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HAPPY OSHO & GHOSHA DAY

Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Osho, notre beloved Master.

Never born never died dit sa pierre tombale. En effet. Toujours bien vivant dans le coeur de ceux et celles qui l’ont aimé, l’aiment et l’aimeront pour toujours et à tout jamais.

« Quand quelqu’un meurt, il ne disparaît pas.
C’est l’inverse.
C’est à ce moment-là que la personne apparaît, parce qu’elle est délivrée d’elle-même, de ses ombres, de sa volonté, de son ambition, de tout projet, de toute connaissance que l’on croyait avoir d’elle.
Et il y a un surgissement de quelque chose qui, bizarrement, à l’instant où tout s’efface, est ineffaçable. (…)
Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil. »
– Christian Bobin via Jean Gagliardi

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Et c’est aussi l’anniversaire d’un vieux chum du chemin.
Ghosha. 40 ans d’amitiés et d’aventures partagées.

Viva Ghosho !

PRIER EN SILENCE

Le but de la méditation ne consiste pas à contrôler vos pensées, mais plutôt à arrêter de les laisser vous contrôler. (image via Trishna)

Souvent, on pense que méditer nous propulse immédiatement et directement dans le calme et dans la paix universelle transcendante. Si en effet, ça peut en faire partie, s’il nous arrive d’expérimenter des poches de silence intérieur, il y a surtout beaucoup de vagabondage et d’égarement dans le flot incessant de nos pensées vicieuses – comme dans cercle – quand on prend le temps de s’assoir pour arrêter et observer, pour s’observer et se sentir. La pensée circulaire se trouve sur le top de la pile.

Ces temps-ci, on parle beaucoup de méditation pleine conscience. Si je comprends l’intention du terme, il me semble aussi un peu prétentieux de prétendre expérimenter la pleine conscience. Si vaste l’univers, si profond l’inconscient. Allez voir les photos de James Webb. Pleine Conscience ? Bon voyage.

Après 40 ans de pratique, moi c’est encore et surtout la pas mal pleine inconscience que j’expérimente quand je m’assois pour méditer la plupart du temps. Je prends surtout conscience de tous mes égarements mentaux, je vois mon mental filer à 100 miles à l’heure dans toutes les directions et dans divers multi et uni vers, and back, quand je suis le moindrement alerte. Car là réside le truc, se voir se perdre. Et se pogner, puis revenir. À sa respiration. Au moment.

Voir ses pensées, partir en galère avec elles, pendant qu’on sent et ressent simultanément les diverses sensations et courants d’énergie qui traversent le corps, et la tête, et le monde entier, tout en continuant à respirer, et revenir à sa respiration, juste ici, au bout de son nez. Et ralentir, lentement mais sûrement. Tout simplement. Pas de grandes réalisations, pas de visions de Dieu et de sa cour céleste. Le calme plat. Ah this !

La méditation est une pratique. La méditation n’est pas l’aboutissement de rien, elle est le chemin. Ce n’est pas tant non plus un état permanent, encore moins un but ni une destination. Méditer est une décision, une intention, une volonté d’arrêter pour simplement être présent à soi, avec tout ce qui montera. Et beaucoup de stock montera, garanti. La cave est pleine.

Ce n’est pas nécessairement la paix qui se trouve sur le dessus de la pile. Méditer c’est surtout laisser défiler lentement et calmement le trop plein du mental, l’overflow de ses pensées, qui ne sont pas nôtres anyway. Et simplement observer le processus. En acceptant tout ce qui se présentera sur l’écran du mental. De toute façon, la roue tourne pas mal toujours dans les mêmes sphères et on patauge pas mal dans les mêmes eaux souterraines.

On vise les cieux mais il faut surtout accepter qu’on explorera tout d’abord nos fonds sous-marins internes avant de prendre de l’altitude. Là qu’est notre ancrage. Car il faut oser jeter l’ancre en soi.

Et bien sûr qu’il n’est pas absolument nécessaire de tout arrêter pour méditer, bien sûr qu’on peut être dans l’action consciente. Mais pas nécessairement au début. Pas toujours. La méditation est un art et comme tout art, elle requiert temps, pratique et alignement. Et de nombreux essais-erreurs, ou plutôt égarements-retours à soi.

Si on veut atteindre le silence, on doit faire un effort pour placer la méditation au centre de notre vie. Et y accorder temps et énergie. No free lunch, pas de béatitude gratuite pour les apprenti(e)s moines, aho ! On doit préparer le terrain et ajuster son appareil.

Ils sont plusieurs à aimer dénigrer la prière et à lui opposer la méditation. Mais il est tout à fait possible de prier en silence, car qui a dit que prier implique nécessairement l’acte de parler ? On peut simplement s’assoir et laisser la parole intérieure – et automatique et compulsive – se tarir lentement et calmement. Bien qu’elle tentera de nous séduire maintes et maintes fois. La prière peut simplement consister à arrêter de courir pour apprécier sa reconnaissance. Pas une shopping list à Dieu la prière.

Et quiconque s’est déjà assis en silence sait qu’avant d’entendre l’univers, il faut écouter, et écouter n’est pas entendre. On devra tout d’abord passer dans les bruits de notre mental, dans sa cacophonie, dans ses multiples dédales. Beaucoup de patience est requise pour entendre l’univers. Beaucoup de bruit auto-généré en nous que nous devrons laisser se taire, s’épuiser, ralentir jusqu’à silence. Ce bruit qui puise racine dans nos conditionnements, dans tout les stimuli qui nous arrivent via les multiples écrans qui meublent nos vies modernes.

En ce sens, la nature constitue la salle de classe idéale pour la pratique de la méditation. Elle nous aide à plonger dans le silence, nous, êtres sur-stimulés à la recherche constante de la prochaine information divertissante. Et le flot, comme les sources d’information, sont désormais multiples et sans cesse défilantes.

Watch and scroll a remplacé le rock n roll. Rave cathodique et raz de marée.

La méditation implique de ne rien faire, sauf que ce rien faire est la plus grande action artistique qui soit, la plus grande expertise de présence de l’être humain. Se laisser tout simplement traverser par la vie. Sans but autre que de vivre, tout simplement, sans vouloir trouver quoi que ce soit. Simplement aimer se chercher. Pour se re trouver.

