
Entendons-nous ? En fait, écoutons-nous ?

Entendons-nous ? En fait, écoutons-nous ?

Tellement évident. Mais peut-être justement que si évident qu’on passe tous et toutes à côté.
Car on vit de plus en plus en dehors de soi. On a de plus en plus les yeux, et la tête, les émotions et le coeur dans un écran quelconque, soit-il un téléphone intelligent, une tablette ou un ordinateur.
On dit que le gros de notre input social passe par les yeux. On cherche quelque chose en dehors de soi. Pensant que ça va venir par nos relations, par le monde, par la reconnaissance.
J’aime l’histoire qui veut que le secret de l’univers a été caché au plus profond de notre coeur. Pour le trouver il faut fermer les yeux, respirer et attendre.
Que ce soit Dieu, le bonheur ou la plénitude, on cherche encore beaucoup en dehors de soi. De l’autre côté de notre peau. Cette peau qui nous délimite – pense-t-on – du reste du monde. Et pourtant. Tout le monde est en nous, tous les mondes sont en soi. L’infiniment grand out there caché dans l’infiniment petit, in here.
Ici et là-bas. Drôles de concepts. Dès qu’on ferme nos yeux, on commence à se voir. À se voir penser, à se voir sentir. Et pour trouver quelque chose, il faut être patient(e), très patient(e) et laisser tomber les attentes.
Avec ma gang de la Tribu, jusqu’à 5 fois par semaine on se branche et on plonge en soi. Écrans et oreilles ouverts, on ferme nos yeux et notre bouche, et on ouvre son coeur. Et ensemble, on attend, et on n’attend rien. On ne communique pas, on communie. on se sait là, chacun(e) pour soi, et ensemble.
Rien de bien transcendant dans cette chronique. Que quelques évidences générales. Et pourtant.
Un des grands secrets de la vie. Qu’on découvre avec le temps qui passe, avec le corps qui âge. Car lorsqu’on est plus jeune, on court partout de par le monde à la recherche de…
Mais avec le temps, on s’essouffle un peu et on commence à ralentir. Et on met l’emphase de plus en plus sur soi, en soi, à la recherche d’une vérité silencieuse au-delà des mots, ou en-deça c’est selon.
Pour apprendre à cultiver la paix en soi, avec soi. Et ce faisant, on finit par trouver la paix du monde entier. Là qu’on y a caché la clé dit-on.


Wabi-Sabi Power all the way !
On considère souvent le monde comme imparfait.
Il serait parfait si ceci, si cela… mais le monde est comme il est. Simplement, tel quel, imparfait. Mais imparfaitement parfait aussi si on veut le voir ainsi. Car si on veut, on peut. Un choix, une décision.
Certains se plaisent, se complaisent même à voir l’imperfection. Surtout chez les autres en fait. Toujours plus facile de voir en dehors de soi de toute façon. On dit d’ailleurs que tout ce que l’on voit en dehors de soi n’est que réflection de nous même.
Quand on accepte en soi-même sa propre imperfection, et du même coup notre potentiel de raffinement, on l’accepte automatiquement chez les autres. Ça nous permet de donner du lousse à soi comme au monde entier.
Car le monde est loin d’être parfait. Seulement le monde des rêves est parfait. Et encore là, une fois de temps en temps un cauchemar s’y glisse.
une amie me faisait parvenir ceci l’autre jour:

Et à la lecture de ce meme, ce qui est monté en moi immédiatement avant même que je ne réfléchisse est que tout est parfait en ce moment même.
Car souvent on se contente de OK, et de plus tard. Pourquoi pas parfait right now ?
Ça fait d’ailleurs plus de 2 ans qu’on nous dit que ça va bien aller. Mais ça va comme ça va. Pas comme on le souhaiterait dans nos rêves les plus roses bonbons. Pas comme on le voudrait, simplement comme ça va au-delà du jugement et du qualificatif.
On dit qu’en théorie les choses devraient être autrement. Mais la vie n’est pas une théorie, la vie est tout ce qui vient à nous, ce qui nous arrive. Tout ce qui nous arrive. Et non seulement ce que l’on souhaite ou souhaiterait.
La vie est une suite de faits, d’événements, de défis et d’expériences. Mais surtout un enchaînement de grandes leçons. Si on veut qu’elle soit ainsi. On peut souhaiter que tout soit OK un jour. Ou accepter que la vie est imparfaitement parfaite en ce moment même.
Évidemment, cela est plus facile à dire, à faire et à penser quand les choses ne sont pas catastrophiques. Mais si on peut apprendre à appliquer un peu plus de wabi-sabi au quotidien, probablement que les choses glisseraient mieux, couleraient mieux, s’accepteraient plus facilement.
Alors wabi-sabisons notre regard, notre approche. Apprenons à accepter ce que la vie nous offre. Et à le considérer comme parfait. Parfaitement ou imparfaitement, mais cela n’est qu’une opinion.

