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(SE VOIR) JUGER LE MONDE

À chaque fois que je porte un jugement sur une autre personne, c’est une partie de moi pas encore guérie qui se révèle à moi.

Ces temps-ci, avec la multiplication des mots et des images qui nous arrivent via les multiples écrans qui nous servent à regarder le monde, à en être témoin, nous avons de plus en plus de miroirs dans lesquels nous regarder. En fait, de plus en plus de personnes autres que soi à observer, et souvent à juger, critiquer, commenter. Cette situation nous incite souvent – plus qu’avant ? – à se perdre à l’extérieur de soi.

À regarder vivre le monde dans nos écrans, on s’y perd bien souvent.

Comme nos yeux regardent principalement vers l’extérieur, nous sommes souvent distraits de nous-même. Soit nous nous comparons, pour le meilleur ou pour le pire, et ainsi soit nous nous consolons ou nous nous abaissons devant meilleur ou mieux que nous. Du moins ce que nous jugeons ainsi.

Pourtant, les autres n’existent pas. N’existe que notre perception des autres.

Si nous étions capables de se regarder soi-même, de ne pas nous perdre et de vraiment contenir notre regard et, comme on disait ici hier grâce aux mots d’Anaïs Nin, de réaliser qu’on ne voit jamais les choses telles qu’elles sont, mais plutôt telles que nous sommes, nous serions conscients que peu importe ce que l’on regarde en dehors de soi, ce n’est au fond toujours seulement soi que l’on observe. Diverses facettes de soi-même, diverses parties. Certaines plus belles, d’autres moins. Mais tout part toujours de soi et revient toujours à soi. Toujours que soi le monde.

On dit que notre regard vers l’extérieur pointe toujours vers quelque chose qui nous attire en particulier pour une raison précise. Que l’extérieur nous invite à voir en nous ce que l’on admire, ou ce que l’on abhorre (1). Pour le sortir de soi. Car si on peut voir quelque chose à l’extérieur de soi, ce quelque chose devient extérieur à nous. Très pratique pour les parties de soi qu’on ne peut accepter.

Que notre regard soit porté vers quelque chose en particulier à l’extérieur de nous ne serait pas le fruit du hasard. Cela pointerait de façon moins que plus consciente vers quelque chose qui nous attire, ou quelque chose qui nous fait éprouver de la répulsion. Ainsi, nos projections ne seraient pas banales. Soit elles nous indiquent ce que l’on désire, sans toujours se l’avouer, ou quelque chose que l’on ne veut pas voir en nous.

Ça fait du sens non ?

Mais si on peut se souvenir que ce que l’on voit en dehors de soi n’est qu’une réflection de notre dedans, alors l’exercice peut prendre une autre tournure. On peut alors utiliser tout ce vers quoi notre regard est attiré comme une source d’information de ce qui se cache en soi. Comme on dit, on ne regarde rien pour rien.

Je ne sais pas si le fait de juger autrui révèle réellement une partie de moi non encore guérie. Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, je ne suis pas psy, ni trop intéressé à savoir désormais.

Mais il me semble faire beaucoup de sens de penser que mon regard n’est pas attiré innocemment vers certaines sources – mots, images – plutôt que vers d’autres. En gardant à l’esprit cette hypothèse, l’exercice de regarder le monde devient alors riche de sens et de découvertes sur soi.

Ainsi, plutôt que de trop faire porter l’attention sur autrui, on devient capable de se voir regarder le monde. Capable d’observer l’observateur/trice observer le monde dans lequel on vit. Avec toujours une certaine distance entre le vu et le voyant, qui devient parfois voyeur/euse, entre l’observé et l’observateur/trice.

Considéré ainsi, le vu ne devient pas automatiquement du su, le vu n’est pas pris pour du cash, mais ce sur quoi porte regard devient davantage un révélateur de quelque chose en soi. Car pourquoi je m’intéresse à ceci plutôt qu’à cela ? Pourquoi cette personne fait monter une certaine impulsion en moi ? Pourquoi je considère positivement ou négativement telle ou telle personne ?

Toutes des clés qui nous renvoient toujours à soi, vers soi, ces parties de nous qui peuvent nous révéler quelque chose à regarder, à voir, à sentir.

Et notre regard peut ainsi devenir un vrai miroir de soi, en utilisant le vu comme révélateur d’un monde enfoui en nous.

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(1) Abhorrer: Éprouver de l’aversion pour quelque chose ou quelqu’un ; détester, exécrer.

LE MONDE PLEIN NOS SENS

On ne voit pas les choses telles qu’elles sont, on les voit telles que nous sommes. – Anaïs Nin

Tel que l’avance Anaïs Nin ci-haut, il n’est pas rare d’entendre ou de lire qu’un monde neutre et objectif n’existe pas en tant que tel, que nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais davantage tel que nous sommes.

Ainsi, un monde unique et prétendument objectif n’existerait pas, ce monde ne se situerait que dans notre regard, dans nos yeux, et nos yeux sont pleins. Pleins de filtres, de croyances, de conditionnements. En fait, le monde est dans tous nos sens, et dans tous nos états.

Si nous cherchons du sens en cette existence, on pourrait aussi dire que ce sont nos sens qui créent le monde.

C’est ainsi que nous pouvons concevoir qu’il n’existe pas un seul monde, mais autant de mondes que de sources de perception de ce prétendu monde. Et que c’est davantage soi-même que l’on perçoit quand on regarde le monde, que ce qui est devant soi. En ce sens, le monde est en nous et nous sommes le monde que nous créons et re-créons sans cesse.

