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STOP, RESPIRE & WATCH IN

Plutôt que d’appeler ça «méditation» – qui est un gros mot pour lequel tu as déjà décidé que tu n’étais pas doué ou qui ne fonctionne pas pour toi, ou que tu ne veux pas faire, peu importe, dis-toi seulement : je vais m’assoir pour 15-20 minutes – pas plus – et viser un état de satisfaction. Seulement un état de satisfaction.
– Abraham

Quand on médite, que ça soit 15-20 minutes ou 1 heure, que ça soit une méditation active ou une technique immobile telle la vipassana ou une simple respiration consciente, en silence ou avec musique, on peut bien viser un état de satisfaction comme le suggère Abraham, mais cet état n’est jamais garanti.

D’ailleurs la seule intention d’obtenir quelconque satisfaction de la méditation inclut en soi une graine d’insatisfaction. Et ce n’est pas le but ni une fin en soi d’obtenir satisfaction. L’idée est d’être conscient(e), aware.

Personnellement, quand je m’arrête non pas pour faire quoi que ce soit comme ce que l’on nomme méditer, mais simplement pour arrêter, ne rien faire et observer tout ce qui monte, je ne vise pas ce désir d’obtenir satisfaction. Car l’insatisfaction suit la satisfaction telle son ombre.

En fait, quand on médite, ou qu’on arrête et observe, on voit beaucoup de choses qu’on aimerait même mieux ne pas voir en soi, de soi.

On voit notre mental qui roule à 100 miles à l’heure, surtout au début, on ressent toutes sortes de petits inconforts, on a même souvent hâte que ça finisse pour s’activer, s’occuper et s’oublier un peu de nouveau. Nous sommes des êtres de divertissement.

Méditer est en quelque sorte contradictoire. C’est rien et c’est tout en même temps. On ne fait rien, mais on voit tout, on observe tout, on est full présent(e). Si on observe bien et si on est sincère, on fera face à tout soi. Le beau comme le moins. Le shiny comme le sombre.

Souvent aussi quand on médite, on prend note que nous sommes souvent absent minded ou spaced out comme disent les zenglais. En ce sens, penser ressentir une satisfaction est un leurre. L’idée consiste plutôt à apprivoiser les inconforts, petits et grands, et à apprendre à les laisser aller, passer, s’évaporer. Car tout passe, même la satisfaction. En fait, rien ne passe comme la satisfaction.

On ne fait pas que tout voir quand on médite, on peut le suivre même parfois lorsqu’une pensée ou une émotion négative surgit. Oui, on peut suivre la sensation, ce qu’elle tente de nous dire, ce qu’elle tente de pointer en soi. On inspire, on expire, on joue avec., on la suit, on la sent. On ne tente pas de s’en libérer, on rentre dedans. On respire dedans.

Si on space out parfois, perdu(e)s dans l’espace – soyez les bienvenu(e)s – on peut spacer in aussi. On plonge en soi, on explore, on voyage. Un vaste univers là-dedans. En inspirant et en expirant, et en revenant constamment à la respiration. Et si on utilise de la musique ou si on bouge dans le cadre d’une méditation active, on ajoute ces props à l’observation. Ça en fait juste plus à regarder, à observer. Et on observe aussi l’observateur/trice qui s’observe observer.

Comme le dit si bien Krishnamurti: L’ordre est la transformation de ce foutu bordel. Lorsque l’observateur/trice devient ce qui est observéalors il y a un ordre complet.

Mais l’ordre ne dure pas. L’équilibre est un constant déséquilibre.

Alors on observe tout ce qui se passe en soi, tout ce qui passe, trois millions de fois passera. Et on réalise lentement que la vie est un flot, un flow. De pensées, d’émotions, de sensations, d’observations, et si on accroche sur rien, ou si on réussit à décrocher si on accroche en revenant à sa respiration, nous sommes là, au milieu d’un grand calme ou d’une folle tempête, impassible, immobile, témoin, observateur/trice. Même de la présence qui observe.

