QUESTION DE SENS

Il était une fois, un homme sage à qui on demanda: quel est le sens de la vie ?
Il répondit: la vie en soi n’a pas de sens, la vie n’est qu’une occasion de créer du sens.

Beau n’est-ce pas ? La vie comme occasion de faire du sens.

Ce matin, parlant de sens, j’aimerais tout d’abord débuter cette chronique en saluant personnellement Louise et Isabelle même si on ne se connait pas personnellement, quoi que. Ce sont deux nouvelles lectrices de ces chroniques, qui me lisent à chaque jour ou très régulièrement et qui le soulignent en aimant. Cela donne un sens à ma gymnastique littéraire matinale. Sincère merci mesdames de me lire, d’aimer mes mots et surtout de m’en faire part. Pas pour cela que j’écris, mais belle cerise sur le sundae de mon hobby.

Tout à fait juste de prétendre que la vie n’a pas de sens intrinsèquement. D’ailleurs, peut-être pour cela que certaines personnes mettent fin à leurs jours. Car lorsqu’on souffre et qu’on ne sait pas pourquoi on vit, il devient parfois difficile de continuer.

La vie comme occasion de faire du sens donc. Une possibilité, une chance. Soit d’en faire, d’en créer, du sens je veux dire, ou pas. Car jamais certain qu’on réussisse. Le sens c’est d’la job.

Si on réussit à donner du sens à sa vie, à notre vie, à la vie, cela nous donne l’élan d’avancer, ça nous pousse dans le dos sinon dans le cul, pour continuer, ça nous donne la force de faire le prochain pas. Et comme on sait vous et moi, la vie n’est qu’une série de pas, certains petits, d’autres plus grands, avec le prochain comme seule possibilité concrète. Car on ne peut jamais sauter un pas, même si on peut essayer de sauter à l’occasion. Suffit de mettre son attention et son soin à rendre chaque pas gracieux, sensé, délicat, droit devant, et parfois de côté ou par en arrière.

Alors que si on ne peut donner de sens à quoi que ce soit, car pas certain que le sens existe sans notre volonté d’en trouver, on doit apprendre à vivre le moment pour ce qu’il est. Sans sens aucun. Car parfois comme ça la vie, le sens que l’on donne à la vie ne tient pas toujours la route. Et comme on sait la route est le chemin, et que pas de fil d’arrivée autre que la mort de notre corps, l’idée consiste à prendre soin de chaque pas, même si on ne sait où il nous mène. On ne sait pas où l’on va mais allons-y gaiement.

En fait, le seul sens indisputable dans la vie est celui qui nous mène du berceau au tombeau (ou à l’urne de nos jours). Le chemin qui nous mène vers la fin, la route. L’élan primaire, la drive de fondamentale. On vit et on survit en même temps. Tout au long de la vie, on passe par différentes étapes, diverses épreuves et comme on dit, soit on apprend, soit on recommence.

À chaque jour, on répète plusieurs fois les mêmes gestes. Chaque jour est une occasion d’apprendre à faire du sens, à en injecter dans des tranches de vie toutes semblables les unes aux autres et en même temps différentes. Du lever au coucher, combler ses besoins essentiels, contribuer au monde chacun(e) à notre façon, et si possible, jouir de la vie le plus possible. Et se rappeler de respirer, même si ça se fait tout seul.

Certains jours sont pleins de sens, d’autres moins, ou pas. L’idée consiste alors à apprendre à vivre sans sens j’imagine quand le sens se perd ou s’égare.

Certain(e)s vivent pour réaliser leur mission, d’autres pour vivre leur vinaigrette. Certain9e)s savent, d’autres pas. Tout est question de perception, de décision, et d’humilité et de simplicité.

Je crois que le sens que l’on attribue à la vie est bien relatif et un peu illusoire. Bien sûr, l’amour est probablement le sens fondamental de et dans la vie. Aimer, être aimé(e), partager l’amour. Des gens, des choses, des gestes du quotidien. Aimer faire ce que l’on a à faire, ce que l’on doit faire.

Si on ne peut décider de l’amour que l’on reçoit, il reste toujours celui que l’on donne, celui que l’on offre. En commençant par soi-même évidemment, car là que ça commence pour ça puisse déborder.

De toute façon, on parle de sens, on parle d’amour mais on ne sait avec certitude ce en quoi ça consiste. Alors aimer la vie avec tout ce qu’elle comprend, tout ce qu’implique, tout ce qu’elle comporte, le beau comme le moins, le flow comme les roches. Et même quand on ne saisit pas le sens de tout ça, gardons la foi, car nous sommes en vie vous et moi, et ça, c’est déjà beaucoup.

