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SE GLISSER ENTRE LES PLIS DE LA VIE

Quiconque perçoit sa lumière et son ombre simultanément peut se voir des deux côtés et peut ainsi se placer au centre. – C. G. Jung

Dans tout conflit ou guerre, il y a nécessairement deux côtés. Comme pour les médailles. Ou les histoires. Au moins deux, mais probablement toujours davantage.

En chacun(e) de nous, il y a aussi au moins deux facettes – visage à deux faces disait-on jadis – même si souvent ça semble aussi nettement plus multifaces.

En gros, un côté lumineux, curieux, ouvert, objectif, qui ne sait pas mais qui veut voir et savoir, innocent quoi, et de l’autre, un côté sombre, caché, terré, mesquin, qui a peur et qui veut se protéger et rester caché. Côténébreux.

Grosso modo.

Dans toute guerre, chaque côté justifie ses actions, et ses moyens. L’attaque s’explique comme le meilleur moyen de défense. Mais souvent ces sont des attaques présumées. On attaque pour se protéger, mais le danger était-il réel ? Aussi réel que la mesure de notre contre attaque ? L’Histoire ne le dit pas toujours, c’est selon qui écrit le livre.

Et comme dans chaque résistance que l’on rencontre en soi, dans chaque contraction, dans chaque racoin, on retrouve une part d’ombre, quelque chose se cache qui ne veut pas se révéler. Quelque chose qui ne se sait souvent même pas. La nature de l’inconscience. Ça demande acception, confiance en soi et transparence pour accepter de se dévoiler, à soi comme aux autres. Et de voir, de regarder.

On peut regarder une guerre de l’extérieur, au chaud dans notre home, et penser comprendre ce qui se passe. Faites la paix et non la guerre. En effet. Mais plus complexe que ça la vie.

Et on ne peut oublier que dans toute guerre, dans tout conflit, il y a de vraies personnes, de la vraie douleur, des pertes de vie concrètes, des deuils à faire et à vivre. C’est peut-être de l’ombre qui cherche la lumière, de l’ombre qui veut venir au monde.

Quand on ose descendre en soi, on voit le lumineux et le sombre, la lumière et son ombre. Si on peut accepter de regarder les deux côtés de la bête, si on trouve assez de courage en soi, nous ne sommes alors ni l’un ni l’autre, nous devenons le Tout et l’entre-deux, le poste d’observation, le/la gardien(ne) du phare, la présence qui voit tout ce qui existe, sans rien nier ni réfuter quoi que ce soit. En offrant comme disposition un gros et enveloppant Oui à tout ce qui se présente, même et surtout peut-être le moins plaisant car ça se demande d’être vu et reconnu. Avant de pouvoir s’illuminer et s’allumer.

On se glisse alors entre les plis de la vie, on s’immisce dans les nuances, dans la subtilité du vivant.

LUMIÈRE LUMIÈRE

L’espoir consiste à être capable de voir la lumière en dépit de toute cette noirceur. – Desmond Tutu

Dur temps pour les optimistes. Régal pour les pessimistes.

Mais entre ça va bien aller et ça va mal, il y de la nuance. Une infinie multitude de nuances. Et des tonnes d’émotions, comme des milliards d’opinions.

D’ici, de notre point vue de privilégié(e)s vivant en sainte paix, ici au chaud, en sécurité et loin des menaces, d’où l’on se sent impuissant(e)s sans souhaiter se retrouver en zone de guerre, on ne peut pas vraiment commenter ou émettre des opinions sur les zones de conflits actuelles. On doit se garder une ptite gêne. Observation neutre requise.

Premièrement, nous n’y sommes pas. Ainsi, il nous manque tout du contexte, même si on a beaucoup lu au sujet de la situation. Et ces temps-ci, comme toujours auparavant mais avec une intensité et un rayonnement d’émission moindres, les guerres sont une se font aussi par médias interposés. Ces médias constituent donc aussi des armes de guerre, d’information, désinformation et de propagande. Des moyens qui diffuser les messages qu’on veut voir se relayer, de part et d’autre. Qui et quoi croire ?