Drôle que Pessoa, en portugais, veuille dire personne. Pas personne comme personne, personne comme une personne. À prendre personnel.
Mais quand on lit cette citation, on comprend que Pessoa, l’auteur, la personne, veut dire que peu importe la personne que l’on pense aimer, la seule personne que l’on aime au fond n’est toujours que soi-même, qui est en fait la conception que l’on se fait de l’autre, de la personne qu’on pense aimer.
Et c’est une évidence qu’il faille s’aimer soi-même si on veut aimer les autres. Mais s’aime-t-on vraiment ? Qu’aime-t-on au juste en soi ? La même essence qui vit dans tous les autres ? Ou ce qui est différent et unique en nous ? Question sans réponse unique ni permanente à trouver en cours de route.
On n’aime donc jamais vraiment personne d’autre plus que soi-même selon ce qu’affirme Pessoa.
Mais sommes-nous vraiment personne ? ou une personne ? dans le sens de quelqu’un. Personne réelle, ou irréelle, ou persona fiction ou réalité. Qui ou que sommes-nous ?
Pas si simple le monde des personnes hein ?

Et en contre-partie, selon Coluche, pour critiquer les gens, il faut les connaître et pour les connaître il faut les aimer. Et si on n’aime jamais vraiment personne d’autre que soi-même, encore un argument pour apprendre à s’aimer soi-même si on veut tenter d’aimer les autres. Car les autres ou soi-même au fond, la même chose non ?
Ce qui, au final, comme au fond de soi, ne laisse que l’amour.
L’amour de soi, que l’on n’existe ou pas en tant que personne.
Comme l’amour des autres, que l’on ne peut jamais vraiment aimer selon Pessoa car toujours que l’idée que l’on entretient de l’autre que l’on aime, qui n’est au fond toujours que soi-même.
Pas simple l’amour si ni objet, et ni sujet.
Ça ne laisse alors que l’amour brut. Et encore. Car l’amour ne peut exister sans corps aimant, sans donneur ni receveur. Ainsi, en ce sens, l’amour ne peut qu’être verbe.
Quelqu’un qui aime – même si ce n’est que son propre concept de l’autre – et quelqu’un qui est aimé(e), même si ce n’est que le concept d’autrui à son endroit.
On ne peut alors que commencer par s’aimer soi-même, et s’arranger pour que ça déborde sur autrui. Et que le monde devienne contaminé par l’amour sans condition.
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Le problème, ce n’est pas qu’une personne aime quelqu’un de son sexe, de l’autre sexe, de son ancien sexe, ou de son sexe à venir. Le problème, ce n’est pas d’être hétérosexuel, homosexuel, transsexuel, bisexuel, métrosexuel, allosexuel ou aurevoirsexuel. Le problème, c’est de ne pas s’aimer. De ne pas s’aimer soi-même. D’être tristesexuel.
Tous les drames sont causés par ça. Des petites chicanes aux tueries. De ce que l’on fait aux autres parce que l’on ne s’aime pas soi-même.
Le premier coming out de tous les humains, ça devrait être : « J’ai une nouvelle à vous annoncer… Je m’aime ! » Après, tout irait mieux.
Mais avant, faudrait savoir ce que c’est, s’aimer. S’aimer vraiment.
S’aimer, ce n’est pas penser qu’on est le meilleur. Qu’on est plus beau que les autres, plus fin que les autres, plus intelligent que les autres. S’aimer, ce n’est pas se servir en premier. Et ne penser qu’à soi. Ça, ce n’est pas s’aimer. C’est se mentir. Parce que si chaque personne pense qu’elle est meilleure que les autres, c’est que tout le monde se ment. Et se mentir, c’est le contraire de s’aimer. C’est nier sa vérité.
S’aimer, ce n’est pas avoir besoin de se mesurer aux autres pour apprécier qui l’on est. S’aimer, c’est réaliser qu’on est un mélange de nos parents, de notre famille, de notre société, de notre culture, de notre environnement, de nos amis, de nos lectures, de nos voyages, de notre isolement, de nos joies, de nos peines, de nos désirs, de nos présences et de nos absences. Qu’on est fait de tout ça. Qu’il n’y a pas deux personnes avec ce mélange-là. Même pas notre jumeau. Qu’on est unique. Donc incomparable. On n’est pas le meilleur des autres. On est le meilleur de soi. Si on s’aime. Parce que si on ne s’aime pas, on peut rapidement devenir le pire de soi. Et ça, ce n’est pas beau.
S’aimer, c’est se dire à soi-même : « Écoute bibi, on va passer la vie ensemble, on n’a pas ben ben le choix, alors on va tout faire pour profiter de chaque instant. Parce que ça ne dure pas longtemps. »
S’aimer, c’est épouser sa réalité. Et ne jamais se laisser tomber. Une fois qu’on s’aime, on fait quoi ? On va vers les autres, pour que cet amour-là fasse des petits. Dans tous les sens du mot.
Admettons qu’on y arrive, qu’on réussit à s’aimer soi-même. Que tout s’éclaircit dans notre tête et dans notre cœur. Comment fait-on pour que les autres s’aiment eux-mêmes, aussi ? Parce que tant qu’ils en seront incapables, on risque d’en payer le prix.
On fait quoi ? On les aime. On les aide. Et surtout, on leur sacre patience. Arrêtons de juger tout le temps ce dont l’autre a l’air, ce que l’autre fait ou ne fait pas. C’est le jugement qui ferme les gens. Qui les fait pourrir par en dedans. Et quand ça sort, ça fait mal. À tout le monde.
Faut arrêter de mettre des gens dans des cases. Personne n’est bien dans une case. C’est trop étroit. C’est peut-être rassurant. Ça fait ordonné. Mais ça fausse toutes les données. Quand on joue au hockey, on a besoin de savoir qui fait partie de quelle équipe. Pas dans la vie. Dans la vie, on est tous dans la même équipe. Pas besoin de se catégoriser. De s’ajouter des préfixes. On est tous sexuels. C’est clair. Surtout l’été. Après ça, soyons-le avec qui on veut, on ne s’en portera que mieux.
Bien sûr, il faut créer des organisations pour défendre les groupes opprimés. Mais il faut viser le jour où l’orientation sexuelle ne sera pas plus provocante que l’orientation musicale. Je vais savoir si tu aimes Brahms ou Bieber si je prends le temps de te connaître. Si je ne le prends pas, écoute qui tu veux. Ça ne change rien à ma musique à moi. Je vais savoir si tu aimes embrasser les gars ou les filles si je prends le temps de te connaître. Si je ne le prends pas, embrasse qui tu veux. Ça ne change rien à ma sexualité à moi.
Pour dominer les peuples, rien de mieux que de leur faire croire que leur malheur est dû aux autres. À une race. À un sexe. À une classe. Ça rassemble. Et ça fait oublier que leur malheur est dû à ceux qui les dominent.
On n’en sort pas. Des gens qui s’aiment s’unissent avec des gens qui les aiment. Des gens qui ne s’aiment pas s’unissent avec des gens qui ne les aiment pas.
Faut s’aimer. S’aimer à 1, à 2, à 100, à 1000, à 8 millions, à 8 milliards.
~ Stéphane Laporte via Merlin Wagner