Devenir un(e) grand(e) méditant(e) ?

Une pratique sans début, ni fin la méditation. Une respiration, un moment à la fois, chaque moment dans la foi. Sans attente aucune. Même celle de ne pas avoir d’attentes. Bon chance !

Et simplement inviter le silence à nous éplucher, tel l’oignon, jusqu’au centre de notre être. Et rester, présent(e), immobile, tout simplement, à voir défiler toutes nos ptites vues. Quelques films d’horreur in there.

Méditer ? Welcome dans l’éternité du moment.

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https://lanouvelletribu.ca/club-meditation/

DES LIGNES DES LIGNES

Certain(e)s écrivent, d’autres pas.

Certain(e)s lisent, d’autres surfent.

Certain(e)s regardent, d’autres écoutent.

Moi j’écris. Et je lis, en ligne la plupart du temps. Mais je compte me remettre au papier bientôt. Pour redevenir plus tactile que seulement visuel, plus sensuel que virtuel.

Tel que l’affirme Mr Bobin, écrire est un étrange métier, mais moins un métier qu’un état, et moins un état que l’espérance de cet état de plénitude [permanent] qui nous dispenserait d’écrire en premier lieu.

Donc écrire est un espoir, une espérance. On écrit en quelque sorte pour arriver à quelque part, pour atteindre un état. Un état, comme un lieu, une disposition intérieure, une façon d’être qui, si on y arrivait, nous amènerait à arrêter d’écrire.

On écrit en quelque sorte après sa plume comme le chien court après sa queue. On veut arriver au bout de son stylo, ou de son clavier désormais (il me semble que Mr Bobin écrivait à la main, du moins une bonne partie de sa vie).

En écrivant, on s’en va donc à quelque part. Un quelque part qui, par contre, on sait déjà être ici. On va vers quelque part pour arriver encore plus ici, encore davantage ici. Full ici.

On écrit comme on fait de la course sur place. On courts vers ici. Comme on écrit pour revenir ici, pour retomber dans le moment présent. Et y rester. Sauf que c’est souvent en écrivant qu’on y arrive, qu’on y est. C’est le chemin qui se veut la destination.

Écrire peut être un métier pour certain(e)s, dans le sens que l’acte d’écrire peut rapporter des dividendes sonnants. Journalistes, écrivain(e)s, auteurs/trices, romanciers/ères et autres publieurs de toutes sortes relèvent de cette catégorie.

Moi je me considère plutôt comme un écrivain en vain, qui écrit vain. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écris, mais je continue à écrire. Pas que j’aie quelque chose de spécifique à dire. J’écris pour l’acte d’écrire.

De nos jours, nous sommes plusieurs à tenir blogue, des sites pour lesquels on doit payer nous-mêmes pour ne pas qu’ils contiennent de publicité. Donc pour nous, blogueurs amateurs/trices, écrire est un métier pour lequel on doit débourser un peu. Débourser quelques sous, mais surtout du temps. Mais ce temps n’est pas perdu, c’est un temps passé à se chercher, et peut-être éventuellement se trouver. On gagne du temps en écrivant.

Mais paie-t-on vraiment pour écrire ? Ou, au contraire, n’en retire-t-on pas plutôt quelque chose ? Ne serait-ce pas plutôt un investissement qu’une dépense ? Car on peut s’investir beaucoup en écriture. Surtout quand on écrit dur. Parfois on écrit mou, et d’autres fois on écrit dur.

Mais on n’écrit jamais pour rien. On écrit peut-être pour ne rien dire, ou ne pas dire grande chose, ni quelque chose de très précis, mais ce non dire constitue tout de même le moteur de notre tap tap tap claviérique.

Comme si on écrit pour découvrir une vérité qui se cacherait en soi et qu’on doit dévoiler. On écrit comme l’effeuilleuse se strip et nous tease. On écrit pour retirer une couche à la fois, pour se dévoiler couche par couche. Et en même temps que certain(e)s n’écrivent jamais à propos d’eux ou elles mêmes directement, on n’écrit toujours qu’à propos de soi. Car comment ne pas écrire à propos de soi ?

J’ai repris le récit de ma vie, ce que l’on nomme habituellement une biographie. Pas tant pour me raconter moi-même que raconter, décrire et présenter les gens formidables que j’ai eu la chance de croiser au cours de ma vie. Des gens extra ordinaires.

J’écris l’hsitoire de ma vie non pas pour me mettre en valeur car ma valeur ne dépend pas des quelques mots qui tentent de me dire moi et le monde autour, et sa grande complexité. J’écris davantage pour rapiécer tous mes morceaux épars, tous mes ptits bouts, tous les ptits bouts d’ati, les ptits bouts de cet ati. Cet ati qui se cache entre les lignes.

Des ligne, des lignes.

Alors j’écris, j’écris.

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J’écrivais et je pensais à l’expression et à la communication.
J’espérais partager mon histoire – aussi triste et petite soit-elle parfois – avec quelqu’un, n’importe qui, là-bas qui pourrait ressentir la même chose ; qui pourrait apprendre quelque chose de la promenade que je venais de terminer, ainsi que la marche qui était nécessaire pour s’éloigner de ce qui s’était déjà passé.
J’étais clair là-dessus, vous voyez.
Mais c’est Jimmy [James Baldwin] qui m’a remis sur les rails et m’a appris – et m’a toujours rappelé – que la notion même de dignité humaine, l’histoire de l’humanité, les exemples de gentillesse, de bravoure et d’invention qui sont à notre disposition, sont venus à travers l’art, sont venus à travers l’acte téméraire et glorieux de quelqu’un qui écrit avec audace ou chantant ou peignant ce qui avait été leur histoire, leur propre marche à travers et loin et vers quelque chose.
James Baldwin, si vous voulez, m’a appris à écrire, bien sûr, mais aussi à marcher, à continuer à marcher, à témoigner. nous devons tous continuer à transmettre ce que nous avons vu, partager l’histoire, éduquer ing ceux qui marcheront derrière nous.

