Archives pour la catégorie Non classé

SENTIE SAGESSE

La vraie sagesse ne repose pas sur ce qui est vu, mais davantage sur ce qui est ressenti dans les profondeurs de votre être. – Lao Tzu

Et pour ressentir, il faut être en contact avec soi. Avec ses profondeurs, comme avec ses hauteurs. Mais tout en restant les deux pieds sur terre, et en laissant le souffle de vie atteindre toutes nos ombres, tous nos membres et organes. Comme observer sa pensée avec une certaine distance.

Voir et sentir surtout ce qui émerge quand on voit l’extérieur. Et réaliser que lorsqu’on regarde à l’extérieur, c’est une partie de ce qui est dans nos yeux qui est projeté sur les choses et les gens qu’on regarde. Et on dit aussi qu’on ne peut voir que ce qui est en nous, sinon on n’a aucune référence.

La vraie sagesse me semble résider davantage dans le silence que dans les mots. Malgré que notre vie soit surtout meublée de mots, qu’on les pense, les entende ou les dise.

Alors s’il nous faut les mots pour vivre, que la vraie sagesse s’y glisse entre eux et qu’elle s’insère dans le sens que ces mots tentent de convier. Que nos mots soient bons – bene dictions – et qu’ils se traduisent toujours par des actions qui les illustrent et les démontrent à soi et à autrui. Par des gestes qui prennent soin de soi, comme des autres autour, de la nature et de toute vie.

Et s’il existe une réelle sagesse, que l’on prenne le temps de la laisser émerger, qu’on lui laisse le temps et l’espace de grandir d’elle-même, sans qu’on la tire, sans qu’on la pousse ni ne la force.

Alors regardons le monde avec les yeux de notre coeur, les yeux de notre âme, de notre esprit sain, libre de croyances, de jugements et de certitude. Gardons un regard clair.

Et je nous souhaite de trouver le courage de fouiller creux creux dans nos entrailles, car cela est nécessaire, et juste, et bon. Même si pas toujours facile. Car on ne peut monter qu’aussi haut que la profondeur dans laquelle on ose se laisser descendre en soi. De toute façon, probablement ni vraiment de dedans ni de dehors, ni de haut ni de bas. Qu’une seule et même présence qui observe partout à-travers soi.

Aho ! comme en bas…

RELIANCE

Les gens me demandent parfois de quelle religion je suis. Je réponds toujours en disant un peu de toutes les religions et beaucoup d’aucune. – Osho

Les religions sont probablement l’une des principales sources de guerres et de conflits depuis le début des temps. Et une affaire de gars évidemment. Les religions comme les guerres. En fait, la plupart du trouble sur la terre est créé par les boys. Souvent que des petits gars insécures en eux-mêmes qui n’ont fait que grandir sans réellement maturer. Des ptits gars qui veulent montrer au monde qu’ils pissent plus loin que les autres. Soit par la possession, la richesse, la gloire, le prétendu pouvoir. On n’a qu’à constater les nombreux abus commis par des hommes de Dieu.

Pour faire partie d’un mouvement religieux moi-même, le Santo Daime en particulier, je découvre les apparentes contradictions entre religion et spiritualité. Entre l’application d’une doctrine et la spontanéité d’une spiritualité incarnée.

Dans nos travaux, nous faisons silence, nous prions et nous chantons. Nos prières sont des chants, des hymnes. Et l’idée consiste à s’harmoniser, à faire fondre nos voix dans une seule, dans un un seul courant vocal. Avec le bon rythme, et les bons temps. L’expression, empreinte d’écoute. Comme dans les chorales, ou personne ne sort du lot à moins d’exception intentionnelle et pratiquée. Mais l’idée général est que les voix ne deviennent qu’une. Et quand on chante, on ne peut tricher.

Nos études résident plutôt dans l’écoute que la lecture, dans le senti plutôt que dans la pensée. Et on doit tout observer sans jugement.

Le message fondamental de toutes les religions est probablement le même, soit de relier, avec le divin (yo Bliss) comme avec le coeur des humain(e)s . Et d’aimer son et sa prochain(e), de faire le bien autour de soi et de contribuer au bien du plus grand nombre.

Mais on constate aisément que la plupart des religions sont devenus des partis politiques, des agences de pouvoir, des groupes de pression avec des intérêts spécifiques. Qui divisent plus souvent qu’ils ne relient. Souvent en exigeant la soumission, en promettant le bonheur ailleurs et plus tard, quand ce n’est pas un troupeau de vierges aux fiers combattants qui tuent les infidèles. Quelle stupidité. Pas besoin de donner d’exemples parmi les principales grandes religions, c’est assez clair.

Donc comme le dit si bien Osho, oui à un peu de toutes les valeurs fondamentales de chaque religion, mais surtout rien de tout ce qu’elles ont développé de stratégiques et de corrompu au fil du temps.

