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AVÉ RITÉ

Il y a beau avoir des tonnes d’informations disponibles out there, la seule vérité essentielle ne se trouve pas dans un écran, sur du papier ou dans la bouche d’autrui.

On doit se fermer les yeux pour la chercher et la trouver. En fait on ne doit pas vraiment la chercher, on doit la laisser émerger, monter d’elle-même ou descendre si on préfère, selon notre point de vue.

Car on aura beau parcourir les sites les plus pointus, ou les sources du deep web le plus profondes, la vraie vérité, celle qui compte, celle qui comble, la quête ultime, ne se trouvera jamais à l’extérieur de soi. Car le monde extérieur n’est toujours qu’une représentation de notre monde intérieur. La seule vérité qui étanchera notre soif profonde est celle qui se trouve au-delà des mots.

Car j’ai beau souligner la supériorité de l’écriture sur la parole comme je l’ai fait il y a quelques jours, j’ai beau faire bla bla ici plusieurs jours par semaine, je considère le silence toujours supérieur aux mots. Les mots ne peuvent faire que se révéler le silence. C’est pour cela que je m’arrange, avec ma gang de silencieux/ses de la Tribu, pour partager le silence 5 fois pas semaine. Ma connaissance ultime.

Car dans le silence, pas de communication mais de la communion pure. Dans le silence, pas d’incompréhension, que la même longueur d’ondes, même si chacun chacune est apparemment chacun chacune dans sa petite bulle. Tous et toutes dans la même grande bulle de silence la vie.

Et quand on parle de faire ses recherches comme on nous l’a tant suggéré depuis quelques années, les vraies trouvailles ne se trouvent pas au bout de nos doigts, ni même au bout de son nez. Non, la vérité vraie ne peut que se cacher en soi. Et comme on dit, Google n’a pas réponse aux questions les plus importantes. Genre : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Pourquoi la vie ? Genre.

De toute façon, il existe tant de sources d’informations diverses et différentes et contradictoires ces temps-ci que la vérité out there se trouve noyée tel un poisson dans l’eau céant. Il y a de tout et de tous les genres au bout de nos doigts et plein nos yeux, tellement qu’on ne sait plus ni ne voit. On nous en met tellement plein la vue qu’on se trouve aveuglé(e)s et tout mêlé(e)s. On peut se perdre complètement à chercher le vrai en dehors de soi. Et d’ailleurs, le vrai de l’un est le fake de l’autre.

Mais pour faire la vraie recherche, la seule qui compte, la seule qui nous comblera, il faut fermer les yeux, il faut faire silence, il faut arrêter de chercher en dehors de soi.

Car nous sommes déjà assis(e)s sur la réponse, les réponses qui comptent pour notre âme et notre coeur, elles vivent déjà en nous. On les aurait déposer en notre coeur à la naissance. La clé y est cachée.

Alors on doit laisser émerger le signifiant, et être patient(e), arrêter de courir, et ne pas trop vouloir. Car comme un fruit, on ne peut tirer tant que ce n’est pas prêt, tant que ce n’est pas mûr. On peut s’occuper du terrain autour de son arbre, nourrir la terre mais on doit surtout savoir attendre patiemment, sans but et lorsque le temps sera venu, le fruit tombera de lui-même, les fleurs apparaîtront. Pas via notre écran, pas dans la tivi. En soi. Maintenant. Ici. Car toujours qu’ici, et maintenant. À jamais. Depuis toujours. Juste ici, là là.

Bonne (en) quête et bonne patience.

HEIN ? CONSCIENTS ?

La plupart du mal en ce monde résulte du fait que les humains sont en général désespérément inconscients.
– Carl Jung

On dit que nous, terriens, possédons toutes les ressources pour que tout le monde mange à sa faim, que tous et toutes soient logé(e)s et que tous les besoins de notre monde soient comblés. Mais on investit tant dans la guerre, la destruction, la pollution, la surconsommation. Ça en est décourageant.

Pourquoi nous demandons-nous ? Question à milliards de bidous.

Probablement en partie parce que l’on se sent séparé(e)s du reste du monde, alors certains s’en accaparent trop, et s’abandonnent à leur avidité.

Probablement parce qu’on se sent déconnecté(e)s de notre mère terre, alors on l’abuse et l’exploite à outrance sans réaliser que c’est à nous que nous nuisons.

Probablement en partie parce qu’on a peur de mourir, alors on accumule les bébelles comme si ça éloignait la mort.

Essayer d’être heureux en accumulant des possessions est comme essayer de combler sa faim en se collant des sandwichs sur le corps.

Probablement parce qu’on ne se connait pas assez, trop habitué(e)s à se divertir plutôt qu’à s’investir.

Probablement en partie aussi parce que nous sommes encore des animaux, même si sociaux, qui ont peur de mourir de faim, alors on se gave à mort. Plus de gens meurent désormais de surpoids que de faim dans le monde. On mange à mort.

Mais au final, malgré une parfaite imperfection, probablement que le monde ne tourne pas tout à fait rondement parce que nous sommes inconscients, ou moins que plus conscients. Il nous manque des bouts de conscience. On ne saisit pas tout, de soi comme du monde. On n’inclut pas tous ni toutes dans notre vie. On s’exclut du monde, le plus grand monde que petit soi.

