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ÊTRE, TOUT SIMPLEMENT

Comme on dit: qu’est-ce qu’on fait quand on ne sait plus quoi faire ? Et où va-t-on quand on ne sait plus par où aller ?

On dit que le vrai voyage d’une vie ne peut se faire que sur place. Par en dedans. En soi. Ici. Maintenant. Comme le veut la formule consacrée. Mais parfois on doit faire tout le tour de la boule pour revenir à ce simple constat.

Quand on est (plus) jeune, il est tout naturel de vouloir découvrir le vaste monde. On veut voyager à l’horizontal, découvrir de nouveaux horizons, voir de nouvelles contrées, rencontrer de nouvelles personnes et vivre de nouvelles expériences. On cherche par en dehors.

Mais avec les années, ou face à certaines épreuves qui nous précipitent en nous, un autre monde s’ouvre à chacun(e), en chacun(e), petit à petit ou subitement. Le monde du coeur, celui de l’âme, celui de l’introspection. Ce monde que l’on dit intérieur. Et alors, peu importe où nous nous trouvons, nous avons tendance à toujours être ici, à n’être qu’ici. Et pas ailleurs, et ni plus tard que maintenant. À tenter de squeezer tout le jus de chaque moment. Et en même temps, en en faisant de moins en moins quoi que ce soit pour obtenir quelque chose.

Par ailleurs, il n’y a rien à faire pour entrer en soi, suffit d’arrêter d’en sortir, de se disperser en dehors de soi, de se projeter sur et dans le vaste monde. Ou en d’autres mots, arrêter de vouloir être à la recherche de plus en plus de quoi que ce soit, que ce soit de bonheur, de sensations, de quelque chose ou même de rien. Car si certain(e)s en veulent toujours plus, d’autres peuvent en vouloir toujours de moins en moins. Ce qui revient peut-être au même tant que le vouloir est présent.

Même dans le domaine de monde intérieur, certain(e) sont en quête d’illumination, de réalisation, de transcendance de l’égo. L’égo qui veut se débarrasser de lui-même, la joke ultime.

J’ai moi-même longtemps couru sur ce chemin qui semble toujours vouloir aller plus loin et plus vite à mesure qu’on l’entreprend – pour arriver nulle part tant que l’on avance en cette existence. La fameuse carotte qui avance toujours aussi vite que soi, et même parfois un peu plus vite on dirait.

Mais avec le temps, par lassitude, par perte d’intérêt, par déception répétée ou par maturité, les envies et les désirs diminuent, s’amenuisent, s’essoufflent, rapetissent et ratatinent. Ne reste que l’envie d’être, tout simplement, dans le moment, là où nous sommes actuellement. Pas ailleurs, qu’ici, car ici que la vie nous a placé pour le moment.

Simplement être. Ni même bien ni mal, car on finit aussi par comprendre que le fameux couple bien et mal ne sont que deux facettes de la même médaille du jugement, de la catégorisation.

Le monde extérieur semble en péril ces temps-ci. Si certain(e)s éprouvent de l’éco-anxiété face à l’état actuel du monde, chez d’autres, ce constat semble créer une forme de désespoir, comme une course par en avant. Tant qu’à rentrer dans le mur, allons-y vite semblent se dire certain(s).

Alors devant l’adversité, soit on fonce et on sort de soi, soit on entre en dedans. Et on monte, et on descend, on fouille, on sent et ressent. Sans juger, sans bouger ni courir. En vivant, tout simplement, ce qui se vit.

Avec la tête en liesse, les pensées ne prenant jamais de pause, mais en s’ancrant ailleurs, dans le coeur, là où le temps s’arrête, là où le temps n’existe pas en fait.

Et hop, au boulot. L’heure du vrai travail a sonné.

NI CECI NI CELA TOUT ÇA

Chacun(e) de nous portons un regard particulier sur le monde qui nous entoure. Un regard qui nous est propre, brouillé par nos conditionnements, nos expériences de vie, notre éducation et notre culture, desquelles découlent nos valeurs et nos croyances.

Ces valeurs et croyances forment une sorte de filtre qui distortionne le regard que nous portons sur le monde, ce regard qu’on fait porter au monde. On ne voit donc pas vraiment les choses et les gens autour de nous, on voit surtout ce que l’on pense et ce que l’on croit à propos du monde et des gens.

