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UN/I(E)S DANS L’ADVERSITÉ

J’aimerais que vous soyez reconnaissant(e) de passer à-travers ces moments tristes avec toutes ces autres personnes. Car je vous le dis, s’il y a une chose pire que d’être triste, c’est être triste et seul(e). Il n’y a personne dans cette pièce – dans cette vie – qui ne soit seul(e). Ted Lasso

Full novembre dehors comme dedans pour plusieurs ces temps-ci. Full novembre dans et sur le monde.

Le gris, la guerre, l’environnement, la dualité grandissante sur les réseaux asociaux, l’inflation et la crise du logement, sans compter tant d’autres dures et confrontantes réalités si concrètes et terre à terre. Pas OK, mais pas encore tout à fait KO, notre civilisation titube, notre humanité chancèle, notre perception de la réalité s’assombrit en ce triste novembre.

Pas facile de ne pas se sentir seul(e) quand notre moral souffre du syndrome de la gravité, que nous sommes plus près de la terre que des nuages. On passe tous et toutes par là à certains moments; c’est notre réalité d’êtres incarnés, l’inévitable loi de la gravité humaine.

Quand on souffre, le monde entier rapetisse à l’échelle de notre misère personnelle, et notre nombril, douloureux et criant, prend toute la place. Le monde a beau souffrir autour de nous, et il y a toujours pire que soi même si la comparaison est inutile, quand on a mal, la douleur prend beaucoup de place, obstrue notre vision et occupe toute l’avant-scène. Notre misère personnelle devient la misère du monde, en même temps qu’on ait tendance à verdir notre regard sur l’herbe des voisins/voisines.

Pour avoir connu des moments de souffrance à différents moments de ma vie, je sais que lorsque notre moral est lourd et gris, il est à peu près impossible de forcer une porte de sortie. L’épreuve requiert acceptation, patience, intégration. Pas de la résignation, mais pas loin. On doit parfois abdiquer devant les limites de notre humanité incarnée. Tout en gardant la foi et l’espoir, ce qui n’est pas toujours facile et parfois, même presqu’impossible à maintenir.

Car quand on s’enfonce en soi, quand on est amené à visiter nos méandres et marais personnels, avec parfois l’impression de presque se noyer dans la tristesse et le désespoir, on ne peut à peu près rien faire pour contrer la tendance du mouvement de la spirale vers le bas. Certains disent qu’on doit atteindre le fond du baril. Mais on dirait que certains barils ont plusieurs fonds.

Peut-être comme jamais auparavant, pour plusieurs d’entre nous du moins, jamais le monde entier n’a connu autant de désespoir généralisé. Ceci se reflète dans nos regards sur le monde et pèse sur nos réalités personnelles jusque dans les moindres racoins de nos âmes.

Quand on ne se sent vraiment pas en forme, les mots d’encouragements en provenance de nos proches peuvent même être perçus comme agressants. Car si on le pouvait, on irait mieux. On n’a pas besoin de se le faire dire. Mais ça veut pas, ça peut pas.

Mais malgré la douleur invisible que certain(e)s portent en leur corps et âme, ce qui la rend difficile à percevoir pour les autres, on doit continuer à vivre, pas comme si de rien n’était mais presque, sans trop la laisser paraître. Pas ça que l’on préfère partager. On doit porter son petit baluchon de misère tout en continuant à vivre, en attendant que ça passe.

Et c’est toujours plus long que prévu, toujours plus long qu’on le voudrait du moins. Souvent, quand ça s’allège le moindrement, on n’ose pas trop espérer, de peur que ça revienne. À force d’avoir mal, on finit par avoir le bonheur fragile et hésitant. Et les attentes prudentes.

Ces temps-ci, dans certains endroits du monde, des milliers de personnes vivent des épreuves inimaginables, des traumatismes écorchant l’âme humaine. Certaines en provenance de l’extérieur, et qui fraient leur chemin à l’intérieur pour y laisser des traces indélébiles, d’autres qui sont déclenchées sans qu’on sache trop pourquoi, ni comment, sans raison apparente. De soi du moins. Mais la souffrance n’est pas belle mais bien réelle.

À ces gens qui traversent des passages difficiles en ce moment, que vos yeux voeint ces mots ou pas, sachez que nous sommes tous et toutes avec vous, tous et toutes ensemble, car personne n’est à l’abri de l’épreuve. Nous sommes tout et toutes vulnérables devant la souffrance, qu’on l’ait réalisé ou pas encore. C’est ce que le fait de vieillir nous apprend. La mort et la souffrance font partie du lot de note humanité.

En espérant que le fait de se rappeler que nous ne sommes pas seul(e)s puisse contribuer à alléger un peu le poids du passage actuel dans votre vie.

Je te vois, te sens et je suis avec toi.
Nous vous voyons, vous sentons et nous sommes avec vous.

En toute notre humanité partagée.

PRIER, MAIS ENCORE ?

Quand des drames tels que ceux qui sévissent en ce moment prennent place un peu partout sur notre boule perdue, que peut-on faire ? Prier, bien sûr. Se relier, par le coeur.

Mais est-ce que la prière peut venir à bout de la folie humaine, de l’inégalité et de l’injustice ? La question se pose mais malheureusement, la réponse semble trop évidente.

