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PARDONNONS-NOUS NOS OFFENSES

Développez l’habitude de ne pas continuer à voir les autres en fonction de leurs actions passées. Quand quelqu’un travaille fort pour changer et devenir une meilleure personne, faites l’effort de les percevoir en tant que cette personne en changement.

Nous sommes des êtres en changement. Parfois plus tent que voulu.

Nous sommes d’éternel(le)s étudiant(e)s. Mais seulement si on fait l’effort de conserver notre coeur d’étudiant(e), de garder nos yeux frais et de continuer à voir la vie et les gens pour qui ils et elles sont sont dans le moment, et non selon ce que l’on se souvient de ce qu’ils et elles ont été.

Nous avons beau avoir fait des erreurs dans le passé, possible qu’on ait appris de ces dites erreurs. On le souhaite. Souvent la meilleure, sinon la seule, façon d’apprendre quoi que ce soit. Plus concrètes les leçons en chair que celles dans les livres.

Personne n’est parfait et j’aime croire que nous faisons tous et toutes du mieux que nous pouvons en ce bas monde. Car up there, dans notre tête et dans l’astral, tout est parfait. Mais ici bas que la job reste à faire.

Dans le cadre de nos cérémonies, nous récitons les prières de notre enfance et personnellement, la phrase qui me travaille le plus au corps est: pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé.

Moi qui est rancunier de nature, par défaut et par vieille habitude, à chaque fois que je prononce ces mots, je tique et ça fait tac et toc. Et je réalise qu’en mettant la volonté et en faisant l’effort de pardonner aux autres, je me permets de me pardonner moi-même, de me pardonner à moi-même.

Une autre prière consiste à demander pardon pour toute action que nous avons commis et qui aurait pu offenser qui que ce soit sans qu’on s’en soit rendu compte. Car souvent on blesse autrui sans s’en rendre compte. En fait, la plupart du temps on blesse autrui sans s’en rendre compte. Rare qu’on veuille blesser intentionnellement, quoi que nous sommes de drôles de bêtes parfois.

Tout un défi de continuellement rafraîchir son regard pour voir le monde tel qu’il est dans l’instant, pour oublier notre vieille perception de ce qui a jadis été pour voir ce qui est. Car seul ce qui est, et non ce qui a été, peut ouvrir la porte à ce qui sera. Et patati et patata.

Nous sommes des êtres perfectibles, perfectionnables. Nous tendons à devenir meilleur(e)s. Pas meilleur(e) qu’autrui, meilleur(e)s que soi, meilleurs que ce que l’on a déjà été. Pour faire mieux que ce l’on a déjà fait. Et ainsi devenir plus paisible, plus juste dans le moment.

Je ne sais pas si la justice existe, mais la justesse si. Pour moi du moins. Quand je suis aligné avec ce qui sonne et résonne juste pour moi dans l’instant, quand j’écoute et je sens, tout se place d’un coup. Tout s’aligne, tout est accepté, même ce qui me dérange.

Ici maintenant est un cliché, mais il est le seul qui existe dans l’instant. Alors réfugions-y nous. Et upgradons-nous, nous et notre regard pour voir l’instantanéité de la vie qui passe, ici où tout se passe. Avec nous dedans, et la vie en nous.

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Je choisis de me souvenir de toi
Non pas à cause de la façon dont tu m’as blessé
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à guérir
Non pas à cause de la façon dont tu m’as quitté
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à ne jamais m’abandonner
Non pas à cause de la façon dont tu m’as brisé
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à me reconstruire
Non pas à cause de la façon dont tu as atténué ma lumière
Mais à cause de la façon dont tu m’as aidé à briller
Non pas à cause de la façon dont tu m’as gardé prisonnier d’un endroit confortable
Mais à cause de la façon dont tu m’as donné le pouvoir de quitter ma zone de confort
Non pas à cause de la façon dont tu m’as laissé me sentir faible
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris ce que signifie être fort
Non pas à cause de la façon dont tu as essayé de me contrôler
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à être libre
Non pas à cause de la façon dont tu m’as dit qui j’étais
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à me définir
Et surtout
Je choisis de me souvenir de toi
Non pas à cause de la façon dont tu n’as pas pu m’aimer
Mais à cause de la façon dont tu m’as appris à m’aimer moi-même.
– Tahlia Hunter

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Si je suis dans mon âme, quand je regarde les autres, je vois leurs âmes.

Je vois toujours les différences individuelles – hommes et femmes, riches et pauvres, attirants et peu attirants, et tout ça.
Mais quand nous nous reconnaissons comme des âmes, nous nous voyons comme des aspects de l’Un.
L’amour est l’émotion de la fusion, du devenir Un.
L’amour est une façon de pénétrer dans l’Un.
Nous traitons l’amour, la haine et les autres émotions comme si elles étaient toutes au même niveau, mais ce n’est pas le cas.