Certain(e)s aiment penser qu’il existe une seule et unique vérité universelle, une seule et même réalité. Mais je crois qu’il serait plus juste de penser qu’il existe des milliards de petits monde, qui co-existent en un seul et grand monde. D’où les différentes perceptions de ce même et apparemment unique monde.

Des milliards de mini multivers sur 2 et 4 pattes, en ce même vaste univers.

Quand on accepte cette possibilité, car c’est ce qu’est le monde, une myriade de possibilités diverses et de points de vue différents, cette idée nous aide à respecter les points de vue qui divergent du nôtre car il n’y en a aucun autre identique au nôtre. Chaque son poste d’observation unique en et sur ce vaste monde.

Bien sûr on sait déjà cela vous et moi.

Il ne nous reste qu’à le réaliser, qu’à le rendre réel, qu’à incarner cette évidence. Et à écouter et entendre d’où partent les gens en eux et elles quand ils et elles s’expriment au sujet du monde, avant et plutôt que de réagir. Pour être en mesure de répondre.

Je postais ces mots d’Alaric Hutchinson l’autre jour qui veulent pas mal dire la même chose: L’amour, c’est être en mesure de percevoir une situation sans la diviser en dualité.

Alors l’idée est peut-être tout simplement de retrouver l’amour du regard originel afin de clarifier notre regard pour enfin voir le monde tel qu’il est.

Avec les yeux du coeur ?

L’essentiel est invisible pour les yeux; on ne voit bien qu’avec le coeur. 
– St-Exupéry via Anand Gyan

L’AMOUR, QUE L’AMOUR

Tu dois réaliser que rien ne t’appartient en ce monde. Tout ce qui t’entoure n’est que temporaire, tout passera. Seul l’amour que tu portes en ton coeur durera pour toujours.
– Sakino Sternberg

On envie souvent les riches, le fameux 1 %, ceux et celles qui possèdent beaucoup: beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, beaucoup de choses diverses, comme la prétendue gloire aussi, dont on pense qu’ils/elles en jouissent.

Mais toutes ces choses qu’on pense posséder vont finir par disparaître. Et ces choses qu’on pense posséder, au fond, ce sont peut-être elles qui nous possèdent.

Les gens qui ont beaucoup, trop souvent même, ceux et celles qui possèdent tant, eh bien on pense qu’elles sont sécurisé(e)s par leurs apparentes possessions (temporaires). Mais probablement qu’ils et elles ont peur – consciemment ou pas – face à la perte éventuelle de ces dites choses.

Yuval Noah Harari dit d’ailleurs (ce que j’en comprends du moins) dans Homo Sapiens que c’est lorsque les humains ont commencé à s’approprier la terre qu’ils en sont devenus prisonniers.

D’autre part, on dit que certaines personnes sont tellement pauvres que tout ce qu’elles possèdent dans la vie est de l’argent.

Évidemment qu’avoir assez d’argent pour subvenir à ses besoins est primordial. Tant de personnes n’en n’ont même pas tant. Mais on a souvent tendance à en vouloir plus que juste assez. Nature humaine dit-on.

Pourtant.

On dit depuis longtemps que l’argent ne fait pas le bonheur. L’argent en soi ne veut rien dire. Si on ramène à son plus petit dénominateur commun, l’argent signifie notamment liberté, autonomie, sécurité, confort, bien-être et plaisir. Mais quand on en manque, ça prend toute la place.

En terminant, pour les amateurs/trices de non-dualité : l’amour, c’est être en mesure de percevoir une situation sans la diviser en dualité. – Alaric Hutchinson

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Love is not a relationship, it is a state of being.
– Osho

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L’amour est une rose
Si vous voulez vraiment connaître l’amour, oubliez l’amour, souvenez-vous de la méditation. Si vous voulez faire entrer des roses dans votre jardin, oubliez les roses et prenez soin du rosier. Nourrissez-le, arrosez-le, veillez à ce qu’il reçoive la bonne quantité de soleil, d’eau. Si tout est pris en charge, les roses sont destinées à arriver au bon moment. Vous ne pouvez pas les amener plus tôt, vous ne pouvez pas les forcer à s’ouvrir plus tôt et vous ne pouvez pas demander à une fleur de rose d’être plus parfaite.

