D’ailleurs, Veeresh utilisait souvent l’expression Love in Action.

Il s’en est dit des choses au sujet de l’amour, et il s’en dit toujours. Et ça continuera car amour rime avec toujours.

Mais quoi qu’on en dise, quoi qu’on fasse, l’amour reste toujours à faire. Que lui nous fasse, que nous le fassions. L’amour demande toujours à se dépasser, à se consumer, à se mettre en action et à se vivre. Entre deux personnes, et plus. Entre deux organismes vivants, peu importe qu’il y ait langage ou pas pour le nommer. L’amour veut se faire, malgré la folie de la guerre.

Toute la vie est amour. Et peut-être aussi que toute la haine du monde est aussi amour. Un amour qui a peur, un amour mal dirigé, un amour de tête qui pense qu’il doit blesser les autres pour préserver les siens. Bien sûr que je ne sais pas, et que je n’en sais rien.

Écrire au sujet de l’amour alors qu’il y a tant de manifestations de haine en ce bas monde. Peut-être l’idée justement. Se mettre à aimer autant et même plus que certains haïssent, détestent, ont peur. Pour équilibrer, pour ramener l’amour au premier plan car on en a tant besoin. L’amour exige toujours plus de nous.

Aimer sans savoir, aimer sans vouloir être aimé en retour. Comme St-François d’Amour.

Aimer for love’s sake. Aimer par amour, aimer pour l’amour. Pour que l’amour finisse par nous consumer, par gober toute la peur et la haine. Car si le mot amour n’existe pas et qu’il ne peut que se conjuguer, laissons justement ce verbe nous faire bouger, nous motiver, nous animer. Si le mot amour n’existe pas, soyons l’amour. Amourons. Amour de soi, amour de soie. Doux amour.

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La vraie pauvreté n’est pas dans le fait de ne rien avoir, mais dans le fait de n’être possédé par rien.

Il y a des pauvres qui sont encombrés de leurs richesses imaginaires, comme il y a des riches qui ont appris le détachement.
L’Évangile nous appelle à cette liberté intérieure où l’humain cesse de se cramponner à lui-même pour devenir un être d’accueil et de communion.
Car aimer, c’est toujours se déposséder de soi au profit d’une présence plus grande que soi-même.

– Maurice Zundel, Retraite sur les Béatitudes et la pauvreté évangélique, via Cristina RJ

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L’amour dans toutes les langues, toutes les mains et tous les coeurs.

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La première chose à comprendre est donc : ne confondez pas relation, couple et amour.
Même si vous faites l’amour, même si vous avez une relation sexuelle, le sexe est, lui aussi, à la périphérie.
À moins que les centres se rencontrent, le sexe n’est que la rencontre de deux corps.
Et la rencontre de deux corps n’est pas votre rencontre.
Le sexe, lui aussi, reste une relation superficielle, physique, corporelle, mais toujours superficielle.
Mais vous ne pouvez permettre à quelqu’un de pénétrer jusqu’en votre centre que si vous n’avez pas peur, que si vous n’avez aucune crainte.
Aussi, je vous dis qu’il y a deux sortes d’existence.
L’une est dirigée par la peur, l’autre par l’amour.
Vivre dans la peur ne pourra jamais vous permettre une relation profonde.
Vous restez craintif et vous ne pouvez laisser faire l’autre : vous ne pouvez lui permettre d’entrer en vous vraiment jusqu’à votre cœur.
Vous tolérez l’autre jusqu’à un certain point, et puis c’est le mur et tout s’arrête.
Celui dont la vie est tournée vers l’amour est l’être religieux et spirituel.
Être tourné vers l’amour veut dire : ne pas avoir peur de l’avenir, ne pas avoir peur du résultat ni des conséquences : vivre ici et maintenant.

– Osho

OBSERVER 100 JUGEMENTS ET SANS CESSE

La capacité d’observer sans juger constitue l’intelligence pure dans sa forme la plus élevée.

Quel bel objectif que celui de viser à observer sans juger. Mais on n’en est pas là encore right ? Beaucoup de chemin à faire avant d’en arriver là, si jamais on y arrive un jour. Et même la nuit car le mental continue de rouler et de faire sa job de magistrat suprême même quand on dort.

