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SOURIRE PAR DÉFAUT

Sourir est du «yoga de la bouche»… – Thich Nhat Hanh

Certaines personnes ont le sourire facile. D’autre moins, ou pas du tout.

Parfois, j’envie les premiers, tout en doutant de la sincérité du sourire en question. Et en même temps, qui suis-je pour questionner ce sourire ?

J’aime l’audace de Mr Hanh d’oser affirmer que le sourire est un yoga de la bouche. Car en ces temps plutôt maussades avouons-le, le sourire est louche, et oser sourire en ces temps sombres peut sembler présomptueux. Et désormais tout est yoga.

Et malgré tout, j’apprécie l’affirmation, sa candeur, son innocence.

Quand tant de gens souffrent, quand tant de situations sont dramatiques et catastrophiques sur terre, peut-on enore sourire ? La question se pose et pourtant, un sourire modifie immédiatement notre disposition intérieure. Essayez-le pour voir. Ou pas, car qui suis-je pour vous proposer de sourire ?

Mais dès qu’on pose un sourire sur son visage, tout change en soi. L’état intérieur du corps entier se modifie quand on décide de sourire à la vie. Même si ce n’est que du bout des lèvres au début.

Veeresh disait jadis : act as if = fais comme si… Fake it till you make it. Sois déjà ce que tu veux devenir, et tu le deviendras. Même si cela implique de faire semblant au début. IL nous faut casser le moule qui tire vers le bas, essayer de nouvelles stratégies.

Bien sûr, on peut s’opposer à cette affirmation, hé pays libre. Mais pour l’avoir essayé, je peux affirmer qu’il y réside une certaine part de justesse et de vérité.

Il y a diverses significations au verbe sourire, en voici quelques-unes:

1- Témoigner à quelqu’un de la sympathie, de l’affection, de la gentillesse, en lui adressant un sourire;

2- Être agréable à quelqu’un, lui plaire, lui convenir;

3- Être favorable à quelqu’un, à la vie, en parlant de la chance, du sort, etc;

4- Considérer quelque chose ou quelqu’un avec amusement, ironie, s’en moquer sans méchanceté.

Sourire ne signifie pas rire de quelqu’un, ni se moquer. Sourire sincèrement, sourire à partir du coeur, de l’âme. Sourire par en dedans.

Le sourire n’est pas que verbe d’action, c’est également un état, une teinte que l’on dépose sur son visage, sur son être entier en fait. Un sourire. Une lunette que l’on dépose sur la vie, une attitude, une disposition intérieure.

Un sourire est: une expression rieuse, marquée par de légers mouvements du visage, et en particulier un élément de la bouche, qui indique le plaisir, la sympathie, l’affection (Larousse).

Le sourire est aussi une décision qui consiste à accepter la vie avec ouverture, optimisme, le coeur – et parfois la bouche – ouverte, du moins colorée. On dit que lorsqu’on sourit à la vie, la vie nous sourit automatiquement en retour. Malgré sa simplicité, pour ne pas dire son simplisme, cette affirmation contient une part de vérité.

Oh bien sûr que la vie n’est pas que sourire. Elle nous offre aussi des drames, des pertes et des passages étroits que l’on doit affronter. Mais si on décidait d’adopter comme posture de base de sourire à la vie, car en réalité nous sommes si privilégiés, peut-être que la vie répondrait comme on le souhaite un peu plus ? Ça vaut la joie d’essayer non ?

Et drôle de hasard, ou d’algorithme 😉 en rédigeant cette chronique, je vais faire un saut de puce sur FB et pop ! cette affiche de mon ami Albert apparait. Ça ne s’invente pas !

Ce film explore un nouveau domaine scientifique appelé cognition incarnée. Il montre comment les acteurs de cinéma deviennent souvent leurs rôles et suggère que ces principes s’appliquent aux gens ordinaires en termes d’actualisation de la confiance, de l’héroïsme, de la santé et même de l’amour. Y compris la pratique, dirigée par Laughing Laura et d’autres.

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La valeur d’un geste se mesure à la gratitude qu’il inspire… dans le coeur de l’autre.
– via Paul Ouimet

LA FIN DE LA QUÊTE

Inspecteur de miroirs est un emploi dans lequel je pourrais vraiment me voir travailler.

Depuis la naissance, on nous enseigne à en vouloir toujours plus, toujours mieux, à chercher partout en dehors de soi pour trouver le bonheur, ou Dieu, pour voir si on s’y trouve. Plus, plus tard, plus beau. Et le paradis, mais qu’à la fin de vos jours. Peut-être. Comme peut-être l’enfer.

Pour d’autres, cette vie-ci n’est que préparation pour une vie meilleure, plus tard. Ou le remboursement de mauvais karma de vies passées.

On nous apprend à penser à plus tard, à préparer sa retraite, même si notre job nous fait suer. Tant de personnes qui ne font que faire leur temps ici sur terre. En attendant mieux, plus, autre chose, autrement. Peut-être.

Ce que l’on vit ici-bas n’est jamais assez, jamais parfait ni même OK. Ou tout au plus juste OK, barely enough. On survit plus que l’on vit. Mieux que rien. Pourtant lorsqu’on a mal à la tête, tout ce que l’on souhaite est rien d’autre que ce mal de tête. Donc au contraire de l’expression mieux que rien, parfois rien est mieux que quelque chose de désagréable.

On dirait bien que pour nous, pauvres quêteurs/ses, il semble inévitable de devoir s’épuiser à chercher – quelque chose ou quelqu’un(e) – pour éventuellement arrêter et apprécier tous les trésors qui sont déjà en nous comme sous nos cieux. Pour la plupart, nous sommes en quête mais dans le sens pauvre du terme, dans un sens de manque. À la recherche d’un trésor quelconque qui se situerait à l’extérieur de soi. Une chose de laquelle nous sommes privé(e)s, quelque chose qui nous manque. Le St-Graal.