La méditation est, au final un cercle vicieux et vertueux de vie en soi qui observe la vie en soi comme celle autour, jusqu’au bout de l’univers. And back. Et aller-retour, sans début, ni fin.

Avec mes ami(e)s du Dojo virtuel, nous nous assoyons régulièrement, ensemble, à distance, en musique et en silence. Et au gong final, Namasté et chacun(e) retourne vaquer à ses occupations car encore dans le monde nous vivons. Le fait d’avoir un horaire est une aide précieuse. Et bien sûr que si nous sommes toujours seul(e) en soi quand on ferme ses yeux et qu’on médite, nous sommes aussi lié(e)s à tout, à tous et toutes, à la vie entière. Tous et toutes des portails de la même grande vie, qui sintonisons la même fréquence universelle dans nos récepteurs individuels.

En cette ère de multi branchage numérique, je crois qu’il nous est et sera de plus en plus essentiel de prendre du temps pour arrêter, décrocher, fermer ses yeux, respirer, ouvrir son coeur et tous ses sens et simplement prendre le temps de ne rien faire et simplement s’observer observer.

Car on peut bien courir autour du monde, s’occuper à 1000 choses et d’autres, lire toutes les nouvelles que l’on veut sur tous les supports que l’on peut, parcourir les réseaux en boucle et en boucle, on finit toujours ici, maintenant, simplement, avec soi. Et peut-être que l’objectif ultime de la vie est d’être prêt(e) à tout, à la vie et à la mort.

Et la méditation est la parfaite non-action pour arriver ici, maintenant, en fait pour réaliser que ce n’est que là qu’on vit toujours et sans temps quand on arrête simplement de s’éparpiller. Satisfaction ou pas.

Welcome home.

LE FAÎTE DE MA PAIRE

Aujourd’hui, c’est la fête des pères
Ça tombe bien, moi j’en ai une paire
Deux belles grandes filles, que je veux dire
dont je suis fier
et que j’ai collaboré à faire
la belle affaire, deux belles à faire
En fait c’est vous, en paire, qui m’avez fait père

Surtout dans les débuts
par petits bouts
genoux, hiboux chouchoux et tout itou
car après on doit beaucoup à leurs mères
elle ont su y faire
autrement que moi ptit père

Deux belles grandes filles
plus smatts que moi
C’est pas de ma faute
Toute mon intelligence, leur ai donnée
et deux-trois bolts (c’est pour la rime câline de bine dixit le riminologue)

Ah oui, aussi
mes deux grands pieds, leur ai légués
Une, chaque, mais chacune deux, pour elles c’est mieux
Sclak à schlak (encore pour la rime et pas d’la frime)
Pouce mais pouce égal
Et deux grands coeurs c’est pas banal

Comptez-vous chanceuses
Comptez-vous chanceuses ?
Comptez, vous chanceuses
1 2 3 4
J’ai gardé mon nez pour moi
plus que mes dad’s jokes à votre endroit

La photo ci-haut
va avec une vidéo
que je vous ai déjà postée
sur notre groupe à dad’s jokes partagées

Mais elle représente bien
les dures leçons à la dure pour vous fifilles
De père en devenir que j’ai appris – parfois à vos dépends
Car devenir père, ça dépend et ça s’apprend, ça s’est appris
à la dure, surtout pour vous mes filles
oui papapoups ! ou pas…

Pour honorer Léonie je tente de faire un peu de poupsésie
ça rime en crime puff câline de rough
Tandis que pour Fanny, je n’en ferai papa
pas d’actus reus malgré que le mens rea y soit

À vous mes deux filles chéries, bénies, oui oui (anti jeux de mots caché)
rendues bien grandes en ce jour d’aujourd’hui
Voici chronique comique (ben pas tant que ça, mais un gars s’essaie souvent)
je vous dicte ces quelques mots nonos – oui oui, encore !
que je rendrai publics
mais sans photos de vous, car ça ça reste entre nous
comme les cadres de portes et autres émotions fortes
que je vous aurai fait vivre depuis vos débuts

