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ÉCRITS ET CHUCHOTEMENTS

Écrire ou garder le silence ? Telle est l’une des innombrables questions de la vie.

Si le silence est un ami qui ne trahit jamais, pourquoi les mots alors ? Et qu’est-ce qu’écrire ? J’aime ces mots de Bobin:

Avoir une haute conscience de soi-même mais aussi avoir conscience que nous ne sommes pas à la hauteur, et que l’on y a jamais été. Et que l’on n’y sera jamais ? Peut-être justement à moins de garder le silence, cet ami qui ne trahit jamais.

Mais si je gardais le silence justement, comment pourrais-vous rejoindre ?

Comme je le fais avec mes ami(e)s du silence de la Tribu justement.

Pas de mots, pas de risque d’incompréhension. Que le silence commun, et de chacun(e), que légèrement brouillé par les bruits de nos mentaux divers (un mental – des mentaux). Et tombe la neige.

Donc écrire ou garder le silence ?

Peut-être qu’un entre-deux consiste à écrire en chuchotant, à doigts feutrés, à clavier étouffé, en écrivant tout bas et usant de mots du haut de son coeur. Écrire à petite échelle, en circuit fermé et grand ouvert.

Écrire pour dire ce qui ne peut se dire, ce qui ne peut être dit, du moins tenter de dire sans se dédire dans un dédale de mots. Dire ce que dire ne peut dire. Alors l’écrire.

Écrire pour tendre une perche, écrire pour faire savoir au monde, son monde, notre monde, qu’on le voit, qu’on le sent et le ressent. Lui dire qu’il est ici, là, ici-bas. Comme de là-haut.

Écrire non pas pour dire, mais davantage dédire ses propres croyances, pour partager ses doutes et ses questionnements, pour ouvrir la réflexion, pour réfléchir et faire fléchir nos certitudes.

Écrire en vain, écrire pour rien, car écrire ou pas, rien ne se dit vraiment jamais, comme ces petits rien qui ne se créent ni ne se perdent. Les dires des un(e)s résonnent dans les oreilles des autres alors que mes écrits sont juste ici devant vos yeux. Mais que peuvent-ils dire, que veulent-ils dire ? Grand mystère. Que même moi j’ignore.

Et ci-bas, quelques beaux mots d’autrui.

Car les miens ou ceux des autres, les mots sont universels tandis que c’est le silence qui prime. Et si le silence ne trahit jamais, les mots se paient notre tête, se paient la traite, et finalement battent en retraite.

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 Je préfère écrire un post que 10 personnes ont besoin de lire, qu’un post que 1000 personnes veulent me voir écrire.
Ce que j’essaie d’accomplir, par le pouvoir des mots, c’est avant tout de faire réfléchir.
Je pense que les mots sont sacrés.
Ils méritent le respect.
Entendre le mal, le commérage, un mensonge, une exagération et l’appeler bon, c’est se moquer de soi-même.
Pire encore, cela rend la vérité dénuée de sens.
Si vous dites les bons mots, dans le bon ordre, vous donnez un petit coup de pouce à l’humanité.
Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’un seul mot.
Un mot mal interprété, peut changer le sens d’une phrase entière.
Nous ne pouvons pas contrôler la façon dont les gens interprètent nos idées ou nos pensées, mais nous pouvons contrôler les mots et les tons que nous choisissons pour les transmettre.
Il existe, pour chacun de nous une phrase, une suite de mots, qui a le pouvoir de guérir.
Un mot juste, ou un mot gentil, peut accorder la paix intérieure et apporter un réconfort instantané aux cœurs les plus meurtris.

– Rick Hughes via Samano

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Voici 10 vérités brutales que chaque personne a besoin d’entendre.

  1. Tu vas mourir et tu ne sais pas quand. Alors arrête de prétendre que tu es invincible. Reconnais le fait de ta propre mortalité, puis commence à structurer ta vie de manière plus significative.
  2. Ta richesse matérielle ne fera pas de toi une meilleure personne ou quelqu’un de plus heureux. Même si tu fais partie des chanceux qui réalisent leurs rêves matérialistes, l’argent ne fait qu’amplifier ce qui était déjà présent.
  3. Ton obsession à trouver le bonheur est ce qui empêche sa réalisation.
    Le bonheur est toujours présent dans ta vie – ce n’est qu’une question de s’y connecter et de lui permettre de circuler à travers toi, ce qui est difficile.
  4. Donner de l’argent compte moins que de donner du temps. Donner de ton temps est un moyen de changer ta perception et de créer un souvenir pour toi et les autres qui durera pour toujours.
  5. Tu ne peux pas rendre tout le monde heureux, et si tu essaies, tu y perdras. Arrête d’essayer de plaire et commence à respecter tes valeurs, tes principes et ton autonomie.
  6. Tes réalisations et tes succès n’auront aucune importance sur ton lit de mort. Lorsque ton temps sera venu de passer à une autre réalité, tu ne penseras plus à celle-ci ; tu penseras aux relations que tu auras établies, alors commence à agir en conséquence.
  7. Ton talent ne signifie rien sans un effort et une pratique constants. Certaines des personnes les plus talentueuses au monde ne quittent jamais le sous-sol de leurs parents.
  8. Personne ne se soucie de la difficulté de ta vie et tu es l’auteur de l’histoire de ta vie.
    Arrête de chercher des gens pour te donner de la sympathie et commence à créer l’histoire de la vie que tu veux lire.
  9. Investir en soi n’est pas égoïste. C’est la chose la plus valable que tu puisses faire.
    Tu dois mettre ton propre masque à gaz pour sauver la personne assise juste à côté de toi.
  10. Le temps est ton atout le plus précieux – tu dois hiérarchiser la façon dont tu le dépenseras. Tu as le pouvoir et la responsabilité de décider ce que tu fais avec le temps dont tu disposes, alors choisis judicieusement.