Avez-vous déjà vu une rose qui n’est pas parfaite ? Que veux-tu de plus? Chaque rose est parfaite dans son unicité. Danser dans le vent, sous la pluie, sous le soleil – ne voyez-vous pas l’immense beauté, la joie absolue ? Une petite rose ordinaire rayonne de la splendeur cachée de l’existence.

L’amour est une rose dans votre être, mais préparez votre être. Dissiper les ténèbres et l’inconscience. Devenez de plus en plus alerte et conscient(e), et l’amour viendra de lui-même, en son temps. Vous n’avez pas à vous en soucier. Et chaque fois qu’il vient, il est toujours parfait.

L’amour est une expérience spirituelle – rien à voir avec le sexe et rien à voir avec les corps, mais quelque chose à voir avec l’être le plus profond.

Mais vous n’êtes même pas entré dans votre propre temple. Vous ne savez pas du tout qui vous êtes et vous posez des questions sur l’amour. Sois d’abord toi-même ; connais-toi d’abord toi-même – et l’amour viendra comme récompense. C’est une récompense de l’au-delà. Il pleut sur vous comme des fleurs, remplit votre être. Et cela continue à vous submerger, et cela apporte avec lui un énorme désir de partager. Ce partage ne peut être indiqué dans le langage humain que par « amour ». Cela ne dit pas grand-chose, mais il indique la bonne direction. L’amour est une ombre de vigilance, de conscience.

Je vous apprends à être plus conscient(e). Et l’amour viendra à mesure que vous deviendrez plus conscient : c’est un invité qui vient, qui vient inévitablement à ceux qui sont prêts et préparés à le recevoir.

– Osho

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Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera.
– Sagesse bouddhiste

OH FEU

Pendant que le monde brûle autour de nous, nous, on continue nos petites vies.

Quoi faire d’autre de toute façon ? Bien sûr, les images que l’on voit des flammes et de la fumée nous ébranlent, et nous font apprécier que ça ne soit pas nos maisons à nous.

Mais que peut-on faire devant ces catastrophes ?

Pendant que des villages entiers sont déplacés, que les maisons de certain(e)s de nos concitoyen(ne)s risquent de disparaître dans les flammes, nous, on regarde ça dans nos écrans et on se sent bien impuissants.

Si l’éco-anxiété augmente, comme certaines conséquences de nos habitudes devant plus réelles, nous tardons à changer nos habitudes. On voyage encore autant qu’avant, on consomme encore des tonnes de ce fichu plastique qui ne disparaîtra pas de sitôt, on roule en solo la plupart du temps et la plupart d’ente nous.

Bref, on fait comme si de rien n’était. Mais quelque chose est, et se passe.

Mais concrètement, à part faire du compost, recycler et limiter nos achats de bébelles neuves, que peut-on faire ? Car c’est structurellement qu’il nous faut changer, et ça ça ne change pas si vite. À moins d’être acculés au pied du feu.

Le monde est à feu et à flammes et nous on est sur Fb, on regarde nos écrans – qui ont remplacé la tivi – on continue avec la vie, avec notre ptite vie.

Bien sûr on doit vivre le moment présent, que cela qu’on ne peut vivre. Car toujours fraîche et actuelle la vie. Mais il nous fait tenir compte des risques qui nous guettent.

Un bien beau tango existentiel qu’on doit apprendre à danser. À l’abri du feu, pour le moment.

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N’emprisonnez pas les gens dans votre mémoire.
Les circonstances ne se répètent jamais ; la vie ne se répète jamais.
… Vivez dans votre entourage comme pour la première fois.
Être sans qualifications.
Dans cette nudité tu es belle et chaque instant est plein de vie.

– Jean Klein, Qui suis-je, via Dominique Gottofrey sur FB

ESPRIT SAIN

Tous les esprits du monde du font qu’Un. En fait, la conscience unique se déploie dans tous les êtres.
– Erwin Schrödinger via Chay Tana Prince Wao

Le Grand Mental – ou l’esprit, ou le plein potentiel de notre capacité de faire des liens et de nous situer dans l’univers – constitue notre porte d’entrée vers le reste de la création. Mais en même temps, le petit mental qui a peur et qui pense qu’il sait peut nous enfermer.

Ramana Maharshi décrit bien cette double fonction ici à mon avis: Mind is infinite consciousness, the feeling of limitation is the work of the mind.

