
Un certain âge. Un âge certain. Deux façons de dire qu’on vieillit.
Mais on vieillit à tout âge right ? Et encore plus vite quand on est jeune, les changements étant même plus spectaculaires. Juste qu’on s’en rend pas – ou moins – compte. L’arrogance de notre innocence – c’est de Richard Séguin. Beau non ? Vrai en tous cas. Mais de ça, on s’en rend compte seulement après un certain bout de route parcouru. À un certain âge.
Certains jeunes dans la vingtaine sont déjà vieux – salut l’aile jeunesse de la CAQ, excusez-là – et des gens qui ont passé le cap du 80 et même 90 sont encore jeunes. De coeur du moins. De corps, c’est selon.
Je suis à remplir mes papiers de pension ces temps-ci, vous savez l’aide sociale pour les gens de plus de 65 ans. Je ne pensais pas que ça rentrerait autant dans le dash de mon corps usagé que ça. Je vis actuellement mon dernier mois de pré-retraité officiel. Une certaine retraite pas certaine du tout, mais très bienvenue.
Même si l’âge n’est qu’un numéro, le 65 en est un gros je trouve. Les publicitaires ont essayé de faire rimer le numéro 55 avec liberté, avec un succès plutôt mitigé. Mais pour le ô 65, c’est bingo ! Pour moi du moins. Je suis un jeune de – presque – 65 ans. Tout un numéro.
La semaine dernière, j’ai dû aller au bureau de Service Canada pour ma demande et à entendre le ton de la préposée – mon ptit monsieur – j’ai réalisé que j’avais atteint un âge certain, et encore plus ce certain âge. Je suis devenu un ptit monsieur. 1 à 0 pour la vie. Et j’ai réalisé aussi que j’ai déjà dû parler comme ça à des plus vieux que moi jadis. Désolé. SIncèrement, msieurs dames.
Puis, à peu près en même temps, j’ai reçu une lettre de la SAAQ stipulant que puisque j’allais atteindre l’âge certain de 65 ans, si je voulais être certain de conserver mes permis de chauffeur de camion et d’autobus, je devais aller passer un test médical pour prouver mon aptitude. Comme je n’ai ni médecin, ni davantage l’envie de conduire des grosses affaires à roues ou à personnes multiples désormais, la décision de laisser tomber est tombée d’elle-même et très facilement, organiquement. C’est mon corps qui a dit non. Ça s’est fait en un claquement de doigts de Dieu. La fin d’une étape. Finies les jokes de chauffeur d’autobus pour moi. Je vais fouiller les jokes de ptit monsieur. Pourtant, encore qu’un ptit gars le ptit monsieur. Parait même que les bus de Montréal vont être gratuits pour moi le mois prochain. Vais aller me promener en ville juste pour ça.
J’ai plusieurs ami.e.s dans la soixante-dizaine, même que mon meilleur chum va avoir 80 ans cet été, alors je ne peux pas vraiment me plaindre. En tous cas, pas devant eux, encore moins devant lui. Mais ça tombe bien, je ne me sens pas vieux. Juste de plus en plus un peu plus certain d’âge, et d’un âge de plus en plus certain. Ça c’est sûr. Le sable file dans le sablier. Tiens ça me donne une idée.

J’ai aussi plusieurs amis fin de quarantaine et début de cinquantaine, et je ne me sens pas plus vieux qu’eux et elles. Au fond, nous ne sommes tous et toutes que de drôles de numéros indéterminés. De drôles de pistolets. Comme Sol, et comme Gobelet. Pour saisir celle-ci, vous devez être d’un certain âge certain. Sorry les ptits jeunes.
Même ma plus vieille va atteindre la mi-quarantaine cette année, et ça non plus ne me fait pas un pli sur le rouleau de numéros.
On a l’âge qu’on a, et en même temps, on n’a aucun âge du tout. Parfois, l’âge nous a.
Peut-être pour ça que âge et âme sont tous les deux circonflexes ?
C’est davantage notre corps que notre numéro qui nous ramène à l’ordre, ou au désordre, c’est selon. Même si les deux sont un peu liés. Vrai qu’on ralentit un peu avec les années. On s’assagit un peu aussi parait, mais ça varie selon le sens qu’on accorde à s’assagir. Parfois plus smatt, parfois juste plus lent.
On dit d’ailleurs en joke que si on fait moins de niaiseries en vieillissant, c’est peut-être juste parce qu’on bouge moins vite. On va penser à ça. Mais pas trop.
Je ne me sens pas vieux du tout. Et en même temps, je dois avouer que le numéro 65 résonne plus que les autres précédents retours d’âge. Me semble qu’on appelait les pauses d’hommes et de femmes ainsi jadis non ? Le retour d’âge. Prends une pause mon moineau.
Tout ce radottage – parait que ça vient avec l’âge – pour dire que le temps file sur et à travers notre corps. Mais notre âme, et notre âge, semblent éternels, même si parfois ils semblent s’attacher au corps plus qu’à d’autres.
Vieillir est une lente et inévitable pratique spirituelle qui s’acquiert lentement, sagement, et parfois, par à coups. Tout un art à apprendre. Comme ce fut le cas la semaine dernière pour moi. Alors tout mon respect pour quiconque a plus de miles au compteur que moi.
Mais le fait d’accumuler les années se prend bien en général, si on peut décrocher du look et de la vitesse. On relaxe en soi de plus en plus avec le temps qui passe. On accepte davantage le cours – ou la marche ou le trot c’est selon – des choses. On se tanne plus vite de résister du moins. Vieillir est une job de longue haleine qui nous coupe parfois le souffle. Respirons avant d’expirer.
Mais drôlement, le poids des années peut devenir une élévation, une préparation au grand envol, au grand détachement. Si on décide de l’accueillir ainsi. C’est le même prix paraît.
On dit que tout le monde vieillit mais que pas tout le monde mature. Qui vivra verra verrât !
Et ci-bas, ceux, rares mots d’elle-même, de l’une de mes pusheuses de citations éclairantes sur FB
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Vivre avec panache, dignité et courage.
Rire beaucoup, cultiver le beau et le doux.
Faire de son mieux dans tout ce que l’on est amené à réaliser.
Aller vers ce que l’on aime.
Être vraiment soi-même.
La vie spirituelle est une vie intérieure, chaque individu suit sa propre voie.
Il n’existe pas un sauveur, un enseignant qui va nous accompagner vers l’éveil ou une libération.
Des personnes fragiles, en souffrance psychique et d’autres en quête de sens sont attirées par des stages de yoga , de non-dualité etc. et sont exposées à des dérives qui peuvent s’avérer dangereuses.
J’en profite pour remercier ceux et celles qui partagent de magnifiques textes issus de littératures spirituelles et qui contribuent à nourrir ma vie intérieure.
Chaque fois c’est une belle découverte.
Il m’apparaît plus intéressant de partager nos expériences concrètes et les lectures qui inspirent notre vie intérieure de tout à chacun que d’avoir à écouter ou lire un enseignant , un éveillé ou un accompagnateur qui prétend savoir.
– Cristina RJ





