Car nous sommes nombreux à prier, et malgré tout, nous voyons le résultat se dérouler via les lentilles des médias que nos yeux perçoivent.

De toute façon, les hommes d’églises sont nombreux à prier pour leurs armées respectives qui vont se battre les unes contres les autres au nom du Bien contre le Mal. Et on dirait qu’au moins la moitié prie pour le mauvais Dieu. Et malheureusement, ce sont toujours les innocent(e)s qui paient le prix des paris perdus.

Quand il y a eu (une autre) tuerie de masse au Maine le mois dernier, le nouveau président de la chambre des représentants aux USA a offert ses prières et ses pensées aux familles endeuillées. Sans nullement remettre en question l’accès aux armes car évidemment que ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les gens. Prières de pacotilles suscitant cynisme et sarcasme. Ce sont nos actes qui comptent, pas nos mots vides.

Genre :

Je questionne l’efficacité réelle de la prière ces temps-ci, encore plus que jamais. Car la prière ne semble clairement pas fonctionner considérant l’état du monde, de notre monde. Est-ce qu’on ne prie pas correctement ? N’y a-t-il personne pour entendre nos demandes ? Ou doit-on revoir notre conception de la prière ? Car clairement, somethings’s not working.

Je crois que l’on prie davantage pour se donner bonne conscience que pour concrètement aider le monde. Car de toute façon, comment aider ce monde ? Comment contrer les bombes et la barbarie ? En manifestant ? Malheureusement, ces manifestions pro et anti ne font que reprendre trop souvent encore une fois la même dualité du Eux contre Nous, et du Bien contre le Mal.

Ou encore, pour le dire crûment, prier peut nous donner l’impression d’aider quand au fond on ne veut pas aider, car on ne sait tout simplement pas quoi faire pour aider dans la plupart des cas. En effet, quoi faire pour aider ?

Personnellement, je préfère le simple silence à la prière à mots. Cultiver une paix simple en son coeur, en lien avec la vie dans toute son entièreté, l’ombre comme la lumière. En acceptant et en ressentant toute la douleur du monde. Tout en gardant la foi et l’espoir vivants. Et en faisant du mieux que l’on peut à notre échelle humaine.

Car par la prière, on ne sait plus à quels Saints se vouer de toute façon. Chacun prie son propre Dieu et le pauvre est tout mêlé, s’il existe. Tant de Dieux différents, tant de langages, tant de demandes trop souvent contradictoires les unes aux autres.

Malgré ce scepticisme, on ne peut que continuer de cultiver la paix dans son coeur, et de poser des petits gestes de bonté autour de soi. Comme ces moines Bouddhistes.

Et osons sentir et ressentir la tristesse sans cultiver une pensée rosée et déconnectée de la situation actuelle de notre monde, et non plus en l’intellectualisant. Car notre monde a mal en ce moment, des millions de personnes souffrent en de nombreux endroits. Gardons-les en notre coeur, pensons à eux et elles, car on nous offre ce devoir, et ce grand privilège de vivre en paix. Et si notre petit bonheur est bien confortable et douillet ici, prière de ne pas déranger, et tant mieux, but there is a world out there.

Ouvrons nos yeux et nos coeurs. Et restons humbles. Et réalistes.

___
Il y avait une jardin qu’on appelait la Terre
~ Georges Moustaki

C’est une chanson pour les enfants qui naissent et qui vivent.
Entre l’acier et le bitume, entre le béton et l’asphalte,
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin.

Il y avait un jardin qu’on appelait la terre.
Il brillait au soleil comme un fruit défendu.
Non, ce n’était pas le paradis ou l’enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu.

Il y avait un jardin, une maison des arbres,
Avec un lit de mousse pour y faire l’amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraichir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée.
On pouvait s’y nourrir toutes les saisons.
Sur la terre brulante ou sur l’herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n’avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu’on appelait la terre.
Il était assez grand pour des milliers d’enfants.
Il était habit jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître ?
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus ?
Où est-elle cette maison toutes portes ouvertes ?
Que je cherche encore mais que je ne trouve plus.

J’ÉCRIS PARCE QU’IL TOMBE DES BOMBES

J’écris parce que le monde est gris en ce moment…

J’écris parce que notre monde est inquiétant, et menaçant pour tant de gens…

J’écris parce qu’il tombe des bombes…

J’écris pour les enfants…

J’écris pour me relier… me délier, la langue et les doigts…

J’écris pour prier…

pour me dire…

pour me relire…

pour me décrire…

J’écris pour défier l’injustice…

J’écris plutôt que crier…

J’écris…

La plupart des matins, aux aurores, la première chose que je fais, j’écris. Souvent avec au coeur et en tête nos frères et soeurs dans le besoin, ceux et celles pris au milieu des crises humanitaires, ceux et celles pris/onniers au milieu des bombes qui tombent autour et sur eux et elles.

J’écris ma colère devant l’injustice, devant notre inhumanité comme notre humanité.

J’écris pour me vider la tête, pour aller puiser dans mon coeur, pour découvrir ce qui vit en moi et ce qui veut sortir de moi – extase littéraire – aujourd’hui. Comme les yogis utilisent leur corps, moi j’utilise mes doigts et mes mots pour demeurer flexible en esprit. En fait, pas mes mots, car comme pour la terre, rien ne nous appartient. Des mots. Nos mots. Car nous ne sommes propriétaires de rien, rien du tout ne nous appartient, nous ne sommes que des locataires, des preneurs de soin. Alors prenons soin.