La haine, la peur, la luxure, l’avidité, la jalousie – tout cela vient de l’ego.
Seul l’amour vient de l’âme.
Lorsque vous vous identifiez à votre âme, vous vivez dans un univers aimant.
L’âme aime tout le monde.
C’est comme le soleil.
Il fait ressortir la beauté de chacun de nous.
Vous pouvez le ressentir dans votre cœur.
Au début de ma vie avec Maharaji, il me répétait sans cesse : « Ram Dass, aime tout le monde et dis la vérité. »

À cette époque, je ne pouvais toucher cet endroit que de temps en temps.
Je vivais la plupart du temps sur le plan de l’ego.
Je pouvais aimer presque tout le monde pendant de courtes périodes, mais la vérité était que je n’aimais pas tout le monde.
Un jour, j’étais tellement en colère contre tout le monde que Maharaji s’est approché de moi, nez à nez, m’a regardé dans les yeux et m’a dit : « Ram Dass, aime tout le monde et dis la vérité. »

Il me disait de prendre un chemin différent et de devenir une âme.
Ce qu’il voulait dire, c’est que lorsque je pourrai communiquer à partir de ce plan de conscience de l’âme, qui est qui je suis vraiment, j’aimerai tout le monde.
C’est ma vérité.
Il ne m’a fallu que quarante ans pour la comprendre.
– Ram Dass

LE GRAND BAR OUVERT DES VÉRITÉS

La vérité n’est pas toujours belle, comme les beaux mots ne sont pas la vérité. – Lao Tzu

En ce matin de pluie, en cherchant dans ma banque de citations pour me partir les doigts, et le reste du corps, le thème de la vérité poppait sans cesse.

Truth ici, vérité là, lies and liars all over. Alors me demandant bien ce que la vie avait à me révéler à ce sujet, je me demanda moi-même ce que moi j’avais à me dire à ce propos, petit moi, prétendu grand chercheur de vérité.

Alors voici ma petite vérité du matin.

Tout d’abord, les beaux mots de Lao Tzu ci-haut. En effet, la vérité n’est pas toujours belle. Comme la température ce matin. Mais elle est ce qu’elle est. Qu’on aime ou pas, qu’on voit ou pas.

D’ailleurs, la vérité peut-elle se conjuguer au pluriel ?

La vérité n’a pas besoin de ta participation pour exister. La foutaise si.
– Terence McKenna

Celle ci-haut est plus gutsy et va droit au but. La vérité est ce qui existe comme trame de fond de la vie. Tout ce que l’on y ajoute la recouvre, la dénature, la pervertit. Comme ces commentaires en réponse à ces grandes vérités qui volent et revolent sur les réseaux philosophico sociaux auxquelles plusieurs répondent tout de go: Ça c’est vrai ! ou So true !

De nos jours, chacun(e) a sa propre vérité. 8 milliards de vérités. Qui s’expriment par milliers et qui, souvent, se contredisent, s’entrechoquent, se bataillent. Vive le mouvement de la Vérité libre et multiple ! Peace in Truth !

Vrai pour moi peut-être, mais pas vrai pour tous, peut-être pas vrai pour toi ou l’autre. Et dès qu’on énonce quelque chose, cette chose devient autant vraie que fausse, aussi juste qu’erronée. Et en mouvement. Finalement, la vérité peut probablement être multiple, une vérité à plusieurs têtes.

Depuis quelques années, depuis on sait quoi, on accuse la science de mentir, et on doute de tout. La vérité ne semble plus exister, ou du moins, elle semble souvent instrumentalisée. Et certains la possèdent. Ou veulent ou pensent le faire.

La science n’est pas la vérité, la science cherche à trouver la vérité. Quand les scientifiques changent d’opinion, ils ne vous ont pas menti, ils ont appris autre chose.

La recherche fondamentale du moins. Car la recherche commanditée, la recherche privée, a ses propres objectifs, ses propres buts, son propre dessein. Follow the money disent si bien les anglais. Souvent la vérité des plus riches qui pèsent le plus lourd.

Quand on veut trouver une vérité particulière, la vérité payante, on réussit habituellement à la trouver, ou du moins à la diffuser. Et même quand on fait de la recherche fondamentale, ce qui est de plus en plus rare, on change souvent d’avis au fur et à mesure qu’on avance. Mais ce fait est désormais souvent interprété comme un mensonge, ou une manipulation du narratif. Alors que c’est le fondement même de la science d’évoluer, de bouger dans ses hypothèses. Car la vie n’est que cela: une hypothèse à confirmer ou infirmer.

La vérité, ah chère vérité. Rugit vérité.

La vérité est telle un lion; tu n’as pas à la défendre.
Laisse-là libre, elle sait se défendre elle-même.
– Augustine

En effet, comme la bullshit, la vérité n’a pas besoin de notre participation, de notre intervention. Elle peut se défendre elle–même. En fait elle ne cherche probablement jamais à se défendre. La vérité s’assume, elle ne fait qu’être. À nous de la trouver et non de la prouver. Et elle finira bien par remonter à la surface.

Ce qui nous mène aux menteurs.

Les menteurs compulsifs ne devraient pas vous faire peur. Ils ne peuvent faire de mal à quiconque si on ne les écoute pas. D’ailleurs ce sont les croyant(e)s compulsifs qui devraient vous terrifier, ce sont eux qui accréditent les menteurs.
– Nick Cohen

Alors laissons parler les grands parleurs. Leur bullshit leur reviendra sûrement en pleine face, ou dans le dos. Éventuellement. La terre était plate jadis, elle est devenue ronde. Et quelqu’un est mort en déclarant cela. La vérité tue parfois.

Quiconque ment doit travailler fort et constamment pour maintenir le tissu de mensonge qu’il a fabriqué, pour maintenir l’édifice mensonger en place. Plus simple et facile d’être honnête et transparent. Plus juste. Et relax.

Ne crois pas trop vite ce que tu entends car les mensonges courent plus vite que la vérité.

En effet, la vérité ne s’en va jamais nulle part. Elle est ici, toujours ici, elle fait du sur place, et reste de glace. Elle ne fondra pas, elle ne fait qu’être simplement vérité, avec un petit v ou un GRAND. Ou elle se répand et elle devient vérité, Vérités.

La vérité me semble synonyme de réalité. Las deux n’existant pas dans l’absolu, les deux étant perçues et vécues par chacun(e) de nous.