Alors qu’on porte déjà au coeur de soi le plus grand trésor de l’univers, une parcelle de vie, une graine de merveilleux. Nous qui vivons dans un constant miracle, nous préférons mettre nos nez dans les mauvaises nouvelles et mettre l’emphase sur ce qui ne va pas, ce qui va mal. Ou voir la vie défiler dans nos écrans, via celles des autres. Pauvre divertissement.

Que la quête soit matérielle ou spirituelle, une quête est une quête et fait de nous des quêteux/ses. Oh bien sûr, la quête si elle est sans attentes constitue un formidable état d’ouverture. Mais entre vous et moi, rares sont les quêtes sans attentes. La quête vise la plupart du temps quelque chose d’extérieur à soi, et porte sur et vers un but extérieur (distance) et ultérieur (plus tard). Rare que l’on soit en quête de soi. Et pourtant, par là que réside le but ultime. Quête de soi, puis éventuellement de rien quand on se rend compte que le soi n’est bien souvent rien d’autre que quelque chose d’imaginé.

Mais vient un moment, après un laps de temps variable car la patience est individuelle, où l’on se tanne de chercher et où l’on décide de trouver. La quête de vient une trouvaille, une aventure. Et on se met à décider de cueillir les trésors qui se trouvent en nous comme sur notre route. Vient un moment où de quêteux/ses, nous devenons des trouveux/ses.

Et comme par miracle, les trésors commencent à se dévoiler juste ici sous nos yeux, comme derrière nos yeux quand on fait simplement arrêter de chercher partout en dehors. Le poste d’observation devient un phare que l’on cherchait dans la brume, et le/la gardien/ne du phare se transforme en présence qui réalise que c’est elle qui se cherchait elle-même. Le reflet dans le miroir se reconnait enfin lui-même comme la source.

Euréka. Et alléluia.

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C’est une telle bénédiction lorsque la recherche spirituelle touche à sa fin. Vous tombez simplement amoureux de la Vie ordinaire.

Vous ne recherchez plus un état supérieur, un changement fantaisiste de conscience, un domaine transcendant de l’être.

Finalement, vous vous contentez des moments ordinaires mais sacrés de la Vie quotidienne. Tenir la main de votre enfant pendant qu’il fait ses premiers pas. Observer le soleil apparaître derrière un nuage. La sensation des gouttes de pluie frappant votre peau. Prendre une tasse de thé avec un ami. Le paradis est ici, caché dans les choses ordinaires de la Vie, et il suffit d’ouvrir les yeux et le cœur pour le savoir.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de défis, de moments d’intensité, de chagrin et de décisions difficiles à prendre. Mais vous affrontez ces moments avec volonté et courage, et vous savez que vous êtes toujours sur votre chemin et qu’il n’y a rien de « plus haut » que ce royaume terrestre et ordinaire.

Car il n’y a jamais eu de division entre le supérieur et l’inférieur, le sacré et le profane, le spirituel et le matériel. Il n’y avait que la Vie qui nous rappelait à elle-même. À travers chaque petit événement apparemment insignifiant. À travers chaque moment banal.

Pourtant, il n’y a pas d’événements insignifiants ici. Chaque événement est précieux. Chaque instant est touché par l’infini.

Lorsque la recherche spirituelle se termine, la Vie commence véritablement. »

– Jeff Foster.

LIEN DU TOUT

Plus tu vieillis et plus tu deviens calme, paisible. La vie te rend humble au fur et à mesure que tu matures. Et graduellement, tu prends conscience de tout le temps que tu as consacré à des broutilles.– Inconnu

Le titre de cette chronique vient de mon ami AG. On s’échangeait quelques mots tout à l’heure et à la volée, j’ai repris ses mots et parti chronique. Lien du tout. Tout simplement beau. Comme dans rien, comme dans tout, comme dans lien. Comme dans les multiples jeux de mots que l’on s’échange lui et moi. Nonos nous sommes ensemble.

L’image, elle, a été peinte par Claudia Tremblay (que je ne connais pas). J’aime autant la vibe qu’elle dégage que le message qui l’accompagne. Car en effet, rien comme vieillir pour – apprendre à – devenir mature, devenir humble, devenir de plus en plus calme et paisible. Le temps nous passe dessus, nous rentre dedans et nous transperce, nous modèle, nous polit.

Ce temps duquel, lorsqu’on est jeune, on se plait à dire avec arrogance qu’il n’existe pas, semble devenir de plus en plus réel au fil du temps qui passe par les marques qu’il laisse sur notre corps, par la délicatesse qu’il dépose en nous, par la fragilité qu’il force.

C’est aussi vrai que le temps n’existe pas, mais pour affirmer cela, il faut en avoir vu passer une quantité suffisante. Il faut avoir perdu des ami(e)s. Il faut sentir ses marques sur son propre corps. Il faut avoir goûter à la vulnérabilité qu’il souffle à notre âme.

Ce temps qui passe sur notre corps et le façonne polit également notre âme justement. À mesure que le corps se fatigue, on arrête de se battre et de perdre du temps à-propos de futilités. Et avec le temps, et le corps qui flétrit, l’âme, elle se fortifie. On dirait presque que les deux sont inversement proportionnels. Plus le corps est vigoureux, plus on se sent invincibles et plus on tremble, plus on réalise que la vie est fragile, et nous dedans.

Et avec le temps qui passe, le coeur s’éveille. Car là que notre âme y repose, là qu’elle fut déposée à la naissance. Et on doit parfois faire le tour du monde pour la retrouver. Un peu normal car nos yeux cherchent par en dehors. Mais long à comprendre, long à apprendre.

