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ICI D’ICI QU’ICI

Tu vas te rendre là. D’ici là, sois ici. Que ce moment qui compte.

est un monde imaginaire, là où vivent les licornes zébrées multicolores. Toujours beaucoup mieux que celui-ci, celui dans lequel notre corps évolue pour le moment. Un monde ailleurs plein de promesses et de crème fouettée sans calorie ni gras.

On peut bien rêver de trouver le bonheur ailleurs si on veut, plus loin, plus tard, en différents temps, en différents endroits.

Mais nous ne sommes toujours qu’ici, maintenant.

Le reste, soit là-bas, ailleurs, plus tard, au paradis, ne sont que des oui-dire, des possibilités qui n’existent que dans notre imagination pour le moment, un fantasme amélioré toujours un peu en avance sur notre réalité incarnée.

Nous sommes ici, d’ici, qu’ici. Oh, bien sûr, un peu parfois aussi parti(e)s ailleurs. Certains plus que d’autres. Naturellement , virtuellement, ou enthéogéniquement.

Mais fondamentalement, nous sommes des êtres de l’ici, et du maintenant. Le reste c’est de l’air vide, du possible, du peut-être, du vent, de l’éventuel. Qui vivra verra. Et peut-être pas.

Alors pas d’autre choix que d’apprendre à dire oui à ce qui est, àce que vient, comme à ce qui s’en va.

Apprenez à accepter la vie comme elle vient. Lorsque quelque chose se produit, acceptez-le. Lorsque ça disparait, acceptez-le. Lorsque le plaisir se manifeste, accepte-le. Lorsqu’il s’évapore, accepte-le. Adoptez la même attitude avec la douleur: demeure impartial(e), un(e) simple témoin silencieux. Ceci est le secret fondamental de tous les Bouddhas, de tous les éveillé(e)s.
– Osho

De bien beaux mots que tout ça. À tenter de mettre en pratique à chaque instant. Ça tombe bien, seulement cela que nous avons comme certitude (et encore): ces instants d’éternité tricotés un par un au quotidien. Et on ne peut sauter une seule maille sinon on aura maille à partir avec la réalité de cette vie et nous finirons dans de beaux draps.

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Vivre est un privilège.
Ce n’est pas un dû.
Alors on doit avoir la politesse, l’élégance, de profiter du fait d’être vivant pour que cette vie soit belle.
La conscience de notre privilège doit engendrer un comportement.
Une seule question, chaque matin : comment faire en sorte que cette journée qui débute soit belle ?

On ne doit rien faire par habitude.
Toute action doit être soumise à une réflexion.
En d’autres termes, le plaisir s’organise.
La routine est à proscrire.
Il faut comprendre ce qu’on vit et ce qu’on est.
On doit être apte à choisir dans le panel des possibles.
Il s’agit de piloter sa vie.

– Olivier de Kersauson

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Au moment où je mourrai, j’essaierai de revenir vers toi le plus vite possible.
Je te promets que cela ne prendra pas longtemps.
N’est-il pas vrai que je suis déjà avec toi, alors que je meurs à chaque instant ?
Je reviens vers toi à chaque instant.
Regarde, sens ma présence.
Si tu veux pleurer, pleures, s’il te plaît.
Et sache que je pleurerai avec toi.
Les larmes que tu verses nous guériront tous les deux.
Tes larmes sont les miennes.
La terre que je foule ce matin transcende l’histoire.
Le printemps et l’hiver sont tous deux présents dans l’instant.
La jeune feuille et la feuille morte ne font qu’un.
Mes pieds touchent l’immortalité, et mes pieds sont les tiens.
Marche avec moi maintenant.
Entrons dans la dimension de l’unité et voyons le cerisier fleurir en hiver.
Pourquoi devrions-nous parler de la mort ?
Je n’ai pas besoin de mourir pour être de retour avec toi.
~Thìch Nhãt Hãnh

VIVRE @ 100 POUR SENS

Le sens de la vie consiste à donner du sens à la vie. – Viktor Frankl

On le cherche donc toute notre vie durant.

Pourtant, possiblement qu’il n’y en a pas. D’autre que celui qu’on lui donne.

Le sens le plus certain de la vie, c’est celui qui nous mène vers la mort. Cette vie pleine de mort, mort pleine de vie. Entre temps, il y a la vie qu’on nous a prêtée, celle qu’on appelle notre, et surtout ce que l’on en fait. Ce que l’on veut en faire, ce que l’on peut en faire.

Pour certains, la vie c’est aimer, et être aimé(e).

Pour d’autres, c’est réussir. Peu importe quoi, tout ce qu’ils et elles tentent.

Pour d’autres encore, c’est acquérir, richesse ou connaissance.

Et pour quelques fous et folles, la vie consiste principalement à être heureux.

Mais le bonheur n’est pas quelque chose que l’on crée, c’est davantage un état, une disposition, une décision, une façon de voir la vie.

Comme le dit ci-bas Ramana: la joie est permanente. Ce n’est pas quelque chose qui va et vient. Ce qui va et vient est créé par le mental et on ne devrait pas s’en faire à propos de ce qui va et vient.

Alors, le sens de la vie ?

Être attentif à chaque respiration, à chaque battement de coeur, à la mouche qui me tourne autour. À chaque lettre, chaque espace entre elles, chaque ligne.

La vie consiste à être 100 % présent pendant que la vie passe.

Que ça peut-être le sens de la vie ? Ou tout ça.

