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S’OCCUPER DE SES AFFAIRES

Tout le monde veut être quelqu’un, alors nous ne faisons qu’ajouter confusion et douleur en nous, comme chez les autres; et pourtant nous pensons sauver le monde ! On doit tout d’abord clarifier son propre esprit et ne pas s’occuper de la confusion des autres.
– Krishnamurti

Dans la vie, il a les pro ceci, et les anti cela. D’un côté, les pros et de l’autre, les contres. Il y a les bons, puis les mauvais. Les riches et les pauvres, les gentils et les méchants. on dit que la médaille a toujours deux côtés. Dualité quand tu nous tiens. Et nous retiens.

Ces temps-ci, le monde semble plus divisé que jamais auparavant, plus extrême. Peut-être que ça a toujours été le cas mais peut-être aussi qu’on le voyait seulement moins, que c’était moins apparent.

Et au fond, peut-être que toute vie a besoin de dualité pour exister, pour se manifester. Le choc de la matière et de l’anti-matière.

Nous voulons tous et toutes être quelqu’un(e), être quelque chose. Nous voulons exister. Nous sommes faits de matière, crée à partir de solide. En apparence du moins. Et la vie achoppe sur nous, et nous sur elle. La vie se choque avec elle-même.

On pense savoir ce que le monde a besoin pour aller mieux. Et pourtant. Le simple défi de mettre et de garder sa vie en ordre est en soi tout une tâche.

En ce moment, le principal conflit qui occupe l’espace public est celui qui a cours au Moyen-Orient. Conflit qui dure depuis des siècles, sinon des millénaires. Sévit aussi la guerre impliquant l’Ukraine et la Russie.

Il semble que les deux situations soient beaucoup plus complexe qu’elles ne le semblent à première vue pour nous, néophytes de la politique internationale.

Toujours si nuancée la vie, alors que notre connaissance et notre compréhension sont si limitées. Et pourtant, on opinionne à grand tour d’écran. On règle le sort du monde en quelques tours de méninges.

Faire la paix avec soi-même et en son propre esprit semble si simple et pourtant, on préfère s’occuper du monde et arranger le sort de la planète et de ses habitants plutôt que d‘apaiser sa propre vie.

Nos yeux sont faits pour regarder en dehors de soi, alors ceci explique peut-être cela. Tout un défi d’être dans le monde, mais de ne pas le laisser nous submerger.

Un bateau ne coule pas lorsqu’il est dans l’eau.
Il coule quand il y a de l’eau dedans.
Ce qui se passe autour de nous n’est pas si important.

L’important est ce qui se passe à l’intérieur de nous.
– Rumi

Je l’écris souvent mais nous qui sommes parmi les privilégié(e)s de ce monde, nous devons rester près de coeur des gens qui vivent les conflits, en nous gardant une ptite gêne sur notre réflexion de juger la situation sans en connaître tous les détails.

Car le monde n’est peut-être pas aussi réel qu’il le semble, ni aussi bruyant si on prend le temps et le soin de bien écouter.

Écoute le silence au creux de l’illusion du monde.
~ Jack Kerouac

Et la vérité et le mensonge pas toujours qui ils prétendent être.

Selon une légende du 19e siècle, la vérité et le mensonge se rencontrent un jour. Le mensonge dit la vérité : « Regardez quelle merveilleuse journée c’est » ! La vérité regarde les cieux et soupire avec plaisir, car la journée était vraiment vraiment belle. Ils passent beaucoup de temps ensemble, et finissent par finir dans le puits.

Le mensonge dit la vérité : « L’eau est très agréable, trempons ensemble ! « La vérité est, un peu méfiante cette fois, teste les eaux et découvre qu’elles sont en effet très agréables. Ils se déshabillent et commencent à nager dans le puits. Soudain, le mensonge sort de l’eau, revêtit les vêtements de la vérité et s’échappe.

La vérité en colère sort du puits et court partout pour trouver le mensonge et remettre ses vêtements. Le monde, voit la vérité nue, et détourne son regard de mépris et de rage.

La pauvre vérité revient au puits, entre et disparaît à jamais, cache dans le puits sa honte. Depuis, le mensonge parcourt le monde, habillé en vérité et satisfait les besoins de la société, parce que le monde, de toute façon, n’est pas intéressé par la vérité nue.
~ Monique Attinger

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Les hommes crèvent d’occuper le futur, jamais le présent.
Ils se préparent à vivre, ils ne se réjouissent pas de vivre.
– Éric-Emmanuel Schmitt, L’homme qui voyait à travers les visages

CHA CHA CHA

Parfois on se creuse les méninges en cherchant LE sens de la vie. À la conquête du Grand Pourquoi. Pourquoi ? Parce que.

D’autres fois, simplement nous rappeler de prendre la prochaine respiration nous demande tout notre petit change. Comme faire le prochain pas qui constitue parfois un exploit quand la route titube sous nos pas.

Mais la vie n’est peut-être que ça au fond: un pas. Un pas à la fois. Puis un autre. Et encore un autre. Bis. Bis. Bis. Toujours le même au fond. Un seul pas à l’infini. Tant qu’on a des jambes pour marcher, danser, sauter.