Quand le monothéisme met le langage autour de lui, il parle de « Dieu ».
Quand l’hindouisme met le langage autour de lui, il parle de « Brahman ».
Quand le bouddhisme met le langage autour de lui, il parle de « Śūnyatā ».
Quand la philosophie met le langage autour de lui, elle parle de « monisme ».
Quand la spiritualité amérindienne met le langage autour de lui, elle parle de «Grand Esprit».
Lorsque l’Advaita Vedanta l’entoure de langage, il parle de Non-Dualité.
Lorsque la psychologie l’entoure de langage, elle parle de « Transcendance ».
Lorsque la physique l’entoure de langage, elle parle de « Théorie quantique des champs ».
Lorsque la philosophie chinoise l’entoure de langage, elle parle de « Tao ».
Lorsque le Dzogchen l’entoure de langage, il parle de « Rigpa ».
Lorsque l’ésotérisme l’entoure de langage, il parle de « Source ».
Lorsque l’humanisme l’entoure de langage, il parle d’« Expériences de pointe ».
Lorsque la science l’entoure de langage, elle parle de « Conscience ».
Lorsque la spiritualité non religieuse l’entoure de langage, elle parle d’« amour ».
Lorsque aucun mot ne fonctionne du tout, vous fermez simplement les yeux et souriez.
Lorsque vous faites l’expérience de la réalité elle-même à laquelle tous ces mots font référence, aucun mot n’est nécessaire et elle est au-delà des mots eux-mêmes.
La réalité ultime qui peut être racontée n’est pas la réalité ultime.

– Jim Palmer

Sur ce bon, je vous souhaite un vrai bon week-end full réel.

DOUX IMBÉCILES

La personne qui écrit pour des imbéciles est toujours assurée d’un vaste auditoire.
– Arthur Schopenhauer

Je n’écris pas pour des imbéciles. J’écris seulement et surtout pour moi-même.

Oups, peut-être écris-je pour un imbécile alors ?

J’écris pour moi, pour le plaisir, et pour quelques-un(e)s d’entre vous mais ultimement j’écris pour personne en particulier. J’écris pour tout le monde. Je poste mes mots à tous vents, je les ne les vends pas, je les donne à qui les voudra. Et que quelques-un(e)s qui les liront.

Sommes-nous des imbéciles vous et moi ? La question se pose, se dépose et se repose.

Je ne veux pas vous traiter de quoi que ce soit encore moins d’imbéciles, mais personnellement, je n’ai aucun problème à me considérer comme un imbécile, ni à me traiter de la sorte. Car je le suis souvent. Comme vous aussi probablement, et la plupart d’entre nous humains et humaines.

Vous savez toutes ces choses stupides auxquelles nous pensons parfois ? Et que nous allons même parfois jusqu’à exprimer devant autrui, ce qui nous rend gêné(e)s, et même humilié(e)s à l’occasion. Nous sommes tous et toutes des imbéciles si nous sommes honnêtes. Tant que notre coeur reste pur, tout va bien.

Je pense notamment ici à l’expression imbécile heureux. Cette expression se dit en général d’une personne considérée comme simple d’esprit mais satisfaite de sa situation, quelqu’un qui vit dans une ignorance joyeuse. Si c’est le cas, je suis tout à fait d’accord d’être un imbécile heureux.

Heureux les simples (ou pauvres) d’esprit car le royaume des Cieux est à eux aurait dit l’apôtre Mathieu jadis. J’achète.

En cette ère d’écrans cathodiques impudiques, nous avons tous et toutes posté et/ou reposté de fausses vérités ou des trucs carrément patentés. En cette ère ou l’intelligence artificielle pour tout faire et son contraire, nous sommes tous et toutes en quelque sorte des imbéciles de l’écran.

Nous nous faisons floué(e)s sans qu’on le sache. La prétendue vérité comme les faits sont devenus plus flexibles que la plasticine de notre enfance. On dit et on se fait dire à peu près n’importe quoi sans jamais savoir désormais ce qui est vrai, faux, ou inventé par les humains ou par le grand Esprit – qui doit être le plus simple non ?

N’ayons pas peur, chers lecteurs/rices, d’être des simples d’esprit, ça peut être notre force. Si Tolstoy le dit. S’il l’a dit. À moins que ce ne soit Rumi ou Martin Luther King.

De toute façon, il faut acquérir beaucoup de connaissances pour savoir tout ce que l’on ignore.

Ça m’est arrivé quand je suis allé à la collation des grades suite à mes études doctorales en 2003. Je me suis pensé finfinnaud pendant quelques minutes jusqu’à ce que je réalise l’étendue de mon ignorance incarnée par le travail de tous les autres chercheurs/ses. Vous voyez, on peut être un imbécile scolarisé aussi. Tant qu’on le sait.

Peu importe nos efforts, notre volonté, comment on se considère, ou comment on nous qualifie de l’extérieur, l’idée est de prendre ça mollo, et d’être doux et douce avec soi-même, foi d’Aldous Huxley.

___
Peut-être que tu te sens mal parce que tu essaies trop fort.
Vas-y doucement, mon enfant. Apprends à tout faire doucement.
Oui, ressens doucement même si tu ressens quelque chose de profond.
Laisse les choses arriver doucement et fais-y face doucement.
J’étais tellement ridiculement sérieux à l’époque.

Allez doucement, doucement – ​​c’est le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné.
Alors, jette tes bagages et avance.
Il y a des sables mouvants tout autour de toi, qui aspirent tes pieds, qui essaient de t’aspirer dans la peur, l’apitoiement sur toi-même et le désespoir.
C’est pourquoi tu dois marcher doucement.