J’écris, me relis et je lance ma bouteille à la mer des ondes. Enter. Boum dans le wifi.

Parfois ma petite boule flotte seule, esseulée, ignorée. Parfois, elle rejoint certain(e)s d’entre vous, et en touche d’autres. J’écris surtout pour moi, mais j’écris aussi un peu pour toi, et beaucoup pour vous qui ne me lirez jamais. Vive la beauté des gestes invisibles et inconnus.

J’écris sans but, sans but autre que de délivrer le silence de mon coeur, pour me relier à vous, à tout, à tous, à toutes. Relier dans comme religion, religare en latin. Viser la reliance. Pour toucher le silence en vous aussi chacun(e) chez-vous, en vous. Ce même petit et grand moi qui est en nous tous et toutes. Ce Je commun, ce nous.

J’ai le projet d’écrire mon histoire de vie juste ici, toujours en veilleuse. Cet hiver peut-être quand la neige recouvrira la vie par ici. Pas parce que mon histoire est si originale, mais surtout pour présenter les quelques êtres extraordinaires qui ont croisé la route de ma vie extra ordinaire. Et pour que mes grandes filles désormais sachent qui est leur père, dans le mou de mon coeur, qui est ce ptit gars ben ordinaire au coeur de moi. Car de là qu’elles orginent, d’ici qu’elles puisent racine. Écrire son héritage, petit bundle de vie.

Même s’ils ne peuvent transmettre exactement ni avec une parfaite précision l’essence de qui nous sommes, de ce que nous sommes sommes, les mots sont encore ce que nous avons de plus personnels pour se dire. L’agencement de ces mots en fait, pas ceux de la langue de bois, ceux que l’on doit sculpter avec patience et soin pour tenter d’exprimer le silence universel qui vit en chacun(e) de nous.

Car nous sommes le chef de l’oeuvre que l’on a nous a invité de créer à la naissance et qui vit dans chaque silence au coeur de soi.

___
Paroles d’un homme extra ordinaire
(pas que je me considère guérisseur, je me suis guéri de cela jadis)

Je ne suis pas un «wino», mais je ne suis pas un saint non plus.
Un guérisseur ne devrait pas être un saint.
Il doit expérimenter et ressentir tous les hauts et les bas, le désespoir et la joie, la magie et la réalité, le courage et la peur.
Il devrait être capable de sombrer aussi bas qu’un insecte ou de s’élever aussi haut qu’un aigle.
À moins qu’il puisse expérimenter les deux, il n’est pas bon en tant que guérisseur.
Vous ne pouvez pas être si coincé, si inhumain au point de vouloir être pur, votre âme enveloppée dans un sac en plastique, tout le temps.
Vous devez être Dieu et le diable, les deux.
Être un bon guérisseur, c’est être au milieu de la tourmente, sans s’en protéger.
Cela signifie vivre la vie dans toutes ses phases.
Cela signifie ne pas avoir peur de découper et de faire le fou de temps en temps.
C’est sacré aussi.

– John Fire Lame Deer (medicine man Lakota)

J’ÉCRIS PARCE QU’IL TOMBE DES BOMBES

J’écris parce que le monde est gris en ce moment…

J’écris parce que notre monde est inquiétant, et menaçant pour tant de gens…

J’écris parce qu’il tombe des bombes…

J’écris pour les enfants…

J’écris pour me relier… me délier, la langue et les doigts…

J’écris pour prier…

pour me dire…

pour me relire…

pour me décrire…

J’écris pour défier l’injustice…

J’écris plutôt que crier…

J’écris…

La plupart des matins, aux aurores, la première chose que je fais, j’écris. Souvent avec au coeur et en tête nos frères et soeurs dans le besoin, ceux et celles pris au milieu des crises humanitaires, ceux et celles pris/onniers au milieu des bombes qui tombent autour et sur eux et elles.

J’écris ma colère devant l’injustice, devant notre inhumanité comme notre humanité.

J’écris pour me vider la tête, pour aller puiser dans mon coeur, pour découvrir ce qui vit en moi et ce qui veut sortir de moi – extase littéraire – aujourd’hui. Comme les yogis utilisent leur corps, moi j’utilise mes doigts et mes mots pour demeurer flexible en esprit. En fait, pas mes mots, car comme pour la terre, rien ne nous appartient. Des mots. Nos mots. Car nous ne sommes propriétaires de rien, rien du tout ne nous appartient, nous ne sommes que des locataires, des preneurs de soin. Alors prenons soin.

J’écris, me relis et je lance ma bouteille à la mer des ondes. Enter. Boum dans le wifi.

Parfois ma petite boule flotte seule, esseulée, ignorée. Parfois, elle rejoint certain(e)s d’entre vous, et en touche d’autres. J’écris surtout pour moi, mais j’écris aussi un peu pour toi, et beaucoup pour vous qui ne me lirez jamais. Vive la beauté des gestes invisibles et inconnus.

J’écris sans but, sans but autre que de délivrer le silence de mon coeur, pour me relier à vous, à tout, à tous, à toutes. Relier dans comme religion, religare en latin. Viser la reliance. Pour toucher le silence en vous aussi chacun(e) chez-vous, en vous. Ce même petit et grand moi qui est en nous tous et toutes. Ce Je commun, ce nous.