Je vous aime mes 2 gilrzz
j’vous aime pas, j’vous adore
même si dans les fims souvent j’m’endors

Merci d’avoir fait de moi un père qui dure
et d’avoir enduré mes jokes plates et molles (endurées mes jokes, molles 😉
mes jeux de mots douteux, et charades souvent trop pévidentes (liaison liaison)
et mes rimes qui ne riment pas toujours – pas toutes, ou pas pantoute

Un gars s’essaie, et dans votre cas, je trouve que j’ai très bien réussi, si si
et aujourd’hui c’est vous que je remercie, oui oui (jamais 203)
car je suis au fait que c’est la fête, et je suis faîte en tant que père
car vous êtes venues dans ma vie en paire, léger délai il est vrai
pour faire de moi une dad’s joke sur 2 pattes mais pas monc…

votre éternel paternel

LA BEAUTÉ MALGRÉ TOUT

Cette photo, qui juxtapose création et destruction, me semble représenter parfaitement les deux bouts de notre humanité, et de notre inhumanité.

Comme quoi la vie, Comme la vie quoi.

Pendant qu’elle se renouvelle quotidiennement, que des nouveaux-nés voient le jour, d’autres perdent la vie après un bref passage sur terre. On nait, on meurt. On passe. Au suivant.

Pendant qu’on bombarde des territoires, dans certains autres, tout juste à proximité de la même région, on construit des tours de Babel d’opulence et de luxe. Bien souvent bâties par les bras mêmes des plus pauvres, et au mépris de leur sécurité fondamentale. Et sous-payés.

Pendant qu’on jette du plastique à tour de cruise ships dans nos océans, la permaculture et l’agriculture biologique se développent et on prend conscience des limites de notre terre mère. À temps ou pas, une autre question. Tic tac tic tac.

Pendant que certains accumulent les maisons secondaires et les domaines privés, ils sont nombreux qui ne peuvent même pas trouver à se loger, alors que tant d’autres vivent sur les routes ou dans la rue.

Pendant que l’on gaspille de la nourriture, d’autres ne mangent pas à leur faim.

La vie côtoie la mort, la beauté la laideur, la sécheresse et les feux de forêt sévissent ici alors que les inondations frappent là-bas.

La vie est réellement est un phénomène à deux têtes, en fait une histoire de tête qui s’allie à une histoire de coeur. Une job de bras. Le meilleur côtoie le pire, la vie s’appuie sur la mort, et vice et versa.

Tout trouve son contraire, ou son opposé, ou son extrême inversé c’est selon, en notre monde. On trouve de tout. Devant une catastrophe, certains se précipitent pour aider autrui et s’entraident alors que d’autres exploitent leurs prochains.

Amour et haine, ou amour et peur ?

Certains font du travail humanitaire au risque et péril de leur vie, alors que d’autres tirent gros profits à produire et à vendre de l’armement militaire, qu’ils se plaisent à nommer matériel de défense.

Dans ce bas monde, on trouve des bénévoles, et d’autres qui carburent aux profits à tout prix.

Certains cherchent le bonheur intérieur, d’autres la gloire.

On nous bombarde d’images catastrophiques à tour de yeux alors on en vient à penser que le monde est pire que jamais. Mais probablement qu’au fil du temps et de l’histoire, les choses ne font que changer, se transformer, évoluer. Ou dévoluer. S’améliorant parfois et se rempirant à d’autres moments.

Nous vivons clairement un temps de grands changements. Comme toujours auparavant, comme jamais. Bien sûr que les défis sont nombreux, et plus complexes que jadis, mais gardons notre focus sur le bien davantage que sur le mal. Et développons le meilleurisme (1) à notre mesure et à notre échelle. Car c’est tout ce que l’on peut faire. Et il faut le faire car ça me semble seule façon de vivre avec sens.

Prenons soin des gens, des animaux et des plantes autour de nous, car c’est aussi nous. Tout n’est que nous. Même moi, toi, même vous. Ici, partout. Car tout n’est pas ce que ça semble être à première vue. Tout ce que l’on voit n’est que première impression.