Doucement, mon chéri.
– Aldous Huxley – Island

Larguons nos bagages, nous retournons tous et toutes à la maison.

LE MOIS DOUX – ET LE PLUS – D’AOÛT

Août est un mois doux. Un temps de vie, plein de sons, de douceurs visuelles en teintes dorées, de lumière riche, et jaune, et rosée, et orangée. Presque orangée par la fille des vues, la grande créatrice, la déesse toute puisante.

Août est full doux, si doux.

Août nous dit que l’été n’est pas encore fini, car le plus beau s’en vient, mais les nuits d’août, qui nous font si bien dormir, nous rappellent que nous vivons quand même au nord, chez le beau Réal.

Août ce sont les chants des grillons et des cigales, le chant des mâles, souvent eux autres qui crient le plus fort pour impressionner les dames. Damnés beaux chants. Moi j’aime mieux le mot crickets, ça sonne plus près du son qu’ils font.

Août nous avertit, il nous dit qu’il faut en profiter au maximum car les temps chauds vont encore durer un ptit bout en août, mais pas éternellement. Août nous offre un ptit échantillon de ce qu’otobre et novembre nous réservent.

Août ce sont aussi les pluies d’étoiles filantes qui s’organisent déjà dans les cieux, ce ciel affilant notre regard, les gros chauds de lumières, les glow show. Poussière d’étoiles à balayer du regard.

Août c’est le bois à fendre, c’est le poêle à ajuster, à noircir, et les tuyaux à ramoner.

Août c’est le jardin qui bloom, c’est le cannage à préparer, c’est le retour des sacs d’école et des autobus jaunes dans les rues et sur les routes dans quelques semaines. Août culminera avec la fête du travail, avec le faîte du travail de la terre.

Août c’est un glow show de couleurs pour les yeux et les autres sens, plein de bons sens, avec les teintes d’orée des bois d’automne qui suivront dans quelques semaines, le bal des bois en feu à venir, avant ceux des poêles.

Août c’est la bande-annonce de septembre, la première partie du plus gros spectacle de visuel l’année autour d’ici. Août c’est un mois en soi, un mois en soie, qui fait compétition à Mai comme le mois le plus beau à mon humble avis. Si Mai est le mois de Marie, août est le mois du bon Dieu.

Août c’est doux à l’âme.

Août c’est la fin de la folie des vacances de construction, c’est le retour aux chantiers, et des projets à plus long terme. Quiconque tient maison sait qu’août est le début du compte à rebours de la rentrée, de toutes les rentrées.

Août c’est le maïs et les épluchettes, ce sont les récoltes qui commencent.

Août c’est fou comme c’est bon. Menoum d’août, doux menoum et menoum de partout.

Août, c’est l’antichambre de septembre. C’est un entre-deux, un safe space. Août c’est doux et c’est tout.

Août, c’est le summum de l’été, c’est le pic de l’année.

Août dans l’année c’est comme la soixantaine dans la vie. Encore assez chaud et en forme pour faire ce que l’on veut, même si on sait que des temps plus lents s’en viennent, des temps plus blancs. De mémoire. Pas encore ici ni maintenant mais ça s’en vient. Août est un mois mature et lucide. Et chaque chose en son temps car on est en plein août, et c’est doux.

À chaque année depuis que je suis ici dans mon ptit bout de forêt du beau Réal, je le vois arriver comme un ptit toutou ce ptit août doux, ce ptit août fou. Touffu, tout fou, tout doux.

Cette année, c’est après une canicule de fin juillet et un show début d’août chaud et pas doux du tout, que lundi a apporté de la pluie et du plus froid, OK du frais, pas encore du froid.

Et hier, comme par magie, le 6 a fait le mois d’août, août était installé avec son chaud show son et lumières et nous avec nos chaussons de ptits matins frais. Car les sons et les lumières d’août ne sont comme nuls autres ni d’ici ni d’ailleurs.

Août est unique, plus unique que les autres mois, même si septembre ne donne pas sa place en terme d’unicité. Justement août et septembre forment un beau ptit couple. Août et septembre sont deux zuniques, deux uniques unis en un grand double moi. Double personne alitée.

Allez lecteur/trice, sortez votre mood d’août, et rentrez un peu, car août c’est nous, c’est doux, c’est fou. C’est août, un mois si doux.

VOIR À-TRAVERS LES MOTS

Un drôle de phénomène survient avec l’âge:
votre vue baisse drastiquement mais votre capacité de voir à-travers les gens s’améliore grandement
.

La même chose se passe avec les oreilles qui entendent de moins en moins bien les mots mais qui saisissent de mieux en mieux leur sens. Et que dire du cerveau qui roule peut-être un peu moins vite, mais qui voit de plus en plus le big picture, liant les points du grand destin à numéros. Comme la mémoire qui a parfois de la difficulté avec le court terme mais puise allègrement dans les plus vieux souvenirs, le fondamental, fond du mental. Sans parler des doigts qui sont moins agiles mais qui connaissent mieux la valeur de certains touchers et le précieux serrement des mains.

Avec l’âge on perd un peu d’acuité et de dextérité, mais on gagne de la finesse et de la délicatesse en lien avec l’essentiel. Avec le corps qui faiblit, avec les années qui nous rentrent dans le corps et la mort qui approche, le focus change et les sens s’affinent et se raffinent. Le rythme aussi, on en fait moins mais on le fait mieux, on en veut moins mais le peu que l’on veut compte plus.