Comme l’impression qu’il nous faudrait aller en soi pour revenir aux sources. Pour voir plus grand, pour se situer dans le monde. Car le monde entier est en nous.

Nous nous prenons peut-être pour le nombril du monde, mais nous n’avons pas conscience du reste du corps du monde, le coeur du monde. Il nous faudrait retrouver notre juste place dans le monde. En toute humilité, en pleine conscience pour de vrai.

Certains aiment se dire conscients(e)s et disent pratiquer la méditation de la pleine conscience. Mais à mon humble avis, la pleine conscience passe inévitablement par la réalisation de notre inconscience. En éliminant nos zones d’ombre, on finit par voir la lumière. C’est en prenant conscience de sa propre inconscience que l’on devient conscience.

On dit que le chemin vers la conscience en est un long et plein de détours. On ne peut y aller qu’un pas à la foi, et comme j’aime dire, chaque pas dans la foi.

Ma foi du bon Dieu, marchons notre parole.

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L’éveil de l’humanité se fait par étapes individuelles, la prochaine étape est la révolution de l’amour – la révolution de la force vitale. L’amour est la force qui anime toutes les belles choses, créatives et joyeuses qui composent le monde. Ces qualités peuvent être encore plus développées dans notre société. Ce sont les énergies qui rendent notre planète vivante et devant lesquelles l’obscurité se retire.

Quand nous libérerons tous l’énergie de l’amour en nous, l’humanité découvrira pour la deuxième fois dans son histoire le feu. Nous sommes maintenant tous invités à faire de la terre un reflet vivant du ciel. Un petit fil de lumière se transformera en une lumière céleste. Car nous sommes tous nés en tant que lumière, et nous allons tous nous en rappeler.“

– Christina von Dreien

ÉCRITS : CRIS CHUCHOTÉS

Citation via mon amie lutine.

En effet, quand on écrit, il n’y a aucune distraction, aucune séduction. Notre vérité toute nue. Notre âme en vue. On ne peut voler la vedette à nos mots. Avec nos doigts et notre coeur, on se dépose, mots noirs sur écran blanc, et on dévoile ses pensées, ses émotions, ses tripes, son coeur et son âme à la vue du monde entier.

C’est gratuit, c’est ouvert, c’est offert, c’est tout cru, que les gens nous croient ou pas. Et nous, nous sommes tout cuits car on s’expose le coeur au malentendu et aux jugements d’autrui. Nos mots se mettent à la merci de tous et toutes. À la grâce des yeux, d’autrui.

Lorsqu’on parle, on peut se cacher derrière les mots, on peut tenter de rationnaliser, de surexpliquer, de faire du bruit pour faire avaler les mots, on peut tenter de convier par le biais du corps, le sens de ses mots. On peut tenter de démontrer ce que l’on veut dire en gesticulant, en enrobant nos mots de sparages.

Quand on parle et qu’on gesticule, on tient les autres captifs, on pervertit – plus ou moins – nos paroles, on leur fait du bruit. Et souvent on étouffe le silence. Quand on écrit, on peut mettre de l’enrobage autour de nos mots pour se dégêner. Nos mots sont offerts at large, grand ouverts, grands et ouverts à tous et toutes. À l’écrit, nos mots s’offrent tout nus.

Par l’écriture qu’on pénètre le mieux les gens en effet. À condition qu’ils et elles se laissent pénétrer. Très respectueux l’écriture. On offre et le monde dispose. Ou la plupart du temps pas. Car la grande majorité des mots que l’on publie, poste et imprime ne sont pas lus. Ça requiert beaucoup d’humilité écrire. On dépose et le monde dispose. Comme dans le terme anglais disposal qui veut dire détruire ou se débarasser de. Car oui, souvent nos mots ne trouvent pas preneurs.

Quand on écrit, on ne donne pas ses mots, on les offre. Message in a bottle chantait le poète.

Par l’écriture qu’on pénètre le mieux les gens, mais par la chanson aussi. Quand on chante devant les autres, pour les autres, on offre sa voix, qui se veut une courroie directe de son coeur vers le coeur des autres. Donc on ouvre son coeur à tous vents, à toutes oreilles. Et à la grâce de Dieu.

Les mots noirs sur le papier blanc – ou de plus en plus sur l’écran – c’est notre âme toute nue présentée au monde, dévoilée, démaquillée. Et la plupart du temps ignorée.

Alors ce matin, voici mes mots, que vous lirez, ou pas.
Et de toute façon, ils ne sont pas vraiment mes mots non plus, ils ne sont que les mots qui ont choisi de sortir ce matin. Les mots les plus pressés de sortir de ma tête, mon coeur et mes doigts, ceux qui se sont rendus jusqu’à vous. Mais pour la plupart, ces mots ne seront pas lus, ni entendus. Et cela est juste et bon. Les chances statistiques que vous lisiez ces mots sont si faibles.

Et si nos mots ne sont pas lus, aucun problème. Car au fond, on ne parle toujours qu’à soi-même.

Vous, entendez-vous ? Vous entendez-vous ?

MAIN TENANT CE MOMENT

Regardez bien l’image…

Mémoire, de ce qui a été, de ce qui était jadis, de ce qui fut, ou du moins de ce qu’on veut ou peut s’en rappeler et souvenir.

Imagination, de ce que l’on aimerait, ou de ce que l’on aurait souhaité qui soit.