Si la peur nous habite, le monde devient un lieu dangereux et risqué. Si nous vivons dans la foi et la confiance, ce même monde devient accueillant, et bon.

On dit aussi que nous ne pouvons voir que ce que nous connaissons et, souvent, nous nous assurons de nous entourer de ce qui nous rassure, ce qui est connu. Nous consolidons ainsi au fil du temps notre propre vision du monde. Que ce soit par nos choix de sources de nouvelles, nos expériences passées, l’environnement que l’on crée autour de soi ou nos lectures, nous forgeons le monde, notre monde.

Mais si nous ne pouvons voir que ce que nous connaissons, nous pouvons tout de même percevoir certaines dimensions qui existent au-delà de notre regard limité et limitant. Nous pouvons sentir, ou espérer, que quelque chose de supra humain existe. Sans preuve ni certitude, qu’un pressentiment.

Soit il n’existe qu’un seul et même monde, que tout le monde perçoit selon son propre petit point de vue limité, sa propre petite réalité, soit il existe des milliards de mondes que chacun(e) porte en soi. Deux façons de concevoir ce qui existe en dehors de soi. Et finalement, peut-être que tout cela ne soit que la seule et même chose au fond, que des façons différentes de comprendre et de saisir LA – ou LES – réalité(e)s.

Si on pense qu’il puisse exister différents mondes, différentes réalités, il est possible qu’on réussisse à les imaginer, et peut-être les voir et les toucher même. Ainsi, nos croyances – ou nos possibilités de croyances – détermineront le monde en dehors de soi.

Mais au-delà nos croyances et nos convictions personnelles, on dit aussi qu’il existerait un seul et même unique tissu d’amour nous liant, nous unissant. Même si notre regard fragmenté et notre mental limite notre perception du grand tout, du Grand Esprit, on peut supposer que quelque chose de supérieur règne au-delà du compris et du connu, un amour divin, un liant surhumain, une essence unique, le même souffle de vie qui anime tout le vivant, le seul et même coeur qui bat en chacun(e) de nous comme en toutes choses.

Bien complexe tout ça pour nos ptites têtes chercheuses de sens non ? Mais c’est peut-être plutôt par le coeur qu’on devrait chercher ?

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Il n’y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu’un qui voit le même monde que nous. C’est comme apprendre que l’on était pas fou.
– Christian Bobin

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Ci-bas, un touchant témoignage qui pourra peut-être éclairer notre compréhension.

Lorsqu’elle a appris qu’il lui restait six mois à vivre, l’écrivaine Christiane Singer a commencé à rédiger ses « Derniers fragments d’un long voyage », témoignage bouleversant à l’approche de la mort. ( Elle nous a quittés le 4 avril 2007 ). En voici un extrait …

 » C’est du fond de mon lit que je vous parle

J’ai encore beaucoup de peine à en parler de sang froid. Je veux seulement l’évoquer. Parce que c’est cette souffrance qui m’a abrasée, qui m’a rabotée jusqu’à la transparence. Calcinée jusqu’à la dernière cellule. Et c’est peut-être grâce à cela que j’ai été jetée pour finir dans l’inconcevable. Il y a eu une nuit surtout où j’ai dérivé dans un espace inconnu.

Ce qui est bouleversant c’est que quand tout est détruit, quand il n’y a plus rien, mais vraiment plus rien, il n’y a pas la mort et le vide comme on le croirait, pas du tout. Je vous le jure. Quand il n’y a plus rien, il n’y a que l’Amour. Il n’y a plus que l’Amour. Tous les barrages craquent. C’est la noyade, c’est l’immersion. L’amour n’est pas un sentiment. C’est la substance même de la création. Et c’est pour en témoigner finalement que j’en sors parce qu’il faut sortir pour en parler.

Comme le nageur qui émerge de l’océan et ruisselle encore de cette eau ! C’est un peu dans cet état d’amphibie que je m’adresse à vous. On ne peut pas à la fois demeurer dans cet état, dans cette unité où toute séparation est abolie et retourner pour en témoigner parmi ses frères humains. Il faut choisir. Et je crois que, tout de même, ma vocation profonde, tant que je le peux encore – et l’invitation que m’a faite Alain l’a réveillée au plus profond de moi-même, ma vocation profonde est de retourner parmi mes frères humains.

Je croyais jusqu’alors que l’amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige. Au fond je viens seulement vous apporter cette bonne nouvelle : de l’autre côté du pire t’attend l’Amour. Il n’y a en vérité rien à craindre. Oui, c’est la bonne nouvelle que je vous apporte.

SHOW AU COEUR

Hier, comme c’est le cas depuis quelques années et pour la plupart d’entre nous, c’était jour d’anniversaire de naissance sur la place publique pour moi. Wow ! quelle overdose d’amour. Vous avez encore une fois été si nombreux/ses et si généreux/ses.

Même si, fondamentalement, nous savons – ou pensons savoir – que nous sommes seul(e)s ici-bas et que c’est en nous seulement, initialement du moins, que l’on doit trouver la paix et l’amour, ces marques d’affection qui nous arrivent plein l’écran touchent toujours la cible, gonflent le coeur et permettent de continuer le chemin avec légèreté, humanité et chaleur au coeur.