Souvent, j’écoute les gens parler et je n’entends pas les mots qui sont énoncés, je ne les sens pas, je ne les reconnais pas. C’est autre chose qui résonne à mes oreilles, et à mon coeur.

Derrière la haine et la colère, je sens et j’entends la peur qui émane des tripes. Derrière les arguments et les justifications, je perçois l’ignorance et la peur de ne pas savoir. Sous les menaces et les attaques, je vois l’insécurité. Derrière une prétendue certitude, j’entends l’ambivalence et l’hésitation.

Avec le temps qui passe, on ne prend plus les mots pour du cash, on regarde plutôt les actions, on perçoit mieux les fréquences. Même les dites nouvelles ne rapportent pas des faits objectifs, mais un certain choix d’événements qu’on choisit de rapporter. Souvent avec sensationnalisme et effroi. Et selon nos sources, notre monde varie.

On a et aura beau dire ce que l’on veut, prêcher tant que l’on veut, les faits de notre vie au quotidien s’avèrent le reflet de ce qui couve au plus profond de soi, au coeur de notre coeur, au-delà les mots et les idées. On a beau croire à tous les dieux et les déesses que l’on veut, entretenir des croyances et prétendues certitudes pour nous rassurer, dans les passages les plus étroits, c’est là que la vraie foi se révèle, que le fond de notre âme émane et se déploie. Et cela on ne peut l’éviter. On ne peut passer à côté de soi-même. Peu importe ce que l’on dit, nos actions témoignent de notre réelle réalité. Notre relation à soi sera toujours ce qu’elle est, quoi qu’on en dise. Nos actions parlent plus que nos mots.

La vie que l’on doit cultiver se trouve en soi, en notre coeur. Là que nos yeux prennent racine, là que nos sens trouvent leurs sens, là que les fleurs puisent leurs nutriments. Apprendre à fermer ses yeux, à se ressourcer au coeur de soi, au coeur en soi.

Ce coeur qui possède la capacité de tout pardonner, de brûler le négatif et de le transformer en engrais riche et potent, de pardonner les offenses des autres comme la vie nous pardonne les nôtres. Car errer est le propre de l’humain. Comme demander pardon aussi quand on se trompe. Pardonnez-nous erreurs comme nous pardonnons à ceux et celles qui nous ont offensés.

Quand on est jeunes, n a tendance à sous-estimer l’acuité des sens et des gens vieillissants. Mais la vie se charge de nous enseigner, si on peut apprendre, si on veut apprendre. Le coeur est toujours un coeur étudiant, un coeur d’étudiant(e).

Mais sous une performance qui semble déclinante, derrière un rythme qui ralentit, une qualité nouvelle se développe, une plus grande sensibilité à l’invisible, à l’imperceptible, à l’indicible. C’est peut-être la présence du créateur – ou de la créatrice, la grande génératrice – qui reprend ses droits en nous. Peut-être qu’avec les années, la vie se rarifie mais elle devient plus fine, plus précise. Peut-être est-ce la source qui émerge de nouveau comme aux premiers jours avant de quitter notre corps. Avec un intellect qui se met à devenir plus simple, plus essentiasliste et existentialiste

Viva la vie ! La vie qui va.

AMOUR, PAIX, DOUCEUR & BONTÉ

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En dépit de tout. Et grâce à tout aussi. Car rien ne fait pas partie du tout. Rien du tout.

Salut lecteur/trice.

Je reprend du clavier en ce petit matin d’août après quelques semaines de pause chronique. J’ai continué d’écrire, mais quelque chose qui sortira peut-être un jour. Ou pas. À suivre.

Au cours des dernières semaines, j’ai beaucoup joué dehors, j’ai fait des rénos, et de la musique, j’ai embelli la place autour d’ici. J’ai travaillé avec tout mon corps, pas juste mes doigts.

J’ai pris le temps, et la distance, de me décoller un peu du monde fou dans lequel on vit vous et moi, toi et moi. Un monde qui tourne drôlement parfois, un monde de plus en plus complexe, de plus en plus rapide, et polarisé on dirait. Ça doit être le réchauffement de notre planète la polarisation. Ou l’excitation de nos gamettes.

Un monde où le TOUT du en dépit de de l’affiche ci-haut est de plus en plus éclaté, exposé, commenté, visible et magnifié. Pas comme dans magnifique, davantage comme pitché en dehors de chaque petit soi pensant. Un monde où toutes les opinions, du moins plus qu’avant, sont exprimées, invitées à être vues, et lues.

On dirait que le monde est plus fou qu’avant. Mais il n’est seulement que peut-être plus vu qu’avant, plus su de tous de toutes. Plus socialement médiatisé. Pour le meilleur et pour le dire. Et le moins bon.

Mais au milieu de ce chaos apparent, encore plus nécessaire que jamais auparavant de se rattacher à l’amour, la paix, la douceur et la bonté comme l’affirme Schweitzer.

Car le monde en dehors n’est rien d’autre que le monde en dedans. Il n’y a que notre peau qui nous sépare du tout. Et notre idée d’une séparation. Ce monde est nous, et nous sommes le monde, nous sommes ce monde. C’est notre monde et ce monde est chacun(e) de nous.

Nous sommes l’amour, la paix, la douceur et la bonté, comme nous sommes aussi la haine – ou la peur – la guerre, le dureté et la méchanceté. Nous sommes tout, et rien, nous sommes tout et son contraire. Et nous ne sommes pas vraiment non plus.

Comme mes doigts de chronique sont encore un peu rouillés, je vais vous laisser ici ce matin. Je vais vous laisser avec les mots simples et sages de deux autres belles plumes.