J’ai le projet d’écrire mon histoire de vie juste ici, toujours en veilleuse. Cet hiver peut-être quand la neige recouvrira la vie par ici. Pas parce que mon histoire est si originale, mais surtout pour présenter les quelques êtres extraordinaires qui ont croisé la route de ma vie extra ordinaire. Et pour que mes grandes filles désormais sachent qui est leur père, dans le mou de mon coeur, qui est ce ptit gars ben ordinaire au coeur de moi. Car de là qu’elles orginent, d’ici qu’elles puisent racine. Écrire son héritage, petit bundle de vie.

Même s’ils ne peuvent transmettre exactement ni avec une parfaite précision l’essence de qui nous sommes, de ce que nous sommes sommes, les mots sont encore ce que nous avons de plus personnels pour se dire. L’agencement de ces mots en fait, pas ceux de la langue de bois, ceux que l’on doit sculpter avec patience et soin pour tenter d’exprimer le silence universel qui vit en chacun(e) de nous.

Car nous sommes le chef de l’oeuvre que l’on a nous a invité de créer à la naissance et qui vit dans chaque silence au coeur de soi.

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Paroles d’un homme extra ordinaire
(pas que je me considère guérisseur, je me suis guéri de cela jadis)

Je ne suis pas un «wino», mais je ne suis pas un saint non plus.
Un guérisseur ne devrait pas être un saint.
Il doit expérimenter et ressentir tous les hauts et les bas, le désespoir et la joie, la magie et la réalité, le courage et la peur.
Il devrait être capable de sombrer aussi bas qu’un insecte ou de s’élever aussi haut qu’un aigle.
À moins qu’il puisse expérimenter les deux, il n’est pas bon en tant que guérisseur.
Vous ne pouvez pas être si coincé, si inhumain au point de vouloir être pur, votre âme enveloppée dans un sac en plastique, tout le temps.
Vous devez être Dieu et le diable, les deux.
Être un bon guérisseur, c’est être au milieu de la tourmente, sans s’en protéger.
Cela signifie vivre la vie dans toutes ses phases.
Cela signifie ne pas avoir peur de déconner et de faire le fou de temps en temps.
C’est sacré aussi.

– John Fire Lame Deer (medicine man Lakota)

HAUT HAUT AU COEUR DU MONDE

Jadis, j’ai demandé à un oiseau : comment fais-tu pour pour voler parmi toute la densité de cette noirceur ? L’oiseau répondit: l’amour m’élève.

Je pense aux familles israéliennes, qui ont perdu des êtres chers dans le cadre d’un événement d’une extrême barbarie le mois dernier, aux autres qui ont des proches pris en otage et qui attendent toujours, sans nouvelles et en dépit des attaques de leur propre gouvernement.

Je pense aux civils à Gaza qui reçoivent des bombes sur la tête au quotidien, n’ayant aucun endroit pour se réfugier, ni rien à boire ni manger. Drame qui dure depuis si longtemps.

Je pense aux gens en Ukraine à l’arrivée de l’hiver, un deuxième hiver de guerre.

Je pense aux Haïtiens, qui vivent dans des conditions intenables depuis si longtemps, et qui depuis des années sont sous l’emprise des groupes criminels.

Je pense aux migrants sur les routes du monde, ou sur des embarcations de fortune, à la recherche d’une terre d’accueil. Ayant tout laisser, tout risquer. Plusieurs avec leurs enfants dans leurs bras.

Je pense à nos frères et soeurs du Myanmar, à ceux et celles de la République démocratique du Congo, à plusieurs pays de la Corne de l’Afrique où sévissent de grandes sécheresses, aux gens du Burkina Faso, du Mali et du Niger aussi aux prises avec des crises humanitaires importantes, aux Afghans, en particulier les femmes et les filles, aux Libanais(ses), aux Syrien(ne)s, aux Yéménites, aux Soudanais(e)s, aux Nigérien(ne)s.

Je pense aux gens qui souffrent dans leur corps, dans leur tête, ou dans leur âme.

Je pense aux familles qui ont de la difficulté à boucler le budget, aux sans-abris de plus en plus nombreux.

Je pense aussi aux milliardaires concentrés sur leurs affaires et alignés sur les profits à tout prix, aux marchands d’armes, aux dictateurs. Bref je pense avec colère à l’injustice et aux abus.

Je pense à tous ceux et celles à qui je ne pense même pas, car si vaste le monde, et si ignorant de tant de choses suis-je.

Mais je pense aussi à toute la beauté qui est créée quotidiennement dans ce monde, aux si nombreuses manifestations de beauté et de bonté. Car malgré la laideur, on ne doit jamais oublier le beau, jamais.

Mais souvent, on préfère ne pas penser à certaines situations. Ce faisant, on oublie les peuples qui les subissent. Et en même temps, on ne veut ni ne peut s’abreuver que de drames et de négativité. Même si on ne doit pas les nier, car tout cela existe, on doit tenter de garder le coeur léger et la tête ouverte.

Alors ne jamais oublier de toujours apprécier l’immense chance dont on jouit ici. Malgré nos défis respectifs. Et conserver en notre coeur notre humanité et notre empathie pour ceux et celles qui souffrent.

