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ÉCOUTONS-NOUS / ENTENDONS-NOUS

Sois assez sage pour écouter ce qu’une personne ne dit pas.

Je ne pourrai jamais écrire rien de ce que je ne veux dire, ni ne voudrais dire.

Et même si je le pouvais, je ne le ferais pas.

Donc tout ce que je pourrai écrire ici et tout ce que vous pourrez y lire n’est pas ça, pas la vraie affaire, pas le coeur de la matière.

Car cette vraie affaire ne se dit pas, elle est indicible, et sourde et muette en plus.

Et nous, sourd(e) à la vérité, ou très très dur(e) d’oreille.

Car la vraie affaire se perçoit autrement que par l’oreille, ça passe par ailleurs en soi.

Car dès que quelque chose est dit, ou exprimé, quelque chose d’essentiel est perdu, quelque chose en provenance de l’absolu est transformé, altéré. À part peut-être le silence et la musique.

La vérité me semble résider dans le silence entre les lignes, et dans la musique, dring dring.

D’ailleurs, quand on travaille avez les gens, on apprend à écouter ce qu’ils ne disent pas, ce que l’on nomme le langage corporel, ou je préfère le son de leur âme, soit ce qui repose au fond de leur coeur, au fond de leur âme, ce qui s’en dégage quand le bruit de leur bouche n’obstrue pas l’air ambiant.

Et quand on vieillit, parle pour toi le chroniqueur, OK, j’apprends à apprécier de plus en plus mon propre silence.

Assis, par et en soi-même, on écoute la vie qui murmure, qui chante, qui joue autour.

Le silence est plein d’une symphonie, d’une merveilleuse musique.

Et si on a la chance de la faire en compagnie de quelques ami(e)s, encore mieux. Le silence est réverbéré, amplifié, harmonisé.

Désormais, ce que je préfère faire dans la vie est d’écouter le silence, seul ou en bonne compagnie. Et de chanter, ensemble, et en harmonie.

Ce que je cherche le plus en cette existence est innommable, indicible, ce qui contourne les mots.

Pour ça que j’écris à tous les jours 😉 Pour vider le non essentiel.

Et que je joues de la musique, ou plutôt que je laisse la musique jouer avec moi, car comme l’impression que c’est elle qui se joue de moi, elle qui me mène vers le silence.

Et pendant que la musique résonne, ou que le silence règne, le grand mystère descend sur nous, se dévoile et nous enveloppe.

Shttt et dring dring wow wow…

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Selon la philosophie soufi, l’une des premières règles du bonheur consiste à s’asseoir avec des amis ou des gens qu’on aime.
On s’assoit, on ne dit rien, on ne fait rien.
On se regarde ou on ne se regarde pas.
Toute l’extase vient du plaisir d’être entouré de gens avec lesquels on se sent bien.
Plus besoin de s’occuper ou d’occuper l’espace sonore.
On se contente d’apprécier cette muette coexistence.

– Rûmi

RÊVER MOINS VIVRE PLUS

Il m’arrive parfois de prendre des mots qui me font tiquer pour partir une chronique. Ceux ci-haut en sont. Car ils sont en ligne avec trop d’affirmations qui ne veulent rien dire à mon avis, ces mots qui encouragent à rêver à quelque chose de mieux, d’autre, de plus, alors que l’ordinaire de cette vie-ci nous en offre déjà tellement. Si on sait les saisir à bras le corps et l’âme.

Tes rêves te demandent de risquer
Pourquoi vouloir suivre ses rêves ? Pourquoi ne pas mordre dans la réalité du quotidien dans toute sa simplicité ? dans l’extra ordinarité de chaque tranche de 24 heures que l’univers nous permet de vivre ?

Car on nous offre déjà tout ce que l’on a besoin pour vivre. Oh bien sûr que si on veut rêver quand la vie nous confronte à des défis, on peut s’évader et se projeter ailleurs. Mais une certaine réalité finira toujours par nous rattraper.

