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GARS ET FILLES DES VUES

Dès que tu prends conscience que le monde n’est que ta propre projection, tu en es libéré(e).
– Nisargadatta

On aime bien regarder en dehors de soi et affirmer que le monde est fou ! Car quand on se compare on se console.

Mais si on accepte que le monde n’est que notre propre projection, on ne peut qu’en venir à la conclusion que c’est nous qui sommes fous, ou folles.

Selon ce que l’on regarde – ou selon ce que l’on choisit de regarder devrais-je dire car toujours notre choix ce sur quoi on porte notre regard – notre vision du monde variera. Donc notre vision de soi. Suivant cette logique toute simple nous sommes donc le monde.

Tout ce qui se passe dans le monde fait partie de nous. Et tout ce que nous sommes, faisons, pensons, sentons fait partie du monde.

Comment pourrait-il en être autrement ? L’un dans l’autre et toutt est dans toutt comme disait Raoul.

On a beau penser savoir que le monde n’est que notre propre projection, nous n’en sommes pas encore tout à fait libéré(e)s vous et moi right ? Work in progress, qui parfois régresse.

Par exemple, quand je (choisis de) regarde(r) les tueries d’enfants aux États-(dés)Unis, je me dis qu’ils sont fous ces Zaméricains, certains d’entre eux du moins, ceux qui privilégient la liberté de certains à la sécurité de tous/tes.

Mais si tout ce monde n’est que mon propre film, que moi qui suis fou non ?

Et alors, est-ce qu’on regarde tout ? Ou on détourne son regard de certaines choses pour mettre l’emphase uniquement sur la beauté ? Ou accepter de tout voir et tout regarder ? De toute façon, est-ce possible de tout voir et tout regarder ? Car on choisit toujours – ou souvent du moins – ce sur quoi on porte notre regard. Et ce sur quoi on porte notre regard devient le monde, notre monde.

Pas si simple tout ça. Car entre savoir que le monde n’est que notre projection et penser le savoir, grosse nuance. D’une sagesse qui s’acquiert avec le temps, en réfléchissant ou en faisant des erreurs qui nous permettent d’apprendre.

En ce sens, pour vous lecteurs/trices qui vous sentez seul(e) et séparé(e) du monde :

Comment se fait-il que tant de gens se plaignent de la solitude ?

Et est-ce qu’ils comprendront si on leur dit que c’est eux/elles, dans leur tête, qui ont créé cette solitude ?

En réalité, personne n’est Jamais seul(e).
Tout l’Univers nous regarde et nous écoute.

Aucune de nos paroles, aucun de nos gestes ne reste sans écho.
Si le matin en ouvrant votre fenêtre vous prenez l’habitude de dire bonjour à la Terre, au Ciel, à la Création entière, venant des quatre points de l’espace, des voix vous répondront en écho : Bonjour, Bonjour, Bonjour…

Et toute la journée vous vous sentirez accompagné(e). Et en sortant de chez vous, vous croisez aussi dans les rues un certain nombre de personnes : la plupart vous sont inconnues, mais est-ce si difficile de leur présenter un visage ouvert, fraternel ?

Et est-ce qu’elles ne méritent pas que par la pensée, vous leur souhaitiez la lumière, la paix, la joie ?…

Vous dites qu’elles ne vous inspirent pas ?

Oui, peut-être, parce que vous vous arrêtez aux apparences. Mais derrière ces apparences il y a des âmes et des esprits. Quand vous saurez, par votre âme et votre esprit, entrer en relation avec toutes les âmes et tous les esprits sur la Terre, quand ce qu’il y a de meilleur en vous rencontrera ce qu’il y a de meilleur chez les autres, croyez-moi, vous ne vous sentirez plus jamais seul(e).

– Omraam Mikhaël Aïvanhov
via Magali Roussilhe et François Thiboutot

PASSÉ CADEAU FUTUR

Le moindre petit regret ne changera rien au passé.
La moindre anxiété n’allègera pas l’avenir.
Mais la moindre trace de gratitude transforme le présent.

On dit souvent que si nous sommes triste, c’est qu’on vit dans le passé. Et que si l’on ressent de l’angoisse ou de l’anxiété, c’est qu’on anticipe négativement l’avenir. En fait, même si on aimerait positivement prévoir l’avenir et le peindre en rose, l’avenir est toujours un peu menaçant. Car il y a la mort du corps au bout du chemin et cela fait encore et toujours un peu peur. Jusqu’à ce qu’on apprenne à apprivoiser la dite mort. La job d’une vie.

Ces deux repères dans le temps – passé et avenir – nous mènent toujours et inévitablement ici, dans le moment présent. Oui ce petit et court moment furtif qui, aussitôt qu’il apparait, disparaît et devient trace de passé.

