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S’ÉLEVER JUSQU’AU COEUR

Si tu veux la lune, n’évites pas la nuit.
Si tu veux une rose, n’évites pas les épines.
Si tu veux l’amour, ne te détournes pas de toi-même.
– Rumi

Je n’ai pas le droit de m’appeler celui qui sait.
J’étais quelqu’un qui cherche, et je le suis encore, mais je ne cherche plus dans les étoiles ni dans les livres; je commence à entendre les enseignements de mon sang battre en moi.
Mon histoire n’est pas agréable, elle n’est pas douce ni harmonieuse comme les histoires inventées ; elle a un goût de folie, d’égarement et de rêve, comme la vie de tous les gens qui ne veulent plus se mentir.
~ Hermann Hesse

Quand on veut apprendre à se connaître dans sa totalité, aller au fond de soi, tout tout tout connaître de soi, on doit jouer le tout pour le tout, vivre totalement, all-in.

On doit oser tout regarder – et tout voir – à-propos de soi-même. Fouiller dans tous nos racoins, nos tous les fonds de tiroirs de notre âme, et de notre psyché. Surtout les plus sombres, les plus loins et profonds, voir toutes ses ombres, et permettre de laisser remonter à la surface tout ce qui vit au plus profond de soi. Pas toujours facile à faire mais incontournable. Et beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Quand on entame l’interminable chemin de la re/découverte de soi, on doit passer à-travers cette personnalité dans et par laquelle on voyage en cette existence. Et on ne sait jamais vraiment dans quoi on s’embarque. Mais une fois entrepris, le voyage ne peut s’arrêter.

Nous qui sommes si avides et friand(e)s de lumière et de menoum menoum devront inévitablement à un certain point confronter nos ombres, travail de découverte qui n’est jamais tout à fait complet ni complété. Toute ombre devra inévitablement faire face à la lumière pour s’y révéler, puis s’y fondre.

Cette phrase de Hermann Hesse est particulièrement inspirante: Je commence à entendre les enseignements de mon sang battre en moi.

Pas seulement entendre son propre coeur qui bat, mais jusqu’à son sang qui circule partout dans notre corps.

Si juste et éclairante citation.

Car après un certain temps, on réalise que ce que l’on cherche ne peut se trouver à l’extérieur de soi. Si on contemple les étoiles, ce n’est que pour réaliser que nous n’en sommes que poussière et tout petit(e) en cette immense existence.

Vient un moment où l’on réalise que pour se connaître réellement, on doit fermer ses yeux, ouvrir son coeur et plonger en soi. Plonger en soi, en ouvrant tout grands les yeux, en respirant profondément, sans se boucher le nez, car c’est aussi en sentant que l’on découvre certaines zones d’ombre qui sommeillent au plus profond de nous. En sentant et en ressentant. En écoutant, patiemment. En attendant, sans s’attendre à rien. Une respiration à la fois. Chaque respiration dans la foi.

Osant tout vouloir voir et regarder, sentir et ressentir. Permettant à tout ce qui émerge d’être vu, reconnu et abandonné. Surtout ce sur quoi on voudrait fermer les yeux, détourner le regard.

Car ce n’est qu’en portant attention que l’on peut voir, sentir et connaître, re-connaître.

Bon voyage !

LÈCHE-VITRINE EXISTENTIEL

La plupart d’entre nous sommes à la recherche de quelque chose. Quelque chose de plus, de plus beau, de plus doux, de plus paisible. Quelque chose en dehors de nous.

Quelque chose ou quelqu’un(e). Une chose, une personne, un groupe, un état, un lieu, ou encore des conditions particulières. Plus d’argent, de confort, d’aisance ou de jouissance. Rien en soi de problématique avec la recherche du mieux pour soi et nos proches. Et on devrait inclure le monde entier au bout de notre liste. Pour le bien du plus grand nombre.

Toute notre vie durant, nous parcourons le vaste monde à la recherche de ÇA, de soi, du bonheur, de la paix, de Dieu ou du grand Esprit, name it.

