JUSTE COLÈRE

Qui n’est pas en colère alors qu’il existe tant de causes justifiant la colère est immoral. Pourquoi ? Parce que la colère cherche le bien et la justice. Et si vous pouvez vivre parmi l’injustice sans colère, vous êtes autant immoral qu’injuste.
– Thomas d’Aquin

Sur notre terre, en ce moment même, on bombarde des innocents à tour de bras. On laisse des enfants mourir de faim. On refuse l’asile à des migrants. On éjecte des sans-abris des espaces publics eux qui n’ont pourtant nulle part d’autre où aller.

Mais qui est ce on ?

Moi et vous, eux et elles, nous tous et toutes. On inclut la personne qui écrit, celle qui lit, celle qui parle, celle qui voit et toutes celles qui vivent. Je suis ce on, comme vous l’êtes aussi. Nous sommes tous et toutes ce On. Un On pas mal off parfois.

Pendant ce temps-là, nous, ici, d’ici, on observe ce branle-bas de multiples combats à-travers nos écrans très cathodiques et on s’inquiète des taux d’intérêt et de l’inflation à partir de nos tours de bébelles. Bébelles qu’on empile dans des dépotoirs sans cesse croissants et des mers de plus en plus plastifiées.

Drôle de monde, étrange réalité out there. qui finit par s’infiltrer in here. Car entre le dedans et le dehors, qu’un mince couche de peau, qu’un fine illusion de séparation.

Et la pensée positive et les états altérés de conscience ne peuvent tout gommer.

Mais jusqu’où peut aller notre inhumanité collective ?

Jusqu’où peut s’étendre notre auto-destruction inconsciente ?

Le monde est tellement fou qu’on voudrait fermer tous nos écrans comme nos yeux et nos oreilles et nos autres sens devant l’horreur répété.

À la vue et au su de toute cette folie meurtrière et inhumaine qui se déroule devant nous qu’on ne perçoit qu’à infime dose, on se promène allègrement entre colère, outrage, dégoût et impuissance, sans pouvoir faire quoi que ce soit pour l’atténuer.

On reçoit ces lots de mauvaises nouvelles, qu’on dirait de pires en pires, et pendant ce temps, on doit simplement continuer à vivre nos vinaigrettes ici, en prenant note de ce qui se passe, en observant.

Et en tentant de faire sens, de rationaliser, d’intellectualiser. Tout en continuant à mener notre petite existence privilégiée.

Car de toute façon, quoi faire d’autre ?

Donner à la Croix-Rouge, ou à quelques oeuvres humanitaires.

Aider des plus démuni(e)s que nous ici autour de soi.

Tenter de comprendre la situation internationale à la source des conflits.

S’informer sur les multiples conflits et autres situations dont les médias parlent peu, moins, ou pas du tout. Car au coeur de ces conflits autres, souffrent aussi d’autres frères et soeurs humains.

Prier, et/ou continuer de le faire malgré que so far not so good, et pas certain que les gens de bonne volonté n’aient été entendus par les dirigeants du département des causes justes et bonnes.

Espérer, garder la foi et continuer de voir la beauté ici en soi et autour de soi.

Se brancher sur la nature.

Être heureux/se pour autrui et apprécier tout, et souhaiter le mieux et le meilleur à tout le monde, comme à soi-même.

Et plise ne pas nier cette colère sourde qui gronde en nous devant l’inhumanité et l’horreur collective car elle émane de notre coeur commun, de notre humanité partagée. Cette colère constitue le lien qui nous unit encore à nos frères et nos soeurs du monde entier. Cette colère est notre profond sens de justice au coeur de notre coeur. Cette colère est notre drive de vie. C’est elle qui nous fera changer le monde pour le meilleur. Du moins, le tenter.

Un peu à l’image du Bouddha qui aurait dit qu’il ne pourrait être en paix totalement tant que le dernier des humains ne le soit aussi, et qu’il attendrait de franchir la porte du paradis tant que le dernier n’y serait pas passer. Or something like that.

RESPECT, INTÉGRITÉ ET JUSTESSE

Le respect a été inventé pour meubler l’espace vide où devrait se trouver l’amour. – Leon Tolstoy

L’amour est un mot vague, trop vague et trop vaste en même temps il me semble. Il veut tout dire, mais, aussi, le mot amour ne dit rien. On aime les gens, et on aime la crème glacée.

Le respect me semble constituer un terme plus précis, plus juste.

On dit du respect qu’il est un sentiment qui porte à accorder à autrui de la considération en raison de la valeur qu’on lui reconnaît.

Et pour reconnaître la valeur d’autrui, on doit d’abord reconnaître la sienne non ? Ni supérieure, ni inférieure.

On dit aussi que le fait de respecter autrui implique de se soucier de l’impact de nos actes sur autrui, d’être inclusif et d’accepter les autres pour ce qu’ils sont, même lorsqu’ils sont différents.

Et on ne peut respecter autrui que dans la mesure où l’on se respecte soi-même. Et agir en fonction des conséquences de nos actes.

Et on dit encore que le respect commence par la confiance, qu’il est lié à l’empathie, la compassion, l’intégrité et l’honnêteté.

Valeurs fondamentales non ?

Personnellement, j’associe le respect à l’intégrité. Je respecte les gens intègres. On peut leur faire confiance. Sans avoir besoin de preuves, on reconnait les gens intègres, on les sent.

