Peu importe votre religion ou vos croyances, prier est la chose la plus humaine que nous pouvons réaliser. Avoir la foi change notre vie. C’est ce qui nous donne la force d’affronter une nouvelle journée. – Ayesha
Je ne sais pas ce qu’est la foi. Mais je la veux, je la cultive, je l’invite.
Pas la foi un seul Dieu, une foi en tous les Dieux. En toutes les Déesses, en toutes les images symboliques sacrées et divines qui inspirent la paix, la conscience et l’amour.
Une foi en la bonté humaine aussi. Surtout peut-être celle-ci d’ailleurs. Car plus concrète la foi en notre humanité, comme l’est son penchant ombragé, soit notre méchanceté.
Drôle de concept que celui de la foi. On l’associe à la religion mais clairement, la foi dépasse la religion. La spiritualité aussi. La foi doit reposer sur notre humanité. Alors même les athé(e)s peuvent avoir la foi.
Est-ce que la foi est une confiance aveugle ? Peut-être un peu. Car on doit faire confiance sans preuve tangible.
Est-ce une absence de doute ? Peut-être un peu aussi, ou pas. La foi peut aussi inclure le doute car une foi sans doute risque de nous décevoir éventuellement. Des fois que.
Il n’y a aucune garantie quand on a la foi. On a foi en quoi d’ailleurs quand on a la foi ? La foi est autant une croyance intellectuelle, qu’un appel du coeur et de l’âme. Une intuition divine. Un rappel de notre source et de notre destination ultime.
Ces temps-ci, avec tant d’enjeux sociaux importants, pas si évident de maintenir notre foi en l’humanité. Alors que la foi en une sagesse supérieure n’est pas plus facile car pourquoi ce qui se passe se passe-t-il ainsi ? Pas possible d’intervenir ?
Mais pour vivre en paix, on doit cultiver une certaine foi, sinon une foi certaine.
Foi dans le fait que les choses sont ce qu’elles sont sans que l’on en saisisse le sens.
Foi que peu importe ce que l’on voudrait qui se passe sur la terre, ce qui se passe actuellement est ce qui doit se passer car c’est ce qui se passe. Même si ça ne passe pas si facilement.
Foi que si autant d’ombre plane actuellement sur notre monde, la lumière luit toujours. Comme le soleil qui est présent derrière les nuages lors d’une grande tempête. Même si on ne le voit pas. On ne peut qu’avoir la foi qu’il y est. Et qu’il reviendra.
Je ne sais pas ce qu’est la foi. Mais probablement plus facile d’avoir la foi pour nous qui vivons en paix que pour ceux et celles qui subissent la guerre, ou qui souffrent.
Alors si une telle chose est possible, disséminons la foi, partageons la foi. Pas la foi en une vie après la mort, la foi en une vie avant la mort.
Une vie de compassion, de solidarité, une vie d’humanité empathique.
Une vie qui semble devoir nous montrer la face cachée ombragée de notre humanité pour qu’on retrouve la lumière en soi, en nous tous et toutes. Une seule humanité.
On dirait que la foi doit être mise à l’épreuve pour avoir révéler sa vraie valeur. Car s’il est facile de douter quand on regarder notre monde, on doit aussi nourrir cette foi qui nous permet de continuer le voyage même en ignorant la destination.
Ubuntu: la croyance que nous sommes tous et toutes défini(e) par la compassion et l’humanité envers les autres
En ce matin de premier avril, journée aquatique et funkatique de l’année s’il en est une, j’ai considéré écrire une drôlerie, une nânerie, faire un jeu de mots rock n drôle, or something like that.
Mais sincèrement, il me semble que si le sens de l’humour est l’un des sens à ne pas perdre en cette vie parfois sans dessus dessous, l’un des sens qui donne du sens à la vie, cette année, avec tout ce qui se passe en ce bas monde, en notre monde, j’avoue que je n’ai pas vraiment le corps à rire. Alors pas envie de faire le pitre en mots dits cette année en ce premier jour d’avril car pas certain que ça vaille la joie de rire – ni la peine – en ce moment.
S’il se passe toujours des drames et des tragédies en ce bas monde, depuis toujours, parallèlement à de nombreux miracles faut-il le noter, on dirait que ces temps-ci sont un peu plus sombres.
Pas besoin de nommer les multiples situations inquiétantes autour de nous, vous observez et regardez le monde vous aussi. Notre monde. Les nouvelles sont plutôt gris foncé en ce début de printemps.
Mais malgré tout, on va faire confiance à l’Ubuntu.
Et se rappeler que la majorité des hommes et des femmes qui peuplent notre monde, même si pas nécessairement tout le monde, sont des gens de bonne volonté.
Que la plupart des personnes que l’on connait et côtoie font de leur mieux pour vivre – certain(e)s pour survivre – en ce monde si questionnant par moments, notre monde.
Que la vie implique des hauts et des bas, et que cette vie est un élan, une force de manifestation, un état d’équilibre vibrant en mouvement de constant déséquilibre.
Je vous l’avoue sincèrement : pas le coeur à rire aujourd’hui. Mais tout de même le coeur à vivre. À vivre tout ce que la vie m’amène, nous amène. Tout ce que la vie nous donne à vivre, à sentir, à voir. Car je – et la plupart d’entre nous – suis et sommes privilégié(e)s. Ne l’oublions pas.
Et que so far so good.
Et que la lumière danse toujours avec l’ombre, donc toujours pour le mieux ce qui se passe en ce moment comme on dit. Même si parfois pas si facile à saisir. Alors on ne peut que continuer de faire confiance à la vie. Et de vivre notre humanité.
Ubuntu ?
Oui, et en voici quelques démontrations en vrac:
Les Norvégiens ont décidé de ne pas forer de sources pétrolières dans les îles Lofoten (avec des réserves de pétrole d’une valeur de 53 000 000 000 $) pour protéger l’écosystème des îles.
Pour la première fois dans l’histoire du Malawi, une femme a été élue présidente du Parlement. Esther Chilenge a annulé 1 500 mariages de filles mineures et les a renvoyées à l’école.
Les donneurs suédois reçoivent des textos avec merci chaque fois que leur sang sauve des vies.
Grâce à la loi sur les espèces en voie de disparition, la population de tortues de mer presque éteintes a augmenté de 980 %
Les supermarchés thaïlandais se débarrassent des sacs en plastique et commencent à emballer leurs achats dans des feuilles de banane.
Les Pays-Bas sont devenus le premier pays sans chiens errants.
La Corée du Sud organise des soirées dansantes pour plus de 65 ans. Pour lutter contre la démence et la solitude ;
À Rome il est possible de payer un billet de métro avec des bouteilles en plastique. De cette façon, 350 000 bouteilles ont déjà été collectées.
La Californie restreint la vente de chiens, chats et lapins dans les magasins, afin que les gens puissent retirer les animaux de compagnie des refuges ;
Les riziculteurs du monde entier commencent à utiliser des canards dans leurs champs plutôt que des pesticides. Les canards mangent des insectes et grignotent les mauvaises herbes sans toucher le riz ;
Le Canada a adopté une loi interdisant l’utilisation des orques et des dauphins dans l’industrie du divertissement;
Les Pays-Bas ont planté les toits de centaines d’arrêts de bus avec des fleurs et des plantes – en particulier pour les abeilles ;
L’Islande est devenue le premier pays au monde où l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes a été légalement enregistrée;
Les cirques allemands utilisent des hologrammes au lieu d’animaux pour arrêter l’exploitation des animaux dans les cirques ;
Le robot sous-marin LarvalBot sème le fond de la Grande Barrière de corail avec de petits coraux microscopiques, spécialement cultivés pour restaurer l’écosystème
Pour réduire le nombre de suicides, la Suède a mis en place la première ambulance psychiatrique au monde
4 855 personnes ont fait la queue pendant des heures sous la pluie pour se faire tester sur des cellules souches pour sauver la vie d’un garçon de cinq ans ;
Le village indien célèbre la naissance de chaque fille en plantant 111 arbres. De cette façon, 350 000 arbres ont déjà été plantés.