Je sais pour en avoir rencontrés plusieurs au fil du temps qu’il y a des gens de bonne volonté dans toutes les religions. Que toutes les religions ne sont pas que pourries et perverses. que d’affirmer cela est trop facile et trop généralisé. La vie est full nuances.

Mais je constate aussi que la plupart des religions comportent des volets extrémistes qui sont violents et idéologues. Des groupes de combattants, ce qui va totalement à l’encontre du message d’amour et de reliance. C’est un fait évident et facile à constater, jadis comme de nos jours. Et ce sont souvent eux qui agissent le plus fort. Et qui donnent une fausse idée de la religion.

En terminant, je vous présente ici la clé de l’harmonie, une des prières que nous récitons pour ouvrir et fermer nos travaux.

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 

Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 

Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 

Je rends grâce au Père invisible (1) d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il. 

___
Et ci-bas, un entretien intéressant qui illustre bien que l’on peut s’inscrire dans un courant dit religieux, et garder une distance critique et conserver l’amour et la simplicité au centre de sa pratique.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-bonheur-en-serie/segments/entrevue/368490/bonheur-spiritualite-samian-alain-crevier

S’ÉCRIRE POUR LA PEINE

Tu dois réactiver la souffrance qui vit profondément en toi et lui laisser une place pour vivre à l’extérieur de ton corps. Laisse-la vivre par les arts, Laisse-la vivre par la musique. Laisse-la être consumée en tissant des liens légers et nourissants. Ton corps n’est pas un cercueil pour y loger de la souffrance. Mets-le ailleurs.
– Ehim Ora

Depuis 2011 que j’écris entre 4 et 6 fois semaine. J’ai 2 blogues remplis de bla bla.

First thing in the morning, la plupart des matins, je m’assois à mon fidèle MacBook Pro et j’écris. C’est mon yoga, ma pratique pour faire le vide, et mettre un peu de désordre dans mes idées.

Avec la musique, et le silence partagés avec mes ami(e)s virtuels dans le cadre de nos méditations en ligne, mon tape à l’âme constitue le coeur de mes activités quotidiennes, la première le matin du moins. Avec des marches en forêt, pas mal de pelletage en hiver, et diverses communications pour les activités de notre petite église dans la forêt et de notre CLUB MÉDitation.

Ma vie est relativement simple. Simpliste même. Volontairement. En compagnie de ma voisine d’amour, parfois ensemble et souvent côte à côte, j’aime vivre ma vinaigrette tout simplement.

J’ai pas mal trotté le globe jadis et désormais, je ressens moins le besoin de déplacer mon corps all around ces temps-ci. En fait, je sors d’ici en moyenne une fois par semaine, pour aller chercher nos légumes bios au village et faire quelques courses. Avec quelques voyages en ville chaque année pour aller voir mes filles pour leurs anniversaires, ainsi qu’un voyage annuel au Brésil pour aller fabriquer notre thé sacré et le ramener. Cette année, gros luxe, deux voyages en Arizona chez mon ami Gordon. Mais probablement l’exception qui confirmera la règle.

Désormais je vis petit, en circuit fermé, à petite échelle. Je fais dring dring wow wow parfois, je fais tape tape le matin sur mon clavier, et je marche mes bois. Une fois par deux semaines, mes ami(e)s d’église viennent ici pour chanter et partager le silence.

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écris. Comme une pulsion, un instinct. Ça se fait un peu tout seul. Peu de gens me lisent et c’est bien ainsi. Pas tant besoin d’avoir trop d’yeux sur mes mots. Je vous sais là chers quelques lecteurs/trices.

Est-ce que j’écris pour faire sortir le méchant ?

Pour transformer de vieilles blessures ?

Peut-être. Je ne sais pas si on peut parler de guérison ou de transformation, mais je sais que ça me fait du bien, que ça sort encore, et toujours. Jusqu’à preuve du contraire.

J’écris parce que ça coule, parce que ça sort. Peut-être ai-je besoin d’aller au-delà des mots à-travers eux ?

C’est le bis mort qui allume et nourrit mon feu.

Ces temps-ci, j’écris pour découvrir ce qui en moi se cache en lien avec toutes ces guerres extérieures. Toute l’injustice , l’horreur que je vois, l’impuissance que je ressens. J’ai besoin de mettre en mots ces maux du monde qui vivent en moi, qui passent à-travers mon corps.

Mais chose certaine, j’apprécie tout autant le silence que mon bla bla. Et la musique. Peu importe la raison. Le simple plaisir de vivre ainsi et aussi simplement me suffit.

J’écris peut-être un peu pour la peine, mais j’écris surtout pour la joie.

___
Un ami m’a fait parvenir le message ci-bas hier. Beau clin d’oeil qui me dit que je ne suis pas seul à taper ainsi compulsivement au quotidien. Un frère des mots.

