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RÉFLEXIONS & GÉNUFLEXIONS

Je ne suis qu’un miroir, la réflection est à toi.

On dit que tout ce que l’on voit, tout ce que l’on perçoit, tout ce que l’on sent et ressent n’est que réflexion, que tout n’est que le reflet d’une certaine réalité incertaine.

Ainsi, tout ce que l’on voit et perçoit ne serait que perception de soi-même. On pourrait ainsi affirmer que le monde se trouve dans notre tête et dans nos yeux. Ou dans notre coeur peut-être aussi si on est plus senti que mental.

En ce cens, cet écran est une réflexion de ce que je perçois, autant lorsqu’il est blanc que lorsque je le remplis de mots et d’images. Ce que j’y tape et y projette l’est aussi, et ce que vous percevez de votre côté, soit ce que vous y lisez et y voyez, n’est aussi que votre propre création. Avec autant d’incertitude, pas certain si on va finir par se rejoindre un jour.

En fait on pourrait en quelque sorte affirmer que tout ce qui existe n’est qu’illusion. Autant ce qui existe en nous que ce qui existe en dehors de nous. Et encore là, ou commençons et où finissons nous ?

En ce sens, il faudrait tout d’abord définir le terme exister. Car nous ne sommes, soi comme le reste de la création, possiblement et/ou probablement aussi qu’une certaine forme d’illusion.

C’est ce que les sages disent du moins : que nous n’existons pas vraiment, que nous ne pensons et qu’imaginons exister. Et qu’en fait, tout, le monde, nous inclus, ne serait qu’une grande illusion.

Intéressant concept, Mais pas si simple à réaliser – rendre réel – tant qu’on habite un corps. Essayons d’appliquer ça concrètement quand la douleur parcourt notre corps, notamment une grosse migraine. Pas vraie cette douleur ?

La réalité, comme l’illusion, sont de drôles de concepts. Difficile à saisir, à comprendre. Ce qui est réel pour l’un peut être complètement illusoire pour l’autre. Et vice et versa. Certains perçoivent et voient les auras, d’autres pas. Certains parlent à Dieu, d’autres sont – persuadés d’être – athés et que seul le vide existe et existera après la mort du corps.

Et pourtant, le même monde, perçu de tant de façons différentes par tant de gens qui l’habitent, jusqu’en Tibi (jeu de mots pour mes lecteurs/trices tordus du cerebelum). Comme on dit, tout dépend du point de vue. Et il existe au moins 8 milliards de points de vue désormais en ce bas monde, et cela sans compter le reste de la création qui perçoit inévitablement ce monde.

Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce que réalité ?

Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’est illusion ?

En fait, que sont illusion, rêve et fantasme ?

Et quelle est la différence entre une hallucination et une vision ?

D’où vient la vie ? Où allons-nous quand on quitte ce corps ? Et qui et où sommes-nous quand on l’habite ?

Comme vous voyez – mais le voyez-vous vraiment ou ne faites-vous que l’imaginer car même votre écran est louche ? même pas certain que j’existe alors ! – quelques petites questions qui trottent dans la tête du chroniqueur ce matin.

Comme toujours. Ça roule, ça tourne, que dis-je ça virevolte de questions. Des questions qui ne demandent pas absolument à être résolues toutefois. Des questions qui dansent, tournent, se bousculent, passent et font leur chemin vers le grand vide intersidéral rempli de questions non-résolus.

Avec le temps, on apprend à vivre avec le grand mystère.

Avec le temps, on apprend à vivre sans savoir, sans même vouloir savoir, en ne sachant rien avec certitude et en étant OK avec cet état de non fait. On apprend que ce qui se passe en soi comme en dehors de soi puisse être complètement différent de ce que l’on sent, perçoit, pense et ressent. C’est ce qu’on appelle l’humilité d’après moi. Le grand doute existentiel. Génuflexion, à genou dans et devant la vie.

Dans réflexion, il y a flexion, une flexibilité, comme dans être capable de changer d’opinion et de regard sur les choses au fil du temps et de nos réflexions, comme dans être capable de tenir compte du point de vue chacun aussi, surtout s’il est différent du nôtre. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, de cette flexibilité naît une grande force et fermeté en soi.

Vivre dans le mystère et tout de même conserver la foi que la vie est juste, juste comme dans justesse davantage que justice. Juste ce qu’elle est comme on décide qu’elle soit.