On ne peut jamais fermer la main sur le moment présent, on ne peut jamais le capturer, ni le figer. Comme la vie. Comme le souffle qu’on peut retenir quelques instants mais qui finit par passer. Toujours, inévitablement.

Peut-être que le simple fait que le moment actuel – même si éphémère – s’appelle moment présent se révèle être un code secret pour nous faire comprendre que ce moment est un véritable cadeau, le seul vrai cadeau qui soit. Même s’il n’est toujours que passant, furtif, éphémère.

On ne peut plus vivre dans le passé, on ne peut encore vivre dans l’avenir. On ne peut que vivre dans le moment, dans le présent, avec gratitude. Et quel cadeau cela peut devenir.

Simple comme ça, aussi simple que ça. Mais pas toujours autant que ça en a l’air.

Alors déballons le cadeau avec soin.

Et peut-être que le mot de passe est aussi simple que : gratitude.

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Plusieurs parmi nous assistons à ce qu’on peut appeler l’effondrement de la planète Terre. Les guerres inhumaines et perfides, le réchauffement climatique, les catastrophes météorologiques, l’extinction des espèces, les incendies extraordinaires, les crimes et les meurtres, le déséquilibre financier croissant, la surpopulation, la disparition de l’eau potable, et bien plus encore. Et il y a un sentiment d’impuissance parmi nous.

Que devons-nous faire pour inverser la destruction qui se produit à tant de niveaux, sous nos yeux ?

Oui, faites tout ce qui vous êtes appelé(e)s à faire… là-bas dans le monde.

Mais n’oubliez pas, il n’a jamais été plus essentiel pour chacun d’entre nous d’aller aussi vers l’intérieur, vers ce qui est au-delà de l’esprit destructeur ; à ce qui est la source de la paix et de la créativité.

Comme Osho l’a dit : « Il va y avoir des catastrophes. Ce n’est que le début. Profitez de l’occasion pour être éveillé – c’est tout ce que vous pouvez faire. Il n’y a rien d’autre que vous puissiez faire.

Ce faisant, nous passons de la panne (breakdown) vers la percée (breakthrough) !

Ça ne sera pas facile. Au fur et à mesure que la conscience grandit, l’inconscience (l’ego/l’esprit) du monde créera une résistance encore plus grande. Si nous luttons inconsciemment avec cette résistance, nous perdrons conscience et nous créerons encore plus de résistance.

Ainsi, chacun de nous doit continuer à inviter et à soutenir la conscience – avec la méditation, l’introspection, la connexion avec les personnes sur le chemin de la découverte, et avec les mystiques qui vivent la conscience et peuvent être des guides pour nous faire avancer à travers la panne (breakdown) vers la percée (breakthrough) !

Cela commence au niveau individuel. Chacun(e) de nous est responsable de sa propre croissance. Et cela peut changer la conscience de la planète.

– Subhan Schenker

VIVRE À MORT

Tu t’inquiètes à propos de la mort ?
Ne t’en fais pas, c’est certain que tu vas mourir.

– Kodo Sawaki

On dirait que plusieurs personnes quittent leur corps ces temps-ci ou c’est juste mon imagination ? Peut-être simplement à cause de la sociabilité des réseaux qui nous en mettent plein les yeux de nouvelles au sujet de nos ami(e)s.

Car auparavant, les gens mourraient sûrement autant mais on n’en savait rien, pas tout du moins, ou on apprenait la mort de certain(e)s par hasard.

Toujours étrange que l’on soit touché quand quelqu’un qu’on ne connait pas, mais qui était connu publiquement, meurt. Comme si c’était une partie de nous qui tombait.

Donc ça meurt beaucoup il me semble ces temps-ci. Des ami(e)s et connaissances, d’autres gens, connus de moi, ou peu, ou moins, ou pas du tout, de même que les animaux de certain(e)s ami(e)s FB.

C’est peut-être aussi simplement que lorsqu’on vieillit, nos ami(e)s et connaissances vieillissent aussi et que la mort prend plus d’importance, et/ou que l’on s’intéresse plus à la mort. Du corps s’entend. Ou elle qui commence à s’intéresser plus à nous.

La mort est encore tabou. On la craint même si on ne la connait pas personnellement. Car la mort ne peut qu’être personnelle. Car on ne connait rien de celle des autres. La mort d’autrui n’est qu’une idée, un phénomène qui nous touche de près ou de plus loin. Une absence qui se manifestera éventuellement dans le temps.

