Archives de l’auteur : atisupino

DE TÊTE ET DE COEUR

Oeuvre de Francine Leduc Sculpteure (sur FB)
Certaines de ses sculptures seront exposées à la galerie Usine 106U au 160 rue Roy E. à Montréal
L’artiste sera présente au vernissage jeudi le 4 août 2022 à partir de 17 h.
Elle fait dire: Bienvenue à tous !

Que d’émotions et de brassage de souvenirs que cette visite péninentielle du Pape. Que d’émotions mitigées, que de bouleversements pour certain(e)s. Un gros morceau, pas banal du tout, symboliquement, et émotionnellement très fort. Moment charnière ouvrant vers la guérison. Espérons-le.

En particulier pour les ex-résident(e)s des pensionnats, et leurs descendants. On dit que les demandes d’aide psychologique ont grimpé en flèche depuis que les hommes en (robes) noires sont sortis de l’avion en début de semaine. Cette simple image en aurait remué plusieurs. Et avec raison. Quel décalage avec une certaine réalité. Vivement une grosse dose de féminin dans cette organisation bien trop masculine. Délivrez-la du mâle.

Et quel courage et authenticité de la part de cette femme autochtone qui a spontanément chanté, à l’arrivée de la délégation papale à Edmonton, sur l’air de oh Canada, un chant traditionnel Cri dans lequel elle aurait dit au pape d’enlever la coiffe, affirmant aussi : notre espace sacré des étoiles auxquelles nous sommes connectés, cet espace sacré des étoiles, de notre vérité.

Certains posts sur FB affirment que ses mots, à la fin du chant, étaient saccadés et difficiles à comprendre même pour les gens qui parlent le langage, mais qu’elle aurait dit que les religieux avaient pris quelque chose qui ne leur appartenait pas. Et selon ces sources, à la fin de la chanson : elle aurait dit quelque chose comme – prenez vos hommes et rentrez chez vous et corrigez les torts du passé, affirmant aussi que: la terre était propre et pure avant l’arrivée des colonisateurs et de l’église, et que le pape devrait dénoncer la Doctrine de la Découverte. Pas le Oh Canada qu’on s’imaginait hein ? Mais tout cela sous toutes réserves. Mais ça ferait grand sens.

Beaucoup de souvenirs remués aussi pour toutes les premières nations du pays, et celles du monde entier aussi j’imagine car le même processus d’acculturation s’est produit un peu partout, notamment en Amérique et en Australie. J’ai d’ailleurs vu hier sur les réseaux qu’ils et elles sont nombreux aux États-Unis à se demander pourquoi le pape François ne passait aussi au sud de la frontière par la même occasion. Beaucoup à réparer pour cette institution politico-religieuse au passé plus que trouble. Le temps du Grand ménage. En espérant qu’il sera fait totalement. 2000 ans à nettoyer, un grand ménage ça.

Tant d’émotions remuées, tant de tristesse, de colère, tant de gens en pleures et à fleur de peau. tel que je disais hier ici, je considère que nous, les blancs, devrions demeurer spectacteurs/trices de cette grande tournée à intention réparatrice car pas de notre passé direct dont il est question. Même si l’événement nous concerne aussi car commune histoire. Mais pas nous qui avons subi les traumatismes. alors gardons-nous une petite gêne.

Même si ce n’est pas nous qui avons subi les traumatismes des pensionnats, nos expériences passées liées à l’église se trouvent également soulevées par cette visite. Car nous avons subi, à un degré moindre, le joug de l’église catholique. En particulier ici au Québec. Nous sommes encore à nous extirper de ce passé soumis aux hommes de Dieu. Évidemment, pas avec les mêmes conséquences que celles subies par les premières nations. Incomparable. Pensées spéciales pour les orphelins de Duplessis en ce sens.

Selon ma perception, on peut aborder cette visite et le processus de guérison qui l’accompagne selon deux perspectives: soit avec la tête, soit avec le coeur.

Avec la tête, on peut soulever toutes les incohérences du message du pape. Qu’il ne prenne pas l’entière responsabilité de la totalité des actes commis au nom de l’église catholique en spécifiant que ce ne sont seulement que certaines mauvais chrétiens et gens du gouvernement qui ont commis des horreurs plutôt que l’église.

Certains affirment qu’on ne doit pas pardonner les gestes commis par l’Église car ils sont impardonnables. Un point de vue.

D’autres disent aussi que l’église doit payer pour ses crimes, erreurs, horreurs. En effet, on dit que les diverses églises du Canada font obstruction par le biais de tractations juridiques au remboursement des sommes dûes aux diverses communautés autochtones. Alors qu’il y a tant de richesse immobilière et en or et en art ici comme à Rome. Mais comment évaluer toute la douleur imposée ? Et est-ce que l’argent peut réparer quoi que ce soit ?

Mais en abordant cette visite avec le coeur, avec empathie, avec compassion et toute notre humanité, on constate que cette première étape est essentielle à une grande guérison commune. On sent la douleur de plusieurs, on la voit dans les médias. On ressent aussi la colère encore portée par certains. Et on la comprend car le coeur est souvent plus intelligent que la tête.

Espérons que cette visite puisse aider à commencer à refaire les liens entre nos coeurs car que l’on soit blancs ou autochtones, ou venus d’ailleurs, nous portons tous et toutes un poids sur notre coeur, et en notre âme. Notre histoire comporte de nombreux commis partout et de tout temps par ceux qui ont jadis joui et jouissent encore du pouvoir. Péchés commis par des hommes censés parler au nom de Dieu. Grossière indécence.

Bien sûr que le pape aurait pu venir avant (l’église protestante a publiquement reconnu ses torts il y 30 ans).

Bien sûr que l’église doit réparer au-delà des mots. On verra ce qui en sera.

