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OPTI & PESSI MISME

Je ne vois rien de productif à être pessimiste parce que cela ne fait que nous mener à la conclusion selon laquelle il n’y a plus rien à faire et alors pourquoi devrions-nous essayer d’améliorer la situation ? Je crois que cette façon de penser ne peut mener qu’au désastre. C’est pourquoi je ressens une certaine obligation et considère que la seule façon d’aborder une nouvelle journée est de croire, en fait, que l’on peut faire quelque chose pour améliorer la situation. – Sir David Attenborough

Depuis quelques jours, quand j’écris, je jongle avec l’idée de la façon de conserver vivants la foi et l’espoir en ces temps un peu désespérants, ces temps gris un peu partout sur la boule bleue. En pensant aux diverses stratégies pour demeurer optimiste devant cet apparent cul-de sac existentiel que nous terrien(ne)s humain(e)s pouvons mettre en place.

Selon le Larousse, l’optimisme se définit comme :
1- Une doctrine philosophique d’après laquelle le monde est bon et le bien y tient plus de place que le mal.
2. Une disposition d’esprit qui incline à prendre les choses du bon côté.
3. La confiance dans l’issue favorable d’une situation.

Quant au pessimisme, on le devine évidemment comme son contraire et on dit du pessimiste qu’il est enclin par nature à prévoir de préférence une évolution fâcheuse des événements.

Très plausible de croire que la majorité du monde est bon. Mais la minorité est vigoureuse et manifeste. Facile de prendre les choses du bon côté de notre côté du monde. Plus ardu quand on voit ce qui se passe pour les gens de l’Ukraine, ou d’ailleurs même si on le voit moins. Issue favorable d’une situation ? Espérons-le, et faisons notre humble part, à la mesure de notre petite parcelle.

Avouons qu’en ce moment, notre intention de vouloir voir les choses positivement est rudement mise à l’épreuve. On n’a qu’à penser aux guerres, aux injustices, au climat, à l’inflation et à la difficulté pour certains de simplement se nourrir et se loger pour teinter de gris notre regard quant au présent et à l’avenir.

On en revient au principe du verre d’eau qu’on peut voir à moitié vide ou plein, et on peut le boire ou pas. Et on peut embrasser l’idée que les deux sont aussi vrais l’un que l’autre, qu’ils sont en fait complémentaires. Relativement facile pour nous dont le verre est plus qu’à moitié plein. Plus ardu pour d’autres.

Quand le monde est ébranlé tel qu’il l’est ces jours-ci, il me semble qu’on ne peut plus seulement se préoccuper de son propre petit bonheur personnel. C’est le minimum mais ce n’est pas suffisant, ce n’est pas assez. Même si, bien sûr, il est compréhensible de vouloir prendre soin de soi et de ses proches en premier lieu, notre quête de mieux-être doit désormais nous dépasser nous-même. On doit viser le bien du plus grand nombre.

Indispensable de chercher le meilleur pour le plus grand nombre, de vouloir le mieux pour tous les nombrils du monde, pour le monde entier.

Espoir ou désespoir, telle n’est pas la question.

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et comme nous disait Christiane Singer:
Chaque jour, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir.

Et donner ça donne:

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1044841/generosite-cerveau-heureux-bonheur?fbclid=IwAR1SvNmCmEGVtiIY56GmIT000RAMEtXZIFGZ2eGYS8dl02Ri_eWOw52ATIc

PETITES PARCELLES DE RÉEL

J’ai inclus l’autre jour cette citation de Christiane Singer – dont est dérivée celle ci-haut probablement – dans une chronique:

Chaque jour, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir.

Des mots sages, qui rassurent, des mots qui ramènent à terre.

Chacun chacune. on peut, et doit, prendre soin de nos parcelles de réel respectives. Que de cela, tout d’abord que de cela. Que cela que nous pouvons faire. Et si chacun(e) prend soin de sa propre parcelle, le monde entier sera pris soin de.

Quant à sauver le monde, pas si certain. Le construire ? Petit bout par petit bout on le fait du mieux qu’on peut, quoi que certains semblent préférer le détruire, ou le réduire uniquement en profit$.

Mais pourrons-nous le sauver, le monde ? Vraiment pas certain.

Et peut-être qu’au fond, on n’a pas à le sauver. Le monde peut sûrement s’arranger lui-même. Le monde va prendre soin de lui-même. Tout ce que l’on peut faire c’est d’arrêter de le maganer autant en achetant tant, en jetant tant, en disposant de tant de choses.

Tout ce qui est à notre portée repose sur le soin que l’on peut apporter à la petite parcelle de réalité qui se trouve en soi et autour de soi. Faire le bien, faire du mieux qu’on peut, prendre soin de soi et de nos proches. Et de notre petit – et plus grand – environnement. Dans la mesure de notre possible, dans la mesure du réel que l’on peut percevoir.

Car qu’est-ce que la réalité anyway ?

Certain(e) vivent dans des mondes imaginaires, d’autres dans des réalités parallèles. On dit même que certains jeunes vivent principalement dans leur écran et leurs mondes semi visibles. On n’arrête pas le progrès.

Chacun, chacune, on prend soin de notre petite parcelle de réalité du mieux que l’on peut, avec ce que la vie nous a donné. Et en ces temps plus que questionnants, c’est tout ce que l’on peut faire et c’est déjà beaucoup. Donner du sens à notre petit coin du monde, en nous et autour. Souhaiter le mieux pour le plus grand nombre, contribuer de notre mieux au bien-être collectif à notre humble mesure et, pour le reste, en la vie nous ferons confiance. Car elles tassez grande la vie pour prendre soin d’elle-même.

Plus que cela ? Qui vivra verra. Mais pour le moment, embellissons nos parcelles respectives.

