
Hier, plutôt rarement, j’ai eu l’impulsion d’écrire bien que ce soit dimanche. Habituellement, je fais une pause de bla bla chronique les fins de semaine, histoire de changer la routine et me reposer les doigts. Si vous n’avez pas lu et que ça vous intéresse, par ici la compagnie. https://atisupino.com/2026/06/07/ptit-mots-du-dimanche/
Dans cette chronique, je me demandais si la vie nous arrivait, si elle partait de nous, ou si elle ne faisait pas plutôt que nous passer à travers ?
Et ce matin, en cherchant un meme de départ pour ma chronique lundimatinale, je tombe sur celui-ci, ou plutôt, ce meme apparait devant mes yeux.
Coquine la vie. Souvent elle répond à nos questions sans même qu’on ne cherche activement de réponse. Comme des clins d’oeil qui nous sont faits. Des co-incidences. On lance des questions comme ça dans l’univers et les réponses nous arrivent – ou passent à travers nous – sans qu’on s’en attende.
Belle image inspirante qui veut que le monde soit un écran, et nous, le projecteur. On l’a probablement tous déjà lue, vue, imaginée ou pensée avant. Mais j’aime surtout la voir apparaître au lendemain d’une question lancée tout bonnement hier. Comme une réponse arrivée dans le vent.
On peut imaginer la vie comme un film ou une pièce de théâtre dans lequel on jouerait notre propre rôle. Sauf que nous, acteurs/trices, nous nous prenons trop au sérieux, du moins très au sérieux, et ne pouvons envisager que très difficilement changer de script en cours de tournage. On peut donner une interprétation légèrement différente à notre rôle, mais on reste habituellement dans le même cadre.
Avec l’Image du projecteur, en regardant le monde comme un écran, ça nous permet de prendre une saine distance et de nous ré-approprier la direction du scénario, même de pouvoir changer le scénario dans son ensemble. Car en effet, le monde semble être tel qu’il est, mais on peut l’interpréter de différentes façons. J’écris le monde en italique car en fait, ce que l’on nomme le monde n’existe pas vraiment.
Du moins, pas comme un tout, ni uniforme ni le même pour tous. Chacun voit le monde selon ses propres oeillères, chacun voit son propre petit monde. Et ill existe une multitude de mondes qui cohabitent pour n’en former qu’un seul, grand, vaste, complexe, différent et multiforme. Selon nos diverses sources d’observation de ce même grand monde, notre lecture de celui-ci prendra une couleur différente, une teinte qui sera propre aux sources desquelles on puise et s’abreuve. Et à l’interprétation qu’on peut en faire, ou qu’on veut en faire.
En un sens, le seul vrai monde, du moins le plus direct, est celui de nos sens, le petit monde devant nous qui contient en lui-même une multitude de mondes. On n’a qu’à penser à notre corps qui comporte lui-même une multitude de micro mondes en interaction constante. La nature environnante constitue également un amalgame de mondes qui cohabitent. Comme la trame sociale locale, nationale puis internationale.
Un certain film, un certain monde, se déroule devant nos yeux et une multitude d’autres passent par nos écrans, vecteurs de plus en plus éclatés d’une certaine réalité, spectre format, déformant et reformant de diverses parcelles du même grand monde. Un écran multi versions.
En se ré-appropriant la projection du grand film du monde, on peut mieux réaliser que nous tenons tous les rôles dans ce grand film, ou pièce de théâtre. Si nous ne pouvons changer la fin du film qui se conclut toujours inévitablement par the end, nous pouvons modifier la nature et le déroulement du scénario, l’interprétation des événements, la portée de notre regard. Et réaliser que rien n’est acquis, rien n’est jamais tel que cela nous semble à première vue si on remet en question notre regard initial. Zoom in et zoom out sans cesse et constant.
La vie, comme la vue, nous passe à travers. Nous sommes autant acteur/trice, que script et réalisateur/trice. Tout ce que l’on peut faire, c’est faire de notre mieux.
Et si on peut parvenir à saisir la très relative relativité du regard qu’on pose sur ce qui se passe devant nous, comme en nous, on réalise au final que la vie ne fait que passer, avec nous dedans, et elle en nous.
Coupez !
the end…
ou
scène inifinie, prise infinie… on continue de tourner…
