LIBERTÉS ÉCLATÉES !

Si votre liberté repose sur le déni de la liberté d’autrui, alors votre liberté n’était du tout liberté, ce n’était qu’un privilège.
– Chef Derek Nepinak de la première nation Pine Creek

Le thème de la liberté est sur tous les écrans ces temps-ci, elle déborde de nos claviers et se déplace sur les ponts et dans les rues. On parle de liberté mais on devrait plutôt parler des libertés. Car si le mot liberté est clamé, les multiples libertés se font toujours concurrence.

Comme le veut la maxime (non pas Bernier, quoi qu’il pige à pleines mains dans ce grand plat de bonbons 😉 la liberté des un(e)s se termine où commence celle des autres, ou, au pluriel, ce qui serait plus juste, les libertés des un(e)s se terminent où commencent celles des autres.

En ce moment, sur la scène publique, différentes libertés sont en compétition les unes avec les autres, ou plutôt les unes contre les autres. En observant les scènes – car comme les libertés, scènes ne peuvent qu’être plurielles – on voit que diverses conceptions du concept de liberté s’affrontent, s’opposent et semblent avoir de la difficulté à cohabiter.

Pour certain(e)s, la manifestation d’Ottawa représente un historique truck in d’espoir, pour d’autres, c’est un cauchemar au sein duquel ils et elles vivent depuis quelques semaines. Même scène, différentes perceptions. Certains affirment que c’est pour nous tous qu’ils manifestent, d’autres considèrent que c’est une mutinerie.

Ayant quelques ami(e)s et plusieurs connaissances qui sont allés passer plus ou moins de temps à Ottawa, j’ai entendu de nombreux témoignages rapportant que tout se déroulait dans la paix et dans la joie dans le cadre de ce rassemblement. Je ne peux que les croire n’y étant pas allé moi-même, les foules me faisant peur. Par contre, pas certain que les gens du centre-ville d’Ottawa partagent le point de vue enthousiaste des manifestant(e)s, mais ça c’est une autre histoire.

Le thème de la liberté, qui suscite ébats de mots, débats d’idées et combats de juridictions, nous prend tout au coeur, aux valeurs et aux tripes. Nous voulons tous et toutes être libres.

Et en même temps, comme l’impression que tant que nous sommes incarné(e)s, la vie se rit bien de ce simili contrôle qu’on pense avoir sur nos décisions personnelles. Car notre corps ne nous appartient pas, il ne nous est que prêté à plus ou moins longue échéance. Bail à plus ou moins long terme, sans possibilité de rachat. On devra le rendre éventuellement, le rendre à la terre, ou au feu et à l’air.

Je comprends tout à fait les gens qui sentent qu’on leur retire une certaine liberté en exigeant une vaccination forcée, ou du moins en la rendant fortement suggérée, sinon quasi inévitable. L’idée d’une quelconque obligation nous heurte nous citoyens d’une société de droit. Dès qu’on nous en retire quelques-uns, on est prompt à vouloir les ravoir.

Mais si on regardait avec plus d’acuité, et plus globalement, on réaliserait que la grande majorité des peuples et individus du monde entier n’ont même pas une infime partie des privilèges dont nous jouissons. Privilèges que nous nommons droits et qui selon George Carlin, sont une illusion.

Car on a beau se dresser devant le parlement et le gouvernement – déjà en soi un droit non négligeable et primordial à protéger – pas certain que ce soit cette instance qui tire vraiment les ficelles depuis une quarantaine d’années, les corporations semblant leur avoir damer le pion, et transformer le pouvoir politique en pion justement dans ce grand échiquier mondial et transnational.

La liberté donc. Toute relative qu’elle soit, on la veut, la désire et nous sommes prêts à nous battre pour, à la revendiquer. Certains plus que d’autres, certains plus lourdement que d’autres, et plus bruyamment. Et tout cela fait le monde, fait partie du monde.

Pris par l’autre bout du dictionnaire, on pourrait définir la liberté comme la moins grande entrave à nos droits et privilèges. Car nous sommes des privilégié(e)s en ce cette société de droits. De plus en plus à droite.

Toutes ces réclamations de libertés de la part de nous, chers blancs becs, sur un continent emprunté à des peuples qui y vivaient déjà, libres et en paix avec la nature avant notre arrivée colonisatrice. Quand même drôle la vie.

Vraiment pas facile de faire cohabiter nos libertés.

Hey, ceci ne sont que quelques pensées qui me roulent en tête, mais ne les achetez pas, elles sont gratuites de toute façon.

P.S. Je ne suis vraiment pas l’ennemi de votre liberté, singulière ni plurielles, je vous en souhaite et vous la laisse tranquille.

Car de toute façon

et pour une autre perspective:
https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2022-02-18/le-canada-du-double-standard.php?fbclid=IwAR2nVblPfkCMpSqYmOfWsb5srVRYH1zP-Ql_Q1rDg5SAreUWAik4OqROuBI

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