Bien sûr que les choses pourraient être faites autrement, mieux. Mais au moins quelque chose est ouvert, un processus s’est mis en branle.

Espérons que le passé saura être garant d’une plus grande justice, d’une réparation satisfaisante pour les personnes concernées et d’une communion de nos coeurs et de nos âmes.

Et en un coup de crayon, Côté illustre bien la situation.

___
Pour avoir un petit aperçu actuel des conséquences des actions antérieures de l’église dans les rues de Montréal.

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2022-07-10/ne-pas-detourner-le-regard.php?fbclid=IwAR3Sx20zZKeOEUhoUYm1LQakFwvFxIbxikbPqoc1MGVwvzr8X_7q1yAgDSs

FERMONS-NOUS LA, ET ÉCOUTONS LES

Sois humble car tu viens de la Terre.
Sois noble car tu viens des étoiles.

Pas certain mais probablement de la sagesse d’inspiration autochtone.

Hier je lisais les propos de quelques becs blancs se faisant aller le clavier et la morale sur les réseaux qui affirmaient que l’on devait retirer la coiffe offerte au pape par des chefs autochtones. Non mais de quoi on se mêle ?

Encore nous, les blancs, fils et filles des colonisateurs, en train de dire quoi faire et ne pas faire aux gens des nations qui étaient ici bien avant nos ancêtres, dont des elders. On n’apprendra donc jamais ?

Si plusieurs autochtones se sont prononcés contre ce cadeau, et même contre la venue du pape en général, c’est leurs droits et respectons leur parole. Mais sincèrement, je trouve que nous, les blancs, n’avons pas à nous prononcer à ce sujet. Par simple respect. Pour une fois. Enfin.

Sinon on répète et perpétue encore et encore les mêmes comportements d’ingérence qui ont été commis envers eux et dont ils et elles ont tant souffert. Par respect, laissons-les donc décider pour et par eux-mêmes. Notre opinion n’est pas de mise, ni requise et personne ne nous l’a demandé.

Évidemment que tous les gens des premières nations ne sont pas tous d’accord sur l’accueil qui doit être réservé au pape. Seul(es) eux et elles ont droit de parole en la matière à mon avis. Car eux et elles qui ont souffert et souffrent encore encore de nos comportements.

Alors respect et basta l’ingérence. Observons, respectons et fermons-nous la. C’est leur affaire, pas la nôtre même si ce début de tentative de guérison concerne tout le monde.

Bien sûr qu’on ne peut rien changer à ce qui s’est passé. Certains sont prêt(e) à pardonner, d’autres non. Certain(e)s respectent le pape et l’institution malgré tout ce qui a été fait en son son, d’autres non. Chacun son rythme et son chemin et respect pour le processus de tous et toutes et chacun chacune.

Et aux grand(e)s outrées blancs de peau à la moralisation et l’opinion si faciles devant ce cadeau, lisez ceci, car une grande leçon de la part d’une représentante de ces peuples à la sagesse si riche et à la résilience si profonde. (traduit en français par moi en essayant de respecter le plus possible l’esprit du texte anglais original)

Lisons-les.
________
La coiffe

J’ai été choquée par la présentation de la coiffe sacrée au chef d’une organisation religieuse aussi destructrice. Une organisation qui a littéralement déchiré nos communautés et nos familles, qui a toléré et perpétré des atrocités. Je me demandais ce qu’avaient en tête ceux qui ont offert ce cadeau. J’ai pensé à la façon dont les coiffes sont données à nos dirigeants les plus respectés. J’ai pensé à la façon dont c’était reçu. Une séance photo rapide et rapidement retirée. J’ai pensé à l’endroit où la coiffe sera conservée. Il sera placé dans un caveau ou exposé. Oui, je me suis senti choquée et confuse. Nous avons tous le droit de ressentir des émotions intenses et nous devons les honorer.

Mais ensuite je me suis souvenu… ce n’est pas à propos de lui, c’est à propos de nous. Il s’agit de notre générosité et de notre grâce. Il s’agit de notre bonté. Pensez à cela… une tentative de génocide a été tentée contre notre peuple et pourtant, nous nous sommes levés pour montrer qui nous sommes vraiment. Nous représentons nos ancêtres. Nous représentons notre peuple, nos familles et nos collectivités. Nous représentons notre culture. Nous représentons nos valeurs traditionnelles, notre ténacité et notre force.

Nous nous levons en tant que guerriers et guerrières, non pas à cause d’excuses mais parce que nos ancêtres marchent à nos côtés. Nous comprenons que nous sommes béni(e)s de marcher sur la terre mère. Nous sommes les gardiens des sept prochaines générations. Nous sommes ici pour briser un cycle.

Je sais que la coiffe est puissante et peu importe où elle est placée, elle a touché sa tête et à cause de cela, lui et ses disciples, le voyage de guérison vient de commencer. Comme c’est notre chemin, nous élevons nos prières pour eux parce que nous comprenons à quel point un voyage de guérison est difficile.

kākithaw niwākomākanak (Toutes mes relations),
kihci têpakohp iskotêw iskwêw (Emily Jane Henry)
Nation Ochapowace

via Phillip Cote III sur FB
__________________

Et écoutons-les. Ci-bas, deux témoignages touchants, particulièrement celui de Ogima Jimmy Papati. Pour qu’enfin on les écoute et les entende.

Ogima Jimmy Papatie
https://www.facebook.com/kitcisakikogima/videos/1384469778744887/

___
Richard Kistabish
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/entrevue/409423/pape-francois-excuses-richard-kistabish?fbclid=IwAR3lGGiSfC0GgV0R0hmD5xOuOli6OAZxAyNleAtrjvPViW4BV0GOxY1cciU

MÉMOIRE DE BLANCS

Je cherchais une image pour coiffer mon texte. St-François assis.

Celle ci-bas aurait été plus décoiffante.