Si je tente une traduction naïve, j’avancerais quelque chose comme : L’esprit est la conscience infinie mais le sentiment de limitation est son travail en vase clos. Si des traducteurs(trices) professionnel(le)s posent leur yeux ici, tout aide est bienvenue.

Je remercie Chay Tana Prince Wao pour avoir posté la citation ci-haut en réponse à cette citation de Max Planck que j’ai utilisée comme base de réflexion il y a quelques jours.

Je considère la conscience comme fondamentale. La matière découle de la conscience. On ne peut se détourner de la conscience. Tout à propos de quoi nous parlons, tout ce que l’on considère exister, implique la conscience. – Max Planck

Il existe en effet un certain lien entre les mots des deux hommes. La conscience notamment. La conscience plus grande que notre petit moi, notre capacité de concevoir le liant entre tout ce qui vit, dont nous faisons partie. La part du grand Mystère en nous. Ce qui ne sépare pas, ce qui ne discrimine pas, ce qui inclut tout, ce qui voit large.

Le mind, qu’on traduit parfois soit par mental ou par esprit en français, déjà une drôle de situation langagière et position ambigüe s’il en est une, constitue une drôle de machine. Capable du meilleur comme du pire. Comme l’impression d’ailleurs que nos intuitions sont modulées par ce sain esprit en nous.

Si le terme mind se traduit autant par mental que par l’esprit, j’ai comme l’impression que le mental constitue sa partie limitative de la machine à pensées, alors que l’esprit est ce qui nous ouvre au reste de l’univers, notre récepteur/émetteur divin. L’Esprit sain serait la partie ouvrante du mental.

Si je comprends bien aussi les mots de Schrödinger, il n’y aurait qu’un seul Grand Esprit, dans lequel tous les petits fusionnent, se retrouvent.

Comme vous voyez, je m’avance vraiment à tâtons ici dans la sphère de la conscience et du rôle de l’esprit/mental/machine à faire sens, name it comme vous voulez.

Mais je lance surtout ce court texte de questionnement et de réflexion, et ces 2 citations, comme une base commune de réflexion. Tout feedback qui alimentera la discussion est bienvenu.

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The brain has in the mind
– Bruce Lipton

MOMENT PRÉSENT PASSÉ EN DEVENIR

La vérité ne peut jamais être une expérience antérieure; c’est sa beauté, elle est toujours fraîche, nouvelle, jamais ce qui s’est déjà passé auparavant. – J. Krishnamurti

Ah ce fameux moment présent. Ce St-Graal existentiel qui contiendrait toutes les vérités du monde.

Quelle belle et grande illusion. Car le moment présent n’est qu’un éternel et bref passage d’un temps qui n’existerait même pas. Chaque moment ne serait qu’une futile glissade dans le vide, qu’une escapade de pensées et d’émotions défilantes, qu’une apparente réalité matérielle en constante mutation. Lent glissement de temps peut-être, mais réelle transmutation sans cesse en cours. Et ce qui est maintenant ne sera plus bientôt. Comme ce qui a été et qui n’est plus et ne sera plus jamais.

Comme nous, le moment, qui n’est que subtil mouvement d’apparence constamment en train de passer, toujours un peu dépassé. Nous sommes toujours un peu en retard sur le moment qu’on dit présent. Dès qu’on pense le saisir, le moment est déjà passé, parti, évaporé. Et le prochain est déjà en train lui aussi de nous glisser entre les mains plus vite qu’on puisse le réaliser.

On pense qu’avec les années, qu’avec l’expérience, on a acquis de la sagesse. On pense que parce qu’on a vu beaucoup d’eau couler sous les ponts, on sait plus qu’avant ce qu’est l’eau. Ou un pont. Plus qu’avant, ou plus que les autres. Car notre connaissance a souvent besoin de l’ignorance des autres pour se mesurer.

Mais la vérité, ou l’une d’entre elles s’il en existent plusieurs, est qu’on ne sait rien, on ne saisi vraiment rien, on ne comprend rien pour de vrai. Et probablement, ou possiblement, qu’on ne saura jamais rien de plus que ce qu’on ne sait pas en ce moment. On peut quand même imaginer.

Car le grand mystère ne peut – et ne pourra – peut-être jamais être compris, il ne peut qu’être avalé, ou on ne peut que s’y perdre, s’y engloutir. Se laisser prendre par le mystère.

