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ICI, OU LÀ

Depuis quelque temps, quelques personnes autour de moi passent par quelques moments difficiles. Vraiment pas faciles.

Des moments qui semblent parfois presque sans espoir, full désespoir.

Pour eux et elles, la période est sombre, brûlante d’intensité, éternellement longue, et le passage pour en sortir très étroit.

Alors quoi leur dire ?

Que ça ira mieux ?

De ne pas s’en faire ?

Que ça va passer ?

Non, définitivement pas.

Mais leur dire quoi ? Que pourrait-on dire ? Pas vraiment rien à dire dans ces moments.

Pas grand chose à faire non plus. Même leur préparer de la nourriture risque de ne pas aider car l’appétit n’est même pas au rendez-vous.

Quand quelqu’un souffre, quand quelqu’une a mal, rien que l’on puisse dire ni faire pour lui ou elle. Qu’être là, ici. À côté, à leurs côtés. En présence ou à distance.

Et sentir ce qu’ils et elles peuvent vivre, ressentir pour soi, si cela est possible, ce qu’ils et elles ressentent en eux et elles. Du moins l’imaginer.

Quand quelqu’un passe par un petit enfer personnel, rien que l’on ne puisse dire ni faire pour eux et elles. Que reconnaître le passage en question. Sans juger, sans vouloir pour eux ni elles.

Quand un(e) proche autour de soi souffre, on devrait simplement lui demander ce dont il ou elle a besoin et offrir. Comme lorsque nous n’allons pas bien nous-même, parfois on veut parler, parfois on veut demeurer seul(e) et en silence. Full respect.

Donc quand un(e) proche souffre, tout ce que l’on peut faire c’est être là, ou ici. Pas de sermon, pas de conseil car on n’a aucune idée de ce qu’il/elle vit, ni comment il/elle le vit, ni ce dont il/elle besoin.

Simple mais pas toujours si facile à faire, et ne pas faire.

PROPRE SALOPERIE

Ces mots d’Etty Hillesum peuvent être difficiles à accepter pour certain(e) qui se croient sans faille et sans reproche mais ils sont très justes à mon humble avis.

Nous portons tous et toutes une part de saloperie en soi.

Plutôt que de regarder cette saloperie en soi, on préfère souvent regarder les travers du pire que nous à l’extérieur de soi, comme ça, on évite d’investiguer ses propres zones d’ombre.

Mais qu’entend-on par saloperie me direz-vous ? Voici que le Larousse en ligne en dit:
Matière sale, saleté. 
• Microbe, germe d’une maladie grave.
• Propos, acte obscène.
• Action méprisable, basse, dégradante.
• Chose, objet sans valeur ; marchandise ou aliment de mauvaise qualité.

Évidemment que ce registre peut varier, au mieux ou au pire, à la hausse ou à la baisse. Mais qui n’a jamais entretenue de pensées négatives envers autrui, été envieux ou tricher un peu sur les bords ?

Par exemple, qui n’a jamais tenté de souffler sur la chandelle d’autrui (en parlant en mal) pour donner de l’éclat à la sienne ? Pour se justifier et se glorifier ? Quand on se compare (habituellement à pire que soi) on se console.

Mais plutôt que saloperie, terme qui risque de rebuter quand on doit l’appliquer à soi-même, d’après moi, on pourrait remplacer ce terme par les expressions inconscience ou ombre.

Car quiconque commet une ou des saloperie(s) – petite ou grande – le fait inévitablement à partir d’une certaine part d’inconscience en soi, avec une part d’ombre certaine en lui/elle qui demande d’être éclairée par son acting out, incluant les troubles mentaux, les manques de jugement – qu’est-ce que ça veut dire ? – la médisance, l’avarice (peur maladive d’en manquer ?) ou tout autre acte criminel ou d’incivilité, et on sait que la liste est grande et quasi-illimitée.

Jamais facile de voir ses côtés plus sombres, ses propres zones d’ombre, ses petits et grand démons intérieurs. Toujours plus confortable de regarder en dehors de soi que de tourner son regard vers soi.

Mais on dit que tout ce que l’on voit et perçoit à l’extérieur de soi doit inévitablement exister en soi pour qu’on puisse le voir et le reconnaître en dehors. À l’image des autochtones d’Amérique du Sud qui, selon la légende, n’auraient jamais vu arriver les grands bateaux des colonisateurs européens car ils n’avaient jamais vu auparavant de telles embarcations, puisque cela n’existait pas dans leur monde.

Ainsi, pour changer le monde, inévitable de commencer par soi. Le monde est trop vaste pour qu’on puisse le remettre en ordre.

Extirper cette pourriture n’a pas besoin d’être répugnant, cela peut simplement signifier mettre de la lumière sur ses propres parts d’ombre, apporter à la conscience ce qui, du plus profond de soi, demande d’être observé, vu, investigué.

Sans forcer, sans brusquer car la vie a cette intelligence de permettre à tout ce qui doit être vu d’éventuellement être manifesté. Pour ça que parfois, ces parties de nous doivent être agies sur la scène publique, extériorisées par ce que l’on nomme des actes manqués, et ainsi être déposées hors de soi pour mieux les voir et les reconnaître. Nos yeux sont faits pour voir en dehors. Et le regard des autres peut aussi nous aider à mieux nous voir nous-mêmes.