N’ayant plus mes deux parents depuis un bon bout déjà, je suis le dernier de ma lignée avec mes frère et soeurs. La prochaine génération à passer le pas de la grande porte. Follow the guide.

Je suis particulièrement toujours très ébranlé par le décès des enfants des gens. Car s’il était normal de perdre ses parents, mais pas du tout naturel de perdre ses enfants. Pensées vers mes ami(e)s et connaissances qui sont passé(e) par là; je ne peux que deviner votre peine.

Tout un défi d’apprendre à vivre avec la mort. Au fur et à mesure que passent les années, au fur et à mesure que le corps se flétrit, se ramollit, comme si notre âme s’éveillait. Se réveillait en fait. Car elle a toujours était présente. Elle possiblement qui nous aurait d’ailleurs porté ici, nous convainquant de nous incarner. Encore. Ou pour la seule et première fois, ça d.pend de nos croyances. Même si certain(e)s disent se souvenir clairement de leur vive passée. Pas mon cas. De la misère à me souvenir de tous les détails de celle-ci.

Ah la mort. Quelle compagne. Quelle présence. Quelle amie en devenir. Comme l’affirme Mr Sawaki ci-haut, certain qu’elle va nous arriver. Ou nous à elle. Plus cela finalement. Nous qui nous abandonnerons à elle. Notre corps du moins. Ce corps sur lequel passe le temps et la vie. Ce corps qui mûrit, et qui nous rappelle que même si le temps est un concept qui n’existe pas, pas vraiment du moins, ce temps nous passe dessus et dedans.

Au fil du temps qui passe, et des saisons qui en sont la plus concrète de ses manifestations, la vie nous mène doucement vers la mort. Une mort prévisible dans son arrivée au bout de notre vie mais imprévisible dans sa forme et son moment. La mort, impossible à pressentir, mais possible de sentir venir de plus en plus avec le temps.

Tous égaux face à la mort, et tous et toutes égos dans et devant la mort. La mort à venir, la mort à vivre.

Cette mort qui est notre dénominateur commun, notre lien en cette vie. La seule justice dit-on.

Alors j’imagine que nous devons apprendre à mourir un peu à chaque jour. L’une de nos jobs d’humain(e). Apprendre à mourir pour pouvoir vivre totalement, apprendre à appréhender ce dernier passage du corps, l’apothéose de notre vie.

Vivre à mort. Avant de revenir à la maison.

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COMING HOME

we are coming home / safely coming home
we are coming home sweet home again

As we are approaching, getting closer and closer
we all have to leave our luggage behind
As we’re getting nearer, getting lighter and lighter
we’re finding our way back home again 

para sempre home again para sempre home again

LUMIÈRE LUMIÈRE

Ceci, chère âme, est le plus grand défi en cette vie :
être témoin des injustices de ce monde et ne pas les laisser éteindre ta lumière.

Drôle de voir passer ce message après une panne d’électricité d’une semaine. La vie nous envoie de ces clins d’oeil.

Parlant lumière, pas mal de sombritude en ce bas monde en ce moment non ? Pas que ça, mais pas mal de ça.

Pas que du noir ici bas, mais quand même pas mal de gris foncé.

Avec un avenir pas beaucoup plus lumineux sur le plan de l’environnement et encore moins quant à nos réponses face à cette situation.

Même si, évidemment, que tout ce que l’on peut faire c’est de vivre le moment et accepter le monde tel qu’il est en ce moment. Du moins, ce qu’on en perçoit.

Pour compléter le premier meme, celui-ci alors ?

Peut-être. Oui, sûrement car quoi d’autre à faire ?

Tout un défi en effet de contempler et d’observer le monde dans lequel on vit, ce monde, notre monde, et de garder notre flamme vivante et vibrante. De voir le beau en ce monde malgré tout ce qui s’y passe de moins édifiant.

On dirait que c’est le défi du moment. Ça, et continuer à faire du mieux que l’on peut pour voir la beauté du monde, pour la faire grandir, croître, rayonner.

Car dans l’ensemble, ce monde est autant ombre que lumière, autant noir que blanc, avec toutes les nuances de couleurs de l’arc-en-ciel.

Parfois le doute nous assaille, parfois on perd la lumière de vue. Alors que faire ?

Fermer les yeux et ouvrir son coeur j’imagine. Pour sentir, respirer, observer, et laisser aller les jugements quant à ce que l’on perçoit car parfois les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être à première vue.

Parfois les choses doivent empirer avant de pouvoir s’améliorer, parfois on doit être acculé(e)s au pied du mur pour s’éveiller, se réveiller. Et faire face à la situation pour améliorer les choses.

Car qui a dit que les choses devraient être autrement que ce qu’elles sont en ce moment ?

