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YOU ? OÙ ?

Vous décidez complètement de qui vous êtes, OU vous faites ce que vous voulez de vous (comme de ce monde)

Il ne nous reste qu’à définir le you en question. Yahoo !

L’autre jour, j’échangeais quelques bribes de réflexion avec un ami qui voyage en Inde en ce moment. Alors que je lui disais qu’il me semblait que je n’étais rien, au-delà de ce corps physique du moins, sinon un simple observateur de mes pensées, de mes émotions et du monde environnant, lui prétendait que nous étions plutôt l’Esprit divin, la lumière, la qualité du Bouddha en soi, ce que l’on pourrait nommer la présence de Dieu.

J’ai un autre ami avec qui je discute de Dieu régulièrement. On se taquine. Lui est plutôt allergique au mot de 4 lettres – qui n’est que mot de 3 lettres en anglais – alors que moi je suis plutôt flexible dans nos diverses tentatives de nommer plus que soi, en soi ou en dehors. Qu’un ptit nom au fond. Tant que les gens ne sont pas prêts à tuer pour le défendre.

Ce genre de réflexions au sujet du grand Mystère passent souvent par mon petit moi, notamment dans ma caboche. Et roulent en boucle, sans que je ne veuille à tout prix trouver de réponse absolue. J’aime jouer avec les mots, et leurs sens divers, même en été.

Peu importe comment on tente de nommer ou décrire Dieu, le grand Esprit, le grand Mystère, notre nature de Bouddha, la vie, l’Existence, personnellement je ne m’enfarge pas trop dans les fleurs du Divin tapi en nous.

Je ne pourrais nommer ni tenter de décrire la grandeur du mystère qui nous entoure, et qui nous habite, encore moins la raison pour laquelle nous avons choisi – ou avons été obligé(e)s ? – de nous incarner pour ce laps de temps dans cette réalité intemporelle concrète et si abstraite en même temps.

Avec le temps qui me passe dedans, je me sens de moins en moins quelqu’un de défini, de précis, de permanent, davantage comme quelque chose, une présence de plus en plus vaporeuse, qui observe. Si Dieu existe comme se questionne Dubois, elle est là qui watch en moi, comme en chacun(e) de nous. S’il existe, et si Dieu existe, ce serait davantage une elle, et non pas une hells ;-), probablement impossible de le décrire. Même si tenter de le faire est amusant, autant que futile. Si Dieu existe, il faut le ou la vivre. Genre.

On débat de moins en moins au sujet de Dieu il me semble, ou du sens de la vie, alors que notre humanité semble vivre une période intense comme jamais au niveau environnemental.

On a développé une forme d’intelligence pas si naturelle qui semble nous échapper, qui peut même créer de la nouvelle réalité. Pas une certaine sorte de Dieu ça ? Et pourtant, un peu inquiétant, sinon dérangeant.

Peu importe les mots que l’on utilise, nous sommes toujours à court d’explications ou de concepts rationnels pour tenter de décrire le grand mystère qui nous échappe.

Certains écrivent de la prose pour tenter de s’en approcher.

D’autres préfèrent converser directement avec Dieu, pour le rendre humain, et le faire sien.

D’autres encore préfèrent l’écouter, car on dit qu’il nous parle sans arrêt, qu’il nous chuchote à l’oreille et nous insuffle la vie droit au coeur à chaque instant.

Les plus intellectuels tenter de déchiffrer et décoder les mystères des textes sacrés, ou de décrypter les formules magiques.

D’autres le cherchent dans la nature, dans la faune, ou dans les chants des oiseaux.

Les plus artistes lui font des chansons, des poèmes, des oeuvres graphiques. Comme celle-ci que mon amie Kerry nous a offert récemment.

D’autres, intrépides, prennent des risques pour se rapprocher de lui.

Peu importe la façon, je crois que nous sommes tous et toutes, chacun(e) à notre façon, en quête de quelque chose de plus grand que nous, que immense et infini que ce pauvre petit moi qui se tient autour de notre petit nombril. C’est peut-être le nombril de Dieu qu’on devrait chercher.

Que ce soit l’amour de nos proches, qui ne peut évidemment que reposer sur notre amour pour soi-même, pour sa propre personne, ou par la quête d’un bonheur durable et de la paix intérieure (car pour l’extérieure c’est plus complexe), chacun(e) de nous cherche quelque chose. Et peu importe ce que l’on cherche, qui est induit souvent par nos croyances et les concepts existentiels sur lesquels se fondent notre raison, c’est le chemin qui compte. Ce chemin qui ne peut que se vivre dans la simplicité du quotidien. Et qui mène on ne sait trop où.

