QUESTION DE SENS

Il était une fois, un homme sage à qui on demanda: quel est le sens de la vie ?
Il répondit: la vie en soi n’a pas de sens, la vie n’est qu’une occasion de créer du sens.

Beau n’est-ce pas ? La vie comme occasion de faire du sens.

Ce matin, parlant de sens, j’aimerais tout d’abord débuter cette chronique en saluant personnellement Louise et Isabelle même si on ne se connait pas personnellement, quoi que. Ce sont deux nouvelles lectrices de ces chroniques, qui me lisent à chaque jour ou très régulièrement et qui le soulignent en aimant. Cela donne un sens à ma gymnastique littéraire matinale. Sincère merci mesdames de me lire, d’aimer mes mots et surtout de m’en faire part. Pas pour cela que j’écris, mais belle cerise sur le sundae de mon hobby.

Tout à fait juste de prétendre que la vie n’a pas de sens intrinsèquement. D’ailleurs, peut-être pour cela que certaines personnes mettent fin à leurs jours. Car lorsqu’on souffre et qu’on ne sait pas pourquoi on vit, il devient parfois difficile de continuer.

La vie comme occasion de faire du sens donc. Une possibilité, une chance. Soit d’en faire, d’en créer, du sens je veux dire, ou pas. Car jamais certain qu’on réussisse. Le sens c’est d’la job.

Si on réussit à donner du sens à sa vie, à notre vie, à la vie, cela nous donne l’élan d’avancer, ça nous pousse dans le dos sinon dans le cul, pour continuer, ça nous donne la force de faire le prochain pas. Et comme on sait vous et moi, la vie n’est qu’une série de pas, certains petits, d’autres plus grands, avec le prochain comme seule possibilité concrète. Car on ne peut jamais sauter un pas, même si on peut essayer de sauter à l’occasion. Suffit de mettre son attention et son soin à rendre chaque pas gracieux, sensé, délicat, droit devant, et parfois de côté ou par en arrière.

Alors que si on ne peut donner de sens à quoi que ce soit, car pas certain que le sens existe sans notre volonté d’en trouver, on doit apprendre à vivre le moment pour ce qu’il est. Sans sens aucun. Car parfois comme ça la vie, le sens que l’on donne à la vie ne tient pas toujours la route. Et comme on sait la route est le chemin, et que pas de fil d’arrivée autre que la mort de notre corps, l’idée consiste à prendre soin de chaque pas, même si on ne sait où il nous mène. On ne sait pas où l’on va mais allons-y gaiement.

En fait, le seul sens indisputable dans la vie est celui qui nous mène du berceau au tombeau (ou à l’urne de nos jours). Le chemin qui nous mène vers la fin, la route. L’élan primaire, la drive de fondamentale. On vit et on survit en même temps. Tout au long de la vie, on passe par différentes étapes, diverses épreuves et comme on dit, soit on apprend, soit on recommence.

À chaque jour, on répète plusieurs fois les mêmes gestes. Chaque jour est une occasion d’apprendre à faire du sens, à en injecter dans des tranches de vie toutes semblables les unes aux autres et en même temps différentes. Du lever au coucher, combler ses besoins essentiels, contribuer au monde chacun(e) à notre façon, et si possible, jouir de la vie le plus possible. Et se rappeler de respirer, même si ça se fait tout seul.

Certains jours sont pleins de sens, d’autres moins, ou pas. L’idée consiste alors à apprendre à vivre sans sens j’imagine quand le sens se perd ou s’égare.

Certain(e)s vivent pour réaliser leur mission, d’autres pour vivre leur vinaigrette. Certain9e)s savent, d’autres pas. Tout est question de perception, de décision, et d’humilité et de simplicité.

Je crois que le sens que l’on attribue à la vie est bien relatif et un peu illusoire. Bien sûr, l’amour est probablement le sens fondamental de et dans la vie. Aimer, être aimé(e), partager l’amour. Des gens, des choses, des gestes du quotidien. Aimer faire ce que l’on a à faire, ce que l’on doit faire.

Si on ne peut décider de l’amour que l’on reçoit, il reste toujours celui que l’on donne, celui que l’on offre. En commençant par soi-même évidemment, car là que ça commence pour ça puisse déborder.

De toute façon, on parle de sens, on parle d’amour mais on ne sait avec certitude ce en quoi ça consiste. Alors aimer la vie avec tout ce qu’elle comprend, tout ce qu’implique, tout ce qu’elle comporte, le beau comme le moins, le flow comme les roches. Et même quand on ne saisit pas le sens de tout ça, gardons la foi, car nous sommes en vie vous et moi, et ça, c’est déjà beaucoup.

Ça fait du sens non ? Non ? Pas grave. Mettons du sens dans cette journée alors, un pas à la fois, chaque pas dans la foi. Et qui vivra verra, ou pas.

____
La peur a seulement deux causes: la pensée de perdre ce que j’ai ou la pensée de ne pas obtenir ce que je veux.
Dans l’un ou l’autre cas, le pire qui puisse arriver est une histoire.
Rien de ce dont vous avez besoin ne peut vous être retiré.
Et personne ne peut jamais avoir ce dont vous avez besoin.
“Avoir besoin” est une histoire que vous vous racontez vous-même.
C’est un mensonge qui vous fait souffrir et vous sépare de vous-même.
Vouloir ce qui n’est pas vous sépare de ce qui est.

– Katie Byron

Une réflexion au sujet de « QUESTION DE SENS »

  1. René Beauparlant

    Merci Ati! Avec l’humain comme créateur de sens vient une responsabilité terrible: celle de ses réussites et de ses échecs. Nietzsche posait la question suivante: peux-tu placer ta volonté telle un glaive au-dessus de ta tête et te donner toi-même et ton bien et ton mal? Autrement dit, peux-tu devenir entièrement responsable de ta vie et de tes actes, en prenant le mérite qui te revient et en ne blâmant personne d’autre que toi-même pour tes insuccès? Ce grand philosophe était plutôt pessimiste quant à la réponse à cette question. D’où ses concepts de volonté de puissance et de surhomme. Il disait : « l’humain est quelque chose qui doit être dépassé », car nous demeurons « humain trop humain » à chaque fois que nous laissons quelqu’un ou quelque chose d’autre décider à notre place par peur de nous tromper, d’avoir à en assumer les conséquences, par crainte de la confrontation ou du ridicule, et j’en passe. En réalité, la plupart du temps, toutes les raisons sont bonnes pour déléguer à autrui les responsabilités qui nous incombent, ce qui nous donne par la suite un bouc émissaire à blâmer en cas d’échec. C’est commode, n’est-ce pas? Tu l’as dit Ati : « Être créateur de sens, c’est d’la job » (et des responsabilités). Bonne journée, ami de la pensée 🙂

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