Et est-ce vraiment nos rêves qui demandent de risquer ? Ou notre goût de se sentir vivant(e) ? Et si on décidait de se sentir vivant(e) en arrêtant de rêver plutôt ? Et en vivant totalement ? La question se pose, et se dépose lentement.

de délaisser le confort
Parfois la vie nous arrache des éléments de notre petit confort acquis avec tant d’effort, parfois elle nous permet d’en profiter. Ceux et celles qui ont vécu de grandes épreuves de détachement le savent. Comme plusieurs migrants qui parcourent les routes en ce moment même peuvent en témoigner à l’heure actuelle. Eux et elles prendraient bien un peu de confort.

La plupart d’entre nous l’avons relativement facile. Merci à nos ancêtres qui l’ont certainement eu plus dur que nous en ouvrant ces terres pour nous. Et oui, parfois, on a envie de tout lâcher et de partir à l’aventure. Ainsi soit-il quand cela se présente. Mais le confort se calcule souvent davantage à notre capacité de s’adapter à l’ordinaire autour de soi plutôt que de quitter le dit confort. Car certains trouvent le confort dans l’inconfort de toute façon.

… d’exister dans le monde
Comment ne peut-on pas exister dans le monde ? Si on se fie au regard d’autrui pour se définir. Car dès que nous sommes ici, en vie, incarné(e), peu importe la forme de notre véhicule, nous existons. Et en même temps, chacun se bâtir son propre monde, petit monde individualisé désormais de plus en plus virtuel, nourri par les algorithmes qui ne font que renforcer nos multiples biais d’interprétation. Alors oui, existons dans le monde, mais incluons tout ce qui vit dans ce monde.

d’être différent(e)
Différent(e) de qui ? De quoi ? Pourquoi devrions-nous être différent(e) ? Pourquoi ne pas viser à devenir de plus en plus qui nous sommes ? Car de toute façon, nous différent(e)s à chaque instant, si on prend seulement le temps de le réaliser.

… de déranger
Personnellement, j’ai déjà voulu déranger auparavant, dans mes plus jeunes années, pour le simple plaisir de choquer, de confronter, de bouleverser l’ordre établi. Un peu le propre de la jeunesse que de s’affirmer, se rebeller. Et chaque chose en son temps. Avec les années qui passent, simplement envie de vivre en paix désormais, évidemment sans taire ma vérité ni délaisser mes valeurs.

… et de croire en toi.
Croire en soi ou se vivre pleinement ? Car que sont nos croyances ? Et qu’est-ce que ce moi en lequel on nous dit de tant croire ? Pourquoi ne pas viser à vivre sans soi ? Cela me semble beaucoup plus simple et léger.

Et en complément de ces quelques mots que j’ai aimé prendre à contre-partie par esprit de contradiction, je vous présente cette citation de Bowie qui me semble bien y répondre.

Le fait de vieillir est un processus extraordinaire qui nous fait devenir la personne que l’on aurait toujours dû être.

En effet, si on pouvait seulement se laisser devenir naturellement soi-même, sans rien forcer, sans rêver à devenir quelqu’un d’autre, sans toujours vouloir autre chose. Mais il semble que cela, seul le processus de la maturation naturelle puisse nous y mener. Très lentement, une respiration à la fois, chaque pas dans la foi.

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Plusieurs des choses sur lesquelles vous pouvez compter, ne comptent pas.
Alors que plusieurs choses sur lesquelles vous ne pouvez compter comptent vraiment.
– Albert Einstein, via Pierre Lemieux

HIVER WE GO AGAIN

Si tu choisis de ne pas apprécier la neige, tu auras la même quantité de neige dans ta vie, mais la même quantité de neige.

OK j’avoue: la neige de novembre est plus facile à apprécier que celle d’avril.

Plus facile d’être un enfant devant ces pellicules de Dieu qui tombent du ciel pour les premières fois en ce début d’hiver.

Les gens qui vivent au sud ne savent ce que ces premiers flocons annoncent. Les ours n’ont plus.

Comme les gens de la campagne apprécient probablement autrement cette eau sous forme légère mais non moins réelle que ceux de la ville car la neige y est là-bas plus dérangeante.