Quand on ne sait plus trop quoi faire ni où aller, alors suffit de prendre le prochain pas.

Vu ainsi, la vie n’est rien d’autre qu’une danse. Un tango, un cha cha cha, un limbo ou une folle danse libre. Mais toujours un pas à la fois.

Et peu importe les pas que l’on fait, les pas que l’on danse, ils nous mènent tous et tout droit devant comme qu’ici en même temps. Et avec les années qui passent, on réalise que chaque nouveau pas nous rapproche de la mort du corps. Et chaque nouveau pas devient de plus en plus précieux.

Alors l’idée est de jouir au maximum de chaque pas, d’en profiter au maximum à chaque pas, un pas à la fois, chaque pas dans la foi. Même quand on doute, surtout quand on doute, car le doute recèle toutes les possibilités. En profiter aussi même quand on ne sait pas, quand on ne sait plus car losqu’on ne sait pas ou plus, tout devient possible.

Les pas que l’on prend, chaque pas que l’on fait, qui ne sont toujours que le même pas selon le père du petit Prince, sont comme nos respirations. En fait, on n’a même pas besoin de respirer, ça se fait tout seul. Mais une fois de temps en temps, ça aide d’y apporter présence et conscience. Le grand miracle du grand mouvement de la vie. Comme chaque battement de coeur nous rappelle que c’est la vie qui bat en nous, le seul même coeur universel. Le grand Poupoum Poupoum cosmique, et comique.

Chaque pas toujours le même, chaque respiration aussi, comme chaque moment qui passe et qui revient pour ne former qu’un seul et même moment. Un boucle de moments. Toujours le même. Et toujours différent en même temps. Ce temps qui n’existe pas mais qui file et défile devant nous comme avec nous dedans tel un infini flot de vie.

On nous dit souvent de vivre le moment présent mais si on s’y arrête, le concept de moment présent n’existe pas vraiment. Car dès qu’on tente de fermer la main sur le dit moment en question, il est déjà parti, passé, fini, over, gone. Et le prochain aussi, aussitôt ici aussitôt passé.

On vit toujours un peu notre vie en avance sur son temps, se préparant u prochain pas, comme elle est toujours une peu chose du passé car impossible à saisir.

Peut-être alors que la vie n’est qu’un simple filet d’eau qui coule dans un bassin sans fond. Fontaine de non-sens. Sans sens, sans grande signification autre que de porter soin et attention à ce que l’on fait au moment où on le fait. Un moment à la fois, de la foi dans chaque moment. Marcher sa foi un pas à la fois.

En ce sens, c’est ce que dit Thich Nhat Hanh dans sa citation tirée du Miracle de la pleine conscience que j’ai postée dans ma chronique d’hier :

Si en faisant la vaisselle, nous ne pensons qu’à la tasse de thé qui nous attend, nous nous dépêchons donc de la débarrasser comme si elle était une nuisance, alors nous ne « faisons pas la vaisselle pour faire la vaisselle ». De plus, nous ne sommes pas en vie pendant le temps où nous faisons la vaisselle. En fait, nous sommes totalement incapables de réaliser le miracle de la vie en nous tenant debout devant l’évier. Si nous ne pouvons pas faire la vaisselle, nous ne pourrons probablement pas non plus boire notre thé. En buvant la tasse de thé, nous ne penserons qu’à autre chose, à peine conscients de la tasse entre nos mains. Ainsi, nous sommes aspirés vers le futur – et nous sommes incapables de vivre réellement une minute de notre vie.

Toujours un peu tirés par en avant nous sommes par la vie, toujours en route vers quelque part, vers quelque chose. Vers ici, vers nulle part.

Toujours un peu en avance sur le moment présent qui, lui-même n’est qu’une séquence dans un perpétuel mouvement par en avant.

La vie est un grand élan vers.

J’imagine qu’on ne peut pas arrêter ce grand mouvement de la vie qui va, pas avant la mort du moins et même là, on verra. Comme on ne peut arrêter le mental de penser, ni le coeur de battre, mais peut-être est-il possible de porter de plus en plus attention à ce que l’on est, à ce que l’on fait. Portons attention à cla présence qui porte attention.

Et ce faisant, peut-être que la vie prendra soin d’elle-même, avec nous dedans. Car la vie prend toujours soin de la vie, la mort inclue, même quand on ne sait pas, quand on ne sait plus rien.

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Vous n’avez pas besoin de comprendre quoi que ce soit pour être présent.
– Eckart Tollé

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Je n’ai aucun plan pour l’avenir si ce n’est d’écouter mon cœur.
– Laurent Gounelle via Sol Ange


SEULS ENSEMBLES

Pensez-y :
la personne qui a écrit l’a fait seul(e),
le/la lecteur/trice lit aussi seul(e) de son côté,

alors les deux sont seul(e) et ensemble.
– A.S. Byatt

Chaque matin quand j’embrasse mon clavier de mes dix doigts et qu’il s’embrase, quand je laisse les mots monter de je-ne-sais-d’où et passer à-travers mes ptits doigts, je suis seul, en solo. Seul au monde.