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Pratiquez jusqu’à ce que vous vous voyiez dans la personne la plus cruelle sur Terre, l’enfant affamé, le prisonnier politique.

Continuez jusqu’à ce que vous vous reconnaissiez dans tout le monde au supermarché, au coin de la rue, dans un camp de concentration, dans une feuille, dans une goutte

Méditez jusqu’à vous voir dans un grain de poussière dans une galaxie lointaine.

Regardez et écoutez de tout votre être.

Si vous êtes pleinement présent, la pluie de Dharma arrosera les graines les plus profondes de votre conscience, et demain, en lavant la vaisselle ou en regardant le ciel bleu, cette graine germera, et l’amour et la compréhension émergeront comme une belle fleur.

– Thích Nhất Hạnh

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(1) https://atisupino.com/2024/06/13/meilleurisme/

MEILLEURISME

Meilleurisme : la croyance que l’on puisse contribuer à changer positivement et améliorer le monde par des actions d’amour, de créativité, de compassion et de bonté.

En général, on nous dit qu’on doit éviter d’entretenir et de nourrir les croyances, qui ne seraient que des idées sans fondements qu’on choisit de croire réelles et qui, selon Krishnamurti, ne sont qu’une signe de peur quand on insiste trop à croire.

Mais tant qu’à vivre dans un monde qui semble fou et sur lequel on a si peu d’influence, je décide de devenir un adepte du meilleurisme et de croire que l’on puisse contribuer à changer positivement et améliorer le monde par des actions d’amour, de créativité, de compassion et de bonté.

Ça donne un sens à la vie, ça inspire à faire notre part, aussi petite puisse-t-elle être.

Car on ne peut agir qu’à notre mesure et à notre échelle, localement, en soi et autour de soi. Et espérer que ça fasse des vagues. Que ça nous donne une cohérence interne qui se répercutera sur notre petit et plus grand monde. Car penser globalement a peut-être ses vertus, nous force à ouvrir notre esprit et développe l’empathie, mais ça tend à rendre un peu fou aussi et surtout à nous faire sentir impuissant(e)s devant tout ce qu’il y a à faire pour améliorer le monde.

Et au niveau des actions, on ne peut que commencer en soi, puis autour de soi, et si c’est juste, ça va grandir de soi car j’ose aussi croire que la vie soutient la vie. Même si, parfois, à voir l’état du monde à-travers nos écrans, on peut en douter.

Alors chers lecteurs/trices, allons-y pour des actions d’amour, de créativité, de compassion et de bonté car c’est tout ce que l’on peut faire, que cela qui est en notre petit et limité et réaliste pouvoir. Mettons-y ce vouloir aussi.

Et si chacun chacune adopte cette croyance, suivie d’actions concrètes, ce qui est le cas de la plupart des gens j’aime croire aussi, le monde ne pourra que se porter mieux, être plus beau et plus doux à vivre dedans.

ÉTÉ DE DENTELLE

Ça fait 13 ans que j’écris 5-6 fois par semaine. Tôt le matin, je choisis un meme et je brode autour du thème, juste de même.

Je tricote des mots, je faufile des phrases et j’enfile quelques jeux de mots drôles ou moins, fins ou pas, qui passent parfois inaperçus. J’écris entre les lignes. C’est ma méditation matinale. Ça me centre, ça me vide la tête, ça me branche sur mon coeur, et mes 10 doigts. Jeu plus que travail manuel. Un café, un clavier et quelques mots égarés.

Ces temps-ci, par contre, j’ai parfois l’impression que j’ai fait le tour quand j’écris. Le tour de quoi ? Je ne sais trop. Mais le tour de quelque chose en tous cas. Est-ce le tour de moi ? SI oui, je tourne en rond après avoir écrit dans tous les coins.

En tapant le mot tour, juste avant, là, plus haut, j’ai fait une erreur et j’ai tapé trou plutôt que tour, réalisant ainsi que les deux mots sont faits des mêmes 4 lettres. Les mots se jouent de moi, et moi je joue avec vous. Tout est dans tout et tour est dans trou.