– Tennessee Williams au sujet de James Baldwin / Entretien avec James Grissom

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Quand quelqu’un meurt, il ne disparaît pas.
C’est l’inverse.
C’est à ce moment-là que la personne apparaît, parce qu’elle est délivrée d’elle-même, de ses ombres, de sa volonté, de son ambition, de tout projet, de toute connaissance que l’on croyait avoir d’elle.
Et il y a un surgissement de quelque chose qui, bizarrement, à l’instant où tout s’efface, est ineffaçable. (…)
Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil.

– Christian Bobin via Jean Gagliardi

FRIENDS FOREVER À TOUT JAMAIS

Ce matin, jour de commémoration de la naissance de Veeresh, mentor et ami de moi et de plusieurs de mes ami(e)s de longue date croisés en Hollande dans les années 1980. Et toujours ami(e)s depuis. Car une des maximes de Veeresh était Friends forever. Et nous le vivons pour de vrai.

Si hier fut jour de commémoration d’une triste journée, aujourd’hui, je tenais à mettre en lumière l’héritage de Veeresh, en particulier son audace, sa fougue, sa particularité, son courage et peut-être surtout sa grande et immense générosité. Car il se partageait lui-même, pas que ses mots, mais ses tripes et son coeur.

Tout au long de sa vie, il a en effet partagé son vécu et ses expériences, ses expériences de vie, son senti et ses connaissances. Il a été un enseignant iconoclaste, n’hésitant jamais à développer de nouvelles techniques à partir de ce qui se faisait déjà. Il a ouvert tant de nouveaux chemins.

J’ai et ai eu quelques rares et précieux enseignants et maîtres dans ma vie, d’autant plus importants : Osho, Veeresh, Carioca et Mestre Irineu.

Mais parmi tous, c’est Veeresh qui m’a le plus permis d’incarner et de réaliser qui je voulais vraiment être. Si Osho a rassuré mon âme quand j’avais 22 ans, c’est Veeresh qui, dans la même lignée mais plus accessible qu’Osho, m’a permis de m’incarner réellement dès que j’ai mis les pieds à la Humaniversity en Hollande en 1988. Méga choc culturel et spirituel. Comme il en survient peu dans une vie.

En nous permettant d’explorer dans toutes sortes de contextes thérapeutiques et communautaires l’expression de nos émotions, la sexualité et les relations sincères et droites du coeur, il a permis de mettre au monde l’unicité de tant d’êtres humains parmi nous qui avons franchi les grandes et imposantes portes de la Osho Humaniversity.

Veeresh disait souvent: Be a star. Comme dans : Osez être totalement et sans compromis qui vous voulez être. Pas plus star que quiconque, pas mieux qu’autrui, mais simplement de laisser shiner toute notre brillance unique, notre unicité, notre désir de vivre et de s’exprimer tel que nous sommes fondamentalement.

Je trouve important de rendre hommage aux gens qui nous ont façonné, à ceux et celles qui nous ont ouvert les portes de notre âme et de notre corps, ces pionniers qui nous ont permis de devenir qui nous sommes réellement, au plus profond de soi. Car peu de gens et d’endroits en ce monde nous incitent à oser être nous-mêmes, à sortir des sentiers balisés, à explorer le hors limite de notre petite boîte personnelle que l’on s’est créée à partir des valeurs sociétales traditionnelles.

Veeresh nous a enseigné le courage brut, comme la finesse d’être.

En fait, souvent, dans la vie, soit on suit, soit on s’oppose aux pouvoirs en place, on réagit. Avec Veeresh, nous sommes plusieurs à avoir appris à tracer notre propre chemin. À répondre et non pas réagir. Sans suivre, ni s’opposer, simplement en s’affirmant, même si on se trouvait à contre courant du plus grand nombre.

Et Veeresh a toujours prêché par l’exemple.

Quand j’ai quitté la Humaniversity en 1990 pour revenir au Canada pour m’occuper de ma fille Léonie, j’avais le coeur gros car j’aurais voulu y passer ma vie. J’ai dit à Veeresh que j’étais un peu envieux de ce qu’il avait construit et que j’aimerais quelque chose de semblable et connecté à lui pour moi et ma gang d’ici. Il m’a alors proposé de mettre en place une Humaniversity Québec, et il nous a aidé à le faire.

C’est ainsi qu’il est venu ici à 5 occasions pour animer des ateliers et soutenir notre projet. Par sa présence. Toujours des événements mémorables. Car avec lui, jamais rien n’était plate ni ordinaire. Et nous sommes plusieurs autour à avoir vu nos vies transformées – bousculées parfois – par le passage de ce très grand homme de petite taille mais au coeur immense qui occupe une place indélébile dans notre vie.

Veeresh a quitté le navire en 2015. Mais il trône toujours au gouvernail de la vie de plusieurs d’entre nous. Pour moi il est comme une boussole, un repère. Souvent devant des situations où je ne sais quoi faire, je me demande: que ferait Veeresh ? Et j’obtiens toujours ma réponse.

Au début, Veeresh était comme un père pour moi, moi qui en avait eu un très so so enfant. Puis il est devenu un mentor, et finalement, un ami. L’ultime. Et j’ai d’ailleurs eu la chance d’apporter ce que j’aime le plus faire dans la vie à mon alma mater avant qu’il ne quitte.

Ces temps-ci, je dirige une petite église Santo Daime dans la forêt du Canada. Et si j’ose le faire à ma façon, c’est grâce à Veeresh. Car j’ai eu comme enseignant cet être unique qui a toujours osé faire les choses his own way, nous montrant comment en le faisant lui-même pas simplement en le prêchant, au risque parfois de déplaire et de froisser. Pas comme but premier, mais c’est souvent ce qui arrive quand on suit sa propre voie et qu’on sort de la boîte, on risque de déplaire. On doit assumer. Sans provoquer. Mais ne pas abdiquer devant l’adversité. Écouter mais rester digne à ses valeurs.

Alors So be it. Et comme il disait souvent: Also. Ceci et cela et non ceci ou cela. Pépitte de sagesse de sa part. Et il y en a plusieurs.

Je tiens aussi à rendre hommage ici aux ami(e)s de Veeresh qui tiennent le fort de la Humaniversity depuis son départ. Je m’ennuie de ma famille d’ami(e)s d’Egmond aan Zee. Mais je sais que nous serons toujours liés par l’amour et le respect que nous portons à Veeresh et à son héritage. Même si je ne fais plus à proprement parler du travail Humaniversity, tout ce que je fais désormais porte cette saveur, sa saveur.