Les Pays-Bas ont construit cinq îles artificielles spécialement pour la préservation des oiseaux et des plantes. Après deux ans il y a 30 000 oiseaux et 127 espèces végétales
Les satellites de la NASA ont enregistré un monde plus vert qu’il y a 20
Depuis 1994, le nombre de suicides a chuté de 38%. Cela a sauvé environ quatre millions de vies
___ Hommage posthume
Bien que je n’aie rencontré Rosa que quelques fois, mais toujours des rencontres marquantes notamment quand elle et Jacques sont venus ici en visite chez-moi en 2016, sa mort il y a quelques semaines m’a bouleversé avec un impact surprenant. Notamment de sentir le choc que sa mort a causé sur son mari et partenaire de vie, et ami à moi, Jacques Mabit. Peut-être que son départ au début mars qui contribue à teinter ce printemps d’un certain ton de gris dans mes yeux et mon coeur. Repose en paix chère Rosa. Et compassion vers toi Jacques.
Que de beauté quand quelqu’un prie pour vous à votre insu. C’est la plus haute forme de respect et de soin.
Petite musique d’ambiance:
Je redécouvre le pouvoir de la prière ces temps-ci. Son état de bien-être, sa capacité de me permettre de me ramasser, d’aligner et d’unir tous les morceaux de moi.
Pas une prière de demande, pas une requête à Dieu, ni une commande personnelle passée à l’au-delà pour combler mes petits besoins personnels.
Non, plutôt une prière de gratitude, une prière de présence envers moi, mes proches et de la vie en général. Car on ne peut prier réellement que pour le monde entier. La prière doit nécessairement nous dépasser. Si on doit évidemment vouloir le mieux pour soi, ne penser qu’à soi n’est pas suffisant. Car nous sommes le monde. Et que vaut mon bonheur si celui de l’humanité n’est pas. Je sais, gros contrat.
J’aime garder en tête – et porter au coeur surtout – quand je sais que certaines personnes ont besoin. Sans qu’ils et elles ne le sachent. Car la prière est une chose intime, un refuge de l’âme, une communion pudique et discrète. Je pense souvent à certain(e)s ami(e)s qui ont des problèmes de santé, qui vivent une situation éprouvante, ou aux gens de partout sur la terre qui vivent des situations difficiles, en particulier les migrants, les gens qui vivent au cours des guerres, aux gens malades. Et je souhaite que ça aille mieux, en acceptant en même temps que les choses suivent leur cours.
Mais bien sûr que si la prière est un acte de foi, elle n’est pas suffisante. il faut aussi que nos actions suivent nos intentions, qu’elles les manifestent, les traduisent concrètement. Que notre faire suivre notre vouloir. Même si évidemment on ne peut changer le monde à nous tout seul(e). Mais on peut et doit faire notre part.
Si la prière consiste à émettre des intentions, elle est aussi un non geste qui consiste à faire silence en notre tête et notre coeur. Car contrairement à ce que l’on peut penser, la prière et la méditation ne sont pas si dissemblables, si différentes. On dit que si la prière consiste à parler à Dieu, s’adresser à la vie, à communiquer avec plus grand que soi, la méditation quant à elle repose plutôt dans l’écoute.
Prier, c’est émettre un voeu, un souhait. C’est marcher sa voie avec grâce. Tout en respectant que la vie est aussi parfaite dans toutes ses manifestations, malgré les horreurs, les drames et les malheurs. Car on ne peut que respecter la voie de la vie, dans toutes ses manifestations. Toutes. Tout en faisant en sorte de rendre le monde un peu meilleur autour de soi. En commençant par ce qui se passe en soi-même évidemment car tout part de là. D’ici.
Je crois que l’on doit renouveler notre conception de la prière. Jadis, dans un état d’esprit formaté par le Catholicisme dans notre cas, on s’agenouillait soir et matin et passait nos commandes à Dieu le père, là-haut dans les cieux. Passivement, en attente de résultats. Mais peut-être qu’on doit mettre notre conception de la prière à jour.
Peut-être que la prière consiste tout simplement à tout d’abord accepter la vie telle qu’elle se présente et se manifeste et, à partir de cette acceptation de ce qui est, faire en sorte d’améliorer les choses à notre humble mesure. À faire de notre vie une prière, un hommage à la vie.
Jadis, quand des gens me disaient qu’ils/elles priaient pour moi, je ne comprenais pas trop. Maintenant je sais, je sens. Que que ce qu’il/elles veulent dire c’est qu’ils et elles pensent à moi, me portent en leur coeur, et que je compte pour eux/elles. Maintenant je sais, car je fais de même pour plusieurs. Je les porte en mon coeur. Tout simplement. Et qu’ils/elles acceptent ce qui est à vivre et qu’ils/elles passent au-travers les épreuves qui doivent être vécues.
Compliqué, injuste, malhonnête, sans amour le monde ?
Tout le monde ? Tout le temps ? Non.
Mais ça arrive en effet. Le mal comme le bien, ou dit autrement, ni le mal ni le bien, que le monde.
Le monde out there implique certaines folles choses qui ne vont pas dans le sens du bien du plus grand nombre, du bien collectif, du bien commun.
Mais le monde out there n’est, en fait, que le monde in here. Le monde n’est qu’un miroir de nous-même. Nous sommes le monde.
Selon ce sur quoi on fait porter notre regard, notre conception du monde change. Certain(e)s préfèrent ne regarder que le beau, alors que d’autres préfèrent le laid. Entre les deux, nos coeurs balancent.
Mais pas de lumière sans ombre, pas de beau sans laid, pas de noir dans rose. Nous vivons – encore – dans un monde de dualité. En apparence du moins. Car en quelque part, touttt est dans touttt tel que le disait jadis notre Raoul national. Mais souvent, notre réflexe primaire est de se voir dans le beau et de considérer laid ce que nous n’approuvons pas. Ou bien et mal. Ou moi et toi, nous ou eux.
Mais le processus d’éveil au monde, lequel semble s’être activé globalement depuis quelque temps – good morning wokies – implique de considérer les deux côtés de la médaille, le beau comme le moins, l’ombre comme la lumière. Tout est question d’équilibre. En fait, toue la médaille. Car comme disent les anglos, as above so below. Et en dehors comme en dedans.
Si on pense devoir s’éveiller, on doit le faire des deux bords de notre conscience. De tous bords tous côtés. Car la vie n’est qu’un grand Tout inclus. À nous de choisir ce qu’on veut y inclure. Mais tout fait partie du tout. Rien n’est à exclure.
Mais ultimement, l’ingrédient fondamental de toute vie demeure l’Amour. Oui celui avec un grand A. l’Amour brut, l’Amour pur. L’Amour de soi, l’Amour de l’autre, des autres, tous les autres. Le bons comme les moins. Car fondamentalement, soi ou les autres, même différence.
Quand tout est compliqué et questionnant, quand l’espoir vacille, on ne peut que se réfugier dans l’Amour.
L’Amour de soi, et l’Amour des autres.
Peu importe ce que signifie l’Amour. Aimons-nous surtout, aimons-nous quand même.
____ Ci-bas, quelques inspirants mots des autres, qui pourraient donc être les nôtres.
____ Vous, chers enfants, avez feint presque toute votre vie.
Vous avez feint la confiance quand vous étiez incertains, l’intérêt quand vous étiez indifférents, et vous avez feint de savoir des choses dont vous ne saviez rien. Mais ceux qui ont tenté de feindre l’amour n’y sont pas parvenus.