NE TUONS PAS LA BEAUTÉ DU MONDE

Le monde est – un peu ? beaucoup ? à la folie ? – fou.

Vous connaissez Huguette Gaulin ? C’est elle qui s’est immolée par le feu en 1972 à Montréal en prononçant ces paroles : Vous avez détruit la beauté du monde.

Elle qui a inspiré la chanson Ne tuons pas la beauté du Monde de Luc Plamondon, chantée tout d’abord par Renée Claude et reprise par Diane Dufresne. Chanson forte s’il en est une.

Ces temps-ci nous font – un peu ? – penser à cette chanson. En particulier quand on observe le Texas, l’Ukraine (et toutes les autres zones de guerre), et l’état de notre Terre.

Tant de guerres, tant d’abus de notre terre, tant d’injustice et d’inégalités, tant de haine et de peur, tant de vies – d’enfants entre autres – fauchées, par de jeunes adultes presqu’encore enfants de surcroit.

Pas facile de garder espoir ces temps-ci, pas si simple de continuer à aimer sincèrement dans ce monde fou. Mais la seule folie possible en effet.

Alors que fait-on ? Et comme on dit, que fait-on quand il ne semble y avoir plus rien à faire ?

Garder la foi ?

Continuer d’espérer ?

Aimer sincèrement quand même ?

Toutes ces réponses, et faire du mieux qu’on peut pour préserver la beauté du monde en soi et autour de soi, aider notre monde à son humble mesure. Car cela donne du sens.

Trop petit notre simple nombril, pas assez satisfaisant de ne vivre que pour combler ses propres besoins. Ce que l’on doit toutefois quand même faire en premier lieu. Mais viser un peu plus large.

Alors que fait-on ?

On continue à aimer sincèrement, à semer de l’amour autour pour soi et autour de soi, à aider ceux et celles qui ont besoin. La récente tempête et panne qui a suivi nous en ont donné l’occasion récemment. Ils et elles sont encore nombreux à ne pas avoir de courant et à vivre dans des maisons endommagées. Et ce n’est que ce que l’on voit autour de soi. Le monde en est plein.

On continue d’aimer sincèrement et on observe tout ce que ce monde nous donne à voir, de lui comme de soi. Car en même temps qu’on observe le monde, toujours un peu soi aussi qu’on observe à-travers ce monde, toujours un peu soi que l’on voit. Et on y voit aussi par moments un certain découragement, un grand questionnement, une certaine inquiétude face à l’avenir, en particulier de la part des plus jeunes.

Cette récente semaine sans – mauvaises – nouvelles a été reposante. Mais en même temps, on ne peut se fermer les yeux sur le sort de notre monde. À regarder avec modération, en demeurant sensible, touché(e) par le sort de notre monde, notre terre, et de nos enfants en particulier.

Ça la foi ?

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C’est un signe de médiocrité que d’être incapable d’enthousiasme.
– Honoré de Balzac via Pierre Lemieux

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Les beaux jours ne viennent pas à vous, vous devez marcher vers eux.
– Rumi aussi via Pierre Lemieux

PAS AU COURANT

Avoir ce que vous voulez est bien. Vouloir ce que vous avez est encore mieux.
– Eckart Tolle

Depuis une semaine, tant de choses de manquées. Depuis une semaine pourtant, nous n’avons manqué de rien.

Les fins de panne de courant s’annoncent toujours par un bruit de frigo qui repart. Vroum… Accompagné peut-être de quelques lumières si on les avait laissées sous tension au moment de l’interruption.

Hier, vers 20 h, premier vroum après une semaine de calme plat. À part le vroum de la génératrice du voisin qui roulait quelques heures par jour, et les vroum vroum de nos scies à chaîne qui se sont faites aller toute la semaine.

Une semaine sans courant, une semaine de repos électrique et médiatique. Avec une petite percée de quelques heures jeudi dernier pour cause de pluie pour prendre les mauvaises nouvelles de notre monde et faire quelques contacts.

Alors, que retenir de cette semaine unplugged ?

Qu’il est très reposant de se (faire) débrancher de force. Que le fil du temps ralentit lorsque le fil du sans fil est coupé. Note à moi-même: à répéter régulièrement pour améliorer ma santé mentale que de se brancher davantage sur le sans fil du grand now.

Que même sans courant, la vie continue, et s’arrête: 2 amie(s) et connaissances sont parties pour le grand voyage au cours de la dernière semaine.

Que nous sommes chanceux que cet événement se soit passé en mai et non en janvier.

Que les choses essentielles de la vie sont bien plus simples que l’on croit.