J’aime en général l’approche Zen qui garde la vie et ses explications plutôt simples et simplistes. Fendre le bois, et charrier l’eau. Et quelques extras on the side en cette vie moderne.

Ci-bas quelques perles de sagesse à déguster.

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Je suis si proche, je peux sembler distant.
Si complètement mélangé avec vous, je peux sembler séparé.
Alors à découvert, j’apparais caché.
Si silencieux, parce que je parle constamment avec toi.
― Rumi

Il y a une lumière qui brille au-delà de toutes choses sur terre, au-delà de nous tous, au-delà des cieux, au-delà des cieux les plus élevés, les plus élevés. C’est la lumière qui brille dans votre cœur.
― Chandogya Upanishad

POLISSÂGE

La pierre précieuse ne peut être polie sans friction, pas plus que les gens sans épreuves.
– Confucius

Parfois, la vie coule doucement, et, parfois, elle nous envoie des épreuves. Parfois ça coule, comme l’eau sur la peau du canard, parfois ça coincoince. Évidemment que l’on préfère quand ça coule, quand ça flow, quand ça va bien.

Mais avec le temps, au fil de la vie, on se rend compte que suite aux épreuves, on est plus fort(e) et plus lucides, plus résilient(e) comme on dit de nos jours. On dit aussi que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort(e). So far so good on dirait.

Épreuve est lié au verbe éprouver, auquel on donne diverses définitions, dont celle de ressentir, ou de vivre quelque chose d’éprouvant, soit de pénible à supporter, qui met à l’épreuve la résistance physique ou morale.

Mais ma définition préférée du verbe éprouver est celle-ci: avoir une connaissance directe des états, des situations, des émotions ou des sensations ; connaître par une expérience personnelle.

Éprouver ne se limite donc pas uniquement à connaître, ni à seulement savoir avec sa tête. Éprouver implique et passe par le corps, par le coeur, par les tripes. Ça implique de sentir, de se laisser ressentir surtout, de laisser les sensations habiter tout le corps, et le posséder même, se laisser posséder par l’expérience.

J’apprécie la citation de Confucius car elle donne un sens supplémentaire à l’adjectif poli. On conçoit habituellement qu’être poli signifie être affable, bien élevé, civilisé, convenable, correct, courtois, déférent, respectueux.

Mais poli peut aussi signifier avoir acquis une certaine finesse. Être poli, ou s’être fait polir, peut aussi indiquer que la vie nous a passé dessus solide, qu’elle nous a sablé, qu’elle nous a mis à l’épreuve. Et ce faisant, elle nous a bâti, solidifié, puis marqué et raffiné. Pour éventuellement finalement reprendre notre corps au bout de la route.

D’une certaine façon, la vie est un papier sablé duquel on n’en sortira que sous forme de poussière, que bran de scie. À l’image de l’oignon que l’on épluche et au centre duquel on ne trouvera rien. Sinon que quelques larmes, ainsi qu’une graine de quelque chose d’autre qui lui survivra peut-être.

Certaines expériences plus difficiles de la vie nous forgent, nous labourent, nous pétrissent. Quand on les vit, quand on est dedans, on a souvent hâte qu’elles se terminent, on souhaite qu’elles deviennent choses du passé.

Mais possiblement – probablement ? – que rendu au bout de notre vie, on se rendra compte que ce sont justement ces expériences qui ont fait de nous qui nous sommes, qui nous sommes devenus. Qui nous sommes redevenus.

Ce sont ces expériences qui nous donnent force et beauté, courage et impeccabilité. Qui nous ramène à plus grand grand dénominateur commun. C’est à la mesure des épreuves que l’on connait que nous devenons nous-même, et plus grand que petit soi. La vie nous appelle à dépasser le petit moi que nous pensons être pour redevenir la vie toute entière, pour redevenir lumière éternelle.

Parce qu’elles sont riches, ou qu’elles sourient beaucoup sur les réseaux, on pense parfois que certaines personnes ont – ou ont eu – des vies faciles. Mais inévitablement, chacun/e porte en soi ses épreuves, ses propres enjeux à vivre, à comprendre, à transcender. La vie ne nous fait pas que des cadeaux. Ou peut-être que tout est cadeau si on accepte tout ce que la vie nous présente. Le flow comme le gros.

Certains d’entre nous passent leur vie à fuir certaines émotions en croyant qu’il est impossible de soutenir la douleur. Mais vous portez déjà cette douleur. Ce que vous n’avez tout simplement pas encore réalisé consiste à ressentir tout ce que vous êtes, au-delà de cette douleur.
– Khalil Gibran

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PUISSANTE GENTILLESSE

Ne sous-estimez pas le pouvoir de la gentillesse, cette force nichée dans la paix qui, en ce sens, contient le pouvoir de changer le monde. (source inconnue de moi)

Gentillesse et pouvoir semblent deux concepts antinomiques. Pourtant, on connait tous et toutes certaines personnes qui incarnent une force tranquille et qui font arriver de bien belles choses autour d’eux et elles.