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Petite anecdote
sur FB, via Sébastien L’Écuyer, originalement via une certaine Eva Eva

Le jeu Monopoly n’a pas été inventé par les frères Parker, ni par l’homme auquel ils l’ont attribué. En 1904, le Monopoly s’appelait à l’origine The Landlord’s Game et a été inventé par une femme radicale. Le jeu original d’Elizabeth Magie n’avait pas un, mais deux jeux de règles parmi lesquels choisir.

L’un s’appelait Prosperity, où chaque joueur gagnait de l’argent chaque fois qu’un autre gagnait une propriété. Et la partie était gagnée par tout le monde qui ne jouait que lorsque la personne qui en avait le moins doublait ses ressources. Un jeu de collaboration et de bien social.

Le deuxième ensemble de règles s’appelait Monopoly, où les joueurs réussissaient en prenant des propriétés et en louant à ceux qui avaient moins de chance de lancer les dés. Le gagnant était la personne qui utilisait son pouvoir pour éliminer tout le monde.

La mission de Magie était de nous apprendre à quel point nous nous sentons différents lorsque nous jouons à Prosperity ou à Monopoly, en espérant que cela changerait un jour les politiques nationales.

Lorsque les frères Parker ont adopté le jeu, ils ont effacé Magie, ils ont effacé les règles de Prosperity et célébré le Monopoly. C’est pourquoi très peu de jeux de Monopoly se terminent par de meilleures amitiés ! Certains mettent même fin à des amitiés ! Ce qu’ils n’ont pas pu effacer, c’est la leçon de Magie.

Merci Maggie !

DES ESPOIRS

L’espoir est une drôle de bibitte.

Sans lui, pas si évident de vivre l’élan de cette vie, et, en même temps, espérer c’est inévitablement vivre un pied dans l’avenir.

Le désespoir nous force à changer les choses dès maintenant. Parlons-en aux gens qui vivent des crises, qu’elles soient guerrières, migratoires, humanitaires ou sanitaires.

On dit de l’espoir qu’il est le fait d’espérer, d’attendre quelque chose ou quelqu’un, avec confiance.

Alors que, selon le même Larousse, le désespoir se définit plutôt comme une perte de toute espérance, abattement total de quelqu’un qui a cessé d’espérer ; affliction profonde, détresse, désespérance.

On voit clairement la différence entre les deux. Qui se trouvent en quelque sorte à l’opposé l’un de l’autre. Espoir et perte d’espoir.

Mais est-il possible d’être optimiste envers l’avenir et de garder espoir, tout en vivant totalement le présent pour ce qu’il est ? Poser la question c’est y répondre. Car c’est la situation dans laquelle on se trouve. Essentiel de garder espoir en un monde à venir qui sera meilleur pour de plus en plus de gens, tout en ne se fermant pas les yeux sur tant d’injustices qui sévissent en ce moment. Et faire du mieux avec la petite parcelle de réel pour améliorer l’autour.

Car comme le disait Christiane Singer ici hier : Chaque jour, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir.

Mais pour le moment, l’état de notre terre, notre mère, est terriblement inquiétant, et ne s’améliore pas. La guerre sévit un peu partout sur notre boule (que certains semblent avoir perdue) même si moins que jamais auparavant parait-il, que des millions de personnes (sur)vivent sans que leurs besoins fondamentaux ne soient comblés, certains sans domicile ni terre d’accueil et passant leur vie dans des camps de réfugié(e), alors que d’autres sont riches à ne plus savoir quoi faire de leurs ti-bidous et tandis que la plupart d’entre nous peinons à joindre les deux bouts. Et c’est sans parler de l’actuelle crise du logement qui font que des gens ne peuvent même pas penser acquérir maison ou logement selon leurs moyens.

Décidément tout n’est pas rose sur notre terre. Et nous, qui sommes parmi les plus choyé(e)s en ce monde, trouvons même le moyen de nous plaindre au coeur de notre privilège, nourri(e)s, logé(e)s, chauffé(e)s. Drôle de monde que nous sommes.

Si le terme confiance qui nourrit l’espoir renvoie à la foi, autre concept un peu flou avouons-le, on doit inévitablement nourrir cette confiance car sinon très difficile de simplement vivre et continuer la route sur laquelle nous cheminons. Difficile de faire du sens de cette vie questionnante.

Donc oui, il est possible, et incontournable même, d’être en même temps rempli d’espoir en l’avenir sans se fermer les yeux sur le sort dramatique actuel de tant d’humain(e)s et de notre terre. Possible d’apprécier tout le bon du monde et de travailler pour le mieux. Possible d’apprendre à élargir notre regard pour un inclure le meilleur comme le pire. Pour voir le monde simplement tel qu’il est, complexe, multiformes et ambivalent.

Car tout cela se vit en même temps, tout ceci fait partie de notre monde, tout existe en ce même monde teinté de dualité, d’injustice et de surprenantes situations qui nous révoltent et nous surprennent. Même grand monde dans lequel existent de nombreuses et différentes réalités.

Quand on réfléchit un tant soit peu à la situation de notre monde, dans lequel existe tant de mondes différents, on en vient à être confus, perplexe, inquiet(ète) même.

Car étrange monde que celui dans lequel on vit vous et moi. Mais j’imagine qu’il faut qu’on regarde sous les apparences, qu’il nous faille voir l’envers du décor. Car oui espoir et désespoir vivent côte à côte, et l’un dans l’autre. Comme si le monde était multi étagé, kaléidoscopiques.

Mais entre espoir et désespoir, on peut toujours imaginer, et rêver, car nous ne sommes pas les seul(e)s, nous ne sommes pas seul(e)s. Nous sommes le monde. Et l’espoir d’une vie juste et bonne, meilleure et de mieux en mieux, on peut toujours l’inventer, on doit l’inventer car on en a la chance. Et on peut le faire.