Mais je trouve celle du haut plus forte. Un seul homme, incapable de marcher, représentant une institution mâle, riche et puissante (quoi que de moins en moins pertinente et de plus en plus déphasée d’avec la réalité) ayant commis tant de crimes et de méfaits, qui représente tout un pan de la société dominante qui doit se mettre à genoux. Enfin.

Et me permettant de déborder un peu le strict contexte des églises catholiques et des premières nations, celle-ci est aussi très parlante:

Car nos papes de l’humour auraient pu enlever leur masque et s’ouvrir la trappe à ca$h face à certains de leurs collègues très entreprenants plutôt que pour seulement défendre leur si sainte liberté d’expression de pouvoir des niaiseries sur le dos de n’importe qui ou quoi, notamment les ptits gars handicapés. Encore une fois, mémoires de blancs. Et industrie de show et de business majoritairement dominée par des gars. et Je ne dis pas des hommes car pas certain qu’on en soit rendu là dans notre infantile histoire.

On pourrait aussi ajouter la surprenante (je reste poli) décision du juge face au sans génie d’ingénieur comme incident qui fait bouillir la marmite sociale actuelle. Parfois ça prend des grossièretés publiques et impudiques pour faire changer les choses. Merci votre horreur.

Ces jours-ci, toutes sortes de vielles histoires d’abus connues ou pas – senties ou très suspectées – sortent au grand jour et cela est juste et bon. Faut que le pue sorte de la plaie sociale qui a fait en sorte qu’en majorité ce sont les hommes blancs qui ont eu le loisir et le pouvoir de commettre de nombreuses aberrations de toutes sortes sur le dos (et pas que le dos) des plus faibles physiquement au fil des siècles.

Car que ce soit les joueurs de hockey, les humoristes ou les religieux, toutes ces histoires ont en commun que ce sont des hommes blancs – religieux ou demi Dieux des sports ou du showbusiness – qui ont bashé des jeunes garçons et petites filles des premières nations ou des femmes blanches, ou peu importe leur couleur.

Car nous, les blancs, on voit souvent le monde en couleur et nous souffrons de nombreux blancs de mémoire. Du moins nos livres d’histoires avaient une forte tendance et nos ptites têtes ont été bourrées de fausses histoires. Le temps de faire le ménage dans nos histoires.

Qu’on soit blancs ou autochtones, nous percevons inévitablement l’actuelle visite du pape selon des lunettes différentes. Et ce processus d’éventrement de nos blancs de mémoire ancestraux est plus que juste et bon, il est nécessaire, inévitable, essentiel pour qu’un processus de guérison passe à une autre étape. Autant pour les premières nations que pour nous, blancs becs.

Je ne sais pas si on peut mettre toutes ces histoires sur le même pied mais les paroles prononcées par le pape au cours de ce voyage sont essentielles, nécessaires, dûes depuis longtemps. Certain(e)s les trouvent parfaites, d’autres insuffisantes, d’autres encore en veulent plus. Des actions concrètes surtout.

Et si le pape continue à mettre la faute sur certains chrétiens, il devrait aussi s’assurer que l’institution de Rome prenne les siennes car les quelques c(h)rét(e)ins agissaient au nom de cette institution.

Certains affirment qu’on ne peut refaire le passé, mais, en effet si c’est le cas, on peut au moins en parler, le déconstruire, présenter ses excuses et réparer, ou tenter de le faire car certaines choses ne se réparent pas et ne se répareront jamais. Tant d’enfants qui sont morts, tant d’adultes qui portent encore les traces des sévisses ancestraux en leur corps, âme et conscience. Et ils et elles sont nombreux et nombreuses à avoir des attentes et à espérer des gestes concrets. On les comprend. À suivre. Et à espérer que cela se fera adéquatement.

Évidemment que pour certains ça ne sera jamais assez. Pour d’autres, ce qui se passe est un juste et bon premier pas. Car le temps doit aussi prendre son temps et on ne peut pousser dessus.

Nous vivons actuellement un début de fin d’omerta de longue date où tant de crimes et de méfaits étaient gardés secrets au fond de plusieurs coeurs et âmes, surtout des jeunes personnes et des femmes. Si les réseaux sociaux ont un bon côté, c’est un de ceux-ci. Les choses se savent davantage.

Sans vouloir faire le procès des hommes blancs – quand même un peu car on le mérite un peu non ? – on doit toutefois reconnaître que c’est nous qui avons commis et commettons encore les erreurs les plus douloureuses pour autrui, en majorité des enfants et des femmes, et des minorités ethniques. Nous devons porter une attention particulière à l’arme de destruction massive que nous portons dans nos pantalons car on dirait bien que c’est là que réside la source originelle du problème, la queue du yable. Mais si pas que là, elle semble partir de là et déborder sur autrui.

Et en même temps, quand on commencera à considérer toutes les autres personnes, peu importe le genre et la nationalité, comme soi-même, et les considérer et les traiter comme on voudrait être traité soi-même, les choses pourront peut-être changer.

Car ce respect envers autrui ne pourra découler que de l’amour et du respect que l’on se porte à soi-même, peu importe notre genre, notre couleur de peau ou notre ethnicité. Car au fond quand on abuse autrui, c’est que l’on ne peut s’aimer soi-même, sinon on ne ferait jamais tout ce qui a été fait au moins forts physiquement depuis des siècles et des millénaires.

Je sais, je sais, mon analyse est bien trop sommaire et superficielle, probablement trop émotive aussi et trop près de l’objet de mon commentaire. Mais un grand changement social est en branle et c’est tant mieux. Parfois, les choses ne peuvent changer qui si on a le courage de reconnaître les erreurs du passé, ce passé commun car on partage tous et toutes les même grand passé malgré nos histoires personnelles.

