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HUMILITÉ

Laisse tomber l’arrogance de vouloir réveiller les autres. Tu n’es pas ici pour réveiller personne d’autre que toi-même.

english follows…

Cette année, ma seule et unique résolution consiste à devenir de plus en plus humble. Pas le plus humble, juste humble pour de vrai. Avec toute l’innocence que cela requiert. Et une dose de maladroitesse même, comme de gêne et d’inconfort.

Parce qu’avec l’humilité vient l’innocence justement, et tombe l’illusion de penser savoir quoi que ce soit. Et cette prédisposition d’ignorance face à l’inconnu de la vie relaxe la tête et ouvre le coeur.

Quant au réveil, on verra bien. Les yeux s’ouvrent tranquillement et à leur rythme de toute façon, on ne peut les forcer à ouvrir, on ne peut que le permettre. Mais au fond c’est peut-être Gerry qui savait lui où étaient nos vrais yeux ?

Apprendre l’humilité et aussi respecter l’ordre des choses, même si je ne comprends rien dans le grand désordre actuel qui prend place dans notre monde.

Et aussi accepter que la guerre a toujours fait partie de l’histoire de l’humanité, et que je ne sais pas jusqu’à quand sera le cas. Malgré la souffrance intenable qu’elle cause. Probablement le pire de la dualité présente en ce monde, comme en nous.

Et aussi prendre conscience et regarder comment je dois probablement porter en moi-même l’injustice et les fautes d’autrui que je constate en dehors de moi. Si je le vois, c’est que ça doit être que je le porte aussi. Car on dit qu’on ne voit dans le monde que ce qui est aussi en soi.

Et aussi laisser tomber ma prétendue certitude de savoir comment le monde devrait être pris en charge et penser que je ferais mieux que les gens responsables en ce moment. Car je ne ferais probablement que la même chose qu’eux et elles à leur place, et peut-être pire, car si complexe et compliquée la gestion de notre monde multi tout.

Et aussi simplement prendre chaque journée pour ce qu’elle est, une seule journée, ordinaire et ouverte, une seule journée à la fois et si possible, dans la foi. La foi et la confiance que ce qui est doit être puisque c’est c’est ce qui est. Ou changer ma perception de ce qui est. Et laisser tomber mes grands plans à long terme car l’avenir est si incertain. Et que si je dois planifier, du moins, le faire mais sans jamais tenir pour acquis que mes plans sont aussi ceux de l’existence. Plans flexibles et grand ouverts, et moi prêt à tout, comme rien.

Et aussi simplement – tenter de – me rappeler de voir chaque personne, en particulier celles qui me déclenchent le plus, comme des êtres humains simplement comme moi, avec les mêmes besoins, même si leurs moyens diffèrent. Les voir comme des miroirs, et, ainsi, tels qu’ils et elles sont. Regard d’empathie.

Et finalement, arrêter de vouloir changer le monde, la boule comme chaque personne qui la peuple, et prendre tout ce qui vit pour ce que c’est : une grande comédie dramatique, peuplée de défis et de possibles, avec humanité et sincérité. Et un fond d’humour.

Comme continuer de porter en mon coeur les gens qui souffrent, sans me sentir coupable de ne pas souffrir pour eux et avec eux, mais tout de même responsable, perméable à la souffrance qui sévit, et voir ce que je peux faire à ma petite échelle pour améliorer le sort de mon petit monde, en espérant que chacun(e) fera de même, du moins du mieux qu’il/elle peut et que nos petits mondes tricotent un grand monde meilleur et plus juste. Comme dans justice mais aussi comme dans justesse.

Et me souvenir de ne pas perdre de vue la beauté du monde malgré l’horreur. Car tout ce qui existe co-existe. Et tout passe et passera.

Aho !

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L’humilité est le symbole de la noblesse.
– Mestre Conselheiro Luiz Mendes

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𝗦𝗔𝗨𝗩𝗘𝗥 𝗟𝗘 𝗠𝗢𝗡𝗗𝗘 ?

Si nous parvenons à rendre un plus grand nombre de personnes aimantes, festives et spontanées, la crise mondiale pourra être évitée. Mais ne prenez pas cela au sérieux, soyez ludique.

Si l’existence veut que cette planète n’existe pas, qui sommes-nous pour l’en empêcher ?

Chaque jour, des étoiles disparaissent dans des trous noirs et chaque jour, de nouvelles étoiles naissent de trous blancs. Il faut se souvenir d’une chose : tout ce qui naît meurt.

Cette planète existe depuis environ quatre mille millions d’années. Peut-être est-elle devenue vieille, peut-être ne peut-on rien faire pour la sauver. Elle a besoin de repos, et la mort est un repos. Mais je ne dis pas qu’il faut la détruire, je dis que, tant que les choses sont vivantes, il faut en profiter, danser, chanter, aimer. Peut-être que même l’ancienne existence peut avoir envie de laisser la planète vivre un peu plus.

Rendez-la aussi belle que possible, afin que l’existence elle-même ait le sentiment qu’elle doit être protégée. Vous ne pouvez pas la protéger, mais vous pouvez créer les conditions dans lesquelles l’existence se sentira triste de détruire ces belles fleurs, ces belles personnes, ces beaux arbres, ces grandes hauteurs de conscience.

Une seule chose est possible : Rendez cet univers de plus en plus beau, si beau que l’existence devient absolument incapable de penser à le détruire. Et tant que l’existence laisse cette planète perdurer, profitez-en, rendez-la plus truculente… à chaque acte de votre vie. Selon moi, c’est la seule façon d’éviter un suicide global. Le silence et la méditation suffisent ; ce sont des forces bien plus grandes que votre petite activité. Et de votre silence naîtra peut-être une action qui contribuera à rendre la planète plus glorieuse, plus splendide.

Ce que j’essaie de dire, c’est de prouver à l’existence que cette planète est si précieuse qu’il serait absurde de permettre sa destruction.

Rendez-la si précieuse que l’existence détruit tout ce qui se prépare pour un suicide global. Méditez, soyez silencieux, aimant, remplissez le monde entier de rires. Je vous le dis, le rire est bien plus puissant que n’importe quelle arme nucléaire. Remplissez l’univers entier d’amour. Et je vous le dis, un monde rempli d’amour ne décidera jamais de faire la guerre.

– Osho, via Delphine

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english

This year, my one and only resolution is to become more and more humble. Not the most humble one, only sincerely humble. With all the innocence that it requires. And even a dose of clumsiness, like embarrassment and discomfort.

Because with humility comes innocence, and the illusion of thinking you know anything disappears. And this predisposition of ignorance in the face of the unknown in life relaxes the head and opens the heart.

As for waking up, we’ll see. The eyes open quietly and at their own pace anyway, we cannot force them to open, we can only allow it. And maybe the eyes are in the heart ?

