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COMMUN SILENCE

Je vis dans la forêt alors je passe beaucoup de temps seul, et avec Elsa, ma femme et voisine d’amour. Elle aussi aime la solitude. Nous apprécions la solitude, ensemble.

Une fois de temps en temps, des ami(e)s passent par ici pour jouer de la musique dans le cadre de nos cérémonies sacrées que nous nommons travaux. Là aussi on doit écouter beaucoup, soit le silence, soit en chantant les un(e)s – avec – les autres. Car pour chanter ensemble et réussir à trouver l’harmonie, du moins tendre vers, il faut aussi savoir s’écouter et écouter.

Et presqu’à tous les jours, grâce à nos méditations en ligne, nous sommes quelques-un(e)s à nous saluer silencieusement via nos écrans et le wifi et à partager un si riche silence, et/ou à écouter un peu de musique ensemble, en silence. Ces moments de silence partagé constituent une forme de relation unique et très précieuse dans ma vie. Méditer en solo est une chose, le faire en groupe en est une autre. Rien comme être seul(e)s ensemble, et consciemment.

Contrairement à Mr Albert, Je ne peux pas affirmer que je lutte pour la vérité, la justice et la beauté. Je conçois davantage les cultiver, les apprivoiser et les nourrir. Du moins, je les invite à bras, âme et coeur ouverts. Et je demeure réceptif. Parfois elles viennent, parfois je suis trop occupé dans ma ptite tête de peanut et elles vont voir ailleurs.

Mais comme lui par contre, je me sens appartenir à une communauté invisible. Je sais que nous ne sommes pas seul(e)s, même si à distance.

Que ce soit par ces quelques mots aux aurores, par la musique que j’étudie et avec laquelle je joue au musicien, comme par les hymnes que je chante, en solo et avec les ami(e)s, mais aussi par la forêt que j’aime côtoyer, seul ou avec les quelques ami(e)s qui viennent parfois m’aider, je ne me sens jamais seul, ou du moins très rarement. Et quand je le fais, j’écoute et je regarde. Et j’entends la vie.

Si les mots peuvent convier une partie du message de la vie, je trouve que le silence réussit mieux à convier son secret. Mais pour bien écouter le silence, il faut faire silence. Il faut le préparer, l’inviter, et être patient. Il faut permettre à son mental de défiler, sans se battre contre. Il faut le laisser s’épuiser, se vider, un peu. Car le mental n’est jamais à court de matière.

Comme les nuages dans le ciel qui passent sans cesse, il suffit de s’identifier au ciel plus qu’à eux. Comme la route sur laquelle passent les voitures. Vroum vroum amis surtout le silence.

J’ai la chance de partager ce ptit bout de territoire boréal avec une voisine d’amour. Grand privilège, nous avons chacun notre espace de vie, l’un à côté de l’autre, adjacents l’un à l’autre. Nous sommes tous les deux assez autonomes et nous aimons tous les deux le silence et l’écoute.

Une écoute que l’on travaille à rendre pleine, riche et réceptive.

Rien dans la vie comme écouter le silence, comme écouter avec son coeur, écouter avec du silence dans nos oreilles.

Ce week-end, j’ai travaillé dans la forêt pour préparer la maison et les lieux pour l’hiver qui arrive toujours plus vite qu’on pense. J’ai eu le temps d’écouter et d’entendre l’automne, les feuilles qui tombent sont une symphonie naturelle. Comme l’est le silence de la forêt qui n’est jamais tout à fait silencieux.

Comment se sentir seul avec une telle symphonie et un tel silence ?

Ça prend toute une vie pour apprendre à écouter, pour se rendre disponible, à soi, aux autres comme au silence. Pour laisser doucement s’éteindre et se taire ce dialogue intérieur qui bloque autant les mots d’autrui, que sa petite voix, que le silence de la vie.

Car pour entendre, il faut apprendre à écouter. Et vice versa. Les deux sont liés.

Certain(e)s prient, parlent à Dieu ou à la vie, d’autres écoutent, et/ou entendent.

On demande ou on reçoit.

Communication et communion.

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La solitude n’est pas seulement l’absence des gens…
C’est l’absence de but, l’absence de sens.
Quand vous vous retrouvez dans un monde où tout semble extraterrestre et distant, où chaque connexion est superficielle et où chaque tentative de compréhension est rencontrée avec indifférence, vous réalisez que la vraie solitude n’est pas d’être seul, mais de se sentir seul dans un monde qui n’a plus de sens.