Et ce qui est en train de se passer devant nos yeux et dans nos écrans en ce moment même est un premier pas important, essentiel, humainement important. Même en chaise roulante.

Aho !

___

Ci-bas, trois points de vue intéressants sur l’actuelle visite du pape pour compléter ce début d’analyse.

_______

___
https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/2022-07-26/ce-que-le-pape-vient-enfin-nous-dire.php

___
https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2022-07-26/quand-le-pape-tourne-autour-du-pot.php

(DÉBUT DE) GUÉRISON HISTORIQUE

Nous avons, chacun chacune, tous et toutes, notre propre opinion sur cette visite dite pénitencielle – et historique – du pape François au Canada.

Certain(e)s s’en foutent royalement, considérant justement un peu le pape comme la famille royale, des institutions d’une autre époque. Comme si le présent ne contenait pas le passé.

D’autres y voient plutôt une occasion unique et une possibilité d’entamer un grand processus de guérison, de pardon et de rapprochement envers les premières nations. J’en suis.

Certain(e)s abordent l’événement avec leur tête rationnelle – et critique et cynique et détachée de ces faits. Ces gens se mettent au-delà de la mêlée et ne se sentent pas du tout concerné(e)s par ce passé pourtant commun que nous portons tous, comme si nous n’étions pas tous et toutes lié(e)s en partie par cette histoire d’horreur commune. Évidemment, que nous n’y étions pas personnellement, et évidemment aussi que ce sont les premiers peuples et leurs descendants qui ont souffert de ces actes barbares. Mais nous faisons tous et toutes partie de la même histoire.

D’autres préfèrent sentir et ressentir la grande blessure historique que cette visite vient ouvrir, autant chez les premières nations qui ont subi les affres de ces actions qu’en nous, fils et filles des ancêtres blancs et catholiques qui ont commis ces gestes abominables. Et considérer cette visite comme une possibilité de début de réconciliation.

Car dans les faits, comme dans notre chair et notre inconscient collectif, nous portons tous et toutes une part de responsabilité. Peu importe que l’on s’identifie comme catholiques – pratiquant ou pas – ou comme athé(e)s ou quelconque autre religion. Certain(e)s ont subi cette histoire, d’autres l’ont imposé, mais nous faisons tous et toutes partie de la même grande histoire avec un petit et grand H. Et nous ne sommes pas séparé(e)s du tout du grand tout, qu’on s’y associe ou qu’on tente de s’en détacher.

Tout comme la génération actuelle des premières nations qui portent en eux et elles les blessures de ce sombre passé, de l’autre côté de la même médaille peu reluisante, nous, descendant(e)s des oppresseurs, portons aussi des séquelles de ces sévices, et une part de responsabilité. Et un certain sentiment de culpabilité pour ce que les blancs ont fait subir aux premiers peuples, malgré ce que certain(e)s prétendent. L’inconscient collectif est si puissant, et nous englobe tous.

On peut se réfugier derrière les arguments qui veulent que ce n’est pas nous qui avons commis personnellement ces crimes odieux, que nous ne sommes pas responsables, mais certains gestes ont bel et bien été posés dans notre pays. Le sang a coulé sur la même terre que celle sur laquelle nous marchons. Les effluves de ces actes sont encore dans l’air du temps présent. Bien sûr que nous n’avons pas choisi de naître catholiques, mais nous avons été éduqué(e)s avec une partie de ces enseignements, et de ces comportements acquis. Le culturel devient partiellement du génétique avec le temps.

À l’mage de la photo ci-haut, la petite pousse qui a réussi à pointer hors terre puise dans le passé grâce à de profondes racines ancrées dans le sol commun. Nous sommes tous et toutes cette petite pousse. Nous sommes les pousses nouvelles de notre passé commun. Nous puisons dans les racines de ce passé commun, passé que nous partageons et portons en chacun de nous. Gouttes liées au même grand océan humain. Nous respirons tous et toutes le même air, et foulons tous et toutes la même terre souillée de sang d’innocents enfants.

Si les crimes commis datent de plusieurs années, les conséquences sociales de ces actes sont encore bien vivantes et tangibles aujourd’hui. Les générations encore vivantes aujourd’hui portent encore ces séquelles, en particulier ceux et celles qui les ont subi, mais nous aussi. À mon avis, nous devons nous sentir non pas coupables mais en partie responsables de ces actes car ils vivent encore dans l’inconscient collectif dont nous portons une partie en nous.

On ne peut prédire ce qui arrivera concrètement de cette visite du pape François. On peut avoir de grandes attentes, ou au contraire, être cynique et sarcastique et ne rien espérer du tout. Tout reste à faire, tout reste à voir. Mais déjà qu’il soit ici, qu’il prononce des mots de pardon est un premier geste important. On verra quelles actions suivront.

Mais on ne peut nier qu’une grande blessure collective est ouverte avec cette visite, blessure que certain(e)s n’ont pas le luxe de ridiculiser car ils la subissent de génération en génération. Et ils et elles portent un espoir de guérison.

Alors avant de rire et de nous moquer de la visite du pape, pensons que pour certaines personnes qui ont souffert et qui souffrent encore des gestes commis jadis par le gouvernement et les autorités religieuses, il y a du vrai monde qui porte ces blessures, dans leur âme, dans leur esprit et dans leur corps.

___
Ci-bas, Intéressant point de vue de Laura-Julie Perreault dans la Presse de ce matin.

https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2022-07-24/mettre-l-enthousiasme-papal-en-sourdine.php

PAPE OU PAS RAP ?

Images tirées du reportage de Radio-Canada (lien ci-bas)

Le pape arrive au Canada aujourd’hui. Les avis sont partagés quant à ce voyage. Notamment au sein même des premières nations. Douloureux souvenirs pour plusieurs.