À pluche.
___
En fin de compte, nous allons devoir ouvrir notre cœur au monde entier, à tout ce qui s’y passe et à tout ce qui s’est déjà produit.
Nous allons devoir ouvrir notre cœur à tout ce qui pourrait arriver.

Pourquoi ?
Parce que nous ne sommes séparés de rien ni de personne.
Tout ce que vous considérez comme séparé de vous peut vous effrayer et vous intimider. Mais lorsque vous avez la volonté d’ouvrir votre cœur, d’être intime même avec les choses que vous n’aimez pas, avec les personnes et les événements qui vous effraient, avec l’état du monde qui peut vous intimider, alors vous trouverez un moyen par lequel le cœur de vous-même a un moyen de s’exprimer.
Vous pouvez exprimer et manifester la profondeur même de vous-même dans le monde extérieur, de sorte qu’il n’y ait plus de division entre l’intérieur et l’extérieur et qu’il n’y ait plus de frontière pour notre amour.

~ Adyashanti

____
Faites la paix avec votre souffle.
Inspirez les pompiers et les décombres, expirez les bâtiments entiers et les volées de merles à ailes rouges.
Inspirez les terroristes et expirez les enfants endormis et les champs fraîchement fauchés.
Inspirez la confusion et expirez les érables.
Inspirez les morts et expirez les amitiés de toute une vie intactes.
Faites la paix avec votre écoute : entendez les sirènes, priez fort.
N’oubliez pas vos outils : graines de fleurs, pinces à linge, rivières propres.
Faites de la soupe.
Écoutez de la musique, apprenez le mot merci en trois langues.
Apprenez à tricoter et faites un chapeau.
Pensez au chaos comme à des framboises qui dansent,
imaginez le chagrin comme l’expiration de la beauté
ou le geste d’un poisson.
Nagez vers l’autre côté.
Faites la paix.
Jamais le monde n’a semblé aussi frais et précieux.
Prenez une tasse de thé et réjouissez-vous.
Faites comme si l’armistice était déjà arrivé.
N’attendez pas une minute de plus.
~ par Mary Oliver

PAUSESTIVALE

J’ai fait un noeud dans mes doigts et vous ai parlé en de centaines d’autres façons silencieuses.
– Rumi

Yo lecteurs/trices,

Derniers mots pour toute sweet. Gros mots, mots nonos, mots jos, lis 😉

Déjà les mots s’estinent entre eux pour savoir qui sera le dernier. Sûrement le premier. Yo.

Besoin de prendre une pause chronique pour casser la routine, pour réfléchir à de nouvelles affaires. De toute façon, on parle et on écrit trop vous et moi. Beaucoup de bla bla. Le B A ba de nos mélanges de méninges. On va faire silence un peu. Un peu plus.

Et peut-être que vous, vous lisez trop ? Alors comme moi j’écrirai moins cet été, vous aussi vous serez en pause, sur pause. Ou pas. En pause de moi en tous cas, de mes mots. Et vous lirez sûrement autre chose. D’autres choses. Ou pas. Été illitéraire et plus terre à terre. Les deux mains dans la terre, les deux pieds sur terre. La tête dans les airs. L’air de rien, plus ici que là-bas.

L’été nous laissera le temps d’observer davantage, regarder plus, contempler le beau et le vrai. Plutôt que de toujours s’auto réfléchir en boucles. Des mots, des mots, un moment donné, les mots c’es trop. Alors grève de mots et trips de plage cet été. Pause des plages horaires. On se dérange le cadran.

I give you a break. Une short trace du moins. 😉 Quand on est rendus à faire des jeux de maux de cet acabit, c’est que c’est le temps de faire une pause qui lit qui lit. Plus rien à dire, tout à vivre.

Je fais une pause surtout pour m’ennuyer d’écrire, pour briser le rythme, pour changer la roue tétine, mamelle des mots de mes petits matins. Je ne sais pas pour combien de temps. On verra, ou pas.

Comme j’aime écrire, je vais peut-être me remettre à mon bookin. Ou pas. Peut-être vais-je verser des larmes et dans la pouésie. Voyons voir.

La vie parle de toutes sortes de manières et de diverses façons. Multi langues dans le vinaigre. On va l’écouter OK ? La vie je veux dire.

Et pour jouer un tour à mes mots qui se battent encore pour savoir lequel va être le dernier, je vous laisse sur les mots de Mme Roy, non pas Gabrielle, Arundhati 😉

Être, pour l’été et que sera sera. SoYOnara.

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Aimer.
Être aimé(e).
Pour ne jamais oublier sa propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indicible et à la vulgaire disparité de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Pour rechercher la beauté en sa propre demeure.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais la puissance.
Et surtout toujours regarder.
Pour essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et jamais, ne jamais oublier
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~ Arundhati Roy

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P.S. si vous voulez continuer à lire, plus de 500 chroniques sur ce blogue.

FULL RIEN

Le Zen ne vous apporte rien de plus, il ne fait que retirer les multiples couches de l’oignon et vous dit: regarde, ça c’est toi, qu’une pure vacuité. – Osho

Quand je vais être grand, je veux devenir rien, vide, vacuité. Full rien.

Je veux devenir le ciel devant lequel passe les nuages.

Je veux devenir la route sur laquelle défilent mes «pensées autos»-générées. Vroum Vroum 😉

Je veux devenir le témoin de la vie, pas de ma vie, juste la vie, toute la vie, sans rien retenir, ne refusant rien, ne m’accrochant à rien, choisissant le juste et bon pour moi comme pour le plus grand nombre, les bras et le coeur ouverts devant l’inconnu, même devant la mort.