En fait, si je désire acquérir une seule qualité dans la vie, ce serait cette définition de l’intégrité:

Je tends à pouvoir vivre ma vie en totale intégrité, comme si personne ne me regardait. Que moi-même. Agir en fonction de mes propres valeurs. Ne faire que ce qui est juste pour moi, ce qui me semble juste, sans me soucier des jugements d’autrui. Ne faire que ce qui résonne juste.

Pas dans le sens de justice, dans le sens de justesse.

Mener une vie juste, en accord avec ce qui me semble doit être fait et dit. Juste comme une note, la bonne note, comme dans une harmonie. Ou comme dans la façon dont on récupère d’une fausse note. Car l’intégrité n’est pas la perfection, c’est une humanité assumée.

Être intègre veut dire pour moi faire ce qui est juste, et automatiquement le juste sera bon.

Être intègre c’est reconnaître la valeur réelle de chaque personne, traiter chacun chacune comme on aimerait être traité soi-même. Respecter autrui comme je m’attends à être respecté.

Être intègre, c’est se tenir debout pour ses valeurs, droit, noble, digne.

Et humble.

Faire ce que doit, pas selon les attentes des autres, selon ce qui nous semble juste.

Si je me respecte, je respecterai automatiquement autrui. Je nous dois cela.

Et si je suis intègre, je me respecterai comme je respecte quiconque je reconnais comme tel.

Donc plutôt que de parler d’amour, je préfère parler de respect, d’intégrité et de justesse.

Cela me semble juste et bon.

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Le miracle est que le jour où tu n’as besoin de l’attention de personne,
les gens commencent à ressentir ton charisme, parce que le charisme est le rayonnement de votre individualité.
Ils commencent à sentir que tu es quelqu’un de spécial, d’unique… bien qu’ils ne puissent pas identifier où se situe ton caractère unique, ce qui attire comme un aimant.
Les gens qui se sont découverts ont trouvé des milliers de personnes attirées par eux,
mais ils ne le demandent pas.

– Osho

ÉCRIRE POUR DIRE LE RIEN DU TOUT

La vie n’est que portes. The Doors. Indeed

Certaines s’ouvrent toutes seules, d’autres ne s’ouvrent pas.

Certaines auxquelles on cogne ne veulent pas s’ouvrir, d’autres auxquelles on cogne qui n’existent peut-être même pas. Ding Dong !

Mais a-t-on même besoin de cogner aux dites portes ? Ou le but n’est-il pas de simplement franchir les portes qui s’ouvrent toutes seules devant nous ?

Pas de porte, pas à pas de porte à porte. Colporteur/se qui se laisser porter. Important. Ou pas tant.

Ou peut-être que la vie n’est qu’une seule et même grande porte grande ouverte qu’on n’ose pas toujours franchir. Par peur, par croyance, par ignorance ?

Parfois on préfère rester au seuil de la porte, et rêver à l’autre côté.

D’autres fois, on reste pris dans le cadre. Mais ce cadre existe-t-il ?

Si la vraie poésie, qui n’est en un sens que mots alignés les uns à la file des autres, ne veut rien dire, elle peut aussi ouvrir toutes les portes selon l’ami Jim.

Alors à nous de franchir celle – ou celles ? – qui nous convient.

Ces quelques mots veulent en effet tout dire, ou rien pour certain(e)s d’entre vous. Ils disent quelque chose mais quoi ? La réponse nous appartient toujours, même si parfois elle ne se manifester pas. Pas toute de suite, pas tout le temps. Ou pas comme on l’attend.

Certaines portes se déguisent en murs. The Doors & The Wall.

Parfois il faut foncer, et défaire le mur pour y insérer une nouvelle porte.

Parfois il faut chercher la clé, et/ou la trouver.

Ou peut-être que la clé n’est qu’un code secret à 6 chiffres ?

Et/ou que la porte est déjà ouverte ? Ou qu’il n’y a même pas de porte ?

Que de possibilités en effet cher Jim.

Ci-bas, quelques mots clés de Louise Dupré apparus sur le mur de Tatie MF, qui me font encore chercher une infinité de possibles.
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Tu appelles la joie comme si elle pouvait te reconnaître. Comme si tu commençais à lui appartenir.

Elle n’est plus l’envers de la douleur mais une élévation. Une robe de lumière.

Tu le dois à tes morts, tu sais maintenant qu’ils ne t’ont pas oubliée.

Une fois morte, toi non plus tu n’oublieras pas tes vivants. Tu voudras rester près d’eux, tout près, mais sans les encombrer.

Tu ne crois pas au ciel, mais tu as toujours cru en la bienveillance de la terre, c’est là le mystère de ta foi.

Tu n’essaies plus de comprendre, mais seulement de mieux respirer.

~ Louise Dupré (Exercices de joie), via Tatie Marie-France

RELIANCE SPIRITUELLE

La religion est cette sensation de bonté aimante semblable à la rivière qui coule sans cesse. Avec cet état vient un moment où il n’y a plus de quête; et la fin de cette quête est le début de quelque chose de complètement différent. – Krishnamurti

Le mot religion est tellement chargé. Plusieurs lui préfèrent le terme spiritualité. Et pourtant. Les deux termes sont aussi neutres l’un que l’autre si on les déleste de nos propres préjugés liés à notre histoire personnelle. En fait, ils signifient la même chose, soit le lien de notre âme, de notre esprit, avec plus grand que soi.