Ça fait du sens non ? Non ? Pas grave. Mettons du sens dans cette journée alors, un pas à la fois, chaque pas dans la foi. Et qui vivra verra, ou pas.

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La peur a seulement deux causes: la pensée de perdre ce que j’ai ou la pensée de ne pas obtenir ce que je veux.
Dans l’un ou l’autre cas, le pire qui puisse arriver est une histoire.
Rien de ce dont vous avez besoin ne peut vous être retiré.
Et personne ne peut jamais avoir ce dont vous avez besoin.
“Avoir besoin” est une histoire que vous vous racontez vous-même.
C’est un mensonge qui vous fait souffrir et vous sépare de vous-même.
Vouloir ce qui n’est pas vous sépare de ce qui est.

– Katie Byron

CE SILENCE

Il existe un silence en chacun(e) de nous qui nous interpelle et le fait de retrouver ce silence en soi peut nous apprendre le langage des cieux. – Maître Eckhart

Certain(e)s cherchent la gloire, d’autres courent après le cash. Certain(e)s veulent le corps ou le char parfait, d’autres s’emballent dans les plus beaux habits.

Moi je cherche le silence, mon silence, LE silence, CE silence. Celui qui réside en moi, dans mon corps, et parfois dans ma tête, celui qui voyage de l’un à l’autre, qui englobe tout.

Ce silence qui remplit de vide le bruit de la vie.

Ce silence qui gronde de paix et vrombit de calme.

Ce silence qui permet à notre âme de reposer en paix, qui ancre notre corps dans la terre et qui élève notre âme jusqu’aux cieux.

Ce silence qui détend chaque muscle de notre corps, chaque neurone de notre cerveau.

Je cherche le silence qui contient toutes les vérités du monde. Ce silence qui rend les mots futiles et inutiles, imprécis et inédits, ce silence qui dépasse les mots. Celui qui se trouve entre les lignes, celui qui se cache tous les mots du monde.

J’ai soif de ce silence qui rallie tous les langages et qui relie toutes les langues en une seule, celle de l’au-delà, l’au-delà des mots, l’au-delà des oh ! et des ah !

Je veux trouver ce silence indispensable, ce silence impensable qui se rit des mots et les rend caduques et dispensables.

Je ne cours pas après ce silence car il est toujours juste là, ici en moi. Pour le goûter dans ma bouche et dans mon âme, je ne dois qu’arrêter, observer, calmer le pompom de mon petit mental énervé, donner un break à mon ptit hamsteur menteur.

Car jai beaucoup cherché ce silence en dehors de moi et nulle part ne l’ai-je trouvé ce dit silence.

J’ai trouvé des musiques qui m’en ont approché, qui me l’ont fait le deviner.

J’ai trouvé de beaux discours qui m’ont séduit mais qui m’ont laissé bouche béante.

Mais jamais, en dehors, out there, ne me suis-je approché du silence que je goûte parfois en moi, ce silence cuit cuit maison, home-baked.

Ce silence qui se glisse entre les si nombreux mots qui me visitent et que j’écris en bla bla bla pour m’en libérer, pour laisser toute la place au silence.

Ce silence qui, se matin, ne m’a jamais quitté malgré la pépine et le bulldozer du voisin, pendant que les oiseaux piallaient leur silence en toute joie.

Car si ce qui se dit est nécessaire pour le moment, ce silence est primordial, a toujours été et sera à tout jamais.

Et comme l’amour et la beauté, ce silence est en nous.

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Fais ton travail et accomplis tes devoirs de tout ton cœur.
Essaye de travailler de manière désintéressée avec amour.
Donne-toi, investi-toi dans tout ce que tu fais.
Ensuite, tu ressentiras et expérimenteras la beauté et l’amour dans tous les domaines de travail.
L’amour et la beauté sont en toi.
Essaye de les exprimer à travers tes actions et tu toucheras certainement la source même du bonheur.

– Amma

DIEU PROPOSE ET ON DISPOSE ?

Un enfant demanda à Dieu : «si tout est pré-destiné, alors pourquoi devrais-je vouloir quoi que ce soit ? »
Dieu sourit et répondit : «peut-être que sur certaines pages j’ai écrit: ici c’est toi qui décides.»

La lecture de ces quelques mots a fait résonner quelque chose en moi. Ding !

Parfois, j’entends des gens affirmer très très catégoriquement sans doutes aucuns: il n’y a pas de hasard !

Really ? Et comment savez-vous ça vous au juste ? Ah peu importe.

En tous cas, moi personnellement, je n’ai aucune idée si cette existence n’est qu’un gros hasard chaotique ou une symphonie bien ficelée et déjà écrite par la personne des vues.

