MAIS SI

Si vous ne dites qu’une prière aujourd’hui, faites en sorte que ce soit Merci.

Ce matin, j’ai un blanc. Ou un noir. Ou l’une des innombrables teintes de gris au-delà des 50 grivoises. Ou ça peut être un blanc de couleurs aussi car le blanc inclut toutes les couleurs. Tout est bienvenu.

Sincèrement, tout ce que la vie apporte est de plus en plus bienvenu. Même l’inattendu, même l’inespéré, même les craintes. Car souvent, lorsqu’elles se réalisent ces sacrées craintes, il devient plus facile de faire avec. Et on se rend compte qu’elles étaient plus menaçantes en tant que craintes qu’actuelles et réelles. Car la réalité est souvent plus simple que l’imaginé.

Je ne sais pas vraiment quoi écrire, ni dire, ce matin. Que merci qui me vient en tête, au coeur et aux doigts.

Rien d’autre que merci. Mais si.

Merci la vie. Beaucoup beaucoup. Beau cou, belle tête et beau coeur.

Merci pour tout, mais aussi pour rien. De rien. Pour le rien de grave, le rien de troublant. Pour le tout ordinaire.

Merci pour la simplicité, pour l’ordinarité du quotidien. Pour la facilité générale de notre vie.

Merci pour la fonctionnalité du corps, pour la santé du coeur, de l’esprit et de l’âme.

Merci pour le flow de la vie qui coule dedans et dehors. Depuis toujours, comme à tout jamais.

Merci pour la paix ambiante. Qui s’accompagne inévitablement et inexorablement de compassion et d’empathie pour tous ceux et celles qui n’ont pas cette chance de vivre notre paix à nous ici, pour ceux et celles qui subissent la guerre imposée par ces fous de guerre. Guère de paix pour tant d’entre nous. Alors vagues de paix vers vous.

Quand on commence à dire merci pour tout, à tout, on commence à aimer tout ce qui est, plutôt que seulement ce que l’on veut et désire. Tous ces mercis se mettent à déborder du cadre, du coeur et envahissent toute notre vie. Merci est un muscle qui se renforce avec la pratique.

Merci à nos ancêtres d’avoir contribué à créer une vie si facile pour nous tous désormais. Merci.

Merci aux cultivateurs/trices de nous nourrir, aux camionneurs/ses de transporter cette nourriture, aux marchands de nous l’offrir. Privilège. Énorme d’être nourri.e.s. ainsi chaque jour. Et empathie pour ceux et celles qui ont faim et soif.

Merci aux médecins, infirmières et préposé.e.s de prendre soin de ceux et celles qui souffrent et qui ont besoin de soin. Car un jour ça sera notre tour.

Merci.

Je dis merci en français mais je dis aussi mercy en anglais. Ce mot signifie miséricorde, qui est la compassion envers la misère d’autrui, mêlant pitié et pardon. Mais pas une pitié condescendante car

Merci pour le sens de l’humour, et de l’amour.

Pas une pitié piteuse, une pitié empathique, une empathie d’égal à égal, d’ego à ego. Une miséricorde qui incite à la bienveillance, à la charité et au pardon généreux, souvent définie comme le cœur ouvert à la détresse du prochain. Car nous sommes tous et toutes le/la prochain.e d’autrui.

D’ailleurs, le mot français et le mot anglais, malgré leur orthographe différente, sont issus tous deux du mot latin mercedem, qui voulait dire jadis salaire, récompense, solde. Réglons nos comptes en souffrance avec la vie et disons merci. La vraie paie. Donner ce que l’on voudrait recevoir.

D’ailleurs, nous sommes tous et toutes à la merci de la vie. Aussi bien le reconnaître, l’accepter et s’y conformer. Et couler avec ce qu’elle nous offre, avec ce qu’elle nous donne. Tout. Le beau comme le moins.

Une vie sans merci devient un combat, une lutte sans merci. Alors merci merci merci.

Et finalement, merci à mes mentors, maîtres, enseignants.

Merci la vie. Ce matin, comme à tous les soirs.

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