Première neige ici donc. Et on repart pour un autre tour de carré aux dates. Notre appréciation de cette légère matière des anges va changer au fil de l’hiver, ce long hiver qui va durer jusqu’à ce que l’ours se réveille. Pas fou lui finalement.

Certains apprécient la neige, d’autres pas, et une grosse gang se situent entre les deux. Avec un taux d’appréciation qui va fluctuer au fil des jours, semaines et mois.

Mais au fond, notre attitude envers la neige est fort probablement la même que celle envers la vie en générale, à quelques exceptions près. Car il en va de notre appréciation de la neige comme du reste. En bonne partie du moins. Que se disait-on hier au juste ?

La sérénité d’accepter les choses que l’on ne peut changer, le courage de changer les choses que l’on peut et la sagesse d’en connaître la différence.

Ah oui c’est ça.

En vivant ici, on ne peut qu’apprécier la neige et l’hiver, sinon les prochains mois seront longs et pénibles. En y marchant, en y jouant, en l’acceptant et en se faisant une tête qu’elle est ici pour rester, un bon bout du moins. Welcome l’hiver !

Ça ou déménager dans le sud.

Ou encore faire comme l’ours.

Allez, bon nouvel hiver à nous tous et toutes. Et floush et floush.

CRISE DE FOI

Ces temps-ci, on a besoin d’aide nous les humain(e)s.

De l’aide de la part de tous et toutes parmi nous de la famille humaine, mais d’une autre forme d’aide aussi. Si elle existe. Car aucune certitude dans ce département du divin et de l’au-delà, c’est de foi qu’on a besoin et dont on doit faire preuve.

Les choses se corsent sur la terre, et se réchauffent, l’eau monte dans la marmite, comme dans les océans, les berges s’érodent, les glaces fondent, le sable coule dans la sablier. Tic tac tic tac…

Alors parfois, il faut ce qu’il faut. On doit demander de l’aide à plus grand que soi. Il faut demander à plus brillant que soi de nous éclairer car clairement, nous, les humains, sommes têtus et arrogants, et bien inconsicents. On continue de vivre comme si de rien n’était. Et pourtant, cela est. On brette pendant que ça pète sur la planète.

Quand on ne sait plus quoi faire ni où aller, il ne reste qu’à demander, qu’à prier, qu’à implorer plus grand et plus sage que soi, que nous. Et d’agir en conséquence. Car les deux font la pair. Demander la sagesse pour ensuite la mettre en pratique.

Parfois, quand les choses se corsent, on doit oser consulter plus grand que soi, on doit demander de l’aide. Parfois de la part d’humain(e)s, parfois du divin, à l’invisible. Aux astres aussi, aux éléments de la nature, aux animaux et à toutes les créatures de l’Univers. À la vie.

Simplement ouvrir son coeur et demander. Demander le mieux pour tous et toutes, le mieux pour nous, gens de bonne volonté, et de moins bonne aussi, car souvent eux et elles qui en ont le plus besoin.

Demander le courage et la force pour faire face aux défis, aux tâches qui se présentent à nous. Avec l’intérêt du plus grand nombre au coeur et en tête.

Dieux et déesses, tous les êtres divins, et toutes présences protectrices, donnez-nous la sérénité d’accepter les choses que l’on ne peut changer, le courage de changer les choses que l’on peut et la sagesse d’en connaître la différence. Et de la patience et du discernement en prime aussi si possible.

Amen et Aho !

UNE DOSE D’ENTHOUSIASME ?

Ce matin, le premier tapis blanc de la saison constitue un puissant révélateur quant à notre relation face au plus beau mot qui soit.

Soit on ouvre nos yeux d’enfants et on se permet d’être ébloui(e) – de nouveau comme pour la première fois – soit on maugrée et on se projette dans la gadoue des prochains mois et on anticipe la suite qu’on aime imaginer longue et pénible – à partir du passé évidemment. Souvent ce que l’on fait du présent de la vie, l’imaginer à partir du passé.

