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NEVER MIND ET AU-DELÀ

Les gens ont peur de faire le vide en leur mental, craignant d’être happé(e) par le vide. Ce qu’ils/elles ne réalisent pas est que leur mental est ce vide. – Huang Po

Toujours difficile de parler du mind. Comme de parler du vide, nous qui sommes si plein(e)s, de nous-même comme de tout le reste.

Goole Traduction nous donne comme équivalence française de mind:
l’esprit, l’avis, l’idée, la mémoire, l’intelligence, le cerveau, le souvenir, la conscience, la raison, l’opinion, l’intention et l’humeur.

Et même pas le mental. C’est ben pour dire.

On ne sait même pas ce qu’est notre esprit, ou mental, ou…

Est-ce l’affaire, la machine qui pense située au-dessus de nos épaules ?

Est-ce là que repose le siège de notre conscience ?

Là où se trouve notre poste d’observation ?

Peut-être, mais si c’est le cas, il me semble que le coeur doit aussi avoir son point de service. Comme le hara. Comme le ventre, et la plante des pieds pour nous garder groundé(e).

Mais est-ce même un location physique ? Beau koan.

Et peu importe ce que l’on peut faire pour se vider le mental une fois de temps en temps, il finit toujours par se remplir de nouveau. Tout vient, tout va. À l’infini. Alors on doit baisser les bras et déposer les armes, le mental est tough. Aussi bien l’accepter.

Et il me semble que l’esprit doit bien habiter tout notre corps. L’esprit doit couler en tout notre corps. L’esprit peut-être mais le mental semble plus clairement up there. Ah et puis, never mind. Feel the groove ?

Car peu importe comment on désigne cette fonction pensière, on ne doit pas en avoir peur. Ne pas craindre de dépenser non plus. On doit apprendre à l’explorer, la connaître, et même parfois la laisser prendre le contrôle, s’y perdre.

I just want to lose my mind. Wishful thinking.

La pensée justement. Car quoi de mal avec la pensée ? Qu’une fonction humaine, qu’une capacité que nous possédons, pas elle qui nous possède après tout. Pensons-y. Jusqu’à épuisement et alors, le coeur reprendra le dessus.

Pensons jusqu’au vide, remontons le fil de la pensée jusqu’à sa source.

La question – et la réponse – ne consiste peut-être alors qu’à équilibrer la tête et le coeur ?

Et à ne pas être trop dur sur soi.

Osho sur la question:

I A : TREMBLER OU PAS ?

Mon ami Yusuf a passé ma plus récente chronique l’autre jour à l’analyse de ChatGPT. On n’arrête pas le progrès comme on dit.

Pour certains cette technologie est à craindre, pour d’autres c’est l’avenir.

Et entre les deux, pour nous pauvres mortel(le)s méconnaisssant(e)s et peu calé(e)s, on regarde ça évoluer et on se dit qu’on verra bien. Mais à voir les utilisations qui ont résulté des trouvailles du passé, on doit se garder une ptite gêne.

Cette chronique-ci:
https://atisupino.com/2023/04/13/accueillir-linconnu/

Et voici l’analyse qu’en a fait la machine:

L’article aborde l’idée d’accueillir l’inconnu dans la vie comme un choix et une attitude qui peut transformer la vie en une aventure excitante.

L’auteur – c’est moi ça 😉 note de la vraie personne – souligne qu’il n’y a pas de chemin ou d’instructions préétablis pour la vie, et qu’il appartient à chaque individu d’expérimenter et de trouver ce qui fonctionne pour lui.

Il encourage à garder un cœur ouvert et à embrasser la vulnérabilité comme la seule façon de recevoir véritablement et de suivre les défis et les opportunités de la vie.

L’article suggère de prendre les choses une étape à la fois, en faisant confiance à ce que chaque pas mènera au suivant, et finira par apporter de la clarté à ce qui peut sembler confus au départ.

L’auteur conseille de rester présent et concentré sur le moment pour mieux comprendre le parcours de la vie.

Voici 10 conseils directement liés à l’article :

1- Accueillez l’inconnu comme si vous l’aviez choisi.

2- Soyez prêt à tout, comme à n’importe quoi.

3- Gardez un cœur ouvert et faites preuve de vulnérabilité.

4- Ne cherchez pas un chemin ou des instructions pré-établis pour votre vie.

5- Investiguez et expérimentez pour trouver ce qui fonctionne pour vous.