La solitude signifie simplement la plénitude. Vous êtes entier, personne d’autre n’a besoin de vous compléter. Alors essayez de découvrir votre centre le plus profond où vous êtes toujours seul, où vous avez toujours été seul. Dans la vie, dans la mort – où que vous soyez – vous serez seul(e), mais ce centre est plein, il n’est pas vide, il est si plein et si complet et si débordant de tous les sucs de la vie, de toutes les beautés et bénédictions de l’existence, qu’une fois que vous aurez goûté à votre solitude, la douleur dans le cœur disparaîtra. Au lieu de cela, un nouveau rythme de douceur, de paix, de joie, de bonheur immense sera là.
– Osho

Une solide solitude assumée, agrémentée et bonifiée de l’amour et de l’amitié d’autrui, de nos frères et soeurs, de notre monde. Et si nous sommes parfois embourbé(e)s sur le chemin, ou obsédé(e)s par la destination, la compagnie d’âmes soeurs n’est pas à négliger.

Qu’est-ce qui est le plus important, demanda le Grand Panda, le chemin ou la destination ?
La compagnie, répondit le petit Dragon, la compagnie.

J’ai été inondé d’amour hier, et le coeur s’est gonflé, et les larmes ont coulé.

Il est possible que nous soyons, chacun de nous, psychiquement, spirituellement, comme des terrains toujours en danger d’inondation : inondations de mots, de traumas, inondation de savoirs inutiles, d’images aveuglantes et que c’est dans la rareté ou dans le peu, que l’immense a la chance de revenir, de resurgir…
– Entretien avec Christian Bobin

Et en ce matin post-anniversaire, retour dans plus de peu, retour au moi. Retour à la maison, au home en moi. Retour au silence, le coeur gonflé de toutes ces marques d’affection virtuelles et bien réelles.

Nos anniversaires de naissance ne sont plus les mêmes depuis l’avènement des fameux réseaux. Dans mon cas, seulement FB, mais déjà beaucoup.

Ces foutus réseaux ont bien quelques côtés pervers, mais la somme d’amour et d’appréciation qu’on y reçoit lors de notre jour de l’année (si on a indiqué notre date d’anniversaire, ce qui est un choix délibéré) est l’un de ses principaux effets secondaires positifs.

Et sincèrement, cet amour fait vraiment chaud au coeur; en fait, gros gros show de boucane d’amour en mon ptit coeur que cette massue d’affection reçue hier via vos claviers et mon écran. Même si virtuelle, tellement réelle.

Hier, je me disais que les réseaux ont beau être impersonnels, que nous fréquentons désormais beaucoup moins les gens qui nous la souhaitent bonne la fête et joyeux l’anniversaire, mais que pour la plupart, nous les avons tous et toutes connu pour de vrai jadis ces ami(e)s de chair, de corps et de coeur devenus depuis ami(e)s FB d’écrans et de claviers.

Et ces démonstrations anniversariennes d’amour, d’appréciation et d’amitié nous frappent drett dans l’dash. En tous cas, mon dash à moi en a pris tout un coup dans le bumper hier encore. Bon de sentir que nos actions, et nos ami(e)s, nous reviennent, nous ramènent à la maison du coeur. Car en ce monde actuel, tumultueux pour dire le moins, encore riche de recevoir tant de douceur de coeur de la part du monde out there, notre monde out there et de le garder in here.

Hier j’ai appris que c’était aussi l’anniversaire de Christian Bobin, qui est atterri ici sur terre exactement 10 ans avant moi. Beau clin d’oeil de la vie. Car Monsieur Bobin est une inspiration du monde des mots pour moi.

Alors, en ce premier matin du reste de notre vie, je vous partage quelques bribes bobinniennes avec respect et appréciation de tout ce qui est, tout ce qui fut, et tout ce qui sera. Merci à vous tous et toutes pour notre humanité partagée.

Bien humblement.
Ati

Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser.

Écrire, c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l’ouvrir.

Aimer. Faire sans cesse l’effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d’autres gens que tu ne connaîtras jamais.

Te rappeler sans arrêt que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, ce n’est pas une partie de ton monde, il n’y a personne dans ton monde, pas même toi.

Cet exercice mental – qui mobilise la pensée et aussi l’imagination – est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aimer celui ou celle qui est devant toi, l’aimer d’être ce qu’il est, une énigme. Et non pas d’être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.

– Christian Bobin, extrait de « Autoportrait au radiateur »

DOUCE FORCE

Qu’est-ce que la force ?
La force consiste à pardonner aux gens qui ne se sentent même pas désolé(s) face à leurs actions. La force consiste à sourire quand vous voulez pleurer à chaudes larmes. La force consiste à ne pas blesser les gens qui vous ont blessé. La force consiste à pardonner aux autres.

Je ne suis pas d’accord avec ces quelques mots. Mais j’aime me mettre en déséquilibre.

Parfois, écrire autour d’un désaccord permet de préciser sa propre pensée et sentiments et de découvrir quelques trésors que notre pensée linéaire et que notre tête-de-cochonnitude nous empêchait de voir. J’aime écrire à partir de mots avec lesquels je suis en désaccord, pour les prendre de l’autre bord, pour me les faire miens, pour voir où j’accroche. Car au fond, accord et désaccord, même différence. Souvent qu’une posture mentale figée qui ne nous permet pas de jouer avec les mots, et de les considérer autrement, différemment.

J’ai récemment vécu une altercation avec quelques ami(e)s chers. Altercation qui m’a ébranlé. Et qui me force encore à me regarder sous toutes mes coutures, dans ma doublure, et à l’intérieur de mes poches, de résistance. Car c’est que permet mieux que tout une altercation: sortir de sa coolitude, de sa zone de confort, pour se regarder soi-même sous d’autres coutures.