Et toi, lecteur/trice, vous, lecteurs/trices, quand vous les recevez, tu es, vous êtes aussi tout aussi seul(e)s que moi. Car plutôt rare qu’on lise en gang hein ? Alors seul(e)s au monde aussi.

Mais le même monde. Donc ensemble.

Et nous voici nous voilà, en fait nous re-voici nous re-voilà, car pas la première fois pour certain(e)s que nous sommes reliés par des mots, par les espaces entre ces mots, par les points et les points virgules.

Moi qui écris sur et entre les dignes et indignes lignes, vous qui lisez mot à mot, ding a ling. Uni(e)s par des petits tas de lettres. Ces lettres qui, regroupées, tentent de convier des idées, des émotions, des perceptions de cette même grande vie mystérieuse, toujours un mystère mais pas toujours rieuse. Parfois nébuleuse. Parfois provocante quand on regarde les actions humaines mais surtout inhumaines.

J’écris principalement parce que ça se fait tout seul, ça me passe au travers. Plus difficile de ne pas écrire que de le faire, que le laisser faire en fait. Alors j’obéis, j’écris.

Et vous ? Vous lisez soit par plaisir, par habitude ou par curiosité. Ou par hasard. Ou peut-être par amour des mots, par amour envers les mots, et leurs jeux. Mots coquins, mots taquins.

Quand même curieux qu’on se retrouve par ici vous et moi non ? Toi et moi car toujours une relation à deux à la fois, la foi à la deux.

Car la plupart du monde n’y passe pas par ici. La plupart du monde ne voit pas ces mots. Ces quelques mots ne sont lus que par quelques paires d’yeux en ce vaste monde, dont les vôtres, les tiens. Certains mots sont compris, d’autres passent sous le radar. Certaines intentions sont saisies, d’autres pas.

J’écris parce que ça me permet de rassembler mes idées. Et j’imagine que mes écrits – ces écrits en fait car pas vraiment les miens, vous en ferez bien ce que vous voulez – vous ressemblent un peu aussi si vous les lisez régulièrement. En tous cas, ces écrits nous rassemblent.

Chacun chacune de notre bord de nos écrans respectifs. Et en même temps, dans le même navire. Ou peut-être pas le même navire mais la même mer, et parfois la même tempête. Sur cette boule bleue qui tourne dans le vide du néant, en sens unique mais pas toujours dans un sens que nous pouvons percevoir. Le seul sens qui fasse sens est le fait d’être vivant(e), pour le moment. Et encore, pas toujours sensationnel. Souvent qu’ordinairement ordinaire. Presque banal.

Sait-on pourquoi on vit ? Pas vraiment. On apprend tout juste le comment. Un peu plus à chaque jour. Souvent par essai-erreur. Car certaines des plus grandes leçons s’apprennent dans l’errement. Ce que certains nomment le péché. Pourtant ce sont les errements qui nous permettent de retrouver le droit chemin lorsqu’on s’égare.

C’est tout simplement ce que je tente de faire avec mes ptits mots dits: chercher un sens, trouver une voie. Apprendre la sagesse toute simple.

La sagesse, c’est l’art de développer un bon dialogue avec soi-même.
– Serge Bouchard

Je me le souhaite, et vous le souhaite aussi.

Par les mots et, surtout, par le silence. C’est ce silence que mes mots tentent surtout de mettre en évidence. Ce silence paisible, le silence du moment.

Et parce que les mots des autres sont si riches, encore quelques-uns.

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Il n’y a qu’une seule magie au monde, et c’est la magie du partage.
Tout le reste au nom de la magie n’est que de la supercherie ; mais le partage appartient à la vérité ultime.
Le partage n’est possible que si vous avez vécu – en profondeur absolue – amour, béatitude, extase, et ce ne sont pas que des mots pour toi mais votre battement de cœur, votre respiration.
Puis la magie opère.
Il n’y a pas de magicien, juste la magie.
Vous ne le faites pas, cela vous submerge tout simplement.
S’il y a quelqu’un à recevoir, ouvert et vulnérable,
assoiffé et désireux, alors quelque chose d’invisible commence à couler entre les deux.

– Osho
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Si en faisant la vaisselle, nous ne pensons qu’à la tasse de thé qui nous attend, nous nous dépêchons donc de la débarrasser comme si elle était une nuisance, alors nous ne « faisons pas la vaisselle pour faire la vaisselle ». De plus, nous ne sommes pas en vie pendant le temps où nous faisons la vaisselle. En fait, nous sommes totalement incapables de réaliser le miracle de la vie en nous tenant debout devant l’évier. Si nous ne pouvons pas faire la vaisselle, nous ne pourrons probablement pas non plus boire notre thé. En buvant la tasse de thé, nous ne penserons qu’à autre chose, à peine conscients de la tasse entre nos mains. Ainsi, nous sommes aspirés vers le futur – et nous sommes incapables de vivre réellement une minute de notre vie.

~ Thich Nhat Hanh
Le miracle de la pleine conscience

TOUT SIMPLEMENT EXTRA ORDINAIRE

Quand on est jeune, on veut devenir quelqu’un, ou quelque chose.