Pourtant.

La même neige dans les yeux et le coeur de tous et toutes. Cette première comme celle d’avril.

Ces temps-ci sont plutôt maussades, et notre enthousiasme est mis à rude épreuve. On a du pessimisme plein les yeux, jusqu’au coeur, et on s’attend au pire.

Et si on se shootait un peu d’enthousiasme ?

Le plus beau mot qui se définit comme un délire sacré, une inspiration divine et extraordinaire, une forte émotion et une joie intense qui fait agir, une exaltation qui va même jusqu’à une prise de possession par le divin.

En forme le chroniqueur ce matin hein ?

Et si, en ce petit blanc lundi matin extra ordinaire, on se permettait de se laisser prendre et posséder par plus grand que soi, si on se laissait bouger à partir de l’espoir, de l’espérance ?

Si, ce matin, avec cette première neige, on s’extirpait du pessimisme ambiant et quasi généralisé ?

Permettons-nous d’être pessimistes jusqu’au bout et laissons tomber notre tendance à voir la moitié vide du verre. Car le pessimisme est out !

Bon et beau matin d’entousiasme vers vous.

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Respectez un symbole, mais ne vous y accrochez pas.
Aimez les groupes, mais soyez là seulement si vous êtes dirigé par votre cœur.
Honorez chaque être humain, mais ne le placez pas au-dessus de votre Maître intérieur. Regardez les étoiles, les planètes et même les vaisseaux, mais ne perdez pas trop de temps à oublier de vous regarder.
Les hiérarchies n’ont pas besoin de vos rituels, elles ont besoin de votre enthousiasme en vous pour garder votre cœur pur.
La Fraternité de la Lumière n’a pas besoin que vous ouvriez ou fermez des portails, elle n’a besoin que vous pour vous.
Il n’est pas nécessaire de spéculer sur les centres énergétiques de la planète si vous n’avez pas encore exploré votre propre cœur.
Les temps ne sont plus à la division.
L’heure est à l’unité.
La lumière a gagné et l’égoïsme ainsi que le matérialisme n’ont pas leur place dans notre vie.
Unissez votre esprit ainsi que votre cœur, purifiez-vous, progressez dans votre discernement, cherchez moins dehors et trouvez la joie de votre Âme et non des distractions fugaces.
Le temps est venu pour les voix silencieuses d’opérer, mais pas par de grands mouvements, car la lumière agit fréquemment et n’a pas besoin de spectacles, elle seule est déjà son propre spectacle qui vibre à l’intérieur de chacun(e) de nous.

– Fernanda Paz

POUSSE MAIS POUSSE EGO

Maître, de quelle part d’ego ai-je besoin ?
Juste assez pour ne pas te lancer sous l’autobus !

– Shunryu Suzuki

Belle image non ? Vroum Vroum et pout pout !

Ah ce cher ego, cette chose dont certains voudraient tant se débarrasser, se libérer de, cette entité qui nous brasse et remue tant le corps, l’âme et l’esprit.

Mais, pourtant, pour vivre dans ce monde des humain(e)s, on a tous et toutes besoin de ce front, de cette couverture sociale, de cette id entité. On dirait bien que tant que l’on vit dans un corps humain vient l’obligation de porter une certaine chape de personnalité. Qu’on le veuille ou non.

SI l’enfant ne développait pas un tel ego, il ne pourrait même pas survivre, il se laisserait mourir faute de s’affirmer, lui et ses besoins primaires. Ainsi va la folle course de notre human race.

Mais en même temps, cet ego des grands chemins nous fait faire de bien drôles de choses parfois, comme il apporte avec lui de nombreuses émotions et impulsions pas toujours faciles à gérer.

Soulevez le sujet de l’ego et à chaque fois des gros mots apparaitront, de grosses charges et pulsions s’éveilleront. Comme disent les anglais, can’t live with it and can’t live without.