I write a lot. Daily. It is a moving, healing grace for me as I start my days. I am blogging, writing essays, and working slowly on my first book. And I often questioned why I needed to write so much from an early age. My deep desire to connect with others arose in that inquiry. Being « on the spectrum » was always hard to communicate through spoken words, so writing gave me the safe outlet I needed. Well, I thought it was safe…

For years, I was terrified to share my writings. Who will read? Is there any actual value in what I write? What if people do not like my writing? Also, as an avid reader and a major in philosophy, I always found « other writers » writings much better than mine.

There were many layers of shame, unworthiness, and fear of breaking into a place of deep vulnerability. Like any artist, I see my writing as a naked photo of myself and more vulnerability from my heart and soul.

As someone who has dealt with the shame of neurodiversity, often misunderstood, still to this day, and also bullied at school for my nerdiness, the opinion of « others » was never always safe nor kind, and created a long-term silent depression that took me years to understand and live peacefully with. No one knew about those terrifying experiences until I could write about them. No spoken word would come out, but the pages were flooded with words…

I often acknowledge, as I see it in full display daily, the violence of the world for those who are different, misunderstood, and not conforming. We are in the epic time of individualism where every opinion is legions, speaking is loud, but listening without an immediate thought is rarely present. In collective trauma, we cannot hear with our hearts but only see the world and the words through the lenses of an often dysregulated nervous system.

When I started to share my writings, the silence of my « friends » never supporting my writing was intimidating and hurtful. This writing process asked me to go deeper into my healing and what was projected, seen, received, and perceived so I could get more free into my weaving of words. But there were also the « silent words » ushered to others, making fun of my writings. Indeed, those hurt more; I am deeply human, after all. I felt disappointed and betrayed.

It is when I often remember to keep daring greatly. So, I kept writing and sharing again and again. In the beautiful words of Brene Brown: « If you are not in the arena getting your ass kicked on occasion, I am not interested in or open to your feedback. There are a million cheap seats in the world today filled with people who will never be brave with their own lives but will spend every ounce of energy they have hurling advice and judgment at those of us trying to dare greatly. Their only contributions are criticism, cynicism, and fear-mongering. If you’re criticizing from a place where you’re not also putting yourself on the line, I’m not interested in your feedback. »

Over the years, I learned to go beyond any desire for feedback and could finally write from a place of truth beyond any expectations from myself and others. It was also the process of finding my authentic voice, freed from the conditioning and expectations of the world, and seeing what my heart wanted to truly see beyond my mind’s narrow and robust filters.

It was when some magical messages came to me from the 4 corners of the earth. People I had never met and did not know were starting to reach out. And their messages, as they continue to come, really shifted how I related to my writing. What they were sharing was how my words, this one phrase they quoted, changed their life, took them out of depression, healed their pain, helped them battle depression, made them feel seen, cured their addiction, repaired their broken heart, soothe their grief, made them understand their mind, made them feel normal when the whole world rejected them, and so much more…

There were so many messages of kindness and love from the strangers who became my guiding light and most profound proof that the words in my heart had meaning, power, and deep value not only for me but for a few others scattered in faraway lands in lives there were now sharing with me. The words were like the spider web, catching the vibrations and callings of those in need while allowing me to connect beyond myself to the power of words and the great web of humanity.

And yet, to this day, when I write, I only write for that one person who might need to read those words. One is enough; one is everything.

As I started to delve more over the past 20 years into ancient wisdom, time with elders, ceremonies, and the ancient healing arts of plants, rituals, and shamanism, I realized my song, my most profound medicine, was very much in the depth of my words.

Word not only as the messengers of my love and truth but words as vibrational sentient beings who travel in the deepest part of the soul, magicians, and surgeons of life, true angels in disguise who, once freed from my inner world, could travel in unknown places, do their own work, without my control or perception of them.

I have always had a hard time singing for those who know me. For various reasons, there is still a blockage to this day, and despite being deeply aware of it, the resistance and intense emotional response when asked to do so is constantly shaking me to my core. In a ceremony this past year, I asked the master plant, « Why? Why cannot I sing?. » Her answer was profound and direct: « You sing through your writing; you are an amazing singer. » This answer struck me profoundly and opened a deeper acceptance of my gifts.

Why am I sharing all this with you? I am sharing this journey of personal discovery, healing, and transformation in the deep desire and hope that this will touch your soul so profoundly that whatever medicine you carry, art that wants to be birthed will open the gateway of Creation in you. You will trust to drop the resistance, break the spells of shame and unworthiness, and let your gift be witnessed and welcomed into this world. I sincerely pray for this.

Without freeing the gifts sent from heaven to your soul, we will miss the most unique and beautiful piece of this puzzle of humanity we are building together. So please join me… join the symphony of life. Create. Share.

Do not control the desire to create; this is the core of life’s desires.

Constant re-creation. Constant expansion. Constant connection.

And I want you to know that in me, your gift will always be received with gratitude, blessings, and love.