L’amour ne peut être feint parce que tu connais l’amour. Parce que tu le connais, les imitations de l’amour sont immédiatement ressenties. Tu peux choisir de nier le sentiment, mais tu ne peux pas l’empêcher de se produire. Tu peux tenter de mériter l’amour de ceux que tu veux voir t’aimer, tu peux tenter de l’acheter, de changer pour lui ou de le capturer. Ce que tu ne peux faire. Pourtant, l’amour est toujours présent.
Comment l’amour peut-il être toujours présent alors que tu ressens indéniablement et absolument chaque manque d’amour ?
Le problème est dans celui qui perçoit plutôt que dans ce qui est perçu. Chaque fois que tu ressens un manque d’amour, cela vient de ton for intérieur. Ce manque d’amour, ou l’amour «feint» dont tu ne peux pas manquer d’être conscient, est un signal t’indiquant que tu veux quelque chose.
Quand tu deviens conscient de vouloir quelque chose, tu deviens également conscient que tu ressens un manque.
– via Transparence du Coeur
____ Tous les sentiments de manque sont synonymes de sentiments de peur.
Où il y a la peur, l’amour est caché.
L’amour est rejeté quand on fait le choix de la peur.
Tu ne peux pas être sans amour, mais tu peux rejeter l’amour.
Quand tu rejettes l’amour, il t’est caché, parce que recevoir est le complément de donner. Chacun de tes frères et soeurs est l’amour inviolé.
Ce que chacun donne est incomplet tant que ce n’est pas reçu.
Quand tu sens un manque d’amour en autrui, c’est que tu as projeté ta peur sur eux.
Quand tu ressens un manque d’amour, tu as l’impression que l’«autre» ne t’a rien donné. Or c’est ton incapacité à recevoir qui produit ce sentiment.
Tu dois t’habituer à reconnaître tes sentiments de manque d’amour, et réaliser que ces sentiments viennent de ton incapacité à recevoir. Mets cela en pratique jusqu’à ce que ce ne soit plus nécessaire.
FAIS CONFIANCE À LA SYNCHRONICITÉ Fais-confiance à la synchronicité de ta vie. Décroche de l’attente que les choses devraient fonctionner comme tu le souhaites. L’Univers est parfait et il n’existe aucune erreur. Fais-toi le cadeau de laisser aller tes soucis et fais confiance que tout se passe parfaitement.
J’ai toujours un peu de difficulté quand je tombe sur l’expression la vie est parfaitetelle qu’elle est et que je pense aux gens qui vivent la guerre ou quelconque autre catastrophe. Si ça arrive, ça arrive et rien que l’on ne puisse faire contre cela, mais la vie semble plus difficilement parfaite pour certains que pour nous ici.
Mais qui sommes-nous pour critiquer les faits de la vie ? Car ce qui se passe se passe. Et ce qui se passe ne se passe pas autrement.
Mais il est néanmoins indéniable qu’on ne peut rien faire – de concret – contre le déroulement de certaines choses de la vie. Très peu d’entre nous veulent la guerre, les accidents et les manifestations de violences, mais ils se produisent quand même.
Comme on dit, rien qu’on ne puisse faire pour empêcher ce qui doit arriver, et rien que l’on ne puisse faire si quelque chose est dû pour se produire.
Mais il est vrai qu’il est très apaisant d’arrêter de vouloir que les choses se passent autrement que selon on les veut. Plus simple d’accepter car pas vraiment d’autre choix de toute façon. À moins que l’on ait l’énergie pour tenter de changer certaines choses, pour aider la vie. Car si on le sent, il faut le faire. Même si on sait que les risques sont faibles que nous aurons un impact. A person has to do what a person has to do. Un point c’est tout et tout est tiguidou.
En ce sens, le classique des Anonymes est toujours de mise:
Mon Dieu (ou le mot de votre choix, que 4 petites lettres après tout), donne-moi la Sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le Courage de changer les choses que je peux, et la Sagesse d’en connaître la Différence.
Grande leçon de vie que d’apprendre à accepter les choses que l’on ne peut changer. Et en même temps, on peut se demander si rien à faire vraiment pour changer certaines choses. Car de toutes petites actions peuvent parfois découler de grandes conséquences. Et la différence, la différence. Entre ce que l’on peut changer et ce que l’on doit accepter car certaines choses sont difficilement modifiables. Méditons là-dessus.
Nous, ici, avons la chance – et le luxe même – de pouvoir faire confiance à la vie. Car même s’il nous arrive de connaître certaines difficultés, nous l’avons relativement facile. En général. Du moins au niveau de notre confort matériel. Et toujours un peu indécent de suivre les grands et petits conflits du monde à partir du confort de notre foyer. Mais une grande leçon là aussi d’accepter les choses que l’on ne peut changer. Pas visiblement du moins. À part la façon qu’on les regarde.
Et fine nuance entre accepter que l’on ne peut changer certaines choses et tenter de changer les choses si et que l’on peut. Sagesse, sagesse en effet. Et un peu d’innocence et de candeur. Car parfois on peut les changer les dites choses que l’on trouve injustes si on essaie.
Et j’imagine qu’en plus d’accepter, parfois on doit aussi essayer. Alors essayons-nous, sans nous assoir sur nos l’oreillers 😉
____ Quand un chat tombe d’un arbre, il se lâche. Le chat devient complètement détendu et atterrit légèrement sur le sol. Mais si un chat était sur le point de tomber d’un arbre et qu’il décidait soudainement qu’il ne s’il ne voulait pas tomber, il deviendrait tendu et rigide, et ne serait plus qu’un sac d’os brisés à l’atterrissage. De la même manière, c’est la philosophie du Tao que nous tombons tous d’un arbre, à chaque instant de notre vie. En fait, au moment où nous sommes nés, nous avons été jetés d’un précipice, et nous tombons, et il n’y a rien qui puisse l’arrêter. Alors au lieu de vivre dans un état de tension chronique et de s’accrocher à toutes sortes de choses qui nous tombent dessus parce que le monde entier est impermanent, soyez comme un chat. » ~Alan Watts
_______ Et si tous les dragons de nos vies étaient des princesses qui n’attendent de nous qu’une belle et courageuse action ?
Peut-être que tout ce qui nous effraie est, dans sa pure essence, une chose fragile qui attend notre amour.
Alors n’ayez pas peur… si un chagrin plus immense que vous n’en avez jamais eu se dresse devant vous, si une angoisse, comme un léger nuage sombre, vient invalider vos mains et tout ce que vous faites.
Il vous faut réaliser que quelque chose vous arrive, que la vie ne vous a pas oublié, qu’elle vous tient dans sa main et ne vous laissera pas tomber.
Pourquoi voulez-vous fermer votre vie à l’inconfort, à la tristesse, à la dépression, puisque vous ne savez pas après tout le travail que ces états d’âme peuvent opérer en vous ?
– Rainer Maria Rilke
______________________________________ Vous commencez à mourir lentement ; si vous ne voyagez pas, si vous ne lisez pas, Si vous n’écoutez pas les bruits de la vie, Si vous ne vous appréciez pas.
Vous commencez à mourir lentement : Lorsque vous n’entretenez pas votre estime de soi, Lorsque vous ne laissez pas les autres vous aider.
Vous commencez à mourir lentement ; Si vous devenez esclave de vos habitudes, si vous marchez tous les jours sur les mêmes chemins… Si vous ne changez pas votre routine, Si vous ne portez pas de couleurs différentes Ou si vous ne parlez pas à ceux que vous ne connaissez pas.
Vous commencez à mourir lentement : Si vous évitez de ressentir la passion Et leurs émotions turbulentes ; Ceux qui font briller vos yeux Et qui font battre votre cœur vite.
Vous commencez à mourir lentement : Si vous ne risquez pas ce qui est sûr pour l’incertain Si vous ne tentez pas de réaliser un rêve Si vous ne vous permettez pas Au moins une fois dans votre vie De fuir les conseils avisés
Ne vous laissez pas mourir lentement N’oubliez pas d’être heureux !