Lorsque mes yeux ont croisé cette citation, j’ai tout de suite su que c’était le genre d’espace que je veux créer désormais.
Lorsque ces mots m’ont sauté aux yeux, j’ai reconnu la gratitude que les gens disent sentir et ressentir dans leurs partages de bons mots – bene dictions – à la fin de nos cérémonies (on appelle aussi nos rencontres des travaux).
Autant dans nos méditations en ligne dans le cadre de la Tribu, que dans les travaux/cérémonies que l’on organise dans le cadre de notre petite église dans la forêt, c’est ce feeling que je tente toujours de créer et que j’aime voir se déployer. Un espace sécure, chaleureux, de coeur, ou chacun chacune pourra y trouver réconfort et repos profond de leur âme. Un temps hors du temps, un espace sacré dans ce monde qui semble tourner de plus en plus vite et dans le vide, se dirigeant vers un inconnu inquiétant.
Ce n’est pas moi qui crée cet espace, je ne fais que planter la graine avec soin, dédication et amour. Le reste se fait dans la rencontre de nos âmes, grâce à nos corps et nos coeurs qui se sont déplacés pour communier davantage que communiquer. Et la protection est procurée par les esprits de la forêt, et des cieux.
Cet été, nous tenons plusieurs rencontres ici. Après une trentaine d’années à organiser des événements, et une vingtaine des cérémonies sacrées, je commence tout juste à recevoir les fruits du labeur de coeur. Inespéré, inattendu, qu’à faire ce que doit, ce qui feels right.
Si gratifiant de voir les gens se déposer et se reposer en eux/elles et ensemble, lâcher et relâcher, et finalement simplement être avec eux/elles mêmes. Quand on réalise le précieux de ce travail, le travail n’est plus travail, le travail devient Leela, un jeu divin.
Et quand on tombe dans ce sacré espace, avec la certitude d’être à la bonne place, on ne veut que continuer car la vie suit le cours naturel des choses. On se sent un instrument au service. Quelle superbe paie. Et tout devient si simple, et juste. Merci.
Et si je peux re/donner autant, c’est que j’ai beaucoup reçu. D’Osho, le plus grand que moi, et la méditation; de Veeresh, le totalement moi et le guts de foncer; et de Carioca la graine du musicien que je découvre en moi avec persévérance et travail quotidien. Et que dire du Daime, qui veut dire donne-moi, de ce breuvage sacré dont je reçois tant. Et de toutes les personnes qui sont venues boire et se recueillir à cette source. Merci.
Gratitude infinie.
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Je n’ai pas d’enseignement. Je ne suis pas un enseignant.
Je ne donne aucune philosophie de vie, ni aucune discipline, ni programme à suivre.
J’ai une approche très particulière de la vie, que je partage avec mes amis.
Et ma démarche commence par une déprogrammation. En ce qui me concerne, c’est le mot clé. Être initié à mon amitié, c’est entamer un processus de déprogrammation.
Chaque être humain est programmé dès la naissance à être chrétien, hindou, hébreu.
L’enfant est né innocent, mais s’alourdit aussitôt par des milliers de concepts, avec lesquels il passe toute sa vie.
De cette façon, vous vivez une fausse vie ; ce n’est pas authentique, ce n’est pas honnête parce que ça ne vous appartient pas. Vous n’avez pas découvert les choses que vous essayez de vivre… c’est pourquoi, tout d’abord j’aide les gens à se débarrasser de leurs conditionnements.
Quiconque vient à moi, même s’il est chrétien, ne le sera plus ; même s’il est hindou, il ne le sera plus, ces conditionnements n’existeront plus.
Je ne fais que redonner à chacun(e) son innocence, sa propre humanité, sa propre pureté, sa propre individualité.
Mon travail tend essentiellement à détruire le conditionnement de ceux qui viennent à moi.
Et c’est un travail très simple, parce qu’aucun de ces conditionnements n’est fondé sur la logique ni sur l’intelligence. Ce sont toutes des superstitions, soutenues par des échafaudages logiques, mais cette logique est fausse et n’a rien d’authentique.
– Osho
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Un avare peut donner, faire la charité, mais il donne avec calcul.
Son avarice est là. Ce faisant, il ouvre un compte bancaire dans l’autre monde. Il veut posséder un solde bancaire là-bas aussi.
Un aveugle se tenait dans la file d’attente d’un bus, quand son voisin a été surpris de voir un
chien incliner calmement sa jambe et pisser tout le long du pantalon de l’aveugle.
Lorsque l’aveugle comprit ce qui se passait, il mit la main dans sa poche et en sortit une barre de chocolat qu’il tendit au chien.
« C’est une chose très charitable à faire, » dit son voisin.
« Oh, » répondit l’aveugle, « Je découvre juste où est sa bouche pour que je puisse lui donner un coup de pied dans les couilles. »
Alors ne vous trompez pas quant à ce que font les gens à l’extérieur, au fond, de l’intérieur, ils peuvent calculer autre chose. Leur acte peut sembler généreux, mais leur motif constitue la vraie chose qui compte; non pas l’acte, mais l’intention.
Un homme a dragué une femme dans un bar un soir et l’a ramenée chez lui dans son appartement. Quand ils sont arrivés, elle a commencé à se déshabiller, mais il l’arrêta en disant : « Non, asseyons-nous ici sur le canapé ensemble, Et si tu gardes tes deux mains sur ma tête pendant que vous êtes ici, je vous donnerai vingt dollars. »
La fille a trouvé cela un peu inhabituel, mais a fait ce qu’il a demandé. Pour terminer,
elle ne put retenir sa curiosité plus longtemps et demanda, « Mais quel genre de frisson éprouve-t-on à avoir mes mains sur ta tête ? »
« Pas de frissons, » répondit-il. « J’ai juste un sentiment de sécurité en sachant que vos mains sont sur ma tête et non dans ma poche – pour vingt dollars, ça vaut le coup. »
Les gens avares resteront avares, même dans leur partage. Si vous regardez au fond de vous, vous constaterez qu’ils essaient de négocier quelque chose, il y a des affaires cachées dedans.
Les prêtres continuent à dire aux gens, « Si vous donnez aux pauvres ici, tu en auras mille fois dans l’autre monde » mille fois, c’est comme une loterie ! Et qui n’aimerait pas recevoir autant ? Donnez un peu ici et vous en aurez mille fois plus là-bas. Les prêtres ont trompé les gens, parce que les gens calculent, parce que les gens sont avares ; sinon les prêtres disparaîtraient du monde.
Si les gens étaient vraiment généreux, il n’y aurait pas besoin de prêtres, personne ne peut exploiter les gens généreux. Ils donnent pour le simple plaisir de donner. Ils ne pensent pas que donner soit un moyen d’arriver à une fin. Si tu penses que donner est un moyen d’arriver à une fin tu manques l’essence du don.
À moins que donner ne devienne une joie en soi, tu ne connaîtras jamais la vraie valeur du don.
– Osho