D’ailleurs, Ram Dass a dit : Vous devez devenir quelque chose avant de ne devenir rien.

En effet, on dirait bien que dans nos premières années de vie, on a tendance à devenir quelqu’un ou quelque chose, à devoir se définir, se développer, se réaliser. On tend vers.

Puis, avec les années, on se rend compte – éventuellement, peut-être, et si oui, petit à petit – que le but est le chemin. Que l’on ne pourra jamais devenir autre chose que ce que l’on est fondamentalement. Que la vie n’est que ce qu’elle est malgré tous nos désirs et nos intentions qu’elle soit autrement.

Mais en même temps que l’on doive apprendre à accepter qui nous sommes, parfois à la dure, comme accepter la vie telle qu’elle est, on continue aussi à aller vers. Vers mieux, vers soi. Et vers un certain dépouillement. Ultimement, vers la mort que l’on a intérêt à apprivoiser.

Comme si, quand on est jeunes, le regard des autres est essentiel pour nous aider à nous définir dans nos premières étapes de vie. Parfois on écoute, parfois pas.

Puis avec les années qui passent, entre autres grâce à de nombreuses erreurs et autres revers de la vie, on rapatrie notre jugement, on le ramène à soi, comme nos capacités d’évaluation et de décision. On apprend à se faire de plus en plus confiance, à partir de soi. Et si l’on saisit quelque chose de primordial, à passer de la tête au coeur. Là où Dieu a déposé un ptit bout de son âme.

Je parlais récemment avec des ami(e)s et je leur disais que je doute toujours quand je dois prendre action, en fait avant de prendre action. Et je disais aussi que même si je doute, j’apprends aussi à développer toujours un peu plus de confiance que le poids de mes doutes. Comme un tango doute et confiance. Avec la confiance qui guide les pas.

Le doute me semble essentiel dans la vie. Car on a vu tellement de gens sûrs de soi en blesser d’autres gravement au fil du temps, ou se casser la gueule, trop imbu(e)s de leur propre certitude teintée d’arrogance. Le doute nous fait nous demander si l’action à poser sera juste, équitable, pour le bien du plus grand nombre, et ce avant de la poser.

Donc avec le temps qui passe, au fil des défis de la vie, on apprend que l’on ne peut être que soi-même. Que si l’on devient quelque chose, ça ne peut être que de plus en plus soi-même, qui l’on a toujours été au coeur de soi.

Et on apprend aussi que chaque moment est parfait en soi. Que la vie est parfaite telle qu’elle est, et que tout ce que l’on peut faire si elle ne l’est pas, consiste à porter un regard différent sur ce qui est. Comme sur nous-même. Avec acceptation et lucidité.

Comme on dit, chacun et chacune de nous, tous et toutes, nous sommes uniques, comme tout le monde.

Mais plusieurs détours avant d’en arriver là. Ici. Maintenant.

Simplement devenir de plus en plus soi-même, car, de toute façon, impossible de faire autrement. Et au fil des détours, on finit finalement par arriver au point de départ.

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C’est la situation de millions de personnes sur cette terre.
Ils ne peuvent pas voir ce qui est, ils sont obsédés par ce qui devrait être.
La plus grande obsession dont souffre l’humanité est celle de « ce qui devrait être ».

C’est une sorte de folie.
La personne réellement en bonne santé ne se soucie pas de ce qui devrait être.
Toute sa préoccupation est l’immédiat, ce qui est.
Et vous serez surpris : si vous entrez dans l’immédiat, vous y trouverez l’ultime.
Si vous vous déplacez vers ce qui est proche, vous y trouverez toutes les étoiles lointaines.
Si vous bougez dans le moment présent, l’éternité entière est entre vos mains.
Si vous connaissez votre être, il n’est pas question de devenir.
Tout ce que vous auriez pu imaginer devenir, vous l’êtes déjà.

– Osho

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Je vous en supplie, soyez patient avec tout ce qui n’est pas résolu dans votre cœur et essayez d’aimer les questions elles-mêmes comme s’il s’agissait de pièces fermées à clé ou de livres écrits dans une langue très étrangère.
Ne cherchez pas les réponses qui ne pourraient pas vous être données maintenant, car vous ne pourriez pas les vivre.
Et le but est de tout vivre.
Vivez les questions maintenant.
Peut-être qu’un jour, dans un avenir lointain, vous découvrirez progressivement, sans même vous en rendre compte, la réponse.
–Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète (1929)
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les 2 ci-bas via ALain Nyala

Le sens de la vie est juste d’être en vie.
C’est si évident et si simple.
Et pourtant tout le monde se précipite dans une grande panique comme s’il était nécessaire d’atteindre quelque chose au-delà de soi.
~ Alan Watts

C’est très simple d’être heureux, mais c’est très difficile d’être simple.
~ Rabindranàth Tagore

FORÊT STOP

image via my friend Devayana

De retour de quelques jours à la mer au Maine avec ma douce pour souligner mon anniversaire. Happy Bird Day to you itou. Pit pit pit…

Du vent, de l’air marin, des oiseaux, des plages et des tonnes de roches. Et des km de marche. Avec à peu près personne sur la plage à ce temps-ci de l’année. Avec un passage chez nos amis Jim et Kerry à Burlington au retour, quel bel état d’esprit que le Vermont.