Certains comparent parfois le Père Noël à Dieu, notamment à cause de leur caractère supposément illusoire, et de leur grande barbe blanche. D’autres trouvent étrange le fait qu’à un certain âge, la plupart des enfants cessent de croire au Père Noël alors que d’autres continuent de croire en Dieu toute leur vie – ou à une certaine image de Dieu si l’on accepte que tout est créé par soi.

Certains s’inspirent des cartes, des feuilles de thé, du tarot, de l’horoscope et des astres, d’autres des chiffres, de rationalité et de probabilités pour définir le monde.

Pour ma part, c’est cette technique que j’utilise pour prédire l’avenir. Essayez, vous allez voir, très très révélateur.

LE MONDE, DE MA CHAISE

Salut lecteur/trice

Ce matin j’avais envie de te montrer ma ptite vue à moi, du dedans de ma caboche.

Ce que moi je vois quand je t’écris, assis, d’ici, le matin en général. Alors voici. Tu vois mon ici, d’ici. Rock n drôle.

Quoi qu’à l’heure à laquelle je t’écris habituellement, c’est encore noir dans ma fenêtre. Noir, et blanc et de toutes les couleurs ici.

Ainsi, de l’autre côté de ton écran, il y a ceci, qui est pour toi cela.

Le point de vue sur le monde de ce tout petit ati de rien du Grand Tout qui, chaque matin de semaine que le grand Mystère nous permet de vivre, tape ses quelques mots pour tenter de te joindre et te rejoindre, ici dans le coeur. Sa bouteille dans la neige. Pour te dire ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qui lui traverse l’esprit, ce à quoi il réfléchit, là où il space out quand son esprit vagabonde, là où il space in aussi. À ce point-ci de sa vie. Car un point c’est tout. Toujours question de point de vue. Tu vois le mien ce matin. Tout est question de perspective, sans réponse souvent.

Lui qui écrit pour jouer avec les mots, pour faire, et se défaire, de la place dans ses idées, pour se délousser les croyances, pour aérer le dedans de sa ptite tête de pinotte et ouvrir son coeur en se déliant les doigts.

Dehors, tout est blanc depuis une dizaine de jours, tout est pur, tout est calme. Et tout a changé. Une grande chape de blanc a recouvert mon ptit monde.

Parfois, il passe quelques chevreuils devant mes yeux, dans ma fenêtre et derrière cet écran, donc devant le tien. Je te le dis pour que tu te les imagines là où tu es. Life is also a biche.

Avec cette blanche couverture qui nous est tombée sur la tête, et sur le coeur aussi, la semaine dernière, une autre dimension s’est révélée dehors, comme dedans car toujours dedans tel dehors. Ou les deux. Et ni l’un ni l’autre really.

Comme elle le fait à ce temps-ci à chaque année, cette grande et blanche courtepointe recouvre surprenament et sans surprise notre âme d’un dôme de calme et d’apaisement profonds. Une autre vitesse s’est enclenchée dehors comme dedans. On a rétrogradé en première. Première neige et première classe.

Car l’hiver ici offre un tout autre rythme, une vitesse inférieure, de qualité supérieure. Tout est soudainement devenu ouaté, dodu, comfy et fluffy. Ouatte de phoque.

Pour les prochains mois, nos principales activités consisteront à admirer, apprécier, remercier, ralentir, pelleter, marcher, écrire et méditer.

Les voisins ont ouvert un beau et long chemin forestier dans la montagne derrière alors depuis quelques semaines, en solo ou avec ma voisine d’amoure, on va monter et descendre et jouer à se perdre pendant des heures dans la forêt qui est devenue notre immense cour arrière privée. Merci voisins.

Lucky tu dis ? Lucky l’atiti j’te dis.

Jadis c’était vert, brun et gris, désormais c’est vert, blanc et tout illuminé.

D’ici aussi, avec ce même ordinati, je tiens l’espace pour quelques méditations hebdomadaires en ligne avec ma gang de la Tribu, notre CLUB MEDitation dans notre dojo virtuel (https://lanouvelletribu.ca/club-meditation/). Notre façon de communier, notre façon de rester connecté(e)s, de se voir les binettes dans nos écrans, dans nos écrins de silence. Précieux. Jamais seul. Merci wifi. Merci la vie.