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Ne fréquente pas ceux qui sont à moitié amoureux,
Ne sois pas l’ami de ceux qui sont à moitié des amis..
Ne lis pas ceux qui sont à moitié inspirés.
Ne vis pas la vie à moitié
Ne meurs pas à moitié
Ne choisis pas une moitié de solution
Ne t’arrête pas au milieu de la vérité
Ne rêve pas à moitié
Ne t’attache pas à la moitié d’un espoir
Si tu te tais, garde le silence jusqu’à la fin, et si tu t’exprimes, exprime-toi jusqu’au bout aussi.
Ne choisis pas le silence pour parler, ni la parole pour être silencieux.
Si tu es satisfait, exprime pleinement ta satisfaction et ne feins pas d’être à moitié satisfait.
et si tu refuses, exprime pleinement ton refus, car refuser à moitié c’est accepter.
Vivre à moitié, c’est vivre une vie que tu n’as pas vécue…
Parler à moitié, c’est ne pas dire tout ce que tu voudrais exprimer
Sourire à moitié, c’est ajourner ton sourire,
Aimer à moitié, c’est ne pas atteindre ton amour
Etre ami à moitié c’est ne pas connaître l’amitié
Vivre à moitié, c’est ce qui te rend étranger à ceux qui te sont les plus proches, et les rend étrangers à toi.

La moitié des choses, c’est aboutir et ne pas aboutir, travailler et ne pas travailler, c’est être présent et… absent.
Quand tu fais les choses à moitié, c’est toi, quand tu n’es pas toi-même, car tu n’as pas su qui tu étais.
C’est ne pas savoir qui tu es…
Celui que tu aimes n’est pas ton autre moitié… c’est toi même, à un autre endroit, au même moment.
Boire à moitié n’apaisera pas ta soif, manger à moitié ne rassasiera pas ta faim…

Un chemin parcouru à moitié ne te mènera nulle part
Et une idée exprimée à moitié ne donnera aucun résultat …
Vivre à moitié, c’est être dans l’incapacité et tu n’es point incapable…

Car tu n’es pas la moitié d’un être humain
Tu es un être humain…
Tu as été créé pour vivre pleinement la vie, pas pour la vivre à moitié

– Khalil Gibran
(Traduction: Saadane Benbabaali)

DON DE SOIE

Aies le courage d’être toi-même. Donne ce dont tu as besoin. Si tu as besoin d’amour, aimes. Si tu as besoin d’amis(e)s, sois-en un bon(ne). Ton coeur aimant te montrera le chemin.
– Veeresh

Quelle chance et privilège d’avoir eu un Mentor comme Veeresh dans ma vie.

Quelle bénédiction d’avoir croisé Osho comme Maître, comme étoile du Nord.

Quel Mystère de chanter les hymnes de Mestre Irineu et ceux du Santo Daime, ici au Nord, être et mouvement mystique issus de la forêt profonde du Brésil.

Ce matin, hommage à mes 3 principales sources d’inspiration en cette existence ici-bas, merci à mes 3 M: Mentor Veeresh, Maître Osho et Mestre Irineu.

Sincèrement, je ne serais pas grand chose sans avoir croisé de précieux guides sur ma route. Une chance, un privilège, un hasard Divin. Merci, merci, merci.

Mais le fait d’étudier auprès de gens inspirants en soi n’est pas gage garanti de paix intérieure ni de calme au coeur et à l’âme, ni de sagesse.

Car à chacun(e) de nous de faire le reste de la job de coeur, d’appliquer les vérités reçues en cours de route de gens exceptionnels.

Car si, pour acquérir la connaissance, on doit étudier, pour acquérir la sagesse on doit observer.

Et observer prend du temps, de la délicatesse, de la sensibilité, de l’ouverture d’esprit et de coeur.

On ne peut jamais rien conclure définitivement. On doit conserver son coeur d’étudiant(e). Et la sagesse de nos maîtres et mentors n’est jamais la nôtre, elles ne sont qu’une graine que nous-même devons faire pousser et faire croître en son propre coeur. On ne peut imiter, on ne peut appliquer la vérité et l’expérience d’autrui.

On ne peut que faire pousser soi-même du dedans, en prenant soin, en cultivant les graines de sagesse transmises par les sages. La sagesse ne peut être que personnelle, jamais empruntée.

Aies le courage d’être toi-même.
Donne ce dont tu as besoin.
Si tu as besoin d’amour, aimes.
Si tu as besoin d’amis(e)s, sois-en un bon(ne).
Ton coeur aimant te montrera le chemin.

Ça prend toute une vie pour faire fructifier les leçons potentielles contenues dans ces quelques mots de Veeresh. Ce que je tente de faire du mieux que je peux à chaque jour, et ce que je crois chacun(e) d’entre nous tente de faire. À son rythme, à sa façon.

Mais en gros, pour recevoir des bénédictions de la vie, on doit donner. On doit oser être soi-même. Pas meilleur que personne d’autre, que plus soi-même. Plus donnant, plus généreux, plus soutenant envers toutes les formes de vie. Et oser être 100 % sincère, et dire sa vérité, même quand c’est difficile, même quand ça dérange.

Et avoir le courage de son coeur, les deux mots viennent de la même source.

Pas fin(e), vrai(e).

Jamais fini(e), toujours en apprentissage.

Jamais complet, toujours en processus.

Jamais mort tant que le coeur aimant bat toujours.

Merci à mes trois M.

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Les 20 principales leçons de « L’Alchimiste » de Paulo Coelho :

Écoutez votre cœur : faites confiance à votre intuition et suivez les désirs de votre cœur.

Poursuivez vos rêves sans relâche : ne laissez pas les obstacles ou les doutes vous empêcher de poursuivre ce que vous voulez vraiment dans la vie.

La vie est un voyage, pas une destination : profitez du processus de poursuite de vos rêves et apprenez des expériences qui se déroulent tout au long du chemin.

Surmontez la peur : la peur nous empêche souvent d’atteindre notre plein potentiel. Affronter et surmonter la peur est essentiel pour la croissance personnelle.

Découvrez votre légende personnelle : chaque personne a un but ou une destinée unique à accomplir dans la vie. Découvrir et accomplir ce but apporte accomplissement et sens.

L’univers vous soutient : lorsque vous êtes en phase avec votre légende personnelle, l’univers conspire pour vous aider à atteindre vos objectifs.

L’échec fait partie du voyage : considérez l’échec comme une opportunité d’apprentissage et un tremplin vers le succès.

Faites confiance au processus : Ayez foi que tout arrive pour une raison et que les revers font partie d’un plan plus vaste.