6- Coulez avec la vie plutôt que de l’affronter.

7- Vivez chaque moment en restant présent et en portant attention.

8- Faites un pas à la fois, en ayant foi que le prochain sera le bon.

9- Surmontez l’adversité et la résistance lorsque cela est nécessaire.

10- Faites confiance à la vie pour vous guider à bon port.


ACCUEILLIR L’INCONNU

Accueille l’inconnu comme si tu l’avais choisi,
sans chemin ni instructions,
avec un coeur ouvert et vulnérabilité,

la confusion présumée est remplacée par la clarté.

– Anu Mullick Kaul

Accueille l’inconnu comme si tu l’avais choisi

Un des seuls choix que l’on a dans la vie que celui d’accueillir l’inconnu comme si on l’avait choisi. La vie, un choix, une attitude, une décision qui vient faire passer la vie de poids à excitation, aventure. Car que ça la vie au fond, de l’inconnu, un mystère. On peut bien faire des plans, car parfois il le faut, pour donner un élan, mais toujours il nous faut être prêt à tout, comme à n’importe quoi.

Car ça au fond la vie, tout comme n’importe quoi.

sans chemin ni instructions

Ça aussi une autre évidence de la vie: aucun chemin n’est tracé pour nous d’avance, à moins qu’on décide d’emprunter ceux des autres. Ni instructions, à part peut-être quelques règles d’hygiène et de savoir vivre fondamentales qui varient selon les individus et les périodes de vie. On peut chercher, investiguer et expérimenter afin de trouver ce qui fonctionne et correspond à soi.

avec un coeur ouvert et vulnérabilité…

Quoi faire d’autre que de garder le coeur ouvert et faire preuve de vulnérabilité ? En effet, comment recevoir la vie autrement ? Car on n’affronte pas la vie, on coule avec elle, on la surfe. Parfois, on vit de l’adversité et on doit vaincre, surmonter une certaine résistance. Aussi ça la vie.

Quand on nous offre du velours, on s’y frotte, et quand c’est du papier sablé, on s’y polit. Et chaque chose en son temps.

la confusion présumée est remplacée par la clarté.

Quand on ne sait pas où l’on s’en va et qu’on ne voit pas loin, faisons un pas à la fois. Chaque pas dans la foi que le prochain sera la bon, et arrivera de lui-même, que la vie nous guidera à bon port. Et ainsi, ce qui semble confus devient lentement et graduellement plus clair. Comme la boue qui se dépose au fond pour permettre à l’eau de se clarifier. Avec le temps, dans le temps.

Chaque moment, chaque pas est toujours clair par lui-même, en lui-même, à court terme. Suffit de ramener le focus. Et de porter attention.

FOND DU MENTAL

Le mental possède deux qualités : Celle qui ne fonctionne que dans le moment présent et l’autre qui roule à vide, toujours soit dans le passé ou dans l’avenir, mais jamais dans le moment présent.

– Ramesh S. Balsekar

Ah ce cher mental. Moteur de la pensée, filtre du flot pensant, contenant temporaire et véhicule par lequel passe les pensées.

Monumental, fondamental, menu mental qui prend parfois toute la place.

Eh mental. Avec ou sans trous de conscience.

Toujours actif le mental. Au réveil, en veille, comme dans le sommeil, d’où nos rêves.

Parfois présent, les deux pieds dans le grand now, alors créatif, inspiré et connecté au réel, avec CE moment. Mais aussi souvent passéiste, à ressasser vieux et bons ou mauvais souvenirs, ou en avance sur lui-même à se projeter dans un avenir qui n’est pas encore, et qui ne sera probablement jamais. Et souvent inquiétant.

Le terme anglais Mind, que l’on traduit parfois par esprit, mental, cerveau, intelligence, et conscience même, porte en lui-même à confusion de par sa propre détermination. On parle de quelque chose de central dans notre vie dans même savoir ce en quoi il consiste.

On définit parfois le mental comme : l’élément d’une personne qui lui permet d’être conscient du monde et de ses expériences, de penser et de ressentir; la faculté de conscience et de pensée. On l’associe souvent au cerveau, car c’est dans notre tête qu’il bourdonne le plus fort, là, juste derrière nos 3 yeux, mais il est plus que seulement ça. Il touche aussi à la conscience, à la perception du monde, aux sens et à leur interprétation.