Avec l’hiver qui est descendu dans le now, le rythme a ralenti, comme si la neige a tout retrogradé. Comme si la neige révélait toujours l’essentiel.

Avec cette neige qui rend tout plus incertain et fragile au niveau de l’organisation des cérémonies qui sont plus fréquentes et nombreuses ici l’été, on va ralentir. Encore quelques-unes pour clore l’année et ensuite on va peser sur pause, se pauser et se repauser. La grande repause hivernale.

Je compte profiter de l’hiver qui pointe droit dedans pour continuer d’apprendre à ralentir, et à méditer sans but, à ne rien faire parfois, de plus en plus souvent.

Je compte également apprendre le piano, et continuer de rédiger quelques mémoires dures et vives, pas tant pour raconter ma petite histoire à moi que pour vous présenter les incroyables personnages que j’ai croisés au long de ma route personnelle. Devoir de mémoires et leçons de vie.

Il y a aussi au programme quelques voyages: au début de l’année, une visite en Arizona avec ma voisine d’amoure chez notre ami Gordon, ainsi que le pèlerinage annuel au Brésil en février pour aller continuer d’apprendre à brasser le thé sacré avec notre famille italo-Brésilienne do amor, et en ramener ici, si Dieu et le gouvernement canadien le veulent toujours, et encore. Inch à la Santé Canada.

Comme tu vois maintenant littérallement lecteur/trice, comme ça que je vois la vie d’ici. Simple simple la vie ici d’ailleurs.

Quelques mots, du silence, de la musique, des pas feutrées et des respirations ralenties, enveloppés de silence, de neige et de lentes heures, le tout coulant de moins en moins vite.

Voilà la vue que m’offre ma chaise, et ma fenêtre sur la vie. Vois, là, d’ici. La petite vue de ma fenêtre sur le grand monde.

CONTENU CONTENT

Citation via Josée Blanchette

Nous vivons en effet dans un monde à dominance matérialiste. La matière prime sur l’essence. Le corps sur l’âme. Le faire sur l’être.

Nous vivons dans un monde où l’image prime sur le texte. Un livre d’histoire dans lequel on ne regarde que les images, sans lire le texte.

Un monde dans lequel le paraître prime sur l’être. Où le faire et l’avoir dominent l’être. Un monde de modes passagères dans lequel la forme est plus importante que le fond. Du moins c’est ce qui semble être et paraître. Un monde de paraître justement. Un monde de premières impressions. Un monde de recherches Google et de connaissances Wikipédia inspirés par les algo et égo rythmes.

Je ne pourrais dire si le contenant méprise le contenu, mais, du moins, il le surpasse, il le domine, il prime sur lui. Mais en fait, en l’écrivant ici, je réalise que si le contenant surpasse et domine ainsi le contenu, il doit aussi le mépriser car dans un monde de dualité dans lequel nous vivons, les différences ont parfois bien de la difficulté à vivre côte-à-côte. Un ou l’autre plutôt qu’un et l’autre. Comme si, plutôt que co-exister, le contenant masquait le contenu, du moins lui fait grand ombre.

On prend en général grand soin de notre apparence, de notre allure, qu’on veut souvent sinon toujours la plus fière possible, surtout aux yeux d’autrui car lorsqu’on se retrouve avec soi-même, on est très à l’aise en mou, en flanalette, en décontracté(e).

On accorde beaucoup d’attention, d’importance et de soin à ce que les autres pensent de nous, du moins à ce que l’on pense qu’ils vont penser de nous. L’image que l’on veut projeter est souvent plus importante que l’état dans lequel on se trouve, dans lequel on évolue.

Mais une fois que l’on a affirmé cela, que fait-on ?

On ralentit, on revient à soi et à l’essentiel, on relaxe. On revient à son essence, on retourne au fond de soi. Et on réalise que de toute façon, les autres auront toujours leur propre opinion à notre sujet. Alors vivre pour soi, et prendre soin, de soi comme d’autrui. Comme de ce qui nous entoure. Allons au fond des choses et des êtres.

Et arrêtons aussi d’entretenir des opinions au sujet d’autrui. Tentons de voir le fond de leur âme, leur essence, leur être. Comme on veut le faire le plus possible pour soi-même, et comme on aimerait que les autres fassent envers nous.