~Pablo Neruda♡
____ P.S. J’ai emprunté – et traduit maison – le jeu de mots du titre à ma fille Léonie qui avait inscrit sur le bar du casse-croûte de l’auberge jadis: Tipping s not a city in China 😉 Salut Léo !
L’humilité ne consiste pas à penser moins de toi-même, mais à moins penser à toi-même. – C.S. Lewis
L’humilité est un de mot qui sonne drôle à mes oreilles. Car souvent je l’entend être prononcé au sujet de soi par des gens qui se vantent d’être humble. Moi le plus humble.
Selon le Petit Robert, l’humilité c’est le sentiment de sa propre insuffisance qui pousse à réprimer tout mouvement d’orgueil, ou encore un caractère humble, modeste (de la nature humaine, ou d’une condition sociale).
Pour le Larousse, c’est plutôt le sentiment, état d’esprit de quelqu’un qui a conscience de ses insuffisances, de ses faiblesses et est porté à rabaisser ses propres mérites.
Différentes façons de voir. Alors que le terme humilité est aussi associé à humiliation, ce qui fait particulièrement peur, à notre amour propre du moins.
Pour moi, l’humilité est la simple réalisation que chacun chacune de nous, ne sommes qu’un tout petit maillon autonome et interconnecté dans la grande chaîne du vivant, le grand tout environnemental, qu’un petit morceau du grand casse-tête humain.
Par nous passe la capacité de voir le grand tout, donc notre rôle est important. Mais en nous se trouve aussi le devoir de réaliser que sans le reste de la création, de tout ce qui est, rien n’est possible et nous sommes alors bien insignifiants.
L’humilité c’est aussi avoir la lucidité de comprendre que notre vision du monde est limitée, biaisée, incomplète. Ce qui nous oblige à prendre en compte le point de vue des autres puisqu’il vient agrandir le nôtre, il vient le compléter, l’élargir, l’enrichir.
Mais trop souvent on interprète le point de vue de l’autre comme menaçant pour le nôtre, comme l’invalidant, alors que l’autre ne peut qu’avoir son propre point de vue qui lui est propre. Et même chose pour soi. Mais si chacun(e) pouvait respecter et tenir compte des divers points de vue, de la perspective de chacun(e) et l’inclure dans le sien, au lieu de demeurer limitée, notre vision pourrait alors devenir plus large, plus grandir, plus complète.
L’humilité ne consiste à pas diminuer notre importance en tant qu’humain, mais à la relativiser. À la remettre en contexte, dans un contexte si complexe. Mais trop longtemps, l’humain s’est cru au-dessus des êtres et des autres choses du monde, il s’est cru séparé. Il est temps que l’on reprenne notre juste place. Celle d’un acteur dans le grand jeu de la réalité, même si chacun(e) tient sa propre version de cette dite réalité, mais qu’un des nombreux acteurs et éléments de la nature, la vie, l’existence.
Ainsi, on doit apprendre à se connaître pour mieux évaluer sa propre valeur, et réaliser que nous ne sommes rien de plus qu’une simple partie du tout. Tout seul(e), nous ne sommes que nous, pas grand chose et tout en même temps, qu’un petit point dans l’Univers. Et ensemble, nous formons un tout, le tout. Et un point, c’est tout.
L’humilité c’est une goutte dans la mer, et la goutte qui contient toute la mer.
L’humilité c’est reconnaître toute notre grandeur et en même temps, notre petitesse. Notre extra ordinarité.
Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller. – Friedrich Nietzsche
La guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent pas et qui se massacrent au profit d’hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas. – Paul Valéry
Cette guerre en Ukraine, parce qu’elle touche à l’Europe, donc plus près de nous culturellement, nous fait prendre conscience qu’elle n’est pas la seule guerre qui a cours en ce moment.
Afghanistan, Palestine, Liban, Syrie, Iraq, Libye, Yémen, entre autres. Car en Afrique, ça brasse aussi en plusieurs endroits. Sans parler des autres conflits en des parties du monde dont on entend encore moins parler. Même si on dit qu’il y a en ce moment moins de guerres qu’il n’y a jamais eu auparavant dans l’histoire humaine, il en subsiste encore beaucoup. Trop. Toujours trop de guerres.
La guerre, nous , on ne la subit pas. Pas directement du moins. Non, la guerre on la suit, de loin. Oh bien sûr, on en ressent les conséquences sur le prix de certaines denrées. Mais grosso modo, la guerre ne nous touche pas, pas directement du moins. Sinon que psychologiquement, psychiquement, idéologiquement.
Chacun et chacune de nous mène bien sûr de petites ou plus grosses guerres à et en soi-même, nos guerres internes et personnelles dans lesquelles on se démène, dans lesquelles on se fait prendre. Comme dit David Goudreau, la paix, ça commence par se la crisser soi-même.
La plupart d’entre nous, qu’on y soit impliqués ou qu’on la regarde à distance, nous sommes mal à l’aise avec la guerre. Mais, par contre, certains sont très heureux qu’elle existe et qu’elle se fasse. Notamment les marchands d’armes et autres hommes d’affaires de la guerre.
J’en ai marre des vieux hommes qui rêvent de guerres dans lesquelles de jeunes hommes meurent.
On se fait la guerre pour divers motifs et raisons. Pour des profits, pour des idées, pour Dieu souvent, du moins notre conception d’un Être suprême, ou encore pour des bouts de terre.
Mais peu importe les raisons, même si elles sont difficilement compréhensibles, les guerres ont toujours existé, plusieurs existent encore. Plusieurs sont limitées géographiquement, alors que d’autres ont débordé sur le plan mondial. Osons espérer qu’un jour elles cesseront. Peut-être.
La plupart d’entre nous, on souhaite que les guerres n’aient jamais existé, ou qu’elles cessent immédiatement, ou souhaiter qu’elles disparaitront dans l’avenir. Surtout celles impliquant des civils, femmes et enfants, personnes âgées ou handicapées, malades, mais aussi toutes celles impliquant des être humains, et des animaux ou tout patrimoine culturel. D’ailleurs notre attitude envers la planète relève en quelque sorte d’une attitude guerrière. Conquérir ou mourir, exploiter ou subir.
On peut bien souhaiter la paix à tous les hommes et femmes de bonne volonté, comme de moins bonne, mais pas certain que nos souhaits se réalisent de ce côté. Car la guerre semble être tenue pour acquise. Elle a toujours existé, elle existe et existera toujours. On ne veut pas l’accepter, mais l’humanité n’a jamais vécu sans elle.
La guerre appelle la paix, la guerre implore la paix, elle stimule la recherche de paix. La guerre implore la paix. On a souvent dit plus jamais, et pourtant, encore cette fichue guerre.
Comme le jeu d’attirance et de répulsion entre la lumière et l’ombre, la guerre et la paix sont les deux côtés d’une même médaille. Faire la guerre pour atteindre la paix semble futile mais quel autre choix quand un peuple est attaqué que de répondre et se défendre ?
La guerre se mène souvent au nom de la Paix, de la sainte Paix. Combien de guerres saintes, combien d’hommes d’église qui bénissent les armées.
Nous sommes résignés devant la guerre. Elle se produit, elle prend place sans qu’on ne puisse faire autre chose que de la subir ou de la constater. Nous, pas directement, on a de la chance. En ce moment.
Mais même si cela prend place à un autre niveau, celui des idées, des opinions et des mots, les réseaux sociaux sont aussi en quelque sorte devenus des zones de petites guerres, des terrains minés, des lieux de combats de mots. Toujours le même principe du j’ai raison et tu as tort.
On n’en sort pas de la guerre, qui n’est rien d’autre que pure dualité extériorisée. Moi versus toi, nous versus eux, ceci versus cela. Tant qu’on se voit et qu’on se conçoit différent(e) de l’autre, séparé(e), on se fera la guerre. On tirera la couverte de ntore bord.
Tant qu’on cherchera la paix en dehors de soi, on se fera la guerre. À soi ou à l’autre.
