UN DROIT LA LIBERTÉ ?

Vraiment ?

Un droit la liberté ? En particulier celle de pouvoir dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre ? Mais vont-ils seulement nous entendre ? Et écouter ? Quant à comprendre, on repassera. On dit que l’important est que le message passe.

De toute façon, personnellement je considère plutôt la liberté comme un privilège qu’on doit apprécier qu’un droit qui nous est dû. Car les droits vous savez.

Ils sont plusieurs de nos jours à vouloir dire aux autres ce qu’ils et elles ne veulent pas entendre. Sur les réseaux publics impudiques en particulier, car toujours plus facile de l’exprimer out in the open que de le dire en pleine face. ÇA ça prend du courage. Sur les réseaux, à tout le monde et à personne en particulier, facile de japper et de se prendre pour un justicier redresseur de torts.

J’ai glané cette citation d’Orwell – douteuse à mon humble avis – sur le mur FB de François Thiboutôt qui en poste souvent de biens bonnes. Diane Demers, une de ses amies que je ne connais pas plus que François, a quant à elle écrit:

J’aurais plutôt écrit l’inverse: de ne pas dire aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre. Car quel est l’intérêt de dire des trucs à des personnes qui n’ont pas envie de les écouter ?

Ça j’achète davantage. Car avec le temps, on sait de toute façon de moins en moins ce qui est juste et bon pour les autres et encore moins envie de leur dire. Car les autres ont toujours le choix d’entendre ce qu’ils et elles veulent entendre. Et s’ils/elles ne sont par prêts à l’entendre, à quoi bon ?

Et de toute façon, c’est toujours à soi qu’on parle en premier lieu.

Ci-bas, une autre citation, de Omraam Mikhaël Aïvanhov celle-ci, via le mur FB de ce François que je ne connais pas mais que je sens j’aimerais bien.

Ne croyez pas que ce sont nécessairement les gens de bien qui soulignent la malhonnêteté, l’injustice et la méchanceté chez les autres.

Au contraire, ce sont souvent ceux qui ont ces défauts qui les voient partout : ils sont toujours critiques et soupçonneux, parce qu’ils Jugent le monde entier à travers eux.

Et inversement, ceux qui possèdent de grandes qualités morales ne remarquent pas tellement les défauts de leur entourage, car ils voient les autres à travers les qualités qu’ils possèdent, eux.

Chaque Être Humain ne peut voir qu’à travers ses propres yeux, et c’est lui (ou elle) qui façonne ses yeux par ses pensées et ses sentiments.

Si vous rencontrez des gens qui ne vous parlent que des défauts des autres, sachez que, d’une façon ou d’une autre, c’est d’abord sur eux-mêmes qu’ils vous font des révélations.

S’ils possédaient la noblesse, la bonté, l’honnêteté et surtout l’amour, ils trouveraient aussi chez les autres toutes ces bonnes qualités.

Et pour terminer, ci-bas, un magnifique texte de Marie Laberge tiré de La Presse Plus qui vient bonifier les paroles précédentes.

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Aimer haïr

Quand j’étais petite, une de mes sœurs pleurait beaucoup. Un jour où je l’ai trouvée en larmes, j’ai essayé de savoir ce qui lui était arrivé. Entre deux sanglots déchirants, elle m’a dit : « Je pleure parce que j’aime ça ! »

J’étais très embêtée parce que ça signifiait que je n’arriverais ni à la consoler ni même à améliorer un peu son sort. Elle se réfugiait dans les larmes comme d’autres le font dans le chocolat.

Pourquoi j’évoque ce souvenir ?

Depuis quelque temps, j’ai l’impression désagréable que beaucoup de gens s’autorisent l’expression de sentiments autrefois tabous dans la sphère publique. Et même privée si on considère que « tu devrais te tuer » est un conseil qu’on n’a pas à entendre que ce soit publiquement ou privément.

Je parle de la rage qui explose, de la haine qui la sous-tend. Je parle de toutes ces lignes anonymes qui hurlent des sentiments qui vont de l’agacement féroce à la brutale intolérance en passant par l’envie de tuer l’opinion de l’autre quand ce n’est pas d’éliminer carrément son auteur.

En quoi, pourquoi les évènements ou les comportements de nos semblables sont-ils devenus soudain si insupportables ? Si agressants qu’ils stimulent des réactions aussi absolues ?

Oui, je sais, la pandémie… Ces deux ans d’une expérience difficile pour la plupart des gens, ce moment arrachant pour ceux qui y ont perdu leur santé ou des êtres chers, ces deux ans seraient en partie responsables des excès de bile et de violence. Je trouve qu’elle a bon dos, la COVID-19. Alors qu’on a appris à se protéger et à protéger l’autre, à le considérer dans son éventuelle détresse, sa solitude, il s’en est trouvé pour regarder l’autre comme un empêchement, une forme de coercition et même une condamnation. Le refus de l’autre a alors commencé à régner. Pour certains, c’est devenu plus venimeux que le virus. Mais à quoi ça sert de laisser jaillir la haine, le rejet, à la plus petite occasion – je sais, elles ne manquent pas ? Si au moins ça soulageait ! Mais ça ne fait que s’exalter, s’amplifier jusqu’à prendre des proportions démesurées. La violence se nourrit d’elle-même davantage que du sujet qui la suscite, la violence est une cannibale qui nous dévore avant de mordre l’autre. La haine nous enlaidit avant de salir son destinataire. Et on en vient à aimer la sensation de faux pouvoir que procure l’expression de cette rage.

S’indigner, se révolter, essayer de rendre le monde meilleur ou légèrement plus humain ne veut pas dire assommer et haïr voluptueusement ceux que l’on considère comme responsables de ces maux. Ce qui provoque les plus valeureux combats, les plus nobles batailles, ce n’est pas la haine, c’est la foi : croire en quelque chose ou quelqu’un et tenter de convaincre par des arguments et non pas en s’acharnant à coups de jugements épicés de fiel.

La rage ou même la haine qui mijote en nous, on a intérêt à l’éliminer, à la calmer. Parce que se mettre à invectiver, à gueuler son mépris, ce n’est que l’expression d’une impuissance.

Être soumis à sa rage intérieure, c’est l’inverse d’être libre. Bien sûr que certains jours, je bous de colère… mais lui céder me semblerait tellement stérile. Aimer pleurer ne tarissait pas les larmes de ma sœur et ne la consolait de rien.

Aimer haïr dessèche et isole. Les gens qui aiment haïr me font peur parce que ça constitue le contraire de combattre, l’inverse de s’opposer et de lutter. Accabler d’injures, abreuver « l’adversaire » de mots orduriers, de doigts d’honneur et de vœux de destruction, ça ne permet qu’une chose, la dissension cacophonique. Ça éloigne toute forme de pensée ou même d’argumentation sensée.

C’est l’homme de théâtre Bertold Brecht qui a dit – je cite de mémoire : « Nous le savons pourtant, même la haine de l’intolérance mène à l’intolérance. »

Évidemment, il avait raison.

Haïr, ça a l’air dynamique, comme ça, sur le coup, mais c’est du poison qu’on se verse et qu’on boit en espérant tuer l’autre.

Ma petite sœur devenue grande ne pleure plus, sauf si un vrai malheur survient. Son rire me ravit. Et elle rit souvent.

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