– Haruki Murakami

UN POINT ? SAIT TOUT

Que dire d’autre ?

Qu’est-ce que le sens de la vie ?

Que faisons-nous ici ?

Où allons-nous ?

D’où venons-nous ?

Qu’est-ce que Dieu ?

Toutes ces questions qui demandent réponses mais qui au fond n’en offrent aucune. Où tant.

Si on pouvait seulement apprendre à vivre avec un point d’interrogation au coeur, avec le mystère en suspension, avec le doute comme seule certitude.

Peut-être que toutes les réponses se cachent tout simplement dans les questions. Et que le jeu consiste à ne pas tenter de répondre, mais simplement de laisser flotter.

Peut-être que le but de la vie est de vivre tout simplement, sans chercher à comprendre, sans comprendre quoi que ce soit.

Et simplement sentir, apprécier, faire confiance, et se laisser porter.

Un point d’interrogation qui sait tout.

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Ce que vous obtenez en atteignant vos objectifs n’est pas aussi important que ce que vous devenez en atteignant vos objectifs.
– Zig Ziglar via Pierre Lemieux

POTINAGE ARTISTIQUE

Après avoir potiner à mon sujet, SVP priez pour moi, j’aimerais être aussi parfait(e) que vous.

Nous, les humain(e)s, nous aimons potiner. Nous aimons parler des autres, et ce, généralement négativement. Et de nos jours avec les réseaux asociaux, les gros et mauvais mots – male dictions – se font aller à tours d’écrans et à bras de clavier.

Récemment, on parlait entre ami(e)s de cette fâcheuse habitude quasi automatique et tellement inconsciente que nous portons à parler des autres, à colporter, à badmouther comme disent les anglais. On se disait que l’on aimerait bien arrêter, sinon diminuer, car le fait de parler des autres négativement nous nuit à nous plus qu’à quiconque. En tous cas, on était clairs qu’il fallait commencer par en prendre conscience si on voulait que ça change.

Et justement, quand on prend conscience de cette habitude chez soi, ça dérange. Quand on prend le temps de se regarder et de s’entendre parler des autres, on se rend compte que c’est presque devenu automatique. Dès qu’on voit autrui, le jugement part tout seul. Parfois on le dit, parfois pas.

En portugais, il existe une belle expression – correio da mal noticiale courrier des mauvaises nouvelles – pour illustrer cette fâcheuse tendance qui semble assez répandue chez le genre humain. Certains des hymnes que l’on chante font référence à l’importance de porter attention à cette habitude néfaste et d’y mettre un terme.

C’est probablement depuis le début des temps qu’ils vivent les uns avec les autres que les humains parlent les uns contre les autres.

Comme si plutôt que vivre à la rencontre des autres, on vit à l’encontre des autres. Une amie FB disait justement cela avec justesse l’autre jour – salut MF. Fou ce qu’un tout petit r minuscule peut changer.

On parle des autres plutôt que de se regarder soi-même.

On parle des autres pour leur trouver des failles, plutôt que de voir les nôtres.

On parle des autres car notre regard porte toujours vers l’extérieur. Et se regarder est exigeant, confrontant. Souvent dérangeant en effet de voir ses propres travers, alors on pointe vers l’extérieur.

Pourtant, Ramana le dit si bien :

Il n’y a pas d’autres. On ne parle toujours que de soi. On voit toujours en dehors de soi que ce qui est en soi. Miroirs, miroirs nous sommes les un(e)s pour les autres.

C’est lorsque nous sommes en automobile que cette tendance d’aller à l’encontre des autres se trouve exacerbée je trouve. Les gens – soi inclus – deviennent agressifs, agressants et frondeurs. Comme si le fait d’être coupé(e)s des autres par nos carrosseries respectives nous rendait les uns des autres encore plus étranges et menaçants et on peut se laisser aller avec toute sa fougue.

Pourtant, nous sommes tous et toutes de vieilles âmes.

Et éventuellement, nos gestes et nos paroles s’adressent toujours à soi-même.

Ainsi, nous devrions émettre des bene dictions les un(e)s envers les autres, comme envers soi-même. Puisqu’il n’y a pas d’autres.

PETIT MATIN D’OCTOBRE

C’est octobre. C’est l’automne. Le temps ralentit. Et grisonne. Oh il y a bien, encore, un peu de couleurs dans les arbres. Mais on sent que leur vivacité diminue, et que les feuilles vont quitter bientôt alors que le gris, puis le blanc, prendront toute la place. Comme à chaque année.