J’ai en effet souvent pensé dualitairement en moi-même: soit tout est un hasard, soit tout est déjà décidé et les choses ne font que se déployer comme elles sont prévues dès le départ.

Un peu comme George Carlin qui se demande pourquoi on émet de prières personnelles si on a foi dans le plan divin.

Mais peut-être qu’il existe un entre-deux ?

Et un plan divin, et une possibilité d’histoires spontanées personnelles à l’intérieur de divin plan. Genre. Un mix des 2.

Possiblement que les grandes lignes de l’évolution de la vie humaine, le plan divin pour les croyant(e)s des diverses lignées, sont déjà tracées. Ou pas. Peut-être que oui, peut-être que pas.

Mais tout ce que l’on peut faire concrètement, c’est de prendre la pas suivant du mieux que l’on peut car on a bien peu d’emprise face à l’avenir à venir, même si on dit qu’il se prépare maintenant.

Mais peut-être aussi que la vie, même si elle est déjà semi-déterminée dans ses grandes lignes, avec un détachement graduel des choses et le dépérissement graduel du corps avec la mort au bout du chemin, nous offre de petites poches de libre-choix ?

Peut-être que le fil d’arrivée est déjà dans la mire de notre inconscient mais qu’on a le choix du chemin pour s’y rendre ? Comme on dit, tous les chemins mènent au somment mais certains(e) y vont plus directement alors que d’autres serpentent sur les chemins de traverse.

On dit que Dieu – ou la vie si ces quatre lettres vous donnent des démangeaisons – propose, et que nous, on dispose.

En tous cas, on semble avoir une certaine marge de manoeuvre de notre capacité de voir les choses; comme on veut, ou comme on peut.

Certain(e)s choisissent de conserver un regard fixe sur les dites choses, se campant dans la certitude, alors que d’autres préfèrent douter et se garder une petite gêne.

Mais au fond, peu importe ce que l’on croit, que sera sera. Plan divin ou pas, zéro ou full hasard.

Pour le moment, apprécions la page sur laquelle nous surfons.

ET FLOUSH ET FLOUSH

Une mer entière ne peut couler un bateau à moins que l’eau n’y pénètre. De la même façon, la négativité du monde entier ne peut vous éteindre à moins que vous ne lui permettiez de le faire.
– Tich Nhat Han

Pas mal de moins belles choses qui se passent en ce bas monde en ce moment non ?

L’environnement, les conflits armés, le régressisme juridique et politique chez nos voisins d’en bas face aux droits des femmes, l’inflation, la crise du logement, la polarisation, la rapidisation du monde, et autres tutti quanti.

Sans s’y fermer complètement, quoi que certaines limites soient nécessaires pour ne pas se faire inonder ou infiltrer, quand même tout un exercice de discriminer.

S’informer au sujet de notre monde, sans caler dans la bouette ni s’engluer dans les sables mouvants des mauvaises nouvelles ou/et de la désinformation.

Se tenir au courant de ce qui se passe ailleurs sur notre planète, sans se faire gruger par la peur, l’angoisse ou l’anxiété.

Pas si évident de trouver l’équilibre entre l’empathie pour ce monde, notre monde, en particulier pour les gens qui le peuplent et qui souffrent, et notre propre petit bien-être personnel assez douillet s’il en est un.

Car on veut et peut bien cultiver la paix en soi et autour, pas si simple ni aisé de le faire sans se soucier du sort du monde, car notre monde. Ni sans ressentir la douleur de ceux et celles qui souffrent, en particulier, les enfants, les gens plus fragiles.

Alors ?

Comment ressentir toute la douleur qui habite les gens de notre monde sans que cette douleur ne prenne toute la place ?

Comment apprécier notre chance sans ressentir de culpabilité ? Car bien sûr, nous ne sommes coupables de rien (contrairement à ce que les autorités catholiques ont voulu nous faire sentir), mais nous sommes en même temps responsables de notre petit bout de terre et de terrain, que ce soit en nous, comme autour.

Responsable comme en anglais able to respond, capable de répondre. Premièrement répondre plutôt que réagir. Et ensuite, répondre par quels gestes concrets ? Car on a beau penser savoir ce qu’il faudrait faire pour alléger une toute petite partie de la douleur du monde, faire quelque chose de significatif est une autre histoire.

Et de fait, faut-il absolument faire quelque chose ? La prise de conscience n’est-elle pas suffisante ? Et de toute façon, fait-on quelque chose pour se dédouaner ? Ou penser le faire ?

Comme vous voyez, plusieurs questions qui me trottent en tête ce matin. Comme toujours.

Pour le moment, je les mettrai sur le rond d’en arrière et j’irai prendre soin de mon ptit bout du monde ici, semant un peu d’ordre et beauté. Pas mal la seule chose que je puisse faire pour le moment. Avec garder en coeur et en tête les gens pour qui la passage actuel est moins simple que le mien.