LES BELLES – ET MOINS BELLES – HISTOIRES

La gratitude ? Ce que nous sommes sans une histoire. – Byron Katie

Ah ces histoires, nos histoires. Quelle histoire !

Il était une fois notre histoire, et, de fois en fois, nos histoires qui nous reviennent au visage, ou en souvenir.

Celles qu’on traine, celles qu’on se raconte, celles qu’on aime croire, ou se faire accroire. Les histoires qu’on croit être, desquelles on vient, celles qui ont fait de nous qui nous sommes, ou qui nous pensons être. Celles sans lesquelles nous ne saurions pas qui être. Et celles vers où on veut aller.

Mais quand on s’arrête, et qu’on respire un peu, nous nous trouvons entre deux histoires. Une histoire sans histoire.

Il y a toutes sortes d’histoires. Les histoires du pays d’en haut, celles qu’on invente, comme les histoires du pays d’en bas, soit notre bassin d’expériences connues mais surtout inconnues. Et ce sont surtout de ces histoires du pays d’en bas qui nous collent après car celles du pays d’en haut sont plus abstraites. Ce sont des histoires du pays d’en bas desquelles on aimerait se libérer. Ou auxquelles on aime s’identifier, c’est selon.

Dis-moi qui tu es ? Je suis la somme de mes histoires. Du moins j’aime le croire. Et ne vous avisez surtout pas de vouloir me retirer mes histoires.

Tout au long de note vie, nos histoires nous suivent, quand ce n’est pas nous qui les suivons. Dans les faits, on peut difficilement vivre sans notre histoire, sans nos histoires. En fait, nous sommes un ramassis d’histoires, ces histoires qui sont la colle de notre identité. Celles dont on se souvient et peut-être encore davantage celles dont on ne se souvient pas. Nous portons tout un inconscient collectif en nous-même. Nous sommes la somme de nos histoires. Du moins on aime le croire.

Histoires ou pas, nous sommes plusieurs à vouloir transcender nos petites histoires. Nous aimerions revenir à notre visage originel, et en même temps, sans nos histoires, nous ne saurions qui être. Sans nos histoires, nous ne serions pas grand chose, sinon rien du tout. Et n’être rien, c’est déjà quelque chose.

Miroir, miroir, dis-moi qui je suis.

Ce miroir, il nous reflète le vide que nous sommes et c’est quand on ferme les yeux qu’il le fait le mieux. Quand on ferme les yeux et qu’on plonge en soi, notre miroir nous reflète notre propre histoire, nos multiples histoires qui roulent en boucle. Une grande roue d’histoires forgée de nos multiples petites histoires, une courte-pointe d’histoires. Ces histoires que l’on aimerait dépasser, transcender, quitter. Mai auxquelles on tien aussi car sans elles, qui sommes-nous ?

La gratitude.

Les Hymnes sont comme des histoires. Du pays d’en haut, comme d’en bas.

Pour écouter: https://atisupino.bandcamp.com/album/les-hymnes-du-pays-den-haut

MERCI LA VIE

L’une de mes peintures préférées de Veeresh, qui en a pondu plusieurs superbes.

Ce matin, petite chronique toute simple pour laisser s’exprimer toute ma gratitude, mon appréciation, mon infinie reconnaissance.

À ma mère qui m’a porté, délivré et élevé. Merci.

À la Terre, qui nous supporte encore et malgré tous nos abus.

À la vie en général, et à tous les petits détails du quotidien en particulier. Merci.

À la grande chance qu’on a de vivre ici, en paix, en nature, au nord et dans le now, ensemble. En paix surtout. Merci.

À tous ceux et celles qui nous ont précédé, qui ont fait en sorte que nous vivions dans tant de confort et d’aisance de nos jours. Merci. et ne les oublions surtout pas.

À tous ceux et celles qui ont fait et font encore en sorte que nous ayons à manger, à se loger, à se chauffer, du wifi pour échanger, tant de confort que l’on tient parfois pour acquis.

Merci même et surtout si en ce moment, certains vivent la guerre, que d’autres sont sur la route à la recherche d’un home, d’une terre d’accueil. De tout coeur avec vous, car vous c’est nous et on doit le réaliser de plus en plus.

Merci et reconnaissance envers la terre et les forêts, surtout que l’environnement dans lequel on vit est en péril, dû à notre avidité et notre désir d’en avoir toujours plus. Donnez-nous sagesse et humilité d’écouter.

Si on ne peut changer le Grand monde d’un coupe de baguette magique, on peut au moins beautifier notre petit monde. Et semer de l’amour, de l’amitié, de la beauté et du soin en soi et autour de soi.

Amen !

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Le véritable amour ne calcule rien.
– Honoré de Balzac, via Pierre Lemieux

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Chaque jour, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir.
– Christiane Singer

ÉCLAIRER SON PETIT MONDE

SI tu veux éveiller l’humanité entière, éveille-toi toi-même. Si tu veux éliminer la souffrance du monde entier, alors élimine tout ce qui est sombre et négatif en toi-même. En réalité, le plus grand cadeau que tu peux faire au monde est celui de ta propre transformation. – Lao Tzu

Ou, dit autrement:

Je vais dans le monde avec une lampe, à la recherche de moi-même. – Emily Dickinson

Deux façons de dire sensiblement la même chose.

Qu’en s’éclairant soi-même, en regardant en soi, en identifiant les biais dans notre propre regard, on éclaire du même coup le monde entier.

On ne peut pas faire grand chose contre les guerres, qu’elles prennent place en Ukraine, en Syrie, en Afrique et en tant d’endroits ailleurs sur la planète.

La seule guerre que l’on peut gagner est celle qui fait rage en soi. Car nous sommes toutes et tous, chacun et chacune de nous, à différentes niveaux, en petite guerre avec soi-même.