Allons-y ligne par ligne avec celle-ci.

La force consiste à pardonner aux gens qui ne se sentent même pas désolé(s) face à leurs actions.

Premièrement je n’aime pas l’expression pardonner quant ça s’applique aux autres. Car qui sommes-nous pour pardonner aux autres ? La vie se chargera bien de pardonner ce qu’il y à pardonner pour chacun(e). Chacun(e) agit ou réagit en fonction de sa position actuelle et c’est en faisant qu’on apprend. Seuls eux et elles pourront saisir la leçon.

Et souvent les plus grandes leçons se cachent dans nos différends, dans nos altercations avec les autres. C’est souvent par le choc qu’on grandit et qu’on apprend. Ou par la répétition. Et parfois, il nous arrive de blesser les autres, et soi du même coup. Parfois il nous arrive d’être blessé dans nos relations avec les autres, surtout nos proches. Et on peut toujours s’excuser et demander pardon. Mais la réponse ne nous appartient pas. On ne peut que demander pardon et offrir ses excuses, le reste n’est pas entre nos mains.

À mes yeux, le pardon se demande plus qu’il ne s’accorde.

La force consiste à sourire quand vous voulez pleurer à chaudes larmes.

Parfois. Mais je crois qu’il est plus juste d’afficher ses vraies émotions. Et il est possible de pleurer en gardant le coeur ouvert et les yeux rieurs. La comédie de la vie.

La force consiste à ne pas blesser les gens qui vous ont blessé.

Ici, tout à fait d’accord. Car personne ne peut nous blesser à moins qu’on ne le permette. Les autres peuvent nous révéler des situations douloureuses du passé, raviver de vieilles blessures, mais toujours à nous cette douleur en nous. Nous sommes les maîtres de nos propres douleurs, comme leur victime parfois. À nous de déjouer. Mais surtout de jouer le rand jeu de la vie avec tout ce qu’elle implique.

La force consiste à pardonner aux autres.

Pardonner aux autres, gros contrat. Tel que je disais plus haut, qui sommes-nous pour pardonner aux autres ? Même si je comprends ce qui sous-tend cette affirmation, soit de libérer l’autre de toute culpabilité, chacun doit trouver le sens dans nos histoires personnelles qui s’entrechoquent.

Je peux dire à quelqu’un que je suis OK avec l’incident, que je vais voir ce qui m’appartient, ce que j’ai à y apprendre, mais, ultimement, à lui ou elle de saisir la leçon face à son propre comportement, et cela se fera, ou pas, que je lui pardonne ou pas.

Ce qui nous mène au Hoʻoponopono, que je connais peu. Si comme position de base, on ne peut être contre le principe et contre l’attitude fondamentale que ces quelques affirmations permettent, sur le fond beaucoup plus complexe il me semble.

Je suis désolé(e)
sois désolé, ou pas, mais surtout regarde-toi et prend la totale responsabilité de tes actions.

S’il te plaît, pardonne-moi
et si l’autre ne nous pardonne pas ? ne sommes-nous pas à sa merci si l’autre ne veut rien savoir ? Le pardon est un processus graduel et organique qui ne peut s’imposer.

Je t’aime
même encore fâché(e) ? et de toute façon, qu’est-ce que l’amour ? et peut-on aimer autrui davantage qu’on s’aime soi-même ? Grandes questions, je sais.

Merci
oh ça oui, car tout dans le vie est un cadeau, et parfois surtout ce qui fait mal, ce qui est difficile, ce qui nous force à grandir.

Alors Merci la vie.
Et Daime, donne-moi tout ce que j’ai besoin de vivre.

TERRE À TERRE & COEURS À COEURS

Ne leur souhaite jamais de mal.
Ce n’est pas qui tu es.
S’ils t’ont blessé, ils doivent avoir de la douleur en eux, alors souhaite-leur la guérison.
– Najwa Zebian

De la douleur, ou de la peur, ou de vieilles blessures ou une partie d’ombre qui cherchent guérison et lumière. Car de toute façon, jamais les autres qui nous causent de la peine ou de la douleur, ils/elles ne font qu’en réveiller de la vieille enfouie en nous depuis notre naissance.

Parfois, on vit des heurts avec nos proches. Et naturellement, ces chocs se passent souvent avec les gens qui sont les plus près de nous car c’est lorsqu’on ouvre son coeur que nous sommes le plus vulnérable.

Souvent, on blesse les autres sans qu’ils/elles ne sachent à quel point. Du moins sans savoir clairement. Ou nous sommes blessé(e) sans que les autres en soient conscient(e)s.

Parfois c’est par peur, d’autres fois par ignorance. Mais toujours par inconscience. on dirait que c’est ainsi qu’on peut devenir plus conscient. Par choc, ou par répétition d’un comportement. Et quand on s’entrechoque avec autrui à la même place, il devient possible de reconnaître notre part dans l’échange. Oui, un échange, car un conflit concerne toujours au moins deux personnes.

Les relations humaines sont une occasion idéale d’apprentissage, de conscience, de dépassement de ses limites, de conscientisation quant à certaines sources d’ombres que l’on porte en soi.

Quand on clash avec autrui, on peut soit blâmer l’autre, souvent la réaction initiale, et ainsi passer à côté d’une importante leçon, ou tourner notre regard vers soi et identifier notre part dans ce que l’on nomme souvent à tort conflit. Car on porte toujours au moins la moitié de la responsabilité dans tout malentendu. Moi et l’autre.