Ces temps-ci, je réfléchis à la portée réelle de la prière. Je me sens souvent gêné de tout simplement prier pour tous ces gens qui souffrent. Car si facile. Trop facile.

Mais en même temps, que faire face à tous les problèmes du monde qui sont si grands, quasi irrésolvables ? D’où le texte d’hier sur l’appel aux miracles.
https://atisupino.com/2023/11/07/prier-pour-des-miracles/

Ce matin, je relis cette citation de Watts si parlante :

Le système nerveux sensible fait partie du monde extérieur.
Et le monde extérieur est un événement dans le système nerveux.
L’intérieur de la boîte est à l’extérieur de la boîte, et l’extérieur est à l’intérieur.
Je veux dire, vous savez, il semble perpétuellement faire volte-face.
-Alan Watts

Tout ce qui se passe dans le monde nous concerne et nous touche. Et vice et versa.

Alors que peut-on faire d’autre que de continuer à porter le monde entier dans notre propre coeur, à tendre vers l’amour, la légèreté et la lumière, et à faire ce que l’on considère comme le bien autour de soi, du mieux que l’on peut, à la limite de nos moyens. Dans le respect de tout, de toutes et de tous. Ni dieux, ni déesses, simplement humains, humaines. Unique, comme tout le monde. Au coeur du même monde.

PRIER POUR DES MIRACLES

Dur automne pour la paix. Passage ardu pour et sur la terre.

Ça brasse, ça bombarde, ça tue. Ça tire et ça tiraille. Ça se tire et se mitraille.

La haine et la peur habitent le coeur de tant de gens en tant d’endroits.

Et nous, ici, choyé(e)s et impuissant(e)s, à regarder nos frères et nos soeurs tomber sous les bombes. Nous avons le luxe de prier pour aider. Si prier peut aider. Mais prier à qui au juste ? Car tant de Dieux aux intérêts divergents.

Le monde est divisé. Entre le bien et le mal. Entre la vie et la mort. Entre un côté ou un autre. Entre le noir et el blanc. Pourtant nous sommes tous des zèbres.

Pendant que tant d’innocent(e)s, enfants, femmes et hommes, comme tant d’humanitaires, sont prisonniers et manquent de tout. Et fuient les bombes sans pouvoir fuir nulle part. Nulle part ailleurs qu’en soi.

L’inhumanité côtoie l’humanité, la générosité l’avidité.

Les marchands d’armes sont heureux, leurs profits montent, l’argent coule à flot.

Les fanatiques ont de l’eau à leur moulin et monopolisent autant le débat que le terrain de la guerre.

Pendant ce temps, tout ce que l’on peut faire, c’est souhaiter la paix. La cultiver. La faire en soi tout d’abord. Et autour par la suite. Comme des vagues.

Et espérer, garder l’espoir vivant. Tant qu’il y a de la vie.

Et vivement les miracles.

___
Je ne prie plus pour la paix
Par Ann Weems

Au bord de la guerre, un pied déjà dedans,
Je ne prie plus pour la paix :
Je prie pour des miracles.
Je prie pour que les cœurs de pierre se transforment en tendresse,
et les mauvaises intentions en miséricorde,
et que tous les militaires déjà déployés soient arrachés au danger,
et le monde entier sera stupéfait, à genoux.
Je prie pour que toutes les paroles de Dieu s’incarnent
et qu’on se lève pour nous débarrasser de notre manteau d’infidélité,
et marcher à nouveau dans sa puissante vérité.
Je prie pour que le monde entier puisse
s’assoir ensemble et partager son pain et son vin.
Certains disent qu’il n’y a plus d’espoir,
mais j’aime me souvenir des saints fous
qui ne semblent jamais abandonner face au scandale de notre foi :
que nous sommes aimés de Dieu…
que nous pouvons vraiment nous aimer.

Je ne prie plus pour la paix : je prie pour des miracles.

BIEN MAL (PLACÉS POUR JUGER)

Si vous gardez le silence au sujet de cette guerre entre le bien et le mal, votre vie sera plus aisée. Mais pas celle de vos enfants.

english below…

Parfois je pars d’une citation qui me chicote pour starter une chronique. C’est le cas avec celle-ci. Car le bien de l’un n’est souvent que le mal de l’autre, et vice et versa. Si seulement il y avait une telle chose qu’une claire et précise démarcation entre les deux, le monde serait bien plus simple. Mais tout est question de contexte, de jugement, de valeurs. De nuances. Plus de 8 milliards de teintes de gris. Quoique tuer des innocent(e)s, notamment des enfants, me semble ne jamais pouvoir relever du bien. Mal non nécessaire. Et incompréhensible.

D’ici, où nous sommes si biens, nous sommes très mal placés pour nous prononcer sur les divers événements prenant place dans notre vaste monde. Car il nous manque invariablement les éléments contextuels et historiques liées aux diverses situations. Faut avoir les pieds dedans pour mieux sentir.

Par exemple, en lien avec la guerre actuelle au Moyen-Orient entre le gouvernement d’Israël (et pas nécessairement tout son peuple) et la branche armée du Hamas, les deux extrêmes de chaque côté, souvent eux qui prennent le dessus des conflits), que sait-on vraiment au sujet de cette guerre qui remonte si loin dans le temps ?