Avec quelques heures de dense circulation pour traverser le grand Montréal on the way back.

Et de retour dans notre forêt depuis hier. Ah ce calme ! Back home, dans le calme. Ici, pour se reposer et y rester.

Toujours bénéfique pour les petites bêtes plus ou moins sociales que nous sommes de sortir de notre habitat naturel une fois de temps en temps, pour aller voir ailleurs, puis y revenir et l’apprécier encore davantage. Quelques jours avec pas de nouvelles, surtout pas les mauvaises. Et un Bird Day sans wifi. Pour le passer en circuit fermé.

Et maintenant, back to play. Car demain cérémonie avec mes ami(e)s de choeur pour jouer de la musique, faire silence et chanter. Pour communier.

Pendant ces quelques jours de marche compulsive, récréative et méditative, j’ai médité, fait le vide et réfléchi. Quand on marche, on dirait qu’il est toujours moins dérangeant de penser. Car on marche principalement – on observe, on sent, on déguste, un pas à la fois et chaque pas dans la foi – et la pensée se déplace en arrière-plan, back scene thinking. On marche et ça pense. On marche – sur – nos pensées. On se dépense.

Les moments de pause qu’on s’accorde sont riches d’enseignement, de réflexion, de détachement du quotidien. On regarde sa vie avec une certaine distance, avec un allègement certain. Bird day. On se dégage un peu du flot constant des stimulations quotidennes. On prend une pause du soi habituel. On retrouve son âme.

Cette année, j’ai décidé de me couper des réseaux pour prendre un moment déconnecté. Car avec FB, les anniversaires sont riches de multiples marques d’affection, mais aussi quasiment des opérations de relations publiques. Car j’aime remercier chacun(e) des personnes qui prend le temps de m’envoyer un ptit coucou pour l’occasion. Alors hier à mon retour, j’ai envoyé short and sweet ceci à tout ce monde, tout mon petit monde. La main sur le coeur, merci et gratitude.

Et de retour dans la forêt, ma forêt, notre forêt, la vie continue et on se repose, et on se re dépose. La forêt, for rest. Pour se reposer, et y rester. Faut rester.

Pendant la traversée intense et dense de Montréal hier, je me demandais comment les gens pouvaient ainsi vivre. On s’adapte à tout j’imagine.

Mais ce matin, la forêt répond à ma question, à mon questionnement. Par son silence paisible, son calme, sa paix autour qui active celle en soi. Une paix de soie, feutrée, lente et douce. Ah this !

Si j’aime la mer, et son mouvement perpétuel, quelques jours sont suffisants car j’adore plus que tout la forêt et son quasi immobilisme, sa lenteur, sa douceur. Son lent mouvement qui ralentit tout dans son sillage. J’allais écrire sur son passage, mais la seule chose qui passe dans la forêt, c’est le temps, celui qui n’existe pas. Et nous avec lui. Qui n’existons pas davantage.

Alors cher lecteur/trice, le chroniqueur is back à son clavier avec l’espoir et la liberté au coeur, et il vous souhaite la pareille. Avec l’intention de changer les choses à notre humble et petite et simple mesure.

Si vous supposez qu’il n’y a pas d’espoir, vous garantissez qu’il n’y aura pas d’espoir.
Si vous supposez qu’il existe un instinct de liberté, qu’il existe des opportunités de changer les choses, alors il est possible que vous puissiez contribuer à créer un monde meilleur.
~Noam Chomsky

Et en une photo, ici, notre périple à la mer. Le présent des levers de soleil appartient aux gens qui se lèvent tôt.

ÉCRIRE TOUT PLEIN POUR RIEN

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.
– John Steinbeck

Salut lecteur/trice

Je pars à la mer au Maine avec ma douce demain pour quelques jours de marche et de vent pendant lesquels je vais prendre une pause de chroniques, une pause chronique.

Ceci est donc ma dernière chronique. Pour quelques jours.

Et ce meme de Steinbeck ci-haut m’incite à réfléchir et m’inspire à en écrire une dernière avant la route.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.

Car voyez-vous, ça fait plus de 13 ans que j’écris ici, quasiment à tous les jours de semaine. Et les stats de mon blogue me disent que ça fait plus de 3 000 chroniques que pond le ptit coq des mots que je suis et qui fait tape tape sur son clavier aux aurores.

3 000 chroniques derrière la cravate.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.

Si j’écris aussi régulièrement, et depuis si longtemps, ça doit être en effet la chose la plus importante au monde pour moi, car c’est certainement la plus régulière – avec le café qui l’accompagne. Et une de celles qui me donne le plus de joie. Encore.

Dès les premiers rayons du soleil, et souvent même avant, pratiquement à chaque jour de semaine que le Créateur nous offre le privilège de vivre, ce petit rituel qui consiste à choisir un meme et à laisser popper les mots hors de mes doigts m’anime encore au plus haut point. Me réjouit le coeur.

Le fait de faire tap tap sur mon clavier, sans raison précise, pour le simple plaisir de faire danser les mots est l’une des plus grandes joies de ma toute petite vie simple et humble ici dans les bois.