Se regarder soi-même requiert beaucoup de maturité, de courage même, et lucidité.

Comme on dit, tu veux voir clair ou avoir raison ?

Quand on clash avec autrui, de surcroît avec des êtres qui sont chers à notre coeur, toujours un peu automatique de faire porter notre regard vers l’autre. Mais à force de pratique et d’expérience, on réalise que c’est par soi qu’on doit commencer, c’est vers soi qu’on doit regarder. Pour identifier notre part, notre rôle dans ce qui apparait comme un drame sur le coup.

Car sans hasard, nous sommes toujours au coeur de nos conflits. Nous sommes le dénominateur commun de tous nos conflits. Nous devons donc inévitablement porter une partie de la responsabilité, donc une partie de la solution.

On n’a pas à pardonner aux autres. On n’a qu’à prendre responsabilité pour notre rôle dans la mésentente. On peut nommer un différend comme un conflit – choc d’idée ou d’émotions – ou comme occasion d’harmoniser une énergie qui s’est entrechoquée. Entre moi, et mon histoire, et un(e) autre, et son histoire. Et certaines se réconcilieront alors que d’autres se sépareront. Ainsi va l’histoire de nos vies.

Et parfois, il faut aussi seulement laisser un peu de temps au temps pour que chacun chacune regarde sa part, la part que l’on porte dans le différend. Et faire confiance à la vie, et à l’amitié.

Jamais facile de clasher avec des ami(e)s, mais, en même temps, inévitable en amitié. Quand on ose être soi-même, et quand on permet aux autres de faire de l’être aussi, éventuellement nos différences s’affronteront. C’est par un certain brouhaha que l’amitié grandit, ou se transforme, ou se termine. La beauté et l’humanité se déploient souvent à-travers un certain chaos.

Gardons notre coeur et notre esprit ouverts, laissons tomber l’intention d’avoir raison car les relations ne sont pas affaires de raison, mais affaires de coeur.

En ce jour de la terre, à la mesure de nos moyens relatifs, revenons à la base.

Écoutons, écoutons-nous les un(e)s les autres. Écoutons la nature se dire, nous dire. Écoutons nos coeurs blessés qui ne cherchent que réconfort et apaisement.

Car nous sommes tous et toutes des enfants de la terre. Les frontières sont dans nos têtes et dans nos coeurs.

Et malgré nos abus, la terre ne cherche par à nous punir, elle ne fait que nous informer de la voie à suivre. Écoutons-là car elle vit en chacun(e) de nous.

Et si les mots ne sont pas suffisants:

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2022-04-22/jour-de-la-terre/quoi-faire-pour-proteger-la-planete.php

ÉCOUTER POUR VOIR – PART TWO, PARTOUT

Première fois que je reprends le même meme deux jours en ligne, mais celui-ci ne semble pas vouloir me lâcher si facilement et on le dirait même destiné personnellement à mes yeux ces jours-ci, comme une leçon de vie inévitable. Il me colle après.

Je l’ai utilisé sous cette forme hier :

mais je le reprends légèrement modifié en collant les deux phrases aujourd’hui car si parfois une image vaut mille mots, dans ce cas-ci, plus d’image me laisse sans mot, son absence me les révèle mieux.

Comme si c’est la vie qui me disait, me chuchotait à l’oreille et me criait à la tête tout en me bottant le derrière : Ferme-là et écoute-moi !

parfois on écoute le silence, parfois on écoute les autres.

L’écoute crée un silence sacré.
Lorsque vous écoutez généreusement les gens, ils peuvent entendre la vérité en eux-mêmes, souvent pour la toute première fois.
Et dans le silence de l’écoute, vous pouvez vous connaître en chacun.
Finalement, vous pourrez peut-être entendre en tout le monde et au-delà de tout le monde, l’invisible chanter doucement pour lui-même et pour vous.
– Rachel Naomi

Alors j’écris encore autour de ce thème ce matin car il y encore du jus à extraire de ces mots du silence.

Je m’écouterai donc écrire, pour sentir ce qui monte quand je fais tape tape au sujet de me taire.

Car

La connaissance parle, mais la sagesse écoute. – Jimi Hendrix

Et nous pourrions tous et toutes, moi le premier, jouir d’un peu plus de sagesse auditive. Écoutons pour voir.

Comme les gens qui veulent apprendre à écrire doivent lire beaucoup, nous, ceux et celle qui voulons apprendre la juste parole, devons apprendre à écouter beaucoup beaucoup car comme l’affirme notre cher Rumi : puisque pour apprendre à parler, il faut d’abord écouter, apprenons à parler en écoutant.

Écouter sans imposer nos jugements aux mots des autres qui nous rentrent au poste d’écoute.

Écouter sans penser, sans penser répondre tout de suite. Écouter et déguster.

Écouter le silence qui se glisse entre les mots, entre le bruit ambiant. Écouter les vibrations des mots et du silence.

Laisser du lousse entre les mots entendus et nos réponses. Pour que nos réponses soient de vraies réponses et non plus des réactions automatiques.

Prendre le temps de laisser les mots des autres tomber en nous, se déposer, résonner pour laisser la réponse juste émerger, si réponse il y a à y avoir. Car parfois la simple écoute est une réponse plus précieuse que tout mot.