Manifestez vos désirs : Vos pensées et vos croyances ont le pouvoir de façonner votre réalité. Maintenez un état d’esprit positif et visualisez le succès.

Acceptez l’incertitude : L’inconnu peut être effrayant, mais c’est aussi là que se trouvent la croissance et les opportunités.

Restez fidèle à vous-même : Ne compromettez pas vos valeurs ou vos croyances pour le bien des autres. L’authenticité est la clé pour vivre une vie épanouissante.

Trouvez la beauté dans la simplicité : Parfois, les choses les plus simples de la vie apportent la plus grande joie et le plus grand épanouissement.

Vivez le moment présent : Ne vous attardez pas sur le passé ou ne vous inquiétez pas de l’avenir. Concentrez-vous sur le fait d’être pleinement présent dans l’ici et maintenant.

Prenez des risques : La croissance vient souvent du fait de sortir de votre zone de confort et de prendre des risques calculés.

Suivez vos rêves, pas les attentes des autres : Ne laissez pas les normes sociales ou les attentes des autres dicter votre chemin dans la vie.

Soyez ouvert à de nouvelles expériences : restez ouvert d’esprit et prêt à explorer de nouvelles opportunités et perspectives.

Pratiquez la gratitude : appréciez les bénédictions de votre vie et exprimez régulièrement votre gratitude.

Cultivez la patience : le succès ne se produit pas du jour au lendemain. Soyez patient et persévérant dans la poursuite de vos objectifs.

Connectez-vous à la nature : passez du temps dans la nature et appréciez sa beauté et sa sagesse.

Aimez et soyez aimé : entretenez des relations significatives et chérissez l’amour et le soutien des autres.

Ces leçons de « L’Alchimiste » continuent d’inspirer les lecteurs du monde entier à vivre de manière authentique, à poursuivre leurs rêves et à trouver l’épanouissement dans la vie.

CLOSER

Apprenez à être complet(ète)s avec vos relations. Pas fâché(e)s, pas dérangé(es), simplement complet(ète)s. Protéger votre paix à tout prix.

Compléter des relations est un art. Bien finir, boucler avec clarté et élégance. Closer, comme disent les francos qui utilisent des expressions d’anglos.

On croise de nombreuses personnes au cours de notre vie. Avec certaines, on fait un long bout de chemin, avec d’autres c’est plus court mais parfois plus fracassant. Ça dépend.

Avec certaines, on s’engage amoureusement, avec d’autres c’est amicalement et d’autres encore c’est professionnel, ou collaboratoire.

Comme toutes les relations vont éventuellement se terminer, que ce soit par la vie, ou par la mort, bien finir une relation est un art qui doit s’apprendre et se raffinner.

Parfois la vie rend ça clair, soit par un déménagement, ou par un clash drastique qui rend la fin non équivoque. Mais parfois de telles fins nous puckent, le coeur et l’âme.

D’autres relations, au contraire, s’éternisent et prennent du temps, et des efforts, et nous reprennent encore et encore le coeur dans la mélasse affective qui s’étire comme la tire Ste-Catherine, patronne des vieilles filles de notre enfance célébrée le 25 novembre jadis. Encore en vie elle ?

On s’essaie et se ré-essaie, on casse, on revient, on reprend, on recasse, on classe et on déclasse, ça brasse et ça bardasse. Certaines relations sont plus Bad Ass que d’autres. Habituellement le cas de certaines relations amoureuses ça. Et un moment donné, la romance et l’amour passionnel peuvent se transformer en amitié. Ou pas. Car pas toutes les relations qui se transforment ainsi. Certains cassent pour de bon. Et laissent des mottons au coeur.

Quand on était jeunes, on se demandait les un(e)s les autres si on voulait sortir ensemble. Si ça cliquait des deux côtés, comme dans les séances de speed dating modernes, ça durait un temps, et un moment donné, quand ça s’étiolait, on cassait. Début puis fin. Mais pas toutes les relations sont aussi simples. Certaines viennent et reviennent, prennent du temps et reprennent de la vigueur. It takes two to Tango. Et Cha Cha Cha dépend.

Entretenir et compléter une relation ne se passe jamais de la même façon. Pas de mode d’emploi unique. Chaque relation a sa saveur, sa dynamique, sa propre vie.

Done en anglais a le mérite de la clarté. Complet, complété, basta ! Pas fâché(e), pas dérangé(e), juste complet. On a donné tout ce que l’on avait à donner, on a dit, clarifié ce qu’il restait dans le chemin, exprimé avec transparence et sincérité. Puis on ferme la porte.

Et peut-être que la vie nous mettra l’un(e) et l’autre sur des routes communes éventuellement, mais peut-être pas non plus, peut-être plus jamais.

Mais arrangeons-nous, au moment de la séparation, lorsqu’on pense ou pensera à la personne avec qui on a marché un bout, pour qu’on soit soi-même bien, qu’on soit en paix.

Et que le temps qui passe puisse contribuer à cicatriser la blessure de la rupture, car souvent sensible la fin, qu’elle ait été aigue, ou plus légère et facile et rapide à passer.

Oui, compléter une relation, qu’elle soit amicale ou amoureuse, est un art. Parfois elle se finit, parfois elle se transforme. Parfois ça se fait vite, parfois ça s’étire.

Mais toujours, laissons parler notre coeur. Pour que notre âme soit en paix.

LA VIE, la vie

La vie est formidable, puis elle devient affreuse. Puis elle redevient formidable. Et entre les deux, c’est la routine et l’ordinaire. Respirez dans le formidable, tenez-vous bien pendant l’affreux, puis relaxez et expirez dans l’ordinaire de la routine. C’est simplement la vie: les peines d’amour, la guérison de l’âme, la vie surprenante ordinaire. Et c’est beau à en couper le souffle.
– L.R. Knost

C’est à peu près ça qui est ça. Tout y est, ou presque. Que la mort au bout du conte. Car la vie est un grand conte de faire 100 % incarné, chilling em carne.

Une longue route sinueuse, avec des bosses et des cailloux, quelques trous et crevasses, des tournants aigus et des côtes à monter et à descendre, avec quelques magnifiques points de vue flabbergastant à l’horizon.