Souvent, au sein de notre société compétitive, performante et arriviste, tous les moyens semblent bons pour arriver à son but. La fin justifie trop souvent les moyens qui sont souvent plus que très moyens. Notamment sur les plan humain et environnemental.

Souvent aussi, on valorise à outrance l’audace, la performance, la volonté, l’extravagance, l’intrépidité et la jeunesse. Qu’à voir les nouveaux petits rois qui mènent le monde.

Pourtant tant de sagesse et de beauté résident dans la délicatesse et la gentillesse, comme dans la discrétion, la maturité et la timidité. Le low profile est in.

Quand on est jeune, on doit pousser pour faire sa place dans ce monde de performance. En fait, la première moitié de notre vie consiste en bonne partie à oser, à se démarquer et à foncer. Se rebeller même parfois quand cela est nécessaire pour prendre sa place.

Moi-même quand j’étais (plus) jeune, j’étais (plus) baveux et arrogant que maintenant. Mais jeunesse se passe. Lentement, mias sûrement. Au fil du temps. Ce temps qui est est un grand papier sablé existentiel. Le temps nous polit. Nous raffine.

L’âge, et le temps qui passe (même si on aime prétendre que ces deux concepts n’existent pas, souvent les (plus) jeunes d’ailleurs qui l’affirment 😉 sont décidément de grands enseignants. Si on veut, et que l’on peut, apprendre d’eux.

La vie nous enseigne, pour certains du moins, que tout passe et passera, nous inclus avec notre vitalité, notre rapidité et nos rêves de jeunesse éternelle. Ce qui nous apprend l’humilité, la délicatesse et la gentillesse. À la longue. Car nous ne faisons que passer sur cette boule vous et moi.

Alors prenons le temps, et apprenons du temps qui passe, à être plus gentil(le)s les un(e) avec les autres, comme nous voulions qu’on le soit avec nous. Soyons soutenant(e)s et bienveillant(e)s, même si ces mots sont sur-utilisés. Donnons leur une chance de s’incarner. Contre-balançons l’arrogance ambiante qui sévit un peu partout par une gentillesse extrême sincère et vraie.

Retrouvons notre force intérieure – et notre confiance en soi – qui fait en sorte que l’on puisse se permettre de redevenir vulnérable et tendre comme lorsque nous étions tout petits. Car il faut être vraiment très fort(e) pour se permettre d’être vulnérable, très fort(e) pour se permettre d’être faible. L’humilité comme valeur fondamentale.

On commence à reconnaître davantage la force tranquille des introverti(e)s. Eux et elles qui ne crient pas à tous vents, eux et elles qui sont simplement ici, à leur juste place, à faire ce que doit.

Vive les gens qui sont assez fort(e)s intérieurement pour pouvoir être tout simplement gentil(le)s. Leur silence saura être entendu par ceux et celles qui écoutent bien.

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L’humilité est le symbole de la noblesse – Counselheiro Luiz Mendes

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L’amour est fondamentalement un état; nous ne sommes pas amoureux/se, nous sommes Amour. – Osho

LES PENSÉES NE SONT PAS TOUTES DES FLEURS

Observez vos pensées, ne les croyez pas.
– Eckart Tolle

C’est le printemps. C’est la saison des pensées. Comme le sont l’été, l’automne et l’hiver.

On pense en toutes saisons. On pense tout le temps, sans arrêt. Pensées, pensées, pensées.

En fait ça pense tout le temps. À notre insu.

Alors que la pensée est le mouvement perpétuel, le contenant, les pensées sont les petits morceaux d’idées qui passent par là, le contenu.

D’ailleurs avec l’âge, on dirait qu’oublie de plus en plus souvent à quoi on pensait il y a quelques minutes à peine. La pensée semble se découdre.

Mais ça continue à penser de tous bords tous côtés. Le festival de la pensée dans nos têtes tout au long de notre vie.

Une très bonne idée de ne pas croire tout ce qui nous passe par la tête. Car la plupart ne fait que nous passer à-travers, ne fiat que passer par nous mais ne vient pas de nous. En fait, rien ne vient vraiment de nous. Tout ne fait que passer.

Nous sommes né(e)s vierges, avec une machine à pensées – et à penser – flambant neuve et à coup de croyances et d’idées fondées ou pas, on nous a rempli la caboche. Et depuis, la machine tourne. Sans arrêt.