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Et les mots, même quand ils boitent.

Mr. Bean (Rowan Atkinson) – L’histoire de l’homme qui n’a jamais abandonné ses rêves.

Rowan Atkinson est né dans une famille de la classe moyenne et a terriblement souffert dans son enfance à cause de son bégaiement. Il a également été taquiné et intimidé à l’école à cause de son apparence. Ses agresseurs pensaient qu’il ressemblait à un extraterrestre. Il a rapidement été marqué comme un étrange et est devenu un enfant très timide et renfermé qui n’avait pas beaucoup d’amis, alors il s’est plongé dans la science, a déclaré l’un de ses professeurs. Il n’y avait rien d’exceptionnel chez lui. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit un scientifique brillant, mais il a prouvé que tout le monde avait tort. Admis à l’Université d’Oxford pendant ses jours, il a commencé à tomber amoureux du théâtre mais n’a pas pu jouer en raison de son trouble de la parole. il a obtenu sa maîtrise en génie électrique avant d’apparaître dans un film ou une émission de télévision après avoir obtenu son diplôme, il a décidé de poursuivre son rêve et de devenir acteur alors il s’est inscrit dans un groupe de comédie mais encore une fois, son bégaiement l’a gêné.

Beaucoup d’émissions de télévision l’ont rejeté, et il s’est senti dévasté, mais malgré les nombreux rejets. Il n’a jamais cessé de croire en lui. Il avait une grande passion pour faire rire les gens et savait qu’il était très doué pour ça. il a commencé à se concentrer de plus en plus sur ses sketches comiques originaux et s’est vite rendu compte qu’il pouvait parler couramment chaque fois qu’il jouait un personnage. il a trouvé un moyen de surmonter son bégaiement et il a également utilisé une source d’inspiration pour son jeu d’acteur. Alors qu’il étudiait pour son maître, Rowan Atkinson a co-créé le personnage étrange, surréaliste et maintenant parlant connu sous le nom de M. Bean.

Il a eu du succès avec d’autres émissions, Mr. Bean l’a rendu mondialement célèbre et malgré tous les obstacles, il a dû faire face à cause de son apparence et de son trouble de la parole, il a prouvé que même sans un corps héroïque ou un visage hollywoodien, on peut devenir l’un des acteurs les plus aimés et respectés au monde. L’histoire de la réussite motivante de Rowan Atkinson. C’est tellement inspirant parce que cela enseigne que pour réussir dans la vie, les choses les plus importantes sont la passion, le travail acharné, le dévouement et ne jamais abandonner, car sans se soucier de nos sentiments et de nos faiblesses.

Morale de l’histoire:
Personne ne naît parfait. N’ayez pas peur. Les gens peuvent accomplir des choses incroyables chaque jour malgré leurs faiblesses et leurs échecs. Alors allez-y et faites de votre mieux avec la seule vie que vous avez.

S’AIMER D’AMOUR SEMER L’AMOUR

Dès que tu t’aimeras, tout coulera naturellement en toi et vers toi.

La chose la plus essentielle pour nous, coeurs humains, s’aimer soi-même, est possiblement l’une des tâches les plus difficiles à accomplir et réaliser. La job d’une vie. Jamais finie, jamais complète. L’amour est un never ending story, une histoire sans fin. On peut avoir du succès, faire fortune, être reconnu(e), mais sans amour, tout tombe dans le vide, rien ne se dépose. Et on continue à courir.

Ah s’aimer. Semer de l’amour en soi. De l’amour en soie. Doux doux amour. Pour ensuite le laisser s’expandre, se répandre, grandir et s’agrandir, contaminer le monde, surtout celui autour de soi, le laisser couler de soi, en soi comme autour. Être généreux de notre amour. Car l’amour ne se contente pas de peu. L’amour est gourmand, et gourmet, l’amour voit grand, et guérit tout.

Il ne reste qu’à le définir, et à le laisser nous définir. Jamais fini l’amour, qu’une source fluide et incessante.

Fou de même la vie. S’aimer, qui devrait pourtant être si simple et naturel, constitue tout un apprentissage, possiblement le plus grand des défis de notre humanité. Une histoire sans fin, mais avec de plus en plus de finesse. Fin fin l’amour.

Ce monde remplit de guerres, de haine, de heurts. Finalement qu’une grande quête d’amour. Pas un amour de quêteux, un amour généreux, un amour chaleureux. Un amour qui se cherche. Et qui nous trouve, si on se laisse faire.

On dit qu’on ne peut aimer autrui davantage qu’on s’aime soi-même. Alors on doit commencer là où sont posés nos pieds, là où repose notre coeur.