Ah le bonheur. Dès qu’on le cherche, on le perd.
Ah le bonheur, si nombreux à le chercher et à ne pas le trouver, le pensant toujours différent de ce qu’il est tout tel qu’il est, ailleurs d’où nous sommes. Pourtant si ordinairement ici le bonheur. Et passager. Et permanent.
Le bonheur c’est comme Dieu, ou le grand Esprit, la vie, la plénitude, la zone, le flow, la grâce, ce n’est qu’un mot. On le cherche à l’extérieur alors qu’il est en nous, juste ici, dans notre ventre, coeur et tête, dans nos yeux, tel une âme logée et réfugiée au fond de son coeur.
Car le bonheur ne peut qu’être en nous. Tout d’abord en nous, inévitablement en nous, comme nous en lui d’ailleurs, et lorsque bien imprégné dans nos yeux et dans notre coeur, on finit par le voir partout, en tous et toutes, parmi nous. Mi-août.
Alors le bonheur, un simple accord entre soi et l’existence que l’on mène ?
Possible.
Ou entre soi et l’existence qui nous mène par le bout du coeur peut-être.
Le bonheur est toujours ici si on l’accepte, si on le risque car le bonheur ne se joue pas toujours safe. Parfois le bonheur est ailleurs et il faut sortir de ses propres souliers pour aller le cueillir pieds-nus, et se recueillir toute âme découverte.
Le bonheur demande que l’on marche sa parole car si les mots s’envolent, les pas nous mène toujours ici. Ici, soit juste là où se trouve immanquablement le bonheur. Car le bonheur n’est jamais ailleurs, il ne peut qu’être ici. Et maintenant, car sinon il était trop tard ou il sera trop tôt. Un présent simple le bonheur. Oui votre honneur.
Le bonheur n’est pas dans le pré sinon c’est nous qui sommes dans le champs. Non, le bonheur est juste ici, dans l’acceptation calme et tranquille de ce qui est, tout simplement, au quotidien. Même dans les choses qui ne sont pas telles qu’on les veut ou les désire. Le bonheur est dans le oui, le oui face à ce qui est, tel que c’est. Bien plain le bonheur, bien plain.
On dit parfois que le bonheur est une décision. Ou…

