FINALEMENT S’OBSERVER OBSERVER LE MONDE

Je viens de terminer ce bouquin. Flabbergasted suis-je.

Après avoir lu Sapiens l’an dernier, que j’avais dévoré, j’ai sauté son Homo Deus pour je ne sais trop quelle raison mais je m’y met dès aujourd’hui. Précieuse trilogie de cadeaux de Noël de ma voisine d’amour. Merci ma beloved.

Yuval – je me permets de l’appeler par son petit nom car il sonne si simple et ordinaire malgré sa grande érudition – déconstruit le passé – et nos multiples idées préconçues sur soi et le monde – pour tenter de pressentir ce qui nous pend au bout de l’algorithme et ainsi nous permettre de mieux nous situer entre ce passé nostalgique et quelque peu barbarique et l’avenir pour le moins questionnant, sinon inquiétant.

Et vous savez quelle est la 21ème de ses 21 leçons ?

Tout ce chemin autour du monde et du temps pour en arriver là. Pour en revenir là, juste ici. Car au final, on en revient toujours à ici. Maintenant.

À part écrire des bestsellers, le gars fait entre 1 et 2 mois de Vipassana par année, dont quelques heures à chaque jour. Si j’ai bien compris ses propos, il affirme que ce sont ces périodes d’auto-observation – de lui-même et son mental – qui lui permettent de plonger autant dans la recherche et l’analyse du vaste monde et d’y faire des liens. Pour prendre une distance du contenu de sa boîte noire. Mes mots pas les siens, mais ma compréhension de ce qu’il écrit.

Même s’il a un parcours complètement différent de celui d’Osho, géographiquement et chronologiquement parlant, j’ai senti la même sagesse dans ses mots, surtout entre ceux-ci. Car il faut pouvoir lire entre ses lignes pour capter la signification profonde de ce que les grands génies veulent transmettre. On ne peut saisir les mots seulement pour ce qu’ils convient. On doit les prendre comme un miroir dans lequel on peut se regarder.

En cours de lecture, je me suis senti en résonance avec son cheminement autant intellectuel que d’investigation du soi (ce soi qui est l’une des plus grandes idées préconçues que l’on entretient à mon avis). J’écris ceci avec une immense dose d’humilité car je ne penserais jamais me comparer au parcours et à la portée nettement plus grande de ses brillants écrits que celle de mes petites chroniques du quotidien. Mais comme j’aime écrire, la portée de mes chroniques ne m’intéresse pas tant. Mon yoga matinal qui va de pair avec le silence et mon premier café du matin. Mais je me reconnais beaucoup dans ses mots.

En effet, en lisant les mots de Yuval, et la grande liberté et ouverture qui les soutiennent et les tissent, je me suis reconnu. Car pour moi, le but ultime de la vie réside dans la méditation. Soit de prendre un temps, quotidiennement et parfois plus longtemps, pour arrêter. Un temps régulier pour s’arrêter de tourner pendant que le monde continue à spinner dans le vide de l’univers et s’observer. Et respirer.

Observer ce qui se passe en soi, dans notre propre corps, dans notre mental, dans les sensations et multiples mouvements subtils qui nous parcourent sans cesse. Sans rien faire de particulier pour intervenir ni interférer. S’observer observer le micro monde qui passe en soi, qui n’est au fond que le même macro monde qui passe partout et par tous et par toutes par toutatis.

Après 40 ans de parcours spirituo-thérapeutique de toutes sortes, des études doctorales qui m’ont plus que tout appris tout ce qu’il est possible d’ignorer en ce monde, de voyages de par le monde, d’expériences enthéogènes et psychédéliques, de recherche de highs et d’apprentissage d’acceptation des downs qui les suivent, tout ce qu’il me semble rester à faire en ce mundo do ilusões consiste en premier lieu à m’observer observer ce monde qui vit en moi et autour.