Et une fois de temps en temps, la vie – des gens, des situation, des événements – nous bouscule et notre cadre de pensées s’agrandit, prend de l’expansion, change de track.

Et alors Euréka ! Plus d’espace se crée, plus de possibilités apparaissent, et plus la vie peut s’imaginer différente, ouvrante, plus de possible émerge.

Alors plutôt que de croire tout ce qui roule en boucle en nous, observons. Respirons, observons, et laissons passer.

Car de toute façon, la grande majorité de la matière première qui nous passe par la tête n’est que du vieux stock recyclé. Que très peu de nouvelle matière qui se présente à nous. Car les mots et les concepts sont souvent limités, finis. Leur arrangement demande de l’observation, et du détachement.

Définitivement, la vie est une interminable saison des pensées, observées. Alors sautons dans le champs et observons. Ça déroule, et déroule, et déroule.

Observez celles-ci, les plus belles.

DÉ/FB/ROQUER

Dans un monde où se multiplient les distractions, crée de l’espace pour le vide.

De plus en plus, je considère quitter FB, le seul zéro social que j’utilise pour garder contact avec mes ami(e)s de par le monde. Là où je poste aussi mes petits colliers de mots.

Je ne suis pas encore complètement décidé mais il y a de plus en plus de désagréments sur ce foutu fourbu réseau. Chaque nouvelle demande d’amitié s’avère suspecte désormais. On nous bombarde de publicités et les pièges virtuels à cons bien réels y pullulent de plus en plus. De plus en plus de malveillants aussi. Sans compter l’arrogance de leurs dirigeants face aux intentions et tentatives des gouvernements de les policer un peu.

Je considère m’en éloigner temporairement – du moins pour l’été car avec le beau temps, tout naturel de vouloir jouer dehors davantage et de s’éloigner des écrans autres que solaires – ou de façon permanente, je ne sais pas encore.

Mais je suis ambivalent. Et lent.

Je suis un gars sociable de nature, un gars du social. Je suis curieux, j’aime la beauté et au début c’était surtout ce que l’on croisait quand on s’y promenait.

De plus, j’aime prendre des nouvelles de mes ami(e)s et connaissances de par le monde et c’est par là que ça passe. Il serait bien difficile pour moi de concevoir ne plus entretenir mon cercle social local mais encore plus l’international. Mais je considère, je considère.

Envie de laisser tomber aussi les nouvelles qui nous rendent toujours plus inquiets et déprimés, sans que ça ne change grand chose qu’on connaisse tous les désastres du monde entier. Même si on doit quand même minimalement rester au courant de ce qui se passe sur notre boule. Car notre monde après tout.

Mais parfois, on en vient à avoir les yeux et la tête trop pleins, débordants, ce qui finit par affecter notre coeur. Tant de distractions qui finissent par brouiller notre vision non seulement du monde mais de soi aussi.

Alors il devient parfois nécessaire et essentiel même de re créer de l’espace pour le vide, pour du plus lent, pour explorer le néant en dehors comme en soi, pour plus de silence. Pour tout simplement se déposer, et ralentir.

Faire un feu, le contempler, et écouter les rainettes.

Jouer de la musique.

Lire un livre.

Marcher dans la forêt.

Parler à une seule personne à la fois.

Travailler de ses mains.

Créer de la beauté concrète sous diverses formes.

Voilà mon programme de l’été.

Pas encore rendu à tirer la plogue, mais pas loin.

À suivre.

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TRANSFORMATEURS
Shiv, vous avez souvent parlé de la façon dont vous vivez une grande intimité avec la vie. Comment fait-on pour développer ce genre d’intimité? La sensibilisation est-elle la clé ? Je ne vis pas ce genre d’intimité avec la vie que vous décrivez…

Je me demande si vous avez déjà écouté un morceau de musique et vous y êtes donné si complètement – que le temps s’arrête et que la musique remplisse toute votre conscience.

Je me demande si vous avez déjà été tellement submergé par le chagrin que les sanglots profonds et déchirants de votre détresse enveloppent tout l’espace et le temps.

Je me demande si vous avez déjà ri si fort et si hystériquement que le monde s’arrête et que ce n’est que le dernier souffle d’air dans vos poumons qui peut le faire redémarrer.

Je me demande si vous avez déjà été tellement consumé par la rage que votre conscience quitte votre corps et regarde votre être tout entier se consumer par les flammes.

Je me demande si vous avez déjà été touché par votre amant de telle manière que chaque cellule de votre corps s’aligne unanimement et instantanément sur son énergie sensuelle comme la limaille de fer sur un aimant.

Je me demande si vous avez déjà ressenti la sensation exaltante de soulagement global qu’un verre d’eau fraîche procure par une journée torride où vous êtes complètement desséché.