Et graduellement, avec le temps qui coule dans le grand sablier, le lien avec plus grand que soi se développe si on prend le temps de regarder le temps passer dans les cieux. Ce temps qui passe et qui prend avec lui notre arrogance, ce temps qui nous soutire ce sentiment d’invulnérabilité propre à la jeunesse et qui est nécessaire alors pour se faire, pour faire sa place dans le monde.

Parlant de belles images, celle-ci. Peinte par une jeune slovène de 13 ans. Et qui rejoint bien l’expression de mon ami AG. Lien du tout. Ce que nous sommes. Un des multiples lien du grand tout qui manie tout. Qui tricote la vie un humain à la fois, chaque maille dans la foi.

Anja Rozen, 13 ans, Slovénie

Lien du tout. Tu vois AG, ce que tes quelques mots d’esprit peuvent inspirer.

Vieillir pour ré-apprendre à devenir moins que rien, mais jamais moins que lien. La mort comme la vie, tout fait partie du vivant. Un humain à la fois, foi en chaque humain.

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Ce silence, cet instant, chaque instant, s’il est véritablement en vous, apporte ce dont vous avez besoin.
Il n’y a rien à croire.
Ce n’est que lorsque j’ai arrêté de croire en moi que je suis entré dans cette beauté.
Asseyez-vous tranquillement et écoutez une voix qui vous dira : « Soyez plus silencieux». Meurs et tais-toi. Le calme est le signe le plus sûr que vous êtes mort.

Votre ancienne vie était une fuite frénétique du silence.
Sortez de l’enchevêtrement de la pensée de la peur.
Vivez en silence.
– Rumi

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Nous recherchons une sorte de permanence, quelque chose à quoi nous accrocher – une personne, une philosophie, un sentiment, un état, une histoire, voire une identité spirituelle.
Mais la nature éphémère de l’expérience fait que tout ce que nous saisissons finit par nous glisser entre les doigts, y compris nos tentatives pour arrêter de saisir.
Jusqu’à ce que nous reconnaissions que l’impermanence est en réalité une amie chère, et que la fragilité donne à la vie sa beauté, et que ce jour apparemment ordinaire, avec son réveil, sa toilette, sa respiration, ses joies et ses douleurs, est l’ami cher auquel nous avons toujours rêvé.
La Bien-aimée nous appelle à la maison par tous les moyens possibles, et cette vie «ordinaire » est son ingénieuse invitation.
Vous êtes emprisonné dans la grâce, cher ami, et la clé n’a jamais été fabriquée.
– Jeff Foster

MA FOI DES BONS CIEUX

Il est un peu gênant qu’après 45 ans d’études et de recherches, le seul conseil que je puisse donner aux gens est d’être un peu plus gentils les un(e)s avec les autres.
– Aldous Huxley

De mon côté, après 40 ans à méditer, à chercher, à fouiller dans le tréfonds de mon petit moi-même comme autour du monde, je ne peux que tout humblement seconder les propos de Mr Huxley.

On aura beau atteindre les plus hauts sommets (ou le penser, ou le désirer), acquérir moultes connaissances, être adulé(e) du peuple (ce que je ne connais pas), connaître et frayer avec les VIP de ce monde (non plus), accumuler des tonnes de bidous ou de bébelles (pas mon cas non plus), si on n’a pas un réseau de gens de coeur autour de soi avec qui partager qui nous sommes, comme disait Yvon Deschamps, quossa donne ?

Nous sommes nombreux à tendre vers le toujours mieux, vers le encore plus. Nombreux à nous essouffler à courir sans cesse vers le bonheur, le mieux-être de soi-même. Cette course folle vers le bien-être et le mieux-être personnel me semble nous faire oublier le bien des autres autour de nous.

À mes yeux, l’affirmation de Mr Aldous rejoins celle-ci de Mr Albert (qu’elle soit vraiment de lui ou pas.)

Je m’adresse à tout le monde de la même manière, qu’il soit éboueur ou président de l’université.

On reconnait les grands êtres humains à leur simplicité, à leur humilité, à leur humanité. Ce sont souvent ces personnes qui traitent autrui comme leurs égaux, lerus semblables. Car au-delà de nos différences, nous avons tous les mêmes besoins, toutes les mêmes aspirations.

L’intelligence ultime me semble être de cette qualité, résider dans cette simplicité d’être, dans cette disposition humble et prête à être au service d’autrui. À développer la bonté envers tous ceux et celles que l’on croise sur notre route. Peu importe leur statut, leur titre, leur position.

Quand on croise une autre personne, si on prend le temps de regarder, vraiment regarder, et sentir, on peut voir son âme dans ses yeux. Si on prend simplement le temps, on peut sentir ce qui fait battre son coeur.

Dans ce monde fou où l’on bombarde ou affame des enfants, leurs mères et des personnes âgées, où tant sont en quête d’un simple toit et de quoi manger et boire, facile de devenir cynique et sarcastique. Dans un monde de plus en plus dominé par le corporatisme et le profit, il nous faut retrouver la part d’humanité qui git en chacun(e) de nous. Malgré les apparences de fin du monde. Car c’est peut-être plutôt le début d’un nouveau auquel on assiste.

Et la plus grande intelligence est inévitablement celle du coeur, et nous devons réapprendre à descendre de la tête au coeur pour y avoir accès. Car c’est là qu’on retrouvera la source de notre bonté, là qu’on renouera avec son âme.

L’âme humaine qui n’est qu’une, unique, distribuée en des milliards de coeurs.

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Notre stratégie ne devrait pas consister seulement à affronter l’empire, mais à l’assiéger.
Pour le priver d’oxygène.
Lui faire honte.
S’en moquer.
Avec notre art, notre musique, notre littérature, notre entêtement, notre joie, notre génie, notre acharnement – et notre capacité à raconter nos propres histoires.
Des histoires différentes de celles auxquelles nous sommes soumis à un lavage de cerveau.
La révolution des entreprises s’effondrera si nous refusons d’acheter ce qu’ils vendent – leurs idées, leur version de l’histoire, leurs guerres, leurs armes, leur notion d’inévitabilité.
Rappelez-vous ceci : nous sommes nombreux et eux sont peu nombreux.