Certain(e)s semblent s’aimer mais n’aiment qu’eux-mêmes. Ils/elles s’aiment beaucoup beaucoup. Amour vide, amour en forme de cercle, vicieux. L’amour doit voyager.

Sans aimer les autres, et surtout en prendre soin, cet amour est vain. L’amour, s’il ne peut grandir et s’extasier dans le monde entier, s’il ne peut s’exprimer sans conditions, n’est pas de l’amour, c’est de la peur, c’est du manque, qu’un remplissage inefficace et incessant du vide intérieur.

En effet, on ne peut aimer davantage autrui que l’on ne s’aime soi-même. Alors il faut donc commencer par soi. Mais ça ne peut et ne doit se terminer là car sinon incomplet, immature cet amour.

Aimez-vous les un(e)s les autres disait notre ami Jésus. En premier lieu, il y a le aimez-vous. Et ensuite seulement les un(e)s les autres. Aimez-vous en vous-même et entre vous. Laissez l’amour aimer. Laissons l’amour rimer avec toujours.

On dit aussi que le contraire de l’amour n’est pas la haine, c’est la peur. Parait que l’amour et la haine ne sont qu’une même et seule énergie.

On dit aussi que les autres ne sont que nous des nous-mêmes, mais à l’extérieur de soi. Un miroir, une occasion de se voir et d’apprendre à aimer sans condition.

Ah l’amour, quel terrain de jeu, et d’apprentissage. Apprentie sagesse.

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Lorsque vous détestez, vous générez une haine réciproque.
Lorsque des individus se haïssent, le mal est limité; mais lorsque de grands groupes de nations se haïssent, le mal peut être infini et absolu.
Ne retombez pas dans l’idée que ceux que vous haïssez méritent d’être haïs.
Je ne sais pas si quelqu’un mérite d’être haï, mais je sais que la haine de ceux que nous croyons être mauvais n’est pas ce qui rachètera l’humanité.

– Bertrand Russell, Human Society in Ethics and Politics (1954).

PAS CAPABLE EST MORT

Tout est possible quand tu ne sais pas de quoi tu parles. – Vince le gars des signes 😉

Lorsqu’on était petits, on nous disait pas capable est mort. Quand on dit ça, on dit presque pas possible est impossible.

Et dans le courant de la nouvelle pop psychologie coach de vie rosy rosy, on nous dit encore la même chose: sois clair(e) à propos de ton intention, fonce et tu ne peux pas ne pas y arriver. Le rêve américain et autres balivernes fun fun fun à croire.

Mais la vie est plus ordinaire que ça. Elle est extra ordinaire même. Extra comme dans ultra ordinaire, plain, pas d’extras, terre à terre.

Oh oui, parfois, de petits miracles se produisent, mais souvent, pas. La plupart du temps, la vie fais simplement sa job de ptite vie. On doit se lever chaque matin, négocier avec nos besoins et contraintes corporels, et faire notre job d’humain(e) au meilleur de nos connaissances et nos capacités.

On peut appeller ça notre jeu d’humain(e) aussi si on veut. Car oui on joue un rôle ici-bas, et la vie est une grande pièce de théâââtre. Parfois une comédie, parfois une tragédie, et souvent tout bonnement un simple film de série B ben ben ordinaire. La ptite vie quoi.

Pourtant, c’est là, juste ici, dans notre quotidien ben ben ordinaire que réside notre extra ordinaire magie d’humain(e). Là que réside notre pouvoir et notre capacité de transformer notre vie en quelque chose d’unique, d’excitant, de toujours frais, malgré que certaines choses qu’on désire fortement n’arriveront jamais, qu’on le veuille fort fort fort, ou un peu moins.

Comme on dit, tout ce qui doit arriver va arriver, peu importe ce qu’on fait pour l’empêcher, et tout ce qui ne doit pas arriver n’arrivera pas peu importe ce qu’on fait pour que ça arrive. Plus simple que ça, pas mal extra ordinaire hein ?

Car on a beau nous dire que tout est possible, que quand on veut on peut, qu’impossible est mort et tout ce beau tralala new age prôné par le livre le Secret (vendu à des millions d’exemplaires !) et la marchandise extraordinaire vantée par les agences de pub et sponsorisée sur les réseaux asociaux, la vie est tout à fait ordinairement ordinaire. Et très limitée et conditionnée par notre corporalité. Ainsi que par notre budget, de plus en plus limité on dirait. Mêmes les gros riches ne sont pas toujours extatiques malgré leurs gras bidous. Les bidous n’achètent pas tout.

Parlant des réseaux asociaux, ceux-ci nous ont permis de découvrir de nombreux sans génies qui peuvent facilement régler tous les problèmes de l’humanité en un tout petit coup de clavier. Tac tac tac et le tour est joué. Clairement, Vince, le gars des signes a raison : Tout est possible quand tu ne sais pas de quoi tu parles. Alors continuons, et parle parle jazz jazz.

La vie est extra ordinaire, limitée dans ses manifestation et nos désirs qui, pour la plupart, ne dépasseront jamais ce stade et resteront à tout jamais que désirs innassouvis. Nice to watch.

J’aime croire qu’il y a une certaine justice en ce bas monde, quoi que peut-être pas une justice certaine. Malgré de grossières apparentes injustices dont certains souffrent plus que d’autres, et nous sommes parmi les privilégié(e)s des privilégié(e)s ne l’oublions pas, nous avons le pouvoir de faire ce que l’on veut – ou peut pour certain(e)s mais au fond la même chose dit-on- de ce que la vie nous donne.