En fait, même la mémoire est une forme d’imagination. On garde les souvenirs qui nous plaisent, qui nous font nous sentir bien en lien avec notre histoire.

Si on pense surtout pouvoir créer notre avenir, en fait, on recrée souvent aussi notre propre passé. Ce qui contribue à définir – encore et encore – qui nous sommes aujourd’hui. Right now, now here.

On dit que si nous sommes déprimé(e)s ou nostalgiques, c’est qu’on vit dans le passé et si nous sommes anxieux ou angoissé(e)s, c’est qu’on vit dans l’avenir. Ça fait du sens non ?

Ainsi, la seule solution consiste à vivre le moment, à vivre dans le présent. Grand cadeau que ce présent, que celui d’arriver à vivre (de plus en plus) dans le présent. Mais même si ça sonne simple, ce n’est pas toujours facile. Trop simple peut-être et nous on aime ça quand c’est compliqué. Ça nous fait sentir vivant(e).

On dit d’ailleurs que nous ne sommes que cet instant, que ce moment. Celui qui passe, vite, et toujours, sans cesse, ce moment qui fuie et qui fuit. Ce moment qui se perd sans coupure dans le prochain, ce qui fait que nous ne sommes qu’une suite de moments présents qui se succèdent.

Au fond, nous ne sommes qu’une suite de moments présents qui coulent les uns à la suite des autres.

Nous sommes le/la spectateur/trice qui regarde défiler le fil des événements, ainsi et surtout peut-être le film de nos pensées. Pensées qui roulent, circulent, reviennent sans cesse, souvent les mêmes d’ailleurs. Petites fenêtres qui encapsulent le vaste monde dans notre si petite tête. Même quand on dort, les pensées se transforment en rêves ou en cauchemars car on n’a plus alors de choix quant à ce qui réussit à émerger du fin fond de notre boîte à pensées.

Simple la vie quand même. Qu’un instant, qu’un moment à la fois, à regarder défiler le temps en nous, devant nous, partout, tout le temps. Le temps qui passe, qui roule et qui déroule.

Quant au concept de réalité, on doit continuer à regarder car rien de très précis en ce sens. On semble voir et vivre chacun chacune sa propre réalité. Le monde est probablement plein de différentes réalités qui cohabitent, se juxtaposent et parfois s’entrechoquent. Chacun sa petite fenêtre pour regarder vivre le grand et vaste monde.

Mais en ce moment, que ce moment, qui est déjà passé et qui se fond dans le prochain, et le prochain et le prochain…

Moment, moment, ton fils passe de très bons moments…

NOUVEAU MONDE

Ce matin, je poste les mots des autres. Ceux de Christiane Singer, ci-haut. Mais surtout ceux de Jodorowsky, ci-bas. Percutants de justesse, d’actualité. Des mots qui donnent espoir en ces temps un peu troubles pour dire le moindre.

Un temps de chaos qui nous demande de nous ré-inventer, nous re-définir car le monde doit changer plus que jamais auparavant. Ce monde qui chauffe, qui brûle et qui s’assèche. On doit rester juicy.

Bonne lecture.

La troisième guerre, la dernière, la spirituelle…

Tellement prédit par les civilisations anciennes.
La fin de la franc-maçonnerie.
Le début de la puissance de l’âme.
Nous sommes dedans.
Tout se déplace en accord avec les lois de l’Évolution.
Des purifications collectives sont en cours, donc l’élimination permanente des mémoires de douleur de l’Akasha de Gaya.
Et de nous tous.
Ce mécanisme comporte des libérations d’énergie intenses (malaises physiques et émotionnels différents).
C’est un événement qui va changer pour toujours les fréquences de ce monde.
Ce qui se passe n’est pas quelque chose de «gérable» par l’être humain, ce n’est pas une chose qui peut être arrêtée ou opposée.
Nous pouvons l’accepter ou le rejeter.
Si nous l’acceptons, nous deviendrons l’instrument du changement.
Si nous le refusons, nous aurons de plus en plus de difficultés.
La puissance créatrice de l’univers, dont nous faisons partie active, exécute ce qu’elle doit pour nous ramener dans le bon cap.
Si nous nous appuyons sur les intentions les plus propres de notre cœur et de notre âme, nous pouvons devenir un outil évolutif.
Nous vivons des journées très lourdes sur le plan énergétique (qui induisent la mélancolie, la colère, la tristesse, l’apathie, la peur) simplement parce que… «les couvercles» ont été enlevés.