Alors, changer en soi ce qui a besoin d’être changé à l’extérieur. Utiliser ce que l’on considère comme inadéquat sur la place publique (et les médias font très bien cela) comme indicateur de ce qui vit en soi, ce qui mérite attention.

Évidemment toujours plus facile de regarder dehors et de juger autrui. Mais plutôt infructueux, et inefficace, car le dehors ne parle que la plupart du temps du dedans. On voit ce que l’on est capable de voir, et on aime regarder ailleurs, ça évite les remises en question.

Bonne plongée.

L’INSOUTENABLE LOURDEUR DE L’ÊTRE

Certaines personnes perdent parfois – et/ou ont perdu – le feu sacré comme le consacre l’expression. Des gens qui ne savent plus pourquoi vivre, ni où aller. Certaines personnes qui ne savent plus pourquoi ils ou elles devraient continuer sur cette route d’humain.

Et en même temps, la vie ne se termine pas toujours simplement comme ça, parce qu’on le souhaite. Oh ! bien sûr, certain(e)s sont proactifs en ce sens et qui nous sommes-nous pour juger ? Car lorsque la souffrance est trop intense, parfois elle devient intolérable.

L’insoutenable lourdeur de l’être disait le poète, ou vice-versa.

Parfois c’est nous qui filons un mauvais coton, parfois une personne près de nous. Parfois ce sont ami(e)s ou connaissances, parfois des membres de notre famille.

La vie est une grande roue dans et devant laquelle nous sommes tous et toutes égos.

Et le hasard, ou les choses de la vie, nous frappent de façon aléatoire et sans discriminer, sans s’annoncer. Certain(e)s l’ont plus facile que d’autres, d’autres plus dure que certain(e)s.

Mais comment faire pour rallumer la flamme ? La sienne comme celle d’autrui.

Quoi se dire à soi-même quand notre âme se perd au fond de soi ? Et qu’elle tourne en rond, qu’elle spinne sur elle-même.

J’imagine que l’on a tous et toutes nos façons d’être et de faire, tous et toutes nos stratégies d’adaptation face à l’adversité, qu’elle soit interne ou externe.

Qu’on ait médité, qu’on se soit r’viré les entrailles à la recherche de soi, ou de Dieu, nous sommes tous susceptibles de tomber dans une craque en soi, toutes candidat(e)s à devoir explorer et investiguer nos tréfonds les plus profonds par moments. Un moment donné, une fois de temps en temps, ou plus régulièrement, c’est selon. C’est ce qui fait de nous des humains à part entière, des esprits incarnés à la recherche des leçons d’humanité.

C’est probablement cette lourdeur qui nous fait tant chercher la légèreté.

Alors ce matin, en toute impuissance et avec le feu au coeur, quelques mots de simplicité et d’humanité, quelques flammes d’espoir tapées à mon clavier, extension de ce coeur humain qui bat en moi comme en chacun(e) de nous, quelques flammèches d’empathie et de compassion via wifi vers l’invisible vers ceux et celles qui souffrent, ceux et celles qui cherchent une porte de sortie, ceux et celles qui désirent si ardemment que cette parfois presqu’intolérable souffrance – visible ou invisible – s’allège. Et que la flamme de vie se rallume.

Vers vous tous et toutes, et moi et toi, je nous souhaite patience, acceptation et courage pour passer au-travers les tempêtes de l’âme et du coeur. Pas grand chose que l’on puisse dire ou faire quand de tels nuages se posent sur notre coeur et sur notre esprit. Qu’être et accompagner, qu’accepter et ressentir. Et un peu de vent.

Mais peut-être que le simple fait de savoir que nous partageons tous et toutes cette souffrance, comme la capacité de la laisser nous traverser pour qu’elle puisse éventuellement emporter avec elle nos vieilles histoires, nos mémoires périmées, nos expériences pas encore complètement intégrées, puisse être un baume dans l’invisible.

Car comme on dit, en tant qu’humain, la douleur est inévitable, mais la souffrance optionnelle. Que nous puissions tous et toutes en découvrir la différence.

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Que tous les être soient heureux, comblés et épanouis.
Que tous les êtres redeviennent sains et unifiés,
Que tous leurs désirs et besoins soient satisfaits.
Que tous soient protégés du mal et libérés de la peur.
Que tous les êtres jouissent du bien-être et de la paix intérieure.
Que tous trouvent l’éveil, la délivrance et la liberté.
Que vienne la paix en ce monde et dans l’univers entier.

Gaté Gaté Pragaté Parasamgaté Bodhi Svaha.

Amicalement

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Ne demande jamais ton chemin à celui qui sait. Tu pourrais ne pas te perdre.
– Simone Bernard-Dupré

PETIT MATIN D’OCTOBRE

Parfois la vie est ainsi. Tout n’est pas clair, la brume rôde dans notre champs de vision.

On avance à tâtons, chaque pas hésitant, lentement et pas très sûrement. Mais on continue d’avancer car le surplace n’est pas une option. La vie se charge de nous faire avancer.

Le monde tremble autour. Parfois il tremble en dedans pour certain(e)s de nos proches. Ce qui vient ébranler le nôtre aussi. En fait, le monde est pur tremblement si on écoute et si on sent finement. La terre tremble au centre d’elle-même. Dans sa rotation dans le reste de l’univers.