J’ai rencontré des gens riches très malheureux malgré leur épais coussins de bidous, et des très pauvres dans des pays du sud avec un sourire comme on en voit rarement et très peu ici dans nos pays riches. Je crois d’ailleurs avoir lu quelque part qu’un prêtre qui avait travaillé dans les bidonvilles en Afrique pendant des années avait décidé d’y retourner aussitôt son retour à Paris quand il avait vu la mauvaise humeur généralisée qui y régnait. Cash n’égale pas bonheur.

Non tout n’est pas possible. Impossible est bel et bien vivant.

Même pas certain qu’on réussira à sauver la race humaine. Pour la planète, je n’ai pas trop de crainte. Elle va sûrement nous survivre, nous engloutir quand elle en aura assez de nos niaiseries, pour un temps du moins car elle aussi disparaîtra comme tout le reste de ce qui semble exister. Nous, les humain(e)s, ne sommes clairement pas les plus brillants de la création. Malgré certains traits de génie qu’on voit éclore une fois de temps en temps. Mais pour notre survie en tant que groupe ? voyons voir.

Si tout n’est pas possible, espérons que nous saurons nous réveiller à temps. Avant qu’il ne soit trop tard.

Avons-nous été assez bons et bonnes ?

L’avenir nous le dira. Ou le père Noël.

Mais en effet, définissons bon.

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Fernand Dansereau, par JoBlo, sur l’extra ordinarité de la vie

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/774838/chronique-retrouver-l-esperance?fbclid=IwAR3H5pBNa3LsbKkhGDn_0dxOL_OeLWt64zcXc_PER9cXCPOMi-8zpydf_pY

SI TU FAIS LE MAL, FAIS LE BIEN

Nous sommes présumément ici sur terre pour faire le bien. Du moins, pour faire du mieux qu’on peut, pour aider son prochain, et sa prochaine, pour contribuer au bien du plus grand nombre.

C’est le message de Jésus, comme celui de plusieurs autres maîtres et maîtresses, enseignant(e)s. Devenir plus conscient(e) pour être en mesure de contribuer à faire de ce monde un monde meilleur, plus juste et équitable, plus éclairé de la lumière de chacun(e).

Mais le bien de l’un(e) n’est pas nécessairement le bien de l’autre.

Certains(e)s veulent servir le bien public, d’autres se servir du bien public (à leurs propres fins), ou d’autres encore veulent se servir dans le bien public, comme si c’était un buffet à volonté.

Le bien et le mal sont deux concepts à géométries très très variables.

Tuer quelqu’un est, dans l’absolu, mal. Mais tuer quelqu’un qui s’apprête à en tuer 100 autres est bien. Bien, et mieux, comme moindre mal. Tout est question de contexte. Chaque geste doit être remis en contexte. D’où la difficulté d’analyser le passé avec nos yeux et nos valeurs de contemporains. Le bien et le mal vieillissent mal.

Les deux concepts phares qui représentent le mieux la dualité dans laquelle nous, humain(e)s incarné(e)s dans des corps physiques, sommes appelés à vivre – et éventuellement transcender – sont justement le bien et le mal.

Comme notamment dedans ou dehors, noir et blanc, ceci ou cela, la tête ou le coeur, la raison ou la passion, l’oeuf ou la poule, crémeuse ou traditionnelle. Voilà notre réalité la plupart du temps. Dans laquelle on doit faire des choix.

Découle de cette dualité le fait que nous nous percevons séparé(e)s du Tout. Moi et le monde. Le monde et moi. Notre plus grand problème réside là.

Ainsi, les riches en veulent toujours plus pour eux-mêmes, et leurs proches, au détriment du plus grand nombre qui, eux, nous, peinent à arriver. L’avarice n’a pas de limite et ne se satisfait jamais, à part d’elle-même. Comme la grenouille qui veut bouffer le boeuf. Pourtant, tant qu’on a un toit, un peu de nourriture et de la chaleur, qu’elle soit humaine ou calorifique, c’est déjà beaucoup. Plus que ça ? C’est du luxe.

Peut-être que l’idée consiste à explorer au-delà du bien OU du mal ? Et de considérer remplacer le OU par le & comme dans le bien & le mal, eux/elles & nous, moi & les autres. Pour éventuellement passer du je au nous.

Car au fond il n’y a que du nous dans la vie. Du mou et du nous. Nous ne sommes pas une île isolée. Et même si nous l’étions, toutes les îles ont des ailes et font partie du tout. Flyé !

Et vous, avez-vous été un bon garçon cette année ? Une bonne fille ?

Car désormais, on peut même même un garçon & une fille, un peu des deux en même temps.

Comme il est possible d’être un bon bad boy ou une bonne bad girl.

Moins simple qu’avant la vie hein Père Noël ?

En tous cas, la vie est telle quelle, telle qu’elle est, & tout aussi bonne, & encore mieux.

VIVE LES PLUS AGÉ(E)S

Ce que les ainé(e)s voient assis, nous ne pouvons même pas l’apercevoir debout sur la pointe de nos pieds.
– Proverbe ancien

On méprise tant les gens qui sont passé(e)s ici avant nous. C’est probablement ce qui cloche le plus avec notre superficielle société actuelle qui n’en a que pour la jeunesse, le paraître et le faire, le besoin d’être vu pour (penser) exister, comme le succès et la performance.