Notre contenant passe et passera, notre corps se flétrira, se recroquevillera pour éventuellement retourner à la source. Alors que notre contenu, notre âme, notre essence, cette présence qui observe les grands et petits mouvements intérieurs et extérieurs demeure et demeurera. Même si le changement de forme risque de modifier notre perception du grand mystère.

Revenons à l’essence et à l’essentiel. Mettons l’emphase sur le fond des choses en prenant conscience que ce qui est est probablement beaucoup plus grand qu’il ne semble l’être.

Et plutôt que de tout partager à tous vents sur les réseaux, apprenons à se contenir aussi, contenir notre essence en soi, apprenons la discrétion, cultivons le recueillement. Car à force de tout et trop se montrer, on tend à s’éventer, à se semer à tous vents et à se disperser. Conservons-nous.

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Et en terminant, ma définition personnelle du contentement à partir de diverses définitions officielles et officieuses:

Content, contente: Qui éprouve du bonheur, de la plénitude et une profonde satisfaction intérieure en raison de circonstances internes et externes agréables, assumées, acceptées et satisfaisantes.

ÉCOUTONS-NOUS / ENTENDONS-NOUS

Sois assez sage pour écouter ce qu’une personne ne dit pas.

Je ne pourrai jamais écrire rien de ce que je ne veux dire, ni ne voudrais dire.

Et même si je le pouvais, je ne le ferais pas.

Donc tout ce que je pourrai écrire ici et tout ce que vous pourrez y lire n’est pas ça, pas la vraie affaire, pas le coeur de la matière.

Car cette vraie affaire ne se dit pas, elle est indicible, et sourde et muette en plus.

Et nous, sourd(e) à la vérité, ou très très dur(e) d’oreille.

Car la vraie affaire se perçoit autrement que par l’oreille, ça passe par ailleurs en soi.

Car dès que quelque chose est dit, ou exprimé, quelque chose d’essentiel est perdu, quelque chose en provenance de l’absolu est transformé, altéré. À part peut-être le silence et la musique.

La vérité me semble résider dans le silence entre les lignes, et dans la musique, dring dring.

D’ailleurs, quand on travaille avez les gens, on apprend à écouter ce qu’ils ne disent pas, ce que l’on nomme le langage corporel, ou je préfère le son de leur âme, soit ce qui repose au fond de leur coeur, au fond de leur âme, ce qui s’en dégage quand le bruit de leur bouche n’obstrue pas l’air ambiant.

Et quand on vieillit, parle pour toi le chroniqueur, OK, j’apprends à apprécier de plus en plus mon propre silence.

Assis, par et en soi-même, on écoute la vie qui murmure, qui chante, qui joue autour.

Le silence est plein d’une symphonie, d’une merveilleuse musique.

Et si on a la chance de la faire en compagnie de quelques ami(e)s, encore mieux. Le silence est réverbéré, amplifié, harmonisé.

Désormais, ce que je préfère faire dans la vie est d’écouter le silence, seul ou en bonne compagnie. Et de chanter, ensemble, et en harmonie.

Ce que je cherche le plus en cette existence est innommable, indicible, ce qui contourne les mots.

Pour ça que j’écris à tous les jours 😉 Pour vider le non essentiel.

Et que je joues de la musique, ou plutôt que je laisse la musique jouer avec moi, car comme l’impression que c’est elle qui se joue de moi, elle qui me mène vers le silence.

Et pendant que la musique résonne, ou que le silence règne, le grand mystère descend sur nous, se dévoile et nous enveloppe.

Shttt et dring dring wow wow…

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Selon la philosophie soufi, l’une des premières règles du bonheur consiste à s’asseoir avec des amis ou des gens qu’on aime.
On s’assoit, on ne dit rien, on ne fait rien.
On se regarde ou on ne se regarde pas.
Toute l’extase vient du plaisir d’être entouré de gens avec lesquels on se sent bien.
Plus besoin de s’occuper ou d’occuper l’espace sonore.
On se contente d’apprécier cette muette coexistence.

– Rûmi

RÊVER MOINS VIVRE PLUS

Il m’arrive parfois de prendre des mots qui me font tiquer pour partir une chronique. Ceux ci-haut en sont. Car ils sont en ligne avec trop d’affirmations qui ne veulent rien dire à mon avis, ces mots qui encouragent à rêver à quelque chose de mieux, d’autre, de plus, alors que l’ordinaire de cette vie-ci nous en offre déjà tellement. Si on sait les saisir à bras le corps et l’âme.