L’intimité avec l’instant prend des formes infinies. Aucun n’est durable. Ils n’ont pas non plus besoin de l’être. Car l’instant est en perpétuel mouvement et avec lui nos manières de vivre l’intimité avec lui.

Votre problème n’est pas que vous luttez pour être intime avec la vie.
Votre problème est que vous avez du mal à être intime avec la vie de la manière dont vous avez idéalisé l’intimité à laquelle vous ressemblez.

Vous préférez le genre d’intimité de bonheur que le genre de chagrin.
Vous préférez le genre d’intimité du rire que le genre de rage.
Vous préférez le genre d’intimité pacifique que le genre d’anxiété.

Chaque instant est intime.

Lorsque vous êtes perdu dans vos pensées, c’est parce que vous êtes intime avec vos pensées.

Lorsque vous êtes distrait par votre téléphone, c’est parce que vous êtes intime avec votre téléphone.

Lorsque vous êtes stressé par votre travail ou vos finances. C’est parce que vous êtes intime avec l’histoire de votre vie.

Lorsque vous vous inquiétez de ce que les autres pensent de vous, c’est parce que vous êtes intime avec votre image déformée de vous-même.

L’être humain ne manque pas d’intimité. Nous nous perdons pour toujours dans les choses, les gens, les événements, les idées, les opinions et les institutions qui nous entourent.

La vie prend toutes ces formes – de pensées, d’objets, d’expériences, d’événements, de personnes, d’opinions – et nous oblige à être intime avec elle À TRAVERS ses diverses formes.

La vie change de forme tout le temps. Et nous changeons de forme avec lui.

Nous sommes des métamorphes et cette capacité même témoigne de notre capacité d’intimité.

Lorsque la vie est dure, nous répondons par la résistance. Quand la vie est douce, nous réagissons avec facilité. Lorsque la vie est incertaine, nous réagissons par la peur. Lorsque la vie est sécurisée, nous répondons avec confiance.

Quand la vie est compliquée, nous répondons avec confusion.

Lorsque la vie est simplifiée, nous répondons avec soulagement.

Cela signifie que nous sommes en phase avec la façon dont la vie se manifeste pour nous.

Nous sommes comme des partenaires de danse. Quand la vie met le pied en avant, nous remettons le nôtre en arrière. Quand la vie recule, nous mettons le pied en avant.

Quelle plus grande intimité peut-il y avoir que deux moitiés fonctionnant comme un tout ?

Comme je l’ai dit, vous ne le percevez peut-être pas de cette façon. Mais c’est uniquement parce que vous avez été inculturé pour développer une vision biaisée de la vie. Vous avez subi un lavage de cerveau pour croire que l’intimité doit toujours être agréable.

Pourquoi?

L’étreinte d’une mère peut être profondément intime. Se faire frapper au visage peut aussi être une expérience profondément intime.

L’intimité peut ressembler à l’amour, à la dépression, à la joie, au chagrin, à l’excitation, à l’ennui, à l’expansion, à la contraction.

À chaque instant, nous sommes entièrement et complètement abandonnés à l’expérience de ce moment d’une manière tout à fait intime. Nous n’avons pas le choix de la manière dont nous réagirons. La vie induit simplement la réponse de notre part en proportion de ce qu’elle exige.

C’est comme un pianiste qui joue du piano. La musique est ce qui se produit lorsque différentes notes sont jouées successivement avec peu ou pas de pause entre elles. Chaque fois qu’un doigt relâche une touche du piano, une autre touche est enfoncée.

Nos expériences de vie sont comme les touches d’un piano.
La colère est une clé. La joie est une clé. L’ennui est une clé. L’anxiété est une clé. Le bonheur est une clé. La peur est une clé. La paix est une clé. L’amour est une clé.
Si votre idée de l’intimité est de jouer la même note idéale encore et encore, c’est une compréhension erronée. Car ce n’est pas ainsi que l’on fait de la musique.

La musique est faite en jouant toute la gamme de touches.

L’intimité est la pression de contact du doigt avec la touche du piano qui produit la vibration du son.

L’intimité est la pression de contact de la conscience avec l’expérience de vie qui produit la vibration d’une expérience consciente.

Vous êtes toujours intime avec la vie. Ce ne sont que vos propres idées fausses qui vous empêchent de voir cela.

Il n’y a rien que vous puissiez « faire » pour développer l’intimité. Développer plutôt la perspective à la place.

La vie se passe comme cela se doit.

Et vous répondez comme il se doit.
Il n’y a aucune disharmonie dans tout cela.
La souffrance et la douleur sont des symptômes de discorde.
Ce ne sont que des facettes différentes de cette intimité que nous partageons avec la vie.