Learning humility and also respect the order of things, even if I understand nothing in the current great disorder taking place in our world.

And also accept that war has always been part of the history of humanity, and that I don’t know for how long that will be the case, even if it will ever stop. Despite the unbearable suffering it causes. Probably the worst of the duality present in this world, as in us.

And also becoming aware and look at how I probably have to carry within myself the injustice and faults of others that I see outside of myself. If I see it, it must be because it in me too. Because as we say, we can only see in the world what is also in ourselves.

And also letting go of my supposed certainty of how the world should be taken care of and thinking that I would do better than the people in charge right now. Because I would probably only do the same thing as them and they in their place, and perhaps even worse, because the management of our multi-everything world is so complex and complicated.

And also simply taking each day for what it is, a single day, ordinary and open, a single day at a time and if possible, in faith. Faith and trust that what is must be because that is what is. Or change my perception of what is. And letting go of my big long-term plans because the future is so uncertain. And if I have to plan, at least do it but without ever taking for granted that my plans are also those of existence. Flexible, wide open plans, and me ready for anything, like nothing.

And also simply – trying to – remind myself to see each person, especially those who trigger me the most, as human beings just like me, with the same needs, even if their means differ. See them as mirrors, and thus, as they are. A look of empathy.

And finally, stop wanting to change the world, the ball like each person who populates it, and take everything that lives for what it is: a great dramatic comedy, full of challenges and possibilities, with humanity and sincerity. And a touch of humor.

How to continue to carry in my heart the people who suffer, without feeling guilty for not suffering for them and with them, but all the same responsible, permeable to the suffering that is rampant, and see what I can do on my own small scale to improve the fate of my little world, hoping that everyone will do the same, at least as best they can and that our little worlds will knit a big, better and fairer world. As in justice but also as in accuracy.

And remember not to lose sight of the beauty of the world despite the horror. Because everything that exists co-exists. And everything passes and will pass.

Aho !


Humility is the symbol of nobility.
– Mestre Conselheiro Luiz Mendes

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Saving the world ?

If we can make more people loving, festive and spontaneous, the global crisis can be avoided. But don’t take it seriously, be playful.

If existence wants this planet not to exist, who are we to stop it?

Every day, stars disappear into black holes and every day, new stars are born from white holes. We must remember one thing: everything that is born dies.

This planet has existed for approximately four thousand million years. Perhaps she has become old, perhaps there is nothing we can do to save her. She needs rest, and death is rest. But I am not saying that we must destroy it, I am saying that, as long as things are alive, we must enjoy it, dance, sing, love. Perhaps even the old existence may want to let the planet live a little more.

Make it as beautiful as possible, so that existence itself feels like it needs to be protected. You cannot protect it, but you can create the conditions in which existence will feel sad to destroy these beautiful flowers, these beautiful people, these beautiful trees, these great heights of consciousness.

Only one thing is possible: Make this universe more and more beautiful, so beautiful that existence becomes absolutely incapable of thinking about destroying it. And as long as existence allows this planet to persist, take advantage of it, make it more colorful… with every act of your life. In my opinion, this is the only way to avoid global suicide. Silence and meditation are enough; these are forces much greater than your little activity. And from your silence perhaps an action will be born which will contribute to making the planet more glorious, more splendid.

What I’m trying to say is to prove to existence that this planet is so precious that it would be absurd to allow its destruction.

Make it so precious that existence destroys everything preparing for global suicide. Meditate, be silent, loving, fill the whole world with laughter. I tell you, laughter is more powerful than any nuclear weapon. Fill the entire universe with love. And I tell you, a world filled with love will never decide to go to war.

  • Osho

SANTÉ ET BONHEUR, MAIS ENCORE ?

La générosité est une puissante pratique quand c’est toi qui ressens un besoin. – Allan Loko

Il y a un dicton qui dit: donne ce que tu as besoin de recevoir.

Alors si on a besoin d’amour, aimons.

Si on a besoin d’attention, intéressons-nous aux autres.

Si on veut le respect, respectons autrui.

Si on veut la paix sur terre, soyons tout d’abord en paix avec soi-même et propageons-là ensuite autour de soi. Devenons des instruments de paix. Incarnons-là car la souhaiter est essentiel mais insuffisant. Mais on doit aussi la faire me semble. Un peu du moins.

Et nous sommes nombreux à souhaiter la paix pour le monde entier tout en portant en soi divers conflits non résolus, de nombreuses petites guerres en soi-même.

Ces temps-ci, avec autant de chaos, de tensions, d’instabilité et de guerres qui sévissent un peu partout autour de nous sur la terre, notre terre, je trouve qu’il est bien difficile d’être simplement et complètement en paix avec soi-même, considérant l’état de la planète. Il est à tout le moins compréhensible d’être troublé(e) par l’état du monde, notre monde. Le contraire serait insensible et déconnecté.

Alors quasiment indécent d’en demander encore plus pour soi quand nous sommes déjà parmi les plus privilégié(e)s du monde et que tant de misère sévit. Alors que même autour de nous, ici, juste là, il y a de nombreuses personnes qui n’ont même pas le strict minimum. Comme d’autres qui en ont plus qu’assez sur le plan matériel mais qui se sentent vides en soi, tourmenté(e)s par en-dedans. Pas si simple de trouver l’équilibre.

Alors, en ce tournant d’année, en ce temps de résolutions et de réjouissances, que souhaiter d’autre que la paix sur terre et être de bonne volonté ?

Quand même un peu malaisant de souhaiter la paix dans le monde quand on vit dans une région où règne une telle paix alors qu’on ne peut rien faire pour empêcher la guerre, les guerres. Trop facile, trop simpliste et jovialiste de simplement souhaiter la paix je trouve, comme ça, penser la semer à tous vents, à tout le monde.

Et en même temps, quoi souhaiter d’autre ? Et surtout que faire ? Comment y contribuer autrement qu’en la souhaitant ? Les questions se posent.

Bien sûr, on peut répondre : en la faisant en soi tout d’abord, et en la partageant autour par la suite. Mais est-ce qu’on peut vraiment partager la paix dans le monde ? À date, ça ne semble pas être suffisant.

Et peu importe ce que l’on peut bien se souhaiter à soi, ou souhaiter au monde, la vie nous donnera toujours ce qu’elle veut bien nous envoyer de toute façon. Les épreuves sont inévitables et les passages plus difficiles sont souvent sources de grandes leçons.

Alors que souhaiter ?

Je nous souhaite de cesser de toujours en vouloir davantage, ou autre chose que ce que la vie nous donne.

Je nous souhaite d’arrêter de souhaiter un peu, et de faire un peu plus et un peu mieux, et d’apprécier davantage ce qui est.