Car comprendre le monde est devenu trop complexe selon Yuval. Notre vieux cerveau reptilien régi par des émotions somme toute assez primaires et les traditions ancestrales serait incapable de saisir la complexité de ce qui se passe, et surtout tout ce qui nous dépasse.

Alors que faire d’autre que s’assoir, régulièrement, à observer sa respiration, et l’infini monde des idées et des sensations qui nous parcourent. Pour retrouver une partie de la sagesse infinie qui fait tourner ce monde. Et aérer notre mental trop bombardé de concepts et de stimuli à l’infini.

Selon ses dires, les algorithmes ont déjà pris le contrôle et nous connaissent déjà mieux que nous-même, et ça me semble assez fondé. Qu’on aime ou pas.

Alors, pour équilibrer un tant soit peu cette prise d’otage numérique de notre petite machine à penser par cette méga usine à formatter du prêt-à-penser passant par nos dieux écrans, il me semble incontournable de s’en couper minimalement à chaque jour, pour se rebrancher sur quelque chose d’aussi simple que notre respiration et observer ce qui se passe en ce petit corps.

Pour moi, c’est ce à quoi sert La Tribu, notre Tribu, notre petit groupe de méditation (en ligne surtout mais en forêt aussi). Un groupe de personnes prêtes à prendre ce temps pour soi, ensemble, jusqu’à 5 fois par semaine. Car parfois, même si nous sommes bien intentionné(e)s à prendre du temps pour soi à chaque jour, le buzz des divers médias nous extasie – nous sort de nous – pour nous accrocher dans ses incessants et divertissants sillons. (https://lanouvelletribu.ca/)

Et parfois, il est essentiel de se les fermer, la bouche comme les yeux. Et rien comme de le faire avec nos ami(e)s du silence. Au-delà de la communication, nous découvrons la communion.

Et si le mot Dieu en répulse certain(e)s, la connexion de notre humanité avec le reste de la divine création demeure toujours – et sinon plus que jamais – une quête toujours et plus que jamais actuelle. Paroles de Christian 😉

Alors, chers yeux qui lisez ces quelques mots ce matin ou ce soir, et âmes et coeurs connexes, au plaisir de cheminer ensemble sur cette route mysté/rieuse et inconnue, pleine de surprises et de questionnements, excitants comme inquiétants, au-delà des simples mots dits. Avec humilité, curiosité et politesse. Car nous sommes si petit(e)s et fragiles.

Et soyons contentes et contents, pleines et pleins du contenu de la vie.

___
« Le jour où je vais disparaître, j’aurai été poli avec la vie car je l’aurai bien aimée et beaucoup respectée.
Je n’ai jamais considéré comme chose négligeable l’odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis.
Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà.
Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés.
Le passé c’est bien, mais l’exaltation du présent, c’est une façon de se tenir, un devoir.

Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l’on voudrait avoir, on ne s’émerveille plus de ce que l’on a.
On se plaint de ce que l’on voudrait avoir.
Drôle de mentalité !
Se contenter, ce n’est pas péjoratif.
Revenir au bonheur de ce que l’on a, c’est un savoir vivre. »

– Olivier de Kersauson

8 réflexions au sujet de « FINALEMENT S’OBSERVER OBSERVER LE MONDE »

  1. Ravi

    moi aussi je suis dans la lecture de Yuval Noah Harari… j’ai lu Sapiens et je suis dans la lecture d’Homo deus…. wow pour Sapiens mais pour Homo, j’attend de l’avoir terminé avant d’en tenir une conclusion….. j’en suis à la 3 e partie….. des bouts pas mal difficile à suivre pour moi, mais heureux de le lire

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  2. Claude

    Tout un cheminement ATI.
    J’ai de plus en plus de difficultés à lire de long texte mais j’apprécie le vibe.
    Amour et Paix.

    PS je n’étais pas au courant pour la tribu mais entièrement d’accord avec ton message d’adieu du mois de juin. It all comes down to this 😂

    Be still and let everything fall away !!

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