J’aime la parabole qui veut que les humains cherchent la clé de la sagesse et de la plénitude partout dans le vaste monde alors que c’est dans notre propre coeur qu’elle a été déposée. Tout simplement. Juste ici. Là. En notre propre coeur.

Suffirait alors peut-être de tout simplement fermer les yeux et de plonger ? Ou plutôt de s’y laisser descendre. Tout doucement. Une respiration à la fois.

Se laisser descendre en soi, mais aussi faire preuve de patience car avant d’arriver au coeur du coeur, au coeurs de soi, on doit calmer le mental, le fameux petit hamster qui est convaincu de devoir s’essouffler à mort avant d’arriver au trésor, au joyau.

Et de plus, en ce monde de matérialité, on doit gagner sa vie. Et souvent on s’y perd. On s’essouffle à tout simplement tenter de joindre les deux bouts. Même ceux et celles qui en ont en beaucoup en veulent encore et toujours plus.

Et désormais, il est possible de faire du lèche-vitrine existentiel en ligne. Virtuelle quête spirituelle à travers un écran. En seulement 3 versements. Quand au fond, tout ce que l’on doit faire, c’est arrêter et respirer. Et attendre l’innattendu.

Et peut-être qu’au lieu de chercher, on devrait simplement trouver ce qui est déjà ici ?

Pour cela que j’apprécie tant le Zen. Aucune promesse. Qu’un oignon à déshabiller. Une pelure à la fois. À l’infini. Jusqu’au néant.

Le Zen ne vous apporte rien, au contraire il ne fait que retirer toutes les pelures de l’oignon et vous dit: Regarde, voilà ce que tu es, un pur néant.
– Osho

TÊTE À COEUR

Ce sont les pensées et les interprétations du mental qui nous incitent à fermer notre coeur.
– Adyashanti

Enfant, personne ne nous a jamais dit que la cohabitation entre la tête et le coeur serait une marche dans le parc, ni toujours aisée, ni harmonieuse et flowing. L’un de nos grands défis d’être humain d’apprendre à faire co-habiter la tête et le coeur. La grande faille de la dualité humaine. Apprendre à laisser cohabiter le coeur et la tête est une travail d’artiste es présence, la tâche d’une vie. À apprendre à chaque jour car jamais acquise.

Les deux sphères se préoccupent de choses différentes: la tête pense, planifie, calcule, prépare, et regarde en avant. La tête tente de faire du sens de tout ces ceci et ces cela. Une épée qui doit parfois trancher, prendre position, décider. Même si parfois elle tourne et spin dans l’ambivalence.

Tandis que le coeur est une éponge qui pulse, qui gobe, qui bat le rythme de la vie, qui émane l’amour. Ouvert, il goûte, savoure, sent et ressent. Fermé, il se sert, a peur et étouffe. Le coeur est le carrefour giratoire des mondes matériel et spirituel. Par là que tout passe, à chaque battement, chaque pulsation. Notre point d’ancrage en cette existence terrestre. Poupoum poupoum. Quand on ne sait plus où donner de la tête, on trouve refuge en son coeur.

En fait, la tête comme le coeur pensent et pansent: la tête avec un E et le coeur avec un A. L’Amour avec un grand A.

La tête n’en finit plus de penser, rien à faire pour la stopper, c’est son travail, sa fonction, soit de laisser les idées rouler et de les observer, et, si possible, de les organiser pour faire sens, pour construire un sens parmi tout ce qui passe en nous comme en dehors. Pas facile, particulièrement ces temps-ci.

De son côté, le coeur aime, le coeur berce, le coeur dit oui et cherche à rejoindre: la vie, les autres, le tout. Et quand il panse, ce sont les plaies émotives davantage que les concepts que le coeur guérit.

Avec le temps, j’ai de plus en plus l’intuition que le coeur constitue le siège véritable de notre âme, le fil doré qui nous lie et relie au reste de l’existence, au coeur du monde. Là que résiderait notre sagesse ancestrale, la bagage d’expérience que nous transportons de vie en vie si tel est le cas, à partir de là que l’on garderait un fil avec notre lignée, avec la source.