Ils ont plus besoin de nous que nous n’en avons besoin.
Un autre monde n’est pas seulement possible, il est en route.

Par une journée calme, je peux l’entendre respirer.
– Arundhati Roy

AIMER SON MENTAL ? WHY NOT COCONUT ?

Commencer à apprécier votre mental La méditation n’est pas un effort contre le mental. C’est une manière de comprendre le mental. C’est une façon aimante d’observer le mental, mais bien sûr, on se doit d’être très patient(e).
– Osho

Aimer son mental ? Ou du moins, pour commencer, simplement apprendre à l’apprécier peut-être ?

Pour la plupart d’entre nous j’imagine, nous entretenons une sorte de relation amour-haine avec notre tête, avec notre machine à pensées, notre mental. Ça spinne sans cesse là-haut alors que l’on se trouve souvent bien déconnecté(e) d’avec le reste de notre corps. Car la tête fait partie du corps à ce que je sache, ce que l’on a parfois tendance à nier, du moins à négliger. Ou au contraire à trop valoriser. La preuve ? On n’a pas trop de problème à être malade de corps, même si pas plaisant, mais malade mental ? Autre histoire.

Par le biais de la méditation, si on prend le temps régulièrement, il devient possible d’utiliser un temps, un lieu et un espace spécifiques et dédiés pour observer le matériau incessant qui émerge de cette machine à idées que nous portons en tête, juste là derrière nos yeux.

Le mental n’est pas qu’un fauteur de troubles, même s’il l’est aussi parfois.

Parfois aussi de bonnes idée peuvent émerger de cette source intarissable que l’a tendance à vouloir faire taire. Bonne chance pour ça d’ailleurs. Comme on n’arrêtera jamais la terre de tourner ni le soleil de briller, notre mental continue à faire des tours et des tours sur lui-même, et de nous en jouer, nous entraînant parfois avec lui loin hors des cieux, et parfois loin du coeur.

Si on peut lentement mais sûrement apprendre à se détacher graduellement du stuff qui émerge de notre tête – la plupart du temps pas mal toujours les mêmes idées anyway – on peut finir par cultiver la paix en soi. Mais en effet Osho, ça prend du temps. Et de l’attention. Et de la persévérance.

Quand Osho affirme que la méditation est une manière de comprendre le mental, ce que je comprends c’est qu’on doit simplement prendre le temps d’arrêter, de voir, de regarder et d’observer sans juger tout ce qui poppe, sans rejeter ni exclure. Et de revenir à sa respiration. Et au moment, qui vient et va, qui passe sans cesse. Ce moment futile et volatile sur lequel on ne peut jamais fermer la main, ce moment qui nous glisse toujours entre les doigts. Et tout doucement, redécouvrir son coeur, là où on a déposé notre âme à notre naissance, le lien vers le Divin, là où réside le secret de l’univers.

De plus en plus, la méditation devient le moteur de ma vie, le centre des mes actions. Après avoir été très actif non-stop pendant des années et reléguant un peu la méditation à l’arrière-plan, elle redevient ma nourriture la plus appréciée, la plus simple expression de qui je suis aussi.

Ce temps quotidien que je crée et où je décide de couper un peu du monde, temporairement mais complètement, ce silence que je cultive et qui demande tant de soin car délicat. Et de patience car lent et lentement. Cette connivence avec mes ami(e)s du silence par les ondes est aussi très précieuse. Amitié subtile et silencieuse. Communion au-delà de la communication.

Pour les prochaines semaines, à partir du 1er mars, et pour 21 jours, on va s’engager dans un blitz de méditation en groupe: à chaque matin, à 7 h par le shaking, on va secouer ce qui nous paralyse, nous bloque dans notre flow créatif. On va sortir de notre hibernation. D’autres, moins portés sur la chose, se joindront à nous à 8 h et prendront un 20 minutes pour faire silence et commencer leur journée sur cette base. Certain(e)s feront parfois les 2.

Aimer son mental ? Why not coconut ?

Rien à faire, qu’à regarder passer la parade. Mais avec présence et attention détendue.

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Aimer.
Être aimé(e).
Et ne jamais oublier sa propre insignifiance.
Ne jamais s’habituer à la violence indicible et à la vulgaire disparité de la vie qui nous entoure.
Chercher la joie dans les endroits les plus tristes.
Poursuivre la beauté jusqu’à son antre.
Ne jamais simplifier ce qui est compliqué ni compliquer ce qui est simple.
Respecter la force, jamais la puissance.
Surtout à regarder.
Pour essayer de comprendre.
Ne jamais détourner le regard.
Et jamais, jamais oublier.

– Arundhati Roy via Prati

COEUR OUVERT, ESPRIT DE MÊME

Un coeur ouvert invite à l’ouverture d’esprit. – Dalai Lama

On a parfois tendance à opposer coeur et esprit (ou mental en français qui est moins précis que l’anglais en ce sens qui distingue plus clairement mind et spirit). Mais pourtant. Les deux cohabitent dans notre carcasse, notre carapace d’humain, le bolide en 3 D qui transporte notre âme.

Le lien que fait le Dalai Lama me semble plus que pertinent, soit qu’un coeur ouvert invite à l’ouverture d’esprit – qui n’est pas une fracture du crâne.

Quand notre coeur est ouvert, à soi, aux autres et sur le monde, ça donne de la place à l’esprit, au mental, pour penser en dehors de la boîte à souliers, et même à se mettre les pieds dans la bouche à l’occasion.

Quand notre coeur s’ouvre, car je crois qu’il n’est jamais complètement ouvert, il peut s’ouvrir de plus en plus jusqu’à englober le monde entier, notre esprit suit. Il devient esprit sain.