On case nos vieux dans des hospices, des CHSLD et autres acronymes technocratiques car on ne peut ni ne veut s’occuper d’eux et d’elles. Pourtant. Ce sont eux et elles qui ont fait en sorte qu’on vive ici dans la ouatte en ce moment. Ouatte de fuck ?

Après tout ce que nos ancêtres ont traversé pour s’installer ici, et tu doutes de toi ? Comment peux-tu ? Tu es issu(e) d’une lignée de survivant(e)s qui ne doit pas être remise en question.

Espérons que, lorsque les temps durs vont frapper le ventilateur, nous pourrons trouver en nous cette même force qui leur a permis de réussir à fonder ce pays, à ouvrir ce lieu, cette société dans laquelle on se complait si souvent et qu’on tient pour acquis. Partout sur la planète, ce sont nos ancêtres qui ont ouvert le chemin. À braver le froid, à vaincre les sécheresses, à gravir les montagnes.

Dans une société guerrière et de compétition, la jeunesse est valorisée. Et souvent le volet masculin prône car la force physique est admirée. Même si ça change, c’est encore le cas. Mais comment élève-t-on nos garçons ?

À voir tous ces scandales sexuels dans le sport, on peut se poser des questions.

Les plus grandes vedettes sont encore en général de jeunes hommes, surpayés et surexposés médiatiquement.

Pendant que la terre agonise et qu’on file droit dans un mur, on se pâme encore pour nos jeunes vedettes mâles, tous sports confondus. Comme dans le monde de la finance et des technos. Musk, Bezos et autres petits gars ben smatts.

Et pendant ce temps, tant de nos vieux et de nos vieilles meurent de faim dans la solitude. On ne peut dire nos ainé(e)s car on ne s’en occupe pas, on les park dans des tours, et on les oublies. Alors qu’on leur doit tout. S’ils et elles étaient des nôtres, on s’en occuperait pour de vrai et comme du monde.

Même si leur corps a flétri sous le poids des années, leur âme est encore porteuse de courage et de force, de persévérance et d’audace. Leurs yeux ont vu la vie. Ils et elles portent encore cette audace d’avoir bâti le monde dans lequel nous vivons si confortablement aujourd’hui. Tant d’eux et elles sont morts pour cela. Nous sommes en dettes face à eux et elles, on leur doit tout. On devrait ne pas l’oublier.

Les années qui passent en nous et devant nous sont parmi les plus grands enseignements qui soient. La vigueur du corps qui diminue se transforme en sagesse. Cette sagesse qui a vu tant de saisons se succéder, cette sagesse qui a tant vu neiger et pleuvoir. Cette sagesse qui a vu le monde changer si vite et si drastiquement.

Et pourtant, ils et elles sont encore ici. Ayant passer à-travers tous ces signes du temps.

Quand il y a plus de temps derrière que devant, on commence à voir le monde autrement.

Le temps qui passe et qui nous glisse entre les doigts nous enseigne à laisser fondre notre arrogance et notre frondeur.

Optimalement, la vigueur perdue se transforme en sagesse. Suffit d’aller s’y abreuver, d’écouter et d’entendre ce que ceux et celles qui ont bâti ce pays ont à dire, ce qu’ils et elles ont à nous dire. Ce sont peut-être eux et elles qui ont la solution, malgré la modernité apparente de nos problèmes.

Vive les plus, et les plus vieilles.

Et merci pour tout.

Malgré notre indifférence et notre manque de respect.

Certains d’entre nous vous voient et on vous apprécient.

Encore, et pour toujours.

ÉCRIRE SA SOLITUDE

Écrire pour ou contre sa solitude ? Telle est la question que je me pose ce matin.

Dès que j’ai aperçu les quelques mots ci-haut, j’ai tiqué. Pas que je veuille contredire Mr Galeano car ce sont ces mots et il a dû vouloir dire ce qu’il a écrit. Je ne vais par mâcher ses mots et les recracher pour lui comme une belle-mère oiseau. Car on fait ça parfois nous les humain(e)s, on aime ré-interpréter les mots des autres, on aime penser savoir ce qu’ils/elles veulent dire. On pense souvent pour autrui.

Non je lui laisse son sens unique. Mais tout de même. Moi j’aime penser que j’écris avec ma solitude. Pour rejoindre la vôtre. Qui est possiblement la même au fond.

Lové en elle, blotti dans ses bras, collé sur ses seins, je tape. C’est la solitude qui écrit à-travers moi, la solitude qui me meut, la solitude qui m’émeut. La mère universelle, la mer universelle sur laquelle nous voguons au fil du temp, des événements et de nos pensées.

J’écris par besoin de connecter, de vous sentir me lire, de vous rejoindre dans vos solitudes, nos pseudo-solitudes. Car toujours uni(e)s anyway. Même quand on se pense seul(e).

Pour moi la solitude est une grande dame, une mère et une grand-mère universelle qui englobe et porte tout ce qui vit, comme tout ce qui meurt et continue de mourir. La vie, la mort, et l’entre-deux.