D’ailleurs, selon Annie Marquier, dans le coeur se situerait un deuxième cerveau, contenant un système nerveux indépendant et bien développé, avec plus de 40 000 neurones et un réseau complexe et dense de neurotransmetteurs, de protéines et de cellules d’appui. Et que grâce à ces circuits élaborés, il peut prendre ses propres décisions et passer à l’action indépendamment du cerveau. On dit aussi qu’il peut apprendre, se souvenir et même percevoir grâce à quatre types de connexions qui partent du cœur et vont vers le cerveau de la tête.

Pas fou le coeur.

Quant à savoir qui doit être le pilote et/ou le co-pilote, là n’est pas nécessairement la question. Chaque centre a un rôle précis. Certaines personnes sont davantage rationnelles et intellectuelles, des penseurs/ses, d’autres davantage des gens de coeur et d’émotions, des aimant(e)s. Le défi consiste pour chacun(e) de nous à trouver un équilibre confortable en soi-même, pour pouvoir marcher sur deux pieds.

De la tête au coeur, et du coeur plein la tête.

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Gardez vos pensées positives parce que vos pensées deviennent vos mots.
Gardez vos mots positifs parce que vos mots deviennent votre comportement.
Gardez votre comportement positif car votre comportement devient vos habitudes. Gardez vos habitudes positives car vos habitudes deviennent vos valeurs.
Gardez vos valeurs positives car vos valeurs deviennent votre destin.
– Mahatma Ghandi

ÊTRE, TOUT SIMPLEMENT

Comme on dit: qu’est-ce qu’on fait quand on ne sait plus quoi faire ? Et où va-t-on quand on ne sait plus par où aller ?

On dit que le vrai voyage d’une vie ne peut se faire que sur place. Par en dedans. En soi. Ici. Maintenant. Comme le veut la formule consacrée. Mais parfois on doit faire tout le tour de la boule pour revenir à ce simple constat.

Quand on est (plus) jeune, il est tout naturel de vouloir découvrir le vaste monde. On veut voyager à l’horizontal, découvrir de nouveaux horizons, voir de nouvelles contrées, rencontrer de nouvelles personnes et vivre de nouvelles expériences. On cherche par en dehors.

Mais avec les années, ou face à certaines épreuves qui nous précipitent en nous, un autre monde s’ouvre à chacun(e), en chacun(e), petit à petit ou subitement. Le monde du coeur, celui de l’âme, celui de l’introspection. Ce monde que l’on dit intérieur. Et alors, peu importe où nous nous trouvons, nous avons tendance à toujours être ici, à n’être qu’ici. Et pas ailleurs, et ni plus tard que maintenant. À tenter de squeezer tout le jus de chaque moment. Et en même temps, en en faisant de moins en moins quoi que ce soit pour obtenir quelque chose.

Par ailleurs, il n’y a rien à faire pour entrer en soi, suffit d’arrêter d’en sortir, de se disperser en dehors de soi, de se projeter sur et dans le vaste monde. Ou en d’autres mots, arrêter de vouloir être à la recherche de plus en plus de quoi que ce soit, que ce soit de bonheur, de sensations, de quelque chose ou même de rien. Car si certain(e)s en veulent toujours plus, d’autres peuvent en vouloir toujours de moins en moins. Ce qui revient peut-être au même tant que le vouloir est présent.

Même dans le domaine de monde intérieur, certain(e) sont en quête d’illumination, de réalisation, de transcendance de l’égo. L’égo qui veut se débarrasser de lui-même, la joke ultime.

J’ai moi-même longtemps couru sur ce chemin qui semble toujours vouloir aller plus loin et plus vite à mesure qu’on l’entreprend – pour arriver nulle part tant que l’on avance en cette existence. La fameuse carotte qui avance toujours aussi vite que soi, et même parfois un peu plus vite on dirait.