On peut faire dire n’importe quoi à ces deux mots, tout comme ils ne peuvent dire rien du tout. Mais la plupart du temps, la simple mention du mot religion a le tour d’en énerver plus d’un.

On utilise ces deux termes souvent de façon très générale, alors que celui de religion est souvent connoté plus négativement. On les oppose alors qu’ils pointent pourtant vers la même chose, vers le grand mystère.

Au fond, on a tous et toutes besoin fondamentalement de reliance, de sentir que l’on fait partie de quelque chose de plus que soi, que nous sommes lié(e) à un Grand Tout. Petit moi cherche Manitou. On a besoin d’un sens d’appartenance, on a besoin de sentir que nous faisons partie de, sentiment manquant en cette époque individualisée et individualisante. Moi moi moi en a marre de se sentir seul(e). Alors il cherche plus grand que soi.

Ce faisant, bien souvent, on finit par adopter des pratiques, qu’elles soient spirituelles, religieuses ou sportives même. Des pratiques qui, pense-ton, nous apporteront quelque chose de plus, nous mèneront quelque part. Quelque part ailleurs, quelque part de mieux.

Jung l’explique bien ici-bas : Les gens vont faire presque n’importe quoi, peu importe l’absurdité, afin de ne pas rencontre leur propre âme. Ils vont pratiquer le yoga de l’Inde, suivre une diète stricte, apprendre la théosophie par coeur, ou répéter mécaniquement des textes mystiques de toutes les traditions – tout cela simplement par ce qu’ils/elles ne peuvent vivre avec eux-mêmes et n’ont pas la moindre foi que quelque chose d’utile puisse émaner de leur propre âme.

SI les pratiques spirituelles ne sont pas à proscrire en soi, ce ne sont pas ces pratiques qui vont nous apporter la paix d’esprit et de l’âme. Elles ne peuvent que nous permettre d’arrêter et de se center un peu, se retrouver au coeur de soi.

La première étape d’une pratique spirituelle, au-delà du faire, consiste probablement tout simplement à accepter ce qui est, qui nous sommes, là où on se trouve. Et simplement ralentir pour sentir la simplicité de la vie, l’extra-ordinarité de la vie.

Et si on veut imaginer Dieu comme ceci ou comme cela, grand bien nous fasse. On l’aurait d’ailleurs créé à notre image de toute façon. Mais ne l’imposons pas à personne ni à quiconque, faisons-en une relation intime et personnelle.

Car Dieu n’est qu’un portail pour que l’on puisse enfin disparaître, se fondre, se dissoudre. Un mot passe-partout qui inclut tout tout tout, et même tout le rien de la terre et d’ailleurs.

Alors quel que soit son nom, l’image qu’on lui impose ou sa provenance, c’est du pareil au même malgré que les enseignements des diverses lignées religieuses et spirituelles peuvent varier.

Car au final, ils mènent tous vers un sens d’unité, vers l’amour de son prochain et de sa prochaine, vers le bien du plus grand nombre. Et la paix du coeur et de l’esprit.

Ma foi du bon Dieu et de la bonne Déesse, pas si compliqué non ?

RÉSISTER

Il est tout à fait possible de prendre soin de tout le monde sur terre à un niveau plus élevé que tout ce que nous avons connu auparavant. Ça n’a plus à être toi ou moi. Il suffit de convertir notre technologie supérieure de l’armement vers la vie. – Buckminster Fuller

Rare que je tente de mettre des mots sur les grands problèmes sociaux, et le vague à l’âme qu’ils suscitent. La guerre, l’itinérance, l’injustice, la dégradation du vivre ensemble. Je préfère habituellement jouer avec les mots de l’esprit, faire philosopher les ptits mots de l’âme, faire danser avec légèreté les mots de mes doigts jusqu’à vos yeux.

Mais parfois le sort du monde, notre monde, celui-ci, juste là, le monde ordinaire, nous, le petit monde, monsieur et madame tout le monde, nous rattrape, devient lourd et nous affecte juste là tellement que ça déborde. Comme ce matin. Parfois le monde me décourage et m’attriste. Moi qui a pourtant tout l’essentiel, comme la plupart d’entre nous.

Car le monde dans lequel on vit, notre monde, est bien réel et nous rentre dedans avec tant d’inhumanité et d’insensibilité. On a beau vouloir ne pas trop regarder les mauvaises nouvelles, on sait bien qu’il se passe de drôles d’affaires pas drôles du tout partout autour de nous. De proche comme de loin. Et si nous sommes le moindrement sensibles, ces faits sociaux finissent par nous affecter, par nous toucher le bout de l’âme.

Par exemple, en termes de richesses et de ressources, l’humanité est plus que riche et auto-suffisante. On a tout ce qu’il faut pour prendre soin de tout le monde, de tout notre monde.

Si on pouvait seulement partager plus équitablement ressources et énergies, tout le monde mangerait à sa faim et aurait un toit, comme le reste du strict minimum. Mais certains en ont déjà trop, et en veulent encore plus, alors que d’autres n’ont rien et ont bien peu de moyens pour changer les choses.

Partager davantage et arrêter de se diviser en nations prétendument distinctes car nous sommes tous humain(e)s et rien ne nous appartient. Rêveur le chroniqueur ce matin.