Facile à dire quand nous vivons sur un territoire en relative paix, là où il ne nous tombe pas de bombes sur la tête, là où nos maisons continuent de tenir debout. Là où les seules alarmes qui retontissent sont celles de nos réveils-matins.
Nous sommes chanceux, choyé(e)s, privilégié(e)s, profitons-en pendant que cela se passe ainsi. Et entretenons empathie et compassion pour ceux et celles qui la subissent. En Ukraine, et en tant d’ailleurs d’ailleurs. Portons-les dans nos coeurs, dans nos pensées, dans nos prières. Prière pour la paix.
Cette fichue guerre semble faire partie de la nature humaine. Peut-être temps de s’élever à notre statut de surhumain(e) ? ___ Pour approfondir sa compréhension de ce conflit:
FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’académicien franco-russe, prix Goncourt 1995, s’afflige de voir l’Ukraine transformée en «chaudron guerrier». Il se défend d’être pro-Kremlin et regrette une vision «manichéenne» du conflit «qui empêche tout débat».
Andreï Makine, né en Sibérie, a publié une douzaine de romans traduits dans plus de quarante langues, parmi lesquels Le Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995), La Musique d’une vie (éd. Seuil, 2001), et, plus récemment, Une femme aimée (Seuil). Il a été élu à l’Académie française en 2016.
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FIGAROVOX. – En tant qu’écrivain d’origine russe, que vous inspire cette guerre ?
Andreï MAKINE. – Pour moi, elle était impensable. J’ai en tête les visages de mes amis ukrainiens à Moscou, que je voyais avant tout comme des amis, pas comme des Ukrainiens. Le visage de leurs enfants et de leurs petits-enfants, qui sont dans ce chaudron guerrier. Je plains les Ukrainiens qui meurent sous les bombes, tout comme les jeunes soldats russes engagés dans cette guerre fratricide. Le sort du peuple qui souffre m’importe davantage que celui des élites. Comme le disait Paul Valéry, «la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissant pas et qui se massacrent au profit d’hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas»
– Une partie de la presse vous qualifie d’écrivain pro-Poutine. L’êtes-vous
C’est une journaliste de l’AFP qui m’a collé cette étiquette il y a une vingtaine d’années. C’était juste après le départ de Boris Eltsine dont le bilan était catastrophique pour la Russie. Je lui avais expliqué que Eltsine, dans un état d’ébriété permanent, avec la responsabilité du bouton atomique, représentait un vrai danger. Et que j’espérais que la Russie pourrait devenir un peu plus rationnelle et pragmatique à l’avenir. Mais elle a titré : «Makine défend le pragmatisme de Poutine». Comme c’était une dépêche de l’AFP, cela a été repris partout. Et lorsque je suis entré à l’Académie, un grand hebdo, dont par charité je tairai le nom, a, à son tour, titré : «Makine, un Poutinien à l’Académie»… Cela en dit long sur le monde de mensonge dans lequel nous vivons.
– Vous condamnez l’intervention russe…
Mon opposition à cette guerre, à toutes les guerres, ne doit pas devenir une sorte de mantra, un certificat de civisme pour les intellectuels en mal de publicité, qui tous cherchent l’onction de la doxa moralisatrice. À force de répéter des évidences, on ne propose absolument rien et on en reste à une vision manichéenne qui empêche tout débat et toute compréhension de cette tragédie. On peut dénoncer la décision de Vladimir Poutine, cracher sur la Russie, mais cela ne résoudra rien, n’aidera pas les Ukrainiens.
Pour pouvoir arrêter cette guerre, il faut comprendre les antécédents qui l’ont rendue possible. La guerre dans le Donbass dure depuis huit ans et a fait 13 000 morts, et autant de blessés, y compris des enfants. Je regrette le silence politique et médiatique qui l’entoure, l’indifférence à l’égard des morts dès lors qu’ils sont russophones. Dire cela, ne signifie pas justifier la politique de Vladimir Poutine. De même que s’interroger sur le rôle belliciste des États-Unis, présents à tous les étages de la gouvernance ukrainienne avant et pendant la «révolution du Maïdan», n’équivaut pas à dédouaner le maître du Kremlin. Enfin, il faut garder à l’esprit le précédent constitué par le bombardement de Belgrade et la destruction de la Serbie par l’Otan en 1999 sans avoir obtenu l’approbation du Conseil de sécurité des Nations unies. Pour la Russie, cela a été vécu comme une humiliation et un exemple à retenir. La guerre du Kosovo a marqué la mémoire nationale russe et ses dirigeants.
Lorsque Vladimir Poutine affirme que la Russie est menacée, ce n’est pas un «prétexte» : à tort ou à raison, les Russes se sentent réellement assiégés, et cela découle de cette histoire, ainsi que des interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye. Une conversation rapportée entre Poutine et le président du Kazakhstan résume tout. Ce dernier tente de convaincre Poutine que l’installation de bases américaines sur son territoire ne représenterait pas une menace pour la Russie, qui pourrait s’entendre avec les États-Unis. Avec un petit sourire triste, Poutine répond : «C’est exactement ce que disait Saddam Hussein !».
Encore une fois, je ne légitime en aucune manière la guerre, mais l’important n’est pas ce que je pense, ni ce que nous pensons. En Europe, nous sommes tous contre cette guerre. Mais il faut comprendre ce que pense Poutine, et surtout ce que pensent les Russes, ou du moins une grande partie d’entre eux.
– Vous présentez la guerre de Poutine comme une conséquence de la politique occidentale. Mais le président russe ne nourrit-il pas une revanche contre l’Occident depuis toujours ?
J’ai vu Vladimir Poutine en 2001, peu après sa première élection. C’était un autre homme avec une voix presque timide. Il cherchait la compréhension des pays démocratiques. Je ne crois pas du tout qu’il ait eu déjà en tête un projet impérialiste, comme on le prétend aujourd’hui. Je le vois davantage comme un réactif que comme un idéologue. À cette époque-là, le but du gouvernement russe était de s’arrimer au monde occidental. Il est idiot de croire que les Russes ont une nostalgie démesurée du goulag et du Politburo. Ils ont peut-être la nostalgie de la sécurité économique, de l’absence de chômage. De l’entente entre les peuples aussi : à l’université de Moscou, personne ne faisait la différence entre les étudiants russes, ukrainiens et ceux des autres républiques soviétiques… Il y a eu une lune de miel entre la Russie et l’Europe, entre Poutine et l’Europe avant que le président russe ne prenne la posture de l’amant trahi. En 2001, Poutine est le premier chef d’État à proposer son aide à George W. Bush après les attentats du 11 septembre. Via ses bases en Asie centrale, la Russie facilite alors les opérations américaines dans cette région. Mais, en 2002, les États-Unis sortent du traité ABM, qui limitait l’installation de boucliers antimissiles. La Russie proteste contre cette décision qui ne peut, d’après elle, que relancer la course aux armements. En 2003, les Américains annoncent une réorganisation de leurs forces, en direction de l’Est européen
Poutine s’est durci à partir de 2004 lorsque les pays anciennement socialistes ont intégré l’Otan avant même d’intégrer l’Union européenne, comme s’il fallait devenir anti-russe pour être Européen. Il a compris que l’Europe était vassalisée par les États-Unis. Puis il y a eu un véritable tournant en 2007 lorsqu’il a prononcé un discours à Munich en accusant les Américains de conserver les structures de l’Otan qui n’avaient plus lieu d’être et de vouloir un monde unipolaire. Or, en 2021, lorsqu’il arrive au pouvoir, Joe Biden ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare que «l’Amérique va de nouveau régir le monde».