Une manière de voir les choses le bonheur ? Why not noix de coco ?
Ainsi, petit bonheur, en toute simplicité. Un art à créer, et à recréer. Sans cesse. Ou à laisser se présenter à soi.
Le bonheur, c’est tout petit.
Si petit que, parfois, on ne le voit pas.
Alors on le cherche, on le cherche partout.
Il est là dans l’arbre qui chante dans le vent.
Dans le regard de l’enfant.
Le pain que l’on rompt et que l’on partage.
La main que l’on tend.
Le bonheur, c’est tout petit.
Si petit que, parfois, on le ne voit pas.
Il ne se cache pas, c’est là son secret.
Il est là, tout près de nous, et parfois en nous.
Le bonheur, c’est tout petit.
Petit comme nos yeux pleins de lumière.
Et comme nos cœurs pleins d’amour. «
– Mère Teresa
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Accueil
La souffrance ne vient pas des situations de vie mais des pensées crues du verbe croire (ou croyances), du conditionnement mental.
Les situations de vie sont telles qu’elles sont, c’est un fait, il faut un « jugement » posé dessus pour qu’il y ait souffrance.
Le jugement est une pensée de refus, une résistance à l’instant tel qu’il est : « ce serait mieux autrement, ailleurs ou dans un autre temps ».
La pensée de refus est née de l’impression de séparation, de la croyance en un « moi ».
Cela dit, comme il n’y a jamais eu un quelqu’un acteur, le refus émerge donc aussi de soi-même.
La résolution de la souffrance ne viendra pas d’un changement de situation de vie mais de l’acceptation profonde de ce qui se manifeste dans l’instant, y compris la pensée de refus.
L’acceptation profonde ne veut pas dire que « je » accepte », elle n’est pas « personnelle », elle ne fait pas référence à l’individu qui accepte quelque chose puisque définitivement il n’y a pas d’auteur.
L’acceptation profonde est dans un premier temps les retrouvailles avec ce grand OUI intérieur : un « abandon » en Ce qui Est, un « laisser être » total de ce qui émerge, un accueil sans partage de ce qui se produit dans lequel le « je » s’est totalement effacé.
C »est aussi la découverte que ce Oui n’est pas un faire, il n’est même pas extérieur à ce que nous sommes mais notre nature même.
Nous sommes le substrat, l’essence même de tout ce qui semble se manifester.
Nous sommes OUI.
Et lorsqu’il est réalisé que tout, absolument tout est déjà, pleinement et éternellement accueilli tel que c’est, inconditionnellement c’est-à-dire sans condition aucune,
Lorsqu’il est réalisé que nous sommes Cela même qui est accueil, une grande joie arrive, la joie de n’être personne en particulier, la joie d’être tout dans son entièreté.
Parfums d’absolu

Certain(e)s aiment opposer religion et spiritualité, présentant la première comme passée date et limitative alors que la seconde serait la voie à suivre pour une émancipation de la conscience.
Mais tel que l’illustre bien la simpliste mais très parlante image ci-haut, le/la génie se trouve inévitablement à l’extérieur de la bouteille et on doit trouver une façon de retirer le bouchon.
The goose is out disait souvent notre beloved Osho (1).
Avec la récente visite pénintencielle du pape, plusieurs des actions néfastes de la religion catholique ont refait surface, et ce passé est loin d’être glorieux au plus haut des cieux, et encore moins ici bas sur terre. Et le catholicisme n’est probablement que la plus répandue des religions, donc pour cela possiblement la plus perverse. Mais toutes les religions organisées ont de graves taches à leur dossier, et plusieurs tâches de réparation à effectuer. Toutes les religions peuvent s’avérer perverses, surtout dans leurs bouts les plus extrêmes.
Mais à mon avis, la religion n’est ni plus ni moins que de la spiritualité politisée. Une tentative d’instaurer en système hiérarchisé une forme de contrôle sur l’âme des gens.
Sauf que contrairement à l’eau, la bière, le vin et le 7-Up, l’âme ne peut se laisser embouteillée. Ni même les spiritueux. Si les émotions sont liquides, et les pensées futiles, l’âme est et sera toujours sauvage et vaporeuse. L’âme est lousse et sauvage. L’âme doit graviter dans ces parages, et même au-delà ne puis-je qu’imaginer.

Alors pour les adeptes qui disent pratiquer la pleine conscience, nouvelle approche à la mode dans le monde dit spirituel, on repassera. Déjà, le seul fait de prendre conscience de notre propre inconscience est en soi un grand pas pour notre humanité relative, et une preuve d’humilité. Alors avant de viser la pleine conscience, ayons au moins conscience de notre petit pan de conscience si limité, de nos propres limites étroites et de notre perspective obtue et très très relative.
Certains aiment se considérer très spirituel(le)s. Mais sincèrement, qui ‘est pas spirituel ?
D’autres aiment juger et classer les gens dits religieux. Mais religion ne veut dire que relier. Une tentative de se relier à plus grand que soi.
Nous sommes tous et toutes des petits bouts du grand esprit embouteillés dans un corps distinct, des âmes incarnées ambulantes. Tous et toutes à la recherche d’un sens à trouver, une place juste en ce vaste monde.
SI nous étions réellement pleine conscience comme certains aiment se penser avec fierté et un brin de supériorité, nous verrions sûrement plus grand, plus large, et plus clairement. Nous serions capable de nous voir nous-mêmes. Mais nous sommes des êtres limité(e)s, en développement, des work in progress sur deux pattes, mû(e)s par un coeur d’étudiant(e).
Et la moindre des choses que nous pouvons faire pour saisir la réalité de ce monde illusoire – il paraît du moins que tout est illusion – est de faire preuve d’humilité. Et cesser de croire que l’on sait quoi que ce soit, que nous sommes supérieurs à autrui, que notre chemin est juste et bon. Car il existe plein de gens de coeur, autant chez les athé(e)s qu’au sein des religions organisées.
Et ni vous ni moi ne savons rien, ni quoi que ce soit, car si infiniment vaste la vie, si magnifiquement mystérieuse cette existence dans laquelle on baigne.
Il y a toujours du nouveau à apprendre, toujours place à expansion dans nos croyances limitées et limitatives, toujours plus d’espace et de vide à insérer entre nos pensées, toujours plus d’amour à puiser en son propre coeur, et toujours plus de bonté et de simplicité à générer en soi et à partager autour.
Finalement, l’oie ne veut que s’envoler !