Et pas très dispendieuse du reste, que les frais annuels du blogue à régler pour vous éviter la publicité.

J’ai traduit le terme writer par personne qui écrit car je ne peux ni ne veux me considérer comme un écrivain. Je n’ai pas cette prétention. Je me sens davantage, dans les faits comme dans la chair, comme une personne qui écrit.

Non par fausse humilité, non par gêne, simplement par souci de ne pas m’identifier à mes mots, ni à mon rôle de gars qui aime écrire. Je ne veux pas me prendre au sérieux ni faire de ce hobby quelque chose d’autre. Qu’un hobby. Une activité gratuite, sans but autre que le plaisir de laisser sortir les mots. Pas de patron à satisfaire, pas de commande à remplir, pas de clients à contenter. Que des gens libres de décider s’ils et elles veulent lire ou pas. PAs de fil attaché sur le sans fil.

Depuis que je suis tout petit, j’ai rêvé d’écrire. Et au cours des 13 dernières années, je me suis permis de le faire. Librement, sans pression, simplement par et pour le plaisir. Et je le fais, avec un grand et immense plaisir même.

La personne qui écrit doit croire que ce qu’elle fait est la chose la plus importante au monde.
Et elle doit continuer à croire à cette illusion même si elle sait que ce n’est pas vrai.

Si écrire est l’une des choses les plus importantes pour moi, je sais bien que mes mots ne sont pas importants ni primordiaux pour quiconque autre que pour moi.

Je ne sais pas qui me lit. Je ne sais pas non plus ce que ceux et celles qui lisent mes mots en pensent, je ne sais pas ce qu’ils en font. Et ainsi soit-il car je n’écris pas pour influencer personne. Loin de moi l’idée d’être un influenceur.

Car j’écris surtout pour moi, petit plaisir pas coupable du tout, plaisir totalement responsable. J’écris pour voir ce qui va sortir de moi, ce qui se cache au sous-sol de mon inconscient, ce qui danse sous mes doigts. Pour mettre à jour mes croyances les plus sournoises. Pour faire de l’air dans ma boîte à pensées qui spinne dans le vide intersidéral de mon cerebelum. Non-Stop, 24/24 et 7/7. Ici, et de là.

Pour, tout au plus, amener les gens à se poser des questions avec moi, à réfléchir, soit à faire fléchir ce qu’ils et elles, comme moi, considèrent fixe et figé dans le temps comme dans l’espace.

Et peut-être, au fil des mots, défaire quelques idées reçues, ouvrir nos esprits, ensemble, pour dépasser de vieilles croyances transmises par une société qui n’a pas intérêt à ce que ses citoyens pensent trop librement.

J’écris pour cultiver le silence.

J’écris pour explorer le lousse et l’espace qui se glisse entre les mots, ces mots qui peuplent tant et tellement notre vie et notre esprit.

J’écris pour découvrir le sens qui se cache entre les lignes, pour découvrir la vérité qui se cache entre les mots. Sortir les mots pour les mettre à jour, pour les aérer, les observer, avec une distance.

Je ne pense pas vraiment que le fait d’écrire soit la chose la plus importante qui soit au monde. Car tant de mots déjà, tant de bruits ambiants, tant de bla bla.

Et le silence me semble une valeur nettement supérieure. Pour cela que la méditation constitue l’autre aile de mon hobby d’écriture. Le silence, et la musique. Et l’amitié discrète.

C’est de silence dont j’irai faire le plein cette semaine. Le silence qui porte le vent, et la mer.

Pour revenir avec des mots qui pourront peut-être rendre encore mieux le silence.

ESPRIT LIBRE COEUR LÉGER

Si ton esprit est vide, il est toujours prêt à tout, ouvert à tout. Dans l’esprit du débutant réside plusieurs possibilités., mais dans l’esprit de l’expert, très peu. – Shunryu Suzuki

Il existe une autre expression biblique qui dit exactement ce que Mr Suzuki dit plus haut, soit : Heureux les simples d’esprit car le royaume des cieux est à eux.

Que certains ont transformé en : heureux les creux car le royaume des cieux est à eux, pour la rime, et pour la ridiculiser. Car on aime souvent rire ou dénigrer les simples d’esprit. Peut-être parce qu’au fond, nous sommes jaloux de leur innocence, de leur légèreté d’être. Comme nous sommes probablement jaloux des oiseaux qui volent avec aisance.

Ainsi, au final, peut-être bien que les derniers seront les premiers. Peut-être bien que ceux et celles que l’on aime étiqueter comme innocents sont plus libres et moins tourmenté(e) que ceux qui savent – ou pensent savoir – les sachant(e)s.

Ma Anandamayi le dit autrement mais tout aussi bellement: Laisse ton esprit être telle une belle fleur qui peut être offerte au Seigneur avec dévotion.

Par là, tous deux me semblent vouloir dire de ne pas s’embourber le mental avec des préoccupations inutiles, de ne pas surpenser, de se libérer l’esprit. Et ce faisant, on laisse plus de place dans sa vie pour le coeur et l’amour, pour les émotions et l’affectivité, pour la liberté et l’espace.