– On a le sentiment que vous renvoyez dos à dos les Occidentaux et les Russes. Dans cette guerre, c’est bien la Russie l’agresseur…
Je ne les renvoie pas dos à dos. Mais je regrette que l’on oppose une propagande européenne à une propagande russe. C’est, au contraire, le moment pour l’Europe de montrer sa différence, d’imposer un journalisme pluraliste qui ouvre le débat. Lorsque j’étais enfant dans la Russie soviétique et qu’il n’y avait que la Pravda, je rêvais de la France pour la liberté d’expression, la liberté de la presse, la possibilité de lire différentes opinions dans différents journaux. La guerre porte un coup terrible à la liberté d’expression : en Russie, ce qui n’est guère surprenant, mais aussi en Occident. On dit que «la première victime de la guerre est toujours la vérité». C’est juste, mais j’aurais aimé que ce ne soit pas le cas en Europe, en France.
– Comment peut-on prétendre défendre la démocratie en censurant des chaînes de télévision, des artistes, des livres ?
De mon point de vue, la fermeture de la chaîne RT France par Ursula von der Leyen, présidente non élue de la Commission européenne, est une erreur qui sera fatalement perçue par l’opinion comme une censure. Comment ne pas être révolté par la déprogrammation du Bolchoï de l’Opéra Royal de Londres, l’annulation d’un cours consacré à Dostoïevski à Milan ? Comment peut-on prétendre défendre la démocratie en censurant des chaînes de télévision, des artistes, des livres ? C’est le meilleur moyen, pour les Européens, de nourrir le nationalisme russe, d’obtenir le résultat inverse de celui escompté. Il faudrait au contraire s’ouvrir à la Russie, notamment par le biais des Russes qui vivent en Europe et qui sont de manière évidente pro-européens. Comme le disait justement Dostoïevski : «chaque pierre dans cette Europe nous est chère».
– La propagande russe paraît tout de même délirante lorsque Poutine parle de «dénazification »
Le bataillon Azov, qui a repris la ville de Marioupol aux séparatistes en 2014, et qui depuis a été incorporé à l’armée régulière, revendique son idéologie néo-nazie et porte des casques et des insignes ayant pour emblème le symbole SS et la croix gammée. Il est évident que cette présence reste marginale et que l’État ukrainien n’est pas nazi, et ne voue pas un culte inconditionnel à Stepan Bandera. Mais des journalistes occidentaux auraient dû enquêter sérieusement sur cette influence et l’Europe condamner la présence d’emblèmes nazis sur son territoire. Il faut comprendre que cela ravive chez les Russes le souvenir de la Seconde guerre mondiale et des commandos ukrainiens ralliés à Hitler, et que cela donne du crédit, à leurs yeux, à la propagande du Kremlin.
– Au-delà du débat sur les causes et les responsabilités de chacun dans la guerre, que pensez-vous de la réponse européenne ?
Bruno Le Maire a été critiqué pour avoir parlé de guerre totale, mais il a eu le mérite de dire la vérité et d’annoncer la couleur, loin de l’hypocrisie de ceux qui envoient des armes et des mercenaires et entendent ruiner l’économie russe, mais prétendent qu’ils ne font pas la guerre. En vérité, il s’agit bien de provoquer l’effondrement de la Russie, l’appauvrissement de son peuple. Il faut le dire clairement : l’Occident est en guerre contre la Russie.
Cependant, s’il y a un aspect positif pour la possible démocratisation de la Russie, c’est que l’on va anéantir la construction oligarchique qui est une vraie tumeur depuis les années 90. J’invite les dirigeants européens à exproprier les oligarques prédateurs, à confisquer ces milliards de roubles volés et investis à Londres et, plutôt que de les bloquer comme on le fait aujourd’hui, à les donner aux pauvres en Europe et en Russie.
– Que peut-on faire d’autre ?
Pour cesser les hostilités, pour donner un avenir à l’Ukraine, on pense toujours qu’il faut avancer ; parfois il faut, au contraire, reculer. Il faut dire : «on s’est trompé». En 1992, après la chute du mur de Berlin, nous nous trouvions à une bifurcation. Nous nous sommes trompés de chemin. Je pensais alors véritablement qu’il n’y aurait plus de blocs, que l’Otan allait être dissoute car l’Amérique n’avait plus d’ennemi, que nous allions former un grand continent pacifique. Mais je pressentais aussi que cela allait exploser car il y avait déjà des tensions : dans le Caucase, en Arménie dans le Haut-Karabakh… À l’époque, j’avais écrit une lettre à François Mitterrand.
– Quel était le contenu de cette lettre ?
J’ignore s’il l’a reçue, mais j’évoquais la construction d’une Europe qui n’avait rien à voir avec le monstre bureaucratique représenté aujourd’hui par Madame von der Leyen. Je rêvais d’une Europe respectueuse des identités, à l’image de la Mitteleuropa de Zweig et de Rilke. Une Europe finalement plus puissante car plus souple, à laquelle on aurait pu adjoindre l’Ukraine, les Pays Baltes et pourquoi pas la Biélorussie. Mais une Europe sans armes, sans blocs militaires, une Europe composée de sanctuaires de la paix. Les deux garants de cette architecture auraient été la France et la Russie, deux puissances nucléaires situées aux deux extrémités de l’Europe, chargées légalement par l’ONU de protéger cet ensemble.
– Est-ce réaliste ?
La Mitteleuropa n’est pas une utopie, elle a existé. Je veux y croire et marteler cette idée. Il y a quelques années, j’ai rencontré Jacques Chirac puis Dominique de Villepin, qui partageaient cette vision d’une Europe de Paris à Saint-Pétersbourg. Mais les Américains en ont décidé autrement. Cela aurait signifié la fin de l’Otan, la fin de la militarisation de l’Europe qui, appuyée sur la Russie et ses richesses, serait devenue trop puissante et indépendante. J’espère tout de même qu’un nouveau président s’emparera de cette idée. L’Europe est un Titanic qui sombre et d’un pont à l’autre, on se bat.
Cette situation est tellement tragique, tellement chaotique, qu’il faudrait proposer une solution radicale, c’est-à-dire revenir à la bifurcation de 1992 et reconnaître qu’il ne fallait pas relancer la course aux armements, reprendre cette direction démocratique et pacifique qui pouvait très bien inclure la Russie. Cela damnerait le pion aux tendances extrêmes en Russie. Cela éviterait l’effondrement politique et économique qui concerne toute la planète. Ce serait une issue honorable pour tout le monde et cela permettrait de construire une Europe de la paix, des intellectuels, de la culture. Notre continent est un trésor vivant, il faut le protéger. Hélas, on préfère prendre le contre-pied de cette proposition : bannir Dostoïevski et faire la guerre. C’est la destruction garantie car il n’y aura pas de vainqueur.
Ce cher Nisargadatta ne dort pas au gaz et va droit au but.
Se sentir quelqu’un, être une personne, c’est être séparé(e) du Tout. Donc, être quelqu’un c’est en effet dormir un peu. Ou un peu plus.
Quand on considère être quelqu’un, on ne fait pas tout à fait partie du Tout. On se sépare du Tout. Car on peut difficilement être quelqu’un et en même temps le Tout. Soit on est soi, ou soit le Tout est. Et s’il n’y avait rien entre nous et le Tout ? Et si on était tout cela ? Tout ce qui est ?
Si JE suis, alors il y a MOI et le reste du monde, moi ou le reste du monde. Si JE suis, le reste du monde est séparé de MOI. Et même si on pense que le JE fait partie du monde, on revient toujours à la fameuse dichotomie fondamentale, à cette dualité qui nous garde un pied en dehors de ce monde. Un pied dedans, mais l’autre dehors. Écartelante position. Cela nous fait faire une split existentielle. Le pied de Moi qui marche en dehors de la Vie, oui celle avec un V majuscule. Pas ma vie, la Vie.
Quand on naît, on n’est pas encore tout à fait quelqu’un. À la naissance, nous ne sommes qu’un organisme vivant, sortant tout droit du ventre de maman. Raccordé jusque-là par un cordon pulsant de vie.