Je veux devenir le tas de brin de scie qui sera la somme et le résultat final de ma vie de bois brut, dur et mou, le vide au coeur de l’oignon qui aura complètement disparu et qui aura perdu toutes ses pelures. En fait, l’oignon n’aura jamais existé, il ne fut toujours qu’un assemblage de pelures.

Que veux-tu faire quand tu seras grand ? Je veux devenir un effeuilleur.

Depuis tout petit, je me vois vieux, me berçant dans ma chaise – berçante bien sûr – et regarder passer la vie devant moi, en moi, à-travers moi. Impassible, tranquille, le coeur plein et la tête vide. L’âme légère.

En fait, quand je serai grand, je veux devenir le Zen, être Zen, n’être que Zen. Et rien, rien d’autre. Rien du tout, rien dans le grand Tout. Un bien beau but dans la vie il me semble. Le seul qui soit. Car de toute façon, c’est vers là qu’on se dirige, droit devant vers le grand rien.

Et je réalise ces temps-ci qu’il est exactement là le sens de la vie.

Dans le détachement, le dépouillement, l’allègement. La compréhension existentielle du vide.

La perte de ses croyances, de ses limitations, de ses oeillères. Pour voir grand, pour voir large, pour tout voir. Soi, comme la vie dans laquelle nous avons été déposée, consciemment ou pas.

La vie est une grande perte progressive.

Qui consiste à se délaisser de ses plumes jusqu’ au dénuement final. Une grande mue. De rien, à l’illusion d’un soi jusqu’au grand retour au rien.

Et quand on réalise ce grand délestage jusque dans sa chaire, on n’a plus rien à perdre et tout le rien à gagner. Aimer totalement, vivre intensément et mourir sans regret.

Allez, sur ce ptit rien tout nu, bon solstice chers lecteur/trices !

HAINE OU PEUR ?

Le monde en a marre de la haine – Gandhi

Affirmation ou question que ces quelques mots de Gandhi ?

Car on dirait bien que certaines personnes dans le monde ne sont pas encore tannées de la haine, du moins de la guerre et de son si lucratif commerce. On dirait bien que certaines personnes ou organisations en tirent encore profits et carburent à la haine. Encore de nombreux adeptes des jeux de pouvoir et de la division, de la peur de l’autre et des différences, de la cruauté et du barbarisme. Des deux bords, si deux bords il y a, si seulement deux bords il y a. Car on dirait bien que les scissions sont multiples et hétérogènes.

Je lisais hier que le plus grand acte de bonté était d’être bon et bonne envers les gens méchants, les belliqueux, les assoiffés de pouvoir et de division. Makes sense. Mais pas un exercice facile car certaines situations sont difficiles à observer avec neutralité. Salut Palestine notamment. Imaginons les vivre soi-même.

D’ailleurs si on aime les questions, à part se demander si les mots de Gandhi sont une affirmation ou une question, on peut aussi se poser la question à savoir si la haine n’est pas que de la peur extériorisée au fond ?

Peur de perdre son identité, peur d’en manquer, peur d’être envahi, peur de ne plus exister, finalement peur de mourir ? Qui serait la peur ultime. Peur de disparaître. Peur existentielle.

Alors plutôt que de ressentir la peur en soi, passivement, on préfère attaquer la source de ce qui stimule la peur en soi ? Autre question sans réponse formelle.

On en sait bien peu des choses de la vie. On observe le monde chacun chacune à partir de notre petit point de vue biaisé, limité, obtu, en référant toujours aux mêmes vieilles croyances que nous traînons culturellement et personnellement. D’ailleurs on observe bien davantage à l’extérieur de soi qu’en soi. Mais il n’y a pas de fin au spectacle extérieur.

Et on n’écoute jamais vraiment avec totale neutralité, on ne voit jamais vraiment les choses telles qu’elles sont, nous ne sommes jamais neutres devant les choses du monde.

On ne sait pas comment écouter, commet regarder, comment entendre car dès que lorsqu’une chose nouvelle est exprimée, on la met immédiatement dans de vieilles bouteilles, la réduisant à de vieilles terminologies, et ainsi on la dénature, comme du vin nouveau dans de vieilles bouteilles. Qu’est-ce qui arrive lorsqu’on met du vin nouveau dans de vieilles bouteilles ? La fermentation débute et les bouteilles cassent et pourtant, j’ai bien peur que c’est ce que la plupart d’entre nous faisons. – Krishnamurti

Regarder sans juger, accepter qu’on ne sait rien, ou si peu, rien d’autre que ce qui relève de notre propre expérience qui est somme toute limitée.

Observer le monde sans tomber immédiatement dans le jugement est probablement la plus grande tâche à laquelle nous, humain(e)s, devons nous astreindre, particulièrement quand on réagit le plus fortement à certaines situations. Non pas nécessairement tout accepter, quoi que, mais au moins observer et assumer ses propres réactions, comme notre propre impuissance et ignorance.

Affirmation ou question ? Haine ou peur alors ? Fouillez-moi, et fouillez-vous itou et surtout.

J’imagine que les choses vont se poursuivre telles qu’elles le font en ce moment tant que ça devra être, tant que c’est ainsi, malgré ce qu’on en pense, malgré ce que l’on ressent, malgré ce que l’on voudrait que ce soit.

Alors, continuons à regarder le monde se déployer, malgré l’apparente folie ambiante. Et accepter que les choses sont ce qu’elles sont, avec ou sans raisons précises. Et continuons à faire du mieux que l’on peut au meilleur de notre connaissance, ignorance et expérience. Car la majorité du monde est bon, et tanné de la haine.

Peace and love le monde en cette dernière journée de printemps caniculaire.