L’une de mes activités préférées de la dernière année consiste à méditer – en silence – parfois entrecoupé par de la belle musique et/ou quelques mots sages, parfois pas – avec ma Tribu. Ma gang de silencieux. Messieurs et mesdames Muffler !

Nos ptites faces respectives dans nos écrans Zoomés – ou simplement le nom pour certain(e)s – nos micros fermés, à l’écoute d’un silence commun, en attente sans attentes, en toute présence. Réelle et virtuelle. En présence les un(e)s des autres, les un(e)s aux autres. Moments simples et puissants, simples et nourrissants, simplement rassurants. Merci mes ami(e)s du silence.

Ainsi, pour mon anniversaire cette année, plutôt que de produire une chanson comme l’an passé ou de pondre un texte de remerciement écrit d’avance, j’aimerais donner du silence en cadeau.

Et lancer une invitation aux multiples ami(e)s FB qui m’enverront en grand nombre (le meilleur de FB) leur bons souhaits d’anniversaire de se taire en notre compagnie dimanche matin (ici du moins). Juste ça. Tout ça.

PARLÉCRIRE POUR NE RIEN DIRE

On parle beaucoup. Parfois trop.

OK je parle beaucoup, souvent trop. Et j’écris chroniquement.

Mais pour dire quoi au juste ?

Car qu’est-ce à (tenter de) dire de si essentiel ?

Et parfois on ne parle quand il le faudrait.

Alors cette fois-ci encore, j’essaierai d’écrire pour ne rien dire qui ne doit pas être dit.

J’utiliserai les mots pour simplement tenter de tisser un lien entre nous, entre nos coeurs, entre nos âmes. De la mienne à la vôtre, et vice-versa.

Encore une fois, j’essaierai d’écrire entre les lignes. J’essaierai de dire l’indicible.

Je (tenterai de) tisser un lien avec ces mots, un pont de mots pour unir nos coeurs, pour guérir nos peurs, pour alléger nos lourdeurs.

Que ces quelques mots pour écrire tout oh ! ce que l’on vit tous et toutes et chacun(e) tout bah ! dans les profondeurs de nos coeurs.

Les mots, non pas pour expliquer, mais pour nous rapprocher, car nous utilisons tous et toutes les mêmes mots. Quelques centaines tout au plus pour tenter de nous dire, d’expliquer le grand mystère, pour tendre des perches et tenter de nous entendre et de nous comprendre.

Que quelques centaines de mots tout au plus, qui, de surcroit, ne veulent ni ne peuvent pas dire la même chose pour tout le monde car tout dépend de notre interprétation. Interprétation, qui, en retour, découle de nos expériences et conditionnements. Les mêmes mots aux sens différents.

Alors, c’est complet, j’ai tout dit ?

En fait je n’ai jamais rien dit, rien dit d’autre que ces quelques mots qui partent du bout de mes doigts via mon clavier et qui vous rejoignent parfois, mais pas la plupart du temps. Des mots qui tombent dans le vide, des mots que je m’écris à moi-même au lie de les crier.

Des mots qui chuchotent, des mots qui cachotent, comme dans cachette. Car nos mots ne disent pas tout. Nos mots disent si peu, nos mots ne disent rien du tout, rien du grand Tout. Nos mots ne font que soulever la chape de plomb qui recouvrent nos maux, ils ne font que cacher notre visage originel qui veille au-delà d’eux.

Nos mots ne tentent que de dire Dieu. Le seul et même Dieu.

APOSTASIE, ICI/MAINTENANT & TESTAMENT

Gros printemps cette année. Pour vous aussi ? Pour le monde entier on dirait bien. Même si c’est l’automne au sud, gros printemps qui nous chauffe peu la couenne mais qui met notre moral à l’épreuve. À l’épreuve du temps qui nous passe dessus et dedans.

Et en ce 19 avril, au lendemain d’un lundi saint printanier, on nous annonce autour d’ici une nouvelle bordée de blanc. On va faire avec. Car notre chemin de croix local est somme toute relativement aisé. Considérant les guerres qui sévissent, tant de migrants qui marchent sans but à la rechercher d’un home, la Covid qui s’étire et fracasse ses vagues sur les plages horaires de notre moral, sans parler de notre environnement qui se fragilise sans qu’on semble vouloir changer quoi que ce soit dans nos petites habitudes.

Alors ce matin, cette nuit en fait, nuit post pleine lune pré rosée, quelques idées et mots épars de ma part, et en vrac, pour revenir dans le présent de la vie, cette vie, à quelques jours d’un xième tournant de carré aux dates quelconque à venir. Petites réflexions philosophicomicomiques.

Comme vous le savez peut-être, ou pas, l’an dernier, j’ai légalement changé de nom pour officiellement adopter mon prénom de disciple (d’Osho), et le nom de la lignée familiale de ma mamma italiana Michelina Supino.

Si cette impulsion fut reçue lors d’une cérémonie spirituelle au Brésil il y a 5 ans, le processus s’est manifesté dans le monde concret ici au cours des dernières années pour aboutir en juin dernier. Mais suite à la complétion de ce processus légal, je me demandais un peu quoi faire de mon ancien nom qui me semblait pendre dans le vide juridique.

Et il y a quelque temps, j’entendais une comédienne dire qu’elle avait écrit à l’archevêché de Montréal pour faire une demande d’apostasie (1) et Bingo, j’ai eu ma réponse. J’ai donc rempli un formulaire à cette fin (Google peut nous dire où) et je l’ai envoyé par la poste. Ils en feront bien ce qu’ils voudront. Parait qu’ils ré-écrivent à certains pour demander s’ils/elles sont vraiment certain(e)s de leur décision, ce que je suis. On verra bien mais pour moi, the deal is done.