J’écris cette chronique automnale alors qu’il fait encore noir dehors. La nuit s’étire, devenant de plus en plus paresseuse, forçant le jour à se lever de plus en plus tard à ce temps-ci de l’année dans notre région du monde. Les nuits s’étirent, les jours s’écourtent.

Ce monde, en guerre en ce moment comme souvent, ce monde qui change rapidement, avec une intelligence qui s’artificialise. En fait, tout semble s’accélérer mais le rythme des saisons, lui, assure la cadence, dirige la danse. Chaque chose en son temps, chaque feuille à son arbre, jusqu’à la chute. Et le repos.

On appelle l’automne fall en anglais. Pour cause. Les feuilles dictent le mouvement. Mais pas que les feuilles. L’intensité diminue, la rythme ralentit, la lumière aussi. Et cette baisse de luminosité affecte directement le corps, les émotions et l’âme. La luminosité extérieure change notre regard sur le monde, l’assombrit un peu.

Pour plusieurs, cette baisse de la luminosité se traduit en blues affectif, en smoosh quasi existentiel, en baisse d’énergie plus ou moins drastique. Après l’été qui nous a incité à vivre toutes fenêtres ouvertes, ailes grandes déployées, et soleil full allumé jusqu’à tard le soir, on retrouve la pénombre du début de soirée qui, graduellement, arrivera de plus en plus tôt, et ce dès la fin de l’après-midi bientôt.

La jour fait lentement place à la nuit, la lumière à l’ombre.

À chaque année, on accuse un certain choc, un choc quasi certain à ce moment-ci de l’année. C’est organique, physiologique, bio-chimique. Si on pouvait seulement se rappeler et accepter totalement cette nouvelle phase saisonnière qui revient toujours nous surprendre un peu, ou un peu plus. C’est notre non qui la rend difficile.

Car il y a une douce beauté dans cette étape soleil et lumière rétrogrades. Un retour à soi, un retour en soi, doux comme la soie. Si on lui dit oui, si on accepte de plonger, de re-plonger. Et de ré-ouvrir certains dossiers qu’on avait laissés en plan, à l’ombre de l’ombre.

L’automne est une saison, mais c’est aussi une étape de vie. Celle où le corps commence à ralentir, celle où l’expérience acquise commence à devenir un capital de sagesse. Commence. Ne fait que commencer. Et que l’on doit soutenir pour affronter l’hiver à venir. Cette étape du grand retour.

Petit matin d’octobre.

BLISSIPLINE

Blissipline; L’action de contacter intentionnellement un sentiment de joie, d’inspiration et de béatitude sur une base quotidienne en tant que pratique dévotionnelle, vous permettant de devenir ultra magnétique ainsi qu’un clair canal de créativité.

J’aime les jeux de mots alambiqués, et bilingues de surcroît. Donc j’adore celui-ci.

On peut traduire le terme anglais bliss par bonheur, béatitude, euphorie. En l’amalgamant ici avec discipline, on cherche à faire du bonheur et de la joie une habitude, une pratique, quelque chose de régulier.

Mais une vraie discipline ne peut être forcée, elle doit couler de soi, elle doit tout naturellement découler d’une intention, d’une volonté, d’une attitude, une prédisposition interne.

Pour les besoins de la cause et de la chose, découpons cette définition en tranches.

Tout d’abord la blissipline requiert une action, soit celle de vouloir contacter intentionnellement un sentiment de joie, une inspiration et la béatitude sur une base quotidienne. Je sais, gros défi.

Peut-être qu’on y n’arrivera pas à tous les jours, peut-être pas à chaque jour, mais au moins ça vaut la joie d’essayer d’en faire une habitude, une pratique régulière. Chaque matin nous en donne l’occasion du moins. À nous d’en faire ce que l’on veut, ou ce que l’on peut.

De toute façon, la vie est une constante pratique à laquelle on s’essaie de faire du mieux que l’on peut, avec ce que l’on a au coeur, en tête et dans les mains. Faire du mieux que l’on peut avec ce que la vie nous a offert à la naissance, et ce quelle continue de nous offrir chaque jour.

en tant que pratique dévotionnelle

Pratique dévotionnelle peut-être, mais surtout et aussi principalement une pratique humaine considérant que nous sommes des ptits bouts du Grand esprit qui ont décidé de s’incarner, de prendre corps, de faire esprit de corps avec la vie pour un certain temps.

On nous fournit les couleurs, alors à nous de créer notre propre chef d’oeuvre. Du moins de s’y appliquer. Et de faire du mieux qu’on peut, en prenant plaisir à le faire, car c’est le même prix dit-on.