Nous sommes tous et toutes lié(e)s dans nos solitudes, par nos solitudes. Tous et toutes des enfants de la création, tous et toutes des enfants dans cette grande cour de récréation.

Osho parlait ici hier de coeur vide qui nous unit au tout. Voilà. Rien est dans tout. Et vice et versa.

Nos toutes petites solitudes individuelles – réelles ? ou pure illusion ? – ne peuvent que se fusionner au sein d’une grande solitude universelle. L’union ultime dans la solitude, entre nos solitudes. Le vide qui unit nos solitudes au coeur de la vie.

Le seul même et grand coeur universel. Poupoum poupoum poupoum…

Comme une seule et même grande respiration qui unit l’ensemble du vivant. Comme l’ensemble de mort. Transformation. Recyclage infini. Même et unique Inspiration et expiration du vivant.

Tous et toutes ni(e)s en la même vie, cette même et unique vie.

Même si nous, humains aux ptites tête de pinotte à nous penser au-dessus de la mêlée, sommes en train de tuer tant de manifestations de vie sur terre autour de nous. en nous.

La vie, la mort. Que cycles la vie. infinis cycles de re création.

Donc écrire contre sa solitude, ou écrire avec ?

Peu importe ce que l’on en dit, ce que l’on en pense, chacun(e) uni(e)s dans LA solitude, dans nos solitudes.

COEUR PLEIN DE VIDE

Fais silence, ferme tes yeux
Sens ton corps, complètement immobile
Regarde à l’intérieur, aussi profond que tu ne le puisses.
Ceci est ton espace.
Et tout au fond, tu trouveras ton coeur, vide.
Ce coeur vide est la porte de l’éternité.
C’est le point de contact entre toi et l’existence.
Ce n’est pas quelque chose de physique ou matériel.
Ni mental ou intellectuel.
C’est au-delà, ça transcende tout le reste.
C’est ta spiritualité.
Souviens-toi, ce vide en ton coeur fais de toi un Bouddha.
Ce moment est béni.
Tous les coeurs ressentent ce silence et cette fusion avec l’existence.
Vous êtes les privilégié(e)s de ce monde.
Relaxe et sens ton corps et ton mental, les deux.
L’emphase devrait reposer sur l’observation.
Cette observation est ton amour secret.
Cette observation est le Bouddha en toi, observant.

– Osho

Merci beloved Master

poupoum, poupoum…. pour toujours, à tout jamais…

une autre façon de le dire ? À la Bobin !
https://www.youtube.com/watch?v=sFf21u3mge0

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Quand quelqu’un meurt, il ne disparaît pas. C’est l’inverse. C’est à ce moment-là que la personne apparaît, parce qu’elle est délivrée d’elle-même, de ses ombres, de sa volonté, de son ambition, de tout projet, de toute connaissance que l’on croyait avoir d’elle. Et il y a un surgissement de quelque chose qui, bizarrement, à l’instant où tout s’efface, est ineffaçable. (…) Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil.

– Christian Bobin via Jean Gagliardi

HAPPY OSHO & GHOSHA DAY

Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Osho, notre beloved Master.

Never born never died dit sa pierre tombale. En effet. Toujours bien vivant dans le coeur de ceux et celles qui l’ont aimé, l’aiment et l’aimeront pour toujours et à tout jamais.

« Quand quelqu’un meurt, il ne disparaît pas.
C’est l’inverse.
C’est à ce moment-là que la personne apparaît, parce qu’elle est délivrée d’elle-même, de ses ombres, de sa volonté, de son ambition, de tout projet, de toute connaissance que l’on croyait avoir d’elle.
Et il y a un surgissement de quelque chose qui, bizarrement, à l’instant où tout s’efface, est ineffaçable. (…)
Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil. »
– Christian Bobin via Jean Gagliardi

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Et c’est aussi l’anniversaire d’un vieux chum du chemin.
Ghosha. 40 ans d’amitiés et d’aventures partagées.

Viva Ghosho !

PRIER EN SILENCE

Le but de la méditation ne consiste pas à contrôler vos pensées, mais plutôt à arrêter de les laisser vous contrôler. (image via Trishna)

Souvent, on pense que méditer nous propulse immédiatement et directement dans le calme et dans la paix universelle transcendante. Si en effet, ça peut en faire partie, s’il nous arrive d’expérimenter des poches de silence intérieur, il y a surtout beaucoup de vagabondage et d’égarement dans le flot incessant de nos pensées vicieuses – comme dans cercle – quand on prend le temps de s’assoir pour arrêter et observer, pour s’observer et se sentir. La pensée circulaire se trouve sur le top de la pile.

Ces temps-ci, on parle beaucoup de méditation pleine conscience. Si je comprends l’intention du terme, il me semble aussi un peu prétentieux de prétendre expérimenter la pleine conscience. Si vaste l’univers, si profond l’inconscient. Allez voir les photos de James Webb. Pleine Conscience ? Bon voyage.

Après 40 ans de pratique, moi c’est encore et surtout la pas mal pleine inconscience que j’expérimente quand je m’assois pour méditer la plupart du temps. Je prends surtout conscience de tous mes égarements mentaux, je vois mon mental filer à 100 miles à l’heure dans toutes les directions et dans divers multi et uni vers, and back, quand je suis le moindrement alerte. Car là réside le truc, se voir se perdre. Et se pogner, puis revenir. À sa respiration. Au moment.