En faisant cette demande d’apostasie, je voulais libérer mon ancien nom, mon ancienne identité, de tout lien avec les actions commises par l’église catholique, notamment suite à la révélation des péchés mortels commis par cette institution vieillote et hypocrite contre les premières nations, entre autres. Je considère qu’on ne devrait jamais imposer aux âmes naissantes quelconque religion contre leur gré ou au moins sans qu’ils/elles consentent. La moindre des choses.

Ces jours-ci, suite à mon changement de nom, je dois refaire mon testament. Je veux être prêt à quitter clean anytime. Comme si, pour vivre totalement dans le moment, je sentais autant le besoin de dégager mon passé tout en préparant adéquatement ma sortie, à venir quand le bon moment viendra.

Je ne veux pas que ma progéniture soit embourbée dans les détails légaux de ma vie si jamais je devais quitter – plus vite que prévu, car on ne sait jamais rien de la date fatidique. Vaut mieux être prêt à tout, et à toute éventualité. Et prévoir plutôt que d’imposer du chaos à autrui.

Tout cela pour dire qu’entre la passé et l’avenir à venir qui n’est en fait jamais rien d’autre qu’un présent qui fait du sur place tout en passant tout droit, il y a ce présent, le cadeau de la vie.

Pour la première fois de ma vie, à la veille d’un anniversaire à venir dans quelques jours, j’ai décidé de prendre une semaine de vacances pour ne rien faire. Car suite à quelques mois pas mal rock n roll, j’ai besoin d’arrêter, arrêter de faire quoi que ce soit, et ne rien faire, rien d’autre qu’être un peu, beaucoup, passionnément.

Besoin de temps pour méditer, réfléchir, apprécier mon nouveau home, arrêter, gratter ma guitare, ne rien faire de spécial et simplement aimer ma voisine d’amour. Besoin d’espace aussi. Pour rédiger quelques mémoires d’un bookin qui viendra peut-être, ou pas. Pour regarder en avant aussi sans nécessairement devoir faire quoi que ce soit quant à ce qui émergera. Regarder juste pour voir.

Juste besoin de temps cette semaine pour vivre un peu, sans but, sans devoir, du temps pour profiter de la chance qu’on a vous et moi de vivre ici dans la paix, dans le luxe de la nature, à apprécier ce printemps slowmo qui se traîne un peu les pattes et qui nous impose quelques rechutes, de neige.

Chacun ses problèmes. Le nôtres sont relativement insignifiants quand on se compare. Même si on ne devrait pas nous dit-on, on le fait toujours un peu. Se comparer non pas pour se consoler, mais pour ressentir de l’empathie et de la compassion envers ceux et celles qui souffrent et qui subissent les épreuves. Parce qu’on en a la chance, on en a de la chance vous et moi.

Et surtout, je veux mettre en pratique le message fondamental de mon Beloved Master.

L’amour est mon message. J’enseigne l’amour. Et il n’y a rien qui ne soit supérieur à l’amour.

Alors, amor amor amor aux yeux et aux coeurs qui tomberont – par hasard ou par habitude – sur ces quelques mots épars. Entre la naissance et la mort à venir, il y a ce présent.

ati supino.com amor, avec amour

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(1) L’apostasie est la renonciation, l’abandon volontaire et public, de la part d’un adulte responsable, d’une confession, d’une foi, plus particulièrement catholique, au profit d’une autre ou d’aucune.

HUMILITÉ CHRONIQUE

Hum, hum.

Humble devant les autres, humble avec nous-mêmes. Tout est là. Demeurer humble devant les autres car nous sommes tous faits de la même terre, du même humus, et être humble avec soi-même, car notre relation avec soi teinte toutes nos relations avec autrui.

L’humilité est un drôle de concept. Parfois la quête d’humilité peut ne s’avérer que vanité, fausse modestie. Moi le plus humble.

En fait, on ne peut cultiver l’humilité, on ne peut que la devenir au fil de nombreuses expériences, dont certaines difficiles et même humiliantes, ou humilisantes, du moins pour notre orgueil, notre amour propre, notre petit égo juste à soi. C’est souvent quand on perd la face qu’on retrouve son coeur.

On ne devient humble qu’en acceptant notre profonde vulnérabilité et notre co-dépendance au monde et aux gens qui nous entourent, en reconnaissant la profonde humanité qui se trouve au coeur de soi et qui nous relie à la terre et au reste du monde.

On ne peut vouloir être humble, on ne peut que le devenir par la force des choses et des événements de la vie.

L’humilité est très simple, très zen.

Qu’acceptation de ce qui est, tel que c’est comme nous le rappelle si bien notre classique prière de la sérénité.

Mon Dieu donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer,
le courage de changer les choses que je peux
et la sagesse d’en connaître la différence
.

Acception, courage, changement, sagesse et discernement.

L’humilité est inévitablement discrète, elle s’ignore elle-même. L’humilité aime l’ombre, elle se terre sous terre, elle prend place à l’arrière scène.

L’humilité est un processus qui s’acquiert parfois, souvent, à la dure.

De fait, l’humilité n’est en quelque sorte souvent rien d’autre que la disparition et la perte de notre arrogance, cette arrogance et cette détermination qui nous servent si bien à nous construire en ce bas monde, à faire notre place dans la société, notamment dans la première moitié de notre existence. Car avec le temps qui passe, et notre vitalité qui diminue, l’humilité s’acquiert.