… vous permettant de devenir ultra magnétique ainsi qu’un clair canal de créativité.

Nous avons tous rencontré des gens qui inspirent l’enthousiasme, la vie qui déborde, la créativité. Habituellement, quand quelqu’un(e) est passionné(e), ça inspire naturellement les autres qui viennent en contact avec cette personne. Ça contamine, ça irradie, ça se propage. La créativité chercher toujours à s’exprimer si on ne lui bloque pas le chemin. Alors osons, risquons, faisons.

Et pourquoi ne pas s’amuser à semer un peu de blissipline en soi et autour de soi.

On peut laisser la ternitude aux rabats-joie, ils sont spécialistes dans cet art.

Pensées spéciales vers les peuples des premières nations en cette journée de la réconciliation.

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Y a-t-il une différence entre le bonheur et la paix intérieure ?

E. Tolle : Oui. Le bonheur dépend de conditions perçues comme positives ; ce n’est pas le cas de la paix intérieure.

N’est-il pas possible d’attirer uniquement des conditions positives dans notre vie ?

Si notre attitude et notre pensée sont toujours positives, nous ne manifesterions que des événements et des situations positifs, n’est-ce pas ?

Savez-vous vraiment ce qui est positif et ce qui est négatif ?

Avez-vous une vue d’ensemble ?

Il y a eu de nombreuses personnes pour qui la limitation, l’échec, la perte, la maladie ou la douleur, sous quelque forme que ce soit, se sont révélés être leur plus grand maître.

Cela leur a appris à abandonner les fausses images d’eux-mêmes et les objectifs et désirs superficiels dictés par l’ego. Cela leur a donné de la profondeur, de l’humilité et de la compassion. Cela les a rendus plus réels.

Chaque fois que quelque chose de négatif vous arrive, une leçon profonde se cache en elle, même si vous ne la voyez peut-être pas sur le moment.

Même une brève maladie ou un accident peut vous montrer ce qui est réel et irréel dans votre vie, ce qui compte en fin de compte et ce qui ne l’est pas.

Vu d’un point de vue supérieur, les conditions sont toujours positives.

– Eckhart Tolle

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Ne remettez rien à plus tard.
Plus tard, le café refroidit.
Plus tard, vous perdez tout intérêt.
Plus tard, le jour se transforme en nuit.
Plus tard, les gens grandissent.
Plus tard, les gens vieillissent.
Plus tard, la vie passe.
Plus tard, vous regrettez de ne pas avoir fait quelque chose…
Quand vous en avez eu l’occasion.

La vie est une danse fugace, un équilibre délicat de moments qui se déroulent devant nous, pour ne plus jamais revenir tout à fait de la même manière.

Le regret est une pilule amère à avaler, un poids qui pèse sur l’âme avec le poids des occasions manquées et des mots non prononcés.

Alors, ne repoussons rien à plus tard.
Saisissons les moments comme ils viennent, le cœur ouvert et les bras tendus pour embrasser les possibilités qui s’offrent à nous.
Car en fin de compte, ce ne sont pas les choses que nous avons faites que nous regrettons, mais les choses que nous n’avons pas faites, les mots non prononcés, les rêves non réalisés.

– Toshikazu Kawaguchi, Before the Coffee Gets Cold (2015) via Dr Fami

POPPING UP AND DOWN

Vivre via les écrans, c’est d’la job de tête. Entretenir plein de projets parallèles on the side, c’en est aussi. On dirait que la vie est plus éclatée qu’avant de nos jours. Plusieurs fenêtres dans nos cabanes.

On jongle clairement avec plus de balles qu’auparavant. Trop parfois. Probablement pour ça que parfois, on aimerait bien retourner dans le bon vieux temps. Même s’il n’était probablement pas si bon ni meilleur. Car le bon vieux temps n’est qu’un safe space dans notre mémoire. Mais un monde imaginaire. Ou ré-imaginé.

Car le passé n’est plus, à part quelques rides sur notre corps et quelques puffs de souvenirs extrêmes – bons ou mauvais – et le présent pas encore, pas tel qu’on le souhaiterait de toute façon. Maintenant est tout ce que nous avons à nous mettre sous la dent petits castors que nous sommes tous et toutes. Et maintenant est en masse et plus qu’assez si on prend le temps, le soin et l’attention.

Au moment où j’écris ces dignes lignes, j’ai en effet exactement 18 onglets d’ouverts dans mon furtif fureteur. J’vous jure.