Ici, d’ici, on assiste à une guerre, à distance. Dans nos écrans. Oh bien sûr, ça nous fait vivre bien des émotions, ça nous chavire le coeur, ça nous bouleverse, mais ce n’est pas notre guerre car elle ne nous touche pas directement, on ne vit pas dedans. Même si sur la même planète, dans un univers tout à fait différent.

On peut bien s’identifier à un peuple, ou à un autre, mais au fond, c’est de l’humanité dont il est question. De notre humanité. Alors que l’on perçoit beaucoup d’inhumanité de part et d’autre, inhumanité qui serait aussi la nôtre dans une situation similaire. Alors attention aux jugements. Et en même temps, ils et elles sont aussi nombreux à faire le bien au milieu de cette guerre, à tenter de voir au-delà du parti pris, du bien et du mal. En venir en aide. Au risque de leur vie. Certain(e)s s’enfuient, d’autres y vont pour tenter d’aider.

Qu’est-ce que se défendre ? Et qu’est-ce qu’attaquer ? À qui appartient vraiment le territoire convoité ? Ne serait-il pas possible de partager équitablement ? Comment se défendre sans blesser des innocents(e)s ? Comment régler un conflit quasi irrésoluble ?

Sont quelques-unes des questions auxquelles nous avons, d’ici, le loisir de réfléchir, alors que d’autres, sur le terrain, sont occupés à faire la guerre pour de vrai. Ou à tener de venir en aide à ceux et celles qui sont blessé(e)s au coeur de cette guerre. Alors qu’ici, on la regarde, on y pense, on l’imagine, on la pense, on ne fait que la penser cette guerre alors que d’autres pansent les blessures. Facile d’ici de – penser – trouver des solutions. Mais pas dans notre ptite tête de linotte cette guerre, sur la terre, la vraie.

À part apprécier la chance qui nous est donnée de vivre en paix, il me semble que l’on doit éviter de juger ce qui se passe car nous n’en avons aucune idée. Il nous manque une troisième dimension. Au moins une, probablement beaucoup plus. Et aucune opinion que l’on émettra ne contribuera à régler la situation.

Alors ce qui nous reste à faire est de chercher et de trouver la lumière en soi, pour la projeter et la faire rayonner autour de soi, surtout ne pas la perdre de vue, ni loin de son coeur. Et ce, pendant que des milliers de personnes pleurent leurs morts, et que d’autres sont en guerre active sur le terrain. Sur la même planète que nous. Mais dans un univers différent.

Et à écrire un peu futilement pour tenter d’exprimer notre impuissance devant l’inexplicable et l’incompréhensible. Et à tenter de partager un peu d’espoir et de lumière. Ce qui constitue un luxe en soi d’ici assis en toute sécurité.

Lumière lumière, éclairez-nous afin que ce dense brouillard de noirceur qui sévit présentement dans le coeur de l’humanité se dissipe.

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Il y a quelque chose dans l’esprit humain qui survivra et prévaudra ; Il y a une petite et brillante lumière qui brûle dans le cœur de l’homme et qui ne s’éteindra pas, même si le monde devient sombre. ~ Léon Tolstoï

PAIX QU’INTÉRIEURE

La paix n’a jamais été connue parce que la paix qu’elle doit être créée par chaque individu. La guerre est par contre créée par les nations, les politiciens, les idéologies, les religions. La paix ? chaque individu doit la créer.

.. Il vaudrait même mieux dire qu’on doit la découvrir, car elle ne doit pas être créée, elle est déjà là en vous. – Osho

Tant de sagesse dans cette affirmation, soit que la paix ne peut qu’être individuelle, alors que la guerre est un événement social, une inter action, entre des idéologies différentes, entre des perceptions divergentes.

Bien sûr on peut avancer qu’il est possible d’être en guerre avec soi-même. Mais je préférerais parler alors de conflits internes car tout se passe en soi. Et qui n’est pas habité par ces conflits à l’intérieur ? Par des forces contraires.