Tes rêves te demandent de risquer
Pourquoi vouloir suivre ses rêves ? Pourquoi ne pas mordre dans la réalité du quotidien dans toute sa simplicité ? dans l’extra ordinarité de chaque tranche de 24 heures que l’univers nous permet de vivre ?

Car on nous offre déjà tout ce que l’on a besoin pour vivre. Oh bien sûr que si on veut rêver quand la vie nous confronte à des défis, on peut s’évader et se projeter ailleurs. Mais une certaine réalité finira toujours par nous rattraper.

Et est-ce vraiment nos rêves qui demandent de risquer ? Ou notre goût de se sentir vivant(e) ? Et si on décidait de se sentir vivant(e) en arrêtant de rêver plutôt ? Et en vivant totalement ? La question se pose, et se dépose lentement.

de délaisser le confort
Parfois la vie nous arrache des éléments de notre petit confort acquis avec tant d’effort, parfois elle nous permet d’en profiter. Ceux et celles qui ont vécu de grandes épreuves de détachement le savent. Comme plusieurs migrants qui parcourent les routes en ce moment même peuvent en témoigner à l’heure actuelle. Eux et elles prendraient bien un peu de confort.

La plupart d’entre nous l’avons relativement facile. Merci à nos ancêtres qui l’ont certainement eu plus dur que nous en ouvrant ces terres pour nous. Et oui, parfois, on a envie de tout lâcher et de partir à l’aventure. Ainsi soit-il quand cela se présente. Mais le confort se calcule souvent davantage à notre capacité de s’adapter à l’ordinaire autour de soi plutôt que de quitter le dit confort. Car certains trouvent le confort dans l’inconfort de toute façon.

… d’exister dans le monde
Comment ne peut-on pas exister dans le monde ? Si on se fie au regard d’autrui pour se définir. Car dès que nous sommes ici, en vie, incarné(e), peu importe la forme de notre véhicule, nous existons. Et en même temps, chacun se bâtir son propre monde, petit monde individualisé désormais de plus en plus virtuel, nourri par les algorithmes qui ne font que renforcer nos multiples biais d’interprétation. Alors oui, existons dans le monde, mais incluons tout ce qui vit dans ce monde.

d’être différent(e)
Différent(e) de qui ? De quoi ? Pourquoi devrions-nous être différent(e) ? Pourquoi ne pas viser à devenir de plus en plus qui nous sommes ? Car de toute façon, nous différent(e)s à chaque instant, si on prend seulement le temps de le réaliser.

… de déranger
Personnellement, j’ai déjà voulu déranger auparavant, dans mes plus jeunes années, pour le simple plaisir de choquer, de confronter, de bouleverser l’ordre établi. Un peu le propre de la jeunesse que de s’affirmer, se rebeller. Et chaque chose en son temps. Avec les années qui passent, simplement envie de vivre en paix désormais, évidemment sans taire ma vérité ni délaisser mes valeurs.

… et de croire en toi.
Croire en soi ou se vivre pleinement ? Car que sont nos croyances ? Et qu’est-ce que ce moi en lequel on nous dit de tant croire ? Pourquoi ne pas viser à vivre sans soi ? Cela me semble beaucoup plus simple et léger.

Et en complément de ces quelques mots que j’ai aimé prendre à contre-partie par esprit de contradiction, je vous présente cette citation de Bowie qui me semble bien y répondre.

Le fait de vieillir est un processus extraordinaire qui nous fait devenir la personne que l’on aurait toujours dû être.

En effet, si on pouvait seulement se laisser devenir naturellement soi-même, sans rien forcer, sans rêver à devenir quelqu’un d’autre, sans toujours vouloir autre chose. Mais il semble que cela, seul le processus de la maturation naturelle puisse nous y mener. Très lentement, une respiration à la fois, chaque pas dans la foi.

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Plusieurs des choses sur lesquelles vous pouvez compter, ne comptent pas.
Alors que plusieurs choses sur lesquelles vous ne pouvez compter comptent vraiment.
– Albert Einstein, via Pierre Lemieux

HIVER WE GO AGAIN

Si tu choisis de ne pas apprécier la neige, tu auras la même quantité de neige dans ta vie, mais la même quantité de neige.

OK j’avoue: la neige de novembre est plus facile à apprécier que celle d’avril.