C’est sans compter toutes les autres applications ouvertes en arrière plan. Je me les garde toujours prêtes, comme des scouts, au cas ou. Et les cas ou abondent, pullulent et se multiplient. Les opportunités sont multiples. La vie vit.

Selon nos occupations et nos réalités, nous sommes plus ou moins occupés, pour la plupart plus que moins. Par exemple si on a une maison, l’automne est un temps particulièrement intense de préparation à l’hiver. J’ai justement aujourd’hui quelques amis qui viennent me donner un coup de main. Merci messieurs.

Quand on est travailleur autonome, on doit gérer pas mal aussi. Des dossiers, des relations, la tenue de livres et tutti quanti. Et on en connait pas toute la musique. Alors on doit l’apprendre.

C’est sans compter si on suit un ou quelques réseaux sociaux où on peut se perdre dans les limbes des internets car c’est conçu justement pour ça. Et les algorithmes nous ont à l’oeil. Ils savent avant et mieux que nous ce que l’on veut. Et plusieurs cherchent aussi à nous harçonner. Beware !

Et c’est sans parler de notre petit mental personnel qui spinne en rond sans cesse. C’est probablement là qu’on garde le plus de fenêtres ouvertes. On n’a qu’à s’assoir en silence pour constater le nombre de dossiers qui ne sont pas fermés et qui ne se fermeront jamais en fait. Et le mental collectif ne donne pas sa place non plus.

Et on ne parle même pas de l’inconscient dont on ne soupçonne même pas la profondeur.

Ainsi, pour ne pas se perdre complètement, il est essentiel de s’assurer de prendre du temps pour soi sur une base régulière, déconnecté, dépluggé, yeux fermés et toutes sources d’attention taries.

Pour revenir à l’essentiel, pour – commencer à – ramener un peu de calme dans sa cabane. Du temps pour peser sur la clutch de ce mental qui tourne sans cesse et pour simplement le regarder spinner comme une poule pas de tête devant ses yeux.

Pop up est une expression si juste et pertinente. La vie poppe up sans cesse. Et même que parfois elle poppe down.

S’il est formidable d’avoir de multiples idées et des projets incessants, on peut aussi s’y perdre et finir par s’y engouffrer. Ainsi il est primordial de bien classer ses dossiers, de ranger chaque chose à sa place et de les mettre de côté pour garder un minimum d’ordre et de calme. Et établir et se souvenir de ses priorités.

Et conserver notre to do list en tout doux liste.

Mais elle vient d’où cette musique ? Dring dring wow wow…

SOUPÇONS D’AUTOMNE

INVOCATION MABON par Sage Goddess

Les nuits s’allongent désormais et je dis au revoir au soleil d’été, à sa chaleur et à sa lueur.

M’abandonnant plus profondément à ma propre ombre, les plus grands mystères m’accueilleront en ces mois plus sombres.

La récolte de tout ce que j’ai semé et ce dont pris soin avec amour et soin continue.

Je remercie la vie.

Aujourd’hui, un différent type de travail débute et quelque part en moi, la première flamme de l’hiver s’est allumée.

Je prends soin de mon feu intérieur, et je m’accorde du temps pour la croissance et le labeur.

Bénis(e)s soient tous ceux et celles qui marchent ce chemin.

J’invoque l’abondance en cette mi-récolte pour moi-même et tous mes proches.

Qu’il en soit ainsi.

Quelle belle prière, si juste et de circonstances, qui résume si bien la différente fréquence en cette première réelle semaine d’automne. Avant lundi, nous flottions sur une formidable et douce brise d’été quoiqu’un peu trop légère et artificielle. Depuis lundi, c’est l’automne et sa dimension différente, profonde et introspective qui est descendue sur nous. Sur la terre comme au ciel.

Toujours incroyable de constater comment l’extérieur influence l’intérieur. Au fond, la plus grande influenceuse c’est Mère Nature. La vraie, la permanente, la toile de fond. La toile sur laquelle se tisse toute vie, toute la vie. Surtout quand on habite en nature.

Car si tout change, les saisons et ses manifestation nous font réaliser que la vie tourne, passe et revient en boucles, en cycles, en spirales.

Quant la nature entreprend son retour vers l’intérieur de la Terre, sa rétrogradation vers le Grand Blanc et le calme hivernal, une partie plus intime et profonde de nous s’ouvre, s’éveille et se révèle. On la connait cette part de soi, on l’appréhende même parfois. Pourtant, grand coffre aux trésors.