Nous sommes des métamorphes nous moulant perpétuellement dans le conteneur dans lequel nous nous trouvons – la vie elle-même.

–Shiv Sengupta, Advaitaholics anonymes via Joan Tollifson

LE SE RE CON/NAÎTRE

J’ai jadis entretenu des milliers de désirs, mais face au désir de TE connaître, tous les autres ont disparu.
– Rumi

Mais à qui donc s’adresse notre cher Rumi ? Qui est ce TE ? Ce you à qui il parle.

Au bien-aimé ultime ? Ou à sa douce incarnée ? Ou encore à lui-même, soit la partie de lui qui est plus grande que lui-même ?

Nous sommes – plausiblement ? possiblement ? probablement ? ou pas – tous et toutes dépositaires de Dieu, du Grand Esprit, de la Force ou de la Fleur de vie, c’est selon, les appellations qu’on atribue à cette Grande Vie.

Tous et toutes de petites parcelles de cosmos incarnées, des petits tas de poussière d’étoiles en action sur cette grosse boule d’eau bleue et de forêt verte qui tourne sur elle-même dans l’infini. Avec 8 milliards d’humain(e)s, d’autres milliards de formes de vie, animale, minérale et végétale.

Ce que nous oublions souvent toutefois, pris et prises dans nos histoires personnelles que nous pensons réelles, très ou trop ancré(e)s dans ces corps passagers. Mais ce corps physique, qui nous permet de percevoir, est tout de même notre véhicule actuel, et nos sens, nos portes d’accès à plus grand que nous.

Alors quand on se parle, quand on parle à Dieu ou à l’un de ses multiples noms d’artiste, à qui parle-t-on ? Sommes-nous entendus ? Ou ne parlons pas toujours seul(e) au fond ?

Et quand on prie, à qui s’adresse-t-on ?

Et est-ce vraiment si important de savoir au fond ?

Petites questions toutes simples et légères en ce lundi matin de fête des Patriotes, fête de Dollard ou fête de la Reine. Vous voyez les appellations ? Du pareil au même. Congé anyway. Pour certain(e)s du moins.

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Et ci-bas, Osho au sujet du désir ultime

PLAGE DE VIE & VIE DE PLAGE

Ma douce et moi on arrive de quelques jours à la mer.

À la plage surtout.

Dans le Maine, tout près. Et un peu frais, mais plus que parfait car trop frisquet pour les hordes de touristes.

Alors on avait les plages presque à nous. Grand luxe. Et grand espace.

On a marché, et marché, et encore, pieds nus. On a cueilli des roches, comme des enfants. On s’est fait venté dessus, jusqu’à dedans, et à-travers. On s’est éventé, pour laisser aller le vieux stock.

On a suivi les flots. Observé les marées, hautes, et basses, and on and on. Et apprécié les marais. Et écouté les oiseaux. Et trouvé si cute les bécasseaux (sand piper).

La vie simple quoi, vie toute simple de bord de mer. Marcher, manger, dormir.

On a suivi le flow, comme les flots. Quelque part entre la discipline du corps qui demandait exercice, et le grand air salin, l’espace infini, et le surrender, ce verbe, mais aussi un nom, difficile à traduire car tant de possibilités. Mais plusieurs très beaux dans la liste quand on pense à se laisser porter par la vie.

En somme, le surrender constitue ultimement une sorte de qualité d’être – et un non faire – qui requiert de simplement se laisser porter par les flots, par le flow.

Go with the flow diraient les gens du Maine, et les matl’eau 😉 Don’t even go with the flow dirais-je plus tôt que tard, et laissons-nous porter par le flow des flots, laissons-nous couler avec la vie.

Comme font les mers avec leurs incessants mouvements stimulés par la lune, comme tout ce que l’eau entraîne dans ses flots et qui échoue éventuellement sur une plage. Même les roches finissent par se laisser polir par la vie. Polissons-nous, ou plutôt laissons-la nous polir. Que la vie nous polisse.

Alors retour au bercail, et à la poutine de la routine, avec beaucoup à faire. Flot de courriels auxquels répondre, mais avec du flow au coeur, et à l’âme, du swing au popotin, avec un élan de légèreté et du mouvement marin dans tout le corps. Et floush et floush disait la mer.

Entre discipline, qui vient si naturellement quand on fait ce que l’on aime ou qu’on aime ce que l’on fait, et aisance – un autre choix personnel pour surrender. Laissons-nous porter par le flow, dansons avec le flow, naïvement, comme des flots.

L’été peut commencer maintenant.