Une évidence, mais dès que nous vivons dans un monde de dualité, existe alors le bien et le mal, le noir et le blanc, moi et toi, eux et nous. L’idée consiste à instiller de la nuance, à défaire les points de vue et perspectives extrêmes, arrêtées, tranchées. Arrêter de penser que l’on sait quoi que ce soit. Pour développer en soi une nouvelle délicatesse de perception, une façon de se mieux voir soi-même qui viendra teinter notre vision du monde.

Car on dit que ce que nous voyons en dehors de soi n’est qu’un reflet de ce qui vit en soi.

Alors ce matin, les mots d’Osho plutôt que les miens, car il raconte de si belles histoires.

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LE SEUL MOYEN

Q : Bien-aimé Osho, à plusieurs reprises au cours de ma méditation, je vous ai demandé de ne pas me montrer directement la terrible tragédie qui se passe sur terre aujourd’hui, car je sais que je ne pourrais jamais tolérer une telle souffrance. Pourtant, je ressens cela tout le temps, même avec mes protections mentales.

Je sais que vous êtes la lumière de toute cette planète, et le savoir implique une telle responsabilité. Je serais très reconnaissante de vous entendre me parler d’aide, du fait de savoir que je ne peux pas aider et de l’angoisse de me sentir impuissante – pour que je puisse me détendre lorsque je ressens un tel état d’urgence.

OSHO :
Prem Kaveesha, je peux comprendre ton angoisse face au sort de l’humanité, de cette planète terre ; parce que chaque jour nous nous rapprochons de plus en plus d’une catastrophe.

C’est parce que la catastrophe approche de très près ; même avec tes protections mentales, tu ne peux pas l’oublier – et ça fait mal. Et ça fait plus mal parce que tu sens que tu ne peux pas aider ; tu ne peux rien faire. C’est tout simplement au-delà de la capacité de tout individu d’empêcher cette calamité, ce désastre, ce suicide mondial qui semble presque certain. Voici ma compréhension de ce phénomène.

Tu te sens impuissante parce que tu penses en termes d’aider les autres à comprendre, et c’est un travail impossible. Le monde est si grand et les gens sont si pleins de violence qu’il semble que la calamité ne vient pas de l’extérieur, mais c’est la violence accumulée dans les gens eux-mêmes qui va faire exploser cette terre.

Mais ne penses pas en termes d’aide. Alors tu ne te sentiras pas impuissante et tu ne te sentiras pas tendue. Je ne me sens pas impuissant, je ne me sens pas tendu, je ne ressens aucune angoisse – et j’en suis plus conscient que vous ne pouvez l’être – parce que mon approche n’est pas d’aider qui que ce soit, mais simplement que vous éleviez votre propre conscience, ce dont vous êtes parfaitement capable.

Si nous pouvons créer seulement deux cents personnes éclairées dans le monde, le monde peut être sauvé.

Kaveesha est née dans une famille juive, elle comprendra donc cette belle histoire.

Dans l’Ancien Testament, il est mentionné qu’il y avait deux villes, Sodome et Gomorrhe, et que toutes deux sont devenues sexuellement perverties.

À Gomorrhe, l’homosexualité était répandue, et à Sodome les gens étaient tombés encore plus bas dans leur perversion : ils faisaient l’amour avec des animaux. D’où le mot anglais sodomie – il vient de la ville de Sodome. Et Dieu a décidé de détruire complètement ces deux villes.

Il a complètement détruit ces deux villes – et il est très étrange que ces deux villes aient la même population qu’Hiroshima et Nagasaki. Hiroshima et Nagasaki ont été détruites par l’homme, mais l’histoire de l’Ancien Testament est que Dieu a détruit ces deux villes sexuellement perverties. Ce que je vais vous raconter est une histoire hassidique basée sur la version de l’Ancien Testament quant à la destruction par Dieu de deux villes sexuellement perverties.

Le Judaïsme s’est épanoui dans sa totalité dans le Hassidisme. Le Hassidisme est un phénomène rebelle, et essentiellement religieux. Toutes les religions ont donné au monde quelque chose de beau – même si ces religions étaient contre cette beauté – sauf le Christianisme. L’Islam a donné le soufisme, bien que les Musulmans aient tué des Soufis. Le Bouddhisme a donné le Zen, bien que les Bouddhistes n’acceptent pas le Zen comme un enseignement authentique du Bouddha. L’Hindouisme a donné le Tantra, mais les Hindous sont tout à fait contre le Tantra – et c’est leur vérité même. C’est une chose très étrange. Et la situation est la même avec le judaïsme.

Le Hassidisme est un petit phénomène rebelle dans le monde du Judaïsme. L’homme qui a fondé le Hassidisme est Baal Shemtov. Il raconte également l’histoire et vous pouvez voir la beauté et la différence.

Quelqu’un lui a demandé : « Que penses-tu de Sodome et Gomorrhe ? Et Baal Shem répondit:
«Cette histoire n’est pas écrite dans son achèvement. Je vais vous raconter toute l’histoire.
Et il dit :  » Quand Dieu déclara qu’il allait détruire ces deux villes, un Hassid, un mystique, s’approcha de Dieu et lui demanda :  » Si dans ces villes il y a cent personnes qui t’ont expérimenté, que feras-tu de toi ? ces cent personnes ? Vas-tu aussi les détruire, avec toutes les villes ?
Pendant un moment, Dieu garda le silence, puis il dit : « Non ». S’il y avait cent âmes éveillées dans ces deux villes, à cause de ces cent personnes ces deux villes seraient sauvées; Je ne les détruirais pas.
Le mystique dit :
« S’il n’y en avait que cinquante, pas cent ? Détruirais-tu ces villes et ces cinquante personnes éveillées ?
Maintenant, Dieu vit qu’il avait été piégé par le mystique.
Il a dit, ‘Non, je ne peux pas détruire cinquante personnes éveillées.’
Et le hassid dit : «Je veux que vous sachiez qu’il n’y a qu’un seul homme qui s’est réveillé; six mois il vit à Sodome et six mois il vit à Gomorrhe. Qu’en dites-vous ? – Allez-vous détruire les villes ?
Dieu répondit :
Tu es un homme très rusé. Qui est cet homme ?
Il a dit : bien sûr, je suis cet homme.