Cette vidéo est éclairante en ce sens :

Le principal problème ici me semble résider dans le désir d’appropriation du territoire par les humains. Penser que la terre, ou une partie de celle-ci, nous appartient est en soi la source de toute guerre il me semble. Yuval Harari identifie d’ailleurs, dans Sapiens le début des problèmes actuels de l’humanité à ce désir d’appropriation. Dès que nous avons fait de cette terre notre propriété, nous sommes devenus ses esclaves. Nous nous sommes enchaînés.

Peu importe où se déroule la guerre, il y a aussi cachés derrière les marchands d’armes qui visent à faire des profits et à les engranger, pour eux seulement. En vendant aux deux factions. Comme on dit en anglais, quand on veut connaître la source d’un conflit, follow the money. Ici c’est la dualité, qui s’exprime par l’avidité, par l’exploitation, et qui relève de notre séparation d’avec autrui, avec le reste de nos frères et soeurs sur terre, qui nous rend insensible à leur bien-être, notamment celui de tous les enfants du monde. Mais aussi celui de nos aînés. Peu importe la nationalité. Si on pouvait se considérer comme une seule nation. Mais pas le cas. Pas encore.

Dans tous les conflits, j’imagine que chacune des parties justifie ses actions par des arguments qui font sens, et qui sont relayés par des médias jamais neutres. Chacun justifie l’attaque comme un moyen de défense. Mais où se situe la ligne ?

Sincèrement, comme le veut l’image ci-haut, qu’est-ce que cela ajoutera que l’on dise quoi que ce soit au sujet de ce conflit dont on n’en saisit qu’une si infime partie ? Stimuler des jeux ce – gros – mots sur le web ? Nourrir la guerre virtuelle ? En quoi cela aidera-t-il à ce que des enfants ne soient plus tués ?

Chanceux de vivre ici en paix et en sécurité – pour le moment, ne tenons jamais rien pour acquis. Si on veut tenter de commencer à comprendre la profondeur du conflit au Moyen-Orient, arrêtons de préjuger sans savoir, et informons-nous au moins minimalement pour comprendre d’où origine ce conflit. Sinon on parle avec nos pieds dans la bouche, les babines pleines de bottines.

La majorité des deux peuples préfère clairement vivre en paix – en fait au moins deux peuples mais même ça, c’est plus complexe qu’il ne semble, et au fond, un seul et même peuple partout sur terre. Mais pas encore.

Peut-être qu’au fond que la seule chose à faire est justement de garder le silence ? Pour ne pas ajouter encore plus de distortion au bruit ambiant.

___
À qui a goûté le silence, les discussions banales, les débats et autres colloques deviennent insupportables, vite étouffants.

Le silencieux, le solitaire ont besoin d’air, d’espace, parce que dans le silence, dans la solitude, ils ont fait l’expérience de l’immense.

Dès lors, tout le reste semble étriqué et vain.

La « communication » obligatoire, l’injonction de « s’exprimer » à tout propos apparaissent grotesques: c’est toujours le moi prétentieux qui bavarde et s’expose, qui obstrue le vaste pays intérieur.

– Jacqueline Kelen via Sol Ange

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Il faut faire attention : l’enfer et le paradis sont séparés par une ligne très fine.
J’ai rencontré plusieurs démons dans ma vie et ils empestaient l’encens
.

– Gandhi, via Sol Ange

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english

Sometimes I start with a quote that bothers me to initiate a column. This is the case with this one. Because the good of one is often only the evil of the other, and vice versa. If only there were such a thing as a clear and precise demarcation line between the two, the world would be a much simpler place. But it’s all and always a question of context, judgment, values. Of nuances. At least 8 billions of them. Although killing innocent people, especially children, never seems to me to be good. Unnecessary evil.

From here, where we are so very comfortable, we are very poorly good enough to comment on the various events taking place in our vast world. Because we invariably lack the contextual and historical elements linked to various situations. We need to be there to feel it. Other we are only watching from afar.

For example, in connection with the current war in the Middle East between the government of Israel (and not necessarily all of its people) and the armed wing of Hamas (and not necessarily all of the people of Palestine), the two extremes on each side, often taking the upper hand in conflicts) , what do we know about this war that goes back so far in time ?

The video above is enlightening in this sense

The main problem here is the desire of appropriation of the territory by humans. Thinking that the earth, or part of it, belongs to us is in itself the source of all war it seems to me. Yuval Harari identifies in Sapiens the beginning of humanity’s problems with this desire for appropriation. As soon as we made this land our property, we became slaves. We tied ourselves.

No matter where the war takes place, there are also arms dealers behind it who aim to make profits and reap them, for themselves only, for their own greater good. By selling to both factions. And by promoting hate. as they say, Follow the money. Here it is duality, which is expressed by greed, and which arises from our separation from others, from the rest of our brothers and sisters on earth, which makes us insensitive to their well-being, in particular that of of all the children in the world. But also that of our elders. No matter the nationality. Only one nationality in fact. But now yet in reality.

In all conflicts, I imagine that each party justifies its actions with arguments that make sense. And diffuse it around in the biased media. Everyone justifies the attack as a means of defense. But where is the line ?