Et on doit tous et toutes passer et repasser par là, juste ici, au coeur de soi, là où se terre une part d’ombre en nous, là où pourra se terrer la semence du renouveau. Là on l’on pourra explorer ce qui mérite une attention plus fine, plus délicate, plus intime.

En ce début d’automne, ci-bas, pour les quelques paires d’yeux qui se sont rendues jusqu’ici, quelques perles pour soutenir ce grand retour à soi.

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Les Japonais disent :
« Si vous n’avez jamais traversé de crise difficile dans votre vie, vous devriez être prêt à payer cher pour vivre ces expériences.

Ce peuple énigmatique et ancestral comprend depuis longtemps que la sagesse ne vient pas à une personne à la naissance ou avec l’âge.
Ce n’est pas un don non plus.

La sagesse est la somme des expériences acquises au travers des situations difficiles qui s’accompagne ensuite d’une compréhension plus profonde de la vie.

C’est aussi de cette manière que nous développons notre résilience pour surpasser nos défis à venir.

Shinobi Bushido via Sol Ange

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– Mère, mon passé me hante. Comment me débarrasser de tous ces poids ?
– Ce que tu appelles  » poids » sont en fait les piliers de ton temple.

En apprenant à les positionner comme des colonnes porteuses, tu ne te sentiras plus écrasé par elles.
Tu deviendras ainsi le prêtre de ta cathédrale intérieure. Et tout sera célébration.

– Et comment transformer des poids en colonnes ?
– Ce qui t’a blessé, marqué et affligé est la fondation de toi-même.
Tout cela a été un entraînement, une préparation pour faire émerger la créativité nécessaire à la construction de ton propre temple.
Sans ces fondations, tu ne pourrais pas le construire.
En t’arrêtant au chagrin, à la culpabilité ou aux gémissements, tu n’as toujours pas mis les mains dans la boue pour te façonner.

– C’est qu’il n’est pas facile de comprendre la souffrance.
– Au contraire : elle vient te montrer le chemin.
Mais nous nous obstinons à ne pas vouloir voir cette route sacrée.
Parce qu’il est plus confortable de se noyer dans ses propres tourments que de les transformer en ancres de vie.
Le passé est un coffre débordant de symboles à déchiffrer.
Notre tâche consiste à trouver une nouvelle façon, créative et constructive, de raconter ce qui fut.
Afin de voir le trésor.
Sinon, nous risquons de le confondre avec un tas de déchets à éliminer.

– Mon passé est donc un guide ?
– Le plus sage de tous les temps.
Tes ancêtres ont tissé pour toi cette toile aux fils subtils afin que tu puisses trouver ton propre fil et continuer à broder la vie selon tes talents.
Ne perds pas le fil et s’il t’échappe des mains, il y a un endroit où tu pourras toujours le reprendre.
C’est dans le battement de ton cœur, qui fait encore écho aux battements de ceux qui ont vécu avant toi.

– Elena Barnabè

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Une écriture qui supporte l’infini,
les crevasses qui s’étoilent comme le pollen,
la lecture sans pitié des dieux,
la lecture illettrée du désert.

Une écriture qui résiste à l’intempérie totale.
Une écriture qui puisse se lire jusque dans la mort.

– Roberto Juarroz via Jean Gagliardi

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J’apprends petit à petit que même si je réagis, cela ne changera rien, cela ne fera pas que les gens m’aimeront et me respecteront soudainement, cela ne changera pas d’avis comme par magie.

Parfois, il vaut mieux laisser les choses être, laisser les gens partir, ne pas se battre pour tourner la page, ne pas demander d’explications, ne pas courir après les réponses et ne pas s’attendre à ce que les gens comprennent d’où vous venez.

J’apprends petit à petit que la vie est mieux vécue lorsque vous ne la centrez pas sur ce qui se passe autour de vous mais plutôt sur ce qui se passe en vous.

– Rania Naim

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Je crois que l’empathie est la qualité la plus essentielle de la civilisation.
– Roger Ebert

L’empathie grandit à mesure que nous apprenons.
– Alice Miller

Ne regardez jamais quelqu’un de haut, à moins que ce soit pour l’aider à se relever.
– Jesse Jackson

Le but de la vie humaine est de servir, de faire preuve de compassion et de volonté d’aider les autres.
– Albert Schweitzer

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Inquiète
par Mary Oliver

Je m’inquiétais beaucoup.
Le jardin poussera-t-il, les rivières couleront-elles dans la bonne direction, la terre tournera-t-elle comme on le lui a appris, et si non, comment vais-je y remédier ?