Certains disent qu’il aurait du venir avant, d’autres que déjà le seul fait qu’il vienne est en soi un geste significatif. Certains doutent, d’autres ont espoir.

Personnellement, je pense que le symbole est important, et dû depuis longtemps. Mais toujours le bon moment comme on dit. Pendant les prochains jours, j’aimerais réfléchir à clavier haut et à écran ouvert autour de cet événement car cette opportunité de guérison commune me semble aussi importante pour nous, les descendant(e)s blancs des gens qui ont commis les erreurs et les horreurs qui sortent au grand jour depuis quelques années, que pour les divers peuples des premières nations. Pour qu’enfin leur parole soit entendue, et leur douleur reconnue. Le besoin de guérison est plus que nécessaire, pour nous tous et toutes.

Ci-bas, quelques paroles du pape, de même que deux liens pour ouvrir une réflexion. Car cette situation nous concerne tous et toutes, que nous soyons blancs ou autochtones. Le but est d’entamer un rapprochement, une guérison.

____
Vous pouvez avoir des défauts, être anxieux et même être en colère, mais n’oubliez pas que votre vie est la plus grande entreprise du monde. Vous seul pouvez l’empêcher d’échouer. Vous êtes apprécié(e), admiré(e) et aimé(e) par tant de gens. Rappelez-vous qu’être heureux ce n’est pas avoir un ciel sans orage, une route sans accident, un travail sans effort, une relation sans déceptions.

Être heureux signifie trouver la force dans le pardon, l’espoir dans les batailles, la sécurité dans la peur, l’amour dans la discorde. Ce n’est pas seulement pour profiter du sourire, mais aussi pour réfléchir à la tristesse. Il ne s’agit pas seulement de célébrer le succès, mais d’apprendre des échecs. Il ne s’agit pas seulement de se sentir heureux avec des applaudissements, c’est d’être heureux dans l’anonymat. Être heureux n’est pas une fatalité du destin, mais un exploit pour ceux qui peuvent voyager en eux-mêmes.

Être heureux, c’est arrêter de se sentir victime et devenir l’auteur de son propre destin. C’est marcher à travers les déserts, mais être capable de trouver une oasis au fond de l’âme. C’est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie. Être heureux, c’est ne pas avoir peur de ses sentiments et pouvoir parler de soi. Ayez le courage d’entendre un non et de trouver confiance dans la critique, même quand c’est injustifié. C’est embrasser ses enfants, câliner ses parents, passer des moments poétiques avec ses amis, même quand ils nous font du mal.

Être heureux, c’est laisser vivre la création qui vit en chacun de nous, libre, joyeuse et simple. Et avoir la maturité de pouvoir dire :  » j’ai fait des erreurs ». C’est avoir le courage de dire que je suis désolé. C’est avoir le sens de dire « j’ai besoin de toi ». C’est avoir la capacité de dire « je t’aime ». Que votre vie devienne un jardin d’opportunités de bonheur… qu’au printemps il soit un amoureux de la joie et en hiver un amoureux de la sagesse.

Et quand vous faites une erreur, recommencez à zéro. Parce que seulement alors vous serez amoureux de la vie. Vous découvrirez qu’être heureux ce n’est pas avoir une vie parfaite, mais utiliser les larmes pour irriguer la tolérance. Utilisez vos défaites pour entraîner votre patience.

Utilisez vos erreurs avec la sérénité du sculpteur. Utilisez la douleur pour vous connecter au plaisir. Utilisez les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l’intelligence. Ne jamais abandonner. Surtout n’abandonnez jamais les gens qui vous aiment. N’abandonnez jamais d’être heureux, car la vie est un spectacle incroyable.

– Pape François

https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/4090/visite-pape-francois-quebec-autochtones-pensionnats-autochtones-innus

INCOMPARABLE, MÊME À SOI

La confiance ne consiste pas à entrer dans une pièce et penser que vous êtes meilleur(e) que quiconque, c’est simplement d’entrer et ne pas avoir à se comparer à qui que ce soit. – Kevin David

Tellement absurde et éphémère est notre passage en ce monde, que la seule chose qui me rassure c’est la conscience d’avoir été authentique . D’être la personne la plus ressemblante à moi-même que j’aurais pu imaginer. – Frida Khalo

Ah être soi-même, si simple et pourtant.

Alors on oublie les comparaisons avec quiconque. Et même se comparer à soi-même est futile, car nous nous transformons à chaque moment.

Quand on se compare on se console veut le diction. Mais seulement quand on se compare à quelqu’un que l’on considère moins quoi que ce soit que soi. Sinon, on se désole. Et on désire être autrement, plus, mieux.

Évidemment qu’on n’a pas à se comparer à quiconque. Mais, souvent on le fait quand même. Car même si on apprend aux enfants à être simplement et totalement soi-même, du moins à la plupart, ils et elles sont plusieurs à vouloir être comme leurs idoles. Le système étoilé fonctionne ainsi.

Mais pourtant, souvent nos prétendues étoiles ne sont pas très brillantes en dehors de la scène, dans leur vie ordinaire. Et la réalité est que toute vie est ordinaire. Même celles des champions, les winners du jackpot des bidou$ et de la gloire. Malgré les brillants et le lustre et les sparkles. Car dès qu’on gratte un peu, le vrai ressort. Et si on est le moindrement engagé à être vrai(e) soi-même, on reconnait facilement le faux car il sonne ainsi.

Quand on se compare on se console. Drôle de formulation et pourtant, vraie aussi pour nous qui sommes les privilégé(e)s parmi les privilégié(e)s.

Formulation vraie mais incomplète car si le constat s’impose, on devrait automatiquement essayer d’améliorer le sort des moins bien nanti(e)s, que ce soit en bidou$, en nourriture ou en quelconque condition de vie.