Si le mental est un excellent serviteur, il est un pauvre maître, un tyrant même souvent. Pour plusieurs d’entre nous, à l’occasion mais souvent dans des situations extrêmes, il empoigne le volant et c’est alors lui qui mène, lui qui chauffe le char de la conscience.

Rien à faire pour lui résister. Qu’à l’accepter, qu’à l’observer, tenter de ralentir sa course folle qui peut parfois s’emballer quand la vie va trop vite. Et respirer, lentement mais sûrement, consciemment. Car la respiration permet de le dompter un peu ce cheval sauvage qui peut partir en tous les sens.

Pas mal tout passe par le mental, pas mal tout est modulé par ce super ordinateur central. Alors portons-lui soin et attention.

Et comme on dit en anglais: Never mind, ou pas de souci !

ON PARLE DE PAWK

Dès qu’on dit Jésus, ou Pâques, certain(e)s aiment tout de suite et tout de go réagir et affirmer avec vigueur qu’ils ne croient pas, ni à Jésus, ni à la religion catholique. Parfait.

Mais pas de ça qu’on parle, pas du tout.

On parle surtout d’un symbole de renaissance, de transmutation, du passage de notre tout petit égo séparé du grand tout – et souvent misérable – au plus grand que soi. De la noirceur vers la lumière.

On parle du retour de la lumière – au propre comme au figuré – Hydro compris. D’ailleurs, pensées vers vous, les encore débranché(e)s.

On parle d’espoir, on parle de réunion, on parle d’union. On parle de légèreté, de transcendance, d’évanescence.

On parle du passage de l’humain au divin, de la personne à plus personne, donc tout le monde.

On passe de Je suis à l’esprit Christique qui habite tout, tous et toutes.

Mais, finalement, on ne fait que parler. De ce que l’on ne peut décrire, de ce que l‘on ne peut parler de. On parle pour parler.

Mais au fond, sur terre ici, comme au ciel et dans les cieux, l’idée c’est surtout et seulement de vivre. De s’élever. Et de garder foi en l’humanité, comme en notre divinité.

Et d’arrêter de parler un peu car c’est peut-être surtout par le silence que Pâques se vit.

Aho !

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AU CŒUR DE TOUS LES TRAUMATISMES

Au cœur de tout traumatisme se trouve un terrible sentiment d’isolement, de déconnexion, de solitude.

Suivez votre traumatisme jusqu’à son noyau dévastateur, chers ami(e)s, jusqu’au cœur des ténèbres, et vous rencontrerez inévitablement la blessure de l’abandon, la douleur de toutes les douleurs.

Abandonné(e) par maman, papa. Oublié(e) et incompris du monde. Chassé(e) du ciel et séparé(e) de la Divinité. Séparé(e) de la vie.

Bien sûr, c’est une illusion. Tu n’as jamais été séparé(e) des montagnes, des forêts, des gouttes de diamant de la rosée du matin. Vous n’avez jamais été brisé(e), jamais pourri(e) en votre cœur, jamais séparé(e) de l’Un. Tu as toujours été aimé(e). Le terrible cœur des ténèbres a toujours été votre propre cœur de lumière d’une beauté exquise, si fragile, si puissant, si aimable, si réel.

En fin de compte, les autres ne peuvent pas nous sauver. Chacun(e) de nous est appelé(e) à affronter sa solitude, à plonger au cœur de son traumatisme et à y trouver réconfort et refuge. D’autres peuvent tenir nos mains tremblantes mais ils ne peuvent pas voyager pour nous.

Il n’y a pas de sauveur extérieur, et le mensonge souvent associé à l’amour est qu’un autre être humain – parent, partenaire, gourou ou dieu – peut vous compléter.

Non. Votre complétude réside dans votre cassure. Nous ne pouvons pas nous sauver les un(e)s les autres mais nous pouvons pleurer ensemble, marcher ensemble, partager notre terreur, notre horreur, notre honte, notre espoir et notre crainte.

En marchant dans la forêt à l’aube, nos regards se croisent.

Je reconnais votre désir comme le mien.

L’amour est une reconnaissance.

– Jeff Foster

ENTRE DEUX

Si le vendredi Saint est clairement associé à la mort, et le dimanche de Pâques à la renaissance, la situation du samedi entre les deux est clairement beaucoup moins claire.

