SERVIR À QUOI OU SERVIR À SOI

Les cultures Occidentales laissent entendre que nous sommes né(e)s dans un but précis, soit pour travailler, produire, faire de l’argent; au contraire, dans certaines cultures indigènes, on dit plutôt que nous sommes tout simplement vivants(e)s comme l’est la nature: pour être ici et maintenant, pour être beau/belle et étrange. Nous n’avons pas à atteindre quoi que ce soit pour être confirmé(e) dans notre humanité.

Intéressants propos cette dame, propos qui posent quelques questions connexes dans ma caboche.

Être ou faire ? Être et faire ?

Servir à quelque chose, ou servir à rien ?

En effet, nous sommes pour la plupart pris dans une logique de produire, d’être utile, de servir à quelque chose, si ce n’est à quelqu’un. Nous devons faire rouler une machine. Nous sommes des consommateurs/trices. Mais consommateurs tristes.

Pour avoir oeuvré longtemps dans le domaine de la toxicomanie, j’ai toujours été émerveillé d’entendre les gens qui prenaient diverses substances psychoactives trop régulièrement dire qu’ils/elles consommaient, sans mentionner quoi. Comme si le simple de fait de consommer les définissaient, faisait d’eux quelqu’un. Je consomme donc je suis. Peu importe l’objet de la consommation. Désormais, les influenceurs font un peu ce jeu, en étant sur les réseaux, ils existent.

Pour la plupart d’entre nous, la plupart du temps du moins, nous définissons nos journées comme positives si on a accompli quelque chose de concret, si on a fait quelque chose. Si on a créé. Comme si ne rien faire n’était rien justement.

Pourtant, ne rien faire est déjà quelque chose en soi. Comme on dit, quand il n’y a plus rien à faire, que peut-on faire ?

Dans notre société de consommation, société de production à outrance, on doit servir à quelque chose, on doit faire rouler les choses. Pour cela que les vieux sont si peu considérés probablement, ils ne servent plus à rien. Pourtant les enfants ne servent à rien eux non plus sauf qu’ils/elles représentent l’avenir. Deux poids deux mesures.

S’il en revient à chacun(e) de de trouver un sens à sa propre vie, on pourrait aussi commencer à enseigner à être, tout simplement. Apprécier sa propre valeur en tant qu’organisme vivant. Comme les arbres qui ne font que se faire aller au vent (même si on dit qu’il se passe toute une vie communautaire sous la terre), comme les pierres qui ne font que leur têtes dures, comme les animaux qui ne font que vivre, courir, se défendre, se nourrir et se reproduire tout naturellement, selon leur instinct, selon leur flair. La nature coule avec la vie. Tout simplement.

Nous, les humains, dans les sociétés occidentales du moins, depuis des décennies, nous devons servir, à quelque chose, mais la plupart du temps surtout à faire rouler la machine. Pour avoir du sens, on doit faire, on doit produire, divertir, faire du bien, qu’ils soit humain mais le plus souvent utile.

Plusieurs politicien(ne)s disent vouloir servir le bien public. Si j’aime croire que la plupart le font en toute sincérité et de bonne foi, on constate que certains préfèrent se servir dans le bien public. Mais ceci est un autre débat.

Pas évident de ne simplement qu’être, être, tout simplement. Simplement parce que la vie en a décidé ainsi, ou Dieu, ou le destin. Nous ne sommes que le résultat d’une équation biochimique. Et un grand mystère.

Pourtant, sans l’avoir décidé ni toujours le comprendre, on naît, on meurt, et entre les deux, on vit. Et chacun chacune nous sommes face au fait de notre propre existence. Peu importe le sens qu’on lui donne, peu importe le sens qu’on en fait.

En ces temps de guerre, après deux années déstabilisantes, nous sommes en proie à nous poser quelques questions quant à note existence.

Car en effet, quelle période intrigante, quelle période questionnante.

Car le sol sur lequel on marche, court et roule, l’air que l’on respire et le ciel au-dessus de notre tête nous menacent sans qu’on veuille entendre. La température monte et monte et monte, même si on ne veut pas le réaliser et surtout changer nos habitudes à la base de cette hausse, hausse, hausse.

Alors quand il semble ne plus rien y avoir à faire, on fait quoi ?

Peut-être qu’il ne sert à rien de servir à quoi que ce soit, peut-être qu’il ne suffit d’être. Et de se suffire à soi. Et comme on se posait la question récemment, qu’est-ce que le soi de toute façon ? Qu’est-ce que le soi sans les autres ?

Et peut-être aussi qu’il n’y a tout simplement pas de réponse à ce genre de questionnement, peut-être qu’il ne suffit que vivre puisqu’on nous prête souffle. Une respiration à la fois, chaque respiration dans la foi.

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15/3/2022

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