Quand le coeur s’ouvre et est ouvert de plus en plus, on peut accepter ne pas savoir grand chose des choses de la vie.

Genre.

Admettre qu’il y a certaines choses que l’on sait (ou pense savoir, mais même ça c’est un autre débat), savoir qu’en ignore certaines autres et plusieurs qu’on ne sait même pas qu’on ignore car on ne sait même pas qu’elles existent. Alors aux adeptes de la pleine conscience, on se reverra dans l’infini. Car comme on dit, l’éternité c’est long longtemps, surtout vers la fin.

Porter en soi un coeur signifie pour moi demeurer innocent(e), un(e) éternel(le) étudiant(e), ignorant(e) dans le bon sens du terme, dans le sens savant du terme. SI on ose ignorer, on demeure ouvert(e) au mystère.

Comme l’impression de plus en plus que nous portons notre âme au creux de notre coeur, là qu’elle se situe en nous. Et que notre esprit/mental/machine à pensées s’y trouve elle aussi même si elle semble se situer davantage dans notre tête, plus précisément derrière nos yeux. Là qu’est le poste d’observation peut-être, mais le coeur de la vie en nous est au creux de notre coeur. Pour cela qu’il nous faille y respirer, sentir ce qui s’y passe.

Pas si compliqué la vie quand on vit à partir de son coeur.

Poupoum poupoum poupoum…

DROIT AU BUT AVEC TOUT SON COEUR

Le ressentiment est le sous-produit des attentes.
Les attentes sont pauvres et passives. générant un sentiment de «droiture» alors qu’inévitablement, quelqu’un ne les respectera pas. Les attentes indiquent un besoin d’autorité et de contrôle.
Choisissez plutôt d’instaurer des «façons d’être» communes car celles-ci sont choisies et établies. Ces «façons d’être» sont mutuellement respectueuses et ouvertement discutées. Ces «façons d’être» élèvent les personnes plutôt que de passivement les abaisser.

– J. Mike Fields

Avant de partir en voyage il y a 2 semaines, j’ai fait une petite montée de lait avec le fait, du moins ce que je ressentais, que certaines personnes n’appréciaient pas toujours à leur juste valeur ce que nous offrions dans nos cérémonies et nos méditations.
https://atisupino.com/2024/02/08/declencheur-declenche/

Je disais grosso modo que l’on mettait beaucoup de soin à préparer ce que l’on offre mais que parfois certains semblent nous prendre pour acquis. Et quelques minutes après avoir posté ma montée de lait chronique, je vois passer devant mes yeux cette citation de J. Mike Fields ci-haut qui dit tout bas:

Le ressentiment est le sous-produit des attentes. Les attentes sont pauvres et passives. générant un sentiment de «droiture» alors qu’inévitablement, quelqu’un ne les respectera pas. Les attentes concernent un besoin d’autorité et de contrôle.

Choisissez plutôt d’instaurer des «façons d’être» communes car celles-ci sont choisies et établies. Ces «façons d’être» sont mutuellement respectueuses et ouvertement discutées. Ces «façons d’être» élèvent les personnes plutôt que de passivement les abaisser.

En tant que réponse directe à ma complainte d’organisateur incompris full ressentiment et victime de la non appréciation pressentie des autres, prends ça in your face le chroniqueur. Ça m’a fait voir mon gène de petit dictateur interne, soit quand je veux et surtout que je m’attends à ce que les gens se conforment à ce que moi j’ai décidé.

Même si cela fait sens de vouloir le meilleur pour le bien du plus grand nombre, et la qualité supérieure dans tout ce que l’on fait, comme on dit, tout est dans la manière. Et on doit toujours être clair et précis dans l’établissement de normes communes, quand on établit une façon d’être en groupe, quand on cultive une certaine culture d’entreprise – quoi que le terme entreprise n’est pas tout à fait juste dans ce cas-ci, mais nous fait tout de même saisir l’idée.

Donc plutôt que de s’attendre à ce que les gens respectent nos attentes, ce que je comprends c’est qu’il nous faut simplement établir des façons d’être claires et précises, les énoncer clairement et les présenter de façon à ce que chacun(e) sache à quoi s’en tenir. Et soit qu’ils/elles y adhèrent et qu’ils/elles le fassent en toute connaissance de cause, ou dans le cas contraire, ne pouvant y adhérer, ils/elles quittent et que cela soit clair aussi.

Étrange comment la vie nous met parfois des réponses sous le nez – ou en pleine face – quand on en a besoin et probablement surtout lorsqu’on est prêt(e) à les voir et les accepter, les comprendre et les appliquer.

Le matin, tôt, je poste ces mots et le jour même, FB me souffle cela à l’oreille et aux yeux et me présente une réponse droit au visage. Soufflé le ptit chroniqueur des grands chemins par la pertinence et la synchro du message. Et même si c’était seulement les algorithmes. Car même les hasards sont désormais douteux.

Apprendre à aller vers de plus en plus de clarté, de transparence et de simplicité. Car lorsqu’on communique, on se doit d’aller au strict minimum, le plus clairement possible, surtout en ces temps de surabondance d’information et de déficit d’attention généralisé, tout ça avec le plus de simplicité et de clarté possible.

Alors droit au but, avec tout son coeur, on continue.

CHERCHER LE BEAU DANS LE MONDE

Rien ne fait apparaitre le pire en autrui que d’y mettre l’emphase. Rien ne fait apparaitre le meilleur en autrui que d’y mettre l’emphase. – Abraham Hicks

Resalut lecteurs/trices.

De retour de mon périple annuel au Brésil. 10 jours à chanter, interagir, à parler portugais – qui va de mieux en mieux – à prier, à fraterniser, à regarder par en-dedans et à prendre soin du dehors. Sans oublier écouter mère poules, poussins et coqs chanter presque tout le temps, surtout la nuit, et se jucher dans les arbres.