Période de flottement, transition, suspension entre deux mondes. Période de gestation, à l’ombre du passé qui n’est plus et de l’avenir encore inconnu à venir. Grande leçon que d’apprendre à soutenir l’incertain et l’incertitude, l’inconnu, l’indécision. Parfois les choses prennent plus de temps que l’on souhaiterait. Aussi ça la vie.

Patience alors, maturation, et plongée en soi. Chaque pas à la fois, chaque dans la foi.

La graine se terre pour germer, l’ours pour refaire ses forces pour le printemps à venir. L’inspiration prend du temps, même si le temps n’est que création humaine. La vie est plutôt cycles, flot, vagues. Et chaque chose en son temps.

Cette année, pensées spéciales vers les gens qui n’ont pas encore de courant, dont les maisons sont menacées d’inondation, dont les réserves de nourriture seront perdues.

Solidarité, empathie, soutien vers vous tous et toutes. En espérant que tout soit rétabli pour demain, passage vers la lumière, la renaissance et l’espoir.

FRAGILE DEVANT LE ROC

On revient d’une semaine passée dans le haut désert de Sedona en Arizona chez notre ami Gordon. Ici, en vrac – avant le verglas car notre pays c’est ça aussi – quelques photos qui, même si elle sont flabbergasting, ne peuvent dire à quel point ces montagnes nous émeuvent et nous bouleversent à l’intérieur. Car en multi dimensions que ça passe, et que ça se passe. Étrange comment toute cette solidité du roc en dehors vient nous ébranler et éveiller tant de fragilité en dedans.

Tant de grandeur en dehors, tant de petitesse en dedans. Et ni dedans ni dehors, l’infini partout, l’indéfini toujours.

Humilité devant tant de beauté, tant de majestuosité, tant de puissance de la nature.

How fragile we are…

L’ESPACE DE SILENCE DANS LEQUEL TOUT EST

Rappelle-toi: tu ne t’en va pas nulle part.
Tout va et vient.
Mais tu n’es pas ce mouvement.
Tu es l’espace silencieux dans lequel tout mouvement se produit.
– Eckart Tolle

Je complète aujourd’hui un programme intensif de raffinement de l’attention et de détox numérique dans le cadre duquel on devait prendre conscience de nos multiples attachements à nos divers outils technos: portables, tablettes et/ou cellulaires. Et/ou car nous sommes nombreux à en posséder plusieurs, une panoplie d’outils conçus pour nous faire sauver du temps. Et qui, finalement, bouffent tout notre temps. Et notre attention ratatinante.

Accro pas à peu près le chroniqueur. Comme vous aussi probablement. Ou pas. Mais fort possiblement, sinon probablement. Comme la plupart d’entre nous je crois bien pouvoir affirmer sans trop me tromper, en particulier si vous me lisez ici et si vous surfez un réseau ou deux. Comme la grande majorité des ados qui vivent la tête dans l’cloud.

En notre époque branchée sans fil, pas évident de ne pas devoir avoir recours aux diverses machines censées nous rendre plus libres. Parfois, la disparition des fils nous attachent encore plus. Maîtres, maîtresses ou esclaves, la frontière est mince.

Je réalise qu’on a beau méditer depuis des années, et penser se connaître, la techno a saboté notre capacité d’attention, comme notre capacité d’introspection. Nous sommes pour la plupart devenu(e)s des extrospecteur/trices, des explorateurs/trices du cyber espace. Perdus dans l’espace. Soyez les bienvenus (clin d’oeil pour les plus vieux/vieilles)

Ce qui nous a amené(e) à vivre de plus en plus dans nos têtes. Souvent au détriment de notre capacité à se sentir soi-même, dans tout son corps, à regarder en soi, et à apprécier le silence et à sentir nos pieds au sol, notre lien à la terre. Nous sommes devenu(e)s la matière à marchander, la viande du meat market numérique. Comme on dit, si c’est gratuit, en fait si ça semble gratuit. c’est probablement que nous sommes la marchandise, le produit à processer.

Quand on entreprend un processus d’examen de nos habitudes numériques, et qu’on se met le nez dedans, on a toujours un choc. Depuis des années, je me coupe de FB l’été pour un certain moment, saison idéale pour faire autre chose que de renifler son écran et tapoter son clavier. Pas trop difficile quand la décision est claire et planifiée. Même si les premiers jours sont parfois inconfortables, on finit par s’habituer et à faire autre chose.