(1) Il existe une célèbre histoire zen à propos d’un disciple, Riko, qui demanda un jour à son maître, Nansen, de lui expliquer le vieux koan zen de l’oie dans la bouteille. À savoir, si un homme met un oison dans une bouteille et nourrit l’oison à travers le goulot de la bouteille jusqu’à ce qu’il grandisse et devienne une oie – et alors il n’y a tout simplement plus de place à l’intérieur de la bouteille – comment l’homme peut-il le sortir sans tuer l’oie ou casser la bouteille?
En réponse, Nansen crie : « Riko ! » et donne un grand coup avec ses mains.
Surpris, Riko répond: « Oui maître! »
Et Nansen dit : « Tu vois ! L’oie est sortie ! »

Ah ce sacré monde. Certains ne rendent pas le défi proposé ci-haut par Mme Wilson toujours facile facile hein ? Mais probablement ceux et celles-là qui nous font nous pratiquer le plus en ce sens. Car facile de considérer sacré ce qui coule de source. Moins de sacraliser ce qui nous tape sur les rognons.
Mais dès que j’ai vu ces mots, j’ai eu envie d’écrire autour pour savoir ce qui se cache en moi autour de ce concept car ça a résonné pas mal fort à la première lecture. Souvent pour ça que je choisis certains memes en particulier. D’accord pas d’accord, c’est en écrivant autour pour savoir ce qui en sortira que je découvre les parties cachées de mon petit cerebelum d’homo sapiens. Psychanalyse gratuite auto-appliquée. Et partagée avec vos yeux d’août 😉
Je trouve que ces mots constituent la parfaite réponse qui complémente les mots de Ramana Maharishi qui répondait qu’il n’y a pas d’autres quand on lui demandait comment être en relation avec les autres.
Car au fond, probablement vrai que le monde n’est qu’une réflection de soi-même. Et que même si certains individus agissent de façon assez détestable, possiblement que nous suscitons la même réaction chez certains autruis. Alors nous et/ou les autres, pas mal la même chose au fond. Que des corps différents, et des histoires particulières. Mais que des histoires.
On voit le monde tel qu’on se voit.
Le monde n’est qu’un miroir de nos jugements et nos croyances.
Tout ce qu’on voit et perçoit à l’extérieur de soi n’est qu’une réflection de ce qui se trouve en nous.
Toutes ces phrases, même si on les apprécie bien, ne sont pas toujours pour nous des réalisations concrètes et/ou définitives. Ce sont des concepts qui font sens intellectuellement, mais qu’on n’a pas encore réalisées, rendues réelles. Pas totalement du moins. Ou par moments sacrés ici et là peut-être, mais qui finissent par partir pour la plupart lorsqu’on rencontre quelqu’un qui nous tombe sur les nerfs. La paix est si fragile.
Mais on peut garder la foi et commencer à agir en ce sens en traitant tout, tous et toutes comme s’ils et elles étaient sacré(e)s, comme si tout était sacré car tout est sacré si on veut que ça le soit. Au début, ça sera sûrement un peu fake mais comme disait mon ami et mentor Veeresh, act as if… Fais comme si…
Et lentement mais sûrement – ou du moins probablement – peut-être que le sacré grandira et se manifestera, peut-être que le sacré se révélera de plus en plus à nous à force de pratique. Car au-delà de nos croyances et belles idées roses et dorées, très plausible que ce monde soit sacré, malgré ses côtés moins lumineux.
Même s’il est sacrément questionnant parfois de constater nos comportements humains, comment on traite la terre même sur laquelle on marche et vit, comment on prend soin les un(e)s des autres nous humains, sans parler de la nature en général. Sacrée leçon de vie en cours d’apprentissage.
Alors, qu’on considère le monde sacrément fou, seulement fou, ou plutôt sacré, ou quelque chose entre les deux, à nous de jouer avec ce concept et de le tester. En fait, comme il n’y a pas d’autres que nous et nos croyances et perceptions en ce bas monde, toujours seulement nous-même que l’on teste non ?
Salut sacré(e) lecteur/trice !