L’obscurité n’a plus d’abri et doit se montrer.
Chaque âme est obligée de faire face à elle-même, à son karma.
Avec sa propre responsabilité comme manifestation divine dans cette densité terrestre. Nous sommes tous appelés à l’introspection.
Et pas seulement.
Ce que nous choisissons d’être maintenant est essentiel, car il mettra les bases des prochaines étapes sur lesquelles construire les transformations nécessaires pour ancrer le Nouveau Monde.
Le passé de cette planète termine le cycle de guérison Karmique.
Le printemps ouvre les portes à de nouvelles solutions, car «l’ancienne» façon de vivre ne peut plus se tenir debout.
Les autels tombent.
Le pouvoir connaîtra l’humilité.
Cela se produit déjà au sein de grandes institutions, la conscience est littéralement en train de briser les barrières qui l’opposent.
C’est une bataille, c’est la troisième guerre.
Et c’est la dernière.
Plus jamais combattue avec les armes, mais affrontée par les plus anciens adversaires : la peur et l’amour.
C’est de ça que nous sommes impliqués.
Si nous sommes ici maintenant, c’est parce que nous avons choisi d’en faire partie.
Chacun comme bon lui semble.
Ne retenez pas vos émotions parce qu’elles sont intenses, surtout pour ceux et celles qui perçoivent en profondeur ces changements vibratoires.
Le corps vit tout ça.
Aimez-le encore plus.
Cherchez plutôt la tranquillité, le silence, la solitude, l’accueil en vous des ouragans que vous ressentez dans l’esprit.
Et même si vous ne les comprenez pas souvent, soyez sûr qu’il est maintenant impossible de comprendre rationnellement ces sautes émotionnelles, qui nous touchent de si près.
Nous guérissons des siècles et des siècles…. et des siècles de blessures profondes en nous.
Les informations de douleur qui sont devenues des mémoires en nous et dans le collectif, au point de devenir une grille, dans laquelle tout est resté intact… sachez qu’elles s’effacent définitivement maintenant.
Chaque douleur qui a touché ce monde, pendant des millénaires, chaque injustice, chaque mensonge, littéralement «disparaît» de cette réalité.
Ayez confiance en ce qui se passe même si vous ne pouvez toujours pas le voir concrètement de vos propres yeux… des changements incomparables et magnifiques se produisent dans le subtil.
Ayez de la vérité dans le cœur et de la force à la faire avancer.
Ayez de la cohérence avec ce que vous ressentez, et défendez votre identité divine.
Protégez-vous des injustices avec la détermination que seule l’âme éveillée connaît.
Soyez Lumière.
L’heure n’est plus à l’omerta et à la résignation.
Nous franchissons les portes d’un rééquilibrage qui n’admet plus aucune fuite de nos responsabilités.

– Alejandro Jodorowsky

PRIÈRE DE DÉGUSTER LE MYSTÈRE

Pries comme un(e) amoureux(se), pas comme un(e) mendiant(e).

J’aurais voulu traduire par pries comme un aimant pas comme un mendiant, pour la rime. Car j’aime le mot aimant. Ça sonne comme aimer, plus dégagé qu’amoureux(se). Ça suit davantage les lois de la nature. Soit ça attire quand c’est complémentaire, soit ça repousse quand c’est trop semblable.

Le terme aimant – ou aimante car c’est dans l’air du temps – me semble relever davantage de l’amour, du coeur, de la vie, de la beauté, du don de soi qu’amoureux(se). On n’a jamais vu de chicanes d’aimant(e)s. Soit ça clique, soit ça schlike.

Si un(e) aimant(e) peut attirer, ça peut tout autant repousser. Un(e) aimant(e) c’est tranché(e), c’est clair(e), c’est un ou l’autre. On sait à quoi s’en tenir avec un(e) aimant(e). Comme avec l’amour authentique et sans compromis qui ne peut tolérer la fausseté et la manigance, le non authentique. Car un(e) aimant(e) ne fait pas qu’attirer et faire venir vers lui, ou elle, ça claire, ça dégage, ça émane une forte énergie non ambigue. On sait à quoi s’en tenir avec un(e) aimant(e).

Je sais que tout comme George Carlin (voir c-bas), nous sommes plusieurs à entretenir des doutes au sujet du concept et de l’acte de prière. Nous sommes resté(e)s accroché(e)s sur les prières forcées de notre enfance catholique. Car dans le sens traditionnel du terme, la version mendiante, tout le monde passe ses commandes à Dieu le Père (ou Déesse la mère) puis attend. Passifs devant le divin destin, soit on est satisfait(e), soit on est déçu(e).

Sauf que nos milliards de prières contradictoires pourraient avoir comme conséquences de déranger sérieusement le plan divin si elles se manifestaient toutes. Et de toute façon, lequel des millions de divinités a le contrôle du divin remote ?

Ainsi, soit on fait confiance que tout ce qui arrive est divinement orchestré et parfait tel quel, alors on accepte, soit on relève ses manches et on s’arrange pour les choses se passent.

Personnellement, après quelques années, je redécouvre une nouvelle forme de prière, ce qui me semble le sens profond et authentique de la prière. La forme de prière qui apprécie et qui exprime sa gratitude et sa reconnaissance car nos voeux sont déjà exaucés. Je découvre une forme de prière qui accepte tout ce qui arrive, même si ce qui semble contre-productif et négatif sur le coup. Car si ça arrive…

le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux changer, et la sagesse d’en connaître la différence. 

J’ai appris, grâce à la méditation et notamment grâce aux mots d’Osho qui nous présente la prière autrement, que la prière est un état de grande réceptivité, une disposition d’ouverture face à la vie et à ses multiples manifestations, un émerveillement devant le grand mystère qui se déploie à chaque instant devant nos yeux et en notre coeur.

Je réalise que la prière est un remerciement plus qu’un souhait ou une demande, une profonde acceptation de ce qui est comme le courage et l’audace de tenter d’améliorer les choses pour les gens autour de soi. Marcher sa parole. Et à la grâce de Dieu, ou de quoi que ce soit qui manigance tout ceci, comme tout cela.