Faire est le terme primordial qui ressort de mon plus récent petit voyage au pays de mes habitudes technologiques. Car si et quand je reste assis à mes machines, collé à ma chaise, je ne fais plus rien d’autre. Je tape, je scrolle, je lis, me divertis, mais jamais pour très longtemps à la fois. Notre capacité d’attention est devenue un champs de mine, quelques secondes puis on va voir ailleurs. Qui réduit toujours de plus en plus.

C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à entreprendre ce défi: j’ai réalisé la semaine dernière que je ne suis plus capable de lire un long texte d’une traite, moi qui s’en est tapé des centaines sinon des milliers il y a une vingtaine d’années dans la rédaction de ma thèse de doc. Et qui a lu des milliers de vrais livres en papier.

Désormais, arrêts multiples et plus capable de m’empêcher d’aller vérifier si j’ai reçu des messages. Jadis Sylvain Lelièvre chantait : ma journée peut pas commencer tant que l’facteur est pas passé. Désormais, le facteur vit dans nos écrans, pour le meilleur, mais souvent pour le pire. Et le facteur est toujours susceptible de sonner. Et de résonner.

J’ai enseigné en ligne pendant des années. J’ai arrêté car je n’en pouvais plus. Et depuis quelques années, je médite en ligne, mon activité préférée en ligne étant justement de ne pas parler en compagnie de mes ami(e)s virtuel(le)s et bien réel(le)s. Ce qui constitue d’ailleurs un excellent antidote à l’éparpillement virtuel et un riche exercice à l’observation de soi. Respirer. Tout simplement.

Cette citation de Tolle constitue mon mantra du moment.

Rappelle-toi: tu ne t’en va pas nulle part.
Toujours moi devant l’écran, sur la chaise, qui regarde l’infini défiler et qui, souvent, s’oublie lui-même. Rappelle-toi. Va voir ailleurs alors. Dans le vrai monde.

Tout va et vient.
Sans cesse, de la nouvelle information, de la data nouvelle apparaît et disparaît. N’oublie pas ce qui regarde en toi. Et sens tes pieds fouler le sol. Ramène ta tête dans ton coeur, ton coeur au ventre, et tes pieds sur terre.

Mais tu n’es pas ce mouvement.
Tu n’es pas l’infini contenu de l’écran défilant, tu es l’observateur/trice qui s’observe lui et elle même observant.

Tu es l’espace silencieux dans lequel tout mouvement se produit.
Et tout ce que tu vois est perçu par une présence consciente et neutre, qui ne juge pas, qui n’accroche sur rien d’autre que l’infinie présence qui observe, le flot. Et l’observé, et l’observateur/trice, et l’observation.

Il n’y a pas de fin à ce que nos écrans nous présentent, affichent et font dérouler sans cesse devant nos yeux, et le reste. On n’a plus besoin d’aller nulle part, désormais le monde vient à nous sans cesse, une capture d’écran à la fois. Truffé de stimuli pour tenter de nous harponner, de nous accrocher. Comme dans accro. Le but du capitalisme est justement de nous rendre accros, de nous séduire, de nous amener à faire défiler sans arrêt, et ultimement à cliquer pour acheter.

On ne pourra probablement plus vivre sans la techno désormais, il nous reste donc à apprendre à l’utiliser sans qu’elle nous utilise, à en devenir maîtres et maîtresses plutôt qu’esclaves. Beau défi.

Pour le moment, je m’évade et je pars marcher dans le désert. Naturel comme numérique.

DE L’AIDE DE L’AU-DELÀ

On a beau ne pas croire en Dieu, ou en toute autre forme de puissance supérieure, inférieure ou intérieure.

On a beau être un(e) matérialiste pur et dur, un(e) adepte du si je ne le vois pas je ne le crois pas. Un disciple de Thomas.

Mais plusieurs personnes sont persuadées que si on demande sincèrement de l’aide à l’au-delà, à là-haut, d’ailleurs ou de n’importe d’où, on le recevra. Demander c’est déjà recevoir. Demander c’est s’ouvrir.

Drôle car ce sont habituellement des gens qui ne croient pas et qui ne demandent pas qui vous diront que tout cela n’est que foutaise. Évidemment que si on n’y croit pas, on ne demandera pas, et donc si on ne demande pas, on ne recevra rien non plus. Quoi que certain(e)s, tous et toutes en fait on reçoit beaucoup, reçoivent sans demander quoi que ce soit. Rien de précis du moins. Nous avons tous et toutes reçu une parcelle de vie, et ça c’est déjà beaucoup. C’est tout même.