CERCLES D’AMITIÉS

Construis un cercle d’ami(e)s authentiques, dont l’énergie est sécurisante, matures sur le plan spirituel, qui «tiennent l’espace» sans animosité, relié(e)s dans la compassion et non dans le jugement, qui prennent le temps de garder contact avec vous pour savoir comment vous allez, qui grandissent dans la vie à vos côtés, et qui souhaitent sincèrement le meilleur les un(e)s pour les autres.

Dans ma vie, les ami(e)s sont ce qu’il y a de plus précieux.

Les histoires d’amour durent un temps, certaines, rares, toute la vie durant, et si on est chanceux, et qu’on y met du sien, l’amitié peut s’y développer et durer dans le temps peu importe le statut de la relation. Parfois pendant toute la durée de la relation amoureuse, parfois plus longtemps, même après que nos routes aient divergé.

De nos jours, en ces temps d’amitié de réseaux, la notion même d’amitié a bien changé. Amitiés de mpeme, amitié de meme.

Il y a certaines relations, plus protocolaires, lointaines et à distance, dans lesquelles on s’échange des photos ou des allos, des mots poéticos, nonos ou des émoticos. J’ai quelques ami(e)s FB particulièrement witty en ce sens. Salut Toot entre autre !

Mais dans une vie, on n’a que quelques relations d’amitié sincères significatives. Car des ami(e)s c’est d’la job, de l’engagement et du temps. On ne peut avoir une si grande quantité d’amitiés. Mais on peut avoir divers types d’amitiés.

Moi je suis chanceux, j’en entretiens différentes. C’est beaucoup grâce à Veeresh, mon mentor d’amour et d’amitié, qui disait toujours friends forever. L’amitié dans le temps, éternellement.

La première, et la plus importante, est celle avec ma voisine d’amour, ma femme, mon amoureuse, Elsa. On apprend à vivre le quotidien ensemble et côte à côte, avec engagement mutuel, avec nos intérêts communs et nos différences, à cultiver l’amour et le respect, et à prendre soin de notre petite église dans la forêt ensemble. Minha Rainha, minha Amorinha.

J’ai des relations d’amitiés grandissantes avec les gens de mon église aussi. Ensemble, depuis plus ou moins longtemps, on chante et on fait musique aux deux semaines, on médite, on prie et on cherche à faire descendre les cieux sur terre. Formidable d’aimer autant les mêmes hymnes et d’aimer les chanter ensemble. Fofolle congrégation d’ami(e)s sur terre comme aux cieux.

Mais le travail spirituel n’est pas désincarné, bien au contraire. Sur la terre comme au ciel, et un peu plus down here même car ici que l’on vit, ici que vivent nos corps. Important de conserver des relations terrestres les plus claires possible si on veut que les cieux et les êtres divins aient envie de venir nous visiter. Il faut qu’ils se sentent attirés à descendre.

L’amitié demande investissement, engagement et sincérité. Parfois, par les chants, d’autres fois par le biais d’actions collectives autour de l’église pour soutenir l’extra ordinarité de l’amitié dans la matière. Sur la terre, dans la forêt, comme au cieux. Dans le Daime, on travaille ensemble sur divers plans.

Un autre type de relation bien particulière et précieuse dans ma vie depuis 3 ans est celle que j’entretiens avec mes ami(e)s du Dojo virtuel. Ensemble, on ne se parle jamais. Du moins, pas avec la bouche, ni avec des mots, plutôt par le biais du silence, et par le coeur. On voit nos ptites faces dans nos écrans respectifs, ou pas car certain(e)s préfèrent demeurer incognito, puis on ferme nos yeux et on médite ensemble plusieurs fois par semaine, certain(e)s depuis des années. En fait, on ne communique pas, on communie, coeur à coeur. Et dans le silence n’existe aucune distance.

J’ai différents cercles d’ami(e)s. Certains que je fréquente plus régulièrement, d’autres moins souvent car nous sommes chacun(e) occupés de nos bords mais qui sont tout aussi importants. Meegwetch en particulier à Ghosh and Kavee, à Dianne and Steph. On se voit moins souvent, busy busy we are, mais on se sait toujours liés par le coeur, par la terre, par nos chemins communs, qu’ils soient rouges, arc-en-ciel ou d’Osho.

L’amitié est en fait ce qui me garde sur FB malgré sa sponsorisation grandissante. Car si le temps est limité, et si comme nous on vit en forêt ici à distance, depuis les 40 dernières années, j’ai croisé tant de gens par le biais du monde d’Osho, de la Humaniversity – mon alma Mater en Hollande – et du Santo Daime.

Toutes ces relations ne sont pas toutes intimes ni personnelles, mais quelque chose de plus grand que nous nous unit. Et j’aime savoir ce qui se passe ces ami(e)s de longue date, ami(e)s de cercles distincts et unis tous de même par l’amitié internationale. Tous des cercles qui cherchent et cultivent la paix, l’harmonie, l’amour, la vérité et la justice, en soi et dans le monde.

L’amitié a clairement différentes saveurs et diverses formes. Certaines sont plus quotidiennes, d’autres plus lointaines désormais, mais non moins importantes.

L’amitié au temps des réseaux asociaux.

Comme disait les poètes : if you can’t be with the ones you love, love the ones you’re with.

Mais first of all, apprenons à nous aimer soi-même, à devenir notre meilleur(e) ami(e) car c’est de là que toute l’amitié part pour de vrai. Toutes les autres ne sont que des répercussions de celle-ci, des amitiés aimantées par le coeur qui se sentent appelées par la sincérité, la confiance et l’authenticité.

Aho !