Contrairement à ce que je fais parfois, cette année je ne posterai ni photos ni vidéos ici illustrant notre voyage. Car le voyage est intérieur, toujours intérieur ce voyage au sud du monde.

Si le Brésil est l’un des pays les plus abondants du monde au niveau des gens, des couleurs et de la nature en général, notre voyage nous amène surtout par en-dedans. En fait, on ne va pas tant au Brésil qu’à notre église qui se nomme Céu Sagrado, dans la grande région de Sao Paulo, mais un peu à l’écart de la ville. Les curieux/ses des yeux pourront googler : Céu Sagrado, Sorocaba Brésil.

Cette année, je vais plutôt partager quelques impressions de l’intérieur. Mon intérieur. Et l’une des mes plus grandes leçons, du moins dossier de travail.

À chaque année, on va à notre église pour contribuer à fabriquer le thé sacré que l’on consacrera toute l’année durant ici. On prend part à toutes les opérations, que ce soit le battage des vignes, le lavage des feuilles, la musique, les chants, le nettoyage des lieux. On y vit complètement intégrés et acceptés dans la vaste famille de l’église. Accueillis avec grandeur d’âme et générosité de coeur.

Comme ça fait plusieurs années que l’on y va, pour la plupart, nous ne sommes plus dans l’émerveillement inévitable des premières fois, on approfondit de plus en plus le travail qu’on y fait là-bas, qui n’est en fait que travail en et sur soi. Peu importe ce que soi veut signifie. Probablement que soi ne veut que devenir Divin, et infini.

On déplace son corps là-bas pour quelques jours et on ne fait que poursuivre le travail que l’on a entamé ici. Mais en plus intense, en plus condensé, en plus vite, dans le tordeur d’une grande communauté. La voie du Santo Daime est un réel travail. Une job de l’intérieur, pour nous permettre éventuellement d’accéder à des espaces plus vastes, plus lumineux, plus sacrés. De plus en plus du moins, un pas à la fois, chaque pas dans le foi (certain(e)s l’aiment celle-ci ;-).

Cette année nous étions 11 à voyager et à vivre ensemble dans une petite maison sur le site de l’église, ce qui a épicé le voyage. Et si j’ai utilisé la citation ci-haut c’est que ce fut en quelque sorte ma leçon de l’année: choisir de voir le mieux chez les autres. L’ultime leçon de l’amour véritable: choisir de voir le bon en autrui. Et quand on fait l’effort de voir le mieux chez les autres, la beauté de la chose est que l’on finit par voir de plus en plus la beauté en soi-même. Car soi et les autres, pas si différent au fond.

À côtoyer de près les gens dans un lieu commun, on arrive par voir plusieurs facettes de leurs personnalités, comme eux et elles découvrent plusieurs de la nôtre. On ne peut rien cacher. Au fil des jours, tout finit par remonter à la surface. En particulier avec notre élixir de vérité.

Les plus grands enseignements spirituels ne sont pas ésotérique ni ne prennent place dans l’au-delà, ils s’ancrent toujours place dans notre capacité de vivre ensemble, de prendre soin l’un(e) de l’autre, comme d’un lieu de vie ensemble. Particulièrement autour de la cuisine et de la salle de bain.

Cette année, comme toujours, plusieurs de mes boutons ont été déclenchés, souvent. Et la plupart du temps, j’essayais de regarder ce qui montait de mon côté. Parfois je réussissais, parfois, pas. Parfois je regardais par en dehors, cherchant le problème chez autrui.

Lorsque déclenché, après avoir pris une distance, et regardé et senti ce qui montait en moi, comme ce qui était déclenché, je pouvais exprimer à la personne concernée ce qui m’avait dérangé et ce que j’apprécierais comme comportement futur de sa part. Et j’invitais l’autre à faire de de même. À recommencer, sans cesse. Car nul n’est parfait en son pays, comme ailleurs.

Parfois on ne peut changer les choses, parfois si. Mais toujours je réalise que pour être heureux et constructif, on doit apprendre à voir le meilleur en autrui. Car tout le monde – OK la plupart – veut faire du mieux qu’il et elle peut, avec les moyens du bord. La grande majorité d’entre nous sommes du bien bon monde. Choisissons de le voir, du moins de toujours continuer à le chercher.

Car à la longue, à force de chercher le beau et le bon, on finit par trouver le meilleur, chez autrui comme en soi.

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L’amour que l’on porte à une personne la rend toujours meilleure. La haine la rend toujours pire. Même si on est cette personne.
~C.G. Jung, via Abrete Corazon

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L’ignorance est toute autour de nous, souvent arrogante et revendiquée.
Elle fait même du prosélytisme.
Elle est sûre d’elle, elle proclame sa domination par la bouche étroite de nos politiciens.
Et le savoir, fragile et changeant, toujours menacé, doutant de lui-même, est sans doute un des derniers refuges de l’utopie. (…)
Le savoir, c’est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours d’utilité.
La connaissance, c’est la transformation du savoir en une expérience de vie.

– N’espérez pas vous débarrasser des livres, 2009.
Umberto ECO (05/01/1932 – 19/02/2016).

DÉCLENCHEUR DÉCLENCHÉ

Sois reconnaissant(e) pour ce qui te déclenche, ça indique où tu n’es pas libre.

Cher/ère lecteur/trice. Mon dernier petit blabla public pour quelques semaines. Comme à chaque année depuis belle et lette lurette, je m’en vais me ressourcer à Mamaë Terra do Brasil. Pour aider à brasser la boisson de l’âme que l’on rapportera ici au Nord pour continuer nos introspections et nos travaux.

Grosse période que celle des derniers mois. Organiser un voyage à l’étranger pour 11 personnes n’est pas de tout repos alors le dit doux repos sera atiguidou. Quoi qu’on se repose d’une certaine façon où je vais – dans l’âme et l’esprit up there – mais pas trop de corps terrestre. Mais toujours éclairant et inspirant pour la suite à donner peu importe. Et on dormira au retour. Peut-être.