Je nous souhaite de cesser de toujours vouloir plus de bonheur, plus de ceci ou moins de cela, et d’accepter ce que la vie nous offre et continuera de nous offrir au gré du temps.

Je nous souhaite de trouver un bonheur simple et ordinaire dans les petites choses du quotidien, dans le peu, dans le moins.

Je nous souhaite d’apprécier ce que l’on a déjà, car c’est déjà beaucoup.

Je nous souhaite de prendre soin de nos proches avec amour et respect, comme on aimerait qu’ils et elles prennent soin de nous. Et si nous sommes seul(e)s, qu’on puisse l’apprécier aussi car c’est ainsi pour le moment. Au fond, nous sommes tous et toutes seules.

Je nous souhaite de développer le réflexe de considérer comment aider notre prochain(e) quand on croise quelqu’un qui a besoin. De pouvoir se mettre à sa place, et développer l’empathie et la compassion. Et non pas de donner sans demander, mais d’offrir et la personne acceptera si elle le veut. Je nous souhaite d’apprendre à donner dans l’ombre aussi, sans que personne ne sache.

Je nous souhaite d’apprendre à chaque jour à vivre totalement satisfait(e) avec ce que l’on a déjà, et à désirer de moins en moins seulement pour soi et de plus en plus pour le bien du plus grand nombre, du grand monde.

Je nous souhaite une infinitude de moments présents parfaits tels qu’ils sont toujours, si on le conçoit et décide ainsi.

Je nous souhaite de passer et de penser de plus en plus du je au nous, d’élargir sans cesse notre regard et notre perception pour être de plus en plus capable de tenir compte du point de vue de chacun(e) et de se pratiquer à ouvrir son coeur de plus en plus.

Je nous souhaite que nos souhaits tendent de plus en plus vers la grande famille humaine que vers notre seul petit nombril. Et que l’on puisse mettre en action nos multiples souhaits afin de tendre vers le bien du plus grand nombre.

Je nous souhaite un parfait maintenant, pour toujours et à tout jamais.

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Arrête de chercher la vérité, sois vrai(e).
Arrête de chercher l’amour, aime.
Arrête de chercher la conscience, sois conscient(e).
Arrête de chercher l’éveil, sois vigilant(e).
Arrête de chercher la vie, sois vivant(e).
Arrête de chercher la lumière, ouvre les yeux.
Arrête de chercher Dieu, ouvre ton cœur

Ce que nous cherchons nous le sommes déjà.

– Jean-Yves Leloup

SILENCE WIFI

Évidemment, nous sommes toujours seul(e) quand on médite. En quelque sorte. En fait, on essaie d’être le plus présent possible avec toutes les parties de soi-même, pour ne pas se sentir seul(e), ou déconnecté(e) de l’entièreté du monde dans lequel on vit. On pourrait même dire les mondes. Le but est éventuellement d’en arriver à se sentir en lien avec tout ce qui vit, avec l’ensemble de la création. Une simple maille dans la grande courte-pointe humaine.

Peut-être êtes-vous assez discipliné(e) pour prendre le temps et l’espace suffisants pour méditer par vous-même. Si c’est le cas, heureux pour vous. Mais moi, personnellement, la présence d’un groupe et d’un horaire régulier m’aide à maintenir ma pratique. Car la méditation est une pratique régulière. J’ai beau médité plutôt régulièrement depuis le début des années 1980, souvent lorsque seul et sans horaire, je space out au lieu de spacer in.

C’est justement pour cela que j’ai mis sur pied un groupe de méditation il y a quelques années. En ligne. À distance. Mais connecté(e)s par le coeur. Dans le silence de nos coeurs.

Ainsi, depuis presque 3 ans, j’ai le privilège de m’assoir en agréable compagnie pour ne rien faire en bonne compagnie. Jusqu’à 5 fois par semaine, entre 3 et 15 d’entre nous à la fois, on fait silence ensemble. On s’assoit, chacun dans nos homes respectifs, dans la foi, connecté avec pas de fil.

On ne communique pas, on communie. Avec nos visages qui apparaissent à l’écran, ou pas, pas un mot n’est échangé. Qu’un Namasté et une brève salutation de la main ou de la tête au début et à la fin de nos rencontres, that’i it that’s all. L’essentiel est transmis. Le reste n’est que silence. Un rien paisible. Un lien full wifi de coeur.

Parfois on ne fait que silence, et d’autres fois le silence est entrecoupé de musique. La musique nous relie. Comme si chacun(e) se vautre dans son propre silence alors que tout le monde écoute la même musique. Parfois on s’assoit ensemble pour 20-25 minutes, qu’en silence, et parfois pour 40 minutes, alternent musique et silence. Comme si la musique teintait le silence. Certain(e)s gardent leurs écrans ouverts, d’autres se cachent le face, tout bon, car de toute façon on ferme nos yeux, alors pas mal du pareil au même. Mais on garde tous et toutes le coeur, et les oreilles, ouverts.

En cette période de fin d’année, on fait souvent des bilans. Ce qui me reste de plus précieux de ma dernière année, avec mes rencontres en chair et en âme dans le cadre des travaux de notre petite église dans la forêt, sont ces moments de précieux silence avec mes ami(e)s du Club MÉDitation. Ami(e)s du silence nous sommes et devenons de plus en plus.

Comme si, avec les années, je réalise que ce que je cherche ne peut se trouver que dans le silence. Ce même silence qui sous-tend nos hymnes lorsque l’on chante en choeur, comme le silence pur, celui d’entre les mots. Faire silence pour simplement arrêter, ce silence qui prend une place de plus en plus significative ponctuant le quotidien, qui le rythme et le guide.

D’ailleurs ces mots de notre beloved que je fais miens :
Je veux que mes sannyasins se souviennent de laisser la méditation être leur histoire d’amour.
Sans y penser, ni philosopher. Plongez !
Tout comme on tombe amoureux, tombez dans la méditation.
Ensuite, tous les mystères sont à votre portée.
Perdus dans vos pensées, vous en êtes à des milliers de kilomètres.
Sans pensées, Euréka !
– Osho

En ce temps de l’entre-deux, ce temps hors du temps, entre Noël, déjà passé, en plein coeur de ce temps hors temps, avec le grand tournant du carré aux dates à venir dans quelques jours, on flotte hors du temps. En ce temps qui n’existe pas, ce temps que l’on crée et auquel on croit, qu’on voit seulement nous passer sur le corps. Ce temps dans lequel on se perd et sur lequel on compte, certain(e)s font du temps, font leur temps, en attendant de reprendre un rythme plus effréné.