Je ne sais pas si c’est l’été, mais j’ai envie d’écrire plus léger cet été. Écrire dans le vent.

Comme le suggère l’affiche ci-haut, avec le beau temps et la chaleur, j’ai envie d’écrire plus de poésie et des choses fofolles qu’au sujet des enjeux du monde et de l’âme. Comme si le poids du monde nous pèse déjà assez sur l’âme comme ça, faut l’alléger, s’alléger, écrire léger.

Comme si une grande envie de légèreté s’empare de mon âme ces temps-ci, un besoin de non-essentialité, de superflu, de toutes ptites affaires extra ordinaires.

Encore envie de jouer avec les mots mais pour ne rien dire de grave, écrire aigu, et ne dire que du léger, pour écrire dans le vent et dans les airs, pour ne dire que de la grâce. Écrire en tant qu’action de grâce. Broder des mots.

Cet été aussi, j’ai entrepris un grand ménage de la forêt autour des lieux ici, comme des pourtours de la maison. Envie de Zenitude, d’ordre, de beauté, de tranquillité. Envie d’art léger.

Même chose pour notre petit groupe de méditation en ligne. Pour l’été, pour faire changement, j’ai envie de rouler sans horaire fixe, sans plan. On va méditer, peut-être même plus souvent, mais plus spontanément. Pour l’été…

Envie d’être moins régulier ici aussi sur ce blogue, et de reprendre mon projet de livre, pour écrire à plus long terme, écrire plus profond. Envie de prendre une pause d’écrans, pour fouiller davantage dans mon écrin.

Le livre pour écrire plus profond, et la poésie pour écrire plus léger. Prête moi ta plume, et ton clavier, pour écrire mes mots.

Cet été, j’ai envie de vivre un peu plus foufou, fofollement, légèrement. Jouer dehors. Changer un peu des habitudes hivernales, sortir de la maison et laisser la guerre et les problèmes de société de côté. On a ce luxe nous qui ne vivons pas en temps de crise ni de guerre directe. Sans oublier toutefois ceux et celles qui sont pris dans les conflits. Liés de tous nos coeurs.

Faire des feux, nettoyer la forêt, écouter les oiseaux, créer des oeuvres de nature art. Vivre d’art et dehors.

Cet été, envie de retomber en amour avec moi-même, avec le monde et avec la vie de nouveau.

Et je vous souhaite de même. Je vous souhaite ce même meme.

DANS LE MONDE ET LE MONDE EN SOI

Tu penses que tu vis dans le monde mais la vérité est que c’est le monde qui vit en toi.

Vit-on dans le monde ou est-ce le monde qui vit en soi ? La question se pose.

La guerre, les famines, les migrants, la sécheresse, on a beau dire que tout ça vit en nous, la réalité de certaines personnes est tout de même bien différente de la nôtre qui est relativement feutrée pour dire le moins.

Comme vit en nous l’immense beauté de la nature, les miracles quotidiens et les multiples actes de bonté.

Si on peut en effet se demander si c’est nous qui vivons dans le monde ou si c’est le monde qui vit en nous, la réponse n’est pas si simple. Elle comprend un peu des deux.

Bien sûr que tout ce que nous voyons est perçu par soi-même, à-travers nos filtres et nos construits mentaux et que le dit monde extérieur est reconstruit et représenté en soi-même.

Bien sûr que nos yeux et nos sens font entrer en nous certaines réalités très différentes de la nôtre et que l’on doit laisser entrer ces images et ressentis qui se transformeront ensuite en sensations et en impressions. On reconstruit le monde extérieur en soi-même.

Bien sûr qu’on voit le monde comme on se l’imagine.

Mais on peut aussi présumer qu’il existe une certaine réalité out there, une réalité de faits, une réalité de chair et de fer. Et on doit la regarder avec beaucoup de lucidité si on veut voir le monde – et soi-même – tels que cela est vraiment. Même si tout est question de perception, et de représentation interne.

