LES MOTS QUI PORTENT

Tout semble tellement lourd aujourd’hui, ai-je dit à un ange qui était déguisé en ciel.

C’est parce que tu n’es pas censé tout porter, répondit l’ange.

J’ai senti mon dos plier sous le poids de mes fardeaux.

OK mais que suis-je censé porter alors ? demandais-je à ces cieux si bavards.

Continue dit l’ange-ciel, ne fait que continuer. Et pour aujourd’hui, cela est suffisant.

– john roedel

Bien sûr, un ptit quelque chose is lost in translation avec le carry on. Pas les bagages, le fun du pun. Surtout si vous lisez l’anglais. But you get the point; point virgule, pas point final. Un point c’est jamais tout. C’est toujours le début d’autre chose.

Définitivement, j’aime les gens qui écrivent leur nom en minuscule. Pas que ça ne garantisse une quelconque humilité relative, mais ça indique une certaine simplicité, un ptit saut hors des conventions mondaines. Rien de capital ici. Que l’ordinaire de la petite vie sans fla fla, ni tambour et surtout pas de trumpettes.

john roedel se définit lui-même comme un poète, écrivain, humoriste, conteur et comme un terrible danseur. I can relate dear john. Pas John Deere. Je vous laisse fouiller dans les anales webatiques si vous êtes curieux/se à propos de john en toutes ptites lettres. Il est out there. In here quoi. Oui chers et chères.

J’aime les gens qui écrivent leur nom en minuscules petites lettres mais j’aime tout autant sinon encore plus les gens qui jouent aussi bien avec les mots que notre john en question. Jean dit. Et Simon says.

J’apprécient ceux et celles qui utilisent les 26 lettres de l’alphabète pour nous faire entrer dans une autre vie, dans la profondeur de notre propre être simplement par l’agencement de ces simples lettres à conjuguer.

Car les lettres ne sont pas que des outils, ils sont des blocs légo pour faire de l’esprit sans le mode d’emploi, des clés magiques pour ouvrir les portes de l’esprit et du coeur, pour nous ramener à nous-mêmes, comme pour nous amener à plus grand que soi. Ou devrais-je plutôt écrire: pour nous amener à nous-mêmes et nous ramener à plus grand que soi. Car amener et ramener ne veulent pas dire la même chose. Voyez ce qu’une seule petite lettre peut faire ? Et moi je fais du air writing. J’écris dans le vide, j’écris tout plein, mais dans le vide.

Imaginez alors ce que les mots peuvent nous faire dire, penser, sentir, réfléchir à, sur quoi ils peuvent nous permettent d’ouvrir. Les mots, mais surtout leur agencement. Pour ça que les mots et leurs jeux ne sont pas que drôles. Les mots enjoués peuvent détourner la signification de leur sens originel. Ils peuvent twister la réalité et nous amener – ou nous ramener, c’est selon – ailleurs. Dans un ailleurs meilleur. Un ailleurs qui pourrait devenir un ici éventuellement. Car le temps, vous savez hein ?

Les mots peuvent nous faire rêver, les mots peuvent nous permettre d’imaginer un présent plus humain, plus vrai, plus beau et plus doux. Espoir est un mot de cinq lettres mais aussi notre destin, notre destinée.

En fait, incarné.e.s comme nous le sommes tous et toutes, quoi que certain.e.s. le sont moins que d’autres, et d’autres pluches, le monde est mots, et le monde est également bien plus que mots, le monde est au-delà. Des mots comme d’autre chose. Le monde est aussi son, son silence, le silence entre les mots qui est souvent trop courts pour qu’on s’entende perler.

Le monde est mots, mais le monde est aussi couleurs, beauté, fréquences.

Le monde est mots dits, et surtout non dits. Car il s’en passe davantage entre les mots et entre les lignes que dans les mots mêmes. Comme dans les memes.

Les mots dits sont finis, gravés dans la pierre du vide, même si les paroles s’envolent et les écrits restent. Car les paroles ne s’envolent jamais tout à fait. Leurs souvenirs et leur mémoire font des petits, résonnent et continuent de réverbérer dans les têtes et les coeurs des malentendants et des liseux de bonnes aventures. Une fois écrits, les mots continuent de sonner, et de résonner. Ding dong !

Le langage est l’une de nos façons de communiquer. Pas la seule, mais l’une des principales. Sauf que ce même langage est probablement source de plus de mécommunication que d’entendement. Les mots ont plusieurs sens et sont interprétés différemment selon chacun.e. On peut aussi inveter des mots car le langage n’est pas fini. Infini il est.

Comme disait Bernard Werber:

Essayons quand même.

Pour voir comment je peux essayer de twister tant de mots et décliner tant de dignes lignes simplement pour trouver de nouvelles façons de dire que je vous aime, vous qui lisez ces quelques lignes. Vous dire que nous ne sommes pas seuls ici-bas – comme ici-haut disent les anges des nuages de petit john en minuscule – à vouloir le bien, le partage et la solidarité. À tenter adroitement, maladroitement ou carrément gauchement de semer l’amour en nous et autour.

Et vous dire que I care for the world et ses habitant.e.s, même en bilingue, dans toutees les langues et tous les coeurs, même si on ne sait pas toujours comment le dire, ni l’écrire. Le tirer de l’encrier jusqu’à vos yeux, jusqu’à nos Dieux. Sans le crier, en le chuchotant, tout doucement, en minuscule.

Voilà, c’est dit. C’est écrit. Et c’est décrit, tant bien que mal, autant bien que mal.

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Toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous.
La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder.
Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste.
Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné.

Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. 

– Christiane Singer via RJ

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