Car on ne peut évoluer dans la société sans une certaine couverture sociale, sans cet amalgame de croyances personnelles et sociales et d’expériences passées agglutinées en nous et autour de nous qui font de nous qui nous pensons être. Ce que nous sommes en partie, comme ce que nous croyons être. Car personne d’entre nous n’est sans ego. En ce sens nous sommes tous égaux. Mais c’est peut-être notre relation avec lui qu’on doit apprendre à gérer.

Nos expériences altèrent l’ego, comme la conscience que l’on met à l’observer.

Alter ego: personne de confiance qu’on peut charger de tout faire à sa place.

Personnellement, moi c’est quand je suis en forêt que mon ptit et gros ego à moi est le plus tranquille, le plus calme, le plus effacé. Là qu’il est le moins impliqué, là où il permet à mon âme de vivre le plus en paix. Car l’ego vit la plupart du temps en relation avec autrui.

Toutefois c’est lorsque je médite en solo que je le vois et le perçois le mieux. Là qu’il prend toute la place, ma place ? sa place ? mû par mon mental, cette machine à idées qui nous trotte tout le tour de la tête et qui fait sans cesse tout le tour de la terre, et n’en revient jamais. Matière à observer.

On aura beau dire ce que l’on veut à propos de ce foutu ego, on doit apprendre à vivre avec. À entrer en relation avec lui, malgré lui, en dépit de lui – je dis lui car l’ego est sûrement mâle – pour pouvoir entrer en relation avec autrui avec le moins de friction, le moins d’opposition possible. Ou pas. Car l’ego aime l’opposition, à cela qu’il se nourrit, là qu’il vit le mieux.

On a beau méditer, travailler sur soi, tenter de se connaître, l’ego demeure le chantier d’exploration en soi le plus ardu, le plus rough and tough, le plus sournois. ET aussi le plus abstrait. Quand on pense l’avoir dompté, il revient par en arrière pour prendre sa revanche.

Mais avec les années, on apprend à ne plus se battre contre, moins du moins, on apprend plutôt à vivre avec, à oser le regarder sous toutes ses coutures. Car tant qu’on a des besoins, il se manifestera.

Can’t live with it, can’t live without.

Alors aussi bien l’accepter. Et faire attention à l’autobus. Vroum Vroum et pout pout !

CLASSE NATURE

Nous sommes des feuilles et la vie, notre arbre. Soit on craint la chute, soit on se prépare à danser. Avec crainte ou confiance.

Si on l’observe avec attention, la nature et ses divers éléments ont beaucoup à nous apprendre, sans même vouloir nous enseigner. Simplement en étant. Tout naturellement. Pour peu qu’on observe, et qu’on porte attention. La beauté de vivre en forêt. La classe est grande ouverte. Et se déploie sous nos yeux.

Ici, en ce moment, dans nos contrées du Nord, l’automne nous enseigne le grand lâcher prise. Pendant qu’on se prépare, comme l’ours, à recevoir le grand manteau blanc.

Comme on sait que toutes les rivières se rendent à la mer éventuellement, que les feuilles partent et reviennent, que l’air autant que le bois sont requis pour alimenter le feu, on sait aussi que la vie est une suite de cycle et de saisons. Il nous reste seulement à l’intégrer dans notre corps, à le réaliser pleinement, à le rendre réel et à le saisir existentiellement. La job d’une vie.

Donc ce matin, ces quelques mots pour dire merci aux éléments, à l’air, au feu, à l’eau et à la terre pour les leçons fondamentales de la vie. Ils sont ici, et nous montrent le chemin, la voie. Depuis toujours et à tout jamais.

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Le feu de l’esprit – lui donner une matière à brûler

Le bois que l’on utilise pour faire du feu est appelé du bois mort.
Ces branches ternes, noires, tordues, le feu les transforme en lumière, en chaleur, en énergie.
Vous direz : « Nous savons cela, mais en quoi ces branches nous concernent-elles ? »
Elles vous concernent parce que, symboliquement, elles existent aussi en vous.
En vous aussi, vous avez accumulé du bois mort qui n’attend que d’être brûlé…
Toutes les tendances égoïstes, passionnelles, toutes les manifestations de votre nature inférieure sont comme du bois mort. Faites-les brûler au feu de l’esprit, au feu de l’amour divin, et elles aussi produiront lumière, chaleur et vie.