Quand la brume est présente en nos vies, on doit utiliser autre chose que ses yeux pour avancer, pour nous guider. Le coeur ? L’intuition ? Ou peut-être un autre sens, une autre forme de perception à découvrir.

En ces temps brumeux, comme l’impression qu’il nous faille descendre en soi pour y puiser une sagesse ancestrale déjà présente, cultivée et transmise par les sages depuis des millénaires.

Mais ce rythme est lent, plus lent, beaucoup plus lent. Dans ce monde qui va vite, plus vite, de plus en plus vite.

En ce petit matin suspendu dans l’infini, comme dans l’éternité, dans le silence de l’aube, la vie est sur pause. Tout continue autour et en nous, mais quelque chose d’autre existe aussi. Quelque chose qui veille, quelque chose qui confirme que tout va bien, que tout va bien aller. Que tout va aller exactement et inexorablement comme cela doit aller.

Simplement, inévitablement, de soi. Car la vie n’a pas besoin que nous comprenions tout, que nous sachions tout. L’existence se déroule exactement comme elle doit. À nous de saisir qu’il en est toujours ainsi, et qu’il n’en sera jamais autrement.

Car la vie contient l’intelligence suprême, l’existence sait. À nous de s’ajuster, de vibrer à sa fréquence, en harmonie, malgré le chaos apparent. Car tous ces chaos et tous ces drames qui se déroulent font partie d’une grande symphonie parfaitement imparfaite et humainement chamboulante. La perfection se forge en ce chaotique flot d’énergies de toutes sortes.

À nous de percevoir comme il se doit, comme on le peut, comme on le sent. Car la perfection est déjà là, cachée dans l’imperfection apparente. La vie suit le cours qu’elle doit suivre. Malgré nos aberrations d’humains en quête de mieux, en quête de plus, la vie se vit parfois dans le bleu ciel de mai, parfois dans la brume d’octobre.

Et tout est parfait ainsi, même si l’avenir est incertain. Car l’incertitude est la seule certitude qui soit.

Ainsi soit-il.

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Quand on se trouve devant une crise radicale, quand la vieille façon d’être dans le monde, d’interagir avec autrui et avec la nature ne fonctionne plus, quand la survie est menacée par des problèmes apparemment insurmontables, soit une forme de vie particulière ou une espèce mourra, soit elle dépassera les limites qui lui sont imposées et fera un bond évolutif.

L’humanité doit réagir à une situation critique qui menace sa survie même. Le dysfonctionnement de l’ego, déjà reconnu il y a plus de 2 500 ans par les anciens sages et maintenant amplifié par la science et la technologie, menace pour la première fois la survie de la planète tout entière. Jusqu’à récemment, la transformation de la conscience humaine, également mentionnée par les anciens sages, n’était rien d’autre qu’une possibilité, concrétisée ça et là chez quelques rares personnes, indépendamment de leur culture ou de leur confession religieuse. Un tel avènement de la conscience humaine ne se produisait pas parce que ce n’était pas impératif.

Une portion significative de la population terrestre reconnaîtra bientôt, si ce n’est déjà fait, que l’humanité se trouve devant un choix brutal: évoluer ou mourir.

Si les structures du mental humain restent telles qu’elles sont, nous finirons toujours par fondamentalement recréer le même monde, les mêmes démons, le même dysfonctionnement.

La conscience de l’ego est très destructrice, un changement majeur est nécessaire si vous voulons éviter l’anéantissement de l’humanité.

Eckart Tolle – Une crise radicale

ÉTERNEL(LE)S ÉTUDIANT(E)S DU MOMENT PRÉSENT

Ou, dit autrement:

Vous devez être le plus éloquent exemple des comportements qui relèvent des réalités que vous préférez. – Bashar

J’ai jadis été psychothérapeute pendant une vingtaine d’années. Rôle que je considérais important et qui me donnait une certaine valeur, une valeur certaine à l’époque. Jusqu’au moment où j’ai réalisé que je n’avais rien à enseigner à qui que ce soit, rien à inculquer, rien à apprendre à autrui car ce sont nos comportements qui parlent le plus clairement.

J’ai aussi enseigné dans quelques universités au cours de la même période, partageant diverses connaissances acquises au sujet de l’histoire des psychotropes, de leur utilisation au fil du temps et des diverses mesures de contrôle social à leur endroit.

Mais même en tant qu’enseignant, mon intention a toujours été principalement de remettre en question en moi-même ce que je prenais jadis pour du cash, et d’instiller chez les étudiant(e)s le même réflexe de remise en question face à soi-même et ses dites connaissances.

Pourquoi croit-on ce que l’on croit ? D’où viennent nos croyances ? Et qui sommes-nous et que savons-nous sans elles ?

Mais maintenant je n’enseigne plus rien, rien d’autre qu’être soi-même. En commençant par moi-même. Une job en soi. Un grand jeu de rôle. Plus aucune prétention de vouloir montrer quoi que ce soit, ni aider, ni changer quiconque.

Désormais, je suis mon cahier de notes, mon syllabus, mon bien humble plan de cours. Et je n’ai plus rien à enseigner. Rien d’autre que d’accepter la vie qui nous arrive au visage, accepter tout ce qui vient à nous, surtout ce que l’on n’attend pas, ce que l’on ne veut pas. Et cela ne s’enseigne pas, ça se vit, tout simplement.