Quand je prie pour quelqu’un, je ne fais que porter cette personne en mon coeur, la border en mon for intérieur, je ne fais que penser à elle en souhaitant qu’elle puisse accepter totalement ce que la vie lui offre. Pas envie de m’aventurer à passer une commande en son nom.

Je prie, j’ai appris.

Merci, et je vous en prie.

Ci-bas, quelques mots d’Osho justement au sujet de la prière.

Et ci-bas, la clé de l’harmonie, qui me semble une forme de prière éclairée et émanante. Prière que nous récitons dans nos cérémonies.

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 

Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 

Je suis satisfait(e) et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 

Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il. 

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Oncle Georges.

OFFRONS DON

Pas qu’on veuille absolument qu’il reste quelque chose de soi. Car qu’est-ce que ce petit moi de toute façon ? Mais plus on donne plus on apprend que le simple fait de donner est gratifiant. Sans promesse de gain en vue, que du don pur. Dondainelaridaine. Donner pour le simple plaisir de donner. Peu importe ce que l’on donne, que ce soit du temps, des choses ou soi-même. Car quand on donne, on se sent connecté(e)s, quand on donne on reçoit.

Ou dit aussi : tout ce que tu gardes, tu perdras, tout ce que tu donnes tu posséderas à jamais.

Donner ou prendre ? Telle est la question, telle est l’une des questions du moins. Mais la vie se distingue-t-elle vraiment entre donner et recevoir ? Car lorsqu’on donne, on reçoit encore plus. En fait, c’est quand on donne qu’on reçoit le plus. Alors on ne peut pas vraiment parler de donner et de recevoir en quelque sorte, on ne peut que laisser passer à-travers soi.

Car que peut-on donner quand nous sommes toutes et tous né(e)s les mains vides ? Et avec quoi repartira-t-on de toute façon ? On quittera cette terre les mains vides comme nous y sommes arrivé(e)s. C’est le coeur qu’on doit remplir, le nôtre comme celui des autres. Et le fait de donner possède cette qualité.

Quand on laisser aller quelque chose – ce qui est de toute façon souvent déjà dépassé et passé date – ça fait de la place pour du nouveau, pour du renouveau. On tasse le vieux pour faire place à du neuf. Même s’il n’y a pas de garantie. Car il n’y a jamais de garantie, jamais rien de certain avec le fait de donner. Tout est à possible, comme rien. Sans certitude aucune. Et il faut donner le temps au temps.

On te demande de laisser aller tout ce que tu as toujours su pour que tu puisses recevoir tout ce que tu as toujours demandé.

Le simple acte de donner est en soi déjà suffisant. Donner au suivant, donner pour la vie coule, donner pour le simple plaisir de partager, simplement parce que la vie nous a déjà tant donné, tant nous a été donné. Du moins prêté pour un bout de temps.

Et éventuellement, tout doit partir, tout doit quitter, une grande vente de liquidation la vie ! Important de savoir quand laisser aller. Et on sait que c’est le bon moment quand le don s’accompagne de liberté plutôt qu’un sens de perte.

Tu vas savoir que quelque chose est complété quand tu le laisses aller et que tu ressens de la liberté plutôt qu’une perte.

Et comme on dit, donne ce que tu aimerais recevoir. Et on verra bien ce que la vie redonnera en lieu et place. Car elle donne et redonne toujours. Comme l’air qui remplit nos poumons, comme la terre qui nous nourrit, comme chaque jour qui se remplit de nouveau.

On dit que dans la vie, il y a ceux qui donnent, et ceux qui prennent. Mais probablement que tout le monde se perçoit comme des donneurs/ses. Car tout le monde donne un peu et reçoit beaucoup. Et on reçoit tous et toutes plus que l’on donne. Car on ne fait que passer ici. On passe en cette vie et on laisse les choses se passer et nous passer à-travers.

Fais la différence entre ceux qui restent pour nourrir la terre et ceux qui viennent pour cueillir les fruits.

Offrir est au don ce que recevoir est à prendre. Au fond, on n’a pas vraiment rien à donner, on ne peut qu’offrir et ceux et celles qui en veulent et en ont besoin accepteront notre don, ou pas. Comme on n’a pas à prendre, on n’a qu’à accueillir. Car de toute façon, cueillir avant que les fruits ne soient mûrs n’est pas accueillir, c’est cueillir de force.

En ces temps particuliers, très probable que nous devrons apprendre à prendre moins et à donner/offrir davantage. À cueillir moins et à accueillir davantage.

Car du give and take la vie. À prendre ou à laisser.

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N’ayez pas peur. Tout ce que vous perdrez ne valait pas la peine d’être gardé.
– 0sho

TI JOE L’IGNORANT

N’accumulez pas de connaissance à partir de mes propos. Cela ne vous aidera pas, au contraire cela va vous nuire. Car vous allez croire que vous savez, alors que vous ne savez rien. Demeurez toujours conscient(e) de votre ignorance, parce que l’ignorance recèle des possibilités mais la connaissance aucune.
– Osho

À force de lire au sujet de la conscience, de l’illumination, de la spiritualité, de la connaissance de soi et autres intéressants sujets philosophico-ésotérico-spirituo-évolutifs, de se taper des mêmes intelligents, ou d’écrire des chroniques éclairées ou éclairantes 😉 on en vient à penser que l’on en sait quelque chose en la matière. On accumule des connaissances, et on les régurgite. Et on pense savoir.