Le sort du monde actuel résulte en bonne partie du fait que ce sont une poignée d’hommes – et quelques corporations qui leur appartiennent – qui se l’ont approprié aux dépends des autres pour faire toujours plus de profits, en exploitant jusqu’au bout les ressources, en siphonant notre terre mère. Bien sûr que cela est plus complexe que ça, mais la base du problème me semble y résider.

Un autre meme pour illustrer la situation.

Nous sommes entre les mains d’hommes dont le pouvoir et la richesse les ont coupé de la réalité du quotidien et de leur imagination. Nous avons raison d’avoir peur.
– Grace Paley, autrice américaine, poète, enseignante et activiste politique.

On surexploite la terre et on prône la guerre à des fins économiques.

On a transformé le simple besoin fondamental de se loger en marchandise, en bien de consommation, en opportunité de faire du cash au détriment de nos jeunes, comme des plus nécessiteux. On se tire dans le pied.

Au-delà des grands enjeux sociaux complexes auxquels il semble bien difficile de s’attaquer individuellement et à main nue, on ne peut que faire de son quotidien un oasis de sens et de paix. Demeurer conscient des grands enjeux en les adressant au quotidien et en faisant du mieux que l’on peut à notre échelle.

En demeurant tout de même émerveillé par le miracle de la vie.

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À la question posée par François Busnel : Dans le monde actuel, comment faire pour garder intacte notre capacité d’émerveillement ? Christian Bobin a répondu : 

Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l’attention au monde et aux gens.
Il est possible que le monde moderne soit une sorte d’entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales sous le prétexte de les exalter.
Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas.
Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide.
Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d’éparpillement.

La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister. Le grand mot est celui-là : résister.

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L’écrivain qui refuse d’explorer les régions les plus sombres du cœur ne sera jamais capable d’écrire de manière convaincante sur l’émerveillement, la magie et la joie de l’amour, car on ne peut pas non plus faire confiance au bien s’il n’a pas respiré le même air que le mal.
~Nick Cave

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Papier intéressant de Marie-France Bazzo:
https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-05-21/envie-d-autre-chose.php

AIMER MALGRÉ TOUT

Il est primordial d’aimer le monde, et non de le mépriser, de ne pas se détester les un(e)s les autres, mais plutôt de continuer à voir le monde comme soi-même et tous les êtres avec amour, compassion et respect. – Herman Hesse

Je sais, je sais, plus facile à dire qu’à faire. Mais quand même, on doit tendre vers ça me semble. Sinon la vie n’a plus de sens.

Car lorsqu’on regarde le monde en dehors de soi, c’est toujours soi qu’on voit, surtout soi en fait. L’observé comme ce qui observe.

Et si on méprise le monde, en fait, c’est soi qu’on méprise. On finit par devenir mépris. Et on vit avec soi-même.

Bien sûr que certaines personnes commettent des actes répréhensibles. Bien sûr que d’autres abusent et exploitent autrui. Bien sûr, toutes ces guerres et ces situations folles d’inhumanité qui prennent place en ce monde maintenant et depuis toujours.

Mais si on regarde bien, si on regarde mieux, plus en détail, en détails plus fins, un à un, une à une, la majorité des gens sont de bonnes personnes. Tous et toutes des parents, des fils et des filles, des frères, des soeurs, grand-mères et grands-pères, proches, ou de loin, aidants. Tous et toutes veulent le mieux qui soit pour le plus rand nombre. Certains ont eu des enfances difficiles qu’ils et elle ne font que reproduire. Certain(e) ont peur et se défendent du danger. Même les soldats des peuples en guerre font la guerre pour défendre une cause qu’ils et elles jugent juste. Car chaque geste prend place dans un contexte particulier et regarder le monde sans en tenir ne fait pas sens.

Oh bien sûr, aussi, certaines personnes font ce que l’on peut considérer comme le mal. Certains arnaquent des personnes âgées, d’autres bombardent et affament des enfants. Et ces gestes sont difficiles voir impossibles à accepter. Mais on ne peut jamais généraliser, on ne peut jamais considérer le monde entier dans son ensemble car le monde est un univers de micros-mondes qui co-existent dans un environnement spécifique. Et on ne doit surtout pas juger le monde entier à partir des pires cas de figure.

Tenez, cette citation par exemple: Une des punitions pour refuser de prendre part au jeu politique est que vous finissez par être gouverné(e) par des gens inférieurs à vous.

Non, pas tous les politicien(ne)s nous sont inférieurs. Plusieurs sont des hommes et des femmes intègres qui veulent changer les choses, améliorer le sort des plus démuni(e)s.

Mais la politique est un jeu de pouvoir et de négociation qui a ses propres règles, un jeu dans lequel on ne fait pas toujours ce que l’on veut, probablement jamais en fait. Un jeu de compromis que la plupart d’entre nous refusent de jouer, chacun(e) pour ses propres raisons. Car probablement que ceux qui tirent les ficelles ne sont pas ceux et celles que l’on pense, ceux et celles que l’on voit. Mais certain(e)s essaient tout de même d’améliorer les choses. On peut les juger d’un seul coup de mental froid et dur, ou choisir de les voir un(e) par un(e) pour qui ils et elles sont. Mais cela demande du discernement, ce qui n’est pas une qualité très présente en cette ère de généralisation.