Le feu nous enseigne qu’il y a partout une matière à brûler.
Regardez encore : dans les églises on allume des bougies et des cierges.
S’ils servaient seulement à l’éclairage, depuis la découverte de l’électricité ils n’auraient plus d’utilité.
Mais puisqu’un tel rite a été conservé, il est bon d’en approfondir le sens : à l’image de cette cire qui se consume pour entretenir la flamme, nous aussi nous devons brûler une matière en nous afin d’entretenir notre lumière intérieure.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov via Sol Ange

DON’T WORRY – BE INCARNÉ(E)

Ne t’inquiètes pas à-propos de mourir, inquiètes-toi plutôt de ne pas vivre.

Et si on arrêtait tout simplement de s’inquiéter ?

Car comment est-il possible de ne pas vivre ? Nous sommes en vie, nous sommes la vie, nous sommes vie. Et nous sommes parmi les plus choyé(e)s du monde, malgré nos défis et nos épreuves.

Peut-être qu’on ne vit pas exactement comme on le voudrait. Peut-être que nos rêves, désirs ou intentions sont supérieurs à notre petite vie de tous les jours. Et alors, c’est quoi le problème ?

Même si notre vie n’est pas à la hauteur de nos attentes, peut-être que tout ce que l’on doit faire c’est arrêter d’avoir des attentes aussi élevées ? Ou d’avoir des attentes tout simplement ? Je sais plus simple à dire qu’à faire.

Être incarné(e) tel que le sommes vous et moi implique son lot de défis, de hauts, de bas, de oh et de bah ! d’entre deux et de petits moment moins que plus plaisants. Chacun chacune on vit notre lot de petit bobos, du corps, de l’âme comme de l’esprit. Chacun chacune on fait face à nos défis, certains que l’on dépasse, d’autres devant lesquels on s’écrase, s’arrête ou prend une pause, avant de ré-essayer plus tard, ou pas.

On veut tant de choses de la vie, quand en fait elle nous en offre souvent beaucoup moins que ce que l’on attend d’elle. Alors, soit on fonce davantage, soit on essaie plus fort, soit on recule et on relaxe et on slack nos désirs. Car comme Bouddha nous l’a dit jadis, les désirs ? la source de la souffrance.

Si je ne peux oser être en désaccord avec Bouddha, j’aime bien la version d’Osho qui avance que le problème avec nos désirs ne sont pas les désirs en soi mais plutôt la piètre qualité de ceux-ci, que nous entretenons des désirs futiles et insignifiants. Et que si on va à la source de nos désirs, le désir primordial est celui d’être en vie, de ressentir la vie dans toute sa totalité, d’être la vie elle-même.

Alors chers lecteurs/trices, on arrête de s’inquiéter ? Ni de la mort, ni de la vie, ni de ne pas vivre suffisamment. On ne fait que vivre ?

Car tout est parfait tel quel à ce que l’on dit.

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Le secret du bonheur est le suivant : laissez vos intérêts être aussi larges que possible et laissez vos réactions aux choses et aux personnes qui vous intéressent être autant que possible amicales plutôt qu’hostiles.
Le monde est vaste et nos propres pouvoirs sont limités.
Si tout notre bonheur est entièrement lié à notre situation personnelle, il est difficile de ne pas exiger de la vie plus qu’elle n’a à donner, et trop exiger est le moyen le plus sûr d’obtenir encore moins qu’il n’est possible. soucis au moyen d’un véritable intérêt pour, disons, le jardinage ou l’histoire de la vie des stars, constatera qu’au retour de son excursion dans le monde impersonnel, il a acquis un équilibre et un calme qui lui permettent de faire face à ses soucis de la meilleure façon, et il aura entre-temps connu un bonheur authentique, même s’il est temporaire.
– Bertrand Russell, La conquête du bonheur (1930), partie II

RE & DIS SEMBLANCES

Chacun(e) de nous est passé(e) à travers la dévastation, la solitude, des tempêtes spirituelles ou météorologiques. Quand nous nous regardons les un(e)s les autres, on doit dire: je comprends.
Je comprends comment tu te sens car je suis passé par là moi-même, moi aussi. On doit se soutenir les un(e)s les autres car nous sommes davantage semblables que dissemblables.
– Maya Angelou

Ces quelques mots de Mme Angelou (quelle belle et grande âme, grande dame) résument à peu près les grandes leçons de mon automne, et de ma vie même, jusqu’à maintenant.