Ai-je raison, ai-je tort, serai-je pardonnée, puis-je faire mieux ?

Pourrai-je un jour chanter, même les moineaux peuvent le faire et je suis, eh bien,
sans espoir.

Ma vue baisse-t-elle ou est-ce que je l’imagine simplement, vais-je avoir des rhumatismes, un tétanos, une démence ?

Finalement, j’ai vu que l’inquiétude n’avait servi à rien. Et j’ai abandonné. J’ai pris mon ancien corps et je suis sortie dans la matinée, et j’ai chanté.

STRIPTEASE

J’ai croisé ces mots de Camus à quelques reprises récemment. Et ils sont si justes, accrochés aux branches de plusieurs arbres.

Pour les gens du sud, le printemps vient d’arriver et ils ont hâte à l’été. Pour nous c’est le deuxième printemps. Avant l’hiver.

Celui qui transforme les feuilles pour la plupart semblables en été en fleurs uniques et différentes les unes des autres en septembre. Lent lent striptease qui nous montre ses dessous colorés avant les nuances de gris de novembre et l’ultime nudité de la blancheur à venir.

Jusqu’à lundi dernier, septembre avait des airs d’été. Mais depuis, le vrai automne est bel et bien arrivé. À juste date cette année.

Le fond de l’air est différent depuis lundi. Si ce septembre a probablement été le plus beau depuis des lustres, le cycle de la vie reprend ses droits et l’automne ne nous a pas oublié.

On dit qu’à cause de la pluie abondante de cet été, le changement de couleurs des feuilles a été hâtif mais qu’il sera plus long et lent. Tant mieux. Le spectacle durera plus longtemps. Coquine effeuilleuse mère nature.

Septembre et sa parade de mode naturelle est définitivement mon temps de l’année préféré. Comme à chaque année, la nature fait son striptease annuel, nous montrant que le dénuement fait partie de l’évolution naturelle des choses. Mais avec plusieurs couches de dessous qui changent à chaque jour pour le moins que l’on prenne le temps de bien observer.

Comme pour nous, humain(e)s à l’automne de notre vie, la nature nous montre qu’on doit laisser aller. Le temps n’est plus à l’acquisition, à la recherche du plus plus plus, mais plutôt au grand laisser aller, au lâcher prise, à l’allègement et au discernement. On se prépare à retourner à la maison pour l’hiver.

On prépare le bois pour le feu de l’hiver à venir, on pose les fenêtres doubles, on nettoie les pourtours de la maison, on rentre les choses du jardin. Actions de grâce et de gratitude pour faveurs estivales obtenues.

Temps de défaire les valises de faire le tri dans le bac de nos souvenirs et de nos expériences de jeunesse comme estivale, d’apprivoiser de nouveau la lenteur et l’observation du temps qui a passé, qui passe et qui passera encore un peu, mais avec moins à venir que ce qui fut, et plus lentement.

La nature nous offre son dernier spectacle avant de prendre une blanche pause. Quelle chance nous avons. En pensées et de tout coeur vers les gens qui en ont moins que nous.

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Le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre.
– Jules de Gaultier

La vie n’est pas un problème à résoudre, mais un mystère à vivre.
– Gandhi

La vie n’est pas un problème à résoudre mais une réalité dont il faut faire l’expérience.
– Sören Kierkegaard.

Le monde est plus qu’un problème à résoudre, il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et dans la louange.
– Laudato Si, Encyclique du Pape




PARLÉGER

Utilisons nos mots pour prendre soin les un(e)s des autres. Bene dictionnons. Exprimons de bons mots.

Parlons pour bienveiller. Chantons aussi. L’harmonie, la douceur de l’être.

Écrivons pour encourager, pour soutenir, pour propulser.

Tant de mots heurtants ces temps-ci en cette ère de la déshumanification de nos relations sociales. Le face à face s’est transformé en écran à écran.

Hier je lisais qu’une trentaine d’enfants avaient été tués au Liban en une journée. Ils ont remplacé les milliers d’autres tués à Gaza depuis un an sur le top de la liste de l’actualité. Je me surpris à émettre spontanément quelques mots de colère sur mon mur FB, que j’ai retirés aussitôt. Car je ne veux pas rajouter au grand jeu de Scrabble de la malé diction commune déjà assez répandue.

Car si nos mots se font chair et s’y logent, on doit prendre soin de ce que l’on émet hors de notre bouche et de nos doigts. On ne peut contrôler les pensées qui nous passent par la tête mais on peut les filtrer, laisser aller les noircies et les paralysantes et transformer nos dictions de malé en béné. En parlant du coeur, en parlant pour le bien du plus grand nombre, dont nous faisons partie.