Que nous vivons beaucoup – trop ? – la tête dans le nuage et pas suffisamment les pieds sur la terre. Unplugged.

Que j’aime écrire. À vous, à personne, à moi donc.

Que notre relation au monde est devenue très – trop ? – horizontale et pas assez verticale, qu’elle passe beaucoup – trop ? – par nos yeux et nos têtes et pas assez par notre corps et notre ressenti.

Que finalement, après une semaine sans courant que l’on attendait plus vraiment, c’est par une légère déception que le vroum du frigo nous a averti que la panne était history.

Que notre mode de vie – trop ? – virtuel nous coupe du vrai monde, celui qui bouge, celui qui vit autour de chez-soi pour de vrai.

Que des pannes de courant telle que celle que nous avons connue cette semaine nous révèlent que nous pourrions difficilement survivre sans électricité désormais (dans les conditions actuelles du moins), et que les gars et les filles d’Hydro constituent un service essentiel. Merci gang.

Que branché(e)s, avec ou sans fil, nous vivons – trop ? vite.

Que les gens sont surtout bons, et aiment aider, et s’entre-aider. Et que l’on a besoin les un(e)s des autres, en particulier nos voisin(e)s.

Qu’on a besoin de peu pour vivre: eau, bouffe, chaleur et amour.

Qu’on peut avoir hâte que le courant revienne en même temps qu’on peut apprécier chaque minute sans.

Que cette semaine inhabituelle nous a fait apprécier la lenteur du temps off-grid, sa simplicité, sa petitude. Reposant.

Que plein d’affaires peuvent se passer dans le monde sans qu’on ait besoin de tout savoir. Si simple la vie aussi. Et que même si on ne le sait pas, ça se passe pareil, et malgré nous.

Que si on fait des choses un peu publiques, on n’a pas vraiment le choix de communiquer, et que la vie va donc s’accélérer de nouveau au fil des prochains jours pour clairer le traffic des comms embouteillées.

Et que même si on peut apprécier la déconnexion, on va replonger dans le grand bain des ondes et reprendre l’autoroute de l’in/formation. Mais en roulant sur la voie de droite. En modérant nos transports. Un peu.

Que peu importe ce que la vie nous donne, toujours plus facile d’accepter ce qui nous arrive que dee toujours avoir tout ce que l’on veut. Ainsi nous arrivent de belles surprises.

Salut lecteur/trice. Vroum vroum.

100 FILS

Oh boy ! Quels vents mes ami(e)s, quelle tempête. Une petite catastrophe s’est abattue sur notre région samedi dernier. Chez-nous, chanceux, ça ressemble à ci-haut, arbres et fils tombés, mais rien sur la maison. Aléluia !

Ce matin, après quelques jours de scie à chaîne en ce grand ménage du printemps forestier, comme il pleut, je suis au café de la ville voisine pour faire quelques communications.

Je m’en venais vous dire tout bonnement que nous sommes chanceux malgré tout, que quelques arbres tombés, aucun sur la maison, pas de courant pour encore quelques jours au moins puis bang ! en scrollant FB ! je tombe sur cette photo

comme la foudre est tombée sur la maison de mes ami(e)s. Cette foudre me tombe dessus. Je suis en état de choc pour eux. Ils venaient tout juste de terminer la construction de leur nouvelle maison. Compassion et empathie envers eux.

En état de choc pour eux, comme je suis en état de choc pour les Ukrainiens et tous les autres qui subissent les guerres folles, en état de choc aussi pour les familles et communauté des jeunes enfants tués du Texas, pour les gens dont la maison a été atteinte directement par la tempête ici.

Je ne savais trop précisément ce que je voulais vous dire ce matin en arrivant ici. Juste besoin de communiquer. Que dire après qu’une tempête frappe ? Que quand on se compare on se console ? Qu’il y a pire que nous ? Qu’on l’a échappé belle ? Entre autres.

Par ailleurs, il y a quelques jours j’ai aussi appris la mort d’un ami du Brésil. Repose en paix Jorge. Mes condoléances Ze Ricardo et les ami(e)s de CDDD. Autre événement marquant qui relativise toutes nos petites tempêtes. Car que dire après la mort d’un proche ? Mes sympathies ? Mes condoléances ? Oui, faute de mieux.

Ah la vie !

Tout un équilibre entre rester ouvert(e) et se laisser toucher par les misères du monde et garder un esprit positif et optimiste et mener sa vie avec joie. Réaliste mais lucide, réaliste et lucide.

La vie est particulièrement intense et imprévisible ces jours-ci. Plus qu’avant ? Pour nous du moins. Depuis une couple d’années, ça brasse dans nos vieilles habitudes.