Non, la guerre, la vraie, celle qui blesse, heurte et tue, celle qui fait saigne corps, coeurs et âme, se déroule toujours entre et contre des gens, des peuples, des tribus, des clans différents, divergents. Toi contre moi, eux contre nous.

Si on pouvait seulement enseigner aux individus à s’assoir, à se fermer les yeux, à cultiver la paix chacun(e) en soi, on la re trouvait car elle a dû toujours être là, et on la retrouvait à l’extérieur de soi automatiquement, par défaut, naturellement. Car la vie doit vouloir reposer en paix en son coeur.

Dans la plus grande des guerres actuelles, la plus vieille, la plus insoluble, celle qui implique Israel et la Palestine, ici le point de vue de Gabor Maté…

et un rappel historique…

PAIX AUX GENS DE BONNE VOLONTÉ

english below…

Palestine-Israel. Russie-Ukraine. Haïti. Plusieurs régions d’Afrique dont l’Éthiopie, le Sahel, la république du Congo et des Grands Lacs. L’Afghanistan. Le Yémen. La Syrie. La Lybie. L’Irak. Le Liban. L’Arménie et l’Azerbaïjan. Le Pakistan. Taiwan. Les Ouighours.

Pour ne nommer que ceux-là.

La terre est en chamaille. Ça se bombarde, ça se tue, vieillards, enfants et hôpitaux compris. Ça se menace, ça s’invective, ça se méprise.

Et un peu partout ça brûle, ça sèche ou ça fond. Terres et mers se remplissent de plastique. Ça inonde. Ça brasse. L’air se détériore.

Et les croisières continuent de cruiser. Et les millionnaires, des affaires, des armes, du pétrole et du sport, continuent de piller, d’empiler et de briller. Pendant qu’une partie de plus en plus importante du peuple en arrache. Que les homes se font rares. Et que les prix des aliments montent. Comme les taux d’intérêt et les profits des banques. Pendant que les écarts et les inégalités s’élargissent.

Nous ici, nous sommes parmi les plus privilégié(e)s de ce monde. Nous avons la chance de regarder cette folle spirale de guerre à partir du confort de nos foyers. En respirant un air sain, dans un environnement paisible, entouré(e)s de forêts, de cours d’eau potable et de grands espaces. Ne l’oublions jamais.

Mais alors que faire devant cette haine et ces conflits armés qui nous dépassent largement ?

Il ne nous reste qu’à prier, qu’à implorer une force supérieure, qu’à demander une aide plus grande que nous. Que nous puissions trouver l’amour en nos coeurs. Que nous puissions contribuer à transformer la haine en amour, l’ignorance en conscience. À notre humble mesure.

Il ne nous reste qu’à sentir ce que peuvent vivre nos frères et soeurs impliqués, à réaliser que fondamentalement, personne ne veut la guerre, à part quelques individus qui en profitent souvent des deux côtés de la bouche et s’en mettent plein la poche.

Il nous reste aussi à essayer de ne pas juger à partir de notre simple petit point de vue car les situations sont toujours plus complexes que ce que l’on peut saisir.

Il nous faut aussi réaliser la chance que l’on a d’être épargnés par ces conflits.

Et aider financièrement ou autrement, le plus qu’il nous est possible de le faire, les organismes humanitaires qui viennent en aide aux plus nécessiteux.

Et espérer. Tout en contribuant concrètement autour de soi à faire de ce monde un monde meilleur, plus juste, plus humain.

En acceptant notre impuissance devant ces drames qui nous bouleversent, sans verser dans la haine ni dans le blâme car cela n’apporte rien de mieux, de plus.

En réalisant que nous portons aussi en nous une part de toutes ces guerres et ces conflits, que nous portons une part de dualité. Avant d’éventuellement devenir un, uni(e), universel(le).

Humble devant la complexité de ce monde, tout simplement humain devant le sort de tant de nos frères et soeurs qui souffrent. Ne pas fermer les yeux sur leur sort.