Depuis quelques années, petite pension le permettant, je peux me consacrer à temps plein aux activités de notre petite église dans la forêt, dans laquelle on chante, on joue musique et l’on prie. Et on the side, et on line, on organise aussi des méditations dans notre dojo virtuel quelques fois par semaine depuis quelques années. Et j’écris chroniquement ici depuis une douzaine d’autres.

Mes dadas, my love in action made visible dixit Veresh.

J’ai la chance, que dis-je, le grandiose luxe et privilège, de faire ces activités pour et avec pas de salaire autre que le plaisir et la satisfaction de tenir ces espaces précieux comme de me répandre sur vos écrans.

Je n’ai pas l’obligation pour le moment de mener des activités en demandant une contribution précise et fixe ni trop élevée. Grand luxe aussi. L’idée est d’arriver à payer les dépenses et s’il en reste un peu de compenser minimalement pour les heures investies, et surtout pas comptées, à faire ce que j’aime le plus au monde, soit écrire, méditer, chanter, prier, communier.

Vraiment pas à plaindre le ptit chroniqueur padrinho artisan gratteux de guitare.

Comme on demande une contribution minimale pour nos activités, j’ai parfois l’impression que certaines personnes n’apprécient pas toujours à leur juste valeur ce que l’on offre comme temps, lieu et espace. Comme si parce que le prix demandé était bas, la qualité allait de pair. Mais au contraire, je considère que ce que l’on offre vaut si cher qu’on ne peut lui attribuer un prix en dollar$. Alors on y va pour le strict minimum.

Récemment, je me suis aussi senti pris pour acquis à quelques occasions – je sais je sais, l’acquis se tient, il ne se prend pas. En tous cas, je me suis parfois pris pour ati qui se sent pris et/ou tenu pour acquis. Ma perception ou la réalité ? allez savoir. Je continue de regarder, de voir, de sentir. Et d’y réfléchir car peut-être que ça va fléchir.

Je ne me sens pas toujours apprécié à la juste valeur des choses que j’offre. Que ce soit ma perception ou la réalité, un enjeu ces temps-ci qui poppe dans ma vie. Que je dois observer.

Et ça me fait voir que je fais encore des choses pour être apprécié, du moins pour que les gens apprécient la qualité de ce que l’on offre. Car je ne cherche pas comme telle une reconnaissance personnelle, je sais ce que je vaux, et je fais ce que j’aime, alors je suis prêt à le faire pour rien d’autre que le bonheur de le faire. Apprécié ou pas. La plupart du temps.

Mais il m’importe encore que le soin que l’on met à préparer et à offrir notre temps et nos espaces soient eux appréciés à leur juste valeur. Car ça en a. Réflexion du moment.

En ces temps difficiles économiquement, il me semble clair et évident que l’on doive s’entraider, se soutenir, contribuer comme on peut, à notre petite échelle et à notre juste mesure. Ré-apprendre à être généreux. Favoriser la coopération plutôt que le profit à tout et gros prix. Pas envie de vendre du mieux-être, ni des promesses, juste envie d’aider, de nous tenir, de se soutenir. Quand je vois que les gens apprécient et bénéficient, c’est ça ma paie. Plus que ça, non merci. Que ce soit dans mon écran, ou dans notre église. Dans mon coeur toujours que ça se réjouit.

Pour cela que je n’ai plus envie de me vendre. Plus satisfait à me donner corps et âme à ce que j’aime faire qu’à le mettre en marché. Surtout pas envie d’être commandité par FB et les autres grosses boîtes prêtes à manger le local et le social.

Ainsi, je réalise ces temps-ci que le manque d’appréciation – réel ou que je perçois parfois de la part de certains – m’affecte encore. Même si j’aime donner, même si j’aime offrir. Que ça ne soit pas apprécié à sa juste valeur me fait tiquer. Encore. Envie de semer les graines dans une terre fertile.

D’un autre côté, souvent quand je demande une contribution volontaire, ils sont quelques-un(e)s à insister pour donner plus que demandé. L’idée est que ça soutienne ceux et celles qui en ont moins. Merci du fond du coeur qui est plus creux que la poche. Ça compense la dépense, du moins je pense.

J’ai de plus en plus de misère aussi à nous voir flasher nos bonheurs, nos voyages et nos gloutoneux repas sur les réseaux asociaux alors qu’une bonne partie de la planète ne mangent pas à sa faim et se fait bombarder. D’autres déclencheurs à regarder. Soif de justice universelle.

Peut-être que ce qui attire notre attention dans le monde extérieur ne fait en effet que nous montrer où ni de quoi nous ne sommes pas encore libre de. Alors regardons. Osons. Mais il me semble que le monde a besoin de soutien plus que de profit$, plus de collaboration que de compétition. Me semble.

Là où nous allons au Brésil, nous sommes accueillis à bras et à coeur ouverts depuis des années. Bel exemple concret de générosité incarnée. Que nous rapportons dans nos bagages et dans coeurs et que nous tentons de répandre ici du mieux qu’on peut à notre retour.

Allons chers/ères lecteurs/trices, ennuyons-nous un peu l’un(e) l’autre pour un ptit bout. Saudade disent les Brésilien(ne)s.Un doux ennui chaud de coeur. Nous nous apprécierons d’autant plus aux retrouvailles.

OK, je vais aller voir au bout du monde si j’y suis encore, si j’y suis toujours et à tout jamais. Je reviens toutt sweet.

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J’ai toujours partagé tout ce que je vivais ; toute mon oeuvre, toute mon écriture était un partage de mon expérience de vie. Faire de la vie un haut lieu d’expérimentation. Si le secret existe, le privé lui n’a jamais existé ; c’est une invention contemporaine pour échapper à la responsabilité, à la conscience que chaque geste nous engage.