Dare greatly,

Angell Deer

You can find my writing at www.thesanctuaryheal.com/blog

LE FEU DU MONDE

Les enfants sont tous les nôtres, chacun et chacune d’entre eux et elles, partout sur la terre; et je commence à penser que quiconque est incapable de reconnaître ce fait est incapable de sens moral. – James Baldwin

Je ne suis pas en paix ces temps-ci. Aux dires de certains, on ne devrait jamais laisser les événements extérieurs nous déranger, nous déstabiliser. En principe, dans l’absolu, j’approuve et je seconde.

Mais le seul fait de savoir – et penser, et imaginer – que chaque jour, depuis le 7 octobre dernier mais depuis bien plus longtemps avant cela aussi, des milliers d’enfants – comme des gens âgés et tant d’innocents – sont massacrés me rend très inconfortable. Inconfortable, mal à l’aise, perturbé, de bien faibles mots pour illustrer ce malaise existentiel.

Tout d’abord, ce fut le massacre horrible du Hamas perpétré contre des Israéliens, dont de nombreux jeunes, enfants et familles, et depuis il tombe des salves de bombes sur le peuple de Gaza. Sous nos yeux presque, via les caméras. Même des enfants prématurés sont visés, l’ultime inhumanité à mes yeux. Les attaques israéliennes sur des innocent(e)s sont aussi affreuses que le fait que le Hamas se cache parmi la population civile et l’utilise comme écran.

Bien sûr qu’il y a un contexte spécifique que nous ne saisissons pas complètement. Bien sûr que la situation est complexe et qu’elle dure depuis des années, dizaines, centaines, milliers même. Bien sûr que chacun peut justifier ses actions. et malheureusement, d’autres humains seront encore persécutés et assassinés.

Et bien sûr aussi que nous ne sommes pas sur place. Une chance, un privilège de vivre en paix, ici. Nous ne sommes que des témoins passifs de ce grand massacre à ciel ouvert. Mais le même ciel. Tandis que de nombreuses autres scènes d’horreur prennent place sur terre sans qu’on nous les rapporte, ni qu’on veuille les voir. Malgré que nous sommes ici en sécurité, nous ressentons tout de même une grande dose d’impuissance.

On dirait bien que le monde brûle en ce moment, le monde est en feu. Sur plusieurs plans.

Quelle folie nous, humains, créons sur terre. Quel chaos. Tout ce que nous pouvons faire, en tant qu’observateurs/trices, est de constater cette folie et tenter de la concevoir dans sa globalité sans la nier, sans la juger, sans l’intellectualiser. Plutôt la sentir, la ressentir, la laisser nous atteindre au coeur, et la laisser passer en nous, à-travers nous. C’est la grâce dont nous jouissons. S’y relier, à distance et avec empathie pour ceux et celles qui la subissent, sans la laisser nous détruire.

Et parallèlement à toute cette horreur et cette immoralité, on ne doit pas oublier qu’il se passe quotidiennement d’autre part de nombreux gestes de bonté, d’humanité, de bravoure. Que le monde recèle aussi tant de beauté. Beauté qui rend la laideur encore plus affreuse et pénible car on voit ce que le monde pourrait être, devrait être. Mais n’est pas. Pas encore.

Devant nous se dresse le monde dans toutes ses nuances dans toute sa cruauté comme dans toute sa bonté. Et devant ce monde qui brûle – peut-être brûle-t-il pour se purifier ? on ne peut que laisser brûler notre petite flamme en notre coeur. Et respirer en ce petit bout du monde en nous toute la souffrance du plus grand monde, du plus grand nombre, et la laisser se consumer, tout en expirant l’amour, la foi et la compassion.

___
Le feu de l’esprit – lui donner une matière à brûler

Le bois que l’on utilise pour faire du feu est appelé du bois mort. Ces branches ternes, noires, tordues, le feu les transforme en lumière, en chaleur, en énergie. 

Vous direz : « Nous savons cela, mais en quoi ces branches nous concernent-elles ? » 

Elles vous concernent parce que, symboliquement, elles existent aussi en vous. 

En vous aussi, vous avez accumulé du bois mort qui n’attend que d’être brûlé.

Toutes les tendances égoïstes, passionnelles, toutes les manifestations de votre nature inférieure sont comme du bois mort. 

Faites-les brûler au feu de l’esprit, au feu de l’amour divin, et elles aussi produiront lumière, chaleur et vie.

Le feu nous enseigne qu’il y a partout une matière à brûler.

Regardez encore : dans les églises on allume des bougies et des cierges. 

S’ils servaient seulement à l’éclairage, depuis la découverte de l’électricité ils n’auraient plus d’utilité. 