Non, il n’a pas neigé là-bas, contrairement à ici, mais pas loin (au Vermont si, nous a-t-on dit en route). Si ça peut vous consoler. Car on se compare toujours un peu. Même si on se dit qu’il ne fait pas le faire. D’un babord comme de l’autre. À nous de choisir le bon. Ou pas.

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Lors de ce voyage, avec des communications au strict minimum, détox numérique voulue, une amie me disait qu’elle avait hâte de lire mon prochain billet. J’ai trouvé l’expression belle. Et je vais l’adopter.

Car depuis les 12 années que j’écris chroniquement, first thing in the morning la plupart des jours que la vie m’accorde, je disais que j’écrivais des chroniques. Un peu pour le jeu de mots car ce l’est devenu au fil du temps, chronique je veux dire, pour moi d’écrire.

Billet selon le Larousse en ligne
1- Lettre très courte rédigée rapidement
2- Petit carton ou papier imprimé constatant un droit ou une convention, en particulier donnant accès quelque part
3- Petit article de journal, de caractère plaisant ou satirique
4- Titre de transport donnant droit à un trajet déterminé effectué par un quelconque moyen de transport payant.

Bienvenue à mes billets. All aboard, le monde à babord !

COEUR ENFLAMMÉ & ÂME CHANTANTE

La beauté est un coeur enflammé et une âme enchantée. – Khalil Gibran

Au-delà des mots et des tentatives d’explication et de compréhension, la beauté.

Au-delà les choses et les gens, la vie qui s’écoule.

Derrière les pensées qui entravent souvent le flot cru de la vie, une petite flamme de conscience au coeur du poste d’observation, petite lueur. Qui regarde, remarque, observe, prend note. Sans juger, ni calculer, ni vouloir savoir.

Tout simplement ici, calme, brûlant.

Et un coeur enchanté. Toujours en quête de beauté en ce vaste monde. Le mien comme le vôtre. Le nôtre.

Avec le temps qui passe, toute cette beauté qui demeure, persiste et mûrit.

Lentement, mais inévitablement. Doucement surtout. La beauté, toujours. Ici.

En ce matin calme et paisible, au seuil de quelques jours à la mer avec celle qui garde la flamme vivante dans mon coeur brûlant, assis à l’écran, ce moment, tout bonnement, et que ces quelques souhaits de beauté et de joie envoyés à l’air libre vers vous, rares paires d’yeux qui croiseront ces lignes au gré du hasard. Intimité permise par une écriture à circuit fermé.

Le coeur enflammé et l’âme chantante, la vie coule tout doucement. Cette vie, notre vie à tous et toutes. La même seule et unique.

Coeurs enflammés et âmes chantantes.

Aho et Amen !


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Il faut avoir une musique en soi si on veut faire danser le monde…
~ Friedrick Nietzche via Alain Nyala

POUSSÉES D'(IN)CONSCIENCE

Il y a un prix à payer pour chaque «poussée de conscience». Il est impossible de devenir plus sensible au plaisir sans devenir proportionnellement aussi sensible à la souffrance.
– Alain Watts

Cette citation met bien en mots un certain ressenti en moi qui prend place depuis un bon bout de temps déjà.

Autant une certaine ouverture – qu’elle soit dite de conscience ou tout simplement une plus grande sensibilité en soi donc inévitablement en lien avec le monde extérieur – nous amène à percevoir davantage le menoum menoum que le beurk et le ouach. En nous comme en dehors.

Autant les peaks de conscience nous font monter de plus en plus haut dans les cieux – vamos subir – autant les descentes ici-bas sont prononcées. Et dans les mêmes mesures on dirait bien.

Autant nous nous mettons à pouvoir apprécier l’immense et grande beauté du monde, notamment la nature et les enfants – autant la laideur nous saute aux yeux avec la même intensité.

Autant nous ne pouvons plus que vivre avec sincérité et une plus en plus grande transparence, autant la fausseté et les mensonges nous apparaissent dans tout leur lumière. En soi, comme en dehors.

Car si elles sont véridiques, ce que j’aime nommer poussées de conscience, ces expansions perceptuelles nous révèlent tout tout tout, le beau comme le moins, le vrai comme le faux, le conscient mais aussi et surtout peut-être l’inconscient. Car lorsque la lumière éclaire, elle pointe en premier lieu vers qui l’entrave.

Lorsque notre capacité de voir, de sentir, de percevoir, nommez-le comme vous voulez, grandit, notre regard voit l’harmonie tout autant que le tumulte et le chaos.

Lorsque nous devenons meilleur(e)s à voir le vrai, le faux apparait dans la même mesure. En soi, comme en dehors.