Je croyais jusqu’alors que l’amour était reliance, qu’il nous reliait les uns aux autres. Mais cela va beaucoup plus loin ! Nous n’avons pas même à être reliés : nous sommes à l’intérieur les uns des autres. C’est cela le mystère. C’est cela le plus grand vertige.

– Christiane Singer, message final

MOTS DE SOIE À SOI

Ce n’est pas ce que vous dites au monde entier qui détermine votre vie, c’est ce que vous vous chuchotez à vous-même qui a le plus d’impact.

Écrire m’apporte beaucoup de bonheur, écrire me fait me sentir riche, de mots mais drôlement aussi, riche de silence. Car c’est entre les mots que se cache le silence. C’est entre les lignes qu’il faut lire la vie.

Comme c’est dans le vide, derrière les choses de la vie, qu’on apprend à vivre. On acquiert tant avec les pertes, avec les grands détachements, avec les abandons. Au début de la vie on doit devenir soi, puis, graduellement, on devient soie avec le temps qui nous passe dessus, nous affine et nous raffine.

Comme l’oignon qui perd ses couches, on se laisse éplucher par la vie, par les événements. Avec des rires et plusieurs larmes aussi. Sachant très bien qu’au centre du meilleur copain de l’ail se trouve rien, que rien ne s’y trouve. Mais on continue d’éplucher.

Pourquoi j’écris ? J’écris parce que j’aime. Écrire me fait me sentir riche.

Faire ce que vous aimez est la pierre angulaire pour avoir l’abondance dans votre vie.
– Wayne Dyer

Les mots sont généreux, les mots viennent toujours créer du silence entre eux et en moi. Quand les mots se tassent, ils font de la place, ils créent du lien. Comme du sens et du non-sens. J’aime autant écrire que de me taire. Le silence est le compagnon des mots. Pour écrire, il faut avant tout se taire, pour avoir quelque chose à dire.

On ne peut dire aux autres que ce que l’ont peut se dire à soi-même. Et encore. On ne parle toujours que de soi, on ne se parle toujours qu’à soi. Alors tout doux.

Je crois que l’on écrit parce que l’on doit se créer un monde dans lequel on puisse vivre. Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m‘étaient proposés.
– Anaïs Nin (1903-1977, Journal, février 1954). Citation complète ci-bas.

Écrire donc pour s’inventer un monde sur lequel on peut régner, un monde qu’on peut créer et recréer. Toujours les mêmes mots, que les agencements qui changent, que la danse qui tangue.

Se prendre pour le roi et la reine su royaume des mots. Ces mots que l’on sème à tous vents via nos écrans.

Le roi et la reine des mots, et du silence. Car les mots forcent le silence, les deux sont un couple inséparable. Ils dansent main dans la main. Les mots inspirent le silence. Pas nous qui menons les mots, plutôt eux qui mènent, eux qui m’aiment même.

Alors écrire sa vie en mots et savourer son existence en silence. Et entre les deux, le très soutenable chuchotement de l’être.

Aho les mots, hiha le silence.

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Pour pouvoir entendre l’appel de la beauté et y répondre, une condition sine qua non : le silence.
~ Thich Nhat Hanh

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À un ami écrivain qui demandait à Anaïs Nin :Pourquoi écrit-on ?elle lui écrit en réponse cette lettre, qu’elle recopie dans son Journal de février 1954 :

Pourquoi on écrit est une question à laquelle je peux répondre facilement, me l’étant si souvent posée à moi-même.

Je crois que l’on écrit parce que l’on doit se créer un monde dans lequel on puisse vivre.
Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m‘étaient proposés : le monde de mes parents, le monde de Henry Miller, le mode de Rango, ou le monde de la guerre.
J’ai dû créer un monde pour moi, comme un climat, un pays, une atmosphère, où je puisse respirer, régner et me récréer lorsque j’étais détruite par la vie.
Voilà, je crois, la raison, de tout œuvre d’art.
L’artiste est le seul qui sache que le monde est une création subjective, qu’il faut opérer un choix, une sélection des éléments.
C’est une concrétisation, une incarnation de son monde intérieur.
Et puis il espère y attirer d’autres êtres, il espère imposer cette vision particulière et la partager avec d’autres.
Même si la seconde étape n’est pas atteinte, l’artiste, néanmoins, continue vaillamment. Les rares moments de communion avec le monde en valent la peine, car c’est un monde pour les autres, un héritage pour les autres, un don aux autres, en définitive.
Lorsque l’on crée un monde tolérable pour soi-même, on crée un monde tolérable pour les autres.

Nous écrivons aussi pour aviver notre perception de la vie, nous écrivons pour charmer, enchanter et consoler les autres, nous écrivons pour donner une sérénade aux êtres qui nous sont chers.

Nous écrivons pour goûter la vie deux fois, sur le moment et après coup.
Nous écrivons, comme Proust, pour la rendre éternelle, et pour nous persuader qu’elle est éternelle.
Nous écrivons afin de pouvoir transcender notre vie, aller au-delà.
Nous écrivons pour nous apprendre à parler avec les autres, pour consigner le voyage à travers le labyrinthe, nous écrivons pour élargir notre univers, lorsque nous nous sentons étranglés, gênés, seuls.
Nous écrivons comme les oiseaux chantent.
Comme les peuples primitifs dansent leurs rituels.
Si vous ne respirez pas à travers l’écriture, si vous ne pleurez pas en écrivant, ou ne chantez pas, alors, n’écrivez pas.
Parce que notre culture n’a que faire de tout cela.
Lorsque je n’écris pas, je sens mon univers rétrécir.
Je me sens en prison.
Je sens que je perds mon feu, ma couleur.
Ce devrait être une nécessité, comme la mer a besoin de se soulever.
J’appelle cela respirer « …