Certain(e)s deviennent méprisant(e)s et choisissent de penser que la plupart du monde est corrompu, jugeant négativement l’ensemble de l’humanité. Mais l’humanité n’existe pas, il n’existe que des êtres humain(e)s, des milliards d’êtres humain(e)s.

Et tout ce que l’on voit, tout ce que l’on observe, n’est toujours que réflexion de soi, une certaine image de nous-même. Alors avant d’être trop dur(e) et catégorique face au monde, regardons qui regarde, et essayons de rester humain(e), vivant à partir du coeur, et de voir que nos premières réactions ne sont que ça, des réactions, et que le vrai monde prend place dans notre capacité de répondre au monde, et qu’il est essentiel de questionner notre propre regard, comme les jugements qui émanent de soi.

Car le monde, c’est moi, c’est toi, c’est nous et vous, que chacun et chacune de nous qui le regardons.

Le monde n’est que miroir de moi et je peux choisir d’y voir tout ce que je choisis d’y voir, de voir ce qu’il est, ce que je choisis d’y être et de devenir.

Car au fond, on ne peut aimer et accepter le monde que dans la mesure où l’on s’aime et s’accepte soi-même.

LE MONDE SELON PETIT MOI

La plus dangereuse erreur psychologique consiste à projeter son ombre sur les autres; c’est la racine de presque tous les conflits… – C. G. Jung

Nous avons deux yeux pour voir, pour regarder.

Alors nous les ouvrons la majeure partie du temps.

Et nous regardons presque toujours en dehors de soi.

Mais c’est toujours nous que nous voyons.

En pensant voir le monde tel qu’il est, en croyant voir les autres tels qu’ils et elles sont, objectivement, en toute neutralité.

Nous nous projetons dans le monde, dans les choses, dans les autres.

Nous projetons sur le monde nos idées de nous-même.

Nous croyons voir le monde mais c’est toujours nous que nous voyons.

Toujours soi entre le monde et nous.

Je vois mon écran blanc, je tape et c’est moi que je répand sur l’écran blanc de mon imagination.

Et vous, qui lisez ces mots, prétendument mes mots, dès que vous portez votre regard sur ces mots, ils deviennent vos mots, vous leur donnez le sens que vous voulez, que vous pouvez. Vous en faites ce que vous pouvez et voulez.

Je m’écris moi-même et vous vous lisez vous-même, vous-mêmes.

Ou n’est-ce pas plutôt : je nous écris et vous me lisez ?

Les mots sont censés être des courroies de transmission, des vecteurs de connexion, des outils de communication. Mais souvent ils portent plus à confusion qu’à réunion, plus à scission qu’à unisson. Car le même mot veut toujours dire un ptit quelque chose de différent selon qui le dit, et qui le lit.

Qui dit qui lit, qui dit qui lit. Les mots chatouillent, les mots cafouillent.

Nous portons tous et toutes une certaine part d’ombre dans notre regard, dans nos propres yeux. Des nuages visuels. Et lorsque nous regardons le monde, cette part d’ombre obstrue partiellement notre perception, elle entrave notre regard, elle nous fait toujours voir notre propre version du monde.

8 milliards de petits mondes dans ce même grand et unique monde.

L’humilité consiste à reconnaître que le monde que nous percevons, le monde que nous croyons voir est toujours teinté de nos jugements, de nos croyances, de nos présupposés.

Un monde purement objectif est impossible à capter, notre regard le pervertit toujours un peu, ou beaucoup. Nos sens nous jouent des tours. Notre regard ajuste toujours le monde extérieur à sa propre mesure, à la mesure de notre capacité à le saisir, à la mesure de l’ampleur de notre regard.

Pour chacun chacune, c’est toujours le monde d’après moi, le monde de mon point de vue.

C’est la raison pour laquelle le principal et premier travail à effectuer – et le plus long et difficile car jamais complété – consiste à tourner son propre regard sur soi, vers soi, à voir nos propres perspectives limitées et nos angles de perception, surtout les angles morts qui, par définition, sont cachés et hors de vue du regard ordinaire.

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La vie va vous briser.
Personne ne peut vous protéger de cela, et être seul ne le sera pas non plus, car la solitude vous brisera également par son désir.
Il faut aimer. Il faut ressentir.
C’est la raison pour laquelle vous êtes ici sur terre.
Vous devez risquer votre cœur.
Vous êtes ici pour être englouti.
Et quand il arrive que vous soyez brisé, ou trahi, ou abandonné, ou blessé, ou que la mort vous effleure trop près, laissez-vous asseoir près d’un pommier et écoutez les pommes tomber tout autour de vous en tas, gaspillant leur douceur.
Dites-vous que vous en avez goûté autant que vous le pouviez.

– Louise Erdrich

WE TOO SHALL PASS

Le passé et l’avenir font partie du présent. – Alan Watts

Il existe une expression anglaise (qui a peut-être été traduite d’une autre langue) qui dit: This too shall pass, qu’on pourrait traduire en français par ceci aussi devrait passer, ou ceci aussi va passer pour les plus catégoriques.

Comme le temps, comme les choses agréables de la vie, tout passe. Notamment les choses agréables qui passent toujours plus vite qu’une visite chez le dentiste.

Tout passe, comme chacun(e) de nous passera. Dans l’histoire, comme notre tour parfois que l’on préfère passer. et parfois, on laisse passer. Avant de trépasser.