Le monde est un miroir aux 1000 jugements. Aux jugements incessants. Pour ça probablement que certains choisissent de ne plus s’y regarder. Mais pas parce qu’on ne se regarde pas dans le miroir du monde qu’on va devenir libre de jugements. On va seulement les déplacer sur autre chose, sur autrui. Ou pire, sur soi-même. En fait, possiblement qu’on déplace les jugements qu’on entretient face à soi-même sur le monde.

Moi en tout cas, j’en suis encore bien loin du sans jugement, plus près du 100 jugements incessants. Je suis encore à tenter d’observer mes jugements qui roulent en boucle sans tomber dedans, sans m’y perdre ni m’y engouffrer.

J’ai abandonné l’idée d’arrêter de juger depuis longtemps. Trop de trouble. Mission impossible. Ça juge non-stop up there. Simplement observer mes propres jugements qui défilent sans cesse constitue un terrain de pratique bien suffisant pour le moment. Et depuis longtemps. Et toujours au stade de débutant j’en suis. En matière de watchage de jugements, nous sommes toujours des débutants. Car les jugements come and go en boucle, tournent sans fin. Pas de message THE END à la fin du film. Ça déroule tant qu’il y a de la vie, et de la bobine dans nos botines.

Si vous voulez un bon terrain de pratique, regardez la game politique, notamment celle au sud de notre frontière. Matière à jugements là for sure. Même ici, pas nécessairement plus beau la game. En fait toute la game politique semble corrompue. Pas nécessairement toutes les personnes qui la jouent, mais la structure politique en tant que telle semble profondément viciée. Pas certain si c’est là que les vraies décisions se prennent. Comme les actions du gouvernement de Netanyahu en Israël, carrément inhumain. Bien difficile de watcher ça sans réagir. Et sans juger.

Évidemment que nous ne sommes pas obligés de nous confronter à regarder le monde jusqu’à l’état de sans jugement. Mais même sans trop regarder dehors, et les organes de presse qui nous relient au monde dans lequel on vit, la machine à jugements continue. On remet souvent en question ce que l’on pense, en fait ce qui se pense en nous car même là on n’a pas vraiment de contrôle. On ne décide pas de ce qui se pense en nous. Ça pense et on se doit d’observer. Sans juger ? Bon chance.

Parfois aussi, on questionne même ce que l’on ressent. On juge ce que l’on ressent. Pourtant, s’il y a quelque chose à quoi on devrait faire confiance, c’est bien notre ressenti. Quoique nos ressentis ne sont pas complètement déconnectés de nos croyances, qui, elles, engendrent en partie nos jugements. Pas si simple la vie.

Nos jugements reposent souvent sur la nature de nos croyances, sur la dualité de nos croyances: je crois que quelque chose, ou quelqu’un, est bon ou souhaitable, mon ressenti sera agréable, et j’en voudrai plus, encore. Au contraire, je considère que quelqu’un ou quelque chose est mauvais, alors je le condamne, et cela ne devrait pas être. Un peu sommaire mon affaire mais vous voyez le concept right ?

Tant qu’on n’acceptera pas tout ce qui existe est parfait tel quel par le simple fait que ça existe, et en particulier ce que l’on juge comme négatif et malsain, ce que l’on voudrait qui disparaisse car nous dérangeant trop dans notre petit confort de bien pensant.

Dès que quelque chose ou quelqu’un nous dérange, plutôt que de souhaiter le voir disparaître, si on regardait en soi ce que ça dérange, ce que ça fait réagir ?

Osho nous disait souvent de faire une distinction entre réaction et réponse. Une réaction est automatique, spontanée, résultant d’un individu ou d’un événement extérieur. C’est elle qui prend place en premier. Si on prend le temps de la sentir, la reconnaître, la faire sienne, on peut ensuite répondre adéquatement au stimuli l’ayant déclenché.