Plus facile d’être un enfant devant ces pellicules de Dieu qui tombent du ciel pour les premières fois en ce début d’hiver.

Les gens qui vivent au sud ne savent ce que ces premiers flocons annoncent. Les ours n’ont plus.

Comme les gens de la campagne apprécient probablement autrement cette eau sous forme légère mais non moins réelle que ceux de la ville car la neige y est là-bas plus dérangeante.

Première neige ici donc. Et on repart pour un autre tour de carré aux dates. Notre appréciation de cette légère matière des anges va changer au fil de l’hiver, ce long hiver qui va durer jusqu’à ce que l’ours se réveille. Pas fou lui finalement.

Certains apprécient la neige, d’autres pas, et une grosse gang se situent entre les deux. Avec un taux d’appréciation qui va fluctuer au fil des jours, semaines et mois.

Mais au fond, notre attitude envers la neige est fort probablement la même que celle envers la vie en générale, à quelques exceptions près. Car il en va de notre appréciation de la neige comme du reste. En bonne partie du moins. Que se disait-on hier au juste ?

La sérénité d’accepter les choses que l’on ne peut changer, le courage de changer les choses que l’on peut et la sagesse d’en connaître la différence.

Ah oui c’est ça.

En vivant ici, on ne peut qu’apprécier la neige et l’hiver, sinon les prochains mois seront longs et pénibles. En y marchant, en y jouant, en l’acceptant et en se faisant une tête qu’elle est ici pour rester, un bon bout du moins. Welcome l’hiver !

Ça ou déménager dans le sud.

Ou encore faire comme l’ours.

Allez, bon nouvel hiver à nous tous et toutes. Et floush et floush.

CRISE DE FOI

Ces temps-ci, on a besoin d’aide nous les humain(e)s.

De l’aide de la part de tous et toutes parmi nous de la famille humaine, mais d’une autre forme d’aide aussi. Si elle existe. Car aucune certitude dans ce département du divin et de l’au-delà, c’est de foi qu’on a besoin et dont on doit faire preuve.

Les choses se corsent sur la terre, et se réchauffent, l’eau monte dans la marmite, comme dans les océans, les berges s’érodent, les glaces fondent, le sable coule dans la sablier. Tic tac tic tac…

Alors parfois, il faut ce qu’il faut. On doit demander de l’aide à plus grand que soi. Il faut demander à plus brillant que soi de nous éclairer car clairement, nous, les humains, sommes têtus et arrogants, et bien inconsicents. On continue de vivre comme si de rien n’était. Et pourtant, cela est. On brette pendant que ça pète sur la planète.

Quand on ne sait plus quoi faire ni où aller, il ne reste qu’à demander, qu’à prier, qu’à implorer plus grand et plus sage que soi, que nous. Et d’agir en conséquence. Car les deux font la pair. Demander la sagesse pour ensuite la mettre en pratique.

Parfois, quand les choses se corsent, on doit oser consulter plus grand que soi, on doit demander de l’aide. Parfois de la part d’humain(e)s, parfois du divin, à l’invisible. Aux astres aussi, aux éléments de la nature, aux animaux et à toutes les créatures de l’Univers. À la vie.

Simplement ouvrir son coeur et demander. Demander le mieux pour tous et toutes, le mieux pour nous, gens de bonne volonté, et de moins bonne aussi, car souvent eux et elles qui en ont le plus besoin.

Demander le courage et la force pour faire face aux défis, aux tâches qui se présentent à nous. Avec l’intérêt du plus grand nombre au coeur et en tête.

Dieux et déesses, tous les êtres divins, et toutes présences protectrices, donnez-nous la sérénité d’accepter les choses que l’on ne peut changer, le courage de changer les choses que l’on peut et la sagesse d’en connaître la différence. Et de la patience et du discernement en prime aussi si possible.

Amen et Aho !

UNE DOSE D’ENTHOUSIASME ?

Ce matin, le premier tapis blanc de la saison constitue un puissant révélateur quant à notre relation face au plus beau mot qui soit.

Soit on ouvre nos yeux d’enfants et on se permet d’être ébloui(e) – de nouveau comme pour la première fois – soit on maugrée et on se projette dans la gadoue des prochains mois et on anticipe la suite qu’on aime imaginer longue et pénible – à partir du passé évidemment. Souvent ce que l’on fait du présent de la vie, l’imaginer à partir du passé.

Pourtant.