Cette année, en ce temps qu’on dit des fêtes, il me semble que l’ambiance n’est pas à la fête justement, ni aux grandes réjouissances. Car comment célébrer quand une bonne part de l’humanité est sous les bombes ou sur les routes, comment se régaler et se bourrer la fraise quand tant manquent de tout. Les guerres qui pullulent un peu partout, et que nous observons à distance et en sécurité, sur un fond d’impuissance et d’incrédulité, assombrissent ce temps de réjouissances.

Personnellement, j’essaie d’inclure tous ceux et celles qui souffrent dans mes prières et méditations. De les porter dans la flamme qui brûle au coeur de mon coeur, et de purifier mes comme leurs souffrances, comme mon impuissance et mon désarroi devant tant d’absurdité et de cruauté. Que les deux s’emmêlent en moi et que l’on s’y rejoigne tous et toutes. Au coeur du monde.

La paix ne peut se faire ailleurs que dans notre propre coeur dans un premier temps. Et pour la cultiver, il me semble essentiel de prendre le temps d’arrêter et de faire silence, le temps d’y plonger. Éventuellement, quand la petite flamme y jaillit et prend de la vigueur, elle peut s’étendre et s’épandre.

Peace and love comme disaient les hippies…
et keep the flame alive comme disait Paule Lebrun…

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Le silence est la plus haute forme de la pensée, et c’est en développant en nous cette attention muette au jour, que nous trouverons notre place dans l’absolu qui nous entoure.
~ Christian Bobin

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Méditation d´Atisha (982-1054) – traduit des directives offertes par Osho

Cette technique aide à ouvrir et ré-ouvrir le coeur et à ressentir la paix intérieure.

La douleur est naturelle, il faut la comprendre et elle doit être acceptée. Naturellement nous avons peur de la douleur, naturellement nous l´’évitons, de ce fait de nombreuses personnes évitent le coeur et se réfugient dans la tête.

Le coeur provoque de la douleur, c´est vrai, mais seulement parce qu´il procure aussi du plaisir; c´’est pour cela qu’´il donne de la douleur. La douleur est le chemin qui mène au plaisir; l´’angoisse, la porte par laquelle entre l´’extase.

Si l’on est conscient de cela, l´on accepte la douleur comme une bénédiction et soudainement la nature de la douleur commence à se transformer.

Vous n´’êtes plus en opposition avec elle et parce que vous n´’êtes plus en opposition avec elle, ce n´’est plus une douleur, elle devient une amie.

C’est un feu qui peut vous purifier, une transmutation, un processus par lequel l´’ancien disparaîtra et le nouveau émergera, un processus par lequel le mental disparaîtra et le coeur se mettra à fonctionner dans sa totalité. Alors, la vie devient une bénédiction.

Lorsque vous inspirez – écoutez attentivement, c´’est une des méthodes les plus extraordinaires – lorsque vous inspirez, pensez que vous inspirez tous les malheurs de l’humanité, toute l’obscurité, toute la négativité, tout l’enfer qui existe en ce monde, inspirez-les et laissez-les être absorbés dans votre coeur.

Vous avez peut-être lu ou entendu parler des soi-disant « penseurs positifs » en Occident. Ils disent exactement le contraire mais ils ne savent pas ce qu’ils font. «Lorsque vous expirez» disent-ils « rejetez tout votre malheur et votre négativité et lorsque vous inspirez, absorbez la joie, la positivité, le bonheur, la gaieté ».

La méthode d’Atisha se situe à l’exact opposé ; lorsque vous inspirez, inspirez tout le malheur et la souffrance de toute l´’humanité, passée, présente et future. Lorsque vous expirez, expirez toute la joie que vous êtes et ressentez ; lorsque vous expirez, expirez tout le bonheur que vous êtes, toute la bénédiction qui vous emplit.

Expirez, déversez-vous dans l’existence.

C’est la méthode de la compassion ; buvez toute la souffrance et répandez la bénédiction.

Et si vous le faites, vous serez surpris ; au moment où vous absorbez en vous les souffrances du monde, elles ne sont plus souffrances.

Le coeur transforme immédiatement l’énergie. Le coeur contient une force transformatrice, absorbez le malheur et il se transforme en félicité, et déversez-le alors autour de vous.

Lorsque vous aurez expérimenté que votre coeur est capable de cette magie, de ce miracle, vous souhaiterez l’expérimenter encore et encore. Essayez, c’est une méthode des plus pratique, simple et elle donne des résultats immédiats.

Pratiquez-la aujourd´’hui et constatez. Essayez cette méthode de la compassion: absorbez tout le malheur, transformez-le et déversez toute votre joie dans le monde.

SOUHAITS DE BIEN ET DE BON

Ne déteste personne, peu importe combien ils t’ont blessé. Vis humblement, peu importe la richesse que tu as accumulée. Pense positivement, peu importe la dureté de la vie. Donne beaucoup, même si tu as peu reçu. Pardonne tout, toi en particulier. Et n’arrête jamais de prier pour le mieux de toutes et tous.
– Ali Abi Talib via Nesse Gomes

Dernière chronique avant une petite pause. Ces quelques mots livrent le fond de ma pensée, l’essentiel de mes pensées pour moi, toi et pour le monde.

En ces temps troubles, ces temps de guerre sur la terre, de chaos et de conflits, que cette période en soit une de paix intérieure qui pourra s’étendre de plus en plus large et tout guérir.

Puissions-nous apprécier l’immense chance que nous avons, ici, de vivre en paix et dans l’abondance, pour en partager une partie avec les gens autour, et ceux et celles plus loin. Ne jamais oublier ceux et celles qui souffrent pour les garder en notre coeur.

Donnons ce que nous avons à donner, et même plus, que ce soit des mots, de la musique, de la nourriture, des gestes de bonté, de l’aide aux plus démuni(e) que soi, du partage et de l’acceptation.

Voilà ce que je nous souhaite à tous et toutes: Pardon, humilité, positivité, don de soi, pardon et prière.

Ne déteste personne, peu importe combien ils t’ont blessé.

Vis humblement, peu importe la richesse que tu as accumulée.

Pense positivement, peu importe la dureté de la vie.

Donne beaucoup, même si tu as peu reçu.

Pardonne tout, toi en particulier.

Et n’arrête jamais de prier pour le mieux de toutes et tous.

JUSTE DE MEMES

Ange, dis-moi, est-ce que j’ai perdu mon temps à poster des memes ?
Des milliers de gens lisent tes memes, tu as fait perdre du temps à des milliers de personnes.

L’histoire de ma vie. Et peut-être un peu de la vôtre.

La drôle vie qui scrolle désormais. Celle qui scrolle à l’écran. La vie qui file et qui défile, et nous avec, nous dedans, et derrière parfois.

Certains d’entre vous aiment perdre leur temps avec ces mots. Et moi j’adore me perdre dans mes mots avec vous. Même si je ne sais pas qui lit. Qui lit ? Qui lit ?