Encore tout à apprendre.

Désormais, il me semble que tout ce que je peux partager sont du temps et de l’espace. Pour être, pour méditer, pour faire silence, se la fermer et observer ce qui se passe en soi, et autour, pour chanter, pour se regarder. Chacun(e) pour soi, mais ensemble. Car le fait de tenir l’espace pour qu’ensemble on puisse se regarder me semble plus riche que de le faire chacun(e) pour soi, chacun(e) chez-soi. La force du groupe comme on dit.

On aura beau dire tout ce que l’on veut, rationaliser, prêcher, enseigner, provoquer ou séduire, crier ou chuchoter, expliquer, ou tenter de le faire, au bout du compte, tout ce que l’on peut vraiment montrer au monde est simplement et tout bonnement qui nous sommes, que soi-même, qui nous sommes vraiment, et seulement, et en toute transparence.

Derrière les mots, derrière les masques, mais surtout sans nos mots et sans nos masques. Nos gestes, nos actions, notre façon d’être, tout simplement. Et rien de tout cela ne peut se cacher derrière des mots, encore moins des concepts ou de grandes explications.

Car de toute façon, quiconque se connait lui ou elle-même le moindrement détectera ce qui émane au-delà de nos beaux discours. On ne peut que tromper des gens qui veulent être séduits.

La vraie leçon ne peut que passer par notre façon d’être. En particulier devant les épreuves. En particulier à l’aube d’un long hiver à venir. En particulier, en ce moment même.

Car toujours que la vie elle-même la principale et seule réelle enseignante, comme la mort, et nous tous et toutes, que d’éternel(le)s étudiant(e)s.

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Rencontrez l’ego avec un amour absolu, de la compassion et de la patience. Ne vous y adonnez pas et ne résistez pas à son apparence. Tenez-le dans une étreinte amoureuse et laissez-le se dérouler dans le silence du cœur. Laissez-le vous montrer ce qui doit être guéri, la douleur sous la tourmente. Votre présence est l’agent de guérison, votre amour ce qui lui permet de se dissoudre.
~ Adyashanti

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Toutes les autres créatures perçoivent avec précision, vous pouvez le voir dans leurs yeux. Prêtez attention à tout et tous.

Très Chers,
Les humains ont trois centres intuitifs, deux sont situés dans les trois chakras supérieurs et un troisième est au sommet du troisième chakra.
Entendre au-delà des mots de la voix d’une personne ou de l’appel d’un animal… entre les tons, connaître les intentions s’appelle la claire audition… la troisième oreille.
Voir au-delà de la lumière de ce qui apparaît et dans la lumière de ce qui est, de ce qui était et de ce qui doit être s’appelle la clairvoyance… le troisième œil.
Le troisième centre intuitif, situé à l’intersection du plexus solaire et du centre du nombril, vous donne l’intuition… l’intuition. Appelée clairsentience, c’est la plus couramment utilisée.
Aucun de ces centres n’a besoin d’être activé – ils sont déjà très actifs. Les gens manquent complètement leurs messages subtils parce que la « vie » absorbe toute l’attention avec les trois dimensions de l’espace et la quatrième dimension du temps.
Quand ces centres envoient leurs messages incroyables, vous n’écoutez pas, ou si par hasard vous écoutez, vous n’y croyez pas. L’intuition ajoute une perspective qui vous dit ce qui est réellement, ce qui était ou ce qui sera… par opposition à ce qui « apparaît ».
La psyché humaine a cessé d’utiliser ces centres il y a plusieurs milliers d’années ; c’est pourquoi les maîtres et les yogis, à travers les âges, ont appelé l’expérience humaine de la perception de base « maya ».
Il manque les informations supplémentaires qui le rendent réel. Sans cette information, c’est une illusion; c’est comme un orchestre auquel il manque plusieurs sections d’instruments… la symphonie est incomplète… ce que les humains vivent est incomplet.
Avec cette information manquante, beaucoup d’autres choses influencent la perception… vous ne voyez pas, n’entendez pas ou ne ressentez pas exactement ce qui se passe réellement. C’est la nature actuelle de la nature humaine, et la raison pour laquelle il y a tant d’ignorance et de défi… aucune autre créature ne cause les problèmes que les humains sont.
Toutes les autres créatures perçoivent avec précision… vous pouvez le voir dans leurs yeux.
Notre prière est que vous fassiez ce qu’il faut pour commencer à prêter attention à vos capacités supérieures, que vous intégriez cette habitude dans un rappel quotidien et que vous permettiez à vos conversations et à vos conclusions de provenir de la compassion de votre perception extra-sensorielle.
Toujours avec Amour Sacré, Bénédictions, Prière et Gratitude…
Sat Nam, Guru Singh et Guruperkarma Kaur

DOJO À DOMICILE

L’automne est ici. Novembre est à nos portes. Gros mois s’il en est un.

Les arbres achèvent leur striptease, la lumière diminue, les jours raccourcissent. Le froid se pointe le bout des bottes.

C’est le temps de l’année où nous sommes invité(s) à revenir en soi, à hiberner, à trouver refuge. Back home.

