
Qui se précipite trop vite devant ne va pas loin.
Qui essaie trop de briller ternit sa propre lumière.
Qui se définit soi-même ne peut savoir qui il/elle est vraiment.
Qui abuse de son pouvoir face à autrui ne peut l’utiliser pour soi.
Qui s’accroche à son travail ne créera rien qui va durer.
SI tu veux couler avec le Tao, ne fais que ton travail et laisse aller.
– Lao Tzu
Simple comme bonjour.
Bonjour lecteur/trice.
En ces temps de changements rapides, vites vites vites, un peu fous et plutôt déstabilisants pour quiconque cherche ses repères dans le monde extérieur, on n’a pas vraiment le choix de revenir à soi pour s’aligner (vertical) et s’enligner (horizontal).
Se tenir droit, solide sur ses deux pieds, prendre son temps, ne pas trop vouloir être vu par les autres, être à l’aise en soi sans trop savoir toujours qui ou ce que l’on est, faire pour soi et non pour autrui, travailler avec joie, et avec coeur et iiiiiiiioooooouuuuu, lâcher prise.
Tel est, grosso modo, selon ma compréhension, le message du Tao tel qu’énoncé ci-haut.
Car avec le temps qui passe, on réalise dans sa propre chair et avec le temps les enseignements tels qu’illustrés ci-bas.

Soit que notre propre naissance passe par notre mère et quelques aidant.e.s, que notre nom nous est donné par autrui, que notre revenu vient de l’extérieur, tout comme le respect, à moins qu’on apprenne à se respecter soi-même. Un must.
Comme notre premier bain le fut, notre dernier nous sera donné par un.e autre, qu’après notre mort, tous nos biens iront à d’autres et nos propres funérailles seront réalisées par nos proches, si on est chanceux d’avoir des proches, sinon par des inconnus.
En bref, ces quelques mots qui nous questionnent quant à la pertinence de porter de l’égo non-nécessaire – belle expression car une dose minimale est de rigueur pour survivre en ce monde.
Ce qui nous ramène à l’humilité, à l’amour et à la paix du moment, pendant que nous pouvons encore en profiter.
L’humilité constitue selon moi la grande leçon en cette existence, la plus grande leçon de la vie. Et c’est ce que j’apprécie avec le fait de vieillir, de maturer, de plisser un peu. Reconnaître que nous ne sommes pas tout-puissant.e.s, mais de simples mortels.
Oh, nous sommes probablement aussi de la poussière d’étoiles, une part des Dieux et des Déesses qu’on aime imaginer, mais avant tout, un.e être humain, tout simplement.
Et tout ce que l’on peut faire, c’est être, à chaque moment, la meilleure version de soi-même; heureux, appréciant ce qui nous est prêté pour le moment, reconnaissant que tout passe et tout passera, et que nous sommes tous et toutes unis par les liens de notre humanité partagée.
En toute simplicité, dans toute la complexité de cette vie moderne qui semble vouloir dépasser notre entendement.
Et au final, revenir aux petites choses de la vie.
Faire une chose à la fois, chaque chose dans la foi que ce qui est est, tout simplement.
Sans trop chercher à savoir d’o l’on vient, où l’on va, ni qui l’on est car peut-être ne sommes-nous rien d’autre que ce qui regarde passer la vie en soi et autour ? Une âme vagabonde dans un corps de chair. Pour le moment.
Simple petit lundi matin d’octobre ordinaire quoi.
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Le Cœur est la porte ouverte à l’Amour et à la Compassion.
L’Esprit est la porte ouverte à la Sagesse.
Le Cœur sans la Sagesse peut s’égarer dans l’émotion.
La Sagesse sans le Cœur peut devenir froide et abstraite.
Mais lorsque le Cœur et l’Esprit se rejoignent, quelque chose de profondément humain peut apparaître : une présence qui comprend et qui aime.
– Marcel Poulain
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Parfois, il faut sortir du monde pour mieux revenir à soi.
Va marcher.
Éloigne-toi un moment du bruit, du téléphone et de l’agitation.
Observe les arbres, le ciel, le vent.
Laisse la nature retrouver son rythme en toi.
Puis, le soir venu, lorsque tout devient silencieux, fais comme les anciens Stoïciens : examine ta journée.
Qu’ai-je bien fait aujourd’hui ?
Quelle faute ai-je commise ?
Quelle faiblesse ai-je combattue ?
En quoi suis-je meilleur qu’hier ?
Ne cherche pas à te condamner.
Cherche à te corriger.
Sénèque expliquait que celui qui prend chaque soir l’habitude de rendre compte de sa journée peut ensuite dormir plus paisiblement.
Il ne cache rien à lui-même : il reconnaît ses erreurs, se reprend et essaie de faire mieux le lendemain.
La journée est terminée.
Ne la laisse pas simplement disparaître.