Alors en soi ou en dehors le monde ?

La question a l’air banale et un peu déconnectée et ésotérique mais elle se pose tout de même. En fait, depuis que je suis tout petit que je me la pose. Notamment à savoir si je vis seulement à l’intérieur de ma propre peau ou si je suis plus vaste ? Ou pas. Ou même si j’existe ou si ce n’Est pas un beau et grand rêve ?

Mais alors, s’il y a bel et bien séparation, qu’est-ce qui nous sépare chacun chacune du monde ? Notre peau ? Notre nom ? Notre corps ? Notre petit moi ? Notre propre idée de séparation entre soi et le monde ? Ou notre incapacité à se sentir relié(e) ?

Car d’où venons-nous ? Et où retournerons-nous ? En quoi sommes-nous séparés et différents du monde ?

On aime se dire Dieu, et Déesse. Mais sommes-nous prêt(e)s à assumer tout ce que ce monde, notre monde, crée. Le beau comme le laid, le sublime comme l’affreux ?

Sommes-nous capables de prendre la responsabilité – comme dans la version anglaise response ability – de tout ce que la vie nous montre, nous offre ? De faire nôtre notre vision et version du monde ?

Et d’agir en conséquence pour en faire un monde meilleur, ou du moins pour l’améliorer au mins un ptit peu. Car si on veut le meilleur pour soi-même, on ne peut que vouloir le meilleur pour le monde entier aussi. Si nous sommes le monde, on ne peut qu’agir de la même façon envers qu’envers le monde.

Et ça si c’est moi qui le dit, c’est toi qui le lit.

Et toi c’est moi et vice et versa. Et nous, c’est vous, et eux/elles.

You know what I mean and I mean what you know.

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La vie comme prière

Si vous mangez, mangez avec amour ; parce que ce que vous mangez, c’est Dieu.
Si vous marchez, marchez avec amour ; parce que vous marchez sur Terre, terre sacrée.
Si vous vous baignez, faites-le avec une profonde dévotion, avec amour et respect pour votre corps, puisque ce n’est pas votre corps, c’est le corps de Dieu ; c’est Son temple.

Ainsi, les petites choses de la vie qui n’avaient aucun sens commenceront à avoir une immense valeur.
Et quand les petites choses commencent à avoir un sens, elles ne sont plus petites : vous les avez transformées en grandes choses.

À vous de vivre une petite et insignifiante vie, ou une grande vie : si vous vivez sans amour, vous vivrez une toute petite vie.
Si vous vivez avec amour, à travers l’amour, vous aurez une belle vie, car l’amour rend tout grand.
L’amour est la pierre philosophale : tout ce qu’il touche se transforme en or.

– Osho
Don’t look before you leap, initation talks
Via Ma Ananda Sarita

LUNDI MATIN ZEN SANS TITRE

Ce matin, juste envie d’écrire comme ci et comme ça, et non au sujet de quoi que ce soit en particulier, rien d’autre que ce qui veut s’écrire et se laisser dire.

Juste envie de faire blob blob blob dans le vide et tap tap tap sur mon clavier jusqu’à vous peut-être, mais surtout dans le grand vide.

Envie de ne rien dire en fait, ne dire rien d’autre que les petites choses de la vie. Les petites choses pas si importantes, les choses triviales Triviales dans le sens d’ordinaire, commun et banal et non dans le sens de vulgaire et contraire aux bons usages. Même si je n’ai que faire des bons usages. Car tout ce qui est bon peut aussi être mauvais alors que neutre, comme ce que c’est.

Ce matin, deuxième lundi de juin en Boréalie, gris dehors et bleu dedans, juste envie de faire un petit signe de vie à la vie, la petite comme la grande. Lui dire qu’elle résonne encore ici, qu’elle clignote dans mes doigts, qu’elle buzze en ce coeur et qu’elle papillote sous mes pieds. La vie est reçue et transite par ce corps. Comme par les autres milliards.