Mr Suzuki nous dit de garder un esprit vide, libre de certitudes et de croyances non fondées et non expérimentées personnellement. De conserver une attitude de débutant(e), l’esprit ouvert, prêt et ouvert à tout. Un esprit où réside plusieurs possibilités, contrairement à l’expert qui sait tout, ce qui limite les possibilités et enferme la vie dans le connu.

Quand on travaille à libérer le mental, à l’observer plutôt qu’à s’y associer, à lui redonner sa liberté, son innocence, on crée de l’espace dans sa vie, on redonne de la place à son coeur. On s’allège.

À mon avis, Rumi dit la même chose mais autrement: Fais silence, seul Dieu peut dissoudre les fardeaux de ton coeur.

Passer de la tête au coeur. Et avoir du coeur au ventre.

Alors voilà. Quelques simples et beaux mot – bene dictions – ce matin pour inspirer et alléger le coeur et la tête.

Et ci-bas, quelques autres belles petites histoires d’humanité.

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Aujourd’hui, j’ai peint les ongles d’une nouvelle résidente au travail et pendant que nous examinions les couleurs, elle a mentionné qu’elle voulait du clair.

La seule pensée qui m’est venue à l’esprit était « CLAIR ? ! Ce n’est pas amusant.

Je lui ai demandé pourquoi elle voulait du clair et elle m’a répondu : Mes mains sont laides, je ne veux pas attirer l’attention sur elles.

J’ai ensuite soigneusement répondu : Vos mains racontent l’histoire de votre vie. Elles racontent l’histoire de l’amour, des soins et de l’aventure. Ces mains ont touché et tenu des choses que la plupart des gens ne peuvent souhaiter qu’un jour.

Et sur ce, elle a opté pour la couleur rose pour ses ongles.

Parfois, ce avec quoi nous ne sommes pas en sécurité, d’autres y trouvent de la beauté. 💖
– Brandalyn Mae Porter

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ARRÊTEZ D’ESSAYER DE VOUS AIMER
Oubliez la transcendance du corps.
Aimez-le plutôt.
Abandonnez l’idée de « lâcher prise ».
Au lieu de cela, laisse aller l’amour au plus profond des endroits tendres, les parties qui font mal.
Respirez dans votre tristesse.
Laissez votre peur pénétrer au plus profond de vous.
Inclinez-vous devant votre incertitude.
Il y a une place intouchable en toi qui se laisse toucher sans crainte.
Ici, même votre indignité a de la valeur.
Et ce vieux sentiment que tu n’es pas aimable ?
C’est adorable ici.
La présence est le contenant, jamais le contenu.
Il y a tellement de place en toi, mon ami.
Tellement de place.
L’inconnu englobe tout ce qui est connu.
Dans la certitude de toi-même, même l’incertitude peut être vécue comme un nouveau-né.
Il n’y a aucun problème avec vous, y compris l’idée qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez toi.
Alors arrête d’essayer de t’aimer.
Soyez simplement le Soi qui aime.
– Jeff Foster

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Un rebelle est celui qui ne réagit pas contre la société.
Il observe et comprend tout le manège et décide simplement de ne pas en faire partie.
Il n’est pas contre la société, il est plutôt indifférent à ce qui s’y passe.
C’est la beauté de la rébellion: la liberté!
Le révolutionnaire n’est pas libre.
Il est constamment en train de se battre, de lutter avec quelque chose.
Comment pourrait-il donc être libre?
Il est systématiquement en train de réagir contre quelque chose.
Où est-ce que se trouve la liberté dans la réaction mécanique à des choses extérieures?
La liberté naît de la compréhension.
Il faut d’abord comprendre les mécanismes en jeu: la société empêche l’évolution de l’âme.
Le système ne vous permet pas d’être vous-même.
Une fois que cela est compris, vous sortez simplement du système sans même une cicatrice dans l’âme.
Le rebelle pardonne et oublie, il se contente de prendre une distance par rapport à la société, sans lien d’amour ni de haine avec elle.

– Osho, La Liberté

LE COEUR DU MONDE

Que ma colère ne devienne pas méchanceté.
Que mon chagrin ne dégénère pas en apitoiement.
Que mon coeur demeure assez tendre pas ne pas craquer.
Que ma colère soit justice et non cruauté.
Que je me souvienne que toutes ces émotions, chaque pépite de celles-ci, tendent vers l’amour.
Que je demeure ardemment bon(ne).

– Laura Jean Truman

J’aurais pu traduire toutes ces phrases par faites en sorte que

Mais j’ai choisi d’utiliser que ma/mon/je

Car s’il n’y a rien de mal à s’en remettre à une puissance supérieure pour obtenir de l’aide, je crois que tout relève de nous en premier lieu.

Car comme disent les Sufis: Implore Dieu, mais attache ton chameau. Ou par ici, on dit plus communément : aide-toi et le Ciel t’aidera.