Mais avec le temps, par lassitude, par perte d’intérêt, par déception répétée ou par maturité, les envies et les désirs diminuent, s’amenuisent, s’essoufflent, rapetissent et ratatinent. Ne reste que l’envie d’être, tout simplement, dans le moment, là où nous sommes actuellement. Pas ailleurs, qu’ici, car ici que la vie nous a placé pour le moment.

Simplement être. Ni même bien ni mal, car on finit aussi par comprendre que le fameux couple bien et mal ne sont que deux facettes de la même médaille du jugement, de la catégorisation.

Le monde extérieur semble en péril ces temps-ci. Si certain(e)s éprouvent de l’éco-anxiété face à l’état actuel du monde, chez d’autres, ce constat semble créer une forme de désespoir, comme une course par en avant. Tant qu’à rentrer dans le mur, allons-y vite semblent se dire certain(s).

Alors devant l’adversité, soit on fonce et on sort de soi, soit on entre en dedans. Et on monte, et on descend, on fouille, on sent et ressent. Sans juger, sans bouger ni courir. En vivant, tout simplement, ce qui se vit.

Avec la tête en liesse, les pensées ne prenant jamais de pause, mais en s’ancrant ailleurs, dans le coeur, là où le temps s’arrête, là où le temps n’existe pas en fait.

Et hop, au boulot. L’heure du vrai travail a sonné.

NI CECI NI CELA TOUT ÇA

Chacun(e) de nous portons un regard particulier sur le monde qui nous entoure. Un regard qui nous est propre, brouillé par nos conditionnements, nos expériences de vie, notre éducation et notre culture, desquelles découlent nos valeurs et nos croyances.

Ces valeurs et croyances forment une sorte de filtre qui distortionne le regard que nous portons sur le monde, ce regard qu’on fait porter au monde. On ne voit donc pas vraiment les choses et les gens autour de nous, on voit surtout ce que l’on pense et ce que l’on croit à propos du monde et des gens.

Certain(e)s aiment penser qu’il existe une seule et unique vérité universelle, une seule et même réalité. Mais je crois qu’il serait plus juste de penser qu’il existe des milliards de petits monde, qui co-existent en un seul et grand monde. D’où les différentes perceptions de ce même et apparemment unique monde.

Des milliards de mini multivers sur 2 et 4 pattes, en ce même vaste univers.

Quand on accepte cette possibilité, car c’est ce qu’est le monde, une myriade de possibilités diverses et de points de vue différents, cette idée nous aide à respecter les points de vue qui divergent du nôtre car il n’y en a aucun autre identique au nôtre. Chaque son poste d’observation unique en et sur ce vaste monde.

Bien sûr on sait déjà cela vous et moi.

Il ne nous reste qu’à le réaliser, qu’à le rendre réel, qu’à incarner cette évidence. Et à écouter et entendre d’où partent les gens en eux et elles quand ils et elles s’expriment au sujet du monde, avant et plutôt que de réagir. Pour être en mesure de répondre.

Je postais ces mots d’Alaric Hutchinson l’autre jour qui veulent pas mal dire la même chose: L’amour, c’est être en mesure de percevoir une situation sans la diviser en dualité.

Alors l’idée est peut-être tout simplement de retrouver l’amour du regard originel afin de clarifier notre regard pour enfin voir le monde tel qu’il est.

Avec les yeux du coeur ?

L’essentiel est invisible pour les yeux; on ne voit bien qu’avec le coeur. 
– St-Exupéry via Anand Gyan

L’AMOUR, QUE L’AMOUR

Tu dois réaliser que rien ne t’appartient en ce monde. Tout ce qui t’entoure n’est que temporaire, tout passera. Seul l’amour que tu portes en ton coeur durera pour toujours.
– Sakino Sternberg

On envie souvent les riches, le fameux 1 %, ceux et celles qui possèdent beaucoup: beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, beaucoup de choses diverses, comme la prétendue gloire aussi, dont on pense qu’ils/elles en jouissent.