Mais puisqu’un tel rite a été conservé, il est bon d’en approfondir le sens : à l’image de cette cire qui se consume pour entretenir la flamme, nous aussi nous devons brûler une matière en nous afin d’entretenir notre lumière intérieure.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov

LE TEMPS QUI PASSE, ET NOUS AVEC LUI

Ces temps-ci, je mesure le temps qui passe. Surtout celui qui a passé. Quant à celui à venir, personne n’en sait rien. Alors que maintenant. Et un tout ptit peu d’avent dans le calendrier.

C’est par et dans le corps que le temps se mesure. Notre corps est l’échelle du temps qui a passé. Et je constate que plusieurs de mes ami(e)s font ce même constat autour de moi. Certain(e)s ami(e)s sont dans la cinquantaine, d’autres comme moi dans la soixantaine, certain(e)s ont le corps dans les septantes, ou s’en approchent, d’autres flirtent même avec les octantes.

Peu importe notre âge, nous sommes toujours plus vieux qu’on a jamais été auparavant. Et peu importe notre âge actuel, nous sommes toujours plus vieux que certain(e)s, et plus jeunes que d’autres. Ainsi va la vie, avec nous dedans. Le temps nous passe dessus et dedans. Bien relatif tout ça. Même si on dit souvent que l’âge ne compte pas, ce qui est tout à fait vrai, c’est plus nous qui le comptons, le corps nous rappelle parfois que c’est aussi un peu relatif que le temps ne compte pas. Surtout quand il coopère moins qu’avant, ou différemment. Plus lentement. Quand le corps flétrit, l’âme doit s’éveiller, s’élever, se vivifier.

Mais il y a certains de ces moments où l’on réalise plus concrètement que notre corps vieillit, que plus d’eau a passé sous le pont qu’il en reste à venir. D’ailleurs plusieurs ponts et digues en sont de bons exemples ces jours-ci.

Et cela, loin d’être triste ou déprimant, constitue une stimulante réalisation. Ça nous inspire à vivre tout ce temps qui reste (même si on dit qu’il n’existe pas) avec toute l’énergie qu’il nous reste, toute notre totalité, et squeezer tous le jus qu’il nous reste dans la clémentine, le pamplemousse, l’orange ou le citron, c’est selon les jours, et la forme.

En vieillissant, on apprend à mieux gérer son énergie. Mon plus récent pelletage de toits vient de m’en donner une claire démonstration. Avec l’âge qui roule, rien ne change tout à fait, mais on doit diminuer ses attentes, faire des pauses et étirer la charge de travail. Ce que l’on perd en vitalité on le récupère en sagesse.

L’autre jour, je suis tombé sur la photo ci-haut et le temps m’a rentré dans le dash tout d’un coup sans que je m’en rende compte. Loin d’être nostalgique de ces jeunes et fofolles années, je réalise que l’on s’enrichit de la somme de nos expériences. Qu’on doit aussi laisser aller car sinon on traîne trop lourd. Et que peu importe le temps qu’il nous reste devant, le fait qu’il en reste moins que derrière ne fait qu’épicer le moment présent. Le passé donne une valeur ajoutée au moment présent comme pourraient dire les économistes, et le rend d’autant plus précieux car on sait l’apprécier davantage.

Ci-bas, un texte qui a résonné dans mon coeur ce matin.

___
Dans le dernier quart de la vie

Plusieurs d’entre nous sommes dans le dernier quart de notre vie et je partage ces mots sans parti pris politique, religieux, ni de nationalité. Que de douces pensées :

Vous savez, le temps a tendance à vous surprendre quant à la vitesse à laquelle il passe. J’ai l’impression que c’était hier que j’étais jeune et prêt à commencer la vie d’adulte. Et d’une certaine manière, j’ai l’impression qu’il y a de cela une éternité, et je me demande où sont passées les années. Je sais que je les ai tous vécues. Je me souviens de tous mes espoirs et mes rêves. Je me souviens des projets que j’avais faits. Et du coup, me voilà au dernier trimestre.

Comment suis-je arrivé ici si vite ?
Où sont passées les années et où est passée ma jeunesse ?

Je me souviens avoir regardé des personnes âgées en pensant combien de temps il me faudrait pour arriver là où elles sont. Que je suis encore dans ma jeunesse, que j’ai de nombreuses années devant moi. À cette époque, je ne pouvais même pas imaginer être là où je suis aujourd’hui. Et pourtant, me voilà.

Plusieurs de mes amis sont à la retraite, certains ont les cheveux gris, ils bougent plus lentement qu’avant et quand je les regarde, je vois des personnes plus âgées. Certains sont dans un meilleur état et d’autres dans un pire état que moi. Mais je vois une évidente différence. Ce ne sont plus des amis jeunes, insouciants et pleins de vie.
Tout comme moi, l’âge se voit. Et nous sommes maintenant les personnes âgées que nous regardions et nous pensions que c’était encore loin de nous.