MAMMIE BLUES – FÊTE AMÈRE

photo: Maya Sarah

La fête des Mères aujourd’hui. Comme à chaque 2ème dimanche de Mai. Bien peu une journée par année pour souligner officiellement, ouvertement et publiquement tout l’amour, les sacrifices, le soin, et l’importance de nos mères dans nos vies, dans LA vie. Quand même, au moins une journée.

Mais un peu étrange de fêter la fête des mères cette année alors que l’enjeu du droit à l’avortement revient – encore ? tab… – dans l’actualité. D’ailleurs, les boys, on se mêle de nos affaires et on se calme le sac à pompoms OK ? Car vraiment pas de nos affaires cet enjeu-là.

Mais autre débat. OK la fête des mères.

Moi, aujourd’hui, c’est vers certaines mères et femmes en particulier que j’aimerais envoyer ces quelques mots et pensées.

Premièrement, aux mères qui ont perdu un ou des enfants, que ce soit en cours de grossesse, à la naissance, après quelques jours ou plusieurs années plus tard. Il n’est pas naturel de perdre des enfants, ce n’est pas dans l’ordre des choses.

La simple idée de perdre un enfant me chavire le coeur de tous bords et côtés et sème une tempête de désordre dans ma tête de père, et ceci n’est qu’une peur imaginée pour moi alors que pour vous, c’est un souvenir que je ne peux qu’imaginer douloureux que vous portez sous et dans votre peau, un souvenir pénible avec lequel vous devez vivre chaque jour, particulièrement le 2ème dimanche de mai, à chaque année.

Vers vous j’envoies mes pensées les plus douces, les plus sincères, les plus réconfortantes si cela est possible. Vers vous j’envoies mes tentatives de compréhension. Je ne sais pas ce que vous portez en coeur et en corps, je ne peux que le pressentir et l’imaginer, même si seulement vaguement et que dans ma ptite tête. Vous, j’imagine que c’est dans le corps, dans le coeur et jusque dans votre âme que vous le portez. Pour toute votre vie. Je m’incline devant votre douleur (si c’est le cas) et je vous porte en mon coeur, pour ce que ça vaut. Je vous souhaite de faire la paix.

Ce matin je pense aussi à une amie en particulier qui est en train de perdre un de ses fils ces jours-ci, et qui me racontait l’autre jour toutes les tracasseries administratives et médicales qu’ils doivent vivre ces jours-ci seulement pour soulager la douleur de son fils en ces derniers jours. Toute ma compassion à toi ma chère amie, tu sais qui tu es. Ouf !

Je pense aux mères qui n’ont pas pu, ou su, prendre soin de leurs enfants selon les standards habituels. Les mères qui ont dû confier leurs enfants à autrui, soit à des gens ou à des institutions, pour qu’ils/elles reçoivent des soins plus adéquats qu’elles auraient pu leur donner. Peu importe les raisons. Vous avez fait du mieux que vous avez pu, dans la mesure du possible. Sachez que vous n’êtes pas jugées, pas par moi du moins. Car parfois, la vie, elle ne va pas toujours comme on veut, et nous on fait toujours du mieux qu’on peut. Compassion vers vous.

Aujourd’hui, je pense aussi aux enfants qui ont eu des relations difficiles avec leur mère, vous qui ne vous souvenez pas en rose de maman et pour qui cette fête d’aujourd’hui ressasse toujours des souvenirs délicats. Je vous souhaite de faire la paix avec votre mère, qu’elle soit vivante ou pas, que vous la connaissiez ou non. Si ce n’est qu’une mère imaginaire, qu’elle vous prenne dans ses bras et elle dans les siens. Paix sur la terre aux mères de bonne volonté, et/ou aux capacités et habiletés réduites.

Je pense à toutes les femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants, celles qui sont parfois considérées comme des non-mères, et souvent jugées d’égoïstes pour leur choix. Peu importe les raisons pour lesquelles vous n’avez pas eu d’enfants, pas de mes affaires, pas de nos affaires, que les vôtres. Vous avez vos raisons et vos circonstances et que le monde les respecte. Basta !

Je pense à toutes les femmes qui n’ont pas choisi mais qui n’ont pas réussi à avoir d’enfants alors qu’elles en voulaient et en désiraient.

Je pense à toutes les femmes qui ont fait tant de démarches naturelles et moins sans toutefois réussir à arriver à terme. Tant d’essais, tant d’espoirs et de déceptions, tant de montagnes russes chavirantes, sans que la vie ne vienne comme vous le vouliez.