Dieux et Déesses, êtres divins de toutes sources de croyances et de foi, Mère Universelle et Père Tout puissant, aidez-nous, soutenez-nous, aimez-nous. Comme nous avons le potentiel de nous aimer nous-même et les un(e)s les autres.

Et paix à tous les enfants du monde. Et aux femmes et hommes de bonne volonté.

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english

Palestine-Israel. Russia-Ukraine. Haiti. Several regions of Africa including Ethiopia, the Sahel, the Republic of Congo and the Great Lakes. Yemen. Syria. Libya. Lebanon, Armenia and Azerbaijan. Pakistan. Taiwan. The Uighurs.

To name just a few.

The earth is in disarray. People are being bombed, people are being killed, old people, children and hospitals included. Some threaten each other, insult others, some despise the others.

And almost everywhere it burns, it dries or it melts. Lands and seas are filling with plastic. It floods. It’s brewing. The air is deteriorating.

And cruises continue to cruise around the seas. And the millionaires, from business, weapons, oil and sports, continue to plunder, pile and shine. While an increasingly large part of the people are struggling. That homes are becoming rare. And food prices are rising. Like interest rates and bank profits. While gaps and inequalities widen.

We here are among the most privileged in this world. We have the chance to watch this crazy spiral of war from the comfort of our homes. By breathing healthy air, in a peaceful environment, surrounded by forests, drinking waterways and wide open spaces. Let’s not forget it.

But then what can we do in the face of this hatred and these armed conflicts which are far beyond us ?

All we can do is pray, implore a superior force, ask for help greater than ourselves. May we find love in our hearts. May we help transform hatred into love, ignorance into conscience. To our humble extent.

All we have to do is feel what our brothers and sisters involved may be going through, and realize that fundamentally, no one wants war, apart from a few individuals who often profit from both sides of their mouths and get their fill of it. poached.

We also have to try not to judge from our simple little point of view because situations are always more complex than we can grasp.

We must also realize how lucky we are to be spared from these conflicts.

And help financially or otherwise, as much as we can, the humanitarian organizations that help those most in need.

And hope. While contributing concretely to those around you to make this world a better, fairer, more human world.

By accepting our helplessness in the face of these tragedies which upset us, without falling into hatred or blame because that brings nothing better, nothing more.

By realizing that we also carry within us a part of all these wars and conflicts, that we carry a part of duality. Before eventually becoming one, united, universal.

Humble in the face of the complexity of this world, simply human in the face of the fate of so many of our suffering brothers and sisters. Do not turn a blind eye to their fate.

Gods and Goddesses, divine beings from all sources of beliefs and faith, Universal Mother and Almighty Father, help us, support us, love us. As we have the potential to love ourselves and each other.

And peace to all the children of the world. And to women and men of good will.

PAS DE MOI SANS NOUS

Je suis souvent frappé(e) par le dangereux narcissisme nourri par la réthorique spirituelle qui porte autant d’attention sur la croissance personnelle et si peu sur la pratique de l’amour dans un contexte de communauté.
– bell hooks

english below

En cette ère de croissance trop personnelle et de petit bonheur individuel nourrie et relayée par les médias dits sociaux (mais à profits inversement très personnels), nous oublions trop souvent le contexte plus vaste dans lequel prend place notre tentative de petit bonheur individuel. Ou peut-être est-ce justement à cause de ce contexte anxiogène qui sévit autour que nous réfugions dans une tentative de bonheur à petite échelle, sans prendre conscience qu’un petit bonheur sans un Grand le nourrissant et le soutenant est futile et insignifiant.

Car comment être heureux et comblée dans un monde qui tourne carré ? Dans un monde en guerre ? Comment se satisfaire de son petit nombril insignifiant si le grand corps social autour de l’est pas ? Signifiant je veux dire.

Moi moi moi tentent de nous enfoncer dans la gorge et le coeur les bonzes des agences de publicité et de marketing. Mais moi sans nous ne peut être pleinement heureux, et ne pourra jamais l’être vraiment. Le Moi est totalement insignifiant s’il ne fait pas un effort pour améliorer le Nous partout autour, en commençant par le Nous autour de Lui. Et en élargissant sans cesse.