Au fur et à mesure que la vie avance, que notre corps vieillissant lentement mais tout doucement nous indique que le temps passe en nous et sur nous, que l’on voit des gens naître et d’autres décéder, on a pris et on continue à prendre de l’expérience finalement.

On nait bébé, accroché au nombril de maman, puis on se met à marcher, et à flyer même. Puis on se demande ce que l’on va faire dans la vie et on s’essaie. Ou pas. Car parfois c’est la vie qui nous mène par le bout du nez. Et on la suit, ou pas et on fonce dans le tas de nos rêves.

Et on arrive un jour à l’âge des grands-pères et des grandes-mères, on regarde en arrière et on se dit que tout ce passé n’est que du vent incarné dans notre chair et dans notre âme, que l’avenir est moins long qu’il était d’ici au fil d’arrivée, et qu’il n’y a, plainement, que ce moment. Et celui-ci, et l’autre, et ainsi de suite comme un sablier infini sur une plage d’expériences encore à venir. Et on réalise que lentement, doucement, expérientiellement et consciemment, on a acquis et on continue d’acquérir de petites pépites de sagesse dans notre baluchon de vie, la petite comme la grande.

LA VIE, la vie quoi.

Tout ça pour finalement réaliser que tous les moments de la vie ne seraient pas aussi profonds, significatifs ni vibrants d’énergie qui lui apporteraient la plénitude qu’on a toujours espérée, on vide le lave-vaisselle.

Pour fondamentalement réaliser que nous ne sommes qu’humain, humaine, mais complètement et de plus en plus totalement, extra ordinairement. Chacun et chacune de nous unique, un et une parmi des milliards d’autres qui vivent leur propre petite vinaigrette dans cette grande salade de fruits, mais avec un ptit bout du même grand coeur qui bat au diapason, à l’unisson, malgré quelques fausses notes à l’occasion dans notre recherche individuelle et commune de l’harmonie.

Chacun, chacune, à notre rythme, avec nos talents, nos choix et nos préférences, jusqu’au jour, peut-être, ou nous n’aurons plus de préférences. Ou chaque fragment de vie sera notre préférence préférée.

Ou on appréciera le lave-vaisselle et les feux d’artifice apothéosiques avec le même étonnement, la même flamme dans le regard, la même paix au coeur et dans l’âme.

Et qu’on pourra dire: Ah This !

Extra ordinaire vie va.

Aho !

MISÈRE ET BEAUTÉ

Je ne pense pas à toute la misère, mais à la beauté qui demeure.
– Anne Frank

Venant d’elle, sachant ce qu’elle a vécu, ces mots sont plus que crédibles.

De mon côté, je ne peux m’empêcher de penser autant à la misère qu’à la beauté.

Bien sûr, on ne veut pas seulement penser à la misère du monde, mais de tenter de penser seulement à la beauté ne fera pas la job non plus. Car la misère existe. On la lit, on la voit, on la constate. Alors que plusieurs la subissent au quotidien.

De toute façon, en voulant éviter l’ombre on ne peut connaître la réelle amplitude de la valeur de la lumière.

Et cette lumière se mesure en quelque sorte en contraste à l’ombre. Pas d’ombre sans lumière et pas de lumière sans ombre. Et plus grand est la lumière, plus forte sera l’ombre. Le monde est plein de beauté et de bonté comme d’horreurs et de laideur.

Et la beauté, comme la bonté, tire toute sa profondeur, de la laideur et de la misère. Pas en comparaison, en juxtaposition.

Par empathie, par compassion, par simple humanité partagée, on ne peut choisir de ne penser qu’à la beauté du monde en voulant ignorer la laideur humaine. De toute façon, ce n’est pas possible.

Évidemment que la plupart d’entre nous n’avons pas vécu autant de misère qu’Anne Frank. Ni que les habitants de Gaza en ce moment, ni que les femmes d’Afghanistan depuis que les Talibans ont repris le pouvoir, ni que tant d’autres de nos frères et nos soeurs partout sur la terre qui souffrent au quotidien, que ce soit de près ou de loin.

Bien sûr, leur misère n’est pas la mienne, leur misère n’est pas la nôtre. Mais on ne peut l’ignorer, on ne doit surtout pas l’ignorer. De toute façon, on ne peut pas l’ignorer.

Bien sûr qu’on ne doit pas laisser cette misère tuer notre capacité d’apprécier la beauté, notre capacité d’émerveillement. Car tant de beauté autour, tant d’amour et de miracles au quotidien juste ici sous nos yeux.

Mais toute tentative de nier la misère, ou même de la minimiser, réduit du coup notre capacité d’apprécier la chance et le privilège que l’on a de vivre ici, en paix et en sécurité. En voulant se protéger de l’une, on se coupe de l’autre. La vie se vit sur 360 degrés, et dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, pas que le rose.

En bons empaths, on ne peut s’empêcher de ressentir la misère du monde, même si on ne la vit pas personnellement. Parfois, on aimerait mieux pouvoir vivre en vase clos car le fait de ressentir autant apporte son lot d’inconfort. Ce n’est pas comme telle une souffrance, plutôt une sorte de responsabilité partagée. Pas une culpabilité, mais une responsabilité. Dans le sens du terme proposé par Osho en anglais de response ability, capacité de réponse.

Et alors, quelle est notre juste capacité de répondre à la misère du monde ?

Premièrement, en appréciant totalement son propre bonheur. Mais apprécier totalement son bonheur en étant conscient du malheur d’autrui est un art qui se développe. Un n’exclut pas l’autre, les deux sont inclusifs, les deux co-habitent.

Et en appréciant l’immense chance et le grand privilège que nous avons nous ici, cherchons comment on peut aider notre prochain(e), nos voisin(e)s, nos êtres proches. En commençant autour de soi, puis ne élargissant de plus en plus grand. À la limite de nos moyens et de nos capacités.

Certains dénoncent les injustices, choisissant de mettre l’ombre en lumière. D’autres préfèrent partir de la lumière et de la faire rayonner. Chacun(e) doit voir pour soi comment apprendre à vivre en paix avec soi-même dans un monde d’injustice et de souffrance, tout en faisant la promotion de la justice.