Je trouve que ces jours-ci, prendre une douche a des conséquences néfastes sur ma respiration et mon niveau d’énergie. Et une sieste l’après-midi n’est pas seulement un régal, c’est devenu une nécessité. Et si je ne le fais pas, je me retrouve à dormir sur la même chaise sur laquelle j’ai commencé à lire ou à regarder la télévision.

Maintenant, je suis entré dans cette nouvelle saison de ma vie, totalement non préparé à l’inconfort, aux douleurs, à la perte d’énergie, de force et de capacité à faire ce que je pouvais jadis, mais parfois je ne l’ai pas fait. Au moins, je sais que, même si je suis dans le dernier trimestre et que je n’ai aucune idée de la durée de ce trimestre, lorsque mon séjour sur terre sera terminé, une nouvelle aventure m’attendra aussi (plausiblement).

Oui, j’ai fait certaines choses que j’aurais aimé ne jamais faire. Pourtant, je suis tellement reconnaissant pour ce que j’ai fait. Tout cela se déroule dans une seule vie.
Et si vous n’en êtes pas encore au dernier trimestre, je tiens à vous rappeler que ça arrive plus vite que vous ne pouvez l’anticiper. Faites les choses que vous souhaitez encore faire le plus tôt possible. Ne procrastinez pas. La vie passe si vite. Faites aujourd’hui ce que vous pouvez.

Il n’y a aucune certitude pour la suite des choses. Vivez pour aujourd’hui. Pour l’instant.

Dites les mots à ceux et celles que vous aimez. Souvent. J’espère que certains apprécieront ce que vous avez fait pour eux. Et s’ils ne le font pas, ce n’est pas grave non plus. La vie est vraiment un cadeau. Soyez simplement heureux. C’est littéralement votre choix.

Et n’oubliez pas que la santé est un privilège, et non un droit, pas l’or ou l’argent, une propriété ou un solde bancaire. Vous pensez peut-être que sortir est ce qu’il y a de mieux, croyez-moi, rentrer à la maison est mieux. Vous pouvez oublier des noms et ce n’est pas grave, car certains ont déjà oublié qu’ils vous connaissent. Les choses qui vous tenaient à cœur auparavant risquent de vous désintéresser. Si vous vous endormez dans votre chaise préférée, restez-y.

Vieillir est merveilleux. C’est confortable. C’est une étape chargée de souvenirs dont on ne se lasse jamais. C’est un trésor absolu.

Prends soin de toi.

Et le moment que nous attendions est enfin arrivé, il m’a fallu pas mal d’heures pour trouver les mots justes.

– Sébastien Mateo

DIEU DANS LE COEUR, LES YEUX ET LES MAINS

Ou encore :

Pas que je ne pense pas possible une certaine énergie nous unissant tous et toutes.

Pas que je ne crois pas en quelque chose qui nous a créé(e)s et qui nous lie. Comme une même conscience qui nous anime.

Pas que je sois découragé ni athée. Je crois clairement possible quelque chose de plus grand que ce petit moi, quelque part d’où l’on vient et vers où l’on retournera. Peut-être. Dieu est un grand peut-être. Malgré la folie des hommes, je veux garder la foi en quelque chose qui fait sens. En l’amour, la justice.

Mais tant de gens disent parler au nom de Dieu, leur Dieu, ou encore canaliser des entités qui parlent à-travers eux et elles.

Mais au-delà nos belles paroles, qu’on les disent sacrées ou simplement nôtres, seules nos actions comptent réellement en ce monde car les mots sont trop faciles, les mots ne sont qu’air et mouvements de lèvres. Et ces temps-ci, des tonnes de mots se disent, s’écrivent et se confrontent, de gros mots circulent vite et font mal.

Tu ne peux pas traiter les gens comme des ordures et invoquer Dieu simultanément.

Alors faisons de Dieu une réalité quotidienne. Faisons de Dieu de l’amour en Action. Ce que Veeresh (dont c’est l’anniversaire aujourd’hui) aimait si bien dire. Créons un Dieu beau, un Dieu de beauté. Incarnons Dieu.

Faisons de Dieu quelque chose de bon, de généreux, de soutenant, d’humain en ces temps de trop grande inhumanité.

En ce jour de guignolée, partageons un peu de la chance et de l’abondance que nous avons avec les moins nanti(e)s que nous, notamment les touts ptits. Pour que certain(e)s aient à manger un peu plus cette année en ces temps de partage, quelques sucreries, quelques extras, et pour que quelques enfants puissent se faire payer la traite en essentiels, gâteries et cadeaux.

Au fond, Dieu c’est tout simple: il/elle/ça vit dans nos coeurs et s’exprime par nos mains, nos bouches et nos yeux.

ÊTRE HUMAIN(E), ÊTRES HUMAINS

Si tu ressens la douleur, c’est que tu es vivant(e). Si tu ressens la douleur d’autrui, c’est que tu es un être humain.

english below

Merci Monsieur Leo. Ces temps-ci, je trouve qu’il est difficile d’être humain. Tant d’inhumanité, tant de folie dans le monde. Hier je voulais me sauver sur mes toit pour décrocher un peu, pour pelleter avant la pluie, et toute la journée, j’ai pensé à eux, elles. Enfants, mères, innocents.