Honestly, what will it add if we say anything about this conflict of which we only understand such a tiny part ? Stimulate hate fights on the web ? How will this help prevent more children from being killed ?

Lucky to live here in peace and security – for now, let’s never take anything for granted. If we want to try to begin to understand the depth of the conflict in the Middle East, let’s stop prejudging without knowing and let’s educate ourselves minimally to understand where this conflict comes from. Complex task.

The majority of both peoples want to live in peace – at least two people but even that is more complex than it seems, and basically one and the same people everywhere on earth. Only one human tribe fundamentally.

Contrary to what this meme suggests, perhaps deep down the best thing to do is to remain silent ? To avoid adding even more distortion to the ambient noise.

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To those who have tasted silence, banal discussions, debates and other conferences become unbearable, quickly suffocating.

The silent, the solitary needs air, space, because in silence, in solitude, they have experienced the immense.

From then on, everything else seems narrow and vain.

The obligatory « communication », the injunction to « express oneself » on everything appears grotesque: it is always the pretentious self which chatters and exposes itself, which obstructs the vast inner country.

– Jacqueline Kelen via Sol Ange

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You have to be careful: hell and heaven are separated by a very fine line.
I have encountered several demons in my life and they reeked of incense.

– Gandhi, via Sol Ange


SEDONA EN PHOTOS

La terre nous en apprend plus sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.
– Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes

J’arrive d’une semaine chez mon bro Gordon à Sedona en Arizona. Paradis sur terre.

On marchait ou grimpait ensemble le matin, et les après-midis, j’allais me perdre en solo sur des sentiers peu fréquentés. Pendant que des massacres prennent place un peu partout sur terre notamment en Israël, que la guerre entre l’Ukraine et la Russie persiste toujours mais dans l’indifférence désormais, et en tant d’autres endroits ailleurs, pendant que les enfants et leurs parents et civils sans défense sont bombardés en Palestine, de même que les hôpitaux, moi je marchais. Et je pensais à tout ça, à eux et elles qui souffrent et qui ont peur. Et à rien aussi parfois. De plus en plus souvent. Les montagnes me fermaient la trappe.

Moi qui n’ai jamais pris de photos auparavant, je me suis laissé aller cette fois car j’ai été totalement flabbergasté par tant de beauté, de force, de majestuosité de la part de ces statues de roc géantes, témoins des passages du temps sur des milliers – dizaines, centaines, milions, combien au juste ? – d’années.

Devant ces montagnes, et sur leurs flancs, on voit littéralement le temps qui a passé sur la terre depuis toujours, ou depuis jamais c’est selon, le temps qui a passé à-travers ces montagnes, les forgeant et les sculptant. En les observant, on se sent petit, minuscule, on devient inévitablement humble, car on réalise concrètement à échelle humaine que nous ne sommes que des petits tas de poussière ambulante et pensante issus de ces rochers. Poussière en re-devenir. De plus en plus, nous devenons de moins en moins quelque chose, et de plus en plus, rien.

Plutôt que de vous perdre dans mes mots, je vous offre mes photos d’amateur. En ordre et dans le désordre car la nature n’a que faire de l’ordre. Et toujours parfaite elle est.

Là où j’ai marché. Et où je retournerai. Si Dieu le veut.

Si vous agrandissez vous verrez des grimpeurs au centre.
Ici aussi 😉
Gordon

Ci-bas, le désert plus au Sud… plus près de Phoenix…

DES ESPOIRS

Peu importe ce qui se passe, nous devons garder espoir, un espoir de trouver une façon d’éduquer tout le monde, réduire la pauvreté, assouvir la colère, et vivre en harmonie avec l’environnement, les animaux et les un(e)s les autres. – Dr Jane Goodall

Dur temps pour l’espoir. Encore qu’ici nous ne sommes pas direcctement affectés par les drames qui sévissent en plusieurs endroits sur terre. Une amie a une soeur qui vit à Kiev et qui vient d’accoucher en zone de guerre. Et je lisais tout à l’heure qu’une amie d’un ami en Israel doit donner naissance à son bébé ces jours-ci et qu’elle a peur. Imaginez accoucher à Gaza ces jours-ci !

Parle-t-on d’espoir ou d’espoirs d’ailleurs ? Peut-on avoir un seul espoir pour tout, ou de nombreux espoirs pour des causes spécifiques ? La question se pose. Et ne se résout pas nécessairement. Koan.

Inévitablement, toute cette misère humaine nous rentre dedans, ça ne peut pas faire autrement. Ça nous rentre dedans et ça nous passe au-travers, à-travers. Ça garde notre humanité vivante. À moins de s’en couper, donc de se couper de notre humanité fondamentale, la nôtre, personnelle, comme notre humanité commune, celle qu’on partage. Inévitablement, on va rencontrer un certain désespoir si on est le moindrement sensible à notre monde.

La guerre, certain(e)s vivent dedans, nous on la regarde à l’écran. J’imagine qu’on arrive à ressentir une infime partie de leur souffrance, mais probablement qu’une toute petite partie. Il nous manque la vibe spécifique du contexte. Comme entendre tomber des bombes autour de soi. Possiblement sur soi. La peur doit leur passer à-travers dans les os. Moëlle douloureuse.