Soit que nous sommes davantage semblables que dissemblables. Que l’on doit tenter de comprendre autrui, ou du moins tenter de se mettre à leur place et de voir la vie à partir de leur perspective. Et que nous sommes tous et toutes sujets à vivre de grandes adversités, autant intérieures qu’extérieures. Particulièrement en ce moment on dirait. Ce qui ne fait que nous rendre davantage humain(e)s et empathiques.

Malgré nos différences apparentes, nous sommes tous semblables, mû(e)s par les même besoins fondamentaux, soit respirer, boire et manger, être à l’abri, se réaliser et aimer et être aimé(e).

Le fait de traverser des épreuves nous pétrit, nous ramollit, nous sculpte même. Ça nous rend non seulement plus fort(e), mais du même souffle plus mou, plus molle. Ça nous solidifie et ça nous fragilise en même temps. Aussi contradictoire que le reste de la vie.

Le fait d’avoir accompagner quelqu’un qui a vécu une telle tempête récemment m’a rendu plus humble, et plus conscient, que moi aussi je peux être le prochain à traverser la houle de la grande vie et être celui qui peut avoir besoin qu’on me tienne la main à moi aussi pendant la tempête. Que ça pourrait être à mon tour à moi de recevoir l’aide que j’ai tenter d’apporter au mieux de ma capacité, et aussi de mon impuissance. On dit que l’on donne ce que l’on a besoin de recevoir. Et dans ce cas, le on n’exclut pas la personne qui tape.

Parlant de tape, si on pouvait seulement développer davantage le réflexe de pencher vers la tape dans le dos plutôt que vers la claque dans face, réflexe plus généralisé qu’auparavant il me semble avec nos vies qui se vivent en l’air, sans fil et en ligne. La danse en ligne a changé de dimension, nos mots ont remplacé nos pas. Mais on doit encore marcher sa parole.

Peut-être que l’urgence climatique – et les autres défis sociétaux – que l’on vit présentement nous enseignera notre ressemblance. Car nous foulons tous la même terre, que nous sommes tous et toutes les créatures d’un même univers. Tous et toutes des enfants de Dieu, du grand Esprit, ou du grande vide.

Car au fond, au-delà du nom et de nos représentations de cette puissance unifiante, de ce grand liant, nous sommes tous et toutes humblement interdépendants du reste de la création. Au-delà nos croyances, nos idées, nos conceptions. Que celles-ci ne nous enferment pas en nous-mêmes et ne mettent l’emphase sur nos différences.

Pour que nous puissions continuer à voir le même monde malgré nos perspectives et nos positions et dispositions distinctes. Car nous sommes tous aussi uniques et semblables que chacun chacune, tous aussi pareils et dissemblables.

Comme j’aime souvent l’écrire – pour m’en convaincre ? ou m’en souvenir ? – nous respirons le même air, sommes faits de la même matrice et nous battons tous et toutes au même rythme, du même coeur.

Alors apprenons à nous aimer et nous respecter nous-même et traitons les autres comme nous aimerions être traité(e)s. Aussi simple que ça en principe. Et peut-être justement pour ça que c’est aussi difficile à mettre en pratique. Car la simplicité est un art de grande voltige ici-bas sur la terre des hommes et des femmes.

Amen !

BLA BLA DU COEUR ET MOTS DE L’ÂME

Je tiens un journal depuis 11 ans. Virtuel. Immatériel. Artificiel. Et public. Impudique. Ou presque.