La même neige dans les yeux et le coeur de tous et toutes. Cette première comme celle d’avril.

Ces temps-ci sont plutôt maussades, et notre enthousiasme est mis à rude épreuve. On a du pessimisme plein les yeux, jusqu’au coeur, et on s’attend au pire.

Et si on se shootait un peu d’enthousiasme ?

Le plus beau mot qui se définit comme un délire sacré, une inspiration divine et extraordinaire, une forte émotion et une joie intense qui fait agir, une exaltation qui va même jusqu’à une prise de possession par le divin.

En forme le chroniqueur ce matin hein ?

Et si, en ce petit blanc lundi matin extra ordinaire, on se permettait de se laisser prendre et posséder par plus grand que soi, si on se laissait bouger à partir de l’espoir, de l’espérance ?

Si, ce matin, avec cette première neige, on s’extirpait du pessimisme ambiant et quasi généralisé ?

Permettons-nous d’être pessimistes jusqu’au bout et laissons tomber notre tendance à voir la moitié vide du verre. Car le pessimisme est out !

Bon et beau matin d’entousiasme vers vous.

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Respectez un symbole, mais ne vous y accrochez pas.
Aimez les groupes, mais soyez là seulement si vous êtes dirigé par votre cœur.
Honorez chaque être humain, mais ne le placez pas au-dessus de votre Maître intérieur. Regardez les étoiles, les planètes et même les vaisseaux, mais ne perdez pas trop de temps à oublier de vous regarder.
Les hiérarchies n’ont pas besoin de vos rituels, elles ont besoin de votre enthousiasme en vous pour garder votre cœur pur.
La Fraternité de la Lumière n’a pas besoin que vous ouvriez ou fermez des portails, elle n’a besoin que vous pour vous.
Il n’est pas nécessaire de spéculer sur les centres énergétiques de la planète si vous n’avez pas encore exploré votre propre cœur.
Les temps ne sont plus à la division.
L’heure est à l’unité.
La lumière a gagné et l’égoïsme ainsi que le matérialisme n’ont pas leur place dans notre vie.
Unissez votre esprit ainsi que votre cœur, purifiez-vous, progressez dans votre discernement, cherchez moins dehors et trouvez la joie de votre Âme et non des distractions fugaces.
Le temps est venu pour les voix silencieuses d’opérer, mais pas par de grands mouvements, car la lumière agit fréquemment et n’a pas besoin de spectacles, elle seule est déjà son propre spectacle qui vibre à l’intérieur de chacun(e) de nous.

– Fernanda Paz

POUSSE MAIS POUSSE EGO

Maître, de quelle part d’ego ai-je besoin ?
Juste assez pour ne pas te lancer sous l’autobus !

– Shunryu Suzuki

Belle image non ? Vroum Vroum et pout pout !

Ah ce cher ego, cette chose dont certains voudraient tant se débarrasser, se libérer de, cette entité qui nous brasse et remue tant le corps, l’âme et l’esprit.

Mais, pourtant, pour vivre dans ce monde des humain(e)s, on a tous et toutes besoin de ce front, de cette couverture sociale, de cette id entité. On dirait bien que tant que l’on vit dans un corps humain vient l’obligation de porter une certaine chape de personnalité. Qu’on le veuille ou non.

SI l’enfant ne développait pas un tel ego, il ne pourrait même pas survivre, il se laisserait mourir faute de s’affirmer, lui et ses besoins primaires. Ainsi va la folle course de notre human race.

Mais en même temps, cet ego des grands chemins nous fait faire de bien drôles de choses parfois, comme il apporte avec lui de nombreuses émotions et impulsions pas toujours faciles à gérer.

Soulevez le sujet de l’ego et à chaque fois des gros mots apparaitront, de grosses charges et pulsions s’éveilleront. Comme disent les anglais, can’t live with it and can’t live without.

Car on ne peut évoluer dans la société sans une certaine couverture sociale, sans cet amalgame de croyances personnelles et sociales et d’expériences passées agglutinées en nous et autour de nous qui font de nous qui nous pensons être. Ce que nous sommes en partie, comme ce que nous croyons être. Car personne d’entre nous n’est sans ego. En ce sens nous sommes tous égaux. Mais c’est peut-être notre relation avec lui qu’on doit apprendre à gérer.

Nos expériences altèrent l’ego, comme la conscience que l’on met à l’observer.