Vouloir son propre petit bien personnel est naturel mais insuffisant s’il ne tend pas à devenir un bien du Grand Nous, si le Moi ne tend pas vers le Nous.

Là à mons humble avis réside le noeud du problème de notre société. En se pensant séparée du Grand Tout, la petite partie que nous pensons être tente de créer son petit monde surprotégé pour se prémunir contre la barbarie du méchant monde out there. Mais nous vivons en ce monde, c’est Notre monde, le seul qui existe, même si on le pense loin et séparé. Les guerres sont nos guerres, même si elles ne prennent pas place juste ici autour. Elles agissent en nous.

Souvent, on se considère chanceux/ses parce que la guerre frappe, blesse et tue ailleurs. Mais nous portons tous et toutes une culpabilité commune justement parce qu’elle ne prend pas place ici. On ne peut comparer notre propre petit bonheur à la lumière du malheur d’autrui. Ce que l’on est souvent réduits à faire. Quand on se compare, on se console. Mais le centre demeure vide car notre humanité souffre.

On doit voir et considérer ce que l’on peut faire pour aider notre monde, celui autour de soi. Car notre petit bonheur dépend du Grand.
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english

In this era of overly personal growth and small individual happiness nourished and relayed by so-called social media, we forget the bigger context in which our attempt at this small happiness takes place. Or perhaps it is precisely because of this anxiety-provoking context that is rife around us that we take refuge in an attempt at happiness on a small scale, without realizing that a small happiness without a Big one nourishing and supporting it is futile and insignificant.

Because how can you be happy and fulfilled in a world that is fucked up ? In a world at war ? How can we be satisfied with our little insignificant navel if the large social body around it is not ? Meaningful I mean.

Me me me are trying to force down our throats and hearts the popes of advertising and marketing agencies. But I without Us cannot be fully happy, and can never truly be. The Self is totally insignificant if it does not make an effort to improve the We everywhere around it, starting with the We around It. And constantly expanding.

Wanting one’s own little personal happiness is natural but insufficient if it does not tend to become a good of the Greater Us, if the Self does not tend towards the We.

Therein, in my humble opinion, lies the crux of the problem in our society. By thinking of itself as separate from the Great Whole, the small part that we think we are tries to create its own little overprotected world to protect itself against the barbarity of the evil world out there. But we live in this world, it is Our world, the only one that exists, even if we think it is far away and separate. Wars are our wars, even if they don’t take place right here around. They act in us.

Often, we consider ourselves lucky because war strikes, injures and kills elsewhere. But we all carry a common guilt precisely because it does not take place here. We cannot compare our own little happiness in the light of the misfortune of others. What we are often reduced to doing. When we compare ourselves, we console ourselves. But the center remains empty because our humanity suffers.

We must see and consider what we can do to help our world, the world around us. Because our little well being depends on the Great One.

RIEN À DIRE DE TOUT COEUR

Ce matin je n’ai rien à dire, alors je vais le dire avec beaucoup de délicatesse, d’humilité, à doigts bas.

Dire mon petit rien, avec des gants de velours devant le grand gala de boxe qui prend place à trop d’endroits en cette Terre, comme dans le coeur des Femmes et des Hommes.

Pendant que l’humanité chavire, les marchands d’armes jubilent. Pendant que nos soeurs et nos frères subissent, eux encaissent.

Pendant que la mort sévit, la vie se cherche une fente d’espoir, une toute petite craque de foi.

Pendant que l’ombre frappe, la lumière vacille, mais la flamme ne meurt pas.

Ce matin, le coeur dans la flotte à l’intérieur avec tout ce qui se passe de folie à l’extérieur, la tête chercheuse de sens, je sens et ressens la peine et la douleur de tant de gens. La peur, la colère, l’impuissance et l’espoir, toujours en toile de fond.