Pas envie d’enseigner quoi que ce soit à quiconque, ni de faire la morale, seulement envie de dire au monde entier d’arrêter parfois, de s’arrêter, de se la fermer, d’écouter et de prendre soin de soi. De se brosser la soie intérieure. Tout doux, tout doux le monde en ce matin de juin vert tendre. Matin green shake.

Pas envie de quoi que ce soit qui ne veut pas être facilement, qui ne désire pas exister avec aisance. La vie facile, la vie douce.

Envie de zen, envie d’un peu de naturellement fluide, envie de pluie pour que le vert vive et boive et que le vert soit à moitié plus que plein qu’à moitié vide.

Petit matin pour voir le tout mais surtout le rien, pour voir tout ce qui se cache dans les mains de la vie dans ce grand jeu de poker tragico-cosmico-comique. Est-ce que 2 jokers ça bat quatre as ? Mamma mia et deux de Pique.

Petit lundi matin ordinaire sur Terre, et dans les airs, mine de rien. Rien dans les mains, rien dans les poches, tout dans le coeur. Roi de coeur et deux de pique. Petit bonheur épique.

Chronique sans titre, chronique épique et piquement banale et triviale. Chronique qui pique et qui délice. Chronique qui ne dit rien, chronique qui zigue et zague. Chronique qui évite de dire ce qui ne doit pas être écrit. Chronique aphobe juste pour le fun. Chronique inutile et ludique pour simplement nous faire perdre un peu du temps qui passe dans cette course fofolle vers le grand nulle part. Car toujours ici guiliguili.

Fendre le bois et porter l’au-delà. Essence de Zen, jusque dans la couenne.

CHAOS, TIC TAC TÔT OU TARD

Je suis une grande amie du chaos. C’est tout ce que la vie nous offre. Quelle drôle d’idée que celle de penser gérer la vie… la vie n’est que risque, que chance, la vie c’est s’ouvrir à la chance. Les meilleures choses de ma vie, et c’est probablement le cas pour la plupart des gens, découlent du fait d’être ouvert(e) à être dévié(e) de la trajectoire désirée. – Tilda Swinton

Chaos est le nom que l’on donne à un ordre qui n’est pas encore compris. Henry Miller

Autant on voudrait pouvoir contrôler sa vie, autant on sait deep down que cela est tout à fait impossible et illusoire. Et c’est ça qui nous fait si peur. De ne pas savoir ce qui nous pend au bout du nez.

La vie est chaos, un grand désordre, la vie est imprévisible. Et malgré tout, tout roule, tout se tient. Du moins ici dans nos contrées de privilégié(e)s. Car dans certains endroits du globe, le chaos est anarchique et beaucoup plus douloureux qu’ici. Apprécions notre immense chance et précieux privilège.

Ce grand désordre existentiel dans lequel nous flottons – ou que nous craignons c’est selon – est ce qui nous tient sur nos gardes, ce qui nous maintient alerte. Et bien qu’on ne veuille pas attirer ni inviter les obstacles ni les défis, on doit tout de même s’y préparer et être prêt(e) à tout. Surtout à ce que l’on craint. De toute façon, pourquoi craindre quoi que ce soit ? La question se pose, et se dépose.

Espérer le meilleur et se préparer au pire comme le veut le dicton.

Sans trop visualiser ni anticiper les obstacles ni les temps durs, savoir toutefois que, par moments, la vie nous mettra inévitablement à l’épreuve, qu’elle testera nos limites. En particulier en ces temps à venir car de grands changements semblent se dresser devant l’humanité entière.

Optimiste, pessimiste ou réaliste, quelques options devant l’inconnu. Mais le même inconnu.

Je crois aux vertus de l’optimisme.
Ce n’est pas facile, mais ça ne sert à rien d’être pessimiste.
Anticiper le malheur, c’est le vivre deux fois.
Mieux vaut croire que les choses vont aller mieux.
– Jean-Pierre Bacri

Deux attitudes, deux attentes :

Mais au-delà de tout, au-delà nos attentes, qu’elles soient roses ou noires, demeurer confiant(e), flexible et s’attendre à tout. Comme à rien. Et prendre ce qui nous est offert comme cela vient, comme cela viendra. Car quoi faire d’autre de toute façon devant ce qui n’est pas encore ? Qui vivra verra.