Voir ses pensées, partir en galère avec elles, pendant qu’on sent et ressent simultanément les diverses sensations et courants d’énergie qui traversent le corps, et la tête, et le monde entier, tout en continuant à respirer, et revenir à sa respiration, juste ici, au bout de son nez. Et ralentir, lentement mais sûrement. Tout simplement. Pas de grandes réalisations, pas de visions de Dieu et de sa cour céleste. Le calme plat. Ah this !

La méditation est une pratique. La méditation n’est pas l’aboutissement de rien, elle est le chemin. Ce n’est pas tant non plus un état permanent, encore moins un but ni une destination. Méditer est une décision, une intention, une volonté d’arrêter pour simplement être présent à soi, avec tout ce qui montera. Et beaucoup de stock montera, garanti. La cave est pleine.

Ce n’est pas nécessairement la paix qui se trouve sur le dessus de la pile. Méditer c’est surtout laisser défiler lentement et calmement le trop plein du mental, l’overflow de ses pensées, qui ne sont pas nôtres anyway. Et simplement observer le processus. En acceptant tout ce qui se présentera sur l’écran du mental. De toute façon, la roue tourne pas mal toujours dans les mêmes sphères et on patauge pas mal dans les mêmes eaux souterraines.

On vise les cieux mais il faut surtout accepter qu’on explorera tout d’abord nos fonds sous-marins internes avant de prendre de l’altitude. Là qu’est notre ancrage. Car il faut oser jeter l’ancre en soi.

Et bien sûr qu’il n’est pas absolument nécessaire de tout arrêter pour méditer, bien sûr qu’on peut être dans l’action consciente. Mais pas nécessairement au début. Pas toujours. La méditation est un art et comme tout art, elle requiert temps, pratique et alignement. Et de nombreux essais-erreurs, ou plutôt égarements-retours à soi.

Si on veut atteindre le silence, on doit faire un effort pour placer la méditation au centre de notre vie. Et y accorder temps et énergie. No free lunch, pas de béatitude gratuite pour les apprenti(e)s moines, aho ! On doit préparer le terrain et ajuster son appareil.

Ils sont plusieurs à aimer dénigrer la prière et à lui opposer la méditation. Mais il est tout à fait possible de prier en silence, car qui a dit que prier implique nécessairement l’acte de parler ? On peut simplement s’assoir et laisser la parole intérieure – et automatique et compulsive – se tarir lentement et calmement. Bien qu’elle tentera de nous séduire maintes et maintes fois. La prière peut simplement consister à arrêter de courir pour apprécier sa reconnaissance. Pas une shopping list à Dieu la prière.

Et quiconque s’est déjà assis en silence sait qu’avant d’entendre l’univers, il faut écouter, et écouter n’est pas entendre. On devra tout d’abord passer dans les bruits de notre mental, dans sa cacophonie, dans ses multiples dédales. Beaucoup de patience est requise pour entendre l’univers. Beaucoup de bruit auto-généré en nous que nous devrons laisser se taire, s’épuiser, ralentir jusqu’à silence. Ce bruit qui puise racine dans nos conditionnements, dans tout les stimuli qui nous arrivent via les multiples écrans qui meublent nos vies modernes.

En ce sens, la nature constitue la salle de classe idéale pour la pratique de la méditation. Elle nous aide à plonger dans le silence, nous, êtres sur-stimulés à la recherche constante de la prochaine information divertissante. Et le flot, comme les sources d’information, sont désormais multiples et sans cesse défilantes.

Watch and scroll a remplacé le rock n roll. Rave cathodique et raz de marée.

La méditation implique de ne rien faire, sauf que ce rien faire est la plus grande action artistique qui soit, la plus grande expertise de présence de l’être humain. Se laisser tout simplement traverser par la vie. Sans but autre que de vivre, tout simplement, sans vouloir trouver quoi que ce soit. Simplement aimer se chercher. Pour se re trouver.

Devenir un(e) grand(e) méditant(e) ?

Une pratique sans début, ni fin la méditation. Une respiration, un moment à la fois, chaque moment dans la foi. Sans attente aucune. Même celle de ne pas avoir d’attentes. Bon chance !

Et simplement inviter le silence à nous éplucher, tel l’oignon, jusqu’au centre de notre être. Et rester, présent(e), immobile, tout simplement, à voir défiler toutes nos ptites vues. Quelques films d’horreur in there.

Méditer ? Welcome dans l’éternité du moment.

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DES LIGNES DES LIGNES

Certain(e)s écrivent, d’autres pas.

Certain(e)s lisent, d’autres surfent.

Certain(e)s regardent, d’autres écoutent.

Moi j’écris. Et je lis, en ligne la plupart du temps. Mais je compte me remettre au papier bientôt. Pour redevenir plus tactile que seulement visuel, plus sensuel que virtuel.

Tel que l’affirme Mr Bobin, écrire est un étrange métier, mais moins un métier qu’un état, et moins un état que l’espérance de cet état de plénitude [permanent] qui nous dispenserait d’écrire en premier lieu.

Donc écrire est un espoir, une espérance. On écrit en quelque sorte pour arriver à quelque part, pour atteindre un état. Un état, comme un lieu, une disposition intérieure, une façon d’être qui, si on y arrivait, nous amènerait à arrêter d’écrire.