Mais toutes ces choses qu’on pense posséder vont finir par disparaître. Et ces choses qu’on pense posséder, au fond, ce sont peut-être elles qui nous possèdent.

Les gens qui ont beaucoup, trop souvent même, ceux et celles qui possèdent tant, eh bien on pense qu’elles sont sécurisé(e)s par leurs apparentes possessions (temporaires). Mais probablement qu’ils et elles ont peur – consciemment ou pas – face à la perte éventuelle de ces dites choses.

Yuval Noah Harari dit d’ailleurs (ce que j’en comprends du moins) dans Homo Sapiens que c’est lorsque les humains ont commencé à s’approprier la terre qu’ils en sont devenus prisonniers.

D’autre part, on dit que certaines personnes sont tellement pauvres que tout ce qu’elles possèdent dans la vie est de l’argent.

Évidemment qu’avoir assez d’argent pour subvenir à ses besoins est primordial. Tant de personnes n’en n’ont même pas tant. Mais on a souvent tendance à en vouloir plus que juste assez. Nature humaine dit-on.

Pourtant.

On dit depuis longtemps que l’argent ne fait pas le bonheur. L’argent en soi ne veut rien dire. Si on ramène à son plus petit dénominateur commun, l’argent signifie notamment liberté, autonomie, sécurité, confort, bien-être et plaisir. Mais quand on en manque, ça prend toute la place.

En terminant, pour les amateurs/trices de non-dualité : l’amour, c’est être en mesure de percevoir une situation sans la diviser en dualité. – Alaric Hutchinson

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Love is not a relationship, it is a state of being.
– Osho

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L’amour est une rose
Si vous voulez vraiment connaître l’amour, oubliez l’amour, souvenez-vous de la méditation. Si vous voulez faire entrer des roses dans votre jardin, oubliez les roses et prenez soin du rosier. Nourrissez-le, arrosez-le, veillez à ce qu’il reçoive la bonne quantité de soleil, d’eau. Si tout est pris en charge, les roses sont destinées à arriver au bon moment. Vous ne pouvez pas les amener plus tôt, vous ne pouvez pas les forcer à s’ouvrir plus tôt et vous ne pouvez pas demander à une fleur de rose d’être plus parfaite.

Avez-vous déjà vu une rose qui n’est pas parfaite ? Que veux-tu de plus? Chaque rose est parfaite dans son unicité. Danser dans le vent, sous la pluie, sous le soleil – ne voyez-vous pas l’immense beauté, la joie absolue ? Une petite rose ordinaire rayonne de la splendeur cachée de l’existence.

L’amour est une rose dans votre être, mais préparez votre être. Dissiper les ténèbres et l’inconscience. Devenez de plus en plus alerte et conscient(e), et l’amour viendra de lui-même, en son temps. Vous n’avez pas à vous en soucier. Et chaque fois qu’il vient, il est toujours parfait.

L’amour est une expérience spirituelle – rien à voir avec le sexe et rien à voir avec les corps, mais quelque chose à voir avec l’être le plus profond.

Mais vous n’êtes même pas entré dans votre propre temple. Vous ne savez pas du tout qui vous êtes et vous posez des questions sur l’amour. Sois d’abord toi-même ; connais-toi d’abord toi-même – et l’amour viendra comme récompense. C’est une récompense de l’au-delà. Il pleut sur vous comme des fleurs, remplit votre être. Et cela continue à vous submerger, et cela apporte avec lui un énorme désir de partager. Ce partage ne peut être indiqué dans le langage humain que par « amour ». Cela ne dit pas grand-chose, mais il indique la bonne direction. L’amour est une ombre de vigilance, de conscience.

Je vous apprends à être plus conscient(e). Et l’amour viendra à mesure que vous deviendrez plus conscient : c’est un invité qui vient, qui vient inévitablement à ceux qui sont prêts et préparés à le recevoir.

– Osho

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Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera.
– Sagesse bouddhiste

OH FEU

Pendant que le monde brûle autour de nous, nous, on continue nos petites vies.