Que ma colère ne devienne pas méchanceté.
Rien de mal à sentir la colère devant l’injustice mais ne la laissons pas heurter autrui. Utilisons plutôt cette énergie pour équilibrer l’injustice en aidant, en faisant le bien. Je sais, pas si évident face au drame qui a cours au Moyen-Orient. Mais peut-être chercher à comprendre, s’informer, voir les deux côtés des conflits. Car il y a les gouvernants, et il y a le peuple, et le peuple a bon coeur, tous les peuples veulent la paix.

Que mon chagrin ne dégénère pas en apitoiement.
Parallèlement à la colère, qui ne serait d’ailleurs que tristesse activée, normal de parfois aussi sentir du chagrin et de la tristesse, face à soi, pour nos proches qui souffrent ou notamment devant le sort des enfants. Mais il est crucial de ne pas laisser cette énergie nous ratatiner, nous rendre victime, nous paralyser, car il y a toujours quelque chose que l’on puisse faire pour transformer positivement les blues du coeur et de l’âme après les avoir reconnus et sentis. Compost for action.

Que mon coeur demeure assez tendre pas ne pas craquer.
Se laisser toucher par la dureté du monde sans nous écrouler, voilà un grand défi. Car comme le dit si bien ci-bas Gangaji, une coeur brisé peut devenir une porte vers la grâce. Mais jamais un coeur fermé.

Que ma colère soit justice et non cruauté.

L’auteure utilise deux fois le terme colère dans sa citation. La première fois pour qu’elle ne devienne pas méchanceté, et ici pour qu’elle ne se transforme pas en cruauté. Car souvent, la colère n’est que peur devant l’inconnu, sentiment d’impuissance. La colère peut constituer une précieuses énergie de changement et de transformation. Essence de la justice.

Que je me souvienne que toutes ces émotions, chaque pépite de celles-ci, tendent vers l’amour.
Car malgré l’apparente banalité de ce terme utilisé à tant de sauces et dans tant de poutines, il n’y a que l’amour. L’amour pour soi tout d’abord, qui se transforme tout naturellement et graduellement en amour pour autrui. Puis en disposition permanente.

Que je demeure ardemment bon(ne).
L’auteure utilise le terme anglais fiercely, qui se traduit par violemment, mais j’ai choisi ardemment, comme dans flamme ardente. Que mon coeur sente le coeur d’autrui, le coeur des autres, le coeur du monde entier. Car le seul et même coeur au bout du compte, le coeur de Dieu, le coeur du monde. Et le même battement. Poupoum poupoum…

Aho !

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Quand on me contrarie, on éveille mon attention, pas ma colère.
Michel de Montaigne.

BONNE VOLONTÉ

Juste comme j’avais découvert le sens de la vie, ils l’ont changé.
– Georges Carlin

Alors on va continuer à chercher.

Car, selon notre cher ami Friedrich: quiconque est mû par un désir d’apprendre réellement la vie peut soutenir presque n’importe quelle expérience.


Ce que je comprends personnellement de la boutade de Carlin ci-haut, c’est que dès qu’on pense avoir trouvé le sens de la vie, ou le secret de l’univers, ou encore avoir atteint un état ou statut quelconque, on doit l’oublier et reprendre les recherches, et continuer la quête. Car tant qu’on est vivant(e), elle est infinie la quête. On peut toujours apprendre du nouveau, on doit rester humble devant l’inconnu, devant la création, un(e) éternel(le) étudiant(e) devant le mystère de la vie. Toujours garder les mains, l’esprit et le coeur ouverts. Et l’âme légère.

Dès qu’on pense avoir atteint la pleine conscience, on fait fausse route. Dès qu’on se considère comme une petit dieu ou une déesse, on s’enfle l’égo car nous ne sommes que simples humain(e)s. Dès qu’on pense avoir compris quoi que ce soit, on est probablement dans le champs. Ou du moins on sous-estime l’ampleur de la tâche. Car il n’y a rien à comprendre définitivement. Il y a tout à vivre. Encore et encore. De nouveau. À nouveau. Toujours avec une fraîcheur enfantine au coeur et un constant renouvellement dans l’âme, avec une nouveauté de coeur.

Et des mots de Nietzsche, je comprends, tout simplement, que quand on veut, on peut. Peu importe la tâche, peu importe le risque qu’on doit prendre, peu importe l’effort. On doit suivre où notre coeur veut nous mener.

Et ne nous satisfaisons pas de trop peu, de miettes, de confort bon marché, de tiédeur. Allons jusqu’au bout des désirs de notre âme.

Ne vends pas ton âme pour rien au monde. C’est la seule chose que tu as apporté en ce monde et la seule chose que tu rapporteras avec toi dans la mort.

Voilà cher/ère lecteur/trice. Mon peti bla bla de ce mardi matin d’Avril.

Comme chantait la grande philosophe québécoise Marjo:
j’lâche pas, j’attends pas d’crever.

Et ci-bas, une perle d’Andrée Chedid:
On fait sa vie.
Il faut vouloir sa vie.
La volonté d’aimer, de vivre, est un arbre naturel, vigoureux, qui vous pousse dans le corps.
L’existence est ce qu’elle est.
Les hommes ce qu’ils sont.
Le mieux est toujours quelque part.
Dans le sable, dans le granit, dans le plomb, en nous-mêmes.
Le don des larmes, la grâce des larmes est toujours quelque part.