Alors que l’on n’en sait jamais vraiment rien. Pas vraiment. On ne fait que faire sienne l’expérience des autres, leurs mots, leur point de vue, leur perspective, soit leurs idées sur la chose en question et on répète advitam aeternam. Coco veut un satori !

Qu’elles soient fondées ou pas ces affirmations, on n’en sait rien car ce n’est pas une expérience directe de notre part, mais si elles sonnent bonnes, on les accepte – ou pas, on les rejette – et ainsi on pense savoir. On se définit souvent par rapport aux connaissances et propos d’autrui. Soit en s’y conformant, soit en s’y opposant, ou en s’en démarquant.

On entend, on lit, on écoute ce que les sages, philosophes et grands penseurs disent, affirment et émettent et, à force de nous frotter à leurs enseignements, on en arrive à penser savoir quelque chose, ou quoi que ce soit. On se construit une pensée à propos de.

Mais au fond, on ne fait qu’acquérir de la connaissance empruntée, du stock de seconde main. Comme si on lisait des menus de restaurant ou des livres de cuisine en pensant savoir ce que goûtent les plats dont il est question. Ultimement, on restera sur sa faim, la tête pleine mais l’âme vide. À mâcher du prêt à penser.

J’ai Osho comme maître depuis une quarantaine d’années. J’aurais pu dire je suis disciple d’Osho, ou Osho est mon maître, ou je marche avec Osho. Mais à mon avis, toutes ces affirmations décrivent inadéquatement la nature d’une relation maître-disciple. La meilleure serait de dire que j’ai Osho au coeur.

En fait on dit qu‘il n’y a pas vraiment de relation maître-disciple, car on dit que c’est le disciple qui pense qu’une telle relation existe. On dit aussi qu’il n’y a plus personne du côté du maître. Des qu’en dira-t-on quoi.

Quand on a été accepté par un maître – car on dit que c’est le maître qui choisit le disciple et not the other way around car comment l’aveugle pourrait montrer la lumière à celui qui voit ? – on peut facilement – inévitablement ? – tomber dans une forme d’égo spirituel.

Wow, regardez-moi, je suis disciple de tel ou tel maître depuis tant d’années. Depuis si longtemps je suis ses enseignements.

À cet effet, j’aime les propos de Jed McKenna (à découvrir, maître radical américain) qui répondit à quelqu’un se présentant à lui et fier de plusieurs années de cheminement auprès d’un certain maître spirituel: soit que tu es très stupide ou que ton maître est un incompétent car après toutes ces années, tu n’as pas encore catcher la patente (ma traduction) ! Tiens prends ça mon disciple !

Et pas qu’en compagnie d’un maître que l’on puisse se gonfler l’égo car encore plus facile de le faire en clamant que nous ne suivrons jamais personne car sommes notre propre maître. Lol en masse. Maître de mes deux oui.

Tout ceci et cela pour dire qu’on ne sait jamais vraiment rien à moins que cela ne soit notre expérience personnelle.

Comme Osho nous disait souvent – à part que nous sommes principalement des ignorant(e)s qui s’ignorent comme ci-haut – la connaissance n’existe pas, il n’existe que l’acte de connaître qui se déploie au quotidien. Du moins c’est ce que j’ai compris de ses mots. Il me semble que la connaissance, comme l’amour et la conscience, ne peuvent être des choses ou des concepts, ils ne peuvent que se faire verbe, et se manifester qu’au présent de surcroît. Car le passé n’est plus et l’avenir pas encore et l’amour, la conscience et la connaissance se conjuguent très mal au passé complexe ou au futur simpliste.

Osho aimait nous dire également qu’il parlait principalement non pas pour nous inculquer de nouvelles connaissances, mais principalement pour occuper notre mental pendant que le vrai travail du transfert de l’essence fondamentale prenait place dans une autre sphère.

Un peu ce que je retrouve aussi dans le cadre de mon parcours au sein du Santo Daime. Pas de doctrine à apprendre par coeur, rien de nouveau à acquérir, que de la présence à appliquer, qu’un silence intérieur à cultiver et des chants à chanter de tout son coeur et en choeur avec les frères et soeurs. Que du délestage de ce qui bloque la lumière jamais absente, que du larguage de prétendue connaissance pour plonger dans l’expérience.

Alors cher(è)s ami(e)s et compagnes et compagnons du chemin vers nulle part ailleurs que now here, demeurons alertes au sujet de notre ignorance mes chers Ti-Jos et Jane ignorant(e)s du Gland Chemin ! Car la vie est – aussi – une grosse joke co(s)mique.

Aho bien bas et tourlou.

Come follow disait-il…

Yes I do répondis-je…

Et Sploush dans l’inconnu !

HABITONS NOTRE ÂME ET NOTRE COEUR

Être sur un chemin spirituel ne signifie pas aller quelque part, c’est occuper totalement l’espace où tu te trouves.
– Simone Nitzan

J’ai utilisé ce meme principalement pour jouer autour de l’expression chemin spirituel car ce thème me fait parfois réagir, parfois sourire. Comme si quelconque forme de vie pouvait ne pas être spirituelle, non habitée par l’essence du grand Esprit. Et qu’un chemin pouvait ne pas être spirituel, même s’il est ancré solidement dans la matière. Comme s’il y avait une claire frontière entre esprit et matière. Allo encore chère dualité.