On n’a aucune idée de la grandeur ni de l’immensité du grand mystère nous entourant comme celui vivant en soi. Moi le premier. Ou ce n’est peut-être que moi qui ne sait rien, qu’en sais-je ?

J’écris plusieurs matins par semaine et je n’ai aucune certitude quant à ce que je dis. J’aime écrire pour réaliser mon ignorance. C’est exactement pour ça d’ailleurs que j’écris, en fait possiblement, car aucune certitude face à rien ai-je dit précédemment, vous voyez comme j’ai la mémoire courte. Je dois me le rappeler à moi-même car souvent je pense savoir. Si je savais, je me tairais, je me terrerais dans mes terres et je ne dirais rien. Je serais.

J’écris pour réaliser que je ne sais rien, ou si peu. Car savoir qu’on ne sait pas est la première des choses à savoir tel que nous le rappelaient Socrate, Platon et Jean Gabin. Et la dernière aussi peut-être. Mais même ça, je ne le sais pas. Mais est-ce que le diable s’en doute ?

Dès qu’on se fie sur ce que l’on a déjà vécu, déjà su, déjà vu, on ne sait plus car ce que l’on est maintenant ne se trouve qu’en ce moment, moment totalement inconnu, jamais vécu auparavant. Jamais vu. Tout neuf moment. Qui requiert présence fraîche, présence neuve.

Qui suis-je ?

Entre qui j’étais et qui je serai. Pas davantage. Peut-être tout au plus une petite flame de présence qui observe ce moment s’écouler dans le sablier du grand mystère. Peut-être.

Que sais-je ?

Ce que je pense savoir, ce qu’on m’a dit, ce que j’ai lu, ce que j’ai déjà vécu. Un peu de tout ça mais en même temps rien de tout cela. Car si je ne sais rien, je ne sais même rien du rien que je ne connais pas.

Ignorant de ma propre ignorance. Est-ce un bon début ou une fin en soie ? En dentelle peut-être.

Ah ce moment.

Déjà passé, pas encore ici.

Qu’un bref espace entre les deux.

À l’infini.

GENTILLESSITUDE

La gentillesse est la qualité que je considère la plus essentielle chez quelqu’un, devant le courage, la bravoure, la générosité ou quoi que ce soit. La gentillesse, ce simple mot. Être gentil(le), ça couvre tout. Être gentil(le).
– Roald Dahl

La gentillesse est un thème qui pop up régulièrement ces temps-ci pour moi. D’ailleurs, pas la première fois que je fasse bla bla à ce sujet. (https://atisupino.com/2023/05/25/puissante-gentillesse/)

La gentillesse me semble sous-estimée en cette époque de grande gueullitude, d’arrogance médiatique, de critique à tous vents et d’échanges de gros mots rugueux sur les réseaux anti sociaux.

On peut avoir avoir tendance à penser que la gentillesse signifie être gentil gentil, bonasse, ne pas exprimer sa vérité ou tout gober.

D’ailleurs quelqu’un a posté ceci en commentaire à ma plus récente chronique traitant de gentillesse.

L’honnêteté sans gentillesse n’est que brutalité alors que la gentillesse sans honnêteté est manipulation. Bien sûr, plusieurs réserves et nuances peuvent apportés au concept de gentillesse. Comme à tout.

Mais qu’est-ce que la gentillesse au juste ?

Le Larousse nous offre comme première définition: qualité d’une personne aimable. Aimable souffre un peu du même problème que le terme gentillesse. Mais si par aimable on veut dire capable de s’aimer soi-même tout d’abord, il en découlera que l’on peut, dans la même mesure, être capable d’aimer autrui.

Le terme anglais pour aimable, lovablelove able – me semble plus juste: capable d’aimer, capable d’amour.

Le Larousse propose comme synonymes à gentillesse : affabilité, agrément, amabilité, attention, bienveillance, bonté, complaisance, délicatesse, égard, empressement.

Plusieurs de nos jours veulent être illuminé(e)s, (re)connu(e)s, fameux, riches ou célèbres. D’autres veulent frondeurs, osé(e)s, innovateurs/trices, sortir des entiers battus.

Mais peu veulent être gentil(le)s.

À l’image de Mr Dahl, je crois que la gentillesse démontre une paix intérieure, une aisance d’être soi, avec soi, ce qui se traduit nos relations avec autrui. Car nous ne pouvons qu’être en relation avec les autres comme on l’est avec soi-même.

