FERMONS-NOUS LA, ET ÉCOUTONS LES

Sois humble car tu viens de la Terre.
Sois noble car tu viens des étoiles.

Pas certain mais probablement de la sagesse d’inspiration autochtone.

Hier je lisais les propos de quelques becs blancs se faisant aller le clavier et la morale sur les réseaux qui affirmaient que l’on devait retirer la coiffe offerte au pape par des chefs autochtones. Non mais de quoi on se mêle ?

Encore nous, les blancs, fils et filles des colonisateurs, en train de dire quoi faire et ne pas faire aux gens des nations qui étaient ici bien avant nos ancêtres, dont des elders. On n’apprendra donc jamais ?

Si plusieurs autochtones se sont prononcés contre ce cadeau, et même contre la venue du pape en général, c’est leurs droits et respectons leur parole. Mais sincèrement, je trouve que nous, les blancs, n’avons pas à nous prononcer à ce sujet. Par simple respect. Pour une fois. Enfin.

Sinon on répète et perpétue encore et encore les mêmes comportements d’ingérence qui ont été commis envers eux et dont ils et elles ont tant souffert. Par respect, laissons-les donc décider pour et par eux-mêmes. Notre opinion n’est pas de mise, ni requise et personne ne nous l’a demandé.

Évidemment que tous les gens des premières nations ne sont pas tous d’accord sur l’accueil qui doit être réservé au pape. Seul(es) eux et elles ont droit de parole en la matière à mon avis. Car eux et elles qui ont souffert et souffrent encore encore de nos comportements.

Alors respect et basta l’ingérence. Observons, respectons et fermons-nous la. C’est leur affaire, pas la nôtre même si ce début de tentative de guérison concerne tout le monde.

Bien sûr qu’on ne peut rien changer à ce qui s’est passé. Certains sont prêt(e) à pardonner, d’autres non. Certain(e)s respectent le pape et l’institution malgré tout ce qui a été fait en son son, d’autres non. Chacun son rythme et son chemin et respect pour le processus de tous et toutes et chacun chacune.

Et aux grand(e)s outrées blancs de peau à la moralisation et l’opinion si faciles devant ce cadeau, lisez ceci, car une grande leçon de la part d’une représentante de ces peuples à la sagesse si riche et à la résilience si profonde. (traduit en français par moi en essayant de respecter le plus possible l’esprit du texte anglais original)

Lisons-les.
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La coiffe

J’ai été choquée par la présentation de la coiffe sacrée au chef d’une organisation religieuse aussi destructrice. Une organisation qui a littéralement déchiré nos communautés et nos familles, qui a toléré et perpétré des atrocités. Je me demandais ce qu’avaient en tête ceux qui ont offert ce cadeau. J’ai pensé à la façon dont les coiffes sont données à nos dirigeants les plus respectés. J’ai pensé à la façon dont c’était reçu. Une séance photo rapide et rapidement retirée. J’ai pensé à l’endroit où la coiffe sera conservée. Il sera placé dans un caveau ou exposé. Oui, je me suis senti choquée et confuse. Nous avons tous le droit de ressentir des émotions intenses et nous devons les honorer.

Mais ensuite je me suis souvenu… ce n’est pas à propos de lui, c’est à propos de nous. Il s’agit de notre générosité et de notre grâce. Il s’agit de notre bonté. Pensez à cela… une tentative de génocide a été tentée contre notre peuple et pourtant, nous nous sommes levés pour montrer qui nous sommes vraiment. Nous représentons nos ancêtres. Nous représentons notre peuple, nos familles et nos collectivités. Nous représentons notre culture. Nous représentons nos valeurs traditionnelles, notre ténacité et notre force.

Nous nous levons en tant que guerriers et guerrières, non pas à cause d’excuses mais parce que nos ancêtres marchent à nos côtés. Nous comprenons que nous sommes béni(e)s de marcher sur la terre mère. Nous sommes les gardiens des sept prochaines générations. Nous sommes ici pour briser un cycle.

Je sais que la coiffe est puissante et peu importe où elle est placée, elle a touché sa tête et à cause de cela, lui et ses disciples, le voyage de guérison vient de commencer. Comme c’est notre chemin, nous élevons nos prières pour eux parce que nous comprenons à quel point un voyage de guérison est difficile.

kākithaw niwākomākanak (Toutes mes relations),
kihci têpakohp iskotêw iskwêw (Emily Jane Henry)
Nation Ochapowace

via Phillip Cote III sur FB
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Et écoutons-les. Ci-bas, deux témoignages touchants, particulièrement celui de Ogima Jimmy Papati. Pour qu’enfin on les écoute et les entende.

Ogima Jimmy Papatie
https://www.facebook.com/kitcisakikogima/videos/1384469778744887/

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Richard Kistabish
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/entrevue/409423/pape-francois-excuses-richard-kistabish?fbclid=IwAR3lGGiSfC0GgV0R0hmD5xOuOli6OAZxAyNleAtrjvPViW4BV0GOxY1cciU

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