Mais je crois que le seul fait de demander, que ce soit protection, aide, soutien, support, nommez-le comme vous voulez, ou ne nommez-le pas, apporte une certaine ouverture, une ouverture certaine, une vulnérabilité, une possibilité de recevoir. Ouverture de coeur et d’esprit invite réception. Que ce soit ce que l’on a demandé, ou autre chose, ce que l’on a plus besoin probablement.

Je crois aussi que le seul fait d’apprécier la chance que l’on a de vivre, de vivre ici en particulier où les conditions de vie sont plutôt aisées, où l’air est bon, où la paix règne, nous permet de mieux goûter le privilège que l’on a.

Car nous sommes des privilégié(e)s, ceci est un fait incontestable. Pas de guerre (extérieure du moins), assez d’air pur à respirer, d’eau fraîche à boire et de nourriture à manger, la plupart avec un toit (qui, oui, coûte de plus en plus cher, c’est un fait), un État (imparfait, bien sûr, et qu’on aime tant critiquer) soutenant et gratuit offrant un filet de sécurité minimal pour la plupart d’entre nous. Si on se plaint, et on le fait tous et toutes, on le fait le ventre plein et bien dodu(e). Plusieurs nous envient. Et pour cause.

Mais même dans un contexte aussi favorisé que le nôtre, certain(e)s souffrent tout de même: physiquement, psychiquement, émotionnellement, spirituellement, mentalement. Et dans ce cas, l’extérieur disparait. Pensées vers eux et elles. Le cas de quelques personnes autour de moi ces temps-ci. Impuissance et empathie.

Que l’on croit en Dieu (peu importe sa forme ou son nom), en une présence unificatrice, en la sagesse de la Nature, en la bonté humaine, ou en une forme d’intelligence quelconque, ou que l’on n’y croit pas ou que l’on croit en rien, on ne peut nier que quelque chose doit tenir tout ceci ensemble. Le soleil se lève à chaque jour.

Et croire est seulement une possibilité, pas une certitude. On a beau croire, ou pas, on verra bien un jour. Ou pas. In doubt we trust. Croire simplement que tout est possible.

Le fait de croire ne garantit rien, mais permet tout au moins une ouverture. Et on a beau croire en quelque chose de plus grand que soi, le gros du travail de solidarité nous appartient à nous êtres humains de par le monde. Une job de bras. Et de coeur.

Et moi j’aime croire qu’en dépit des multiples histoires négatives qu’on nous présente sur tous les écrans d’un peu partout, la plupart des êtres humains sont des gens bons, de bonnes personnes, avec un coeur sur la main, et du coeur au ventre, prenant soin de leurs enfants, leur parents et de leurs proches.

Merci Dieu – ou la vie, l’existence ou tout autre terme que vous préférez,
pour tout ce que j’ai.
J’ai confiance en toi (ou en ça) pour obtenir tout ce que j’ai besoin, et je te remercie de m’allouer une autre journée à vivre.
Amen !

UNE CERTAINE IDÉE D’UN INCERTAIN SOI

Il n’existe pas de soi à comprendre, seulement l’idée qui crée le soi.
– J. Krishnamurti

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Vous ne venez de nulle part, vous n’allez nulle part, vous êtes l’être intemporel et vous êtes pure Conscience. C’est en vous imaginant séparé que vous avez crée le fossé. Abandonnez l’idée que vous êtes ce que vous pensez et il n’y aura plus de fossé. Tout est vous, tout est vôtre. Il n’y a personne d’autre… C’est un fait. – Nisargadatta
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Tous et toutes, chacun chacune, nous sommes tellement centré(e)s sur notre petite personne. Le monde et l’univers entier tourne autour de notre de petit nombril individuel (plus ou moins sec). Moi moi moi, ET le monde. Soit. Ainsi soit-il. Ou peut-être pas. Le monde en moi ?

Nous pensons que lorsque nous prions Dieu, il – ou elle ou ielle ou ça – nous écoute et nous entend et répondra éventuellement à nos demandes, commandes et intentions. Certain(e) aiment penser qu’il n’y a pas de hasard et que tout est déjà planifié et décidé. Le grand plan divin. Que lorsque quelque chose arrive, ça suit un certain plan pré-déterminé, celui de l’Ordre des choses.