Après une grosse semaine à chercher les mots pour tourner autour du voyage de vous-savez-qui et de la guérison de tant de maux du passé imposés par l’église catholique et les divers gouvernements de ce pays pris de force à des gens qui y étaient déjà, ce matin, quelques mots légers, des mots d’août. Des mots rouges.
À chaque été depuis que je vis ici dans ce petit paradis, habituellement au cours de la première semaine du mois d’août, souvent vers le 5 ou le 6, je vois le mois d’août apparaître. Je constate son arrivée.
Mais cet été, j’ai vu août dès juillet. En fait, j’ai vu août se pointer le bout de l’été hier après-midi, dimanche le 31 juillet. Et hier aussi, en parallèle, je tombe sur la photo ci-haut de mon amie Tatie MF datée du 30 juillet. Confirmation qu’en 2022, août est définitivement et clairement arrivé fin juillet.
Août se reconnait par les yeux, via ses couleurs. Par le nez, via les odeurs. Par les oreilles via les sons, et par un chaud fond de l’air bercée d’une apaisante coolitude. Encore chaud, mais chaleur plus cool, plus langoureuse, plus sensuelle. Pas la beauté un peu tape à l’oeil d’une adolescente un peu trop ingénue, non, plutôt la beauté calme et plus certaine d’elle-même d’une femme mature qui en vu et vécu.
En août, les cigales se mettent à chanter, les verges d’or apparaissent, les fleurs montent en graines, l’angle du soleil n’est déjà plus le même, d’où la couleur si particulière d’août, qui n’est ni celle de juillet et pas encore celle de septembre.
Août se reconnait surtout par ses tons, ses tons d’or (ma mère disait gold, salut Mimi), d’ocre, de jaunes et d’orangées. La photo de Marie-France décrit en ce sens exactement et même beaucoup mieux que mes mots l’abondante richesse d’août.
J’aime le mois d’août, que dis-je, j’adore le mois d’août, je m’en régale, je le déguste de tous mes sens et en tous les sens.
On relaxe davantage en août, on se dépose sur la terre chaude, on y plante ses pieds. Dès août, on sent vaguement le retour vers le home, le retour en soi. Août est fait de soie justement. Tout d’août.
Dès le solstice de juin, je sens le début de l’élan qui nous ramène lentement mais inévitablement et sûrement vers l’hiver. Pas que je le cherche, je le vois, tout simplement. Quand je mentionne cela à certaines personnes, ils et elles opposent vivement une certaine résistance, que dis-je ils/elles manifestent une claire opposition. Pourtant. La vie n’est qu’un retour de balancier entre deux extrêmes, un lent et constant mouvement de va et vient.
Ce n’est que la mort qui accompagne implicitement la vie dans son essence la plus profonde. Comme la fin qui accompagne toujours et inévitablement tout nouveau départ comme une ombre, comme un alter ego qui équilibre tout. La graine de la mort se développe au coeur même de la vie. Et vice-versa.
Et pour en revenir à août, il ne signifie pas du tout la fin de l’été. Août est le coeur même de l’été alors que septembre en est son couronnement coloré. Août nous dit de profiter de ce qu’il reste de l’été, d’en tirer tout le jus. Août est comme la soixantaine de la vie. Tout est encore possible malgré que quelques fleurs et plantes soient déjà fanées et que le rythme soit un peu plus lent. Il en rest encore beaucoup dans le champs.
Ce qu’août perd en fraîcheur, il le compense en maturité, en sagesse, en patience. L’été n’est pas du tout terminé, mais son pic est déjà passé alors il nous dit de profiter de tout ce qu’il en reste au maximum. Août nous indique le retour en dedans pendant qu’on est encore toutes voiles dehors dans le coeur de l’été.
Août Août crie le loup. Ici ici dit le chroniqueur.
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Août a beaucoup à enseigner. Parce qu’août est le mois du jardinier, c’est en lui, le berceau de l’hiver, que les graines dorment Attends que ton temps pousse. Août est le gardien de bonnes nouvelles, fabricant de fleurs. Le mois d’août est quand Dieu permet à la nature de traduire visiblement le temps des mutations. Apprécions le mois d’août, accueillons-le avec l’heureuse surprise de ceux qui ne défient pas les vents Qu’il se disperse et étale ses feuilles et soulève sa poussière
Acceptez les attentes mais mettez des fleurs à la fenêtre. Seuls ceux et celles qui vivent en août méritent bien le printemps.
– Miryan Lucy Rezende
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Pas vraiment rapport à août les mots qui suivent, mais comme ça la vie parfois 😉
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Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu’on est libre, que le bonheur se décide, que c’est un choix moral.
Les professeurs d’allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché.
Je suis d’accord, c’est un péché, c’est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n’arracheront pas à leur condition.
Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c’est comme entre les pauvres et les riches, c’est comme la lutte des classes, on sait qu’il y a des pauvres qui s’en sortent mais la plupart, non, ne s’en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c’est comme dire à un affamé qu’il n’a qu’à manger de la brioche.
– Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne.
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Et ci-bas un auteur que je veux découvrir en août
https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2022-07-31/entrevue-avec-le-sociologue-hartmut-rosa/apprendre-a-resonner.php