On touche ici aux concepts de bien et de mal qui sont très relatifs et variables selon nos valeurs et nos contextes de vie. Le bien de l’un est souvent le mal de l’autre.

Pas si évident de vivre dans un monde dans lequel plusieurs subissent l’injustice au quotidien et nous nos yeux. Mais plutôt que de justice, j’aime bien considérer le concept de justesse. Soit de trouver une position juste devant toutes les nuances de la vie.

ÉCOUTER POUR VOIR

Une disposition essentielle pour entendre l’appel de la terre et lui répondre consiste à développer le silence en soi. Si vous n’avez pas le silence en vous, vous n’entendrez pas son appel: l’appel de la vie. Votre coeur vous appelle mais vous n’entendez pas. Vous ne prenez pas le temps pour écouter votre coeur.
– Thich Nhat Hanh

Hier, je vantais les mérites de chanter, d’ouvrir sa bouche et chanter. Mais pour chanter, il faut aussi être capable d’écouter, écouter pour s’entendre soi et entendre les autres.

Comme pour écouter la terre, on doit écouter son coeur. Car notre guide, notre enseignant, notre professeur et notre boussole.

Écoutez votre propre coeur. Il est votre seul guide.
– Osho

Mais nous sommes très occupé(e)s, préoccupé(e)s par les choses du monde. On préfère suivre l’actualité, on préfère se laisser divertir par les (mauvaises) nouvelles ou par les frasques des politiciens. Ou par les vidéos de chats. Rien contre les chats mais…

On se divertit souvent par les yeux, en lisant ou en regardant.

Ou en parlant.

Comme le dit le meme ci-bas, si le Créateur nous a donné des bouches qui ferment et des oreilles qui ne le font pas, ça devrait nous éclairer.

Comme les oreilles, nos yeux aussi viennent en pairs mais contrairement aux oreilles, nos yeux se ferment.

Mais ça prend du courage de fermer ses ptits coeunoeils et plonger en soi. La plupart des gens préfèrent garder les yeux ouverts et regarder le monde. Pourtant, le monde n’est que soi-même, projeté à l’extérieur de soi. Des reflets de soi.

On vit beaucoup via les écrans depuis quelques temps, les ptits comme les grands. Si on pense généralement que les écrans ouvrent sur le monde, les écrans nous coupent aussi beaucoup plus du monde qu’ils nous l’ouvrent.

De toute façon, nous décidons de moins en moins de ce que nous regardons dans ces écrans. Les algorithmes décident désormais pour nous. Et, ainsi, les vues de notre passé déterminent de plus en plus celles de notre avenir. Le monde se referme sur nous en chambre d’échos rapetissantes. Nous devenons prisonniers de nos écrans, et des messages qu’on veut nous faire entendre et voir.

Éventuellement, il nous faudra arrêter de faire dérouler la vie artificielle devant nos yeux et dans nos oreilles, pour fermer nos yeux et ouvrir nos oreilles et ré-apprendre à écouter le coeur de la terre qui bat au coeur de notre coeur.

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La façon la plus simple d’entrer dans l’état méditatif est de commencer par écouter.
Ferme simplement les yeux et permet-toi d’entendre tous les sons qui se produisent autour de toi.
Écoute simplement le bourdonnement général du monde.
Comme si tu écoutais de la musique.
N’essaies pas d’identifier les sons que tu entends.
Ne leur donne pas de noms.
Laisse-les simplement jouer avec tes tympans.
Et laisse-les partir.
En d’autres termes, on pourrait dire : laisse tes oreilles entendre ce qu’elles veulent entendre.
Ne juge pas les sons.
Il n’y a pas, pour ainsi dire, de sons appropriés ou inappropriés.
Et cela n’a pas d’importance si quelqu’un tousse ou éternue.
Ou laisse tomber quelque chose.
Ce n’est qu’un son.

Et si je vous parle en ce moment, ne faites que cela.
Je veux que vous écoutiez le son de ma voix.
Comme si c’était du bruit.
N’essayez pas de donner un sens à ce que je dis.

Parce que ton cerveau prendra soin de ça automatiquement.
Tu n’as pas à essayer de comprendre quoi que ce soit.
Écoute simplement le son.
En poursuivant cette expérience tu découvriras très naturellement que tu ne peux pas t’empêcher de nommer les sons, de les identifier.
Que tu continueras à penser.
C’est-à-dire à te parler à toi-même dans ta tête, automatiquement.
Mais il est important que tu n’essaies pas de réprimer ces pensées en les forçant à sortir de ton esprit.
Parce que cela aura exactement le même effet.
Comme si tu essayais de lisser une eau agitée avec un fer plat.
Tu vas juste la perturber encore plus.
Ce que tu fais, c’est ceci.
Lorsque tu entends des sons monter dans ta tête, des pensées, tu les écoutes simplement comme une partie du bruit général qui se passe.
Tout comme tu écouterais le son de ma voix.
Ou tout comme tu écouterais les voitures passer.
Ou les oiseaux qui bavardent à l’extérieur de la fenêtre.
Alors regarde tes propres pensées.
Comme de simples bruits.
Et bientôt tu découvriras que le soi-disant monde extérieur et le soi-disant monde intérieur se réunissent, ils sont un seul et même événement.
Vos pensées sont un événement.
Tout comme les sons qui se produisent à l’extérieur.
Et tout n’est qu’un seul événement.
Et tout ce que tu fais, c’est regarder.
Peux-tu entendre le passé ?
Peux-tu entendre le futur ?
Peux-tu entendre l’auditeur ?

– Allan Watts

CHANTER À TUE-TÊTE

Le nuage n’a aucune destination. Il flotte sans but. De la même façon, lorsque vous n’attisez plus de soucis, d’inquiétude face à ce qui viendra, vous pouvez alors marcher sans besoin d’arriver.
– Wu Hsin

Je sais, je sais, nous ne sommes pas des nuages. Mais tout de même, on les envie non ? Ils flottent dans les hauteurs toute la journée, chatouillent les aisselles du ciel, se fondent les uns aux autres et les uns dans les autres, et lorsqu’ils sont trop pleins, ils grondent, éclairent et en braillent un bon coup. Parfois ça cause des problèmes pour nous les gens d’en bas, mais comme on dit là-haut, c’est la vie atmosphérique !