Pendant 10 ans, je l’ai fait sous atidion.com, là où j’ai pondu quelques milliers de chroniques, desquelles j’ai tiré un recueil papier. Et depuis mon changement de nom, j’écris encore, mais ici. Pas fait faillite mais suis quand même r’parti sous un nouveau nom 😉

Presqu’à chaque matin (de semaine seulement maintenant), je pars le café, je m’pars le body puis je pars d’une image pour dire un peu tout ce qui me passe par les doigts, par la tête ou par le coeur. Ou d’ailleurs. Ou un mélange de tout ça. Ou pas.

Souvent je me demande à moi-même pourquoi j’écris. En effet, pourquoi t’écris Ati ? que je me dis. Comme l’affirme Mme Beauchamp ci-haut, écrire fait clairement du bien pour certain(e)s. Dont moi, votre humble chroniqueur.

Est-ce que je tente de mettre sur écran l’indicible, l’innomable ou l’inavouable ?

Je ne le pense pas vraiment, mais peut-être qui si, que sait-on vraiment ?

Mais de toute façon, comme le suggèrent les trois termes, probablement impossible à faire. Et même si je le pouvais, peut-être pas ici que je le ferais, au vu et au su de tout le monde, du moins les quelques vous. Je tenterais de le faire plutôt dans un petit calepin avec une clé qui finit toujours par être trouvée par autrui.

Est-ce qu’écrire libère ?

Probablement. Mais libère quoi au juste ? Ou de quoi ? La question à 100 tac tac tac. Libère peut-être la parole, mais encore. Le génie de la bouteille ? I wish !

Que peut bien vouloir dire cette dite parole qui cherche à se libérer ?

Que nous sommes tous et toutes de et dans la même vie ? Du même coeur qui bat ?

Avec la même espérance au coeur et le même désir d’unité et de communion ? De bien-être pour soi comme pour chacun et chacune des êtres de la création ?

Enfin, clairement pas tout le monde ne porte ces intentions. Mais nous sommes nombreux à le vouloir. Et certain(e)s à le dire, et tenter de le vivre.

Mme Beauchamp suggère qu’on peut écrire même si on ne veut pas être ni lu ni compris. Peut-être bien… mais moi, si je ne voulais pas être lu, pourquoi écrirais-je ici ? Publiquement ? Pourquoi je ne me contenterais pas d’écrire en circuit fermé ? La question se pose mais ne se résout pas si facilement.

OK, alors j’avoue, peut-être que j’écris en partie pour être lu, toutefois je ne m’attends clairement pas à être compris car je ne me comprends même pas moi-même. Pas toujours du moins, pas au sujet de tout, pas tout le temps. Ou même parfois ? Qu’y a-t-il à comprendre de toute façon ? La vie est si changeante, si vaste, si complexe et si pleine de mystères.

Est-ce qu’écrire en toute sincérité aide à guérir ? Je ne sais pas. De toute façon, guérir quoi ? Guérir de quoi ? Ou de qui ?

Et peut-on écrire avec plus de sincérité que l’on vit ? Autre bonne question.

Mais possiblement qu’écrire sincère aide à guérir car comme l’impression en mon for intérieur que l’un des buts ultimes de la vie, la vie avec un grand V, la vie en général et dans l’absolu, est de permettre la guérison du passé de l’humanité, la guérison universelle.

Pas si évident lorsqu’on observe le monde actuel mais tant de traumatismes et de souffrance au cours de l’histoire. Et où sont-ils passées ces traumatismes ? Car nous sommes les descendant(e) de nos ancêtres. Nous ne sommes pas déconnectés de notre histoire, ni de l’Histoire avec un grand H.

Alors pour faire court, pourquoi j’écris ?

La meilleure réponse jusqu’à maintenant est : pourquoi pas ?

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P.S. Intéressante cette Caroline Beauchamp que je ne connaissais pas avant de tomber sur le meme ci-haut. Drôle de coïncidence car ma voisine fait quelque chose de similaire avec les chevaux. Un signe ? 😉
https://www.carolinebeauchamp.com/