Même si nous ne sommes pas mort(e) encore, jamais mort(e) encore en fait, car encore en corps, pas mal certain qu’on le sera un jour, ou de soir. Car oui, probablement qu’on mourra. On passera à-travers le temps comme le temps nous passe à-travers, comme le temps nous rentre dedans. Pas trois fois passera, une seule fois. On passera tout droit, comme on passera aussi de l’autre bord comme le veut l’expression. Et toujours dans le domaine des expressions, celle-ci qui ne se dit presque plus désormais avec la fin des buanderies asiatiques: tu feras comme le chinois, tu repasseras.

Tout passe. Et parfois même, certains choses repassent. Parfois lentement, parfois trop vite. Plus on vieillit, et plus on dirait que ça passe vite. La vie passe, le temps passe, on passe. Et de certaines choses, on ne peut plus s’en passer.

Nous ne sommes plus ce que l’on a déjà été, mais sommes-nous déjà ce que l’on sera plus tard ? La question se pose. Car avec les algorithmes, notre passé détermine de plus en plus ce qui nous est offert, ce qui nous est donné à voir. Notre furetage passé détermine notre futur. Un peu – trop – déterministe à mon goût. On devra apprendre à sortir du moule comme des sentiers déjà explorés car sinon notre avenir est déjà tout tracé. On laisse des traces désormais, des traces qui nous menacent. Intéressante époque que celle-ci. Et un peu folle.

On dit en général que l’on ne peut changer notre passé. Et que ce passé nous influence soit en nous en construisant, ou au contraire, si nous sommes en mode réactionnel, en sens inverse en nous poussant agir à l’encontre de ce qui a déjà été pour ne pas le répéter. Chacun(e) sa façon d’agir ou de réagir. Action réaction.

Si certains affirment qu’on ne peut refaire le passé, Bashar avance au contraire qu’on peut recréer notre passé à partir du présent, qu’on peut réinterpréter ce qui s’est passé à la lumière de qui nous sommes aujourd’hui. Vous créez votre passé à partir du présent dit-il. Intéressante perspective qui nous dévictimise, qui nous libère du poids de nos expériences passées.

Bashar dit aussi que Le temps et l’espace sont des illusions et que tout existe en même temps, que nous ne voyons que ce que nous sommes à l’écoute de la vibration que l’on peut voir. Extrême relativité spatio-temporelle, comme existentielle car vu ainsi, qui voulons-nous être ? Qui pouvons-nous être ? Petites questions légères d’un vendredi de mai.

Alors passé, présent et futur, du pareil au même ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Peut-être. De toute façon, sur la pointe de l’iceberg de ce présent, tout ce que l’on a déjà été, comme tout ce que l’on sera éventuellement, peut être un cadeau si on le conçoit ainsi. Ou pas un cadeau la vie pour d’autres. Notre choix dit-on. Joyeux Noël.

Mais au final, tout ce que l’on peut être maintenant est qui l’on est. Avec tout ce qui nous motive, nous fait bouger, avec notre entière lignée familiale logée dans les cellules, avec l’histoire entière de l’humanité en nous, et nous dedans.

Car nous portons tous et toutes le monde entier en chacun(e) de nous, tous univers compris. Nous l’avons toujours porté et le porterons peut-être aussi toujours, peut-être même après notre mort car le corps de nous délimite pas. Nous sommes le monde, et ce nous, ce moi multiplié des milliards de fois en des corps étrangers, n’est pas ce qui nous limite et nous définit. Pas plus que le passé ni l’avenir fait de nous qui nous sommes maintenant.

Nous sommes la trame sur laquelle passe le temps et notre conscience du temps qui passe, nous sommes le fil, et le sans fil, oui fils et filles de la création, enfants de la grande récréation humaine.

Nous sommes le vent qui danse, nous sommes le temps qui pense et qui dépense. Nous avons été, nous sommes et nous serons pour l’éternité. Ici, maintenant, tout le temps, sans temps. Éternellement.

La Vie à l’état pur, la Vie au-delà d’une présence qui l’observe, au-delà d’une présence qui s’observe observer le temps qui passe. La Vie sur laquelle nous ne laisserons aucune trace. La Vie, sans filtre, la Vie avec laquelle on flirt, la Vie dans laquelle on fitte, ou pas, la Vie sur laquelle on glisse ou surfe, Ze Life sur laquelle on rap ou se râpe.

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Il est absolument impossible de parler de la véritable condition de la Présence Radieuse. C’est absolument infiniment ouvert et infiniment insoluble. Le fait marquant est que vous l’êtes. Vous n’êtes aucune des perspectives partielles qui s’y présentent. Vous n’êtes pas limité à être l’une de ces perspectives. Vous êtes tous pratiquement comme vous êtes tous les rêves dont vous rêvez la nuit sans limitation. Vous êtes celui qui fait le rêve, qui expérimente le rêve, et vous êtes immergé dans le rêve sans être limité à aucun des rêves particuliers
.

Regardez n’importe quelle chose qui semble apparaître comme une certaine chose. Si vous vous détendez simplement et faites l’expérience de ce qui est réellement là, cela s’ouvrira et se présentera avec une mer infinie et sans fond de qualités savoureuses et de plénitude…

Quand on essaie de le concrétiser, cela devient un désastre car on se retrouve dans la douleur et la confusion. Plus vous lâchez prise et laissez les choses telles qu’elles sont, plus vous appréciez pleinement et vous engagez pleinement dans ces différentes dimensions. Lorsque vous essayez de saisir l’un d’entre eux ou de le concrétiser, vous perdez en réalité la plénitude de ce qu’il est.