Une boule de vie qui, à sortie du corps de notre mère, commence à vivre séparée de son vaisseau amiral, un petit tas de vie qui commence à vivre indépendamment de sa matrice. Un être non encore identifié, qui commence à avoir faim, à ressentir ses besoins propres, à bouger hors-maman.
Encore très dépendant de la mère au début, notre petit être deviendra graduellement de plus en plus quelqu’un(e), acquérant une certaine autonomie, même si cette autonomie chez les humains est passablement lente et dure relativement longtemps, surtout si on la compare à celle acquise par les animaux. Lente évolution que la nôtre.
En fait, une complète autonomie n’est jamais vraiment acquise totalement car nous, humain(e)s, sommes des êtres d’interdépendance. Si on peut vivre relativement seul(e), et par soi-même, nous avons besoin les un(e)s des autres pour survivre, qu’on le veuille ou non.
Donc, au début de notre existence, notre nom est personne. Avant qu’on nous en assigne un, nom et prénom et un certain numéro. Nous ne sommes qu’une toute petite personne, pas encore apte à s’identifier en tant que soi-même en dehors de sa mère.
Puis graduellement, avec le temps qui passe, avec le corps qui se développe, on gagnera en autonomie, en auto-réflection, en distanciation pour éventuellement commencer à se prendre pour quelqu’un(e). On commence à répondre au son de notre nom, en fait, à celui que nos parents nous ont donné. Et commence alors le processus d’individuation.
C’est en quelques sorte le propre de toute éducation: nous apprendre à se former soi-même, à se construire notre propre petit égo unique, individualisé et personnalisé, à se construire une personnalité propre à soi. On nous apprend qu’il nous faille apprendre à devenir quelqu’un. Sois toi-même, nous dit-on. Ou fait comme on te dit, et sois qui on te dit d’être dans le moins optimiste des cas.
Rarement nous dit-on, tel Socrate, de se connaître soi-même.
D’un boule de chair, notre job d’humain consiste à apprendre à devenir quelqu’un. Même si au fond, nous resterons toujours principalement quelque chose, comme une petite partie du grand Tout. Une goutte dans la mer, mais aussi toujours un peu la grande mer. Comme on demeurera aussi toujours un peu une partie de notre mère.
Le simple fait de se considérer constituerquelqu’un(e), s’il est essentiel pour survivre, nous fait toutefois nous sentir un peu à part, à l’écart de la Vie. Car en étant quelqu’un, il y a le soi, qui est surtout un obnubilant petit moi imbu de lui-même, puis il y a les autres. Se met alors à exister, et à grandir à l’intérieur de notre enveloppe charnelle et dans notre psyché, un petit quelque chose qui me sépare du reste de l’existence. Ce petit moi qui prend toute la place, petit moi qui deviendra grand.
Ce fichu Moi me sépare de la Vie en créant un écran entre ce que je suis et le reste de la création, une distance entre l’observateur/trice et l’observé.
Dans le Prophète de Khalil Gibran, on y lit cette phrase :
Expression qui peut autant vouloir nous inviter à explorer la complexe existence de laquelle nous faisons partie, pour se re/fondre dans plus Grand que soi, comme lorsqu’avant notre incarnation, nous étions possiblement qu’une âme volatile qui a décidé de s’incarner dans le ventre d’une mère.
Mais cette expression peut aussi constituer une invitation à se dépasser soi-même, à atteindre l’extase (état hors de soi), à sortir de son petit Moi justement, pour éventuellement re/devenir toute la vie, toute la création. Car d’après moi, toute cette vie ne peut être contenue dans un seul petit Qui, un seul petit moi; elle ne peut qu’être définie que comme un Quoi, la matière dont est créée toute vie.
Car qu’est-ce que MA vie à moi ? Qui suis-je ? En fait, QUE suis-je ?
Sinon une petite parcelle de la grande Vie, un point de service de la maison Mère, un petit bout de terrain de la grande existence dont on m’a chargé de prendre soin.
Nous ne sommes pas propriétaires, nous ne sommes que locataires, autant en ce qui concerne notre corps physique, que notre Terre. À nous d’en prendre bien soin et d’en disposer harmonieusement pour un temps indéterminé – ou pré-déterminé, c’est selon – qui nous sera accordé. Au mieux de notre connaissance et de notre expérience. En respect avec tout ce qui vit en nous et autour.
Et arrêtons de vouloir être quelqu’un(e), visons plutôt à être quelque chose. Car déjà cela n’est pas rien. Quoi que c’est aussi ce à quoi on s’apprête à redevenir. Tout ou Rien. Ou Rien du Tout.
Quand le Nous remplace le Je, même la maladie devient bien-être.
Ma mère nous a enseigné à ne pas détourner le regard de la douleur des gens. La leçon était simple: ne détourne pas ton regard. Ne baisse pas les yeux non plus. Ne fais pas semblant de ne pas voir la douleur et la peine des gens. Regarde-les dans les yeux. Même quand leur douleur semble intenable. Et lorsque toi-même tu ressens la douleur, cherche les yeux des gens qui peuvent te regarder dans les yeux. On a besoin de sentir que nous ne sommes pas seul(e)s, particulièrement quand on souffre, qu’on a mal. Cette leçon fut l’une des plus importantes de toute ma vie. – Brene Brown
Pow ! et Wow ! Des mots qui cognent, des mots qui rentrent au poste. Des mots qui frappent juste et bien, qui résonnent, en plein coeur. Des mots pleins d’humanité. En ces temps instables, ces temps de grands mouvements, intérieurs et extérieurs, des mots qui réconfortent.
Oser nommer, sentir et ressentir la douleur. Tout simplement. Car elle fait partie de la vie, elle fait partie intégrale de notre humanité. Comme disent les anglais, et les anglaises, no pain no gain.
Bien sûr qu’on préfère le rose bonbon, mais la vie est aussi noire et drue parfois. Parfois dure, souffrante, éprouvante. On préfère le beau et le menoum menoum mais aussi laide et yark parfois la vie. Alors oser affronter du regard, les yeux et le coeur grands ouverts ces parties de notre humanité qui sont moins reluisantes, moins resplendissantes. Oser ouvrir nos yeux et notre coeur à ce qui gronde, à ce qui heurte.
Et heureusement, la vie n’est pas que ça.
Nos actualités, nos informations ne sont faites que d’arbres qui tombent. Le monde aurait disparu depuis bien longtemps si ceci était l’unique réalité.
Le monde tient debout par ce réseau d’amour que nous créons, vous et moi, chaque jour, et tous ces êtres qui, en cet instant, sont en train de faire quelque chose, des actes d’amour dans le monde, un regard de tendresse pour la terre qui nous entoure, pour la création. Cela tient le monde debout.
Il ne s’agit pas de se détacher du monde, mais de le rencontrer à partir d’une autre force. Partout où des mains se joignent et se rejoignent continue la plus vieille histoire de la nature et de l’humanité, la saga de la solidarité. De nouvelles mailles se nouent au filet qui nous retient de tomber dans l’abîme de l’inhumanité.
Quelque chose en moi sait que rien ne peut m’arriver, que rien ne peut me détruire. C’est ce noyau infracassable en nous, ce noyau infracassable du divin en nous. Alors la peur cesse, et quand la peur cesse, il y a un drôle de morceau de moins d’horreur sur la terre !
Parce que la peur est la plus grande créatrice de réalités qui existe. Ce dont nous avons peur, nous le créons presque irrémédiablement. C’est quelque chose d’effarant. Vous avez dû le remarquer dans votre vie. La peur a le pouvoir d’engendrer images et réalités.
Dans l’univers d’épouvante dans lequel nous vivons, tout tient par la peur. Il faut y répondre en congédiant en nous la peur, en reprenant contact avec ce noyau infracassable qui nous habite. – Christiane SINGER via François Thiboutôt
L’idée consiste à demeure humain à 100 %, embrassant le rose et le noir, le rose comme le noir, le bon et le moins, le beau et le laid, le Wow et le Ouch !