Je pense aux femmes qui ont élevé les enfants des autres comme si c’étaient les leurs.

Je pense à toutes les femmes qui ont porté des enfants pour d’autres, les donnant à la naissance.

Je pense à ma mère, qui a pris soin seule de nous 4, ses enfants. Gratitude infinie môman. Désormais je parle en ton nom.

Je pense aux mères de mes deux filles, Charu et Sabera, je vous ai vu aller depuis 40 ans, depuis 27 ans, je sais un peu, un peu mieux tout ce que ça implique. Merci, encore et encore.

Je pense aussi à toutes ces mères autochtones qui ont vu leurs enfants enlevés et disparaître. Aho !

Je pense aussi aux mère Afghanes aperçues dans un reportage il y a quelques mois et qui doivent vendre un de leurs enfants pour pouvoir nourrir les autres. Ouch en plein coeur.

Et à toutes les autres mères qui prennent soin d’une progéniture, que ce soit la leur ou celle d’autres mères, que ce soit sur les routes en direction d’un home espéré, sur un bateau vers une terre promise, dans un camp de réfugié(e)s, ou dans toute autre situation difficile. On ne peut même pas imaginer. Merci.

Vers vous toutes, qui portez la vie, mères et femmes, que ce soit par des enfants ou autrement, vous qui représentez la moitié de l’humanité et qui ne l’ont pas ni ne l’ont pas eu facile au fil de l’Histoire avec un grand H ou de vos plus petites histoires respectives personnelles, toute ma reconnaissance et mon respect de la part de nous, l’autre moitié du monde qui ose encore décider encore pour vous. Excusez-nous car on ne sait pas ce que l’on fait, sinon on ne le ferait pas. J’espère qu’on va finir par apprendre.

Et en terminant, une pensée toute spéciale pour les femmes du mouvement du Pain et des Forêts qui se regroupent à Québec aujourd’hui. Lâchez pas, nous sommes plusieurs à vous voir, à vous regarder et à vous entendre. Maintenant il faudrait qu’on vous écoute. Car vous portez quelque chose de fondamental.

Amour vers vous toutes. Merci pour la vie.

LIBERTÉ D’ÊTRE ET DE FAIRE, OU PAS

N’essaie pas de faire confiance, fais seulement confiance au fait que tu ne peux pas faire confiance en ce moment.
Ne force pas la gratitude; éprouve seulement de la gratitude pour le simple fait de ne pas pouvoir ressentir de gratitude en ce moment.
Aime ton incapacité à ne pouvoir aimer totalement, accepte ta non-acceptation, abandonne-toi è ton incapacité de ne pas pouvoir t’abandonner en ce moment même.
Peu importe ce qui arrive, peu importe la déception que ça engendre, dis-toi: tu n’est rien d’autre que la vie elle-même, et je m’incline devant toi. Ceci est la liberté.
– Jeff Foster

Notre Jeff national a joliment le tour avec les mots sincères, les mots humbles, les mots qui résonnent dans notre simplicité d’humain(e)s. Clairement l’un des nôtres.

Maudit qu’on aimerait ça pouvoir faire confiance hein ?

Ou avoir la foi. Mais on ne peut faker en ce domaine, ou prétendre. On fait confiance ou pas. Ou parfois. Mais d’autres fois, pas mal plus difficile. Notamment quand nous sommes ébranlées dans nos convictions.

Le doute danse toujours main dans la main avec la foi et la confiance. On a beau avoir la foi, faire confiance, souvent aucune preuve dans le moment. Et on peut toujours se tromper.

Si j’ai toujours associé foi et confiance, il me vient comme j’écris ces mots que la confiance concerne peut-être davantage la tête, alors que la foi relève du coeur, sinon de l’âme. Disons que si la confiance concerne notre vie horizontale, nos besoins fondamentaux, la foi serait davantage liée à la vie verticale. À mes yeux, la foi est une forme de méga confiance. Je ne fais que supputer. Suppute toujours mon lapin.

La gratitude ? Pas innée non plus. Certain(e) ont peu et l’apprécie grandement alors que d’autres en ont beaucoup beaucoup et en veulent toujours plus sans apprécier le beaucoup beaucoup qu’ils ont.

Quand on se compare à pire que soi, on ne peut que ressentir de la gratitude. Mais malgré qu’on soit parmi les plus privilégié(e)s de la planète, dès que survient un petit ou grand pépin, notre gratitude peut disparaître rapidement. Et vivre sans se plaindre est un sport extrême… mement difficile. Nous sommes vites sur la gachette. Et on gâche souvent notre plus que parfait par du conditionnel.