Le premier livre d’Osho que j’ai lu au début des années 1980 s’intitulait justement My Way, the Way of the White Clouds. Oui, celui-ci.

Alors bien sûr que cette citation de Wu Hsin, de qui Osho a quelques fois parlé de, résonne dans mon registre néphologique (1).

Bien beau but que de celui de (re)devenir nuage me direz-vous, de se laisser porter par l’air du temps, de flotter au gré des vents. Pas nos ptits vents ci-bas, les décoiffants, pas ceux qui n’écornent que les boeufs, non, ceux d’en haut, tout là-haut, les Grands VVVVents aux V majuscules qui ne font pas qu’écorner les boeufs mais font carrément perdre la tête aux taureaux de la terre (salut Lynx, Éric pour les non initié(e)s ;-). Car la tête est parfois notre entrave vers les hautes sphères.

On reproche souvent aux gens flyés d’avoir la tête dans les nuages, et même d’être des pelleteux de nuages. Dans le fond, je crois que c’est parce qu’on les envie secrètement. On envie leur capacité de s’y réfugier, de vivre plus léger. Bonjour High !

Oh bien sûr, tant que nous sommes incarnés dans nos corps d’humains, busy busy comme des bees nous sommes et nous serons. Car des comptes à payer ici-ba$ et tant de choses à faire. Mais tant qu’à faire justement, faisons des choses que l’on aime et que l’on apprécie. Et si cela n’est pas toujours possible, comme disait les poètes CSNY, if you can’t be with the ones you love, love the ones you’re with.

Ainsi, si on ne peut toujours faire ce que l’on aimerait le plus faire au monde, apprenons à aimer ce que l’on fait, ce que l’on a à faire, ce que l’on doit faire. Mettons de l’amour dans tout ce que l’on fait, de la passion dans nos actions, de l’attention et de la délicatesse dans chacun de nos gestes.

Car peu importe le rôle que l’on a à jouer ici-bas en cette drama-comédélire humaine, jouons-le du mieux qu’on peut. Paraitrait même qu’on l’a choisi avant de venir ce dit rôle. Serait utile de s’en souvenir. Et même si ce n’était pas vrai, faisons comme si. Et ça le deviendra peut-être. Act as if disait Veeresh. Faites comme si.

Perso, la voie royale de monter au ciel et de visiter l’atmosphère néphologique consiste à chanter. Chanter allège la tête, dilate la gorge et ouvre le coeur. On peut dire n’importe quoi mais on ne peut le chanter. On ne peut que chanter le vrai. Chanter vient toujours du coeur et nous permet de respirer davantage. Chanter implique davantage le coeur que la tête car on ne peut se cacher derrière les mots quand on chante. Et le coeur sait encore mieux que la tête voyager dans les nuages. Poupoum poupoum.

On nous dit que nous deviendrons des anges éventuellement, alors préparons-nous. Élévons-nous. En chantant. Et en redevenant des chanteux de nuages.

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Tout le monde devrait s’engager à chanter, même si on fausse, car c’est la façon de travailler sur soi-même.

Quand on chante, physiologiquement, quelque chose de puissant est activé de la gorge au diaphragme : la voix coule et, petit à petit, nous sentons que nous sommes libérés des tensions et des poids intérieurs.
Que savez-vous des anges ?
Ils sont représentés comme des créatures ailées qui chantent. Tout comme les oiseaux.
L’ange et l’oiseau sont associés à l’idée de légèreté, de vol et aussi de chant.
N’est-ce pas une invitation pour nous à chanter afin de lâcher tout ce qui nous pèse ?
Combien de troubles mentaux les humains pourraient guérir en chantant !
Oui, car les vibrations de la voix ont aussi le pouvoir de dissoudre les présences obscures qui essaient de nous attraper.
Chanter est une expression de la vie.
Et quoi de plus nécessaire et vivifiant que de pouvoir se libérer de la lourde atmosphère qui nous entoure, de se lancer dans les régions où tout est harmonieux, lumineux et léger ?
– Omraam Mikhael Aïvanhov
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À force de sacrifier l’essentiel pour l’urgent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.
– Edgar Morin

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Et ils devinrent des reclus, des écrivains, des artistes, des sculpteurs, des danseurs, des rêveurs. Des ermites, des poètes, des peintres et des prophètes. Des intendants de l’humanité. Des croyants en l’amour. Et le monde devint silencieux et ouvrit les yeux.
Et l’humanité écouta enfin.
– Kalen Dion

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Nous l’appelons l’heure de pointe.
Pourquoi cette ruée ?
La plupart des heures de pointe sont pavées de véhicules qui rampent.
Où allons-nous ?
Et que ferons-nous quand nous y arriverons ?
Est-ce une vraie destination ?
Ou juste une pause avant la prochaine ruée ?
Peut-être est-il temps de ralentir un peu ; de se pencher un peu en arrière ;
de reconnaître qu’il n’y a aucun moyen d’atteindre la détente en se précipitant pour la trouver.
Ce qu’il faut c’est arrêter de se précipiter, d’arrêter de faire, et d’être ici, maintenant – pendant quelques instants.
Rien à faire en ce moment ;
Et nulle part où aller en ce moment.
Et tout ce qu’il faut, c’est que tu sois là.

– Subhan

(1) La néphologie (du grec ancien νεφέλη pour « brouillard, nuage » et -logie pour étude) est la branche de la météorologie qui traite de l’étude des nuages, de leurs formes et de leur classification.

N’ÊTRE / BE DOUX BE D’AOÛT

Nous sommes des actifs. Certain(e)s hyper, d’autres super. Mais en ces temps branchés de partout, nous sommes tous des TDAH multitaskant, sautant d’une chose à l’autre, jumpant d’un stimuli à l’autre.