On écrit en quelque sorte après sa plume comme le chien court après sa queue. On veut arriver au bout de son stylo, ou de son clavier désormais (il me semble que Mr Bobin écrivait à la main, du moins une bonne partie de sa vie).

En écrivant, on s’en va donc à quelque part. Un quelque part qui, par contre, on sait déjà être ici. On va vers quelque part pour arriver encore plus ici, encore davantage ici. Full ici.

On écrit comme on fait de la course sur place. On courts vers ici. Comme on écrit pour revenir ici, pour retomber dans le moment présent. Et y rester. Sauf que c’est souvent en écrivant qu’on y arrive, qu’on y est. C’est le chemin qui se veut la destination.

Écrire peut être un métier pour certain(e)s, dans le sens que l’acte d’écrire peut rapporter des dividendes sonnants. Journalistes, écrivain(e)s, auteurs/trices, romanciers/ères et autres publieurs de toutes sortes relèvent de cette catégorie.

Moi je me considère plutôt comme un écrivain en vain, qui écrit vain. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écris, mais je continue à écrire. Pas que j’aie quelque chose de spécifique à dire. J’écris pour l’acte d’écrire.

De nos jours, nous sommes plusieurs à tenir blogue, des sites pour lesquels on doit payer nous-mêmes pour ne pas qu’ils contiennent de publicité. Donc pour nous, blogueurs amateurs/trices, écrire est un métier pour lequel on doit débourser un peu. Débourser quelques sous, mais surtout du temps. Mais ce temps n’est pas perdu, c’est un temps passé à se chercher, et peut-être éventuellement se trouver. On gagne du temps en écrivant.

Mais paie-t-on vraiment pour écrire ? Ou, au contraire, n’en retire-t-on pas plutôt quelque chose ? Ne serait-ce pas plutôt un investissement qu’une dépense ? Car on peut s’investir beaucoup en écriture. Surtout quand on écrit dur. Parfois on écrit mou, et d’autres fois on écrit dur.

Mais on n’écrit jamais pour rien. On écrit peut-être pour ne rien dire, ou ne pas dire grande chose, ni quelque chose de très précis, mais ce non dire constitue tout de même le moteur de notre tap tap tap claviérique.

Comme si on écrit pour découvrir une vérité qui se cacherait en soi et qu’on doit dévoiler. On écrit comme l’effeuilleuse se strip et nous tease. On écrit pour retirer une couche à la fois, pour se dévoiler couche par couche. Et en même temps que certain(e)s n’écrivent jamais à propos d’eux ou elles mêmes directement, on n’écrit toujours qu’à propos de soi. Car comment ne pas écrire à propos de soi ?

J’ai repris le récit de ma vie, ce que l’on nomme habituellement une biographie. Pas tant pour me raconter moi-même que raconter, décrire et présenter les gens formidables que j’ai eu la chance de croiser au cours de ma vie. Des gens extra ordinaires.

J’écris l’hsitoire de ma vie non pas pour me mettre en valeur car ma valeur ne dépend pas des quelques mots qui tentent de me dire moi et le monde autour, et sa grande complexité. J’écris davantage pour rapiécer tous mes morceaux épars, tous mes ptits bouts, tous les ptits bouts d’ati, les ptits bouts de cet ati. Cet ati qui se cache entre les lignes.

Des ligne, des lignes.

Alors j’écris, j’écris.

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J’écrivais et je pensais à l’expression et à la communication.
J’espérais partager mon histoire – aussi triste et petite soit-elle parfois – avec quelqu’un, n’importe qui, là-bas qui pourrait ressentir la même chose ; qui pourrait apprendre quelque chose de la promenade que je venais de terminer, ainsi que la marche qui était nécessaire pour s’éloigner de ce qui s’était déjà passé.
J’étais clair là-dessus, vous voyez.
Mais c’est Jimmy [James Baldwin] qui m’a remis sur les rails et m’a appris – et m’a toujours rappelé – que la notion même de dignité humaine, l’histoire de l’humanité, les exemples de gentillesse, de bravoure et d’invention qui sont à notre disposition, sont venus à travers l’art, sont venus à travers l’acte téméraire et glorieux de quelqu’un qui écrit avec audace ou chantant ou peignant ce qui avait été leur histoire, leur propre marche à travers et loin et vers quelque chose.
James Baldwin, si vous voulez, m’a appris à écrire, bien sûr, mais aussi à marcher, à continuer à marcher, à témoigner. nous devons tous continuer à transmettre ce que nous avons vu, partager l’histoire, éduquer ing ceux qui marcheront derrière nous.

– Tennessee Williams au sujet de James Baldwin / Entretien avec James Grissom

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Quand quelqu’un meurt, il ne disparaît pas.
C’est l’inverse.
C’est à ce moment-là que la personne apparaît, parce qu’elle est délivrée d’elle-même, de ses ombres, de sa volonté, de son ambition, de tout projet, de toute connaissance que l’on croyait avoir d’elle.
Et il y a un surgissement de quelque chose qui, bizarrement, à l’instant où tout s’efface, est ineffaçable. (…)
Les disparus ne sont donc pas des disparus, ils sont une armée douce, fidèle, qui nous assure de recevoir un rayon de soleil.

– Christian Bobin via Jean Gagliardi