Alter ego: personne de confiance qu’on peut charger de tout faire à sa place.

Personnellement, moi c’est quand je suis en forêt que mon ptit et gros ego à moi est le plus tranquille, le plus calme, le plus effacé. Là qu’il est le moins impliqué, là où il permet à mon âme de vivre le plus en paix. Car l’ego vit la plupart du temps en relation avec autrui.

Toutefois c’est lorsque je médite en solo que je le vois et le perçois le mieux. Là qu’il prend toute la place, ma place ? sa place ? mû par mon mental, cette machine à idées qui nous trotte tout le tour de la tête et qui fait sans cesse tout le tour de la terre, et n’en revient jamais. Matière à observer.

On aura beau dire ce que l’on veut à propos de ce foutu ego, on doit apprendre à vivre avec. À entrer en relation avec lui, malgré lui, en dépit de lui – je dis lui car l’ego est sûrement mâle – pour pouvoir entrer en relation avec autrui avec le moins de friction, le moins d’opposition possible. Ou pas. Car l’ego aime l’opposition, à cela qu’il se nourrit, là qu’il vit le mieux.

On a beau méditer, travailler sur soi, tenter de se connaître, l’ego demeure le chantier d’exploration en soi le plus ardu, le plus rough and tough, le plus sournois. ET aussi le plus abstrait. Quand on pense l’avoir dompté, il revient par en arrière pour prendre sa revanche.

Mais avec les années, on apprend à ne plus se battre contre, moins du moins, on apprend plutôt à vivre avec, à oser le regarder sous toutes ses coutures. Car tant qu’on a des besoins, il se manifestera.

Can’t live with it, can’t live without.

Alors aussi bien l’accepter. Et faire attention à l’autobus. Vroum Vroum et pout pout !

CLASSE NATURE

Nous sommes des feuilles et la vie, notre arbre. Soit on craint la chute, soit on se prépare à danser. Avec crainte ou confiance.

Si on l’observe avec attention, la nature et ses divers éléments ont beaucoup à nous apprendre, sans même vouloir nous enseigner. Simplement en étant. Tout naturellement. Pour peu qu’on observe, et qu’on porte attention. La beauté de vivre en forêt. La classe est grande ouverte. Et se déploie sous nos yeux.

Ici, en ce moment, dans nos contrées du Nord, l’automne nous enseigne le grand lâcher prise. Pendant qu’on se prépare, comme l’ours, à recevoir le grand manteau blanc.

Comme on sait que toutes les rivières se rendent à la mer éventuellement, que les feuilles partent et reviennent, que l’air autant que le bois sont requis pour alimenter le feu, on sait aussi que la vie est une suite de cycle et de saisons. Il nous reste seulement à l’intégrer dans notre corps, à le réaliser pleinement, à le rendre réel et à le saisir existentiellement. La job d’une vie.

Donc ce matin, ces quelques mots pour dire merci aux éléments, à l’air, au feu, à l’eau et à la terre pour les leçons fondamentales de la vie. Ils sont ici, et nous montrent le chemin, la voie. Depuis toujours et à tout jamais.

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Le feu de l’esprit – lui donner une matière à brûler

Le bois que l’on utilise pour faire du feu est appelé du bois mort.
Ces branches ternes, noires, tordues, le feu les transforme en lumière, en chaleur, en énergie.
Vous direz : « Nous savons cela, mais en quoi ces branches nous concernent-elles ? »
Elles vous concernent parce que, symboliquement, elles existent aussi en vous.
En vous aussi, vous avez accumulé du bois mort qui n’attend que d’être brûlé…
Toutes les tendances égoïstes, passionnelles, toutes les manifestations de votre nature inférieure sont comme du bois mort. Faites-les brûler au feu de l’esprit, au feu de l’amour divin, et elles aussi produiront lumière, chaleur et vie.

Le feu nous enseigne qu’il y a partout une matière à brûler.
Regardez encore : dans les églises on allume des bougies et des cierges.
S’ils servaient seulement à l’éclairage, depuis la découverte de l’électricité ils n’auraient plus d’utilité.
Mais puisqu’un tel rite a été conservé, il est bon d’en approfondir le sens : à l’image de cette cire qui se consume pour entretenir la flamme, nous aussi nous devons brûler une matière en nous afin d’entretenir notre lumière intérieure.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov via Sol Ange