OK, belle croyance, mais croyance quand même. Et peut-être seulement ça, qu’une simple croyance, un peu simpliste aussi. Gardons-nous une ptite gêne alors.

Pourtant, probablement plus plausible que la réalité ressemble davantage à quelque chose comme ça :

Moi: L’univers a quelque chose de planifié pour moi.
L’Univers: je ne te connais même pas.

Pensons-nous vraiment que quelqu’un ou quelque chose up there nous connait et nous reconnait ? Pensons-nous vraiment qu’une telle chose qu’un Soi/soi existe en notre corps ? Que ce soit avec un petit s ou un grand S.

Malgré le doute, j’aime bien l’idée que quelque chose de plus grand que moi me protège et veille sur moi. Ça me rassure. Belle idée. Mais qu’une idée. Comme le soi.

L’idée que nous ne sommes RIEN est terrifiante pour certaines personnes. Alors on s’efforce d’être quelqu’un, de devenir quelque chose. Et on y met beaucoup d’énergie, et de soin, et de fioritures. Et on s’attache à ces ptites bibittes-là.

Comme on en jasait hier ici autour des mots de Jung (https://atisupino.com/2023/03/22/tous-et-toutes-egos-en-cette-vie/), on passe la première moitié de sa vie à se forger un égo solide (qui n’est de toute façon jamais vraiment solide car tout égo n’est qu’une création vacillante dit-on) alors qu’on passe la seconde moitié de notre existence à vouloir s’en débarrasser (ou du moins à en sortir, ou du moins s’en dégager un peu).

Pas si simple la vie humaine.

Car ce qui veut disparaître – l’égo, le soi, le Dieu intérieur ou peu importe le nom qu’on choisit pour nommer l’innommable mystère – qui, en premier lieu n’existerait même pas, pas vraiment du moins – ne fait que penser vouloir disparaître.

Car dès que la vie nous menace dans l’existence fondamentale de qui nous pensons être en tant que petit conglomérat humain mobile incarné formé de poussière d’étoiles, nous résistons, nous chokons. En situation d’incertitude et de grand doute, nous revenons vite à nos vieilles croyances, nos vieilles pantoufles d’habitudes. Nous resserrons nos mains sur le volant en affirmant nous en remettre à une puissance Divine ou Supérieure, au Grand Pilote automatique Divin.

Nous sommes de drôles de petits dieux et déesses vous et moi.

Si on pouvait seulement accepter que nous ne savons à peu près rien, ni du Grand Plan, ni de Dieu, ni de soi, petit ou grand S.

Si nous pouvions seulement accepter qu’il nous faille apprendre à faire confiance et à développer la Foi – en quoi ? – sans toujours chercher à savoir, ou penser savoir.

Vivre la tête dans le doute, le coeur grand ouvert et les deux pieds dans la foi.

Au fond, et en ce sens j’apprécie la lucidité de Krishnamurti, nous ne sommes probablement qu’une graine de vie, qu’une idée d’un soi quelconque. Une illusion de quelque chose qui existe séparémment de tout le reste. Avec chacun chacune notre propre définition, notre propre conception de ce qu’un Soi/soi peut être ou représenter, que ce soit avec un petit s, ou grand.

En soi 😉 le concept, ou l’idée d’un soi, pour reprendre les mots de K, un Soi avec un S majuscule est encore plus dérisoire. On comprend que ça veut signifier la présence du Divin en notre corps mais en réalité, c’est probablement l’égo qui s’en accapare de la majusculinité. En fait c’est l’Égo qui s’orne toujours d’un É majuscule. Lui qui triche et s’affuble bien souvent d’une identité divine. Le petit Roi avec un R majuscule.

Et en même temps, et entre-temps, pour le moment, nous ne sommes que des petits bonhommes et de petites bonnes femmes, cherchant notre place dans le grand Jeu des formes, dans le monde de la matière. Encore mûs et mûes par d’innombrables besoins et instincts, quelque part entre la réalité animale et celle humaine, à définir et à investiguer par le biais d’expériences humaines qui nous semblent bien concrètes quand nous les vivons. Et pourtant dit-on.

Nous ne serions qu’une idée créant un soi ?

Let’s find out.
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L’humilité est le symbole de la noblesse.
– Mestre Conselheiro Luiz Mendes