Oh, je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur du peuple Israélien dans son ensemble qui a perdu 1 200 de ses habitant(e)s dans un acte d’une rare barbarie le 7 octobre. Ainsi que les familles des otages encore prisonniers.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur des gens de Gaza qui n’ont plus rien à perdre, ni nulle part où aller, mais dont trop d’entre eux et elles, malgré tout, perdent encore la vie à chaque jour, la dignité, sans même avoir le strict minimum. Prison à ciel ouvert. Live on TV. Dans nos faces.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur du peuple Ukrainien en ce début d’hiver qu’on oublie après presque deux ans de guerre.

Je peux comprendre avec ma tête, et sentir un peu avec mon coeur et mes tripes, la douleur de tant d’autres êtres humains qui en arrachent, soit physiquement, moralement, mentalement et affectivement.

Mais j’ai beau penser, et tenter de comprendre même si comprendre ne règle rien, et ressentir un tout ptit peu, tout ce qui se vit dans le monde se vit aussi en nous, en chacun de nos coeurs. Car le même et seul et unique coeur qui fait boum boum. Chacun(e) de nous porte le monde entier en lui, en elle.

On a beau tenté de se divertir et de se changer les idées, reste que si l’on reste humain(e), la situation actuelle ne peut que nous affecter profondément. L’humanité en prend pour son rhume, sa grippe et tous les Covid, Sras et virus du monde en ce moment. Notre monde fait de la fièvre.

Le simple fait de demeurer un(e) humain(e) ressentant en ce moment exige une grande dose d’humanité.

J’allais écrire : j’aimerais pouvoir me dissocier de toute la souffrance du monde en ce moment, mais ce n’est pas juste, ce n’est pas vrai. Car on ne peut pas faire ça, on ne doit pas faire ça. Il faut apprendre à vivre avec cette souffrance internationale, à la laisser nous rentrer dedans, nous animer et faire battre notre coeur. Car c’est notre monde.

On doit apprendre et ré-apprendre à se sentir faire partie de tout ce qui se passe dans le monde. On doit concevoir, chacun pour soi, comment contribuer à soulager le monde (et sa misère) de ses conflits, sa folie, ses différences. Accepter l’inacceptable, et continuer à garder espoir, continuer à garder son coeur ouvert, brûlant, battant.

Car d’une certaine façon, tous les conflits du monde vivent dans chacun de nos coeurs.

S’il doit y avoir la paix dans le monde,
Il doit y avoir la paix dans les nations.
Pour que la paix règne parmi les nations,
Il faut que la paix règne dans les villes.
Pour que la paix règne dans les villes,
Il doit y avoir la paix entre voisins.
Pour qu’il y ait la paix entre voisins,
Il doit y avoir la paix dans la maison.
Pour qu’il y ait la paix dans la maison,
Il doit y avoir la paix dans le cœur…
~ Lao-Tseu ~

________________________________________
english

Thank you Mr Leo. These days I find it difficult to be human. So much inhumanity, so much madness. Yesterday I wanted to run to my roof to get away from it all, to shovel before the rain, and all day long I thought about them. Children, mothers, innocent people.

Oh, I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the Israeli people as a whole who lost 1,200 of their inhabitants in an act of rare barbarity on October 7. As well as the families of the hostages still prisoners.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the people of Gaza who have nothing left to lose, and nowhere to go, but too many of them, despite everything, are still losing their lives every day, their dignity, without even having the bare minimum. Open-air prison. Live on TV. In our faces.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of the Ukrainian people at the start of another winter, that we are forgetting after almost two years of war.

I can understand with my head, and feel a little with my heart and my guts, the pain of so many other human beings who are struggling, physically, morally, mentally and emotionally.

But no matter how much I think, and try to understand even if understanding doesn’t solve anything, and feel just a little bit, everything that is experienced in the world is also experienced in us, in each of our hearts. Because the same and one and only heart that goes boom boom. Each of us carries the whole world within ourselves, within ourselves.

No matter how much we try to have fun and take our minds off things, the fact remains that if we remain human, the current situation can only affect us deeply. Humanity is suffering from its colds, its flu and all the Covid, SARS and viruses in the world at the moment. Our world is in fever.

Simply remaining a feeling human in this moment requires a large dose of humanity.

I was going to write: I wish I could dissociate myself from all the suffering in the world right now, but it’s not fair, it’s not true. Because we can’t do that, we shouldn’t do that. We must learn to live with this international suffering, to let it enter us, animate us and make our hearts beat. Because this is our world.