Et Dieu ne pouvait plus argumenter car ce n’est pas une question de quantité, c’est une question de qualité : un éveillé ou cent éveillés. La personne éveillée ne peut pas être détruite par l’existence, parce que la personne éveillée est le plus grand rêve de l’existence elle-même, le désir le plus profond de l’existence elle-même – atteindre les étoiles.

Et Baal Shem a dit que Sodome et Gomorrhe n’ont jamais été détruites.

Les Juifs sont en colère contre le Baal Shem, prétendant qu’il n’a fait qu’inventer cette histoire ; toute l’histoire est écrite dans l’Ancien testament. Les Juifs n’acceptent pas les Hassidiques comme des Juifs authentiques. De la même manière, partout le vrai religieux sera condamné par le soi-disant religieux.

Que Baal Shem ait inventé l’histoire ou qu’il ait raconté la véritable histoire n’est pas important.

En premier lieu, un Dieu qui croit à la destruction n’est pas un Dieu. Un Dieu qui ne peut pas transformer les gens de leurs perversions n’est pas un Dieu. Baal Shem ne sauve pas seulement ces deux villes, il sauve aussi la piété de Dieu : sa compassion, son amour, sa compréhension.

Kaveesha, oublie tout du monde. Deviens la seule Hassid, la seule mystique. Et nous pouvons créer dans le monde seulement deux cents personnes éclairées. Ce nombre est aussi exactement comme le Hassid du Baal Shem. Quand il a commencé à parler avec Dieu, à négocier, il ne s’agissait que de deux villes.

Le monde est devenu grand et il s’agit du monde entier – alors commençons avec deux cents personnes. Mais je veux vous dire que même deux personnes éclairées suffiront, et le monde sera sauvé ; car l’existence ne peut pas détruire sa propre floraison ultime.

Alors oublies le monde, sinon cela créera une anxiété inutile et détruira ton propre éveil, qui est la seule possibilité de sauver le monde. Quiconque veut aider le monde devrait oublier le monde et se concentrer sur lui-même.

Élève ta propre conscience à une telle hauteur que l’existence doit penser une seconde fois s’il faut détruire ce monde ou le sauver. Les masses telles qu’elles sont n’ont pas d’importance ; l’existence ne se souciera pas d’eux. En fait, l’existence voudrait que toute cette humanité – cette humanité pourrie – soit détruite, pour que l’évolution puisse recommencer à zéro. Quelque chose a mal tourné.

Mais s’il y a quelques personnes éclairées, elles sont bien plus importantes que des milliards et des milliards de personnes sur la terre. L’existence ne peut pas détruire le monde – pas seulement à cause de ces quelques personnes éclairées ; mais à cause de leur illumination, les masses inconscientes deviennent aussi précieuses, parce que c’est de ces masses inconscientes que ces pics himalayens ont surgi. Ils étaient aussi inconscients hier, aujourd’hui ils sont conscients. Et l’existence est très patiente : si elle voit que des gens inconscients peuvent devenir pleinement conscients, alors cette grande masse de gens, qui est absolument inconsciente, a aussi une possibilité.

Je dépends des individus, pas de la collectivité. La collectivité est tellement pourrie que ce serait un acte de compassion de la détruire. Mais nous devons prouver que de cette humanité inconsciente, presque morte, quelques lotus peuvent s’épanouir. Puis, juste avec le temps, peut-être que d’autres lotus viendront. Certains peuvent être juste des bourgeons, certains peuvent être juste dans la graine ; mais même s’il y a un homme qui est éclairé, avec lui toute l’humanité devient précieuse, parce que cet homme montre l’espoir que tout homme est capable du même miracle.

Alors, Kaveesha, oublie tout par rapport à aider le monde. Tu ne peux pas aider; personne ne peut aider. Mais tu peux devenir une mystique, une Hassid, et tu peux argumenter avec Dieu et lui dire « je suis ici ; vas-tu me détruire ? Et ces gens qui sont somnambules, marchant dans leur sommeil, j’étais aussi l’un d’eux. C’était moi hier. Ces gens devraient avoir leur avenir. Il y a toutes les chances que chaque être humain puisse devenir un Bouddha Gautam.

C’est le seul moyen de sauver cette belle planète Terre. »

– O S H O, ‘L’esprit rebelle, Ch 14, Q 3’

(IR)RÉELLES (IR)RÉALITÉS & VÉRITÉS VRAIES, OU PAS

C’est quand on vieillit, qu’on a vu pas mal de temps passer en soi et autour, qu’on peut commencer à comprendre ces mots.

L’inutile passe, et l’essentiel demeure.

En fait, tout passe sauf l’essentiel. Mais qu’est-ce que l’essentiel ? Probablement ce qui ne passe ni ne passera jamais. Ce qui, en nous, observe le temps passer. La perspective qui regarde tout, l’observateur/trice qui observe l’observateur/trice observer l’essentiel.

Ce qui ne passe jamais. Ce qui reste. Des mots, des mots. Mais que le silence qui reste.

Ce meme dit un peu la même chose:

La réalité ? ce qui perdure même quand vous arrêtez d’y croire. – Philip K. Dick

Mais qu’est-ce que la Réalité avec un grand R ?

Semblable à la Vérité avec un grand V ?

Ou pas ?