Ainsi, on doit tout d’abord apprendre à devenir (de plus en plus) gentil(le) avec soi car souvent avec soi-même que nous sommes le plus dur et exigeant(e).

En ces temps de potentiels déséquilibres sociaux à venir, la gentillesse sera une arme d’inclusion massive. On devra en faire preuve et la développer car les défis qui pointent risquent de nous sortir de notre zone de confiance. Et nous devrons apprendre à traiter les autres comme on voudrait l’être soi-même.

Finalement la gentillessitude est un état interne dans lequel on se trouve à l’aise d’être gentil(le), fin et fine comme dans finesse, avec soi et avec les autres que soi et eux et elles, la même personne en quelque sorte.

QUI VOIT QUOI

Je considère la conscience comme fondamentale. La matière découle de la conscience. On ne peut se détourner de la conscience. Tout à propos de quoi nous parlons, tout ce que l’on considère exister, implique la conscience. – Max Planck

On entend souvent dire que nous, les humain(e)s, ne sommes presque rien dans cette immensité, ou si peu. Que de petites miettes dans ce vaste univers. Univers qui s’active depuis des milliards d’années. quand un(e) de nous disparait, le monde continue de tourner.

Et en même temps, on dit que lorsque nous ne serons plus ici, le monde entier va disparaître car qui pourra le voir, le percevoir, en prendre conscience ?

À première vue, les deux points de vue peuvent s’avérer. À l’image de la question qui demande si l’arbre qui tombe fait du bruit si personne ne s’y trouve.

Personnellement, j’ai comme l’impression que l’arbre qui tombe fait du bruit même si je n’y suis pas. Comme on dit, on en fait à notre tête car à qui les oreilles ?

Les mots de Max Planck sont tout de même éclairants quant à l’idée de la conscience comme fondement à toute vie.

Alors ces mots-ci, ces mots dits écris, ils existent pour de vrai ou vous venez de les inventer ?

Vous voyez, le vendredi peut être léger aussi.

Bon ouiquenne lecteurs pas tristes du Tout, et lectrices joyeuses du Tout. Tourlou.

ÉCRIRE POUR NE RIEN DIRE

Je me suis tu et je t’ai parlé de tant de façons silencieuses. – Rumi

De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.
– Coluche

Tant de mots, tant de paroles en ce bla bla monde.

Des mots pour vouloir avoir raison, des mots pour se justifier, des mots pour tenter de se dire. Et pourtant. Rien ne peut nous permettre de se dire autant que le silence. Comme rien ne peut convier notre vérité autant que notre présence.

Ou comme notre absence. Car souvent, ce n’est que lorsque quelqu’un n’y est plus qu’on réalise combien importante cette personne aura été présente.

L’absence révèle la présence comme le silence révèle la parole.

Alors plutôt que de dire, et d’ajouter au grand bla bla ambiant, j’écris. Tout bas.

Tant de mots pour tenter de rejoindre les autres, pour tenter de communiquer. Quand au fond, au plus profond de soi, ce que nous re cherchons est fondamentalement quelque chose comme une union, une communion. Une union commune. Une communauté, appartenance au vivant, au plus Grand que soi. Un sens unique à la vie.

À chaque aurore de semaine, j’écris ces petits billets pour une poignée d’entre vous, que quelques paires d’yeux. Yeux pers, yeux bleus, ou verts. Yeux, et coeurs ouverts. Ces mots sont notre moyen de communion. Et parfois je parle probablement tout seul.

J’aime écrire pour moi-même. En premier. Car on n’écrit toujours qu’à soi-même de toute façon. Comme pour parler. Pourpalers avec soi-même toujours. Peu importe qui nousécoute, ou entend, ou nous lit. Qui lit, qui lit ? Guili guili.

J’aime écrire pour ne pas dire ce qui ne peut l’être de toute façon. Alors aussi bien se taire et écrire son petit boniment de chemin.

Je tente de dire mon tout petit grand coeur ouvert et battant la chamade à l’aide de mots, et plutôt que de les dire, je les tape et les envoies dans l’univers, dans le multivers. Enter. Bouteille à la mer.

Plutôt que de les crier, je les écris. Je les dis, mais silencieusement. Ce petit rien qui ne peut être dit de toute façon, ni de toutes les façons, j’aime les dire tout bas. J’écris low profile.

