LÀ-HAUT MY GOD, OU LE MOT EN D

AhOh my God, quel mot déclencheur que Dieu. 4 lettres qui déclenchent des guerres. Et en anglais que 3 en plus. Un mot détonateur, un mot réactif.

Dès qu’on le prononce, certain(e)s s’enflamment, d’autres fondent, d’autres encore s’élèvent, tandis que certain(e)s se durcissent, rouspètent et belliquent. Certain(e)s croient fort fort en lui, elle, ielle, en ÇA. D’autres insistent pour dire qu’il, elle, ielle ou que ÇA n’existe pas. L’athéisme est souvent la plus dure des religions, comme dans drogue dure. Dur et dure le mot en D. Que chacun(e) s’imagine en fonction de son bout de petite histoire.

Personnellement, je n’ai rien contre le mot en D. Surtout pas envie de m’enfarger dans les fleurs du Divin tapi en la matière.

De toute façon, tant qu’on est pris avec des mots pour tenter de formuler l’inconnu, l’indéfinissable, le mystère et la vie en général avec tout ce qu’elle implique et inclut, on met justement la grande comme la petite Vie avec un grand V en boîte de conserve. Et justement, souvent les cons s’en servent pour instrumentaliser à l’extrême leurs propres visées tout sauf sacrées.

Tant que nous sommes limité(e)s à alphabêtiser le Silence et son grand Mystère à l’aide 26 consonnes et voyelles, nous nous heurtons à une sacrée limite linguistique. Même si on tente d’inventer de nouveaux mots. Même si on essaie de surpréciser la vie. Alors que la vie est tellement plus grande que quelques lettres gossées à la tête, qu’elles soient de noblesse ou d’un quelconque alphabète.

Personnellement, je considère que le mot en D n’est qu’un code, un nom générique, une formule mot de passe pour indiquer tout ce qui vit, la Vie, l’Existence, le Vivant, le Grand Esprit, Wakan Tonka et Tonkashila, le Plus Grand que soi, en dedans comme en dehors. Et tout partout. Oh bien sûr, pas un mot ni un terme neutre. Chargé. Très.

Personnellement, qu’on utilise les ptits noms Dieu, Allah, Jehovah, Krishna, Shiva, Grand Esprit, Grand Mystère ou toutes autres dénominations utilisées de par le monde et de tous temps, l’agencement des différentes lettres ne sert qu’à pointer vers la vie dans toutes ses manifestations et ses multiples déclinaisons. Peu importe ce que l’on en pense et pensera.

Certains se battent pour imposer leur propre définition, persuadés – pas de e – qu’ils ont Dieu de leur bord, qu’ils (oui surtout des ils) parlent en son nom, qu’ils travaillent pour Lui, et plus rarement pour ELLE. Trop rarement à mon avis, car Déesse passerait mieux. Et serait plus probable. Mission divine que de parler au nom de D. Mais surtout limite très humaine à mon humble avis. Très très humaine défimission.

Ci-bas, avec son ton et son attitude baveuse et belliqueuse, mais si lucide, uncle Georges nous présente sa propre figure d’adoration. Et sous des allures funny funny, il pose de très bonnes questions. À regarder jusqu’au bout. Suivi plus bas d’une superbe ode au Soleil de Omraam Mikhaël Aïvanhov (via Bertrand Huchot, merci l’ami). Dieu Soleil.

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C’est pourquoi je vous dirai que pour moi, le plus grand pédagogue c’est le soleil. Oui, et c’est lui mon Maître. Il m’a dit « crois-moi, tous ces soi-disants pédagogues ne connaissent rien de la véritable pédagogie. Ils ne savent pas que pour chauffer les autres, il faut être chaud, que pour éclairer les autres, il faut être lumineux, que pour vivifier les autres, il faut être vivant. Les éducateurs veulent imposer aux jeunes générations des qualités morales qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes et dont ils ne peuvent leur donner l’exemple.

Comment veux-tu que les jeunes ne se révoltent pas ? C’est normal qu’ils n’obéissent plus. Donnez l’exemple, toute la puissance magique de la pédagogie est là. Si les pédagogues pensaient à introduire consciemment des éléments spirituels dans le coeur et dans l’âme des enfants, comme ces éléments continuent ensuite à agir, toute la vie ces enfants se souviendraient. Dans quelle université révèle t’on aux futurs pédagogues la puissance de l’Amour, de la Patience et de la Foi…que c’est l’Amour, la Patience et la Foi qui transforme, qui éduque, qui améliore ?

C’est au-dedans, c’est dans le coeur, dans l’âme, dans l’esprit qu’il faut posséder un élément pédagogique, et cet élément qui vibre, qui émane, influence les autres. D’ailleurs, ce n’est pas en étalant des connaissances qu’on peut agir sur les humains. Les connaissances sont, bien sûr, des moyens puissants ; on peut faire comprendre beaucoup de choses aux gens avec de bons arguments mais cela ne suffit pas. Seul l’amour, la conviction, la foi sont des puissances qui stimulent, qui inspirent. Ce sont des forces vivantes. Apprenez donc à rechercher une nourriture spirituelle vivante, fraîche et absorbez-la comme vous absorbez les rayons du soleil le matin. Vous avez besoin d’une nourriture pure qui vient de la source, qui est comme la vie elle-même ; une nourriture simple, puissante, qui éclaire, qui abreuve, qui ressuscite. »

– Omraam Mikhaël Aïvanhov via Bertrand Huchot

En ce printemps naissant, suivons la lumière. Peu importe son nom.

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Aucun d’entre nous – personne parmi nous – ne vit sans un mythe ou deux et un masque ou deux. Il est impossible d’affronter le monde et la vie que nous y faisons par nous-mêmes. C’est le don artistique que nous apportons tous à nos vies et aux autres tous les jours : La création du masque que nous présentons et partageons et dont nous dépendons.

C’est pourquoi nous avons la religion et l’art et tout ce à quoi nous pouvons réussir, parce que réussir donne une identité, même temporaire. Et ainsi nous passons à autre chose Un autre jour, un autre masque, une autre identité.

Mon masque est fait de mots. Je peux vivre et fonctionner dans et autour des mots. J’aime leur placement ; j’aime les lancer en l’air ; j’aime voir où ils atterrissent ; j’aime les présenter – comme des cadeaux –aux personnages que j’ai appris à aimer. Le mien est un masque de mots.

– Tennessee Williams/Interview avec James Grissom via Anita Bensabat

3 réflexions au sujet de « LÀ-HAUT MY GOD, OU LE MOT EN D »

  1. José Renato Almeida de Sousa

    Ce soleil qui est rapporté dans le texte, existe en nous, c’est la chaleur humaine avec le prochain. Apporter du réconfort, une épaule amicale et beaucoup de bons rires.
    La chaleur de l’amour humain pur.

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