Et vient un temps dans notre vie, avec le temps qui nous passe dessus, qui nous sable et nous polit, où l’on commence à ramollir, à oser se montrer vulnérable, ouvert, faible, ce mot tabou. Alors que faible et fiable sont de proches cousins, et faible est un bien fort joli mot. Comme la grandeur qui inclut inévitablement la petitesse.

L’humilité comme racine de la grandeur humaine.

L’humilité c’est se tenir droit devant la mort, celles de nos proches qui nous pétrissent le coeur, comme de la nôtre qui viendra nous prendre au juste moment. L’humilité c’est regarder sa propre disparition en pleine face et avoir foi et confiance que ce que nous sommes profondément ne peut pas mourir.

Ainsi, laissons la vie nous polir, nous policer, nous montrer nos limites, notre grandeur comme notre petitesse. Notre orgueuil comme notre politesse. Et faisons confiance que tout ce qui est est juste et bon, et que l’on ne peut partir que de ce qui est pour aller vers ce qui doit. Car de toute façon, ce qui est n’est que ce qui doit être puisque cela est. Et humbles profondément nous sommes, au-delà de toute prétention et arrogance.

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L’humilité est le symbole de la Noblesse. – Mestre-Conselheiro Luiz Mendes

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Seul un changement de la représentation que nous avons de nous-mêmes et du monde – un changement de paradigme – peut nous faire revenir dans le sillon et retrouver le bon sens.

C’est ce que nous enseignent toutes les sagesses et les spiritualités de l’humanité […] soit de se rappeler que le mot humain trouve sa racine dans le latin humus qui veut dire terre, cette terre où nous sommes nés, à laquelle nous appartenons et qui nous constitue.

Cet humus qui est aussi la racine du mot humilité. Il est temps de se rappeler que nous ne sommes vraiment humains que si nous sommes humbles.

– Boris Cyrulnik – Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner (2012)

OPTI & PESSI MISME

Je ne vois rien de productif à être pessimiste parce que cela ne fait que nous mener à la conclusion selon laquelle il n’y a plus rien à faire et alors pourquoi devrions-nous essayer d’améliorer la situation ? Je crois que cette façon de penser ne peut mener qu’au désastre. C’est pourquoi je ressens une certaine obligation et considère que la seule façon d’aborder une nouvelle journée est de croire, en fait, que l’on peut faire quelque chose pour améliorer la situation. – Sir David Attenborough

Depuis quelques jours, quand j’écris, je jongle avec l’idée de la façon de conserver vivants la foi et l’espoir en ces temps un peu désespérants, ces temps gris un peu partout sur la boule bleue. En pensant aux diverses stratégies pour demeurer optimiste devant cet apparent cul-de sac existentiel que nous terrien(ne)s humain(e)s pouvons mettre en place.

Selon le Larousse, l’optimisme se définit comme :
1- Une doctrine philosophique d’après laquelle le monde est bon et le bien y tient plus de place que le mal.
2. Une disposition d’esprit qui incline à prendre les choses du bon côté.
3. La confiance dans l’issue favorable d’une situation.

Quant au pessimisme, on le devine évidemment comme son contraire et on dit du pessimiste qu’il est enclin par nature à prévoir de préférence une évolution fâcheuse des événements.

Très plausible de croire que la majorité du monde est bon. Mais la minorité est vigoureuse et manifeste. Facile de prendre les choses du bon côté de notre côté du monde. Plus ardu quand on voit ce qui se passe pour les gens de l’Ukraine, ou d’ailleurs même si on le voit moins. Issue favorable d’une situation ? Espérons-le, et faisons notre humble part, à la mesure de notre petite parcelle.

Avouons qu’en ce moment, notre intention de vouloir voir les choses positivement est rudement mise à l’épreuve. On n’a qu’à penser aux guerres, aux injustices, au climat, à l’inflation et à la difficulté pour certains de simplement se nourrir et se loger pour teinter de gris notre regard quant au présent et à l’avenir.

On en revient au principe du verre d’eau qu’on peut voir à moitié vide ou plein, et on peut le boire ou pas. Et on peut embrasser l’idée que les deux sont aussi vrais l’un que l’autre, qu’ils sont en fait complémentaires. Relativement facile pour nous dont le verre est plus qu’à moitié plein. Plus ardu pour d’autres.

Quand le monde est ébranlé tel qu’il l’est ces jours-ci, il me semble qu’on ne peut plus seulement se préoccuper de son propre petit bonheur personnel. C’est le minimum mais ce n’est pas suffisant, ce n’est pas assez. Même si, bien sûr, il est compréhensible de vouloir prendre soin de soi et de ses proches en premier lieu, notre quête de mieux-être doit désormais nous dépasser nous-même. On doit viser le bien du plus grand nombre.

Indispensable de chercher le meilleur pour le plus grand nombre, de vouloir le mieux pour tous les nombrils du monde, pour le monde entier.

Espoir ou désespoir, telle n’est pas la question.

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et comme nous disait Christiane Singer:
Chaque jour, les hommes et les femmes qui prennent soin de la parcelle du réel qui leur est confiée sont en train de sauver le monde, sans le savoir.

Et donner ça donne:

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1044841/generosite-cerveau-heureux-bonheur?fbclid=IwAR1SvNmCmEGVtiIY56GmIT000RAMEtXZIFGZ2eGYS8dl02Ri_eWOw52ATIc