Thank you dear Veeresh. And yes of course, friends forever. See you now, comme à tous les jours.

Pour le connaître un tsi peu
https://www.youtube.com/watch?v=K1REohBcGl4

et Veeresh and the boys…


6 DÉCEMBRE 1989

À l’automne 1989, j’étais revenu à Montréal pour quelques mois. J’habitais en Hollande depuis un an, et j’étais revenu pour travailler, pour faire des sous et pouvoir retourner dans le plat pays des moulins à vents où je suivais une formation et vivais au sein d’une communauté thérapeutique, chez Veeresh.

Le 6 décembre 1989, en fin d’après-midi, à la tombée du jour, je conduisais tout innocemment le minibus d’une garderie communautaire et ramenais des touts petits à la maison dans le quartier Côte-des-Neiges, quand, tout à coup, un méga branle-bas de combat s’est déployé partout dans les rues environnantes. Autos de police, pompiers, ambulances et autres sirènes retentissaient partout autour. La circulation était sans dessus-dessous. Il se passait clairement quelque chose de majeur dans les environs. Et au retour à la maison, j’ai appris la source du drame, l’hécatombe, la catastrophe, l’innommable et l’indicible.

Au final, 14 jeunes femmes auront perdu la vie, et plusieurs autres seront blessées.

Et 33 ans plus tard, le massacre perdure. À chaque année depuis, la douleur refait surface pour plusieurs familles qui ont perdu des êtres chères, et pour quiconque a vécu de près la catastrophe. Mais de loin aussi. Car quiconque était autour en 1989 sait à quel point la cicatrice est et a été profonde et demeure toujours fragile.

Et 33 ans plus tard, la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu fait une promotion sur sa boutique en ligne en offrant (jusqu’à récemment) aux clients qui utilisaient le code promotionnel poly, 10 % de rabais sur les vêtements, tasses et autres articles portant sa marque de commerce.

On appelle ça ajouter le mauvais goût à l’horreur, la bêtise à la dégueulasserie, le manque de jugement à la stupidité, l’indélicatesse à la grossière indécence. On va arrêter ici. Car les mots peuvent aussi devenir des armes de destruction émotive lorsque dégainés sans jugement, sans connaissance, sans empathie.

Et depuis, quelques autres déclarations sont venues alimenter la controverse, pendant que le gouvernement tente de faire passer un projet de loi limitant le port de certaines armes. Que d’émotions, que de sensibilité requise.

Et pourtant.

Pendant que la foule s’invective, entre pros et antis guns, 14 jeunes âmes féminines flottent peut-être au-dessus de tout ce brouhaha en nous regardant nous quereller, nous déchirer. J’espère qu’elles pourront nous éclairer, nous apaiser, nous qui sommes tous et toutes concernés par ce drame, même s’il a pris place il y a 33 ans, même pour ceux et celles qui l’ignorent car trop jeunes ou trop éloignés.

Et pourtant.

33 ans plus tard, encore aujourd’hui, tant de vies perdues, tant de familles détruites à jamais, par des armes à feu, mais pas seulement. Et la plupart du temps par des hommes qui expriment leur tristesse, leur désarroi et leur impuissance à coups de poing, à coups de couteaux ou à coups de fusils. Trop de femmes et d’enfants innocents qui subissent la frustration de grands ptits gars qui n’ont pas pu se retenir, qui n’ont pas appris à gérer leurs émotions, qui n’ont pas su lécher leurs propres plaies.

Les boys, réveillons-nous ! Et devenons des hommes, de vrais humains, de bons pères de famille, des frères sur qui on peut compter, des protecteurs, des chums de gars autant pour les femmes et les filles qu’entre hommes et gars, des miliciens pour la paix aux coeurs grands. Devenons des rois de coeur.

Ce drame a touché des familles directement, et continue de les toucher droit au coeur quotidiennement par l’absence de leur fille. En tant que père de 2 filles, ce drame me touche de façon indirecte. Car ça aurait pu être mes filles. I can relate. Mais ces temps-ci, avec toute cette cyber agressivité qui circule, ce sont toutes nos filles, et nos garçons aussi, qui sont susceptibles d’être bullyés d’une façon ou d’une autre via leurs écrans. Cyber agression et écrans de bully. Souvent fait sous le couvert de l’anonymat. Cheap cheap shot les boys !

Espérons que cet événement horrible et incompréhensible, qui date de 33 ans mais qui est encore et toujours si vivant en notre mémoire collective et personnelle, événement si troublant et aujourd’hui réactivé par différentes prises de paroles, puissent servir à nous enseigner quelque chose, peu importe les leçons que nous devons apprendre. Elles sont nombreuses et éternelles.

Car notre toute simple humanité est mise à mal, aujourd’hui comme depuis le début des temps. Mais aujourd’hui, les écrits, qui restent, circulent vite et loin, et instantanément. La poudre des mots se répand vite désormais. Pendant que certains sont en quête du divin, nous sommes encore à peine humains mais très réseautés.

Et chacun chacune, nous avons tous et toutes besoin de faire preuve de plus de compassion, d’empathie, de retenue et de soutien les un(e)s envers les autres. Les temps ne sont pas faciles, soutenons-nous car nous voguons ensemble sur cette galère, en cette mer houleuse. Hommes comme femmes, anti ceci comme pro cela.

Espérons que nous puissions apprendre à vivre notre humanité avec plus de coeur, avec passion mais surtout avec compassion, avec empathie, et que notre parole, puisée au coeur de notre humanité personnelle et collective, puisse s’inscrire dans un contexte social qui trouve racine dans des événements sociaux délicats et marquants et qu’elle puisse contribuer au bien du plus grand nombre. Car en ce moment, beaucoup d’ombre recouvre notre visage comme notre humanité.

On peut toujours espérer. Et continuer à devenir de meilleurs humains.

Les filles, up there, éclairez-nous SVP.