Je débute toujours mes chroniques par un meme. Une image ou des mots, avec lesquels je suis d’accord, ou pas. Juste un pré texte. Pour donner le ton, pour enligner la conversation. Pour me starter, pour allumer ma flamme chronique. Le flot de mon bla bla à sens unique. Auquel certains répondent parfois en commentaire.

Des memes, quand même. Même si les memes sont trop simplistes, trop généralistes. Drôle qu’on en soit devenu à penser en memes. On pense et on parle de meme désormais, on parle en meme. Certains memes sont des perles, d’autres déparlent même.

Même si les mots sont parfois de trop, on dirait bien qu’on en a encore besoin. Jusqu’à preuve du contraire, jusqu’à ce que l’on fasse silence radio un jour. Jour qui n’arrivera probablement jamais.

Car nous sommes des êtres de mots, des êtres de mals-être comme de biens-être, maux qu’on tente parfois de résoudre par les mots. Mots dits avec justesse parfois, mais avec sans d’autres fois.

Quoi que je pense sincèrement que le silence soit plus résolutif de nos maux que nos mots. Oui, en effet, j’aime parfois inventer des mots, comme on invente probablement la plupart de nos maux. Ça doit nous donner l’impression d’exister. J’ai mal donc je suis.

J’invente des mots pour le phone, pour faire suer les puristes, pour faire râler les critiques, pour faire frire le rictus et rire le lecteur/trice. Mais surtout pour me divertir la colonne verte et drabe, pour me traiter le canal. Pour me jouer d’eux, ces fichus mots, jouer avec eux un tsipeu car eux nous roulent si souvent dans la narine – je parle du nez – et nous chatouillent sur le bout de la langue. Et vlan dans le nez les mots.

J’aime parfois écrire pour le fun. En fait toujours. Mais parfois j’aime écrire drôlement. Me donner la permission de dire n’importe quoi, même des zâneries. Hi han hi han les mots. Pim pom. Ben bon. Pour vous faire rire et vous les faire lire sous la table car ça prend un(e) âne qui lit pour en reconnaître un(e) autre. Âne Âne Gyan. J’en suis ravi.

En cette grosse fin d’année pour le monde entier, et pour la plupart d’entre nous, envie de vous souhaiter d’être doux et douce avec vous, comme je me le sweat moi-même. Prenons soin. De soi. De nos proches. De nos parents s’ils sont encore vivants. De nos enfant si nous en avons. Ou de ceux des autres car tous nos enfants de partout le monde. Prenons en soin.

Et de nos âmi(e)s for sure – Hallé Trishna – car ça on devrait tous et toutes en avoir. Bons pour le coeur les âmi(e)s de coeur. Pas nécessairement beaucoup, mais de qualité avant de quantité. Car notre temps est si limité. De plus en plus on dirait.

Oui, on dirait que lorsqu’on vieillit, le temps file et défile de plus en plus vite et on aime de plus en plus la solitude. Je sais pas pour vous mais autour d’ici, c’est comme ça.

Alors je vous pitche ces mots en plein écran dans le cyberespace pour tisser un lien vers vous, pour vous dire que nous sommes encore ici, encore ensemble même si on sort moins de la maison qu’avant et qu’on vive à distance. Car les coeurs ne connaissent pas la distance. Toujours ici, qu’ici.

Prenez du temps, prenez le temps. Et quand on fait ça, nous sommes toujours ensemble. Toujours ici.

De mon côté, ici-bas, une de mes activités préférées qu’on fait avec les âmi(e)s, ne rien faire et écouter silence et/ou musique, ou se shaker le sac à memes, et le bootie.

DONNER CE QUE L’ON VEUT RECEVOIR

Drôle de temps sur la terre. Des bombes, des guerres, de la peur et de la noirceur. Et on scrappe la terre même sur laquelle on vit, de laquelle on dépend. L’intelligence est de plus en plus artificielle, et la stupidité de plus en plus naturelle.

Faut croire qu’on doit laisser shiner notre lumière parce que ça s’assombrit un peu partout sur la boule.

Ici, les profs et les infirmières – des femmes en majorité – acceptent de ne pas recevoir de salaire et de protester et manifester au froid comme à la pluie pour promouvoir de meilleurs services communs pour les enfants et les malades. Et être respectées.

Pendant ce temps, plusieurs politiciens – des hommes en majorité – prétendent que ça devrait cesser pour le bien-être des enfants et des malades. Déconnectés du monde ordinaire on dirait. Je lisais récemment qu’il est impossible pour les politiciens qui ont de la richesse de développer de l’empathie pour les besoins fondamentaux des gens ordinaires car ils ne peuvent imaginer leur situation. Intéressant concept. Et études à l’appui. Par exemple, on promet 7 million$ à des milliardaire$ l’an prochain pendant qu’il manque ce même montant pour que les banques alimentaires locales bouclent l’année ici et maintenant. Qu’un exemple qui rend bien difficile de ne pas se révolter. Je me demande bien ce que l’on attend car

C’est souvent ceux qui en ont le plus qui en donnent le moins, et vice et versa. Ou s’ils donnent, ils le font en se montrant, en showant off, ou par bénéfice économique. Car souvent, ceux qui en ont le plus en veulent encore plus. Simple nature humaine. Et un peu inhumaine. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus plus plus. Jusqu’à la mort.

Si j’étais riche, je ne sais pas comment je pourrais vivre en paix et en harmonie en sachant que certains de mes concitoyen(ne)s n’ont même pas à manger, ni un toit décent. Remarquez qu’on est toujours le ou la riche d’autrui. Et quand on voyage dans le sud ou en Indes, ce sont nous les riches et les envié(e)s.

Tout un défi de tenter de comprendre notre monde comme un tout organique. Et en particulier d’accepter certains comportements qui nous révoltent.

Certains font fortune en vendant des armes aux camps des deux côtés, des agents de la mort. D’autres, à plus petite échelle, fraudent des personnes âgées. Honte à eux. Certains polluent à mort. D’autres s’évadent fiscalement à tours de bourses.

Mais une chance que d’autres, souvent dans l’ombre, font le bien. Car la majorité du monde est bon.

Alors que certains individus sont vraiment peu aimables. Pourtant, c’est surtout eux qu’on doit apprendre à aimer, à inclure dans nos prières. Eux qui en ont le plus besoin. Même si on trouve qu’ils ne le méritent pas. Car qui sommes-nous pour juger ?

On dirait qu’une certaine frange de la population, que certains individus existent pour qu’on apprennent à aimer par-dessus, à pardonner, à accepter l’inacceptable. On dirait qu’ils incarnent l’ombre pour qu’on apprenne à cultiver la lumière. Qu’on arrive à garder espoir malgré certains comportements méprisables et incompréhensibles.