Quoi faire d’autre de toute façon ? Bien sûr, les images que l’on voit des flammes et de la fumée nous ébranlent, et nous font apprécier que ça ne soit pas nos maisons à nous.

Mais que peut-on faire devant ces catastrophes ?

Pendant que des villages entiers sont déplacés, que les maisons de certain(e)s de nos concitoyen(ne)s risquent de disparaître dans les flammes, nous, on regarde ça dans nos écrans et on se sent bien impuissants.

Si l’éco-anxiété augmente, comme certaines conséquences de nos habitudes devant plus réelles, nous tardons à changer nos habitudes. On voyage encore autant qu’avant, on consomme encore des tonnes de ce fichu plastique qui ne disparaîtra pas de sitôt, on roule en solo la plupart du temps et la plupart d’ente nous.

Bref, on fait comme si de rien n’était. Mais quelque chose est, et se passe.

Mais concrètement, à part faire du compost, recycler et limiter nos achats de bébelles neuves, que peut-on faire ? Car c’est structurellement qu’il nous faut changer, et ça ça ne change pas si vite. À moins d’être acculés au pied du feu.

Le monde est à feu et à flammes et nous on est sur Fb, on regarde nos écrans – qui ont remplacé la tivi – on continue avec la vie, avec notre ptite vie.

Bien sûr on doit vivre le moment présent, que cela qu’on ne peut vivre. Car toujours fraîche et actuelle la vie. Mais il nous fait tenir compte des risques qui nous guettent.

Un bien beau tango existentiel qu’on doit apprendre à danser. À l’abri du feu, pour le moment.

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N’emprisonnez pas les gens dans votre mémoire.
Les circonstances ne se répètent jamais ; la vie ne se répète jamais.
… Vivez dans votre entourage comme pour la première fois.
Être sans qualifications.
Dans cette nudité tu es belle et chaque instant est plein de vie.

– Jean Klein, Qui suis-je, via Dominique Gottofrey sur FB

ESPRIT SAIN

Tous les esprits du monde du font qu’Un. En fait, la conscience unique se déploie dans tous les êtres.
– Erwin Schrödinger via Chay Tana Prince Wao

Le Grand Mental – ou l’esprit, ou le plein potentiel de notre capacité de faire des liens et de nous situer dans l’univers – constitue notre porte d’entrée vers le reste de la création. Mais en même temps, le petit mental qui a peur et qui pense qu’il sait peut nous enfermer.

Ramana Maharshi décrit bien cette double fonction ici à mon avis: Mind is infinite consciousness, the feeling of limitation is the work of the mind.

Si je tente une traduction naïve, j’avancerais quelque chose comme : L’esprit est la conscience infinie mais le sentiment de limitation est son travail en vase clos. Si des traducteurs(trices) professionnel(le)s posent leur yeux ici, tout aide est bienvenue.

Je remercie Chay Tana Prince Wao pour avoir posté la citation ci-haut en réponse à cette citation de Max Planck que j’ai utilisée comme base de réflexion il y a quelques jours.

Je considère la conscience comme fondamentale. La matière découle de la conscience. On ne peut se détourner de la conscience. Tout à propos de quoi nous parlons, tout ce que l’on considère exister, implique la conscience. – Max Planck

Il existe en effet un certain lien entre les mots des deux hommes. La conscience notamment. La conscience plus grande que notre petit moi, notre capacité de concevoir le liant entre tout ce qui vit, dont nous faisons partie. La part du grand Mystère en nous. Ce qui ne sépare pas, ce qui ne discrimine pas, ce qui inclut tout, ce qui voit large.

Le mind, qu’on traduit parfois soit par mental ou par esprit en français, déjà une drôle de situation langagière et position ambigüe s’il en est une, constitue une drôle de machine. Capable du meilleur comme du pire. Comme l’impression d’ailleurs que nos intuitions sont modulées par ce sain esprit en nous.

Si le terme mind se traduit autant par mental que par l’esprit, j’ai comme l’impression que le mental constitue sa partie limitative de la machine à pensées, alors que l’esprit est ce qui nous ouvre au reste de l’univers, notre récepteur/émetteur divin. L’Esprit sain serait la partie ouvrante du mental.