Tous ces événements déstabilisants nous ramènent à l’essentiel.

Un toit (à l’abri des arbres), de l’air, de l’eau (potable pour boire et moins pour flusher la toilette et laver la vaisselle), un peu de bouffe, de la chaleur et un peu de lumière le soir. Si on est chanceux, on a des voisins avec une génératrice qui nous offrent généreusement de prendre une douche chaude (merci Daniel et Hélène).

Et de l’amour. Merci Elsa.

Et de l’estime pour soi-même. Merci môman, merci la vie.

Pas si compliqué la vie finalement. Pour nous qui sommes privilégié(e) – je sais que je le dis souvent. Mais tellement.

Mais quand même intéressant la différence entre vous qui avez du courant et nous qui n’en avons pas. Pas encore. Et encore, nous, ce n’est que du courant que nous n’avons pas, pour le moment, que pour quelques jours. Petite fin du monde, fin du monde comme on l’a connu.

Ces événements imprévisibles et imprévus nous ramènent à l’essentiel, à la vie qui passe et qui parfois sursaute, qui parfois nous saute au visage ou nous pousse au cul. Ou tombe comme la foudre sur un home.

Ici, assis au café rempli à pleine capacité, au chaud, branché au sans fil, il règne une atmosphère de convivialité, de solidarité. C’est peut-être la leçon que la vie veut que nous comprenions depuis quelques temps.

Que bien sûr, veiller à son propre bien-être est essentiel, mais insuffisant.

Qu’il est peut-être temps de passer du JE au Nous.

Bonne journée chez-vous, branché(e)s, ou pas.

Je retourne à ma scie et à mes fils débranchés au milieu des branches.

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En prime, photo de mon ami Luc qui partageait ma table – et ma prise de courant – ici au café de matin.

SE RAPPELER DE QUOI DONC ?

Je trouve un peu nébuleuse cette citation d’Ouspensky. Comme plusieurs de ses écrits.

En passant, avez-vous déjà essayé de lire du Ouspensky ? Du gros stock. Pas simple du tout, tellement que je n’ai (presque) rien compris de ce qu’il tente de dire jadis. Bon test pour l’égo. Déjà ça de perdue comme illusion.

La raison pour laquelle je trouve cette citation ambigüe est, comme c’est le cas pour plusieurs questions philosophico-spirituelles, l’idée est de se rappeler de quoi au juste ?

Un peu comme pour le koan Qui suis-je ? Qui – ou quoi – ça au juste ? L’affaire qui observe au-delà des multiples couches de personnalités ? La présence qui regarde passer la vie à-travers les nuages et brumes des pensées cycliques et constantes ? La source de l’Observateur/trice qui ne vieillit jamais ?

On va continuer de chercher car on n’a clairement pas encore trouvé. Et peut-être même que c’est exactement là que réside le noeud de la quête, dans la quête. Comme on dit, le chemin est le but.

Ces mots d’Ouspensky me rappelle (ça s’en vient) le fameux Je me souviens inscrit sur nos plaques d’immatriculation ici au Québec. Se souvenir de quoi au juste ? De tout ce que l’on a fait subir jadis aux gens qui étaient déjà ici avant nous ? Non en effet, je ne pense pas. Et comme la mémoire est une faculté qui oublie, libre à nous d’oublier ce qui nous plait.

Se rappeler de soi-même donc.

Mais ce soimême, n’est-ce pas le même ptit bout de Dieu et de vie qui habite tout ce qui vit et qui existe en dehors de notre corps ?

Car qu’est-ce que ce soimême en effet ? Moi, ou le même Moi que tous les autres.

Car l’essence de tous et toutes et chacun(e) de nous ne peut qu’être composée de la même matière. Et comme on dit, ne la prenons pas personnel la vie !

On ne peut qu’être modelé(e) de la même matière – et de la même manière – que tout le reste de l’existence. ne dit-on pas que nous sommes aussi uniques que tous les autres êtres humains.

Alors que signifie se rappeler de soi ? Et soi et soi-même, une différence ? Se rappeler de tout, même de soi, même de soi-même.

Ou se rappeler de l’essence de la création ? Se rappeler d’où l’on vient et vers où on retournera peut-être un jour ?

Se rappeler de quoi au juste ?

Ouspensky dit que le rappel de soi-même est le début et la fin de tout travail. Mais encore ? Si en cherchant autant, on se rend compte éventuellement que le début et la fin de tout travail sont la seule et même chose, pourquoi alors même commencer ? Comme on dit, il faut aller au bout de l’effort pour savoir que tout effort est vain.