We must learn and re-learn to feel part of everything that is happening in the world. We must design, each for ourselves, how to help relieve the world (and its misery) of its conflicts, its madness, its differences. Accept the unacceptable, and continue to keep hope, continue to keep your heart open, burning, beating.

Because in a way, all the conflicts in the world live in each of our hearts.


If there is to be peace in the world,
There must be peace in the nations.
If there is to be peace in the nations,
There must be peace in the cities.
If there is to be peace in the cities,
There must be peace between neighbors.
If there is to be peace between neighbors,
There must be peace in the home.
If there is to be peace in the home,
There must be peace in the heart…
~ Lao-Tse ~

PLONGÉE EN SOI

Vous ne pouvez rencontrer les autres qu’avec la profondeur avec laquelle vous êtes rencontré(e) vous-même.

Assez clair. Dans un sens, le monde extérieur n’existe que dans la mesure de notre expérience de soi.

Ou dit autrement:

Aujourd’hui je vais ignorer la folie du monde pour quelques heures et je vais aller pelleter mes toits. Question de visiter les profondeurs.

Parfois, il est trop difficile de savoir que pendant qu’on vit en paix ici, des humains – nos frères et soeurs, nos pères et nos mères, dont des enfants, vieillards, travailleurs humanitaires, des malades même – reçoivent des bombes sur la tête. Des gens reçoivent des bombes un peu partout sur la terre. Pendant que d’autres en lancent en invoquant l’auto-défense. Trop dur à comprendre pour ma ptite tête de peanut.

Alors aujourd’hui, je vais décrocher et aller m’occuper de mon petit monde, en gardant au coeur la misère du monde. En investiguant mon empathie comme mon impuissance. Et mon incompréhension du vaste monde. Et équilibrer toute cette souffrance et la folie humaine avec l’innocence de cette bordée de blanc qui nous est tombée sur la tête, et les toits.

Peace and love please.

INSTASE

Je ne sais pas si elle est toujours meilleure dans ce cas, mais je constate qu’avec les fenêtres ouvertes sur le monde des réseaux, plusieurs personnes vivent maintenant surtout en dehors d’eux et elles-mêmes.

Photos de repas, selfies, photos de face et de profil, photos de voyages, vidéos, etc… Ça circule en masse le quotidien ordinaire. En quelques années, c’est comme si nous étions sortis de nous-mêmes. Du moins, une certaine proportion du grand nous. Le monde branché. On vit en dehors de soi.

Et ce réflexe de vivre en dehors de soi, de se montrer aux autres, de vivre en surface et en image, me semble nous avoir déconnecté d’une partie de nous-même. Du moins en partie. Je reconnais en moi le réflexe de vouloir partager dès que je trouve quelque chose beau. Mais ce faisant, je perds ma capacité de prendre le temps d’apprécier pour moi tout d’abord. De vivre en moi, en circuit fermé, ou limité du moins.

De mon côté, j’aime partager des espaces de silence et de musique avec quelques ami(e)s. Avec les années, on dirait que je préfère la communion à la communication. Avec les années, on dirait aussi qu’on apprécie de plus en plus la solitude.

Il est primordial pour moi de prendre du temps à chaque jour pour fermer mes yeux et mes oreilles, pour décrocher et sortir du virtuel. Pour plonger dans le réel de mon corps, de mon être, de l’incarnation. Chilling em carne.

Même si en vivant ici dans les bois, je vois peu de monde, et peu du monde en dehors de mon écran à part la nature environnante, il est essentiel de ne pas me perdre à-travers mes yeux. Car tout ce qui passe par les écrans implique initialement les yeux, la tête, le mental. On vit beaucoup par là ces temps-ci. Ce qui nous amène à vivre surtout dans le haut de notre corps. Nos pieds ne touchent plus beaucoup à terre.

Me semble qu’on doit réapprendre à occuper davantage la totalité de notre corps en bougeant, en respirant de l’air frais, en communiant dans le silence avec les arbres et la vraie vie. Car quelque chose d’extrêmement artificiel dans la vie qui passe par les écrans. Pas mal en soi, mais insuffisante.

Extase: État dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible.

On utilise généralement le terme extase comme un qualificatif désignant un état positif, magnifique, flabbergastant. Mais le terme signifie également qu’on se trouve en dehors de soi, à l’extérieur de soi. État à l’extérieur de soi.

Et si on visait davantage l’instase, cette connexion si profonde avec soi-même avant celle avec le reste du monde qu’elle nous relierait par le fait même au monde entier, à tout l’univers, mais prenant racine en soi.

On dit que le local contient l’international. Ainsi si on développait une relation si profonde avec la totalité de notre être, peut-être qu’on aurait accès au monde entier en à partir de soi. Sinon on risque de se perdre dans ce vaste monde. Trop d’information, trop de source de divertissement, trop d’opinions.

Occupons tout d’abord notre corps. Et ensuite on pourra s’extasier. Et réapprenons un peu à apprécier la beauté en circuit fermé.