Et l’amour, ah l’amour. Toujours toujours ? Non. Facile d’aimer d’un coupe de coeur le monde entier mais plus difficile d’aimer une personne à la fois. Surtout les plus différentes de soi. Malgré ce que l’on souhaite, nous ne sommes pas toujours dans l’acceptation de l’amour; autant celui qu’on reçoit que celui que l’on donne. Mais,, comme pour la confiance, la foi ou la gratitude, on ne peut qu’accepter le fait qu’on se coupe souvent de l’amour, qu’on lui dit non, qu’on le garde pour soi ou qu’on le partage à coup de compte-gouttes. Car l’amour est puissant, et dérageant, et décapant.

Comme l’exprimer ci-haut notre ami Jeff (plus un chum qu’un gourou lui hein ?) : tu n’est rien d’autre que la vie elle-même, et je m’incline devant toi. Ceci est la liberté.

Qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou pas, qu’on s’en rappelle parfois, souvent ou jamais, nous ne sommes en effet qu’une des multiples manifestations de la vie. Rien de personnel même si la formule est utilisée à outrance. Nous sommes une créature/création de Dieu, ou de la Vie/Existence si le mot de 4 lettres vous irrite, et nous ne pouvons rien faire d’autre qui ne soit pas juste, même des erreurs, car celles-ci recèlent toujours de grandes leçons.

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Seulement un connaisseur des fleurs de l’amour peut comprendre le langage du cœur d’un amoureux. Les autres n’ont aucun indice. Même pas un indice n’est possible, vous devrez entrer dans le monde de l’amour.

Et ne demandez pas comment ?

Vous devrez marcher dans l’obscurité. Et ne demandez pas une carte ? Parce que cette demande elle-même est contraire à l’amour. C’est pourquoi la confiance est nécessaire.

Si vous avez confiance en une personne, vous direz O. K., si vous m’envoyez dans les ténèbres, j’irai, si vous m’envoyez à la mort, j’irai. Sur la voie de l’amour, la confiance est la chose la plus essentielle. Sur la voie de la méditation, vous pouvez vous mouvoir sans confiance. Sur la voie de la méditation, vous pouvez avancer sans lâcher prise.

Mais sur la voie de l’amour, pas sans abandon. Pas sans confiance. Parce que c’est l’ultime première porte. L’amour demande tellement. Ses demandes sont les plus impossibles. Au premier pas, l’amour est facile, mais très demandant. C’est pourquoi, même si la voie est si facile, si peu de gens l’entreprennent…

Le sentier de la méditation est très difficile, mais pas autant demandant. C’est pourquoi même si la voie de la méditation est difficile et ardue, pourtant plusieurs personnes la parcourent.

Mais considérez les demandes : sur la voie de la méditation, ce qui est exigé au dernier pas est demandé au premier pas sur la voie de l’amour… »

– Osho (traduction française via Alain Nyala)

ÉPIQUE ÉPOQUE

J’ai tout de suite apprécié ces mots. Pour cela que j’ai envie de les commenter. Et de les utiliser comme une miroir dans lequel me regarder.

Tout d’abord, malgré le fait que j’écrive presqu’à tous les jours, je ne veux pas que l’on porte trop d’attention à ma personne. Plus à mes mots, mes idées et les réflexions qui vivent en moi – et qu’elles peuvent susciter en vous – qu’à moi. Pour cela que vous trouverez très peu de photos de moi en circulation. Pas trop d’intérêt là pour ma part. J’aime davantage dévoiler les idées et réflexions qui me traversent le cerebelum que les détails de la surface de mon visage ou de mon corps.

Et après un certain nombre d’années, on pourrait dire que oui, nous sommes d’une autre époque. En ce sens, si j’essaie d’avoir du respect pour tout le monde, même si cela demande parfois un effort quand les gens insultent autrui, j’ai toujours porté et je porte encore toujours un respect particulier pour toute personne qui a plus d’années au corps que moi. Simple respect mathématique. Toute personne qui a vécu plus longtemps que moi me semble mériter du respect simplement pour avoir marché une route plus longue que la mienne. Et avoir perdu des proches, ami(e)s, collègues. Respect.

Je crois encore aux valeurs de la famille, (même si sa forme change), de l’amitié (même si elles semblent moins nombreuses mais plus profondes avec les années ), de l’honnêteté (face à soi et aux autres) et du respect (envers tout ce qui vit). En plus de quelques autres valeureuses valeurs heureuses on the side.

Avec les années qui passent, il me semble de plus en plus plausible de croire que la vie est une roue qui tourne – les saisons me le démontrent clairement ici via mes fenêtres depuis 11 ans – et que tôt ou tard nous récoltons ce que l’on sème maintenant – ou récolterons – toujours ce que l’on a semé jadis. Qu’on ne peut tricher avec la vie. Même si cela s’avère souvent plus tard que tôt. Les miroirs que l’on croise sont là pour nous le rappeler. Comme notre conscience à 3 h du matin quand on tourne et tourne dans notre lit.