Alors au-delà et entre les mots, c’est un silence chronique que j’envoies par ici.

ENCORE NEILLE

Quelle belle stretch de beau temps on vient d’avoir non ? Pas tout à fait normal, en fait même un peu inquiétant de briser des records de chaleur ainsi, mais au fond, on va quand même le prendre car lorsque la vie nous envoie des citrons, on fait de la limonade comme veut le dicton. Et celle-ci en fut une délicieuse. Avant que l’automne arrive pour de vrai.

Mais n’allons pas trop au fond des choses ce matin car

Alors on va surfer sur l’air du temps, chaud time. On va couler avec la vie, on va dire oui à ce qui est et que sera sera.

Bien qu’on en ait profité ces derniers temps de ce temps qui fut beau, car l’automne arrive pour de vrai aujourd’hui. Juste à temps pour l’Action de grâce, la nôtre pas celle des Américain(e)s qui arrive plus tard. Eux ont la chance de se farcir la grosse dinde rousse toute l’année durant.

Quand on observe la situation, locale comme planétaire, il y a quand même de quoi s’inquiéter. Plusieurs de nos frères et soeurs humains n’ont même pas le strict minimum. Ni toit, ni nourriture suffisante, ni conditions de vie adéquates. Même ici, dans un pays dit riche. Et on ne parle pas de tant d’autres dans des pays en guerre comme en errance.

En ce week-end de l’Action de grâce, souhaitons-nous de pouvoir nous éveiller à une plus grande humanité, pour soi comme pour autrui. Car il n’y a pas vraiment de différences entre moi et toi, entre nous et eux et elles, entre nous et vous.

Nous avons à peu près tous et toutes les mêmes besoins fondamentaux – grosso modo respirer, boire, manger, être au chaud et protégé(e), aimer et être aimé(e) – et sentir qu’on a une place dans ce monde, notre monde. Ce qui revient à la dignité.

Mais tant de différences ces temps-ci qui s’expriment partout en ce monde, tant d’hostilité, d’outrage, d’opinions divergentes. Alors comment garder le moral et l’espoir en ces temps plus que questionnants, en ces temps troubles ?

Évidemment, chacun(e) doit trouver pour soi-même. Mais probablement en débutant par cultiver la paix en soi, en gardant ça simple, en appréciant ce que l’on a, en restant humain. Pas besoin de vouloir devenir des Dieux ou des Déesses, simplement devenir 100 % humain(e) serait un bon début.

En gardant au coeur de soi l’essentiel, la simplicité, en pensant aux autres, en faisant le bien à notre humble et petite mesure. En partageant, en prenant soin, de soi mais aussi et tout autant des autres, de nos proches, des gens autour de soi. Car qu’à cette échelle que l’on peut avoir un impact. Pour le moment du moins. En espérant que les effets de nos bonnes actions fassent des vagues, qu’elles ondulent de par le vaste monde.

Actions de grâce, telles nos pensées, et l’espace entre elles. Avec foi au coeur.

Trouvons la grâce d’honorer la parcelle de vie que l’on nous a prêtée, confiée. Et faisons-en quelque chose de gracieux, de beau, de doux et de bon pour soi et pour autrui.

Car même en automne, il fait en corbeau.

Et restons vrai(e)s et sincères car je me fais plus d’injure en mentant que je n’en fais à celui à qui je mens. – Montaigne

DIRE QUE DALLE

Quand tu as quelque chose à dire, le silence est un mensonge.
– Jordan Peterson

J’entretiens une appréciation mitigée face à ce monsieur. Il dit des choses très justes parfois, et d’autres fois, il m’apparait rétrograde et tendancieux.

Cette boutade de sa part me laisse en ce sens un peu perplexe. Car premièrement elle est trop générale. Trop de ça dépend en cause.

Dire quoi ? À qui ? Quand ? Pourquoi ? Comment ? aussi.

Avoir quelque chose à dire ne veut rien dire en fait. On dit d’ailleurs que la parole est d’or, et déjà un peu surutilisée. Alors qu’on pourrait tous et toutes se la fermer un peu plus et plus souvent, faire preuve de plus de silence plutôt que de réagir à tout et n’importe quoi.