Je sais, plus facile à écrire qu’à faire. C’est pour ça qu’on dit que la vie en entier est une pratique spirituelle. Jusqu’à notre dernier souffle, la pratique va continuer. Chaque événement ou personne que la vie nous reflète représente un ptit bout de miroir de soi-même. Souvent, on choisit nos ptits bouts de miroir, préférant ceux qui nous allongent au détriment de ceux qui nous élargissent. Les boutiques de vêtements ont compris ce principe.

Certains choisissent de ne plus regarder le monde car ce dit monde suscite trop de jugements, trop de réactions négatives. Oui, en effet, le monde est matière à jugements.

S’il n’est pas si simple d’observer le monde en se regardant soi-même, ce monde trop souvent haï et jugé négativement peut nous informer sur nous-même. Du moins le reflet qu’il nous procure. On dit que lorsqu’on regarde le monde, ce n’est pas vraiment le monde qu’on voit, ce sont nos jugements par rapport à celui-ci, et ultimement, par rapport à nous-même. On se projette dans et sur le monde, alors qu’au fond, c’est toujours soi-même que l’on regarde, et qu’on observe.

C’est pourquoi le sage dit : je suis le monde.

Alors, regardons pour voir. Et observons pour se voir. Les yeux ouverts, comme les yeux fermés.

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Chögyam Trungpa Rinpoché a dit un jour que la méditation est un acte de sagesse.
Je pense que bien des gens comprennent pourquoi c’est si important en ce moment.
Le monde est tellement trépidant.
Tellement d’indignation, de stimulation, d’anxiété, de réactions et de bruit que le système nerveux a rarement le temps de se calmer avant qu’un autre élément ne surgisse.
L’attention est constamment sollicitée, et au bout d’un moment, on ne remarque plus l’impact que ça a sur le corps, l’esprit et le cœur.
Tout devient urgent.
Tout devient personnel.
Tout devient insupportable.
Et ainsi, étrangement, le simple fait de s’asseoir et de rester immobile prend une dimension radicale.
Pas parce qu’on se coupe du monde.
Mais parce qu’on refuse d’être complètement emportés par lui.
La méditation ne fait pas disparaître l’incertitude, les conflits, le chagrin ou les difficultés.
Elle accomplit quelque chose de plus simple et de plus profond : elle nous aide à rester suffisamment présents pour affronter la vie sans réagir immédiatement de manière impulsive.
C’est en partie ce que Trungpa Rinpoché avait si clairement compris.
Dans un monde organisé autour de la vitesse, de l’agressivité et des distractions incessantes, la volonté de faire une pause, de respirer, de ressentir son corps et d’être simplement présent est déjà une autre façon d’appréhender la réalité.
Une façon plus saine.
Bien avant que les neurosciences ne nous donnent les mots pour décrire les réactions au stress et la régulation du système nerveux, les traditions contemplatives reconnaissaient que l’attention transforme l’expérience.
Quand on s’assoit tranquillement et qu’on suit notre souffle, le corps s’apaise. L’esprit se libère de son propre tourbillon.
On commence à observer nos pensées et nos émotions sans s’y identifier immédiatement.
Et lentement, quelque chose change.
Pas le monde.
Mais notre relation avec le monde.
En ce moment, ça me semble plus important que jamais.
Parfois, la chose la plus saine à faire est de s’arrêter, de s’asseoir et de revenir au moment présent.

– Diane Musho Hamilton

LÉGER FLYDAY GIVRÉ DE MAI

C’est le plein temps lecteurs/trices. Fait beau. Pas encore chaud chaud le show printanier mais ben ben beau.

Bleu en haut, avec sa boule jaune qui tourne en l’air. L’air de rien, c’est le printemps à plein temps. Avec des milliers de ptits verts tendres à faire pâlir d’envie l’équipe de designers de la palette de couleurs chez Sico. Un brin psycho ces designers de toutes sortes de noms de couleurs. Vert meilleux. Vert solidaire. Vert meille ou mère vert. Vert tige de noms de couleurs. Tous les verts pointent vers l’été. Verts qu’à moitié pleins pour le moment. Mais vides de tracas en tous cas, comme libre de fracas. Sans frimas. Quoi que ce matin, c’est le point zéro ici de wow. Et les ptits verts ont un brain pâli. Kôliss. Ça glisse.