Comme a déjà dit notre cher beloved, il n’y a rien à faire pour revenir en soi, il faut seulement cesser d’en sortir et de se perdre dans le monde.

Or, avec les multiples écrans qui nous font face et les multiples sources de divertissement externes, sans ignorer les algorythmes qui décident pour nous si on ne demeure pas alerte, plus challengeant que jamais de downsizer en soi-même.

En ce monde un peu fou, et très incertain, avec devant nous un avenir annonçant du changement plus imprévisible que jamais – comme toujours auparavant, diront certains avec justesse – il est essentiel de trouver un safe space en soi, un centre d’observation calme et protégé.

Pour simplement observer, se désengager de l’action sociale, et permettre à ce cher mental si plein de toutes sortes de choses d’enfin se reposer, de se déposer, et de s’aérer.

Esprit plein ou pleine conscience.
Apprenez à être présent(e) et à apprécier le moment.

Parce que parfois, la tête devient lourde, trop lourde, tellement lourde qu’elle écrase notre coeur, et la vie qui nous porte.

Depuis un an et demi, avec notre petit groupe de la Tribu, jusqu’à 5 fois par semaine, et un peu plus pour quelques rares mots parfois, nous nous arrêtons, en silence, en musique, parfois en mouvement, ensemble, par écrans interposés.

Sans communiquer, nos rencontres virtuelles favorisent plutôt la communion, le silence, le partage de l’espace, un arrêt commun au grand pitstop existentiel du non-faire et de l’observation de tout ce qui se passe, tout ce qui passe en nous comme au-travers et au-delà. Et justement, on observe et on laisse passer. On ne fait rien ensemble. Et c’est délicieux.

L’idée, avec ce groupe, n’est pas qu’il croisse à tout prix en terme de nombre et qu’il devienne très populaire et trop impersonnel. Non.

Simplement de fournir une aide extérieure à ceux et celles qui veulent prendre le temps d’arrêter mais qui se font trop souvent aspirer par les zéros sociaux et autres sources de divertissement externes, pour tout simplement revenir en soi, et s’y déposer. Investissement plutôt que divers tissements. Soutenir un groupe de gens intéressés à s’arrêter, ensemble, en silence, avec aucun autre but qu’être.

Et l’idée consiste à créer, chacun chacune chez-soi, son propre sanctuaire, son propre espace, et du temps – 20 minutes, 45 ou 60 à la fois, 5 fois par semaine, pour se déposer, pour retrouver en soi ce après trop souvent on court après là-bas dans le grand monde du divertissement de l’information, ou la désinformation c’est selon. Roue qui tourne sans cesse et sans arrêt.

Alors, si à l’aube de la saison du grand retour en soi, c’est vous que vous avez envie de voir dans votre écran, nous, de la Tribu, sommes fidèles au poste, 5 jours par semaine. À l’infini, pour le moment.

https://lanouvelletribu.ca/

À TOI

Le but dans la vie consiste à gérer avec équilibre la terreur d’être en vie avec le miracle d’être en vie.Carlos Castaneda

À toi, qui a peur, qui souffre, qui est aux prises avec une grande terreur intérieure en ce moment.

À toi, qui ne sait pas, qui ne sait plus comment faire sens de ce monde, autant celui qui prend place en toi que celui en dehors de ton corps.

À toi, à qui ne je ne sais pas quoi dire pour te rassurer face à cette grande souffrance qui t’a assaillie récemment, mais qui dormait peut-être en toi, cette muraille qui a arraché ton âme à ton corps.

Pour toi ces quelque mots.

Mais pour moi aussi car c’est tout ce que j’ai en ce moment pour tenter de te rejoindre au loin là-bas en toi.

Que quelques mots d’impuissance – et de respect – pour t’accompagner dans cette plongée en ce gouffre sans fond qui git au coeur de toi et qui ne semble pas vouloir te permettre de remonter.

Ce même gouffre qui vit en moi aussi, comme en chacun(e) de nous, mais que nous ne visitons pas en ce moment précis. Pour le moment. La seule différence entre toi et moi, vous et nous. Ne soyons pas assez fou ni folle pour penser que l’on ira jamais là nous aussi. Car la route est parsemée de trous invisibles et de failles surprenantes.

Ce gouffre qu’on ne peut comprendre, ni prévenir, ni éloigner, ni éviter parfois, ce gouffre qu’on ne peut que craindre – et respecter – et auquel on doit faire face quand il nous frappe de plein front, de dos ou de côté.

Car cet abîme se terre en chacun de nous alors ne le méprisons pas, ne le sous-estimons pas. Cela serait trop intrépide, trop arrogant, et futile. Pas parce qu’il dort en ce moment qu’il n’est pas dit qu’il ne réveillera pas un jour, peut-être au seuil de la mort.

Cette mort que tu sembles tant vouloir et désirer en ce moment, ce sommeil profond dans lequel tu voudrais te vautrer, et te terrer, dans lequel tu voudrais enterrer ta terreur. Probablement que tu ne veux pas comme tel mourir, j’imagine que tu ne veux qu’arrêter de souffrir, que tu veux que tout CELA cesse.

À toi, à côté de qui je me tiens parfois, je veux simplement ici en l’air te dire que je suis ici en chair. Sans mots, sans mots autres que ceux-ci. Quelques mots d’impuissance mais qui t’accompagnent dans le silence invisible, dans l’espace sans temps.