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À celles qui ont péri le 6 décembre 1989

Geneviève Bergeron, 21 ans, Étudiante en génie mécanique

Maryse Laganière, 25 ans, Employée au Service des finances

Hélène Colgan, 23 ans, Étudiante en génie mécanique

Maryse Leclair, 23 ans, Étudiante en génie métallurgique

Nathalie Croteau, 23 ans, Étudiante en génie mécanique

Anne-Marie Lemay, 22 ans, Étudiante en génie mécanique

Barbara Daigneault, 22 ans, Étudiante en génie mécanique

Sonia Pelletier, 28 ans, Étudiante en génie mécanique

Anne-Marie Edward, 21 ans, Étudiante en génie chimique

Michèle Richard, 21 ans, Étudiante en génie métallurgique

Maud Haviernick, 29 ans, Étudiante en génie métallurgique

Annie St-Arneault, 23 ans, Étudiante en génie mécanique

Barbara Klucznik-Widajewicz, 31 ans, Étudiante en sciences infirmières (U de Montréal)

Annie Turcotte, 20 ans, Étudiante en génie métallurgique

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Balado intéressante sur le sujet: Projet Polytechnique : Faire face
Sur OhDio
https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/10160/projet-polytechnique-faire-face

MOI MOI MOI, MYSELF & AIE AIE AIE

Eh que nous sommes nombrilistes, nombril-centristes. Toujours en quête de plus de plus de croissance personnelle. Des grenouilles qui veulent devenir plus grosses que Dieu. Toujours en quête de plus de sagesse, de connaissances et d’humilité. Désolé lecteurs/trices, mais c’est moi le plus humble ici. 😉

Toujours en quête, de plus en plus. Tellement qu’on en devient des quêteux(ses). Toujours à la recherche de conscience de plus en plus pleine. Super dooper conscience. Des consommateurs/trices de pleine conscience. N’en jetez plus, la coupe est plus que pleine, et déborde déjà.

On ramène toujours tout à soi. Le monde entier tourne autour de moi moi moi. Moi et le monde, le monde et moi. Jusqu’à ce que le monde soit moi. Moi avec un M majuscule.

Pourtant, que sommes-nous vraiment ? Qui sommes-nous ?

Nous nous pensons le monde, nous nous prenons pour le monde. Comme si le monde arrêterait de tourner si on n’y était pas vous et moi. Mais est-ce que le monde arrêtera de tourner quand nous n’y serons plus ? Poser la question c’est y répondre. Alors restons humbles. Et pas nécessairement les plus humbles, juste humbles, extra ordinairement humbles. Uniques, juste comme tout le monde.

On fait le tour du monde et c’est soi qu’on prend en photos, avec le monde en arrière-plan. Moi et la pyramide, Moi et le temple, Moi et la mer, Moi et la montagne. Ma face et Moi. Comme si ma face était Moi. On pose et on poste sur les réseaux. Pour avoir la sensation d’exister aux yeux d’autrui ? Pour avoir l’impression d’être quelqu’un ? Ça c’est quelque chose.

Comme si on était important(e), comme si on était super important(e), plus important(e) que le reste de l’humanité. On aspire à être des Dieux et des Déesses. Et pourtant. Si on pouvait seulement être 100 % humain(e)s, ça serait déjà quelque chose non ?

Le monde pourrait très bien tourner sans nous. En fait, le monde tournerait sûrement mieux sans nous. Nous sommes probablement ses pires ennemis. Nous, cette grosse gang de mois.

Si on pouvait seulement arrêter de se prendre pour le nombril du monde. Si on pouvait seulement redevenir ses mains, ses pieds, son coeur. Si on pouvait seulement se mettre au service du plus grand nombre, servir les besoins du vrai monde. Et arrêter de le consommer ce monde, de l’utiliser, de se servir de lui. D’abuser de la terre dans et sur laquelle on vit. Notre mère terre.

Nous sommes en train de nous éliminer. Et pendant ce temps, nous continuons de brûler les ressources, nous continuons de voguer et de galérer en croisières qui s’amuse sur les flots des mers du monde. En y flushant nos toilettes 5 étoiles. Et en continuant de mettre le monde à notre service plutôt que nous au sien.

Si on pouvait seulement ré-apprendre à servir le monde. À faire ce que doit. À faire ce qui est juste, et bon. Pour soi, mais surtout pour le bien du plus grand nombre. En commençant par ceux et celles dont les besoins fondamentaux sont les plus criants. Good morning 1 %. De même que nous, les pourcentages qui suivent.

Si on pouvait seulement apprendre un peu plus l’humilité, la discrétion, l’effacement, la fluidité, le non-faire, comme le non-être. Pas des tonnes de plus, qu’un ptit peu plus. Un pas à la fois, chaque pas dans la foi comme dit souvent le chroniqueur.

Si on pouvait seulement se contenter d’être un(e) petit(e) méditant(e) ben ordinaire. Apprécier n’être presque rien. Ne pas prendre de place. Du moins, de moins en moins. Jusqu’à notre complète disparition éventuelle, jusqu’à notre graduel effacement. Et accepter qu’après notre passage sur terre, il ne restera rien de nous.

Alors que pensons-nous vraiment être ?

La réponse, my friends, is blowing in the wind.

Alors écoutons. En silence.

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Je ne pense plus en termes d’expériences.
Les choses arrivent tout simplement.
La pluie tombe doucement.
Le cœur bat.
Il y a la respiration, in-out-in-out-in-out.
Il y a une écoute silencieuse, une ouverture… un vide… rien…

L’illumination ?

À quel point il est mortel de coller une étiquette.
Alors tu deviens quelqu’un.
Au moment de l’étiquetage, la vivacité se fige dans un concept.
‘Mon expérience d’illumination !’
Être vivant, pleinement vivant, signifie couler sans entrave – un flux vulnérable de vitalité sans résistance…
Sans avoir besoin de penser à « moi-même » – à ce que je suis, ce que je serai.
Notre
marchandage d’expériences est une forme de résistance dans le temps.
Toni Packer

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Et antidote à notre très sérieuse quête de soi et croissance personnelle.

PETIT MAINTENANT DE L’AVENT

Petit matin blanc, matin de l’avant, petit matin de rien.
Petit matin qui tient, tout seul, dans la paume de ma main.
Que ce matin, et puis c’est tout.
Tout ce qu’il y a, tout ce qui est, y est, en ce petit matin de rien.

La vie coule en général, comme parfois nous on croule sous le poids du rien.
On dit que la vie est courte, mais elle est aussi longue à la fois.
On garde la foi, sans trop savoir, sans trop vouloir ni pouvoir savoir.