Si je comprends bien aussi les mots de Schrödinger, il n’y aurait qu’un seul Grand Esprit, dans lequel tous les petits fusionnent, se retrouvent.

Comme vous voyez, je m’avance vraiment à tâtons ici dans la sphère de la conscience et du rôle de l’esprit/mental/machine à faire sens, name it comme vous voulez.

Mais je lance surtout ce court texte de questionnement et de réflexion, et ces 2 citations, comme une base commune de réflexion. Tout feedback qui alimentera la discussion est bienvenu.

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The brain has in the mind
– Bruce Lipton

MOMENT PRÉSENT PASSÉ EN DEVENIR

La vérité ne peut jamais être une expérience antérieure; c’est sa beauté, elle est toujours fraîche, nouvelle, jamais ce qui s’est déjà passé auparavant. – J. Krishnamurti

Ah ce fameux moment présent. Ce St-Graal existentiel qui contiendrait toutes les vérités du monde.

Quelle belle et grande illusion. Car le moment présent n’est qu’un éternel et bref passage d’un temps qui n’existerait même pas. Chaque moment ne serait qu’une futile glissade dans le vide, qu’une escapade de pensées et d’émotions défilantes, qu’une apparente réalité matérielle en constante mutation. Lent glissement de temps peut-être, mais réelle transmutation sans cesse en cours. Et ce qui est maintenant ne sera plus bientôt. Comme ce qui a été et qui n’est plus et ne sera plus jamais.

Comme nous, le moment, qui n’est que subtil mouvement d’apparence constamment en train de passer, toujours un peu dépassé. Nous sommes toujours un peu en retard sur le moment qu’on dit présent. Dès qu’on pense le saisir, le moment est déjà passé, parti, évaporé. Et le prochain est déjà en train lui aussi de nous glisser entre les mains plus vite qu’on puisse le réaliser.

On pense qu’avec les années, qu’avec l’expérience, on a acquis de la sagesse. On pense que parce qu’on a vu beaucoup d’eau couler sous les ponts, on sait plus qu’avant ce qu’est l’eau. Ou un pont. Plus qu’avant, ou plus que les autres. Car notre connaissance a souvent besoin de l’ignorance des autres pour se mesurer.

Mais la vérité, ou l’une d’entre elles s’il en existent plusieurs, est qu’on ne sait rien, on ne saisi vraiment rien, on ne comprend rien pour de vrai. Et probablement, ou possiblement, qu’on ne saura jamais rien de plus que ce qu’on ne sait pas en ce moment. On peut quand même imaginer.

Car le grand mystère ne peut – et ne pourra – peut-être jamais être compris, il ne peut qu’être avalé, ou on ne peut que s’y perdre, s’y engloutir. Se laisser prendre par le mystère.

On n’a aucune idée de la grandeur ni de l’immensité du grand mystère nous entourant comme celui vivant en soi. Moi le premier. Ou ce n’est peut-être que moi qui ne sait rien, qu’en sais-je ?

J’écris plusieurs matins par semaine et je n’ai aucune certitude quant à ce que je dis. J’aime écrire pour réaliser mon ignorance. C’est exactement pour ça d’ailleurs que j’écris, en fait possiblement, car aucune certitude face à rien ai-je dit précédemment, vous voyez comme j’ai la mémoire courte. Je dois me le rappeler à moi-même car souvent je pense savoir. Si je savais, je me tairais, je me terrerais dans mes terres et je ne dirais rien. Je serais.

J’écris pour réaliser que je ne sais rien, ou si peu. Car savoir qu’on ne sait pas est la première des choses à savoir tel que nous le rappelaient Socrate, Platon et Jean Gabin. Et la dernière aussi peut-être. Mais même ça, je ne le sais pas. Mais est-ce que le diable s’en doute ?