La question se pose, et se repose, mais elle n’est pas reposante. Et la réponse n’est même pas si importante. C’est le questionnement qui compte dit-on.

Et qu’on y croit ou pas, qu’est-ce que ça change ? Ce qui est est.

L’inutile et l’essentiel. Encore là, comment différencier l’une de l’autre ? En fait, peut-être que l’essentiel n’est que ce qui reste quand tout l’inutile a passé. Mais pour réaliser cela, il faut se rendre au bout de la vie, au bout de sa propre vie pour voir ce qui restera.

Si on accepte l’idée que le temps n’existe pas, pas vraiment, du moins pas comme on pourrait le saisir avec notre ptite tête de pinote qui compte les minutes, on peut concevoir que ce même temps – qu’il existe ou pas – dissout tout de même l’inutile et préserve l’essentiel. Selon les dires de Jodo du moins.

Jeux de mots, jeux de tête. Et jeux du temps qui passe en nos têtes et nos coeurs, même si c’est probablement davantage nous que le temps qui passons. Le temps demeure et nous passons, et lui nous passe dessus, et dehors comme dedans. Mais si on ne porte pas de montre, est-ce que le temps passe quand même ? La question se pose, et se repose. Pas reposant le temps qui passe, ou pas.

Et malgré que le temps passe, ou pas, tout de même vrai – avec un petit v – qu’une certaine réalité perdure dans le temps même si et quand on arrête d’y croire. Si le temps passe, quelque chose nous dépasse, quelque chose de plus grandiose que notre simple conception de la vérité ou de la permanence.

Jeu de mots, jeux de tête, jeu du temps qui passe, ou pas.

En cette ère de fake news, en ce temps de guerre, guère d’information, et la désinformation est comme toujours en temps de guerre le nerf de la guerre. Guère d’information, que désinformation, selon notre perspective.

Si vous n’avez rien, ou pas tout, compris de ces écrits, ou que des ptits bouts, ne vous en faites pas, moi je n’ai écris rien du tout, et je ne comprends pas encore tout du rien.

Et ça c’est l’essentiel. Ou est-ce inutile ?

This too shall pas.

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Essayer de tout comprendre en fonction de la mémoire, du passé et des écrits, c’est comme avoir vécu l’essentiel de sa vie, le nez dans un guide touristique, sans jamais regarder le paysage.

Prosaïquement, notre époque n’est pas plus incertaine qu’une autre. À la meilleure des époques, la « sécurité » n’a jamais été davantage que temporaire et superficielle

Le sens de la vie est juste d’être en vie. C’est si simple et si évident ! Et pourtant, tout le monde se précipite dans une grande panique comme s’il était nécessaire d’atteindre quelque chose au-delà de soi.

– Alan Watts

LES MOTS DES AUTRES

Lorsque je cherche des façons de demeurer dans l’amour, j’entends Maharajji me dire: nourris les gens, sers les gens, aimer tout le monde et dis la vérité. – Ram Dass

Hier je me questionnais quant à la possibilité d’aimer inconditionnellement. Et aujourd’hui, je tombe sur ces mots de Ram Dass. Des mots simples, qui donnent espoir, des mots qui permettent de continuer, à faire le bien, du moins à faire de notre mieux, à la hauteur de nos moyens, avec ce que nous avons entre les mains.

Différents maîtres et enseignant(e)s, différentes approches, différents mots. Mais qui convient à peu près tous les mêmes messages. Acceptation de soi, et de ce qui est, tel quel, sans filtre ni interprétation déformante, service aux autres, conscience de soi et de ses limites, etc. Tels sont quelques-uns des précieux messages des divers maîtres et enseignant(e)s.

Alors que certains ont l’arrogance de prétendre que

Tu es ton propre gourou.

alors que tant de sages messages sages circulent.

Même si tout commence par soi, tout ne finit pas là. Nous ne sommes qu’un vecteur de vie, un(e) émissaire par qui passe la vie qui passe. L’idée est de l’entraver le moins possible. De la laisser couler, cette vie, le plus naturellement possible à-travers soi.

Aussi, même si tout passe par soi, assurons-nous de demeurer humble. Car même si nous n’y étions pas, la vie continuerait très bien sans nous.

Permettons-nous d’écouter ce que les maîtres, les sages, nos elders, ont à dire. Osons vider notre tasse et recevoir les enseignements des sages comme des simples gens. Comme le superbe humain, Michael, du vidéo à la fin de ma chronique d’hier, celui qui vit au paradis, à Hawaii. Quel bel être humain tout simple et branché en pleine nature.

Alors, ce matin, permettez-moi de partager quelques mots sages ici. Car l’humilité est l’ingrédient de base de notre humanité et notre capacité à recevoir les mots des autres pour se faire notre propre idée éventuellement. Mais tout d’abord, les recevoir.

Dès que vous vous acceptez vous-même, vous devenez magnifique.

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Il y a autant d’opinions que de gens en ce monde. Et vous savez ce qu’est une opinion. Vous dites une chose et quelqu’un d’autre dit autre chose. Chacun(e) a sa propre opinion mais les opinions ne sont pas la vérité; alors n’écoutez pas les simples opinions, peu importe de qui elles proviennent, et découvrez par et pour vous-même ce qui est vrai. Les opinions peuvent toujours changer, mais la vérité ne peut être modifiée.

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Nous pouvons laisser les circonstances de nos vies nous rendre dur(e)s et nous rendre amer et apeuré(e), ou nous pouvons les laisser nous attendrir et nous rendre gentil et bienveillant(e). Vous avez toujours le choix.

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Ce n’est pas l’impermanence qui nous fait souffrir. Ce qui nous fait souffrir est le fait de vouloir que les choses soient permanentes alors qu’elle ne le sont pas.