J’écris comme je peux, et un peu comme je veux, et vous lisez comme vous voulez. mais la plupart ne me lisent pas. Alors j’écris tout droit. Et un peu tout croche.

J’écris gratuit, j’écris free, et un peu frit dans le cerebelum. Je donne mes mots, je les sème à tous vents. J’ai un blogue dans le cervelet. Je me donne la joie d’écrire car la peine ne vaut pas la joie. On ne se donnera pas la peine de le dire. La joie prévaut. Faut ce qui faut.

J’écris mais m’entendez-vous vraiment ? Je ne puis dire. Vous attendes-vous à quelque chose ? Ou à rien ? Tout de même, j’écris. Mais j’écris tout bas. J’écris humblement. J’écris profil bas, bla bla. Et comme les gens lisent si peu désormais passé les images, déficit d’intention, peu de risque d’être lu. Je me suis tu. Turlututu.

Qui est ce JE dont parle Rumi ? Le grand Moi ? Celui ou celle qui parle aux milliards de petits je que nous pensons être chacun chacune ? Le Grand bonhomme ou Bonne femme dans le Ciel ? Levons la tête pour – essayer – de voir. Ou fermons-nous les yeux. Car comme on dit, à l’intérieur comme à l’extérieur. Omni présence.

Je ne saurais dire. Mais comme on dit quand même, moi je suis moi, et toi, tais-toi. Et cries-toi, ou écris-toi. Écris pour te faire croire que tu existes, écris pour ne pas crier face à la folie d’un monde qui fonce droit dans le mur, celui du son ou celui de l’anihilation. Ou FB.

De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent, disait donc Coluche.

Alors moi, j’écris.

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L’amour est sage – La haine est stupide.
Dans ce monde de plus en plus interconnecté, nous devons apprendre à nous tolérer les un(e)s les autres. Nous devons apprendre à accepter le fait que certaines personnes disent des choses que nous n’aimons pas.
Nous ne pouvons vivre ensemble que de cette façon.
Mais si nous voulons vivre ensemble, et non mourir ensemble, nous devons apprendre une forme de charité et une forme de tolérance absolument vitales pour la continuation de la vie humaine sur cette planète.

– Bertrand Russell, entrevue Face à Face sur BBC (1959)

SUR LA TERRE COMME AUX CIEUX

– André Malraux

Jusque dans l’état inquiétant dans lequel nous avons abusé et exploité la planète, de même qu’à la lumière de nos divers rapports sociaux actuels, je crois que nous, la grande famille des humain(e)s, avons besoin d’aide divine. Celle à l’extérieur de nous, comme celle qu’on porte en nous.

Besoin d’inspiration, de vision, de clarté face aux prochains grands mouvements sociaux à entreprendre en tant qu’humanité si on veut survivre. Pas mal certain que la planète saura s’adapter, elle en a vu d’autres, mais nous, ses locataires qui se prennent pour ses propriétaires et, de surcroit si négligents et déconnecté(e)s, c’est moins évident.

Je ne sais pas si ni comment nous nous en sortirons, mais des signes annonciateurs de catastrophe à venir sont déjà présents et manifestes. Autant sur les plans environnementaux, économiques que technologiques, l’heure est grave, Ou le sera bientôt. Ou encore plus.

Mais à qui demander cette aide tant requise ?

Sûrement pas à nos prétendus leaders, qu’ils soient hommes d’affaires (surtout) ou politicien(ne)s. Les premiers en veulent toujours plus pour eux et leurs actionnaires, les seconds ont bien peu de pouvoir réel, quand ils ne travaillent pas carrément pour les premiers, ou qu’ils ont tant soif de pouvoir. De bien petits Dieux. Mais tout de même relativement puissants sur le plan horizontal.

Jadis on passait nos commandes à Dieu le père tout Puissant créateur du ciel et de la terre. Et on attendait, en espérant avoir été entendu comme du monde. Mais ce concept semble dépassé et désuet devant la situation. Du moins, trop simpliste devant la complexité de la situation actuelle. Et plus qu’inadéquat, considérant notamment les actions passées et tordues des hommes de Dieu ici-bas.

Je pense qu’on va avoir besoin de tous les Dieux et de toutes les Déesses, ainsi que de toute la grande Divine famille élargie. Ancêtres, Anges et Sages inclus. Avec une bonne touche de féminité sacrée. Pas nécessairement pour qu’ils et elles fassent la job à notre place, mais surtout qu’ils et elles nous éclairent, nous guident, nous inspirent. Nous aident à trouver en nous leur parole et leur guidance.