Nous faisons toujours quelque chose. En fait je parle surtout pour moi, mais comme j’écris surtout pour vous, je nous adresse la parole et je nous inclus tous sur le même radeau. Que ceux et celles qui ne veulent voguer se sacrent à l’eau. Allo.

Et si je regarde autour, comme pour moi, ça bouge pas mal tout le temps aussi, et partout. On s’active pour un tout ou pour un rien, on fait. On scroll en masse et compulsivement. La vie défile dans nos écrans. Notre journée est rarement complète et satisfaisante si on n’a pas accomplit quelque chose de concret.

En fait, nous sommes des fous et des folles du faire. Toujours le faire en l’air.

Et pourtant. Nous allons tous et toutes finir à l’arrêt, les pieds devant, la to do list incomplète. C’est le propre d’une to do list de ne jamais finir ni se terminer. Car par définition, une to do list n’est pas quelque chose que nous sommes censés compléter. On ne fait qu’y rajouter des choses à faire, qu’on classe par ordre de priorité. Une to do list est davantage une liste de rappel de choses à faire qu’une liste de choses à compléter. Car on n’aura jamais fini.

Comme disait Yogi Berra: ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini.

On pourrait dire qu’être n’est pas quelque chose de l’on peut faire. Peut-être. Il n’y a rien à faire pour être. Même respirer est facultatif, ça se fait tout seul.

Être, exister, vivre et survivre; quelques nuances de vie.

Peut-être que l’on si arrête de toujours faire quelque chose, ou si on fait moins, on va enfin être, ou être plus, être mieux. Tant qu’à être, apprenons à être doux avec soi, doux comme de la soie, soyons des êtres d’août en ce mois si doux, ce mois qui commence à ralentir. Quoi que pas pour les parents toutefois.

Arrêtons de faire pour apprendre à être. Mais arrêter de faire va peut-être signifier moins d’avoirs.

Les verbes êtres, faire et avoir entretiennent une drôle d’inter relation. Ils sont liés parfois, et parfois opposés. Parfois, plus on fait plus on a. d’autre fois, plus on fait moins on est. Mais parfois c’est en faisant qu’on se réalise. Mais d’autre fois, moins on fait et plus on peut être. Peut-être.

Certain(e)s veulent surtout être, d’autres surtout faire, et d’autres surtout avoir.

Mais de façon générale, nous accélérons, et nous avons de plus en plus de difficulté àne pas faire. Mais on n’en fera pas un drame m’sieurs dames.

Car même arrêter de faire c’est faire quelque chose. On doit arrêter. Pourtant, être ne requiert aucun effort, et pourtant. Pas si simple d’être plein et content – comme dans contentement, en ne faisant rien.

Comme s’il nous manque toujours quelque chose, comme s’il fallait toujours en faire un peu plus, acquérir davantage, être autre chose que nous sommes déjà. Le simple fait d’être est un accomplissement en soi.

Même dans nos vacances, plutôt que d’arrêter, on se dépêche de s’en aller ailleurs pour aller faire quelque chose, on va se faire voir ailleurs.

Si on pouvait seulement ré-apprendre à ne rien faire, ou désapprendre à toujours faire. Me semble que la vie serait plus simple. La beauté dans le fait de vieillir est qu’avec le temps qui passe avec nous dedans, on ré-apprend à n’être, qu’à être.

C’est ce que j’aime de la méditation. Méditer c’est l’absolu du rien faire. C’est simplement arrêter, fermer le yeux et ne rien faire d’utile. On ne médite surtout pas sur quoi que ce soit comme dans l’expression commune : je vais méditer là-dessus.

Méditer ça se passe dans l’arrière scène. À l’arrêt, au neutre, sur pause, on pèse sur la clutch. Le moteur du mental continue à rouler mais on ne fait qu’observer, on relaxe, on se dégage, on se désengage. On se rend disponible pour que la vie puisse nous remplir, pour que la vie nous comble de ce vide si plein, si doux, de ce grand rien du tout.

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La paresse est une valeur humaine qui est en train de disparaître.
C’est fou ce qu’à notre époque les gens peuvent être actifs.
Que quelques amis se réunissent le dimanche pour un bon déjeuner, à peine la dernière bouchée avalée, il se trouve toujours quelqu’un pour demander : « alors.. ? qu’est ce qu’on fait ?… ».
Une espèce d’angoisse bouleverse ses traits, tant est grand son désir de faire quelque chose ; et il insiste : « qu’est ce qu’on fait ? – mais rien ! », ai-je toujours envie de répondre…
Pour l’amour de Dieu, ne faisons rien.
Restons un bon après-midi sans rien fiche du tout, ça ne suffit donc pas d’être avec de bons amis, de jouer à sentir cet invisible courant qui, dans le silence, règle les cœurs à la même cadence, de regarder le jour décroître sur les toits, sur la rivière, ou plus simplement sur le coin du trottoir ?
J’exagère sans doute.
C’est que j’aime tant la paresse, mais la vraie paresse, consciente, intégrale, que je voudrais bien lui trouver toutes les bonnes vertus.
Bien sûr, elle est comme toutes les bonnes choses, comme le vin, comme l’amour ; il faut la pratiquer avec modération. mais croyez-moi, la terre ne tournerait pas moins rond si ses habitants avaient le courage de se forcer chaque semaine à rester quelques heures bien tranquilles, sans occupation apparente, à guetter les signaux invisibles et puissants que vous adresse le monde vaste et généreux.

– Jean Renoir, 1937, via Chloé

IRE & RÉALITÉ

Aucune définition n’est plus réelle qu’une autre car il n’existe pas de réalité autre que celle que tu prétends exister. – Bashar

La réalité est un mot qui tente tellement de tout dire que dans les faits, il ne veut rien dire. En fait, il veut tellement tout dire qu’il ne peut rien dire. Trop c’est comme pas assez.

Je vous reviens plus loin pour le ire de mon titre, il n’est pas là que pour le pun (salut AG ;-).