Nous sommes nombreux à aimer nous considérer comme une personne hautement évoluée spirituellement. Encore un beau tour du petit moi on dirait bien. J’allais écrire ce cher égo – oups je viens de le faire – mais ce terme est si galvaudé, connoté négativement, craint même et utilisé à toutes les sauces que je tente de l’éviter désormais, préférant plutôt parler en termes de personnalité, de petit moi, d’humanité, de simplicité, d’arrogance et/ou d’humilité.

Comme si on pouvait vivre sans égo, comme si ce terme était un péché. D’ailleurs je trouve que le terme péché est également mal compris. Péché ne veut que dire erreur, comme dans essai, tentative de quelque chose de nouveau et, qui dit erreur dit possibilité d’apprentissage. Et qui dit processus d’apprenti sage dit inévitablement commettre des erreurs pour pouvoir apprendre de celles-ci. Pas vraiment d’autres façons d’apprendre à mon avis. Aucun parcours sans faute de toute façon. Et jamais de faute, que des leçons, et pas de leçon sans écart.

Pour en revenir au chemin spirituel, si on pousse la logique à son extrême, la destination finale et inévitable de ce chemin pour chacun(e) de nous, notre chemin individuel, réside dans la mort du corps physique. L’âge nous démontre cela en rappelant un à un(e) nos proches plus âgées, puis nos ami(e)s. Passage lors duquel on pense que notre âme, notre ptit bout du grand esprit, retournera enfin à la maison.

Mais pourquoi ne nous sentons-nous pas déjà – et toujours – à la maison ? La question se pose, et reste la plupart du temps sans réponse. Et c’est parfait ainsi car toute réponse risque d’être imposée par la peur de l’inconnu. Qui mourra verra bien, ou rien, ou pas.

Comment notre corps physique nous empêche de sentir cette connexion que nous rêvons retrouver une fois le corps largué ?

Pourquoi penser que lorsque nos poumons vont cesser de respirer et notre coeur de battre, que cela fera en sorte que l’on se sentira faire davantage partie de la vie ?

Si on ne sent pas déjà comme faisant partie intégrale du monde, pourquoi nous y sentirions-nous davantage dans l’au-delà ? Et l’au-delà n’est-il pas ici aussi ?

Voilà quelques petites banales questions qui me parcourent le cerebelum au vent de mes périodes de réflexion, de silence et de méditation. Jusqu’à ce que je me resaisisse et revienne à ma respiration. Car ça le plus vrai des chemins, un pas à la fois, une respiration à la fois.

Et possiblement des questions qui vous passent par l’esprit vous aussi à l’occasion.

Car c’est le propre de l’humain – coeur corps esprit et égo compris – de chercher du sens. Comme c’est la tendance chez plusieurs parmi nous de tendre vers un ailleurs meilleur, d’avancer constamment par en avant. Et de fait, de n’être jamais totalement ici, souvent sinon toujours quelques pas en avance sur soi-même.

On aime se penser évolué(e) spirituellement, OK je vais parler pour moi. On aime même se penser le plus humble. Voyez, je parle même de moi à la troisième personne qui exclut la personne qui tape. Aussi évolué que ça le chroniqueur de glands chemins. Comme si on s’en allait à quelque part alors que nous sommes simplement ici.

L’Égo spirituel est probablement l’une des taches – et tâche peut-être aussi je ne se sais trop car ça semble faire partie de la job de la connaissance de soi – les plus difficiles à faire partir sur le linge blanc de notre haute considération de soi-même.

D’un côté, nous doutons de nous-même au plus haut point – quel est le sens de la vie ? qui suis-je ? ou vais-je ? pourrais-je payer mon loyer ? – et de l’autre, pour compenser ? – nous devons avouer que nous ne savons absolument rien face au grand mystère et que parfois la peur nous assaille face à l’inconnu, face à l’infini. Et cela est parfait ainsi. Et juste et bon.

Suffit d’apprendre à vivre avec le doute. À vivre a bout de son nez, à courte vue car là que les choses se passent. Jamais dans la phase finale de l’hypothétique plan quinquennal de toutes sortes d’affaires. Surtout ces temps-ci, si incertains.

Alors marchons ce chemin lentement et en toute conscience, une respiration à la fois, chaque moment au bout de son nez, le coeur grand ouvert et l’esprit comme un parachute. Sans se tenir après quoi que ce soit, ni retenir quoi que ce soit qui nous bouille profondément à l’intérieur. À l’écoute. Car la petite voix est peut-être celle de Dieu qui nous chuchote à l’âme 😉

Et invoquons le grand esprit – la grande esprite 😉 afin qu’il/elle/ça ou peu importe les lettres nous inspire dans notre humble quête qui consiste à prendre chaque pas dans la foi et à devenir qui nous avons toujours été comme qui nous sommes déjà.

Occupons notre coeur et notre âme. Sur ce chemin vers la maison.