Car on ne veut pas se comparer pour se comparer, ni simplement pour apprécier sa situation actuelle. Si on se compare et on réalise qu’on est plus choyé(e)s que d’autres, on devrait automatiquement et systématiquement voir comment on pourrait faire en sorte d’améliorer le sort des autruis plus mal pris que soi. Et mettre en action des petites actions simples et pratique autour de soi. Sans prétention, simplement parce que nous sommes humain(e)s, frères et soeurs de nos soeurs et frères, peu importe le lieu, la couleur et la forme.

Comme on en compare pas les arbres entre eux, cessons de nous comparer et commençons à collaborer. Chacun(e) unique, et tout le monde semblable aux autres. Avec les mêmes besoins, mêmes inspirations, mêmes droits. Je sais, beau en théorie mais moins évident à mettre en pratique.

Mais peut-être pour ça qu’on appelle ça une pratique ? il faut essayer et faire du mieux qu’on peut.

De toute façon, rien ne nous appartient. Tout ce que nous pensons posséder disparaîtra un jour quand on quittera ce bolide qui nous sert à nous mouvoir autour. Sauf l’amour que l’on porte en son coeur.

____________
La maturité spirituelle, c’est lorsque vous êtes prêt à tout abandonner.
Lâcher est le premier pas, mais le véritable lâcher prise est la vision qu’il n’y a rien à lâcher, puisque rien n’est à vous.
– Nisargadatta

BOUTS DE ROUTE

Je n’aurai jamais de regrets envers quiconque avec qui j’ai passé du bon temps ou vécu des expériences.
Même si on s’est séparés.
Tu as rendu ma vie spéciale à un certain moment.
On a grandi ensemble, même on si on pris nos distances.
Merci

Tout au long de notre route, nous avons marché, couru, volé, rampé avec de nombreuses personnes.

Tout d’abord avec nos parents, et nos frères et soeurs.

Puis, à l’adolescence, notre chemin s’est élargi, et les ami(e)s sont devenu(e)s le centre de notre vie. Mention spéciale pour le/la premier/ère amoureuse(x). Et les quelques bests.

Et avec la plupart, nos routes se sont scindées et nous avons roulé notre bosse sur divers chemins, rencontrant de nombreuses nouvelles personnes. Certaines avec lesquelles nous avons fait un long bout de route, d’autres que de petits bouts de route.

Et souvent, les rencontres les plus fortes et significatives ont été les plus déchirantes, les plus dures pour le coeur.

Quand on aime – oui oui JP on a toujours 20 ans – mais surtout, les déchirures sont les plus aigües car notre coeur s’attache et se lie de près à celui d’un(e) autre. Et parfois, lors de la séparation de nos routes, il arrive que les coeurs se brisent.

Dans le domaine du coeur, l’anglais le dit bien mieux que le français. On ne parle pas seulement d’un coeur brisé, mais d’un coeur qui se brise pour s’ouvrir: Breaking the heart open.

Donc peu importe la quantité ou la qualité des rencontres importantes de nos vies respectives, ce matin petite chronique de reconnaissance envers tous ceux et celles qui ont partagé notre route à un moment quelconque.

Tout d’abord, pour nos parents qui ont fait en sorte que nous soyons encore ici en ce moment, ils et elles ont fait du mieux qu’ils et elles pouvaient avec ce qu’ils et elles avaient entre les mains et dans le coeur alors.

Et pour chaque personne avec qui on s’est liée d’une façon ou d’une autre. Que ce soit dans l’amour, la passion, l’amitié ou dans une forme de mentorat. Chacun(e) nous a fait voir un côté de nous que nous n’aurions pas connu sans eux ou elles. Certain(e)s nous ont permis de connaître l’infini, d’autres les tréfonds de notre âme et de notre coeur. On ne se souvient de personne qui nous a laissé indifférent(e).

Puissions-nous apprécier tout ce que les autres ont réussi à nous faire vivre dans le domaine du coeur. Surtout ce qui a fait le plus mal, car souvent les expériences qu’on aimerait le plus oublier. Pourtant. Celles-là qui ont été les plus révélatrices, les plus ouvrantes pour notre bien petit coeur qui veut grandir plus que tout.

Et malgré les bleus au coeur, ou grâce à eux, apprécions les gens qui ont réussi à faire battre le nôtre de façon particulière. Ceux et celles qui ont marché des segments marquants de la route de notre petit coeur esseulé, battant pourtant au même rythme du grand coeur universel. Poupoum, poupoum…

Personnellement, mes plus sincères remerciements vont à mes parents – même à mon père qui a dû faire du mieux qu’il pouvait, mais surtout à ma mère qui a tenu le fort à bouts de coeur – à mes frère et soeurs, ami(e)s d’enfance.

Appréciation spéciale envers Osho, le beloved maître de mon coeur depuis 40 ans, qui me montre la grandeur de la vie, et à Veeresh qui m’a montré à simplement être moi-même, mais so totally.

Merci à Mestre Irineu qui me montre ce bout de chemin actuel depuis une quinzaine d’années, en musique et en détermination. Et dans la même veine, autre grand Merci à mon Padrinho au Brésil, Padrinho Luciano, et à sa famille de Ceu Sagrado. Muito obrigado Padrinho.

Merci à mes filles et à leurs mères d’avoir fait un père de moi, une homme du ptit gars que j’étais.

Merci aux femmes de ma vie de m’avoir aidé à ouvrir mon coeur de ptit gars qui devient homme. Et en particulier à ma voisine d’amour qui m’accompagne en ce moment dans ce ptit bout de vie-ci particulièrement délicieux, et doux, et complet.

Et merci à vous tous et toutes, qui lisez ces lignes, ou pas. On fait tous et toutes partie de nos vies respectives et communes, la seule et même grande vie, au sein du seul et même grand coeur.