Je me contente facilement d’un amour simple, nourrissant et ordinaire, et de quelques amitiés sincères qui durent dans le temps, comme certaines plus récentes (dont mes silencieux(ses) Buddha buddy(e)s de la Tribu), de nature, d’un toit et de chaleur, d’eau fraîche et d’un peu de nourriture. Et de temps, et d’écriture, et de regarder le temps qui passe. Petit train train ne va pas si loin mais se vit très très bien. Les souhaits d’anniversaire sur FB réchauffent mon coeur, et le simple fait de me savoir apprécié par quelques-un(e)s aussi.

Je tente de vivre à ma façon. En fonction de ce en quoi je crois, ce qui me motive, me passionne, m’allume. Dans le respect de la nature et des gens, des animaux et des lieux. Je ne veux pas trop d’attention, pour ça que ça prend place à côté de la main track, que ça déroule dans ma petite forêt ici, à l’abri des regards. La discrétion a bien meilleur goût.

Contrairement aux mots ci-haut, je vais de moins en moins toujours de l’avant car je tente d’apprendre à faire du surplace de qualité. Slowmo est mon motto. J’apprends lentement et parfois durement à prendre le temps de faire chaque pas avec attention et l’intention de faire du sur place de qualité. La vie s’arrangera bien de nous faire avancer par en avant.

Même si ce que les autres pensent de moi ne me détourne pas de la route à suivre, je ne peux pas affirmer que je ne fais pas attention à ce que les autres disent ou pensent (mots manquants dans le texte) de moi. Car parfois, il y a des remarques justes et bonnes qui nous sont dirigées. Et parfois, selon de qui ça vient, certaines remarques m’ébranlent et me remettent – temporairement – en question. J’écoute, je jauge et je juge de la justesse et de la pertinence de la remarque. Et si le commentaire reçu nécessite un ajustement de ma part, ainsi sera-t-il.

Et pour terminer, je modifierais la dernière phrase que je trouve trop pessimiste. Le but de notre vie ne suffit pas de ne pas se dégoûter soi-même, remontons la barre un peu.

Car ce qui compte c’est de pouvoir se regarder dans le miroir et s’apprécier soi-même et à sa juste valeur. Et toute la vie est un miroir; chaque individu, chaque situation, tout ce qui apparait dans nos yeux et nos écrans. Tout ce que l’on voit, tout ce que l’on pense, tout ce que l’on sent et ressent, tout ce que l’on dit et tout ce que l’on fait n’est que réflexion de nous-même, regard auto-portant.

Car chaque regard que l’on porte sur la vie en dehors de nous témoigne de notre relation avec nous-même. Toujours soi face à soi.

Aho !

MÉDITER POUR RIEN

Lorsque la quête cesse, la méditation est. – Krishnamurti via Bodhi

On ne médite pas pour acquérir quelque chose de plus.

On ne médite pas pour illuminer.

On ne médite pas pour être plus, ni mieux, ni meilleur.

Au contraire.

On médite pour être moins. Moins dans notre tête seulement et habiter davantage tout son corps, puis son entourage immédiat jusqu’à finalement éventuellement se fondre dans tout l’univers.

On médite surtout pour arrêter. Arrêter de faire, arrêter d’avancer, arrêter d’aller toujours par en avant.

On ne médite surtout pas pour arrêter de penser car quiconque s’est déjà assis sait très bien que ça spinne sans arrêt là-haut dans la caboche. On dirait même que ça pense encore plus quand on s’assoit pour observer pensées, sensations et respirations.

Car on pense toujours à 100 milles à l’heure mais dans le cours des choses, on ne s’en rend pas compte.

Alors pourquoi prendre du temps pour méditer ?

Pour simplement être. Pour tout bonnement arrêter et prendre davantage conscience de ce qui se passe en soi, dans son corps, dans sa tête, dans son monde.

Et il peut arriver qu’on réalise par moment que notre petit monde n’est finalement que notre grand monde. Que notre corps est le corps du monde entier.

Quand on prend le temps de s’arrêter, on arrête de chercher à l’extérieur de soi.

On peut espérer pouvoir apporter une touche méditative dans toutes nos activités. Peut-être qu’un jour on en arrivera là.

Mais pour méditer depuis quarante ans, je peux affirmer que pour moi du moins, il est encore nécessaire d’arrêter complètement pour méditer, pour continuer ma pratique à prendre conscience de ce qui se passe en moi.

Nécessaire d’arrêter le corps, le mouvement, l’action pour ralentir et porter davantage attention au rien qui m’habite.

