SOI-MÊME ?

Hier une amie a posté ce meme.

Meme toi-même.

Et immédiatement est monté en moi cette réflexion: il ne reste plus qu’à définir ce soi-même.

En français soi-même, et en anglais yourself, ton soi. Ah ces langues dans le vinaigre de la vie.

On pense savoir ce qu’est ce soi-même dont tout le monde parle et dont tout le monde se revendique. En tous cas, on souhaite que chacun(e) en ait un, ou en soit un, ou sache ce que c’est, plus ou moins.

On dit sans cesse qu’on doit être soi-même, devenir soi-même, s’accepter soi-même, s’aimer soi-même, se pardonner à soi-même, se faire confiance à soi-même et autres tâches connexes reliées à ce fameux soi-même en question.

Mais qu’est-ce que ce soi-même au juste ?

Je l’ai googlé ce soi-même, et les avis ne sont pas si clairs, et plus que partagés. Mais pas de la même façon. Pas si simple d’être soi-même on dirait bien, en plus qu’il semble ne pas y en avoir un pareil à l’autre. Unique comme tout le monde.

En tous cas, j’ai trouvé qu’il n’existe aucun antonyme à soi-même. Toujours ça de trouvé.

Très sincèrement, après une quarantaine d’années de recherche ici, là et ailleurs, quoi que surtout autour d’ici, oui oui juste là, je n’en ai pourtant encore aucune idée, pas la moindre. Parfois je le suis, parfois pas. Parfois je le pense, d’autres fois je le suis, mais dans le sens d’à sa traîne. Je me suis moi-même.

Comme si ce petit soi-même juste à moi se défilait sans cesse, comme s’il changeait à chaque jour et à chaque détour. Il est tantôt ceci, tantôt cela, et la plupart du temps autre chose. Dès que je – pense – le saisir, il se sauve et m’évite, je me sauve et il s’effrite. Méchant joker ce soi-même. Un soi-même que j’imagine en moi, du moins contenu en mon corps, quoi que très souvent localisé dans ma ptite tête, derrière mes yeux. Et partout all over the palace.

Qu’était ce soi-même à la naissance, à ma naissance ?

Il n’était presque rien, pas grande chose du moins, rien d’autre qu’un corps avec des besoins fondamentaux à combler, une grande bouche surtout, équipée de bons poumons. Ou peut-être encore une âme mal ou peu cernée, dans un corps qui découvrait tout juste le monde après 9 mois de flottemaman bien au chaud.

Puis on l’a nourrit ce petit bout de soi-même, on l’a lavé, puis lové du mieux qu’on a pu autour de lui. Et ce petit soi-même en développement est devenu plus autonome, découvrant le monde et ses mystères, si nombreux mystères. Et il s’est pris à se considérer comme un vrai moi-même. Un petit bout de moi de rien du tout qui a grandi, s’est boursoufflé jusqu’à se prendre au sérieux, un bout de rien séparé du grand Tout, autonome et en même temps un peu désespéré de ne pas toujours se sentir connecté à ce grand Mani Tout. Toujours un peu à la recherche de cette reconnexion en fait.

Alors, se sentant plus mobile et indépendant, il s’est mis à se chercher lui-même, comme un ptit animal sans queue courant après sa queue, tournant en rond un peu partout sur la boule à sa propre recherche. Faites ses recherches n’a clairement pas commencé avec la Covid.

Puis il s’est mis à tenter de se définir lui-même, souvent en opposition avec ce qui se trouvait à l’extérieur de lui et qui lui déplaisait, et, au contraire, parfois en s’y projetant quand l’image reflétée lui plaisait.

Puis réalisant qu’il ne pouvait se trouver lui-même en cherchant à l’extérieur, autant de son corps que de sa propre perspective, il s’est mis à ingérer des substances qui le faisaient sortir de lui-même, qui le faisaient sortir de soi pour se voir d’en-dehors. Mais là encore, il a atteint des limites, il a atteint ses limites, les limites de son petit soi-même du moment. Car il lui semblait que le chemin ne pouvait passer par des pilules, des liquides ou des herbes, aussi cool soient-elles. Quoi qu’elles peuvent être très utiles pour réaliser ce que nous ne sommes pas.

Alors, ce petit soi-même de rien du tout devenu quelque chose au fil du temps qui passe, pensant même être quelqu’un à l’occasion, au début de la vingtaine, ce ptit quelque chose s’est mis à fermer ses yeux et à tourner son regard vers l’intérieur afin de se chercher en soi-même et, éventuellement, espérer peut-être même se trouver, ou du moins trouver quelque chose. Et depuis, il cherche encore. Grand grand là-dedans. Porte vers l’infini.

Dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose, ou quelqu’un, un certain soi-même tant désiré car on nous dit que cela doit bien exister, les choses changent, la perspective se modifie, le point de vue fluctue. Et le flou revient.

Et ne sachant toujours ni quoi ni qui ni comment, il continue de chercher. En fait, ça continue de chercher. Ici, là-bas, ailleurs, partout.

La seule chose qu’il sait pour le moment, c’est que c’est pas mal toujours ici, et maintenant. Et que jamais il ne pourrait s’aviser de dire à quiconque qui il/elle est elle-même car lui-même n’en sait rien quant à son propre soi-même.

Quant au reste, gagez-vous ? qu’ils disaient. Ou était-ce dégagez-vous ?

___
Humains ! Pourquoi vous retournez-vous contre vous-mêmes ?
Vous vous sentez triste, blessé, perdu, effrayé, loin de l’amour.
Vous vous sentez indigne, inaperçu, non reconnu.
Vous vous sentez parfois en colère.
Frustré parfois.
Mais vous le cachez.
Vous mettez un masque.
Vous faites semblant d’aller bien.
Vous êtes doué pour faire semblant.
Vous jouez au gentil garçon, à la fille heureuse.
Celui qui sait.
Le fort. Le confiant.
Le spirituel bienheureux.
Le très évolué.
Ou celui qui n’a aucun défaut.
Pourquoi se diviser en deux ?
Pourquoi submerger la moitié de votre être dans les ténèbres ?
Pourquoi brandir une image ?
Gagner l’amour ?
Être aimé ?
Pour se protéger de la douleur du rejet ?
Pour contrôler les opinions des autres ?
Pourquoi vous souciez-vous tant d’être aimé ?
Qu’importe, si le monde entier te rejette, quand tu sais que tu es réel ?
Pourquoi vous épuisez-vous à vivre un mensonge ?
Quand l’amour est-il devenu quelque chose que vous devez gagner?
Le masque enlevé, la prétention enfin à une fin –
Oh, humains, ne voyez-vous pas, vous êtes aimé et chéri,
exactement tel que vous êtes ?

– Jeff Foster

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