Et il dit aussi que lorsque l’on a cela – le rappel de soi-même – on a tout. Peut-être que le sens de ses paroles s’est perdu dans la translation. Mais que peut-on avoir ? Sinon être totalement, sinon avoir tout notre être.

Veut-il dire que lorsqu’on arrête de penser que nous sommes séparé(e) du reste de la création, nous redevenons toute la création ?

Décidémment, la pensée russe est bien complexe à décrypter. Particulièrement en ces temps actuels.

Peut-être qu’une partie de la réponse se trouve dans la fin de la guerre en soi-même ? Et que tous les humains sont issus de la même fibre.

Quel Mystère !

Mais peut-être un bout de réponse de la part de Jung:
Mon âme et ma conscience, voilà ce qu’est mon Soi.

Mais une seule âme éclatée en des milliards de corps ou une multitude ?

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Quelque chose « respire » à travers nous, et expérimente cette « réalité » en utilisant notre corps comme récepteur, notre cerveau comme filtre : C’est le Mystère de la Conscience.

Il existe une communauté indistincte de gens qui cheminent incessamment vers la recherche du lien avec cette « conscience universelle », à l’écart de la culture, des conditionnements, des dogmes, des religions, et de toute idéologie. Ceux-là se réunissent autour de l’intensité de l’instant présent, de l’expérience directe.

La magie est partout où nous posons un regard d’enfant.

Ce que les anciens appelaient magie, n’est qu’un approfondissement des liens subtils que l’esprit entretient avec la matière, avec le cours des évènements, que l’intérieur entretient avec l’extérieur. Toute magie effective n’est qu’histoire de collaboration avec une dimension subtile, archétypale. Cette grande intelligence, cet ineffable qui donne et qui reprend, avec lequel il s’agit de collaborer, en convenant tacitement que ce qu’on demandera, on le recevra sous la seule condition que ce cadeau profite au plus grand nombre et au bien collectif.

Plus nous approfondissons le sujet de ce Mystère plus nous le vivons et interagissons avec la dimension subtile de cette existence.

Trouvons les autres.

– Stephan Schillinger via Magno
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et l’un de mes coups d’âme du moment :

HONTE

On dit que la honte est la seule émotion humaine qui ne soit pas innée, ni intrinsèque, mais qu’elle a inévitablement rapport à autrui. En fait, pour certains, la honte ne serait même pas vraiment une émotion dans la grande gamme des émotions humaines, car aucun enfant ne nait avec de la honte. D’ailleurs parmi toutes les formes de vie, on dit aussi que seuls les humains ressentent de la honte. Comme on ne peut parler aux végétaux, aux minéraux ni aux animaux (la plupart d’entre nous du moins) on ne peut l’affirmer à 100 % mais ça fait du sens.

Si la honte n’est pas innée, elle serait donc inculquée, elle nous serait arrivée en provenance de l’extérieur, par la culture, par l’éducation, en rapport avec des humains dans le cadre des normes sociales environnantes.

On aurait honte de soi face à autrui. Soit à cause de son corps, son comportement, ou tout simplement à cause de notre propre valeur en tant qu’humain(e). Grosse job pour changer ça on en convient toutes et tous.

Plusieurs personnes, sinon la majorité, ont honte d’elles-mêmes. Honte de sa voix quand on l’entend sur un message enregistrée. Honte de son image quand on se voit en photo. Honte de sa propre présence quand l’attention d’un groupe se tourne vers nous. Honte de se sentir inadéquat(e), pas assez bon(ne) ou beau/belle, pas assez tout simplement. Ou trop. Il faudrait être autre, autrement, plus ceci ou moins cela. Pas simple de s’accepter exactement tel que nous sommes.

Se débarrasser de la honte constitue l’une des tâches les plus exigeantes de notre existence. Processus qui, pour la plupart des homos sapiens que nous sommes, prend de nombreuses années à laisser mijoter, sinon toute une vie, pour s’en défaire bit par bit, la détisser, la comprendre, l’accepter, la dénouer, la laisser fondre d’elle-même.

Car si on ne naît pas avec la honte au coeur, celle-ci nous est imposée très tôt au cours de l’enfance, avant que l’on ne soit conscient(e) qu’on nous la donne en héritage.

Une autre explication de la honte ?

Alors tout au long de notre parcours sur terre, on doit ré-apprendre à apprécier notre valeur à sa plus simple expression, sans culpabilité, sans chercher à être autrement que ce que l’on est, de qui l’on est.

Ré-apprendre à vivre comme un(e) jeune enfant, sans bémol quant à notre droit d’exister simplement tel que nous sommes, avec toutes nos qualités et toutes nos leçons à apprendre. Car si aucune honte, aucun défaut non plus en nous. Que des leçons de vie à apprendre, d’autres à désapprendre. Des habitudes qui ont été utiles pour un bout de temps à changer si elles ne font plus leur job de nous protéger comme elles l’ont déjà fait.

