JE EST NOUS, JE SUIS TOUT, ET TOUS, ET TOUTES

Vous êtes immortel(le). Vous avez existé depuis des milliards d’années sous différentes manifestations, parce que vous êtes la vie et la vie ne peut pas mourir. Vous êtes dans les arbres, les papillons, les poissions, l’air la lune et le soleil. Peu importe où vous allez, vous êtes là, vous attendant vous-mêmes.

– Don Miguel Ruiz

Si on peut commencer à simplement accepter que nous sommes tout du monde, que nous sommes tout le monde, et que tout le monde est moi, que le monde est nous, et donc que moi est nous tous et toutes, et tout, alors il devient possible de cesser de juger les parties de ce monde que l’on serait porter à vouloir exclure.

Car que moi, que nous. Tout, toujours. Et on ne peut qu’assumer le monde, ce monde, dans son entièreté, dans sa totalité. Car nous sommes la vie et la vie ne peut pas mourir. Et on ne peut voir certaines manifestations de cette vie sans être toutes ces manifestations. Car on ne peut voir ce que l’on ne peut concevoir dit-on. On ne peut nier les parties moins reluisantes de ce grand forfait tout inclus au détriment des plus belles auxquelles on serait porté de vouloir s’identifier. On ne peut avoir le beurre sans l’argent du beurre, sans la vache, la ferme et tout le bataclan.

Ainsi, si on peut se considérer soi-même comme le tout, en se prenant pour le tout, se pensant comme le tout, nous devenons les attaquant(e)s autant que les attaqué(e)s, les bourreaux autant que les victimes, les trop durs comme les trop mous. Nous devenons le bon autant que le mauvais, le bon et le mauvais.

En embrassant le monde dans toutes ses manifestations, dans tous ses extrêmes et toutes ses déclinaisons, en acceptant que toutes les formes et toutes les manifestations du monde ne sont au fond que reflet de moi, de nous, on devient le monde entier. Car tout ce qui existe n’est que projection de notre propre monde.

Ainsi, en s’identifiant au tout, on disparait en tant que soi et on (re)devient le monde entier. La goutte redevient la mer. Et du coup, plus de eux ni de nous, plus de moi ni de toi. Il n’y a que du ceci, et même plus de cela. Que des parties du même grand tout, du même grand Je, du même grand Nous. Que des petits moi du grand Jeu humain et existentiel.

Si on peut arriver à voir et à concevoir le monde entier tel qu’il est, dans toutes ses manifestations, ni bien ni mal, que tel quel, sans faire d’effort pour en écarter les parties que l’on aime moins, pas ou pas du tout, on (re)devient alors le monde entier et tout ce qui vit a sa raison d’être puisque cela est, ceci est. Et ceci est juste et bon, juste bon. Même le mauvais, même le moins beau, même ce que l’on déteste et qui nous répugne.

Je sais, gros contrat mes ami(e)s. Mais le sens profond d’empathie, qui signifie se mettre à la place de l’autre. Voir le monde à partir d’une autre perspective.

Et en même temps, si je suis tout, je suis aussi rien. Si nous sommes tout, nous ne sommes rien du tout. Qu’un petit bout du grand Tout. Et n’être rien du tout est probablement tout ce que l’on peut faire, car rien à y faire, qu’être. Et rien en ce grand Tout nous l’avons déjà été, nous le sommes déjà et le serons pour toujours, et à tout jamais. Et toujours que maintenant.

Bon dimanche, premier jour du printemps, qui n’est que l’envers de l’automne, entre l’hiver et l’été qui partent et qui reviennent. Au fil des saisons.

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Ci-bas de beaux et puissant mots de Thich Nhat Hanh, qui vient justement de changer de forme, relayés via mon amie tatie MF.

Ne dites pas, je serai parti demain, car je ne cesse de naître, aujourd’hui encore.

Regardez en profondeur : je nais à chaque seconde bourgeon sur une branche printanière, oisillon aux ailes encore fragiles, apprenant à chanter dans mon nouveau nid, chenille au coeur d’une fleur ; bijou caché dans une pierre.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer ; pour craindre et pour espérer.

Mon coeur est rythmé par la naissance et la mort de tout ce qui est vivant.

Je suis l’éphémère se métamorphosant sur l’eau de la rivière, et je suis l’oiseau qui, au printemps, naît juste à temps pour manger l’éphémère.

Je suis la grenouille nageant heureuse dans la mare claire. Et je suis l’orvet approchant en silence pour se nourrir de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, décharné, squelettique, aux jambes pareilles à des bambous fragiles, et je suis le marchand d’armes vendant des armes meurtrières à l’Ouganda.

Je suis la fillette de douze ans, réfugiée sur une frêle embarcation, se jetant à l’eau pour avoir été violée par un pirate. Et je suis le pirate, au coeur incapable encore de voir et d’aimer.

Je suis un membre du Politburo, et je suis l’homme qui doit acquitter sa « dette de sang  » envers son peuple, mourant lentement aux travaux forcés.

Ma joie est comme le printemps, chaude, au point d’épanouir des fleurs en tout mode de vie.

Ma peine forme une rivière de larmes, débordante, au point d’emplir les quatre océans.

S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms. Que j’entende ensemble mes cris et mes rires. Que je voie ma joie mais aussi ma peine.

Appelez-moi, s’il vous plaît, par mes vrais noms.

Que je m’éveille, et ouvre pour toujours la porte de mon cœur, la porte de la compassion.

___________
20/3/2022

2 réflexions au sujet de « JE EST NOUS, JE SUIS TOUT, ET TOUS, ET TOUTES »

  1. rudolphesplesdin

    Je suis le cheval blanc de la foi
    Je suis l’âne empirique du soleil
    Je suis le tintamarre du triangle noir
    Je suis la souche mythique des quatre éléments
    Je suis né du sabir commercé de l’amour
    Aussi vieux qu’un nouveau monde imprévu
    J’ai hérité du créole hermine les quatre saisons
    J’ai reçu du commandeur général son nom
    Je suis de dieu et de diable la mixité du je

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