Je suis de nature un jovialiste et un espérant. J’aime penser que la plupart du monde est bon et que tout le monde a besoin d’amour et de chaleur humaine, que tout le monde a un coeur. Mais de plus en plus, je me rends compte que ce n’est peut-être pas le cas pour tout le monde. Ni le coeur, ni la conscience sociale ainsi développée.

Quand je constate (ou penser le constater car nous ne sommes pas partout pour le voir de nos yeux et le vivre de nos pores) que certains tuent des enfants et des innocents, peu importe les raisons qui expliquent ces actes de barbarie, je tente de contextualiser et de comprendre que la peur peut faire faire des actes incompréhensibles. Que je pourrais peut-être faire de même dans une situation similaire.

Si j’ai besoin d’amour, je dois en donner. Et automatiquement, l’amour est là. Si j’ai besoin de paix, je dois la faire en moi et la répandre autour et de plus en plus grand. Par des actions concrètes. On doit se rendre heureux soi-même, mais que la première étape. Car on ne peut être heureux que pour soi seulement. Le bonheur doit être contagieux.

Et même si on sait que la revanche n’est pas une réponse, incontournable d’accepter que certains la veulent tout de même.

La meilleure revanche n’existe pas. Guéris, et ne deviens pas comme ceux qui t’ont blessé.

Un moment donné, au-delà des bonnes intentions, il faut prendre acte et poser des actions concrètes. C’est à cela que je réfléchirai dans les prochaines semaines car

et c’est à chacun(e) de nous de nous mettre au travail pour rendre ce monde meilleur et plus juste. Pour transformer notre révolte en révolution, en réloveution

Aho !

AINSI SOIT-IL

Le coeur tout d’abord. Ensuite seulement le reste. La paix commence par notre propre coeur. Et en principe, quand la paix règne dans le coeur, la tête devrait suivre. Et le reste aussi.

On peut faire de beaux discours, avoir de grandes idées de révolution, penser savoir ce que le monde aurait besoin. Mais les plus grandes révolutions ne peuvent que commencer dans nos coeurs. Le nôtre en particulier. Et peut-être que le monde s’embrasera ensuite. Mais ça ne peut que commencer autour de soi.

Mais pour cultiver la paix en son coeur, il faut tout d’abord arrêter, s’arrêter. Prendre le temps, et s’accepter. Se regarder. Se dire oui. Tel que nous sommes. Avec ce que l’on aime de soi, et ce que l’on aime moins. Surtout ce que l’on aime moins car ça qui a besoin de soin et d’amour.

Pas si compliqué. Et peut-être que la paix ne règnera jamais sur le monde entier car plusieurs prétendus tout puissants là-bas qui vivent de la guerre. Mais tout ce que l’on peut faire est faire de notre mieux maintenant, ici, puis de plus en plus grand autour de soi.

Dit autrement:

Sois simplement une bonne personne. Aime les gens autour de toi, aide où tu peux, et donne ce que tu peux.

CLÉ DE L’HARMONIE 

Je souhaite l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice à tous mes soeurs et frères. 
Avec les forces réunies des vibrations silencieuses de nos pensées, nous sommes forts, sains et heureux, constituant ainsi un lien de fraternité universelle. 
Je suis satisfait et en paix avec l’Univers entier, et je souhaite que tous les êtres réalisent leurs aspirations les plus intimes. 
Je rends grâce au Père invisible d’avoir établi l’Harmonie, l’Amour, la Vérité et la Justice entre tous ses enfants. 

Ainsi soit-il

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Comme disait notre amie Paule, keep the flame alive

MOI MOI MOI & DON DE SOIE

Je suis souvent surprise par le dangereux narcissisme que soutient la réthorique spirituelle qui porte autant d’attention à l’amélioration de son individualité et si peu à la pratique de l’amour au sein de la communauté.
– bell hooks

On vient de clore une grosse année pour notre petite église dans la forêt. Alors pour quelques mois on

hibernera.

Un peu du moins. Car nous sommes déjà à préparer notre voyage au Brésil pour notre pèlerinage annuel en février pour prendre part à la fabrication de notre sacré thé pour l’an prochain. Et comme on adore chanter, on continuera de jouer car comme nos travaux spirituels, chanter n’est pas vraiment du travail pour nous, vraiment pas en fait. La musique est notre pratique et nos hymnes sont nos prières. On vise l’atteinte de l’harmonie, on tend vers l’unisson.

Cette affirmation ci-haut (merci Tamara) reflète assez bien mon observation d’un certain pan de l’industrie du mieux-être et de la spiritualité, de la croissance personnelle, de l’amélioration de soi, comme celle du coaching de vie. Beaucoup d’emphase portée sur nos nombrils personnels, sur les beaux slogans, avec des memes éclairants, beaucoup de beaux mots, mais souvent vides de portée. Et pas toujours backés par des actions qui sonnent et résonnent juste. Beaucoup de beaux tatoos pour redorer les corps, pour marquer son individualité, mais pas toujours autant de remises en question de nos prropres actions.

D’autres part, certain(e)s diabolisent la religion, privilégiant plutôt la spiritualité. Mais au fond, deux mots pas si dissemblables car c’est surtout ce que l’on en fait qui importe, comment on l’incarne. Ce sont nos actions concrètes qui sont les fruits de notre réel travail intérieur. Et ce travail n’en est pas tant un d’ajout, d’acquisition, mais plutôt un travail d’allègement, de délestage.

Ça fait 40 ans que je médite, que je me gratte le nombril, que je cherche dehors – au début – comme dedans – de plus en plus.

40 ans que je marche, cours, gigue et titube sur le chemin de l’amélioration de mon petit moi juste à moi, ce petit moi qui cherche à se perdre dans le grand rien du tout.

Pour me rendre compte qu’il n’y a ni croissance personnelle, ni amélioration de soi, ni de quoi que ce soit, ni de je, ni de petit ni de grand moi. Il n’y a qu’observation. Il n’y a que la vie, ici, la vie qui passe, avec tout et nous tous et toutes dedans. Comme le temps.

Dedans, des pensées, des émotions, des sensations qui vont et viennent, et qui reviennent sans cesse, qui passent et repassent. Certaines semblables et en boucle, d’autres plus légères, plus larges, plus inclusives et plus éclairées. Plus centrées vers les autres.

Dedans, et dehors. Des formes, des guerres, des âmes et des peuples qui se cherchent, qui entrent en collision souvent car on dirait que la dualité que nous incarnons doit s’entrechoquer pour s’éveiller.