PETITS GARS ET PETITES FILLES DE LA GRANDE VUE

Le monde n’est qu’une projection de nous-même et ce monde ne peut être transformé tant que nous ne le sommes pas nous-même. – Krishnamurti

On entend souvent ce type de commentaires, soit que le monde n’est qu’une illusion, que les autres n’existent pas (Ramana), en dehors de notre perception du moins, ou que le monde n’est qu’une projection de soi-même comme l’affirme ci-haut Krishnamurti. On achète ça right ? Mais encore pourrait-on ajouter.

Car petit moi, à chaque fois que je lis ou j’entends ce genre d’affirmations – que je ne peux pas du tout infirmer ni confirmer après quelques 61 ans d’observation personnelle et d’expérimentations diverses – je me demande encore et toujours ce qu’est ce moi-même que je dois transformer pour être en mesure de transformer ce monde.

Ma façon de voir le monde ? Mes croyances et idéologies ? Le(s) filtre(s) que je porte dans mes yeux ? Mais qu’est-ce que cette entité que je considère être moi ?

Car au-delà des mots, il y a l’expérience, l’expérimentation et l’expérimentateur/trice. Puis, éventuellement, au-delà de toute conceptualisation s’effectuera – peut-être, parfois, pour certain(e)s – une certaine réalisation, processus qui consiste à rendre réels tous ces beaux mots et concepts en expérience concrète, à les transformer en connaissance incarnée. Pour que cette connaissance soit inscrite dans chaque cellule de notre corps. Car la connaissance, comme l’amour, ne serait que verbe, et jamais en tant que telle nom, toujours un processus en changement.

Car on a beau dire tout ce que l’on peut bien vouloir et pouvoir dire vous et moi, notre existence se vit au quotidien, un moment à la fois, à la remorque de notre bagage culturel et génétique. Habitant un corps mû par de multiples besoins et nécessités corporels limités et limitants, notre perspective sur le monde demeure relativement petite et limitée tout au long de notre parcours d’humain(e). En espérant qu’elle s’élargisse au fil du temps et des expériences.

On a beau être constitué(e)s de poussière d’étoiles vous et moi, nous sommes avant tout d’humbles êtres humains et sociaux en apprentissage ici-bas sur la terre, en route vers la mort de notre véhicule terrestre. Si on dit généralement que nous évoluons en tant qu’espèce, pas certain que cela ne se manifeste toujours très clairement dans notre regard sur nous-même comme sur notre monde. Ce monde que nous sommes en train de chauffer, d’éteindre, d’assécher et d’enflammer, sans que cela ne semble nous faire ni chaud ni froid.

Je ne sais pas si notre recours aux multiples écrans dits intelligents font en sorte de nous rendre plus ou moins intelligents. En tous, le buffet se diversifie, et l’offre de services s’agrandit au son de compte à rebours. On dirait bien que les algorithmes ne font que renforcer et confirmer nos biais de perception déjà présents en nous donnant de plus à plus de même à voir et à (dé)penser ce que nous pensions déjà. Je ne sais pas si l’infini choix de perspectives nous permet d’ajuster le focus ou de brouiller notre vue globale. Mais comme vous, j’ai des doutes.

Mais clairement, si on veut changer ce monde, on devra changer quelque chose en chacun(e) de nous car le film prend des airs d’épouvante.

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Personnellement, je ne pense pas que nous sachions où se trouve le « libre arbitre », ni même s’il existe une telle chose. Le bouddhisme et le Vedanta soutiennent que le soi individuel egoique n’existe pas. Le soi est une sorte d’illusion d’optique sur laquelle s’accroche notre esprit. Selon cette perspective, la liberté de choix que nous ressentons est une hallucination. Chaque choix que nous faisons est le résultat final d’une très longue chaîne de causes et d’effets. Nous sommes construits à partir du karma et du conditionnement passés. Nous remplissons une fonction dans le cycle samsarique sans fin – jusqu’à ce que nous brisions le cycle en réalisant notre nature vide, en dissolvant le conditionnement karmique.
– Daniel Pinchbeck

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Et pour les adeptes de la pleine conscience, have a look at this. Peut-être que finalement l’écran pour projeter nos ptits mondes est pas mal plus vaste qu’on peut le conceptualiser à première vue.

La galaxie du sombrero par Hubble
Il y a environ 200 à 400 milliards d’étoiles dans la Voie lactée.

Maintenant… regardez cette galaxie. Elle compte 200 à 300 milliards d’étoiles.
Et il y a des milliards de galaxies ! Avec des milliards d’étoiles et c’est exactement ce que nous pouvons observer avec la technologie actuelle.
Un milliard de milliards est un quintillion et il y a environ 400 milliards x un quintillion d’étoiles dans l’univers connu. Quelque chose à la puissance 10 jusqu’au 24.
Ce qui est incroyable, ce n’est pas seulement le nombre d’étoiles, l’énorme échelle, la taille et la distance. C’est la quantité de temps.
Que chaque galaxie est à 31 millions d’années-lumière.
Le temps qu’il a fallu pour que la lumière de cette image nous atteigne, des espèces entières pourraient évoluer sur des planètes et se développer en une civilisation galactique spatiale ; des empires pourraient naître et tomber, puis tomber en poussière et se perdre dans les sables du temps, sans que nous le sachions jamais.
Et ce ne sont que les 31 millions d’années qu’il a fallu pour cette lumière, ce qui est une goutte d’eau dans le seau de temps que cette galaxie a eu pour créer la vie sur plusieurs milliards d’années.