Car la réalité des uns n’est pas celle de tous ni de toutes. Et la réalité n’est pas toute sweet, ni plus tard d’ailleurs, ni la même pour tous/tes. Celle des uns n’est pas celles des autres, encore moins celle des unes.

Un peu à l’image de sa soeur jumelle, la vérité. LA réalité n’existe pas dans l’absolu, et LA vérité non plus. Même si on leur met des majuscules au début. Voyez: Vérité et Réalité. Pas plus vraies ni réelles. Et on pourrait même ajouter le concept de Dieu car jamais 203. Au moins.

Aucun autre concept que Dieu n’a justifié autant de persécution, de morts, de barbarie de chicanes de mots sacrés. Tout ça au nom de l’amour. Tiens, jamais 304.

Combien de personnes ont juré, une main sur un livre qu’ils/elles n’ont pas lu et l’autre main en l’air, de dire la vérité, toute la vérité, juste la vérité, je le jure ? En cour, pas rare que les vérités de contredisent, s’attaquent et s’opposent, en particulier de la part des mots dits experts. Au nom de la justice. Jamais 405.

Par exemple, en science fondamentale, la réalité évolue, elle change, elle se métamorphose, elle se cherche mais se trouve rarement. Et lorsqu’elle se trouve, ce n’est jamais pour longtemps. Alors qu’en science privée, la recherche se contorsionne à des fins de développement, lire mise en marché et profits.

Souvent quand on veut trouer la vérité, on la trouve mais elle s’impose, elle se force. Phony vérité, funny vérité. Vérité de pacotille.

Par exemple, si l’on croit que Dieu existe, il existera. Surtout si l’on veut croire qu’Il – ou Elle – existe. Voyez comme c’est complexe ? D’Oedipe même. Si on veut que ça existe, ça existera. Jusqu’à preuve du contraire.

Comme le Père Noël, parent avec Dieu il parait, qui finit par ne devenir qu’illusion dans la vie des enfants. Croyance dépassée. On peut affirmer ne pas croire en une forme de Dieu mais reconnaître qu’un liant universel puisse exister. Le concept de Grand Esprit me semble plus soft. Car tant de Dieux pour lesquels on se tue à tenter de se prouver les uns aux autres.

La réalité n’est pas ce que l’on voit de nos yeux, elle est ce que l’on voit en fonction de ce l’on croit voir. Et l’on voit ce que l’on croit. Faut-il le voir pour le croire, ? ou le croire pour le voir ? telle est une des nombreuses questions aux choix de réponses multiples. Ou comme dans nos examens préférés, de toutes ces réponses. e) en général

On fait si souvent dans le général alors que la vie s’incarne toujours dans le particulier, et dans la particule hier. Si la réalité, la vérité et Dieu – oh j’oubliais l’amour – flirtent tous avec le général, foi de capitaine bonhomme, c’est dans les détails que son chum de gars, le Diable, a décidé de se cacher. Pas fou lui.

Je me demande souvent ce que les animaux perçoivent comme réalité eux de leur côté. Elle doit être plus directe que la nôtre, moins crue. Cui cui et cervelle d’oiseau, heureux les simples du Grand Esprit . Ou je devrais dire que les nôtres, réalités I mean. Et je ne parle pas ici de la réalité végétale ou minérale qui doit être minime et épurée à sa plus simple expression. Ou tellement complexe qu’on ne peut que la sur simplifier. Élémentaire mes chers Watson.

Et je ne parle même pas de la Raëlité. Ovni patente.

Et le Ire là-dedans ?

Tout d’abord, mot de trois lettres qui signifie colère. Et mis devant réalité, le vire à l’envers.

Et souvent, en fonction de notre perception de la réalité perçue, on se met en Criss – fils de Dieu – après la vie, et on la considère injuste. C’est certain que lorsque l’on voit ce qui se passe en Palestine notamment ces jours-ci, mais pas que là, la réalité semble injuste et on a tendance à devenir en colère. Moi le premier.

Mais la dite réalité est tellement complexe et compliquée et repose sur des enjeux et des croyances ancestraux et archaïques. On a beau vouloir agir devant le massacre d’innocents, notamment des enfants, que peut-on faire concrètement ?

La question se pose. Mais au moins ne pas oublier notre réalité, si douillette, et conserver notre part d’humanité pour ressentir de l’empathie et de la compassion. Et questionner sans cesse nos croyances car ce sont elles qui déterminent notre réalité. Et souvent la mine, mine de rien.

Jusqu’à l’infinie indéfinition.

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La Vérité : de la théorie à la pratique

La vérité est un problème philosophique, mais c’est aussi un problème pratique. Car une vérité n’est pas complète tant qu’on s’en tient au plan de l’intellect, de la pensée. Pour qu’elle soit complète, il faut la faire descendre dans le plan du sentiment, et plus bas encore dans celui de l’action. Théoriquement, intellectuellement, chacun peut être prêt à admettre une vérité : tant qu’il s’agit de théorie, cela n’engage pas à grand-chose. Mais il faut qu’il accepte ensuite cette vérité dans son cœur, et qu’il arrive enfin à la concrétiser par des actes. Et alors là, quelles difficultés ! Prenons un exemple très simple.

Théoriquement, il est assez facile d’admettre comme vérité que tous les hommes sont frères. Mais avoir pour eux tous des sentiments fraternels, c’est déjà beaucoup plus difficile. Quant à agir fraternellement quelles que soient les personnes et les circonstances, alors là, c’est la chose la plus difficile au monde et, il faut le reconnaître, la moins bien réalisée.

Quand on leur explique ce qui est juste et bon, combien de gens disent : « J’ai compris, j’ai compris… » mais ils agissent ensuite contrairement à toutes les lois de la justice et de la bonté, parce qu’ils n’ont pas conscience que le cœur doit aussi dire son mot et la volonté se mobiliser pour réaliser. Or, toute idée qui n’est pas réalisée est presque inutile.

Lorsqu’on nourrit une pensée juste, on doit arriver à l’aimer suffisamment pour vouloir agir en conformité avec elle.

– Omraam Mikhaël Aïvanhov