La foi en quoi ? La foi tout court.
La foi en tout, comme la foi en rien, ce grand rien du tout.

Foi dans la certitude de la beauté, cette beauté toute simple.
La simplicité du jour, du jour qui passe, ce jour où parfois rien ne se passe.
Que la vie.

Jours deux de l’avant. L’avant quoi ? L’avant maintenant. À l’avenant.
Petit matin zen, petit matin de rien, petit matin pendant.
Tout y est. Parfait.

SOI-MÊME ?

Hier une amie a posté ce meme.

Meme toi-même.

Et immédiatement est monté en moi cette réflexion: il ne reste plus qu’à définir ce soi-même.

En français soi-même, et en anglais yourself, ton soi. Ah ces langues dans le vinaigre de la vie.

On pense savoir ce qu’est ce soi-même dont tout le monde parle et dont tout le monde se revendique. En tous cas, on souhaite que chacun(e) en ait un, ou en soit un, ou sache ce que c’est, plus ou moins.

On dit sans cesse qu’on doit être soi-même, devenir soi-même, s’accepter soi-même, s’aimer soi-même, se pardonner à soi-même, se faire confiance à soi-même et autres tâches connexes reliées à ce fameux soi-même en question.

Mais qu’est-ce que ce soi-même au juste ?

Je l’ai googlé ce soi-même, et les avis ne sont pas si clairs, et plus que partagés. Mais pas de la même façon. Pas si simple d’être soi-même on dirait bien, en plus qu’il semble ne pas y en avoir un pareil à l’autre. Unique comme tout le monde.

En tous cas, j’ai trouvé qu’il n’existe aucun antonyme à soi-même. Toujours ça de trouvé.

Très sincèrement, après une quarantaine d’années de recherche ici, là et ailleurs, quoi que surtout autour d’ici, oui oui juste là, je n’en ai pourtant encore aucune idée, pas la moindre. Parfois je le suis, parfois pas. Parfois je le pense, d’autres fois je le suis, mais dans le sens d’à sa traîne. Je me suis moi-même.

Comme si ce petit soi-même juste à moi se défilait sans cesse, comme s’il changeait à chaque jour et à chaque détour. Il est tantôt ceci, tantôt cela, et la plupart du temps autre chose. Dès que je – pense – le saisir, il se sauve et m’évite, je me sauve et il s’effrite. Méchant joker ce soi-même. Un soi-même que j’imagine en moi, du moins contenu en mon corps, quoi que très souvent localisé dans ma ptite tête, derrière mes yeux. Et partout all over the palace.

Qu’était ce soi-même à la naissance, à ma naissance ?

Il n’était presque rien, pas grande chose du moins, rien d’autre qu’un corps avec des besoins fondamentaux à combler, une grande bouche surtout, équipée de bons poumons. Ou peut-être encore une âme mal ou peu cernée, dans un corps qui découvrait tout juste le monde après 9 mois de flottemaman bien au chaud.

Puis on l’a nourrit ce petit bout de soi-même, on l’a lavé, puis lové du mieux qu’on a pu autour de lui. Et ce petit soi-même en développement est devenu plus autonome, découvrant le monde et ses mystères, si nombreux mystères. Et il s’est pris à se considérer comme un vrai moi-même. Un petit bout de moi de rien du tout qui a grandi, s’est boursoufflé jusqu’à se prendre au sérieux, un bout de rien séparé du grand Tout, autonome et en même temps un peu désespéré de ne pas toujours se sentir connecté à ce grand Mani Tout. Toujours un peu à la recherche de cette reconnexion en fait.

Alors, se sentant plus mobile et indépendant, il s’est mis à se chercher lui-même, comme un ptit animal sans queue courant après sa queue, tournant en rond un peu partout sur la boule à sa propre recherche. Faites ses recherches n’a clairement pas commencé avec la Covid.

Puis il s’est mis à tenter de se définir lui-même, souvent en opposition avec ce qui se trouvait à l’extérieur de lui et qui lui déplaisait, et, au contraire, parfois en s’y projetant quand l’image reflétée lui plaisait.

Puis réalisant qu’il ne pouvait se trouver lui-même en cherchant à l’extérieur, autant de son corps que de sa propre perspective, il s’est mis à ingérer des substances qui le faisaient sortir de lui-même, qui le faisaient sortir de soi pour se voir d’en-dehors. Mais là encore, il a atteint des limites, il a atteint ses limites, les limites de son petit soi-même du moment. Car il lui semblait que le chemin ne pouvait passer par des pilules, des liquides ou des herbes, aussi cool soient-elles. Quoi qu’elles peuvent être très utiles pour réaliser ce que nous ne sommes pas.

Alors, ce petit soi-même de rien du tout devenu quelque chose au fil du temps qui passe, pensant même être quelqu’un à l’occasion, au début de la vingtaine, ce ptit quelque chose s’est mis à fermer ses yeux et à tourner son regard vers l’intérieur afin de se chercher en soi-même et, éventuellement, espérer peut-être même se trouver, ou du moins trouver quelque chose. Et depuis, il cherche encore. Grand grand là-dedans. Porte vers l’infini.

Dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose, ou quelqu’un, un certain soi-même tant désiré car on nous dit que cela doit bien exister, les choses changent, la perspective se modifie, le point de vue fluctue. Et le flou revient.

Et ne sachant toujours ni quoi ni qui ni comment, il continue de chercher. En fait, ça continue de chercher. Ici, là-bas, ailleurs, partout.

La seule chose qu’il sait pour le moment, c’est que c’est pas mal toujours ici, et maintenant. Et que jamais il ne pourrait s’aviser de dire à quiconque qui il/elle est elle-même car lui-même n’en sait rien quant à son propre soi-même.

Quant au reste, gagez-vous ? qu’ils disaient. Ou était-ce dégagez-vous ?