Apprends quelque chose d’elle avant de t’endormir.
– les stoïques
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Une grande partie de ce que l’on appelle spiritualité repose sur un procédé simple rarement remis en question : déplacer l’immédiat, l’intériorité, l’humain vers un autre monde.
Dieu devient une autorité distante, hors de portée.
La vérité se trouve enfermée dans des textes ou transmise par des voix autorisées.
Le mal devient une force extérieure que l’on peut blâmer, craindre ou combattre sans examiner sa propre part de responsabilité.
Le paradis devient une récompense différée qui justifie le désengagement de la vie réelle.
Même notre valeur est externalisée, réduite à la simple conformité à un système qui nous maintient dans une performance constante plutôt que de nous confronter à nous-mêmes.
Le schéma est immuable.
Ce qui relève de l’expérience humaine est projeté vers l’extérieur, puis nous est renvoyé comme une obligation de soumission.
Ce système engendre la dépendance.
Il nous conditionne à nous méfier de nous-mêmes.
Il remplace l’autonomie par l’obéissance et appelle cela la maturité.
Il nous empêche de voir le seul endroit où notre vie se déroule réellement : ici et maintenant.
On vous apprend à chercher, à différer, à attendre, à vous mesurer à des normes que vous n’avez pas créées et que vous ne pouvez examiner de manière pertinente.
Et lorsque quelque chose cloche, on ne suppose pas que le système vous déforme.
On suppose que le problème vient de vous.
Efforcez-vous davantage.
Ayez plus de foi.
Une spiritualité ancrée en soi commence par le refus de toute cette structure.
Il ne s’agit pas de devenir égocentrique ou de rejeter tout ce qui est extérieur à soi.
Il s’agit de mettre fin au réflexe automatique de déléguer l’autorité. Il s’agit de reconnaître qu’aucun livre, aucun maître, aucune tradition ne peut voir à votre place. Ils peuvent vous informer, vous interpeller et vous enrichir, mais ils ne peuvent remplacer votre contact direct avec la réalité.
Cela signifie rompre avec l’habitude de laisser les autres penser pour vous.
Cela signifie déconstruire l’instinct d’ériger des personnalités en sources de vérité incontestables.
Cela signifie affronter les aspects de votre vie où vous avez été passif, docile ou fuyant, et assumer la responsabilité de vos actes.
Ce changement n’est pas confortable.
Lorsque vous cessez de tout externaliser, la distance disparaît.
Vous ne vous référez plus à des idées sur la vie.
Vous faites face à votre vie.
À vos schémas de pensée, vos contradictions, votre impact sur autrui.
Vous ne pouvez plus vous cacher derrière des systèmes de croyances ou des listes de critères moraux.
Vous devez examiner votre propre insatisfaction et votre complicité dans la souffrance qui vous entoure.
Vous devez réparer vos erreurs, non pas par obligation, mais parce que vous y voyez suffisamment clair pour savoir que cela compte.
Ce qui commence à émerger, c’est une conception différente de la vérité et des valeurs.
Non plus une confiance aveugle en vos impulsions, mais une confiance ancrée en votre capacité à vivre pleinement l’expérience.
La pensée critique cesse d’être une menace et devient un outil.
L’introspection cesse d’être facultative et devient essentielle.
L’intuition n’est plus ignorée ni idéalisée, mais intégrée et confrontée à la réalité.
Votre valeur n’est plus liée à la performance ou à l’approbation, mais s’enracine dans une acceptation plus profonde de ce que vous êtes, y compris les aspects qui ne rentrent pas facilement dans les cases.
Une vie construite de l’extérieur est plus facile à maintenir car elle est pré-structurée.
On vous attribue les rôles, les règles, les significations.
Il vous suffit de vous y conformer.
Une vie construite intérieurement n’offre pas un tel répit.
Elle exige de vous que vous puisiez votre propre orientation en vous, que vous construisiez votre cohérence plutôt que de l’emprunter.
C’est plus difficile, certes, mais c’est aussi la seule source de véritable stabilité.
La véritable stabilité réside dans la capacité à rester en contact avec la réalité sans la déformer, et non dans le confort de réponses toutes faites.
S’il y a une chose à récupérer ici, c’est ceci : l’autorité qu’on vous a appris à abandonner ne vous a jamais vraiment quitté.
Elle a été recouverte, détournée et systématiquement sapée.
Le travail à accomplir maintenant n’est pas d’acquérir quelque chose de nouveau, mais de reconquérir cette capacité dont on vous a appris à vous méfier.
Cela ne se fait pas isolément.
Cela se fait grâce à des personnes qui sont prêtes à cesser de faire semblant, à cesser de jouer un rôle et à commencer à prendre leur vie suffisamment au sérieux pour la vivre pleinement, de l’intérieur vers l’extérieur.
– Jim Palmer