Avec les réseaux sociaux, on ne s’est jamais autant exprimé et en même temps, il n’y a jamais eu autant d’incompréhension et d’insultes publiques, jusqu’au bullying et aux menaces de mort. Trop de paroles c’est comme pas assez.

C’est Bernard Werber qui disait : entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez, il y a 10 possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer, mais essayong quand même.

Alors pour ce qui est d’avoir quelque chose à dire, on ainsi pourrait préciser et apporter plein de nuances.

Premièrement qu’a-t-on de si important à dire ? Qu’est-ce qui veut se dire de si primordial ?

Qu’on veut exister ? Qu’on veut la paix ? Qu’on aime le monde ?

Il y a des choses qu’on veut dire à certaines personnes, d’autres au monde entier. Et souvent plus facile d’aimer le monde entier que les gens qui le composent.

Je trouve toujours un peu drôle et étrange l’expression : se dire.

Car que peut-on dire dire d’autre que soi-même ? Tout ce que l’on perçoit du monde extérieur nous ramène toujours à nous-même. Comme disait Ramana : il n’y a personne d’autre.

Et d’ailleurs, on dit qu’à chaque fois que l’on juge autrui, c’est une partie non guérie (ou non assumée, non acceptée) de soi que l’on voit en dehors de soi, pour ça qu’on la voit justement. Sinon elle passerait sous notre radar probablement.

Alors qu’est-ce que j’ai tant envie et/ou besoin de dire au monde ? À vous en fait, les quelques personnes abonnées à mon blogue.

Que je peux vivre seul, par moi-même, avec ma voisine d’amour juste à mes côtés, en cette flabbergasting nature automnale, mais et que j’ai aussi besoin de vous savoir ici, présent(e)s, avec moi, de l’autre côté de mon écran. De maintenir un contact.

Que j’ai plus besoin d’écrire que de dire. Mes réflexions, mes questionnements, partage mon point de vue.

D’être lu ? Oui un peu, mais pas autant que de ramasser mes idées sur divers thèmes et de les exprimer.

Pour le moment, pas mal que cela qui vient.

We stay in touch lecteurs/trices.

L’ANGE GARDIEN(NE)

Vendredi, c’était le jour de Sao Miguel, samedi celui de la réconciliation avec les peuples autochtones, et aujourd’hui, c’est le jour des Anges Gardiens. Décidémment, y a d’la fête dans les Cieux. Et je souhaite aux peuples autochtones l’aide de l’un et de l’autre.

On dit que Sao Miguel est le boss des Anges, donc il doit y avoir un lien entre les deux anniversaires. D’autre part, si les anges n’ont pas de sexe, je crois sincèrement qu’elles ont des ailes. Et qu’elles sont des ailes. On peut bien faire jouer à Mikael le rôle de ptit boss des bécosses divines si on le veut, mais à voir les mères aller ici sur terre en ce bas monde, la plupart des Anges doivent être des ailes. Et comme le masculin règne sur terre, on pourrait laisser les airs aux féminin, aux hordes aidantes ailées.

J’aime l’idée de demander l’aide de notre ou nos Anges gardienne(s) avec des ailes et des elles. J’aime l’idée de demander de l’aide tout simplement. Que ce soit aux anges, ou aux humain(e)s. Ou à la vie en générale. On dit qu’on doit demander alors demandons. Et offrons notre aide aussi. Car on dit aussi que l’on reçoit ce que l’on donne.

Alors à tous les anges, up there et ici en bas, en sandales ou va nu pieds, hommes ou femmes, petits ou grands, ailées ou zélées, aidez-nous nous terrien(ne)s de la grosse boule bleue car on en a et aura bien besoin pour ré-apprendre à puiser l’entraide et l’empathie dans notre coeur.

Quel numéro la sortie de l’autoroute des Cantons de l’est que celle de l’Ange Gardien(ne) ?