Émettons de bonnes paroles, des bons mots, des strophes de beau, des bulles de légèreté en ce monde déjà assez inquiet et inquiétant.

Parlons pour le bien du monde, gardons notre pensée, notre parole et nos écris légers.

Et ci-bas justement, quelques mots d’un homme de coeur.

PLEIN DE ?

Sans le cosmos, le corps humain ne pourrait être ici. Avec la perspicacité de l’introspection, on peut voir qu’il y a des nuages en soi. Il y a des montages et des rivières, des champs et des arbres. Il y a la lumière du soleil. Nous sommes des enfants de lumière. Nous sommes les ils et les filles du soleil et des étoiles. Le cosmos entier s’est réuni pour soutenir notre corps en ce moment même.
– Thich Nhat Hanh

Si on pense que le monde est rose, de bonnes chances qu’on le voit rose. Si on le perçoit plutôt noir, noir il sera. En fait, le monde sera plein de ce dont nos croyances, nos pensées et nos yeux croient, pensent et voient. Ou veulent croire et voir.

Ce que l’on pense ou imagine ne changera pas comme tels les événements qui se passent dans le monde sans qu’on en soit conscient(e), mais cela modifiera ce que l’on croit et voit. Le monde est plein de nos croyances, plein de nos yeux. Le monde est un écran blanc.

Et selon Mr Hanh, nous serions aussi rempli(e)s de toutes les choses du monde : soleil, lune, étoiles et l’ensemble des astres, de même que de tous les éléments de la nature ici-bas, air et vent inclus.

Nous naîssons vides, et nous repartirons vides. Possiblement, probablement. Car ceux et celles qui sont parti(e)s temporairement puis revenu(e)s nous disent en général qu’on s’allège sérieusement au moment du grand départ, celui du corps. On verra bien.

Mais entre-temps, pendant qu’on est ici, peut-être que le seul choix que l’on a en cette existence est de prendre ce que l’on nous a offert – je dis peut-être car certain(e)s disent qu’on en a aucun, choix je veux dire – et d’en faire quelque chose qui nous allume, qui nous plaît, qui nous ressemble. Quelque chose qui vibre à notre fréquence.

On peut regarder et voir le noir, et le broyer. Ou on peut jouer dans toute la palette des couleurs. Noir inclus mais pas seulement, ni trop. De toute façon, le blanc inclus toute les couleurs et le noir ne serait qu’absence totale de celles-ci. Alors sortons nos pinceaux.

Et embrassons et assumons toutes nos couleurs et émotions, vivons totalement toutes les expériences que la vie nous offre. On peut perdre espoir et voir la fin du monde se pointer imminnement, ou on peut danser et chanter le ptit bout de chemin devant nous, le ptit bout de vie sur lequel on se tient right now, sans même chercher à savoir où il mène. Car de toute façon, nous sommes toujours mené(e)s par le bout du nez, par la vie, vers ici, vers maintenant.

Nous sommes une tasse vide et nous la remplissons avec ce que l’on veut bien boire.
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Vous tenez une tasse de café lorsque quelqu’un arrive et vous bouscule ou vous secoue le bras, ce qui vous fait renverser votre café partout.
Pourquoi avez-vous renversé le café ?
Parce que quelqu’un m’a bousculé !!!
Mauvaise réponse.

Vous avez renversé le café parce qu’il y avait du café dans votre tasse.
S’il y avait eu du thé dans la tasse, vous auriez renversé du thé.
Ce qui se trouve à l’intérieur de la tasse est ce qui se répandra.

Par conséquent, lorsque la vie vous secoue (ce qui arrivera inévitablement), tout ce qui est à l’intérieur de vous sortira.
Il est facile de faire semblant, jusqu’à ce que vous soyez secoué.

Nous devons donc nous demander…
Qu’est-ce qu’il y a dans ma tasse ?
Quand la vie devient difficile, qu’est-ce qui déborde ?
La joie, la gratitude, la paix et l’humilité ?
La colère, l’amertume, la mentalité de victime et la tendance à abandonner ?

La vie nous donne la tasse, c’est VOUS qui choisissez comment la remplir.
Aujourd’hui, travaillons à remplir nos tasses de gratitude, de pardon, de joie, de paroles d’affirmation, de résilience, de positivité, de gentillesse, de douceur et d’amour pour les autres.
Crédits : Austin Tang