Le summum de la sagesse dans la vie est de la laisser couler. Laissez les énergies être ce qu’elles sont et faites ce qu’elles font. N’essayez pas de leur donner un sens, de les cartographier, de les saisir ou de ralentir. Il n’y a pas de freins. Laissez tomber.

La conscience est un mythe. Il n’y a aucune prise de conscience. Cela ne peut pas être décrit. Il n’y a vraiment rien. Il n’y a pas de dimensions. Il n’y a pas de conscience. Nous en parlons avec ces termes parce qu’il est utile de démanteler la structuration plus lourde à laquelle nous sommes habitués dans notre cadre de référence humain normal. En réalité, tout cela n’est que du pur miracle. Tout cela est absolument non structurel et indifférencié. Ou non. Ce n’est rien, mais ce n’est rien non plus. Tous ces concepts comme la conscience ou la conscience sont des jouets pour enfants. Ce sont des jouets d’enfants puissants, mais à un moment donné, on les lâche. Et tu vis.

by Peter Brown, – This That is, via Joan Tolifso,

AT TENDRE (VERS) LA VIE

Tu n’as pas besoin de quitter ta chambre. Reste assis à ta table et écoute. N’écoute même pas, ne fait qu’attendre, reste tranquille, immobile et solitaire. Le monde s’offrira tout simplement à toi afin d’être démasqué; c’est inévitable, il ne fera que se présenter à toi sous forme d’extase.
– Franz Kafka

Wow, tout un statement que celui-ci de Kafka ce matin. Laissez-moi le répéter phrase par phrase car riche en indices de vie.

Tu n’as pas besoin de quitter ta chambre.

Qui parmi nous peut ne pas quitter sa chambre ? Et ce, même si elle inclut une salle de bain 😉

Car nous avons tant à faire, tant de besoins à satisfaire autres que dormir et attendre : par exemple, manger, socialiser, parcourir le monde, aller en nature, se divertir, s’activer au boulot pour réussir à payer ses comptes, et si on est chanceux, à ne pas perdre sa vie en tentant de la gagner. Monde de matière à faire.

Mais rester seul(e) chez-soi ? Gros gros défi. Quoi qu’on dise que certains jeunes japonais ne sortent plus de leur chambre pour ne jouer qu’à des jeux en ligne.

Personnellement, j’ai de moins en moins d’intérêt à sortir de chez-moi. Je m’y sens comblé, si bien entouré, et en plus, j’ai la chance d’avoir des ami(e)s qui passent régulièrement pour faire musique et silence. Grande grande chance. Home sweet home.

Reste assis à ta table et écoute.

Même si je ne fais pas que ça, de plus en plus le silence, l’observation et la méditation sont mes in/activités de plus en plus favorites, avec faire musique. Quelques travaux manuels et quelques marches en forêt meublent aussi mon quotidien car matière oblige et matière matière tant tu nous tiens et tant nous sommes.

Mais je pense savoir ce que Kafka tente de nous communiquer avec ses mots: Il n’y a rien à obtenir de l’extérieur, tout est déjà ici, déjà en soi. On n’a qu’à demeurer alerte et à écouter.

Et si on ne peut faire autrement, apprendre à écouter en étant actif. Quand même une job de pro.

N’écoute même pas, ne fait qu’attendre, reste tranquille, immobile et solitaire.

Oh il ne suffit pas de simplement écouter semble-t-il; non, il va plus loin en disant: n’écoute même pas, ne fait qu’attendre, immobile et solitaire.

Autre gros contrat, quasi impossible à réaliser dans notre forme actuelle de personne il me semble. Car nous sommes des êtres d’action, des bibittes sociales, avec un grand besoin d’être diverti(e), désennuyé(e), que dis-je, mû(e)s par un désir quasi irrépressible d’interagir de diverses façons, de nous occuper, de bouger.

Avec le temps, et la contrainte du corps et parfois de l’esprit, on apprend, parfois à la dure et par obligation malheureusement, à rester tranquille, immobile et solitaire. Mais éventuellement, avec la mort qui nous attend, c’est l’état ultime dans lequel on finira notre vie. Alors pas peut-être pas une si mauvaise idée d’apprendre à se pratiquer d’ici là ? Pré-retraite ultime.

On perd tant de temps à tourner en rond, à regarder des écrans, la plupart du temps pour boire de si mauvaises nouvelles, ou désormais pour regarder la vie des autres sur des réseaux plus a que sociaux. Divertissement numérique et cathodique, observation de la vie extérieure à soi, tout pour ne pas – trop – se regarder soi-même.

Et pourtant, quoi d’autre que l’apparence de soi nous peut-on vraiment observer ?

Qu’est-ce qui mérite notre attention davantage que ce qui en nous entrave la vie à l’état pur ?

Le monde s’offrira tout simplement à toi afin d’être démasqué; c’est inévitable, il ne fera que se présenter à toi sous forme d’extase.

Le monde s’offrira tout simplement à toi. Si on ne l’interprète pas, si on ne le distortionne pas, le monde s’offre simplement à nous. Il le fait afin d’être démasqué. Mais pour cela, il faut le regarder sans filtre, les yeux dans les cieux, ici les deux pieds bien sur terre.