Dès qu’on se fie sur ce que l’on a déjà vécu, déjà su, déjà vu, on ne sait plus car ce que l’on est maintenant ne se trouve qu’en ce moment, moment totalement inconnu, jamais vécu auparavant. Jamais vu. Tout neuf moment. Qui requiert présence fraîche, présence neuve.

Qui suis-je ?

Entre qui j’étais et qui je serai. Pas davantage. Peut-être tout au plus une petite flame de présence qui observe ce moment s’écouler dans le sablier du grand mystère. Peut-être.

Que sais-je ?

Ce que je pense savoir, ce qu’on m’a dit, ce que j’ai lu, ce que j’ai déjà vécu. Un peu de tout ça mais en même temps rien de tout cela. Car si je ne sais rien, je ne sais même rien du rien que je ne connais pas.

Ignorant de ma propre ignorance. Est-ce un bon début ou une fin en soie ? En dentelle peut-être.

Ah ce moment.

Déjà passé, pas encore ici.

Qu’un bref espace entre les deux.

À l’infini.

GENTILLESSITUDE

La gentillesse est la qualité que je considère la plus essentielle chez quelqu’un, devant le courage, la bravoure, la générosité ou quoi que ce soit. La gentillesse, ce simple mot. Être gentil(le), ça couvre tout. Être gentil(le).
– Roald Dahl

La gentillesse est un thème qui pop up régulièrement ces temps-ci pour moi. D’ailleurs, pas la première fois que je fasse bla bla à ce sujet. (https://atisupino.com/2023/05/25/puissante-gentillesse/)

La gentillesse me semble sous-estimée en cette époque de grande gueullitude, d’arrogance médiatique, de critique à tous vents et d’échanges de gros mots rugueux sur les réseaux anti sociaux.

On peut avoir avoir tendance à penser que la gentillesse signifie être gentil gentil, bonasse, ne pas exprimer sa vérité ou tout gober.

D’ailleurs quelqu’un a posté ceci en commentaire à ma plus récente chronique traitant de gentillesse.

L’honnêteté sans gentillesse n’est que brutalité alors que la gentillesse sans honnêteté est manipulation. Bien sûr, plusieurs réserves et nuances peuvent apportés au concept de gentillesse. Comme à tout.

Mais qu’est-ce que la gentillesse au juste ?

Le Larousse nous offre comme première définition: qualité d’une personne aimable. Aimable souffre un peu du même problème que le terme gentillesse. Mais si par aimable on veut dire capable de s’aimer soi-même tout d’abord, il en découlera que l’on peut, dans la même mesure, être capable d’aimer autrui.

Le terme anglais pour aimable, lovablelove able – me semble plus juste: capable d’aimer, capable d’amour.

Le Larousse propose comme synonymes à gentillesse : affabilité, agrément, amabilité, attention, bienveillance, bonté, complaisance, délicatesse, égard, empressement.

Plusieurs de nos jours veulent être illuminé(e)s, (re)connu(e)s, fameux, riches ou célèbres. D’autres veulent frondeurs, osé(e)s, innovateurs/trices, sortir des entiers battus.

Mais peu veulent être gentil(le)s.

À l’image de Mr Dahl, je crois que la gentillesse démontre une paix intérieure, une aisance d’être soi, avec soi, ce qui se traduit nos relations avec autrui. Car nous ne pouvons qu’être en relation avec les autres comme on l’est avec soi-même.

Ainsi, on doit tout d’abord apprendre à devenir (de plus en plus) gentil(le) avec soi car souvent avec soi-même que nous sommes le plus dur et exigeant(e).

En ces temps de potentiels déséquilibres sociaux à venir, la gentillesse sera une arme d’inclusion massive. On devra en faire preuve et la développer car les défis qui pointent risquent de nous sortir de notre zone de confiance. Et nous devrons apprendre à traiter les autres comme on voudrait l’être soi-même.

Finalement la gentillessitude est un état interne dans lequel on se trouve à l’aise d’être gentil(le), fin et fine comme dans finesse, avec soi et avec les autres que soi et eux et elles, la même personne en quelque sorte.