Et tout encore plus riche pour moi de le faire en compagnie d’une sangha, même si virtuelle, même si à distance. Riche pour moi de ne plus rien chercher au sein d’une communauté d’âme inspirées par le même but, soit celui de n’avoir aucun but. Aucun but autre que celui d’être ensemble, à ne plus chercher mais à simplement être.

SOUFFLE ET BATTEMENTS

Jour 2 d’un jeûne de 3.

Un moment à la fois, le foie se nettoie, la foi se raffermit.

Moment, instant, deux mots pour nommer cette même parenthèse existentielle qui glisse brièvement entre ce qui est déjà passé et ce qui n’est pas encore arrivé.

Une intervalle, un souffle de vie, une bribe de conscience. Que la vie qui nous passe dessus et dedans, la vie qui passe et nous dépasse tant le mystère est vaste. La vie qui prend place en dépit de nous, au delà de soi.

La citation de Boris Vian ci-haut est riche de sens.

Soit tout se passe en ce moment précis et qu’en lui. Moment, qui, lui-même, ne fait que passer et repasser. Et dont toute notre vie dépend, sur lequel tout le reste de cette vie repose. Et en même temps, qu’un moment qui passe. Déjà passé. Ni plus ni moins important que le précédent ni le suivant, que le même moment en fait qui s’étire tout le temps.

Soit tout se passe en ce moment, soit dans le suivant. Ou dans l’autre. Et encore et encore. Alors que nous faisons du mieux que nous pouvons. Au meilleur de notre connaissance et de notre expérience. Essais mais jamais d’erreurs.

Car cette vie n’est qu’une suite de moments qui filent, moments prenant place l’un à la suite de l’autre et en même temps, peut-être qu’un seul même et grand moment en re création constante.

Mais qu’est-ce qui distingue un moment réussi d’un moment raté ? Est-il possible de rater un moment si tout ce qui se déroule est toujours parfait ? Car seules même nos prétendues erreurs peuvent nous permettre d’apprendre dans bien des cas.

La vie ne peut se découper, ni en instant, ni en moment, car qu’une seule et même vague indécoupable et inséparable.

La seule mesure du temps ne peut peut-être que se mesurer en souffle. Une inspiration à la fois. Suivie par un expire. Et encore peut-être plus importantes : les intervalles entre les deux. Sans cesse, sans fin, du moins avant la mort, une suite d’inspirations avant l’expiration finale. Du corps. Seulement du corps. Car l’âme doit bien lui survivre.

Mais peut-être aussi en battements de coeur la mesure de la vie qui passe, poupoum poupoum à l’infini. Jusqu’au trépas du corps.

Ainsi, la vie ne serait que souffle et battements.

Agrémentés des pensées qui visitent notre mental en boucle, et des sensations et émotions qui animent le corps. Sans parler des multiples activités bio-organiques qui prennent place en arrière-plan.

Aussi simple que ça la vie. En ce moment du moins. Pour un instant. Et le suivant, Et le suivant…

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Gardez ça simple.
Tout se résume à ceci : Arrêtez de penser que vous avez le temps, que vous pouvez en quelque sorte le remettre à plus tard. Ce moment est tout. C’est tout.
Être éveillé(e) – (illuminé(e) – c’est être inconditionnellement intime avec ce moment.
Il n’y a pas d’autre moment où lieu pour vous donner, totalement, à tout ce qui est.

Tout le reste concernant les expériences spirituelles et la transformation n’est que mémoire, spéculation et fantasme, n’est-ce pas ? »

–Scott Morrison,
There Is Only Now & Open and Innocent: The Gentle, Passionate Art of Not-Knowing
– via Joan Tollifson sur FB – traduction maison

UN MOMENT À LA FOI

La plupart des humains ne sont jamais tout à fait présents au moment présent parce qu’ils croient inconsciemment que le prochain moment doit être plus important que celui-ci.
Mais ce faisant, vous passez à côté de votre vie qui n’est jamais
ailleurs que maintenant.
– Eckart Tolle

Ce matin, ma voisine d’amour et moi, son voisin de coeur, entamons un jeûne. Question de flusher l’hiver, et de préparer le corps pour la nouvelle saison à venir.

Pendant ces 3 jours, j’ai vraiment l’intention de me pratiquer à être tout à fait présent à chaque moment. À vivre chaque moment, moment par moment, pour ce que chaque moment aura à apporter, au moment où il l’apportera.

Alors pour les 3 prochains moments-jours, je plonge en moi.

Je tiendrai peut-être chronique, ou pas, selon ce que le moment du moment ordonnera. À suivre. Moi je suivrai le moment.

À plus alors.