SE RAPPELER DE QUOI DONC ?

Je trouve un peu nébuleuse cette citation d’Ouspensky. Comme plusieurs de ses écrits.

En passant, avez-vous déjà essayé de lire du Ouspensky ? Du gros stock. Pas simple du tout, tellement que je n’ai (presque) rien compris de ce qu’il tente de dire jadis. Bon test pour l’égo. Déjà ça de perdue comme illusion.

La raison pour laquelle je trouve cette citation ambigüe est, comme c’est le cas pour plusieurs questions philosophico-spirituelles, l’idée est de se rappeler de quoi au juste ?

Un peu comme pour le koan Qui suis-je ? Qui – ou quoi – ça au juste ? L’affaire qui observe au-delà des multiples couches de personnalités ? La présence qui regarde passer la vie à-travers les nuages et brumes des pensées cycliques et constantes ? La source de l’Observateur/trice qui ne vieillit jamais ?

On va continuer de chercher car on n’a clairement pas encore trouvé. Et peut-être même que c’est exactement là que réside le noeud de la quête, dans la quête. Comme on dit, le chemin est le but.

Ces mots d’Ouspensky me rappelle (ça s’en vient) le fameux Je me souviens inscrit sur nos plaques d’immatriculation ici au Québec. Se souvenir de quoi au juste ? De tout ce que l’on a fait subir jadis aux gens qui étaient déjà ici avant nous ? Non en effet, je ne pense pas. Et comme la mémoire est une faculté qui oublie, libre à nous d’oublier ce qui nous plait.

Se rappeler de soi-même donc.

Mais ce soimême, n’est-ce pas le même ptit bout de Dieu et de vie qui habite tout ce qui vit et qui existe en dehors de notre corps ?

Car qu’est-ce que ce soimême en effet ? Moi, ou le même Moi que tous les autres.

Car l’essence de tous et toutes et chacun(e) de nous ne peut qu’être composée de la même matière. Et comme on dit, ne la prenons pas personnel la vie !

On ne peut qu’être modelé(e) de la même matière – et de la même manière – que tout le reste de l’existence. ne dit-on pas que nous sommes aussi uniques que tous les autres êtres humains.

Alors que signifie se rappeler de soi ? Et soi et soi-même, une différence ? Se rappeler de tout, même de soi, même de soi-même.

Ou se rappeler de l’essence de la création ? Se rappeler d’où l’on vient et vers où on retournera peut-être un jour ?

Se rappeler de quoi au juste ?

Ouspensky dit que le rappel de soi-même est le début et la fin de tout travail. Mais encore ? Si en cherchant autant, on se rend compte éventuellement que le début et la fin de tout travail sont la seule et même chose, pourquoi alors même commencer ? Comme on dit, il faut aller au bout de l’effort pour savoir que tout effort est vain.

Et il dit aussi que lorsque l’on a cela – le rappel de soi-même – on a tout. Peut-être que le sens de ses paroles s’est perdu dans la translation. Mais que peut-on avoir ? Sinon être totalement, sinon avoir tout notre être.

Veut-il dire que lorsqu’on arrête de penser que nous sommes séparé(e) du reste de la création, nous redevenons toute la création ?

Décidémment, la pensée russe est bien complexe à décrypter. Particulièrement en ces temps actuels.

Peut-être qu’une partie de la réponse se trouve dans la fin de la guerre en soi-même ? Et que tous les humains sont issus de la même fibre.

Quel Mystère !

Mais peut-être un bout de réponse de la part de Jung:
Mon âme et ma conscience, voilà ce qu’est mon Soi.

Mais une seule âme éclatée en des milliards de corps ou une multitude ?

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Quelque chose « respire » à travers nous, et expérimente cette « réalité » en utilisant notre corps comme récepteur, notre cerveau comme filtre : C’est le Mystère de la Conscience.

Il existe une communauté indistincte de gens qui cheminent incessamment vers la recherche du lien avec cette « conscience universelle », à l’écart de la culture, des conditionnements, des dogmes, des religions, et de toute idéologie. Ceux-là se réunissent autour de l’intensité de l’instant présent, de l’expérience directe.

La magie est partout où nous posons un regard d’enfant.

Ce que les anciens appelaient magie, n’est qu’un approfondissement des liens subtils que l’esprit entretient avec la matière, avec le cours des évènements, que l’intérieur entretient avec l’extérieur. Toute magie effective n’est qu’histoire de collaboration avec une dimension subtile, archétypale. Cette grande intelligence, cet ineffable qui donne et qui reprend, avec lequel il s’agit de collaborer, en convenant tacitement que ce qu’on demandera, on le recevra sous la seule condition que ce cadeau profite au plus grand nombre et au bien collectif.

Plus nous approfondissons le sujet de ce Mystère plus nous le vivons et interagissons avec la dimension subtile de cette existence.

Trouvons les autres.

– Stephan Schillinger via Magno
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et l’un de mes coups d’âme du moment :

Une réflexion au sujet de « SE RAPPELER DE QUOI DONC ? »

  1. Prashanti

    Quel homme intéressant et rempli d’humilité ce monsieur Cheng.
    Touchant les notions de l’âme et de l’esprit.
    Merci pour le rappel de se souvenir de quoi de quand et les liens entre le début et la fin….

    J’aime

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