Je voudrais, avec vous, demander à nouveau pardon à toutes les victimes.
La douleur et la honte que nous ressentons doivent devenir une occasion de conversion : plus jamais ça ! — Extrait de l’homélie du pape François
___C’est notre vie, c’est mes amis, c’est tout le monde qui est dehors, que vous ne voyez pas, qui ont été touchés, qui ont été affectés et qui ne l’ont pas entendu aujourd’hui, mais qui ont accepté pareil cette messe-là. Ils l’ont trouvée belle
,
Alors, comprenez-vous que, quand je vais vous dire bye-bye tout à l’heure, bien, je vais leur dire : vous pouvez lire ce que le pape a dit ce soir à d’autres Autochtones, à d’autres leaders puis à la planète au complet
.
– Michèle Audette sénatrice autochtone.
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Quelle semaine mes ami(e)s ! La visite de vous savez qui a pu initier pour tout un peuple un début de guérison à grande échelle pour des crimes commis depuis des siècles sur cette terre par l’envahisseur.
Comme le disait avec justesse Ghyslain Picard hier, militant innu et chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador depuis 1992, qui en a donc vu d’autre, chaque personne fera son propre processus de guérison à sa mesure et à son rythme.
Certain(e)s portent encore les conséquences de ces crimes en leur terre, leur corps et leur âme et conscience. Certain(e)s les ont subis, d’autres les ont imposés. Mais ces crimes souillent la terre locale et flottent dans l’air local depuis des siècles, comme ils ont heurté les coeurs et l’âme de tant de gens.
Peu importe notre ascendance, même si les répercussions se vivent très différemment, nous sommes tous et toutes lié(e)s par les gestes d’horreur commis. Qu’on les sente ou pas, qu’on le veuille ou non, notre passé nous habite toutes et tous. On ne peut se laver complètement les mains de notre passé car nous le portons dans notre histoire jusque dans nos gènes. Consciemment ou pas. Commune l’histoire, une seule histoire même si différentes versions vécues.
Si beaucoup de sang a coulé au fil des siècles au nom de Dieu, par la bouche (et les mains etc) de son armée d’hommes supposément pieux, cette semaine beaucoup d’encre virtuel s’est téléchargé. Normal car nous les humain(s), nous exprimons nos émotions par la bouche de nos passions, ou par nos claviers. Mieux que de les emmagasiner dans son corps et son inconscient. Jusqu’à un certain point. Et maintenant est venu le temps de ramener toute cette histoire chacun(e) à soi et de réparer.
Ces gestes répugnants ne peuvent être défaits ni refaits, mais désormais on aura tourné une page du grand livre des histoires plus ou moins rapportées avec justesse dans nos livres de blancs. On construit toujours l’histoire que l’on veut que le monde retienne, mais la vérité finit toujours par émerger. Sinon dans les livres, toujours dans le coeur et la conscience des gens.
En ce sens, le pape est au moins venu. Un premier pas est fait. Et espérons maintenant que l’église prenne vraiment ses responsabilités parce que jusqu’à maintenant, il ont joué safe François et ses sbires avouons-le. Que certains chrétiens et hommes d’État. Come on Frankie boy ! Mais un pas à la fois, et chaque pas dans la foi comme on dit.
Peu importe ce qu’on en pense, ce que l’on a lu et écrit, la vie continue et la réflexion se poursuit. Je crois sincèrement que symboliquement, malgré la tiédeur des excuses et des responsabilités avouées, cette visite est importante, au-delà des détails de la réparation concrète qui s’en suivra.
Ainsi, en ces temps de pardon et de grand passage tant sur les plans social qu’historique, en guise de conclusion de cette semaine marquante, je tiens à partager ici les mots du «Décret du Pardon et de la Guérison» traduit du portugais (mots d’André Lima, du Brésil).
Meegwetch aux gens d’ici. Le ici de partout.
Dès maintenant, je laisse aller tous les ressentiments liés aux expériences passées.
Je laisse aller et je pardonne à toute personne qui a pu me blesser.
Je laisse aller et je pardonne à toute institution, entreprise ou gouvernement qui a pu porter atteinte à ma vie.
Je choisis de pardonner tout en me sentant en sécurité et protégé(e).
Je pardonne et j’impose mes limites à chaque fois que cela est nécessaire.
Je pardonne la vie, Dieu ainsi que l’Univers, pour tout type de situation actuelle ou passée dont je me sens ou me suis senti(e) victime.
En ce moment même, je choisis de laisser se dissoudre tout sentiment d’injustice, de deuil, de colère et de tristesse.
Je me pardonne pour toute erreur que j’ai pu commettre ou pour toute opportunité que je n’ai pas su saisir.
Je me libère de la culpabilité et je boucle toute action ou pensée qui ne soutient pas la vie.
Je laisse et laisserai le pardon nettoyer chaque cellule de mon corps.
Mon Esprit prospère pardonne à tout et à tous et toutes de façon inconditionnelle car tous et toutes méritent de ressentir la paix intérieure et le bonheur.
Cette paix est ma propre essence et je lui permets de s’exprimer.
Je laisse et laisserai le pardon désintoxiquer et purifier chacune des cellules de mon corps.
Toutes les personnes et les expériences de ma vie m’ont apporté de grandes expériences d’apprentissage. C’est pourquoi je remercie tout ce que j’ai vécu et tous ceux et celles qui ont contribué à ma propre croissance.
Je pardonne aussi ma famille, mes parents et mes ancêtres pour toute forme de souffrance qu’ils ont pu m’imposer ou me transmettre. Ma paix intérieure est supérieure à tout attachement, émotions et rancune antérieurs ou actuels.
C’est grâce à la libération de ces sentiments et de ces ressentiments que je peux me libérer totalement de toute victimisation et me dégager de mon histoire personnelle antérieure.
À partir de maintenant, j’assume l’entière responsabilité de ma vie afin qu’elle m’apporte bonheur et plénitude.
Mon Esprit est complètement engagé dans le moment présent et la présence afin de créer la vie, la prospérité et l’abondance que je souhaite et mérite et que je souhaite à tous et toutes.
Graduellement, et de plus en plus, je laisse grandir et s’étendre la gratitude en mon for intérieur, rendant chaque cellule de mon corps plus vibrante, apportant guérison, purification et sobriété à mon esprit supérieur et à mon corps.
Je laisse cette gratitude s’étendre au-delà de mon corps physique pour aider à guérir les gens, les animaux et l’environnement autour de moi.
Ainsi soit-il