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Il n’y a rien d’extérieur à soi dans la conscience.

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L’URGENCE D’AIMER

Par Christiane Singer.

Le monde ne tient debout que par la conspiration de l’amour. Tout ce qui fait du bruit autour de nous dans le vrombissement des actualités, délimite l’exact périmètre de ce qui n’est pas très important. Si la terre tourne, c’est grâce à ces milliers de gestes d’amour que font des milliers d’hommes et de femmes inconnus et qui renouvellent ce matin le pacte entre la terre et le ciel – malgré tout ! Chaque matin, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée – leurs enfants, leurs jardins, leurs maisons, leurs enclaves, leurs lieux de travail, « sont en train de sauver le monde sans le savoir » ! (Borges).

Il n’y a qu’à poursuivre cette prodigieuse respiration de la vie – quoiqu’il advienne – jour après jour. Il n’y a qu’à continuer d’aimer de toutes les manières imaginables tout ce qui nous rencontre – sans nous lasser – sans espérance et sans désespérance – aimer seulement.

« Les gens me disent d’être sage. Toi tu me dis d’être fou ». Cette prière de Charles de Foucauld ne m’a jamais quittée. Je l’avais cousue, enfant, dans l’ourlet de ma jupe. Soyons fous. Soyons ces desperados de l’espoir, ces chevaliers de l’impossible.

Tenter ce qui paraît impossible est la seule chose qui soit à ma mesure !

Laissons tout le reste aux fonctionnaires de l’ordre établi, aux comptables des petits gains, aux gardiens des petits cimetières. Ce n’est pas notre affaire ! Il n’y a rien à craindre : dans chaque regard que je rencontre, je perçois cette force intacte qui attend d’être reconnue pour surgir. Cette dimension rayonnante qui nous habite tous. Le monde rayonne. Le monde est sauvé depuis longtemps.

Que cette nouvelle traverse les murs des prisons ! Faisons œuvre de contagion.

Source : L’urgence d’aimer, Christiane Singer (Éd. Claire vision, 1997)

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et finalement, quelques mots surprenants d’Éric Baret.

Être agressé est votre cadeau pour ne pas vous endormir.
C’est facile de se croire tranquille, de faire du yoga, d’être sage.
Mais soudainement, on vous agresse, on vous déteste.
Cela vous permet de vous éveiller à votre résonance.
Cela déclenche‐t‐il en vous l’amour ? La haine ?

Vous découvrez votre propre fonctionnement. C’est cela le yoga. Ce n’est pas de rester assis comme un piquet, mais d’observer comment on fait face à l’instant. Vous découvrez que les agressions sont les cadeaux les plus profonds de la vie, car plus on vous agresse, plus votre maturité se développe.

Les vies sans agression sont des vies misérables – et heureusement cela n’existe pas.

Soyez disponible, n’essayez pas d’arranger les choses, de moins réagir, d’être plus sage. Ressentez votre folie lorsque vous êtes mis en question. Prenez votre émotion comme objet de contemplation, d’étude, avec affection et patience.

Ne rien attendre, ne rien demander, tout se fait.

AIMER INCONDITIONNELLEMENT ? REALLY ?

Jusqu’à ce que nous ressentions de l’amour inconditionnel envers tous les êtres, nous ne trouverons pas la paix.
– Bouddha

J’ai décidé de traduire la citation au nous car trop facile de dépersonnaliser l’amour inconditionnel. Facile de dire qu’il nous faille aimer sans condition, beaucoup difficile de le faire. Et d’ailleurs doit-on le faire ? En effet, doit-on aimer tout le monde, en particulier ceux qui méprisent, insultent, exploitent et abusent des autres ?

Car gros gros programme que celui de l’amour inconditionnel. Et un peu illusoire à mon avis.

Même si en Théorie (quel beau pays que celui-là, mais vraiment loin d’ici), le principe de l’amour inconditionnel sonne bien, il est – un peu, beaucoup, passionnément – illusoire de vouloir aimer tout et tout le monde, particulièrement en ces temps de guerre et de mauvaises nouvelles généralisées. Et de réseaux sociaux qui font apparaître de bien étranges tendances humaines, et un peu moins.

Si on peut et doit comprendre et constater que certaines personnes commettent des actes de barbarie en pensant défendre leur pays ou certaines idées, prétendre aimer autant les bourreaux que les victimes ? Come on !

Le monde est plein d’actes répugnants ces temps-ci. Que ce soit de la désinformation ou pas, on retrouve des gens morts de façon inhumaine, des millions de personnes en fuite, des millions qui ne mangent pas à leur faim et qui ne possèdent pas le minimum de l’essentiel pour survivre. Sous nos yeux. Pendant que d’autres se bâtissent d’outrageux palaces et se perdent dans leur cashette.

Nombreux sont ceux qui font fortune en vendant des outils de mort, eux qui ont un intérêt à ce que guerre se fasse. Les aimer eux aussi ? Pas certain. Accepter qu’ils existent et reconnaître pour ce qu’ils sont, bien ou mal exclus, OK. Mais les aimer ?

L’idée de l’amour inconditionnel est séduisante. Mais elle est un luxe de petits riches comme nous, de privilégié(e)s, de gens qui peuvent se permettre de rêver d’aimer sans condition. Car nous avons les conditions pour prétendre que l’on doit aimer tout le monde. Mais tant de gens ne possèdent même pas ce début de luxe d’observer la vie de leur poste d’observation protégé. Trop de gens souffrent et subissent l’injustice sur cette terre, notre terre.

Prétendre aimer tout le monde est une belle grosse baloune. Et essayer de le faire la dégonfle assez rapidement. Si penser aimer le monde entier est relativement aisé, aimer chacun de ses habitants une personne à la fois est nettement plus ardu.