Des mots qui ne peuvent que souhaiter que ta terreur actuelle d’être en vie ne se transforme naturellement en miracle d’être en vie. Un miracle qui te soutiendra dans ton éventuel passage de transformation et de transition qui passe de l’ombre vers la lumière, de la terreur au miracle.

Puisses-tu trouver en toi et autour cet amour plus grand et plus fort que tout que tu te portes à toi-même. L’amour de vie.

Et puisses-tu choisir d’oser plonger dans l’inconnu. Avec foi, avec confiance. Et avec nous.

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La vie est si souvent insupportable – tu penses que tu ne peux pas continuer.
La vie – la survie de la vie – consiste à se relever et à continuer, et les moyens de le faire varient, mais au cœur de tout les choses qui avancent est la prise de conscience – pour moi, en tout cas – que le monde, vos amis, votre propre cœur brisé ont besoin de votre amitié, de vos rires et de votre volonté de continuer.

Casses et reconnais ta perte, ta colère, tes atouts diminuent, mais rebondis sur un rire, une histoire, un repas – tout ce que tu peux bricoler et donner à quelqu’un d’autre, à toi-même.

… ma tristesse a toujours été, je pense, un rappel que, dans mon sort de solitude et de sérénité, le monde était toujours là-bas en train de se faire tabasser, les gens souffraient et je dois recommencer à m’occuper d’eux.

… le plus beau cadeau est parfois la main tendue.

– Alec Guinness/Entretien avec James Grissom/1997

TROU NOIR ET INSPIRATION DIVINE

La seule et unique vérité de toute personne repose comme un trou noir en leur centre et tout le reste – tout le reste – ne sont que déchets et débris couvrant ce vide. Évidemment, pour quiconque ne fait que vivre son existence humaine sans se préoccuper de ce questionnement plus large, ces déchets et débris sont ce de quoi ils/elles se croient composé(e)s. Mais pour quiconque veut atteindre la vérité, ce qu’ils pensent être est ce qui est dans le chemin. – Jed McKenna

Chronique un peu décousue ce matin. Car sujet vaste et sans fin, ni certitude.

Depuis quelque temps, j’ai l’intention de faire bla bla autour du thème de la pratique religieuse, notamment suite à la lecture d’un article d’une amie (lien ci-bas) que j’ai apprécié lire avant-hier.

Mais lorsque je suis tombé sur cette citation de Jed McKenna, mon attention a tout de suite été happée, moi captivé, et mon intérêt détourné. Et en même temps, je vois un lien certain entre le trou noir qui réside en chacun chacune au centre de nous et qui nous constitue en fait en-deça ou au-delà de notre prétendue identité, notre ou nos représentation(s) de Dieu ou du Grand Esprit et entre toute pratique religieuse. En fait ce que l’on pourrait nommer notre identification spirituelle ou religieuse.

Ces jours-ci, nombreux sont les gens qui rejètent catégoriquement et réactivement tout élément de toute tradition religieuse, quelle qu’elle soit. Le seul mot religion hérisse des poils sous plusieurs habits et met en crisse des gens de tout acabit. Comme une grosse réaction généralisée épidermique. Particulièrement ici au Québec ou le catholicisme fut sévère et dominant.

Cette réaction et ce rejet sont en partie justifiés car de nombreux actes crapuleux ont été posés – généralement par des hommes dits de foi davantage que par des femmes – au nom de personnages dits divins de la tradition catholique, ou chrétienne dans son appellation plus large. Notamment face aux autochtones sur ce continent mais un peu partout ailleurs sur la boule aussi.

Faites ce que je dis et non ce que je fais. Jésus a eu le dos large.

En même temps que survient ce rejet des religions et une certaine coupure drastique à leur endroit (le cas de l’Iran est particulièrement criant d’actualité en ce moment), ils et elles sont aussi nombreux à embrasser un renouveau de foi, qu’elle soit catholique, baptiste, védique, bouddhiste, néo-libéraliste, genrique, médiatique ou psychédélique.

On aime dire que nous connaissons une grave crise de santé mentale actuellement, particulièrement depuis 2-3 ans. Mais il me semble que nous sommes plutôt dans un grand vide spirituel, flottant dans une perte de sens généralisée, autant dans le sens de direction, où allons-nous ? – qu’au niveau de notre place dans le monde, qui sommes-nous ?

Nous souffrons actuellement d’une perte de repères spirituels, dans la représentation de notre place dans le monde, qui se manifeste d’après moi par une perte de sens écologique.

Notre terre mère se meurt ici-bas, et notre père up there a sacré le camp.

Je suis occupé – et pré-occupé – directement et personnellement par la dite religion car depuis quelques années, j’évolue au sein d’une lignée spirituelle issue du Brésil, qui est aussi considérée par certains comme une religion. C’est en ce sens que je me pose plusieurs questions au sujet de ma place dans cette lignée, comme au sujet de mon implication comme représentant d’un mouvement plus large que moi. Je ne parle plus qu’en mon seul nom désormais.

Moi qui a été très suspicieux de toutes les religions depuis de nombreuses années, cheminant auprès d’Osho depuis une quarantaine d’années, lui qui en a relevé les torts et les travers en tous sens, comme leurs bienfaits et leurs richesses aussi, le fait de me retrouver dans une lignée religieuse me fait me poser de nombreuses questions.