On définit généralement l’extase positivement, ou comme un état dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible, un état hors de soi. Il nous seulement à définir le Soi, s’il existe une telle chose. Est-ce que la part du divin en nous, ou la fin de la séparation d’avec le Grand Manie Tout ? Beaucoup de temps requis pour méditer là-dessus je crois. Beaucoup de silence encore à apprendre à faire.

De nombreux sages, dont Osho, mon best à moi, mon beloved, aimaient dire qu’il est inévitable qu’on retrouvera notre nature divine éventuellement, quoi que l’on fasse, effort ou pas. Kafka semble sorti du même moule en affirmant que le monde s’offrira à nous afin d’être démasqué inévitablement. Il affirme aussi qu’il se présentera sous forme d’extase. À faire fléchir, et réfléchir. Méditons là-dessus car il semble y avoir là un précieux secret.

Ce que je comprends de ses propos est qu’on sortira éventuellement de notre forme actuelle, qu’elle soit physique ou intellectuelle. On s’en libèrera, on s’en évadera, soit par la mort, soit avant si on réussit à allumer et à pogner la patente. Si on réussit à saisir existentiellement que l’oie n’a jamais été dans la bouteille 😉 Si on finit par entendre la seule et unique main qui applaudit. En fait si on finit par entendre le chuchotement Dieu car on a suffisamment écouté.

Donc à nos pieds, ou à nos oreilles. Ou est-ce au coeur de notre coeur ?

DIEU OU PAS

Tu penses que Dieu nous regarde d’en haut, mais ça nous voit de l’intérieur.
– Rumi

Le concept de Dieu est probablement celui qui fait le plus réagir au monde. Certain(e)s l’adorent, le vénèrent, d’autres la bannissent et ne croient même pas en lui/elle/ça. On n’a qu’à dire Dieu et le feu pogne, d’adoration ou de détestation. Dieu laisse peu de gens indifférents. La plupart des guerres sont menées en son nom, peu importe son ptit nom: Dieu, argent, ou pouvoir.

Pourtant, tellement futile comme débat et comme combat. Car qu’il y ait une puissance supérieure unique ou multiple, une sagesse, une énergie, une force divine, name it, qui tient tout ça ensemble, ou que tout soit le fruit d’un grand hasard (même si certains sont convaincus dur dur dur qu’il n’y a pas de hasard) et/ou d’un chaos brillamment orchestré, quelle différence cela fait-il au bout du compte ?

De toute façon, on a probablement créé Dieu à notre image en fonction de nos caractéristiques régionales et locales.

Pour ça que le concept de Dieu, et notre représentation d’une force supérieure, présente tant de différentes déclinaisons, différentes couleurs de peau, qu’on lui fait parler différents langages, ou qu’on lui attribue tant de livres différents.

Dieu est le plus grand mot générique – passe-partout et passe-nulle-part – qui veut tout et ne rien dire en même temps.

Oh my God & Wo your God !

Seuls les gens à l’aise ont le luxe de se poser des questions à son sujet de toute façon. Les Palestinien(ne)s ou les autres peuples qui vivent en guerre n’ont pas ce luxe, eux et elles qui ne cherchent qu’à survivre au quotidien et à échapper aux bombes, et à manger et boire un peu.

Dieu, peu importe le nom qu’on lui donne, prêt ou impose, est un luxe que tous ni toutes ne peuvent se payer.

Alors quand on prie, à qui prie-t-on ?

À la vie ? À l’existence ? Au pouvoir supérieur ? À l’intelligence divine ? À soi-même ?

À voir l’état du monde, pas certain que nos commandes et nos demandes soient entendues ni reçues. À moins que nous soyons back order au niveau de la bonté divine comme humaine. Même rappelons-nous que la plupart des humain(e)s sont des gens de bonne volonté, peu importe les mauvaises nouvelles qu’on nous convient et ce qu’on veut nous faire croire.

Alors, malgré tout le chaos du monde, implorons Dieu, Allah, Jehovah ou quoi/qui que ce soit, ou pas, et gardons espoir, ou le silence, mais conservons la foi au coeur que tout finira pas se placer, que la paix vaincra, que les gens de bonne volonté triompheront. Dieu ou pas.

Car je ne sais pas si une telle présence que celle de Dieu existe en dehors de nous, mais si on a tous et toutes un coeur qui bat, que là que Dieu peut se trouver, qu’ici.

Poupoum divin et humain.

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À la question posée par François Busnel : « Dans le monde actuel, comment faire pour garder intacte notre capacité d’émerveillement ? », Christian Bobin a répondu :

Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l’attention au monde et aux gens.
Il est possible que le monde moderne soit une sorte d’entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales sous le prétexte de les exalter.
Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas.
Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide.
Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d’éparpillement.
La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister.
Le grand mot est celui-là : résister.

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Tous les matins, on a une mission.
Trouver la gaieté au milieu des raisons de désespérer.
La beauté au milieu des laideurs.
La gentillesse au milieu des visages fermés.
Les caresses au milieu des griffes.
La tendresse au milieu des gifles.
L’ouverture au milieu des fermetures.
Si vous acceptez cette mission, la journée sera magnifique.
Si vous la refusez, allez vous recoucher tout de suite !
– Edouard Baer

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Par exemple
https://www.lapresse.ca/actualites/2024-05-15/le-club-des-super-donneurs-de-sang-s-elargit.php