Parfois, le vendredi, je me la lâche lousse la boule qui me r’tourne au-dessus de mon ptit moi-même. J’écris foufou partout, nono tant qu’il me faut, tata sur les bords. Mais toujours sur mon clavier que j’écris, et que, chroniquement, je me tape de la chronique. En usant de la virgule à la pelle.

Et ce matin avec ces ptits verts tributaires de la renaissance de la terre nature, je n’écris pas gris. C’est juste si je ne cries pas. J’écris le coeur ouvert, le coeur tout vert, le coeur à l’envers de l’hiver duquel on vient de sortir. On y a goûté cette année. À la neige incolore, indolore, insonore. La neige ne goûte rien mais coûte beaucoup. Insipide mais pas invisible. Qu’en été qu’elle l’est. Eau eau eau. Coûte que coûte et goutte par goutte.

Ah la neige insolente, innocente, isolante et ISO 100, et lente à partir. Y en avait encore un ptit tas ici jusqu’à vendredi dernier. Jusqu’à la mi-mai l’hiver cette année. Enwèye bonhomme mime l’hiver et à ton tour d’aller hiberner dans ta caverne d’ali Baobab. Tu r’viendras nous voir en novembre. C’est ben pour dire en pas pour rire. C’est pour la rime et c’est pas de la frime crime. Puff and rough. Oui j’écris en frenchglish en friche. Oui, je sais, je triche en chriche.

Petit fly day matin un brin flyé de cette fin de mai yéyé. Mais oui. May West. Go west island young man.

Petit fly day matin flyé pour ne dire à peu près rien qui vaille, et pour tout dire le monde et ses failles. Mais tout de même, toujours de l’avant faut qu’on aille. De l’avant, toujours de l’avant, sans r’garder en arrière car par là, rien qui ne vaille. Aller de l’avant, en vivant dans le présent. Certains vont de l’avant en reculant, les deux pieds sans lien avec leurs deux babines, bla bla bla, talk talk talk et walk walk walk.

D’autres, vers l’avant ils vont, mais de reculons. Ben voyons donc. Si on va de l’avant de reculons, est-ce qu’on fait du sur place ? Et si on fait du surplace, se retrouve-t-on encore et toujours dans le moment présent ? Plaisant ou déplaisant ? L’hiver, c’est du surglace qu’on fait ? On va mettre ça sur la glace jusqu’à novembre à la place. Pour une couple de piasses.

Avance ou recule, on fait toujours du surplace ici maintenant. C’est tout ce qu’on a fait jusqu’ici, et d’ailleurs, c’est tout ce qu’on fera jusque là-bas. Ce là-bas qui ne sera toujours qu’un autre ici parmi d’autres quand il sera à répondre présent. Plus on avance, plus on est ici. Ici, qu’ici. AC DC qu’y disaient.

Vous connaissez l’histoire du cheval Hercule qui est devenu fou ? Ben oui, son maître lui criait sans cesse: enwèye Hercule avance ! Avance Hercule ! Excusez-là même pas celle-là, elle est déjà pardonnée, oubliée même. C’est la beauté de la faculté de la mémoire qui oublie. On peut oublier ce à quoi on ne veut pas penser. Pensez-y. Mais pas trop. Ou oubliez ça.

Petit matin givré en dedans, comme en dehors encore. Petit matin de wow. Be oui, encore. On doit attendre avant de planter. Mais pour se planter soi-même, y a pas de sot moment. On peut toujours faire un Sol de soi. Ou un Gobe laid et créer de la beauté. Beauté dans la terre, comme dans les airs qu’on fredonne en jardinant. All is music.

Et si ça vous dit de swinger votre propre compagnie à partir de la semaine prochaine, toujours possible. Car juin est vraiment pas loin, juste l’autre bord du dernier coin de rue de mai. Juin s’en vient. C’est bien, et pas très loin. Et l’été avec. Viva Primavera ! Et qui vivra shakera. Presque comme la chanteuse. Givré je vous disais le chroniqueur croque niqueur. Ben quoi, c’est flyday morning et samedi sait.