Et ci-bas, Gangaji qui explique clairement qu’un coeur brisé ne l’est que pour pouvoir grandir, et que plusieurs aimant(e)s potentiels, par peur de se faire briser le coeur justement, le ferme à double tour, ce qui fait d’un coeur un lieu bien triste. Que le monde entier nous brise le coeur grand ouvert.

SPIR(itu)ALITÉ

Le passé est une interprétation et l’avenir une illusion. Le monde n’évolue pas à l’intérieur du temps de façon linéaire. allant du passé à l’avenir. Le temps passe plutôt en nous et à-travers nous, en spirales incessantes. L’éternité ne signifie pas du temps à l’infini, mais plutôt un temps sans temps. Si vous voulez goûter à une illumination éternelle, évacuez le passé et l’avenir de votre esprit et demeurez dans le moment présent.
– Shams Tabrizi

Wow, n’est-ce pas ?

Considérer le temps comme une spirale, comme une spiralité.

Une spirale qui tourne, et grandit, sans cesse, autour du même point d’observation que nous sommes. Mais qui, même si ça tourne, ne revient jamais sur les mêmes pas. On dit d’ailleurs que les expériences reviennent sans cesse jusqu’on ait appris complètement la leçon. Cela expliquerait ceci, et vice et versa.

On tourne en rond, comme la terre sur elle-même et en même temps autour du soleil, toujours avec un peu de plus d’expansion. Jusqu’à l’éventuelle totale expansion qui nous fera possiblement nous dissoudre dans l’univers, ou dans un trou noir.

J’ai souvent écrit autour de ce concept de temps en tant que spiralité – spiritualité – sans vraiment saisir avec précision, ma compréhension relative sortant de l’intuition. Mais de la façon dont c’est présenté plus haut par Mr ou Mme Tabrizi, ça sonne plus clair.

Le passé est une interprétation et l’avenir une illusion.
Le monde n’évolue pas à l’intérieur du temps de façon linéaire. allant du passé à l’avenir.
Le temps passe plutôt en nous et à-travers nous, en spirales incessantes.
L’éternité ne signifie pas du temps à l’infini, mais plutôt un temps sans temps.
Si vous voulez goûter à une illumination éternelle, évacuez le passé et l’avenir de votre esprit et demeurez dans le moment présent.

Un peu comme celle-ci en fait:
On ne dit pas que les arbres vieillissent, on dit qu’ils poussent. Utilisons cette même expression pour nous: nous ne vieillissons pas, nous grandissons, nous poussons. Ceci constitue l’esprit de la vie, le simple fait de vivre.

On pousse, jusqu’à preuve du contraire. Alors on changera de plan, ou de corps, Ou on se dissipera dans le néant, ou dans le tout plein. Ou quelque chose d’autre que les mots ne peuvent convier pour le moment. Pour moi du moins, peut-être que certains ont réussi à le dire. Car sûrement plus que de la matière cette vie. Vive le Grand Mystère.

La vie ?

On inspire, on pause, on expire, on pause et on recommence. À l’infini. L’infini de notre conscience consciente du moins, pour le moment. En percevant parfois qu’il y a plus grand que soi, plus grande que Ça, mais sans pouvoir le préciser plus que les mots ne nous permettent de le faire. Le grand Mystère… de l’au-delà des mots.

La vie ?

On respire et on observe. Et on pressent. On pressent le plus grand, on ressent le néant. On vit le moment en espérant qu’il soit le plus plaisant qu’il soit. Vivre le moment plaisant – aperçu sur FB mais désolé, je n’ai pas retenu la source originelle. Mais beau quand même. Mais anonyme pour le moment. Vive le moment plaisant.

Alors il ne nous reste qu’à vivre. Chaque moment, un moment à la fois, chaque moment dans la foi. Une de mes formules préférées. Car quoi d’autre à faire really ?

Vivre.

Vivre sa spriralité, en tournant de plus en plus grandement sur cette boule qui roule sans même se rendre compte que l’on tourne. Tourner si vite que l’on semble faire du sur place. Mais en tournant possiblement toujours de plus en plus grand.

Car l’esprit ne vieillit pas, il grandit. À l’infini. Spiralement.

S’ASSUMER ET TRANSFORMER

Tout ce que tu acceptes à-propos de toi-même ne peut être utilisé contre toi. Sois prêt(e) à assumer ta vérité, même si cela rend les autres inconfortables. Le bon et le laid font partie de ton histoire. Tu ne sais jamais qui tu peux inspirer en étant simplement toi-même, sans honte ni gêne.
– Ash Alves

Ah s’assumer complètement, la job d’une vie.

Si accepter ce que l’on apprécie de soi est plutôt facile, voir agréable, il est beaucoup plus ardu, sinon difficile, voir quasi impossible parfois, d’accepter ce que l’on tend à rejeter de soi-même: les côtés plus sombres, plus lourds, plus noirs.

Mais qui nous sommes inclut inévitablement des parties moins reluisantes, dont nous sommes moins, peu ou pas fiers(ès) du tout. Car nous sommes humain(e)s, avec tout ce que cela comprend d’humanité. Et surtout avec tout ce que l’on ne comprend pas (encore) de soi, nos zones d’ombre.

Peu importe ce que l’on porte en soi, tout change, et tout peut changer car la vie n’est que changement. Ainsi, peu importe ce qui est lourd à porter en soi peut se transformer et devenir richesse, car tout a un certain potentiel de transformation, pour ne pas dire un potentiel certain de transformation. Si la vie est matière, la vie est fondamentalement matière à transformation.

La conscience constante que tout est né du changement.
La connaissance qu’il n’y a rien que la nature aime plus que de modifier ce qui existe et de créer de nouvelles choses comme ça.
Tout ce qui existe est la graine de ce qui en sortira.
Vous pensez que les seules graines sont celles qui font des plantes ou des enfants.
Reconsidérez.