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Humains ! Pourquoi vous retournez-vous contre vous-mêmes ?
Vous vous sentez triste, blessé, perdu, effrayé, loin de l’amour.
Vous vous sentez indigne, inaperçu, non reconnu.
Vous vous sentez parfois en colère.
Frustré parfois.
Mais vous le cachez.
Vous mettez un masque.
Vous faites semblant d’aller bien.
Vous êtes doué pour faire semblant.
Vous jouez au gentil garçon, à la fille heureuse.
Celui qui sait.
Le fort. Le confiant.
Le spirituel bienheureux.
Le très évolué.
Ou celui qui n’a aucun défaut.
Pourquoi se diviser en deux ?
Pourquoi submerger la moitié de votre être dans les ténèbres ?
Pourquoi brandir une image ?
Gagner l’amour ?
Être aimé ?
Pour se protéger de la douleur du rejet ?
Pour contrôler les opinions des autres ?
Pourquoi vous souciez-vous tant d’être aimé ?
Qu’importe, si le monde entier te rejette, quand tu sais que tu es réel ?
Pourquoi vous épuisez-vous à vivre un mensonge ?
Quand l’amour est-il devenu quelque chose que vous devez gagner?
Le masque enlevé, la prétention enfin à une fin –
Oh, humains, ne voyez-vous pas, vous êtes aimé et chéri,
exactement tel que vous êtes ?

– Jeff Foster

ICI, D’ICI, LE BONHEUR

Il est difficile de trouver du bonheur en soi, mais impossible de le trouver ailleurs.
– Arthur Schopenhauer

Chronique rose ce matin. En ce temps gris. Car beau rose et gris.

Quelle belle façon de le dire : difficile de trouver le bonheur en soi mais impossible de le trouver ailleurs.

Si on peut certainement trouver des sources de bonheur en dehors de soi, des révélateurs du bonheur inné, le réservoir ne peut inévitablement que se trouver en soi, comme la capacité de le faire croître, résonner, fructifier. De le protéger même.

Je crois que trouver n’est que la première étape dans la quête du bonheur. La seconde, toute narutelle, est de le faire croître, de le répandre, de lui faire prendre de l’expansion, de contaminer le monde, rendre le bonheur contagieux.

Un virus le bonheur ?

Si trouver le bonheur est un enjeu, créer des espaces dans lesquels les gens pourront arrêter et retourner leur terre intérieure pour mieux le cultiver est une suite logique, organique et naturelle à l’essence du bonheur.

On dit que lorsqu’on quittera ce monde, tout ce que l’on pourra apporter avec soi n’est pas ce que l’on a reçu au cours de de cette vie, mais seulement ce que l’on a donné, partagé, offert. Intéressant non ?

On dit aussi que Dieu – ou le Grand Mystère – se doutant bien que ses créatures seraient portées à chercher la clé du bonheur en dehors d’eux/elles-mêmes, jusqu’aux endroits les plus reculés du globe et des mers, il/elle aurait caché cette clé en notre coeur. Là où réside aussi notre âme je crois.

Le bonheur semble être une disposition intérieure, un état, une façon d’aborder le monde, comme chaque journée.

Le bonheur serait peut-être même une décision ? À méditer.

On peut être heureux(se) et comblé(e) en et par soi-même, en quelque sorte la première étape. Mais que la première. Souvent plus gratifiant – et tout naturel – de vouloir le partager avec autrui quand on le trouve.

Peu importe qui. Évidemment avec nos proches et nos bien-aimé(e)s en tout premier lieu, mais éventuellement le bonheur veut voyager, voir plus grand, veut se répandre et aller se faire voir ailleurs.

Difficile de trouver le bonheur en soi

En effet, comme si on nous avait appris que le bonheur habitait ailleurs, comme s’il découlait de quelque chose – ou de quelqu’un – en dehors de soi. Comme le gazon plus vert. Le trouver et le conserver, puis le semer. Comme dans planter et non le fuir.

mais impossible de le trouver ailleurs

Donc à trouver en soi. Tout d’abord. Là qu’on doit chercher.

Trouver le bonheur ? Ou n’est-ce pas plutôt lui qui nous trouve ? Peut-être en fait que c’est le bonheur qui nous cherche, et nous qui devons se laisser trouver. Et le conserver, le cultiver, en prendre soin et le répandre.

Car on doit tout d’abord pouvoir le connaître en soi pour être en mesure de le reconnaître en dehors quand on le croise. On ne peut trouver le bonheur ailleurs si on n’y est pas soi-même. Alors portons-le, et apportons-le partout où l’on va, partout où l’on se trouve. Même quand la tristesse envahit notre coeur, même face à la désolation, à la perte. Le bonheur peut cohabiter avec diverses émotions connexes, tant que tout est assumé, accepté. Le bonheur est un bon coloc.

On dit ici bonheur, mais on devrait peut-être plutôt dire joie. Car si le bonheur semble souvent passager, la joie semble être plus permanente, comme le fond de notre être sur lequel pourrait reposer le bonheur. Ça prend un terrain solide et fertile de joie, une telle capacité en soi-même, pour que puisse grandir le bonheur.

Il est où le bonheur ? chantait le poète. Une bien belle version ici.

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L’émerveillement est une fleur de la vie.

Personne n’a une vie facile.
Le seul fait d’être vivant nous porte immédiatement au plus difficile.
Les liens que nous nouons dès la naissance, dès la première brûlure de l’âme au feu du souffle, ces liens sont immédiatement difficiles, inextricables, déchirants.
La vie n’est pas chose raisonnable.
On ne peut, sauf à se mentir, la disposer devant soi sur plusieurs années comme une chose calme, un dessin d’architecte.
La vie n’est rien de prévisible ni d’arrangeant.
Elle fond sur nous comme le fera plus tard la mort, elle est affaire de désir et le désir nous voue au déchirant et au contradictoire.
Ton génie est de t’accommoder une fois pour toute de tes contradictions, de ne rien gaspiller de tes forces à réduire ce qui ne peut l’être, ton génie est d’avancer dans la déchirure, ton génie c’est de traiter avec l’amour sans intermédiaire, d’égal à égal, et tant pis pour le reste.
D’ailleurs quel reste ?

– Christian Bobin

MENTAL SENTI / SENTI MENTAL

Nous sommes des animaux émotifs, et de pensées. Des humain(e)s pensant et sentant. On sent beaucoup, on pense aussi, souvent encore plus qu’on sent, souvent on pense trop. Et d’autres fois on pense qu’on sent.