Je souligne le domaine de l’amélioration de soi, mais je pense aussi aux nombreux cercles dits de médecines, naturelles ou synthétiques, comme aux nouveaux instituts de guérison psychédélique. Me semble que tout porte sur l’individu, du moins beaucoup. Alors que le travail consiste à se sentir lié(e) et relié(e) avec le reste de la création, en commençant par nos soeurs et frères. À devenir de moins en moins et à servir autrui de plus en plus.

Et de plus en plus aussi, j’apprécie l’apport de Ram Dass au monde de la spiritualité occidentale car il était très porté sur le service communautaire et le travail humanitaire.

Souvent, les prétendus éclairé(e)s, les auto-proclamés êtres spirituels, et je m’inclus dans ce groupe de chosen few, on aime se dire conscient(e)s, mais c’est surtout de nous-mêmes et de notre bien-être dont nous sommes conscients. Le monde autour de notre nombril est relativement petit. Le cercle autour de nous très limité, trop limité. Alors que la conscience ne cherche qu’à prendre de l’ampleur, qu’à devenir une et unie.

Dans la vie on peut soit prendre et/ou donner. Si au début on a davantage tendance à prendre, un moment donné, le don de soi va de soi. Et, si doux, de la vraie soie. Ainsi soit-il.

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L’authenticité est l’alignement de la tête, de la bouche, du cœur et des pieds – penser, dire, ressentir et faire la même chose – de manière cohérente. Cela renforce la confiance, et les adeptes aiment les dirigeants en qui ils peuvent avoir confiance.
~ Lance Secretan

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P.S. J’ai un faible pour les gens qui écrivent leur nom en minuscules telle cette bell hooks. Et cette affirmation en particulier sonne une cloche et m’accroche 😉 pour AG celle-ci

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Et ci-bas, article intéressant sur les rites et les rituels. En ce temps particulièrement sensible sur la terre, utile de revenir à certains essentiels.

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/803982/chronique-homo-ritualis

MES (T)ROIS MAGES

Je suis tellement chanceux, privilégié, 3 cerises royales sur mon ptit Sundae.

Il y a 3 rois mages dans ma vie. 3 personnes qui m’ont guidé chacun à leur façon, et qui le font encore. 3 hommes visionnaires, 3 forces de la nature, 3 sources d’inspiration, 3 guides d’ici et de l’au-delà. 3 présences qui veillent sur moi, en tous cas, moi je me sens sur veillé par eux.

Même si mes trois mages ont quitté leur corps, ils sont toujours aussi présents dans ma vie, peut-être même plus que lorsqu’ils étaient incarnés. Car ils ne sont plus que présence désormais, et partout. Surtout dans mon coeur, parce que je les y invitent, grand ouvert.

Et cette semaine, par hasard, ou pas, c’était leurs anniversaire à tous les 3: Veeresh, le 7, Osho le 11 et aujourd’hui, Mestre Irineu, le 15.

3 Sagittaires. Il y a peut-être quelque chose là. Ami(e)s astrologues ?

J’ai rencontré Osho en 1983 en Oregon. Dès qu’il est entré dans le hall de méditation, où nous étions des milliers, même les yeux fermés et sans savoir qu’il était présent, mon corps a été pris de secousses, je me suis mis à pleurer à chaudes larmes (ce qui a duré pendant des semaines, on and off), c’est comme si un éclair cosmique m’avait frappé. The rest is history. Osho est mon maître spirituel, my beloved master. Osho, c’est une histoire de coeur, une histoire d’amour inexplicable. Et je ne suis pas le seul. Osho a plusieurs lovers. Osho est une présence. Un éclaireur de conscience. Un grand érudit aussi.

Veeresh, lui, c’est en 1988 que je l’ai rencontré. J’étais en route pour aller voir Osho en Inde mais comme il était en transit autour du monde et que tout était incertain, j’ai décidé d’aller passer une semaine ou 2 chez Veeresh en Hollande en attente de clarté. J’y suis resté 2 ans. Et j’y serais resté pour toujours.

J’ai dû revenir au Canada pour prendre soin de ma plus vieille. Mais à mon retour, on a ouvert un centre de formation, la Humaniversity Québec, en lien avec la Humaniversity en Hollande.Et notre amitié s’est développé. Veeresh est venu 5-6 fois ici nous visiter et animer des ateliers fous fous fous. Et notre relation s’est maintenu jusqu’à son décès il y a quelques années. Ça a commencé comme celle d’une figure paternelle, puis un mentor, puis un ami. Friends forever comme il aimait si bien dire.

Veeresh se disait a man of Osho. Moi je peux me déclarer a man of Veeresh.

Il a marqué ma vie comme personne, comme celles de plusieurs personnes. Si la relation avec Osho prenait place davantage dans les hautes sphères, les enseignements de Veeresh étaient au contraire très terre à terre, dans le quotidien, nous montrant un art de vivre vrai et sincère. Veeresh était un maître Zen à sa façon. Iconoclaste, innovateur et daring comme personne d’autre que je connais ni n’ai jamais connu.

Et Mestre Irineu. Mestre pour les intimes.

Encore plus mystérieux qu’Osho et Veeresh d’une certaine façon. Plus actuel et concret aussi car le fait que je dirige un église Santo Daime aujourd’hui a tout à voir avec lui. Jamais je n’avais visualisé cela dans mon plan de carrière – chose que je n’ai jamais eu de toute façon. C’est comme si c’est lui qui dirige l’église, à-travers moi. Ici, le comme est de circonstance car tout est très étrange dans cette relation avec Mestre, si relation il y a. Peu importe le type de relation que cela peut être.

Quand je dirige les travaux (le nom de nos cérémonies), je dois rester à l’écoute, à son écoute. Car oui, en quelque sorte, c’est lui qui guide, et il me parle, du moins ça me parle. C’est lui le vrai chef d’orchestre.

Mestre a eu une vision et il a reçu une mission. Au coeur de l’Amazonie il y a de nombreuses années. Si Mestre est très masculin, un grand homme à la peau noire mesurant plus de 7 pieds vivant pieds nus, fils d’esclave, il entretient un contact direct avec la nature, et avec la nature féminine aussi. Il a reçu ses ordres de la Reine de la Forêt. C’est Elle qui lui a dicté ce qu’il devait faire.

Même si il a vécu loin d’ici, et à une autre époque, Mestre se manifeste encore concrètement ici et maintenant régulièrement. Il y a quelques années, nous étions dans une cérémonie avec des gens qui ne savaient rien de lui, ni du Santo Daime. On chantait ses hymnes et tout à coup, une femme s’est levée et a dit qu’un grand homme noir s’adressait à elle. Après la cérémonie, quand on lui a montré la photo de Mestre, à son grand étonnement, elle a confirmé que c’était lui. Bemvindo dans l’univers de Mestre !