Car dès ma rencontre avec Osho, j’ai découvert la dévotion. Sans hésiter, j’ai tout de suite été aspiré – et inspiré – dans ce grand train vers nulle part ailleurs qu’ici car l’étincelle qu’a allumée Osho en mon trou noir a été sans équivoque. Dès que je me suis trouvé en sa présence, c’est comme si j’ai su pourquoi je m’étais incarné. Oui m’sieurs dames, rien de moins. Pour retrouver cette étincelle. Comme une grande certitude, un espace sans doute, une simple évidence existentielle. Et ce n’est pas l’image de quelqu’un qui est apparu, car Osho n’est pas une personne, c’est une présence lumineuse qui a en quelque sorte ré-enchanté mon coeur et mon âme.

Mais la beauté dans le fait de cheminer avec un maître est qu’il ne nous fournit aucune réponse, aucun dogme à suivre, au contraire, il nous brasse de tous bords tous côtés, il nous invite à visiter tous les racoins de ce trou noir enfoui au centre de soi que l’on a tendance à vouloir meubler de croyances spirituo-ésotériques diverses. En même temps qu’il retire toute certitude, un maître dépose une dose d’amour en notre coeur. Et de foi en quelque chose de plus grand que petit soi.

Mais suite à la rencontre avec un maître, qui puise dans tous les courants religieux mais ne s’attache à aucun, il est un peu contre nature – en apparence du moins – de joindre une lignée spirituelle – ou religieuse – avec certains protocoles et rituels pré-établis. Surtout quand on chemine avec Osho qui a depuis toujours été reconnu comme un rebelle et un spiritual gangster allant à l’encontre de tant de traditions, ou du moins, les amenant ailleurs et autrement.

Depuis quelques années, je découvre la beauté et la richesse de parcourir un courant religieux, qui n’est au fond rien d’autre qu’un contenant dans lequel on peut puiser dans le contenu divin. Un état du grand Esprit qui m’inspire.

Il parait qu’au centre du trou noir se trouve une puits de lumière. Alors le processus d’investigation intérieure se poursuit. À suivre.

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Le cadeau
Tu n’as pas idée à quel point j’ai cherché un cadeau à t’apporter.
Rien ne semblait correct.
Quel est l’intérêt d’apporter de l’or à la mine d’or, ou de l’eau à l’océan.
Tout ce que je trouvais, c’était comme emmener des épices en Orient.
Il ne sert à rien de donner mon cœur et mon âme parce que vous les avez déjà.
Donc- je t’ai apporté un miroir. Regarde-toi et souviens-toi de moi.

– Rumi

MAMMAS TOUT LE TOUR DU COEUR

Hier, suite à la lecture d’un texte d’une amie (lien ci-bas) sur les pratiques religieuses actuelles, j’avais commencé une chronique qui traitait de religion (reliance) at large. Mais des obligations familiales ont interrompu mon flot de mots, le flot de mes mots, des mots de trop en a décidé la vie.

Et ce matin, le flot de ces mots a été remplacé par une vague de mots d’amour et d’appréciation envers toutes les mères, toutes mes mères, envers la vierge Noire, envers Mamae Sonia, ma mamae do Brasil, ainsi qu’envers ma mamma bio à moi, mamma Michelina.

Ptit gars de mères et de mondes ce matin le chroniqueur.

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de La vierge Noire – Nossa Senhora Aparecida – figure mystique au sein de diverses religions, aussi connue comme Notre-Dame de la Guadeloupe. Une femme sainte, noire de surcroit. En cette époque où le féminin est plus requis que jamais pour compenser la déchéance d’une certaine attitude masculiniste qui détruit le monde, et avec les minorités traditionnelles qui reprennent la place qui leur est dûe, image forte, intemporelle et bien de son temps.

C’est aussi l’anniversaire de Mamae Sonia Dini aujourd’hui. Une femme de coeur, une bombe d’amour. La matriarche de notre église soeur au Brésil.

Nous nous sommes rencontrés au Brésil il y a 7 ans lorsque nous y étions avec un groupe d’ami(e)s. Coup de foudre immédiat et instantané.

Dès que je l’ai vu, sans savoir pourquoi, j’ai senti la forte impulsion de lui demander de m’adopter. Au moment même où je partage ces mots avec ma gang, elle rentre dans la maison et dit haut et fort : toi tu es mon fils ! Ainsi sera-t-il.

Comme sa famille est d’origine italienne, installée au Brésil depuis quelques générations, cette filiation m’a fait sentir et ressentir fortement ma mère à moi décédée depuis un bout.

Sentiment qui mena, lors de la cérémonie suivante, à une sorte de vision, une forte intuition imagée en tous cas, de changer de nom légalement pour prendre le nom de ma mère, Supino, et honorer mes racines italiennes passées via ma mamma.

Michelina Supino, ma mamma bio.

De plus, lors de cette cérémonie, nous qui n’étions pas du tout une église formelle et sans intention de le devenir, nous nous sommes vus offrir une vierge noire en symbole de notre amitié nouvelle avec Ceu Sagrado. Et on nous a, du coup, offert de devenir une église affiliée à Ceu Sagrado. Surprise Surprise ! Ce que nous acceptâmes sans vraiment y penser ni le préméditer, et ce que nous sommes depuis maintenant 5 ans.