On pense tout le temps. En fait, ça pense tout le temps. Là, en haut dans notre tête, derrière nos deux yeux. Comme le troisième.

Comme ça sent aussi tout le temps, ici-bas, partout dans notre corps. Mais ça sent dans notre tête aussi. Car notre tête fait partie du corps, la plupart du temps. Senti le mental aussi.

Parfois on pense qu’on sent mais au fond souvent on ne fait que penser sentir. Car parfois on sent toutes sortes d’affaires. Parfois on sent les bonnes affaires, et parfois pas. Parfois on ne ressent que nos vieilles affaires.

On sent – et on sait – que la pensée nous fait tourner en rond, et en même temps, penser est inévitable, indispensable même. Et penser se fait tout seul, et sans cesse. Tant que ça pense on doit suivre le fil, on doit observer. Le hamster est autonome, et la cage bien huilée.

On sent – ou on pense ? – que sentir est supérieur à la pensée. Mais les émotions concernent autant la pensée que le senti. Car le mental est aussi senti, et le senti mental. Les deux jambes de la même bibitte.

Pas de distinction si nette ni claire entre senti et mental, entre pensée et ressenti. L’un influence l’autre. Si je pense à une injustice, je vais ressentir une émotion, et, de l’autre côté, peut-être qu’avant même de penser, à la vue de quelque chose, je peux ressentir et ensuite interpréter. Les émotions ne sont pas un sens unique. Les deux pôles – senti et mental – interagissent. Et probablement que ça négocie différemment selon notre culture, nos croyances, nos expériences, notre genre, etc.

Nous sommes tous et toutes simultanément des êtres de sensations et de logique, des âmes pensantes et sentantes.

Certain(e)s pensent plus qu’ils/elles ne sentent. Certain(e)s pensent beaucoup et ressentent peu, d’autres sentent à profusion mais pensent dispersé, écartillé, tout partout. Certain(e)s valorisent le senti davantage que la pensée, d’autres l’inverse. Comme si l’un pouvait et devait être plus important que l’autre.

On associe généralement davantage la pensée au masculin et le senti au féminin. Généralement. Mais est-ce qu’un est plus important que l’autre ? Évidemment que non, tout est question d’équilibre et de danse ente les deux sphères au sein de notre être.

Tout ressentir sans relativiser nous envahit émotivement, et trop penser sans ressentir nous isole dans notre mental. Mais autant sentir que penser peuvent nous tromper. Car parfois on ressent du vieux stock, et d’autres fois, on pense en boucle. Et la plupart du temps on pense toujours aux mêmes affaires.

Si je m’arrête, je sens, je me sens, et ressens, et simultanément ça pense aussi beaucoup, en boucle en fait. Ça pense à toutes sortes d’affaires. Et quand je m’arrête pour sentir le monde, ça donne beaucoup à sentir. C’est grand et complexe le monde.

Mais est-ce que ce que je sens est toujours en lien avec la réalité ? Et quelle réalité ?

Ou ce que je sens n’est-il pas plutôt en lien avec ce que j’ai déjà vécu auparavant ? Ou avec les croyances que je porte en moi ?

Même chose pour la pensée. Que sont ces choses auxquelles je pense ? D’où ça vient et où ça s’en va ? Ça ne fait que passer ?

Il y a clairement un lien entre senti et mental, entre pensée et ressenti, entre intuition et réflexion. Mais ce lien n’est pas toujours évident.

Alors ?

Je pense que je sens, donc je dois être.
Je sens donc je sais, mais sais-je vraiment quoi que ce soit ?
Je pense donc je ressens ?
Je sens, mais quoi au juste ?
Je sens puis j’interprètes.
Je pense sentir alors je ne sais pas trop quoi en penser.

Au fond, peu importe les réponses à ces questions, tout passe et tout passera.

Et pendant ce temps-là, il y a la vie. Et un tout petit quelque chose au centre de soi.

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Les émotions ont des objets et parfois même des cibles… des traductions limitées de sensations tentant d’interpréter les raisons et les effets de l’espace-temps.
Les dévotions — comme la joie, l’amour, la foi, la confiance et l’inspiration n’ont pas d’objet et ne sont jamais militarisées. Ce sont de vastes étendues de libertés extra-sensorielles sans mesure ni limitation d’espace et de temps.
Le pouvoir de la prière, de la méditation, de l’intuition contemplative et de la perspicacité sont tous des pouvoirs de dévotion. Si la vie était un film dans le théâtre de ce monde, la dévotion serait le pouvoir d’accéder à la salle de projection et de modifier l’hologramme à ultra haute densité qui se trouve sur le film de l’existence avant qu’il ne soit projeté.
De cette manière, les dévotions modifient la lumière qui construit la projection de la vie dans l’espace-temps… modifie en fait les sensations du temps dans les illusions de l’espace. C’est un cadeau parfait à avoir dans le monde actuel de projections corrompues, de fausses réfractions et de réflexions égocentriques.
Vous voyez partout, quotidiennement, des gens s’effondrer sous les couches de leurs propres émotions… pas même légèrement soutenus par aucun système actuellement en place pour préconiser des solutions.
La dévotion n’est pas une dévotion à quelque chose – c’est une allégeance ou une alliance – la dévotion est un état d’être. Au niveau sensoriel de l’univers matériel, il y a des règles et des lois, mais la dévotion – comme l’infini – n’a ni règles ni lois… elle est illimitée.
La dévotion peut générer au hasard les avantages d’un chemin autoguidé… la création aléatoire de l’ordre dans un champ de chaos. Tout le tissu de « ce qui est » peut être modifié lorsque les dévotions brisent le charme sensoriel. Les gardiens de la sagesse l’utilisent dans leurs actions afin que des réactions égales disparaissent dans un miracle imminent. Ici, maintenant, ceux qui connaissent cet art et cette technologie doivent enseigner à ceux qui en ont besoin.
Notre prière est que vous donniez ce don parfait de dévotion au monde des projections, des réfractions et des reflets ; que vous permettiez aux gens de créer des alternatives là où elles sont nécessaires, et d’offrir ces cadeaux pour le bien de tous, pour rendre l’amour, la joie, la foi, la confiance et l’inspiration populaires et banals sur Terre.
Toujours avec gratitude,
Gourou Singh et Guruperkarma Kaur