Il est naturel de ne vouloir que le meilleur, que le beau, que le bon. Mais sans son contraire, ces qualités ne sont rien. Et si on prétend vouloir devenir plus conscient(e), il est inévitable de plonger dans ses zones d’inconscience. Car qu’ainsi que la conscience peut grandir: en éclairant l’inconscient. Pas toujours la première chose qu’on veut voir.

Plein de beauté en ce bas monde. Mais plein d’horreur aussi. L’un vient avec l’autre pourrait-on dire. En tous cas, l’un ne vient pas sans l’autre. Et rien n’est neutre, ni sans son contraire ni opposé.

De toute façon, selon Épictète, les gens ne sont pas dérangés par les faits perçus, mais plutôt par leurs perceptions de ces faits.

Et de toute façon, aucun fait n’est neutre en soi, il nous arrive toujours par divers filtres d’interprétation. Filtres qui ont inévitablement des racines émotives, culturelles et existentielles. Alors inévitable b’observer qui observe non ?

50 nuances de gris vous dites ?

Du gris à l’infini je crois plutôt. Arc-en-ciel et toutes couleurs et dégradés compris.

Ça va bien aller. Et parfois moins bien. À nous d’apprendre à faire avec, et à voir soi comme le monde avec une certaine relativité. Car parait que tout l’est.

PEUR D’AVOIR PEUR

La seule façon de ne pas avoir peur est de comprendre que vous aurez peur parfois, et que cela est naturel. Ce n’est pas la peur qui vous arrête de faire quelque chose. C’est la peur d’avoir peur.

J’ai traduit to be afraid par avoir peur, mais j’hésitais entre avoir peur ou être apeuré(e). Car que l’on le veuille ou pas, on en revient souvent au fameux choix entre être et avoir.

Être en état de peur, être apeuré(e), ou avoir la peur en soi, au ventre, au coeur ou ailleurs, du pareil au même non ? Deux façons de dire la même chose ? Ou presque ? Ou pas ?

Être apeuré(e) semble à première vue plus impliquant que d’avoir de la peur en soi. Mais au-delà de la stricte sémantique, les deux états sont semblables. Selon que l’on se conçoive davantage un être d’état ou un être d’avoir.

Être en vie, ou avoir une vie ?

L’anglais me semble davantage une langue d’état, comparativement au français qui semble davantage avoir et posséder.

Quelques exemples.
I am scared = j’ai peur, I am hungry = j’ai faim, j’ai soif = I am thirsty.

Je pense donc je suis, je sens et je suis ou j’ai des pensées et des émotions qui me passent par la tête, le coeur et le corps.

Pour en revenir à la peur, les principales peurs humaines sont probablement la mort, la souffrance, l’abandon, l’humiliation, la disparition. Et quelques autres on the side bien sûr.

Si plusieurs humain(e)s disent ne pas avoir peur de mourir – ce que l’on verra bien pour de vrai en temps et lieu – plusieurs avouent toutefois avoir peur de souffrir, ou avoir peur que leurs proches souffrent. Mais comme l’affirme ici Montaigne: une personne qui a peur de souffrir souffre déjà de ce dont elle a peur. Pensons-y.

Simple à dire mais allez le dire à quelqu’un(e) qui a peur, que ce soit de mourir ou de souffrir. Pas moins pénible pour elle. Et quand la peur nous tient, bien difficile de s’en débarrasser.

Parfois c’est la peur qui nous tient, et parfois, c’est nous qui la tenons et ne la laissons pas aller. Car parfois, la peur réconforte aussi. Certains ont peru d’avoir peur, mais d’autres aiment ça. D’où les films d’horreur. J’ai peur donc je vis. Je suis apeuré, donc je suis.

Donc a-t-on la peur en soi ou sommes-nous la peur ?

Petite – ou grande – question existentielle, mais aux répercussions similaires.

Peut-être que la réponse juste consiste tout simplement à se permettre d’avoir ou d’être la peur quand la peur se manifeste en nous et autour de nous.

Car si on pense à l’avenir comme on le fait tous et toutes parfois, et particulièrement en ces temps incertains, il est quasiment inévitable de ressentir une certaine crainte, une inquiétude, ou une peur bleue, ou d’une autre couleur, devant les menaces qui nous se dressent devant nous.

Que ce soit peur pour soi, pour ses enfants ou petits-enfants, la peur est bien réelle.

Et chacun chacune de nous doit apprendre à vivre avec. Comme la souffrance quand elle se présente.

Et il n’y a pas d’autre choix que de la ressentir quand elle nous passe dedans ou autour, de la reconnaître et de l’accepter.

Qu’on la soit, ou qu’on l’ait. Qu’elle soit réelle, ou imaginée. Qu’on la laisse se consumer. Car elle vient, et va. Tout naturellement.