Samedi dernier, lors d’une cérémonie, est montée en moi subitement la forte présence de la Vierge Marie, Sainte Marie Mère de Dieu (j’aime cette expression de mère de Dieu, car si Dieu a une mère, il ou elle doit aussi avoir une grand mère et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Et si Dieu existe, elle est sûrement une femme car source de toute vie.

À force de cheminer au sein du Santo Daime, je me redécouvre comme un enfant de la création, je redécouvre en moi le fils d’une mère universelle. Fils d’un père Divin et d’une mère universelle, peu importe comment on veut et peut se les représenter.

Car nous sommes les fruits d’une seule et même grande source de création. Nous vivons tous et toutes sous le même soleil et les mêmes astres, tous et toutes de la même nature, notamment la nature humaine, comme la divine.

Hier j’allais déblablatérer sur la religion, la spiritualité et autres concepts qui tournent en boucle dans ma ptite tête de linotte. Ce matin, la seule énergie qui émane de moi est de l’amour de mon coeur, l’amour reçu de la matrice universelle, incarnée par des femmes de coeur, et qui ne fait que passer à-travers moi, qui ne fait que me passer au-travers.

Reçu droit en mon coeur, le coeur d’un fils de la création. Humblement, humainement, tout simplement. Car notre coeur est dépositaire de la Divinité sur terre.

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Ci-bas, un hymne que j’ai reçu et offert à Mamae Sonia, accompagné ici par mes amis Charles, Guy et Raoul.

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ainsi que notre passage au Brésil en 2017 et la remise de la Vierge Noire à la fin.
https://atisupino.com/bresil-2017/

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article de Manon

L’INACTION, DE GRÂCE

Ta volonté d’exprimer la gratitude plutôt que la frustration, ta gratitude plutôt que le déni, ta gratitude plutôt ton attitude de «pôvre petit moi», est le début de la reprise de ton pouvoir. – ELAN essassani, Life in the Vortex

Ce week-end, autour d’ici, on fête l’inaction de Grâce. On n’a pas fait grand chose, en fait, presque rien. On n’a presque rien fait, presque fait rien. On n’a pas fait grand chose d’autre que de rendre grâce à la vie. Gracias à la vida.

Oui, on fête l’inaction par ici, et on le fait – ou pas – avec grâce. Grâce de pouvoir arrêter, de s’arrêter pour simplement être. Ce qui est déjà en masse.

On arrête jamais de faire de quoi, souvent plus que faire se doit. Busy busy les humain(e)s. On se garde toujours occupé(e)s car on est incapables de ne rien faire, du moins on a beaucoup de misère à ne rien faire vous et moi, et le reste des humains hyper actifs et super branchés que nous sommes de plus en plus, et de plus en plus vite. Hyperactivation sociale chronique.

La plupart d’entre nous, on se garde toujours occupé(e)s à faire quelque chose. Même ne rien faire, comme méditer ou relaxer, est désormais considéré comme faire quelque chose. Pas rien ça.

Je fais donc je suis est devenu notre motto, notre mantra. Comme si ce n’était qu’en faisant quelque chose, à peu près n’importe quoi, qu’on pense exister.

Si on pouvait seulement apprendre à ne rien faire, et à le faire – ou pas – avec grâce en plus.

Plutôt que de toujours se garder occupé(e) par simple incapacité d’être, de tout simplement être sans devoir justifier notre existence par l’action. De grâce, qu’être. Êtres de grâce.

En anglais, la fête de l’Action de Grâce est celle de la reconnaissance, du remerciement, Thanks giving. On remercie la vie. Après l’été de grâce, avant l’hiver de glace.

Tandis qu’en français, on rend grâce par action. On exprime notre gratitude par des gestes concrets.

Récemment, durant la saison des élections, plusieurs ont affirmé que le fait de voter leur donnait le droit de se plaindre. Et nous sommes nombreux à pratiquer ce sport national.

Alors en cette journée spéciale, en ce lundi férié de la non-action, pourquoi ne pas commencer à ne rien faire un peu plus ? un peu plus souvent ? un peu plus régulièrement ?

Apprendre aussi à faire mais en étant plus immobile en son centre. Faire comme si de rien n’était. Se laisser couler avec la vie, se la couler plus douce. Répondre plutôt que réagir. Être et répondre à ce qui demande d’être fait plutôt que de toujours chercher à faire quelque chose for the sake of faire quelque chose.

Prendre le temps d’arrêter, de s’arrêter soi-même (car sinon qui le fera, la maladie ?) et de simplement être. Simplement reconnaissant(e) d’être en vie, de simplement être en vie, être vivant(e), ce qui est déjà en soi plus que suffisant.

Et exprimer notre gratitude. Même si au début, ça demande un effort car on nous a appris à se plaindre davantage qu’à apprécier. Se plaindre est devenu un droit.

Et si on était plutôt des appréciateurs/trices de nature ? Des non-faiseurs/ses naturels ?

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La plupart des moments de notre vie seraient délicieux, si l’avenir ou le passé n’y projetaient pas leur ombre, et nous ne sommes malheureux d’ordinaire que par souvenir ou par anticipation.
– Marguerite Yourcenar