Car sans nuages parfois au-dessus de nos têtes et dans nos coeurs, toute une dimension que l’on raterait, de laquelle on passerait à côté. Qu’une dimension humaine. Et porteuse d’enseignements. De résilience. De force intérieure. Notre profondeur.
Alors osons affronter notre propre souffrance, comme celle des autres. Car cette souffrance fait partie de la vie. Et elle recèle un grand trésor. Et quand on la ressent, ne nous cachons pas. Quand on la reconnait chez autrui, montrons qu’on la voit.
____ 20 CONSEILS DU VIEUX SAGE AFRICAIN : Si tu veux vivre longtemps et heureux écoute et pratique ces conseils :
1. Écoute et ne crois pas à tout ce que l’on te dit.
2. Garde les secrets, ne raconte pas ce que tu entends.
3. Ne dis pas tout ce que tu penses, mais dis toujours la vérité.
4. Sois honnête, mérite que l’on te respecte.
5. Reconnais tes erreurs et n’aie pas peur de dire « je ne sais pas » et « je regrette ».
6. Ne perds jamais le contrôle de toi-même et traite les autres de la même manière que tu voudrais qu’on te traite.
7. Au lieu de critiquer, fait l’éloge de ceux qui t’entourent.
8. Ne prive personne d’espérance, cela peut-être la seule chose que quelqu’un possède.
9. Laisse tomber la haine et la rancœur, ils font plus de mal à toi-même.
10. Apprends à dire non avec courtoisie et aisance.
11. N’oublie pas de dire « s’il te plait » et « merci ».
12. Regarde les gens dans les yeux.
13. Vis le moment présent et ne fais qu’une seule chose à la fois.
14. Ne laisse pas les choses en suspens.
15. Fais ce qui est à faire au moment précis où cela doit être fait.
16. Ne prends aucune décision quand tu es fâché.
17. Il y a des choses qui ne reviennent pas en arrière : la parole prononcée, le temps parcouru et les opportunités qui se présentent.
18. Tu as le droit d’être heureux. Par conséquent, profite de ce qui est beau.
19. Découvre les plaisirs les plus élémentaires : voir, écouter, respirer, toucher et savourer.
20. MAINTENANT que vous avez tout lu ayez la gentillesse de dire un petit « merci » à celui qui a pris la peine de l’écrire.
Je gardais cette citation depuis bébette lurette (la soeur de belle), surtout qu’elle contient une faute – s’il l’on – jusqu’à ce que celle ci- bas, postée par mon ami Alain et aperçue récemment, m’incite à la prendre au mot :
La voie qui peut être exprimée par la parole n’est pas la Voie éternelle ; le nom qui peut être nommé n’est pas le Nom éternel. ⁓ Lao Tseu, Tao Te King
Car je ne pense vraiment pas qu’un beau sentiment, qu’il soit le plus beau ou simplement juste beau, ou pas du beau du tout en fait – doive absolument être exprimé pour qu’il vaille la joie d’être vécu et ressenti.
La preuve ? Il s’en vit des millions sinon des milliards chaque jour sans qu’on en entende parler le moindrement. Comme il se vit des sentiments d’horreurs quotidiennement par des millions de personnes, sans que mot aucun ne leur soit imposé, sans que des mots ne soient communiqués à leur sujet. Car les choses les plus intimes se vivent en silence. Et en soi, en chacun(e) de nous.
La vie est un grand mélange de beaux sentiments, comme de moins beaux, et même d’horribles. Sentiments vécus, sentis et ressentis par le monde, de par le monde, par tout le monde, de beaux sentiments éprouvés comme le dit la citation ci-haut, et de moins beaux.
Mais pas certain quant à la nécessité de les dire, de les communiquer, de les transmettre. Car tant à dire, tant à communiquer.
Et pourquoi le fait de simplement ressentir ces beaux sentiments ne serait-il pas suffisant en soi ? Pourquoi nous faudrait-il absolument devoir les dire quand les vivre est déjà en soi une expérience plus que valable ?
D’ailleurs les plus beaux comme les moins beaux sentiments n’ont pas absolument à être communiqués. Les vivre avec totalité est déjà quelque chose en soi. Les vivre, les assumer, et les éventuellement transformer, à moins qu’ils ne se transforment d’eux-mêmes.
Mais les réseaux sociaux nous ont incité à tenter de tout mettre en mots, le beau comme les maux. Comme si on en était venu(e)s à vivre pour les autres. Par écrans interposés.
De toute façon, il ne sert à rien d’éprouver quelconque sentiment car les sentiments ne servent à rien, ils n’ont pas de fonction ni de buts. Les sentiments ne font qu’émerger, qu’être ressentis, et puis ils passent. Les sentiments sont liés aux pensées, mais ils peuvent aussi popper juste comme ça, sans que l’on sache. Les sentiments ont une base corporelle, et une autre intellectuelle.
La vie la plus réelle, la plus vraie, la plus subjective me semble ne pouvoir qu’être vécue de l’intérieur, à l’intérieur, en silence dans le silence, dans la contemplation. Surtout la vie de l’âme, et ses multiples nuances.
Car tout ce qui est dit, énoncé, exprimé, communiqué, ne peut qu’inévitablement être réduit à sa plus simpliste expression, limité par la superficialité des mots, coincé dans leur petitesse, dans leur trop grande simplicité. En particulier le mot Dieu, terme qui ne peut qu’être rapproché de Wow, quand on prend conscience du grand mystère de la vie, et des ses multiples facettes inconnues jusqu’à maintenant.
Les mots ne sont qu’arrangement de lettres, qui signifient des choses différentes pour chacun, car interprétés différemment par chacun(e), malgré une base commune de compréhension.
Alors que la vie est profonde, mystérieuse, complexe, multiple et multiforme. La vie ne peut se laisser enfermer par et dans les mots. La vie les déborde, les dépasse, les surprendra toujours.
Quiconque a vécu une expérience transcendante au cours de sa vie, ce qui est probablement le propre de la plupart d’entre nous, sait combien il est futile de tenter de mettre en mots cette dite expérience car elle perd automatiquement une partie de son sens, l’une de ses multiples et indicible dimensions. Tout partage d’une expérience, ordinaire comme extraordinaire, crée une distance face à l’expérience, la met en porte à faux, contraint une expérience à devenir récit au sujet de celle-ci, expérience qui est de toute façon déjà passée, dépassée.
La musique et le silence peuvent d’après moi mieux convier une expérience que des mots. Ou peut-être la poésie, qui constitue en quelque sorte une mise en fioriture des mots, un agencement artistique, un twistage embelli d’une simple réalité.
Il y a la vie, et il y a la Vie. Et il y a de la récit au sujet de cette vie, de cette Vie. Il y a l’expérience concrète, et la discussion autour de celle-ci. Car la vie est expérience, elle n’est qu’expérience. La vie ne peut être que vécue, et non dite. La vie ne se limite pas aux mots, elle ne peut qu’être limitée par ceux-ci.
Et comme l’affirme si judicieusement Lao Tseu : la voie qui peut être exprimée par la parole n’est pas la Voie éternelle ; le nom qui peut être nommé n’est pas le Nom éternel.
Alors on se la ferme et on vit ?
___ Désormais tout est changé. J’ai goûté – comme par mégarde – à la saveur d’être, et tout est changé. Quelque chose, en moi, n’est pas né avec moi et ne mourra pas avec moi. Par cette certitude, tout est changé. Il n’y a plus personne à qui reprocher quoi que ce soit – plus personne, non plus, à convaincre de quoi que ce soit. À l’instant où cesse en moi toute représentation – toute idée sur les choses, les voilà qui apparaissent dans leur évidence impérieuse, leur vide lumineux. C’est en laissant le chemin de Vie passer à travers nous , que nous aurons rempli notre contrat.
– Christiane Singer, Histoire d’âme., via Sophie Rouma, via Alain Leblond.