Plutôt que de prétendre aimer sans condition, réalisons nos limites. Et imposons nos limites. Exigeons la vérité et le respect plutôt que les fausses affirmations d’amour inconditionnel.

Avant de prétendre aimer sans condition, pas fou de simplement viser à accepter de plus en plus toutes les choses et les gens de la vie, les belles comme les affreuses, mais aimer sans condition ? Cela n’est pas requis. Surtout pas en faire une condition.

Car comment dire que l’on aime sans condition lorsqu’on voit se commettre des actes tels que l’on constate en ce moment ?

Alors plutôt que de prétendre aimer sans condition, aimons pour de vrai. Soi comme les gens autour de nous. Le beau comme le moins. La beauté, comme son ombre.

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Au diable l’amour inconditionnel

Tu ne peux pas aimer tout le monde.

C’est un objectif impossible qui te rend violent(e) à l’intérieur.

Mais tu peux embrasser tes tentatives imparfaites d’aimer,
ta recherche conditionnelle de l’amour,
ton échec à atteindre l’idéal,
ta peine, ta peur,
ta honte exquise,
ton extase et ton agonie,
tes idées héritées de l’amour,
ton amour humain désordonné et profondément conditionné,
en présence inconditionnelle sensibilisation.

Ami(e), même ton échec à aimer inconditionnellement est le bienvenu ici,
inconditionnellement.

Et c’est le vrai sens de l’amour inconditionnel.

– Jeff Foster

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et lorsqu’arrivé à ce cul de sac de penser l’amour sans condition, ou pas, la vie me présente ce trésor d’humain :

AUSSI HAUT QUE BAS

On dit qu’aucun arbre ne peut monter jusqu’au ciel si ses racines ne descendent pas jusqu’en enfer. – C. G. Jung

Ouf. Grosse affirmation que celle-ci non ? Le ciel et l’enfer dans le même corps. Et en même temps si juste. Ou comme disent les anglais, as above so below.

On voudrait le bien sans le mal. Le menoum sans le Yark ! Comme le blanc sans le noir. Mais le monde fait inévitablement dans le gris, le monde est composé de gris. De toutes sortes de nuances de gris, et pas seulement 50.

Des milliards de gris. Autant qu’il y a d’humains probablement. Car c’est nous qui mixons les couleurs en cette fresque vivante. C’est nous qui cueillons, organisons, arrangeons et interprétons les multiples perceptions des événements de ce vaste monde. Comme de ce qui se passe en nous-même. Le noir comme le blanc, et la multitude de possibilités.

Nous sommes les acteurs, producteurs et réalisateur/trices de ce monde, comme de notre monde. Notre petite monde qui ne peut que se passer en ce Grand monde, qui ne peut que passer à-travers les filtres du Grand monde. Car il n’y a pas de différence entre le petit monde et le Grand. Tous nos petits mondes font partie du Grand. Comme il n’y a pas de différence entre ceci et cela, entre le bien et le mal, entre moi et les autres, entre eux et nous. Qu’une seule et même création.

On aime distinguer, séparer, classer et juger. Mettre les choses, et les gens, en ordre.

Mais dans les faits, ce qui est est. Tout simplement. Avant le jugement qui peut être porté quant à ce qui est, ce qui est est. Et nous tous et toutes autant que nous sommes, ne sommes que ce que nous sommes, dans notre plus simple parure, avant que tout acte ou pensée ne soit classée ou qualifiée comme bonne ou mauvaise. Ou autrement.

On veut tous être bon(ne)s, et justes, et se considérer du bon côté des choses, du côté de la lumière. Mais pas de lumière sans ombre, et le côté de l’un est inévitablement l’autre côté de l’autre. Et contrairement à ce que nous aimons penser, nous portons en nous toutes les facettes de l’humanité, tous les côtés de la médaille multidimensionnelle de l’existence. Dr Jekkyl comme Mister/Miss Hyde.

Et autant nous aimerions n’être que bon(ne), et juste, qu’être la meilleure version de soi, qu’on aime ou pas, nous portons en chacun de nous aussi le potentiel du pire et du moins bon.

Quand nous sommes dans la peur, nous nous refermons et nous nous protégeons.

Quand nous doutons, nous ne savons plus, hésitons et figeons.

Quand nous sommes dérangé(e)s dans nos convictions, nous jugeons, rejetons et comparons.

Le propre de l’être humain quoi. Que nous sommes tous et toutes.

Mais à mon avis essentiel de savoir qu’il se cache en soi le meilleur comme le pire. Les hautes branches de la bonté comme les racines du mal et du pire. Le pire du meilleur et le meilleur du pire. Le bon comme le bad, le grand comme le tout petit. Tout cela comme un potentiel, comme une possibilité. Et c’est souvent le contexte qui déterminera le résultat de nos actions, de nos comportements.

Nous portons en nous les graines du meilleur et les graines du pire et selon la situation se manifestera l’un ou l’autre. Bon à savoir. Que notre vision est toujours inévitablement partielle, limitée, biaisée et teintée par nos expériences passées, notre conditionnement, notre trajectoire de vie. En lien avec un contexte donné. Bon de s’en souvenir avant d’agir, et de réagir, quand une réaction monte en soi. Pesons sur la clutch avant de rentrer dans le mur de nos jugements.

Mais en gardant à l’esprit que nous sommes tous et toutes le meilleur comme le pire, et en se branchant sur son coeur, sur ce qui est le mieux et le plus juste pour soi tout d’abord, comme pour l’humanité en général, possible de se voir mieux, de s’observer, de prendre conscience de nos limites et de nos biais d’interprétation.

Et impossible alors de se penser meilleur qu’autrui. Car en nous vit autant Dr Jekyll que Mister et Miss Hyde. Alors à nous de jouer.

ni bien ni mal, que ce qui est. Juste ce qui est. Et ce qui est est juste.