Certain(e)s prient Dieux et Déesses, d’autres invoquent des forces supérieures. Certain(e)s leur parlent, en diverses langues et en plusieurs dialectes, partout de par le monde, discutent avec plus grand que soi.

D’autres préfèrent se taire et les écouter car on dit qu’ils et elles nous chuchotent constamment à l’esprit. Si seulement on arrêtait et on écoutait. Mais peut-être avec le coeur qu’on entend le mieux ? Peut-être là qu’on nous parle d’en haut ?

Quelque chose nous a mis(es) au monde, on devrait peut-être l’écouter.

On dit généralement des personnes qui entendent des voix qu’elles sont folles. Or peut-être que ce sont eux et elles qui entendent raison, qui se font dicter la voie à suivre ?

Peu importe qu’on soit des parleurs/ses ou des écouteur/ses, il me semble grand temps qu’on s’ouvre à la présence d’êtres supra humains pour être guidé(e)s, pour s’ouvrir à recevoir de l’aide de plus grand que nous. Pour améliorer le sort du plus grand nombre. Car nous sommes 8 milliards à vivre ensemble sur une boule qui rapetisse, qui s’accélère et qui surchauffe. Pensons seulement à nos enfants qui suivent.

Ouvrons-nous à se sentir accompagné(e)s, et qu’enfin on se sente appartenir à un Ensemble, à un Tout, à une grande famille d’Âmes, à la Vie quoi.

Les éléments de la nature constituent en ce sens de précieux guides, une grande source d’inspiration et d’intuition. Car comme on dit, nous ne marchons pas sur la terre, nous sommes la terre. Si on la sentait, si l’écoutait davantage, et si on suivait ses enseignements si naturels, si on respectait ses cycles, ce qu’elle nous dit, on agirait sûrement autrement. Plus naturellement, plus spirituellement et moins seulement qu’humainement.

Si on apprenait à se sentir davantage lié(e)s à la terre sur laquelle on marche, elle qui nous soutient et nous nourrit, si on faisait un avec elle, si on faisait sien son souffle grâce à son air, si on intégrait la vitalité de son feu et la solidité de ses minéraux, et si on apprenait de la fluidité de l’eau. Comme les nations autochtones, on respecterait tout naturellement davantage tous ses habitants, the four legged, comme nous drôles de bibittes à deux pattes mais à grosse tête et à coeur ratatiné .

Si on pouvait seulement réaliser – comme dans rendre réel – la présence potentielle d’êtres d’une autre nature, d’autres dimensions, et si on pouvait les consulter et s’en remettre à leur volonté, la volonté divine.

Soit en leur demandant conseil – prière – soit en les écoutant – méditation. En les ressentant. Mais pour cela il faut ralentir, lâches les écrans et reprendre contact avec la terre. Car sur la Terre comme au Ciel.

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Si vous souhaitez vous promener avec un ami, il est plus que probable que vous discuterez tout le temps, partageant vos défis et vos joies, recevant du soutien et de la compagnie.

Vous seriez reconnaissant de l’écoute et de l’ouverture d’esprit de votre ami. Ne vous rendez-vous pas compte que vous avez des guides qui sont vos compagnons de tous les instants ? Allez vous promener aujourd’hui et discutez silencieusement avec eux, exactement comme vous le feriez avec un ami.

Ils vous répondront à la troisième personne, s’adressant à vous comme à un égal bien-aimé, avec des conseils doux et aimants. Oui, bien sûr, certains d’entre vous penseront que c’est votre imagination qui parle.

Comment vos guides pourraient-ils vous parler autrement que par l’esprit ?

Mais faites-le assez souvent et votre croyance et votre intention aboutiront à des percées – des aperçus qui traversent l’esprit conscient et vous permettent de savoir que vous ne marchez pas seul et que vous avez un ami de confiance qui vous accompagne dans la vie.

C’est un ami qui n’attendait qu’une chose : que vous lui disiez « Viens. Allons nous promener et discuter. J’ai besoin de conseils et d’une oreille attentive ». Nous sommes là et vous êtes tellement aimés.

– Suzanne Giesemann, commandante de l’armée devenue medium and enseignante spirituelle, via Noosheen Nasri sur FB