Je ne sais pas pour vous mais moi, personnellement, le fait de savoir que des gens souffrent autant en ce moment en divers endroits de la terre pendant que je suis confortable et aussi business as usual ici me dérange et me rend inconfortable. Me questionne fortement du moins. Pas coupable, mais pas loin. Responsable. Comme dans habileté – capacité – à répondre du terme respons/ability en anglais.

Mais quoi faire devant la guerre ? Que faire pour tenter de l’éliminer, de la faire disparaître ? Contribuer aux agences d’aide humanitaire est déjà un bon même si très humble début. Pour qu’au moins les gens mangent et boivent.

Comprendre les sources des conflits en est un autre. Sans prendre un côté ou l’autre, rester centré(e)s sur la vie humaine. Cultiver la neutralité, et continuer à sentir les gens.

Apprécier l’immense chance, l’infini privilège que l’on a de vivre ici, et non là-bas. En continuant de nous sentir uni(e)s à nos frères et soeurs des deux camps.

Et finalement, continuer à cultiver l’espoir. Même si cela est bien abstrait face à la dure et menaçante réalité que vivent certain(e)s. Voir les sources de dualités, de conflits et de petites guerres que l’on cultive en soi-même. Voir et reconnaître les jugements que l’on entretient face aux gens que l’on considère différents de nous. Et les amenuiser.

Espoir all the way to the earth, directly from the heart.

IMPUISSANCE & AHO LE COEUR

Cette photo m’a rentré dedans ce matin. Ouch ! Elle est sournoisement apparue devant mes yeux. Elle s’est frayé un chemin jusque dans la vulnérabilité de mon coeur et de mon âme. Boum !

Devant l’horreur, on préfère bien souvent ne pas regarder en pleine face, on préfère fermer les yeux, on tourne son regard et on préfère ignorer. Ce que je fais parfois, souvent. Ou pour se prémunir contre l’inconfort, on peut devenir cynique, sarcastique et caustique, arrogant, détaché et intellectualiser les faits. Chacun de nous avons nos façons de gérer l’inconfort.

Ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient est d’une horreur indescriptible. Ce n’est pas le seul endroit ou sévit l’horreur mais c’est actuellement, et de loin, la plus éloquente et la plus médiatisée. La photo ci-haut illustre cette horreur.

Tant de gens qui ont perdu la vie, ou qui ont été blessé(e)s, tant de gens qui ont perdu des êtres chers par le biais d’actes barbares, d’un côté comme de l’autre. Tant de tristesse, de désespoir et d’impuissance. Tant de colère et d’incompréhension. Pas que les leurs, les nôtres aussi. Une seule planète, une seule humanité. Et nous sommes lié(e)s.

Certaines personnes qui ont perdu des proches veulent vengeance et attaques en retour, d’autres plaident la paix et le dialogue. Les premiers crient souvent plus fort. Et malheureusement agissent. Chacun(e) nos façons de réagir à l’horreur et à la douleur. Et personne n’a tort ni raison. On fait tous et toutes du mieux que l’on peut. Considérant les divers contextes et les ressources que l’on a à notre disposition.

Mais quand nous en sommes rendus à bombarder, affamer et tuer des enfants, que peut-on faire d’ici, nous qui continuons à vivre nos petites vinaigrettes comme si de rien n’était ? Comment on négocie avec cette horreur nous qui ne la vivons pas ? Comment assumer notre part de responsabilité ?

Certains choisissent de ne pas regarder, de ne pas vouloir savoir. D’autres préfèrent se réfugier dans la recherche du bonheur. Pour la plupart, on s’offusque, mais ne sachant toutefois que faire. On encaisse, on avale, on tente de processer l’information. Et de faire sens. D’une situation qui n’en fait pas.

Pendant que des enfants meurent et que des hôpitaux sont bombardés, que des gens n’ont plus rien, ni eau, ni home, ni nourriture, ni électricité, nous on continue tout bonnement nos ptites vies ici, en toute sécurité. À l’abri. Et on regarde l’horreur de loin, ici, au chaud et le ventre plein, en se prononçant sur l’horreur, certains prenant position pour un côté ou l’autre, d’autres préférant sentir et ressentir l’horreur et tenter de persévérer dans et avec la lumière. Défi.

Je l’avoues, ce matin, la vie me tiraille et me questionne jusqu’aux entrailles et je n’ai pas de réponses ni solutions. Je ne peux que sentir mon impuissance, et l’accepter. De voir et de savoir que des enfants souffrent ainsi m’atteint profondément. Les adultes et autres innocent(e)s aussi, mais les enfants tout particulièrement. Peut-être le papa en moi qui résonne.

Ce matin, j’ai mal à notre humanité. Je ne comprends rien à ce monde, notre monde. Car on a beau chercher e tenter de pointer des coupables et des responsables, il reste que tant d’horreur sévit en ce moment au coeur de notre humanité. Et pas qu’au Moyen-Orient, en de nombreux autres endroits sur terre. De belles choses aussi se produisent et prennent place, mais beaucoup d’horreur aussi.

Alors que faire ?

Continuer à respirer, à observer sans juger, à choisir la beauté en soi et autour, à la partager et à contribuer du mieux que l’on peut, et à souhaiter le mieux à tous et toutes, et surtout la paix aux femmes, hommes et enfants de bonne volonté. Et à s’en remettre à plus grand que Soi.

Inch’Allah , Shalom, Aho ! & Amen.