– Marc Aurèle

Ainsi, il est indispensable – et inévitable – de s’ouvrir à ce qui est plus sombre en soi, ce qui est ombre en soi, à l’ombre de soi.

Il est essentiel de prendre soin de ce ciel en nous, invisible aux autres, de ce sanctuaire que la vie nous a édifié et que peuplent les messagers, ceux qui, de façon multiple, nous ont inspirés, conduits vers le meilleur de nous-mêmes.

Dans tous les lieux habités par la souffrance se trouvent aussi les gués, les seuils de passage, les intenses noeuds de mystère.

Ces zones tant redoutées recèlent pourtant le secret de notre être au monde, ou comme l’exprime la pensée mythologique : là où se tiennent tapis les dragons sont dissimulés les trésors.

L’espoir ne doit plus être tourné vers l’avenir mais vers l’invisible. Seul celui qui se penche vers son coeur comme vers un puits profond retrouve la trace perdue.

– Christiane Singer via François Thiboutôt

Ces plaies du passé, et du présent, enregistrées dans notre corps, encore et peut-être pour toujours, sont des réservoirs de richesse et de force. Ces plaies du passé constituent des présents, des potentiels de changement et de transformation.

Il nous faut les transformer, il nous faut faire avec.

____
Grand-Mère , que faire avec la souffrance ?
– Utilise tes mains mon enfant ! Si tu utilises ton mental, la souffrance s’accentue.

– Mes mains ?
– Oui, oui ! Nos mains sont les antennes de notre âme. Quand tu les utilises en cousant, en cuisinant, en peignant, en touchant le sol ou en les plongeant dans la terre, tes mains envoient des signaux d’amour au plus profond de toi et ton âme se calme. Et elle n’a plus besoin de la souffrance pour que tu prennes soin d’elle.

– Les mains sont-elles vraiment si importantes ?
– Oui, pense aux bébés, ils découvrent le monde en le touchant. Quand tu regardes les mains des personnes âgées, elles t’en racontent davantage sur leurs vies que n’importe quelle autre partie de leur corps.

Il est dit que tout ce qui est « fait main » est fait par le cœur, parce que c’est vrai, les mains et le cœur sont connectés. Les masseuses le savent. Quand elles touchent le corps de quelqu’un avec leurs mains, elles créent avec cette personne une connexion profonde. Pense aux amoureux, quand ils se prennent la main, ils subliment leur amour.

– Grand-Maman, depuis combien de temps n’ai-je pas utilisé mes mains de cette façon ?
– Utilise-les, mon enfant ! Crée de tes mains ! Et tout à l’intérieur de toi se transformera ! La douleur ne disparaîtra pas, mais elle se métamorphosera en la plus merveilleuse des œuvres d’art. Elle ne te fera plus souffrir. Parce que tu auras réussi à embellir ton essence.

– Elena Barnabé
De la page Le beau doit être notre monde

VIVRE PLUS GRAND QUE SOI

Je souhaite que de belles choses vous arrivent et lorsque cela arrivera, j’espère que vous serez capable de croire que vous êtes digne de mériter chacune d’entre elles.
– F.E. Marie

Un jour, j’ai contemplé ma vie. Je l’ai prise dans mes bras, je l’ai trouvé trop grande pour moi. – Christian Bobin via Sylvain Rudra

Bien d’accord avec Mr Bobin moi.

Notre petite vie personnelle est bien trop grande pour seulement soi. Pour ça qu’on doit ré-apprendre à vivre plus grand que soi, qu’on doit ré-apprendre à vivre pour la collectivité, à prendre en considération le bien commun, comme de tenter de résoudre le mal commun. En commençant par ceux et celles qui ont le plus besoin, notamment les enfants qui ne mangent pas à leur faim, les migrants sans terre d’accueil, les gens sans domiciles et autres moins bien nanti(e). Et se soucier de l’environnement.

Le fait de souhaiter le meilleur au monde entier est très gratifiant. Bien sûr qu’on doit en premier lieu assurer ses arrières et couvrir son propre derrière. Mais ce n’est que la première étape. Car comment être comblé(e) et satisfait de son propre sort quand le monde souffre autour de nous.

Bien sûr qu’il y aura toujours des gens qui souffriront autour de soi. Mais collectivement, on doit prendre soin. Par des actions concrètes. Ce à quoi les gouvernements devraient servir, alors que dans les faits, tant de politiciens veulent tout d’abord se servir.

Si, en tant qu’enfants, on pouvait seulement nous apprendre à souhaiter le meilleur à autrui autant qu’à soi-même. Quelque part en Scandinavie, on a programmé des cours d’empathie dès l’école primaire. Primordial.

Car moi ou les autres, même affaire, les autres et moi, same same. Notre monde de dualité nous enseigne à vivre séparé(e) du tout, alors que nous ne sommes pas du tout séparé(e) du tout, pas du tout.

En fait, d’après mes humbles observations, le problème fondamental de notre monde moderne réside dans le fait de se sentir séparé(e) du reste du monde. D’où la folie d’accumuler une fortune sans fin pour soi-même alors que tant d’autres manquent de besoins essentiels. Un monde de millionnaires dans un monde en besoin.

Ce n’est pas moi ou les autres. C’est moi ET les autres. Les autres ET moi.

Ci-bas, une prière que l’on récite au début et à la fin de nos cérémonies. Essayez-là, vous allez voir, ça fait bien du bien.

_________________
La clé de l’Harmonie

Je souhaite Harmonie, Amour, Vérité et Justice à tous mes frères et sœurs. Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos cœurs, nous sommes fort(e)s, sain(e)s et heureux(ses), créant ainsi un lien de fraternité universelle.

Je suis heureux et en paix avec tout l’univers, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes.

Je rends grâce à mon Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants.

Ainsi soit-il, Amen