Aussi, l’autre jour, en préparant nos 2 travaux du week-end qui vient, j’avais besoin d’inspiration car beaucoup à faire et souvent, en préparant de tels travaux, on a besoin d’une aide divine, de guidance. Alors un matin, je lui ai demandé un ptit coup de pouce – sauf que parfois il donne des coups de pied quand on demande des coups de pouce – je tombe sur ceci, (document confirmant son année de naissance car il y a longtemps eu malentendu à ce sujet):


et cette affirmation qui accompagnait l’image:
Acte original du Maître, prouvant ainsi l’année de naissance controversée 15/12/1892 🙏✡️🇧🇷
Mestre Irineu et sa nouvelle identité
On sait que Raimundo Irineu de Mattos a très tôt changé son nom en Raimundo Irineu Serra, abandonnant le nom de son père pour adopter le nom de sa mère.
Ce changement reflète probablement des tensions et une rupture avec la figure paternelle, dues à la séparation de Sancho Martinho de Mattos de Joana, abandonnant la coexistence avec ses enfants.

Clin d’oeil tu dis ? Il y a quelques années, dans un travail à notre église au Brésil justement, j’ai reçu le message que je devais changer mon nom de famille de celui de mon père (Dion) pour celui de ma mère (Supino) car il n’a jamais été très présent ni bienveillant pour la famille et aussi afin de faire vivre le nom de ma mamma italiana.

Que deux exemples du grand mystère de cet homme grand qui a vécu en Amazonie au siècle dernier et qui vit toujours aujourd’hui dans le coeur de milliers de personnes, au Brésil surtout, mais partout dans le monde aussi, dont le ptit mien ici à Vale da Vida. Quand on ouvre à Mestre, il faut lui faire beaucoup de place car il en prend. Et parfois aussi se tasser du chemin pour le laisser passer. Comme ça avec un maître.

Alors je vous ai présenté mes 3 Rois mages et sages. Qui continuent de me guider, de m’inspirer. Quand je ferme mes yeux et que je fais silence, je demande toujours leur aide. Quoi que je fasse je me demande comment eux le feraient. Mes pères spirituels et mes repères matériels.

Pas très populaire en cette ère d’individualisme de prétendre suivre (écouter serait plus juste) des maîtres, avoir un gourou, ou s’inspirer de mentors, ni même de demander conseil en fait bien souvent. On aime faire les choses à sa façon, par soi-même. Indépendance. ME, myself et ma petite personne avant tout le reste. Ego.com.

Bien sûr que nous sommes toujours les premiers responsables de notre vie, mais de nombreux sages et inspirantes personnes ont marché ce chemin avant nous et si on ouvrait un peu sur notre réceptivité, avec humilité et discernement, tant d’errements que l’on pourrait éviter. Même si les errements font inévitablement partie du chemin et de l’apprentissage.

Car il revient toujours à soi d’interpréter et d’appliquer les leçons et messages en provenance d’autrui. À partir du coeur, et dans le but de prendre soin de soi comme des autres.

Tant de gratitude en mon coeur pour ces trois êtres que j’ai eu l’immense chance de croiser, même si je n’ai jamais rencontrer Mestre de son vivant. Qu’un léger détail considérant sa magnitude.

Cette grosse semaine des 3 fêtes pour moi se conclue ce week-end avec nos deux derniers travaux dans le cadre desquels on chantera les 129 hymnes de Mestre Irineu.

Et autre petit clin d’oeil de la vie: il y a quelques années, une amie me demandait quel était la date d’anniversaire de notre petite église Santo Daime dans la forêt boréale. Sincèrement, je n’en avais aucune idée, n’ayant jamais porté attention à ce détail. Quand je suis allé voir dans mes courriels, j’ai réalisé que nous avons reçu notre exemption de la part du gouvernement du Canada pour opérer légalement notre église le 15 décembre 2018, le jour même de l’anniversaire de Mestre. Jamais 2 sans 3.

au sujet de Mestre Irineu:
https://chacruna.net/mestre-irineu-ayahuasca/


POST PENSÉE

Je pense 99 fois et je ne trouve rien. Puis j’arrête de penser, je nage dans le silence, et la vérité m’apparait.

Que ce soit Einstein ou pas, on s’en fous-tu ? Ces mots sont tellement riches de sens.

Car plus je cherche, plus je réalise que ce que je cherche vraiment, ce que je désire au plus profond de mon être ne peut être contenu dans un set de lettres, ne peut se traduire par des mots, ne peut fitter dans une conceptualisation. La vie n’est pas qu’un jeu de scrabble.

En fait, depuis plus de 40 ans, j’ai tellement cherché que je n’ai plus envie de chercher. Je me suis épuisé à chercher, notamment dans les mots. Un doctorat et quelques baccs et maîtrises m’ont amené à réaliser que les mots ne peuvent que contourner l’ultime réalité, que tourner autour du pot. La lecture de milliers de livres sur divers sujets qui m’ont bourré le crâne mais non le coeur n’ont pas étanché ma soif. L’écriture de milliers de chroniques depuis 12 ans m’ont un peu vidé la tête et renseigné sur ce qui dort en moi mais rien d’essentiel n’a été dit.

Désormais, j’ai juste envie de m’arrêter, de me la fermer et d’écouter. Envie de contempler, de voir ce qui émerge en moi quand j’observe le monde.

Envie de chanter aussi davantage que de parler. Chanter seul et avec mes ami(e)s.

Oh, parler encore un peu quand même car il le faut parfois, mais parler à partir du coeur, et parler au coeur des gens. Parler pour prendre soin, parler pour tisser un lien entre votre humanité et la mienne, celle que l’on partage, celle qui nous unit.

Continuer à écrire car j’aime la danse des mots, mais de plus en plus poétiquement. Écrire par images, par paraboles. J’aime la danse des mots qui parfois se bousculent à la sortie au bout de mes doigts pour aller prendre l’air et se manifester sur mon écran. Pour se révéler à eux-mêmes et me révéler à moi ce qui bouille en moi. Ce que je vous présente ici sans trop de censure.

Écrire non pas parler de moi, ni pour décrire ma personnalité, mon enveloppe. Non. Écrire pour trouver un chemin jusqu’à vous, jusqu’à la partie la plus intime en vous, la même qui vit en moi. Là où se cache le silence en vous, le même silence qui se cache en moi et qui me meut, m’émeut. Écrire pour me faufiler jusqu’à vous.

Comme vous, j’ai pensé et pensé sans compter depuis que j’ai développé la capacité de la faire. Des milliards de pensées en boucle. Et comme vous, je suis à arriver à ce cul-de-sac, ici, maintenant, qui nous ramène toujours inévitablement à ce silence qui englobe tous les mots, ce silence qui avale toutes les lettres de tous les langages, et dans toutes les langues de toutes les bouches.

Ce silence qui, comme la musique et la beauté, nous unit dans notre humanité partagée.