Je dis ré-apprendre plutôt qu’apprendre car nous avons déjà été shame-free, libre de ce sentiment généralisé de honte, nous avons tous et toutes déjà été sans honte aucune, sans honte au coeur et à l’âme. Quoi que c’est surtout par la tête que la honte s’immisce en nous. Dans nos comparaisons avec mieux que soi, dans nos exigences irréalistes face à soi-même.

Si je blablatise sur le thème de la honte ce matin c’est que ce thème est monté hier suite à quelques interactions avec mes ami(e)s de la Tribu. On parlait aussi de vulnérabilité, de faire la paix dans ses relations (quoi que toujours avec soi-même en premier lieu j’imagine car tout part de là). Précieux des ami(e)s pour échanger.

Et en prime, ce vidéo qui traite de vulnérabilité partagé par Manon.

SENTIMENTS & RE SENTIMENTS

Être rancunier(ère) ne vous rend pas fort(e), ça vous rend amer(ère) et aigri(e).
Pardonner ne vous rend pas faible, ça vous libère.

Quand on est heurté(e)s dans le cadre de nos interactions avec autrui, particulièrement des gens qu’on aime et apprécie, on a parfois tendance à s’en souvenir, et à s’y accrocher. Et à avoir tendance à vouloir les faire payer pour. Réaction normale, mais pas une réponse saine.

Quand on clashe avec des copains/copines, particulièrement des copains/copines les plus proches, toujours délicat de refaire les ponts. Notre orgueil est blessé, nos émotions toutes molles, et notre coeur un peu pucké.

Comme disait Veeresh jadis, ce sont d’ailleurs les gens qu’on aime le plus qui peuvent nous blesser le plus, et vice er versa, car à eux et elles qu’on ouvre notre coeur le plus, et eux et elles qui nous ouvrent le leur tout grand. Mais comme disait aussi Veeresh, quand on aime on peut se blesser car les coeurs grand ouverts mais on peut aussi s’excuser. On doit s’excuser. SI on veut que la relation puisse continuer.

Suite à un conflit, toujours tentant pour la tête de demeurer sur nos positions, de rester figé(e) dans la partie blessée. Mais naturellement, après une période de choc, le coeur cherchera toujours réparation, réconciliation. Mais c’est à savoir qui des deux gagnera.

Parfois la tête tient bon, elle fait sa dure, parfois pour un bout court, parfois plus longtemps, et parfois elle finit par lâcher. Mais parfois pas.

Et parfois c’est le coeur qui vainc. En fait, il faut que ce soit le coeur qui vient.

Mais comme on dit, veut-on avoir raison ou faire la paix ?

On a tous et toutes plus ou moins tendance à être – plus ou moins – rancunier/nière. Que ce soit par habitude, par enfantillage, par désir de rendre la monnaie de sa pièce à l’autre, par instinct de vengeance.

Mais la partie sage en soi- toujours en devenir on espère – soit le cumul d’expérience de la vie, nous ramène à l’ordre, ou du moins devrait le faire si on l’écoute. Et si l’on tient à la relation – qu’elle soit familiale, d’amitié ou d’amour – on doit prendre action à partir du coeur pour renouer le contact, pour refaire la connexion. Ce qui n’est pas toujours facile avouons-le.

Le fait de ne pas pouvoir régler une situation conflictuelle nous force à continuer de porter un fardeau, pèse sur notre coeur. Et parfois, pour diverses raisons, il n’est pas possible de boucler la boucle. Pas aussi rapidement qu’on le voudrait. Car parfois l’autre n’est pas prêt(e), ou volontaire. On doit alors faire la paix pour soi-même avec la situation.

Et au contraire, le fait de pardonner, peu importe notre degré de responsabilité dans le conflit, nous apporte immédiatement une paix d’esprit, de coeur et de corps.

Même si le choix est clair et la réponse évidente, certains conflits viennent nous chercher droit au coeur et perdurent dans le temps, comme en intensité.

Les deux dernières années nous ont mis à l’épreuve en ce sens. Des visions différentes sur les événements en ont séparé certain(e)s, temporairement ou définitivement. Dans certains cas, peut-être que nos routes se séparent, dans d’autres, la réconciliation se cherche encore.

Probablement que le premier pas doit venir de nous si on veut que la relation persiste et résiste au passage de la tempête. Beau – et gros – défi.

Et comme on dit chez certains premiers peuples, indispensable de laisser parler son coeur. Bonne parole du coeur.