Et à trop attendre le pire, peut-être qu’on finit par le créer pour se prouver qu’on avait raison ? Car on aime tant avoir raison. Mystérieuse la vie. Attention à ce qu’on attire à soi dit-on.

Parfois la vie coule doucement et facilement, profitons-en pendant que ça passe car tout passe. Et en d’autres moments, ça brasse, ça tasse et ça casse, il y a de la houle en nous et autour, et de la broue dans notre toupet.

Résilience. Un mot à cultiver. Une attitude à développer. alors comme les scouts, toujours prêt(e)s, à tout, comme à rien.

Quand la vie nous frappe dans l’dash, quoi d’autre à faire que de constater, accepter, digérer et continuer. Et même bâtir sur cette résistance à l’adversité acquise. Car on dit que l’obstacle est la voie. Et que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort(e). Des mots, mais qui contiennent un part certaine de vérité comme en fait foi la vie chaotique de certaines personnes au parcours sinueux qui irradient la lumière après les tempêtes.

Et sans connaître la suite, sans se douter de ce qui vient, et de ce qui viendra, demeurons ouvert(e) et confiant(e).

Et prenons chaque bouffée de vie une à la fois, et chaque puff avec foi.

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La beauté d’affronter la vie sans préparation est immense.
Alors la vie a une nouveauté, une jeunesse.
Alors la vie a une fluidité et fraîcheur.
Et puis la vie réserve tant de surprises.
Et quand la vie réserve tant de surprises, l’ennui ne s’installe jamais en vous.

– Osho

VÉRITÉS MENSONGÈRES ET VRAIS MENSONGES

La vérité peut marcher toute nue, mais un mensonge doit toujours se couvrir.

Vraiment pas certain qu’elle soit de Khalil Gibran celle-ci, donc erreur ou mensonge ? Même si c’était un mensonge en quelque sorte, ces mots contiennent tout même une certaine part de vérité.

D’où l’illustration que les deux concepts sont étroitement liés. Comme on dit, la vérité de l’un est le mensonge de l’autre. Et de nos jours, avec une certaine nouvelle intelligence technologique, on peut faire dire ce que l’on veut à qui que ce soit, et même créer des documents audio-visuels falsifiés qui mettent littéralement des mots dans la bouche des gens. Alors quant à distinguer le vrai du faux, ou la vérité du mensonge, on repassera. Et on se gardera une ptite gêne.

Dit autrement:

Les mensonges peuvent se dire haut et fort mais la vérité s’exprime en silence. Souvenez-vous en.

Pas certain non plus que ces mots soient de Mère Thérésa 😉

Mais en effet, quand on a quelque chose à vendre ou à défendre, on doit souvent lever le ton – et élever notre fakitude – pour tenter de parler par-dessus les faits, pour les ramener dans le droit et vrai chemin. Alors que la vérité peut relaxer et laisser les mensonges crier, elle peut se taire en paix.

Vérité et mensonges, un couple aussi mithique qu’Adam et Ève et Roméo et Juliette, que Ding et Dong ou Ben et Jerry / allo ma chérie ;-). L’un ne va pas sans l’autre, et l’une non plus, et ils vont très bien ensemble. En fait, ils existent un grâce à l’autre. Comme le Vrai du Faux. Ou même le noir et le blanc avec ses multiples nuances de gris.

La pureté, qui rime avec vérité, est un concept glissant et grisant mais n’existant que très rarement à part dans le néant. La pureté, comme la vérité, est un objectif vers lequel on peut tendre mais qu’on n’atteindra possiblement jamais. Comme l’intégrité. L’absolu est toujours un leurre.

Le couple vérité et mensonge n’a de sens que lorsqu’appliqué à soi-même. Ce n’est qu’en soi-même, que face à soi, qu’on peut être vrai, comme c’est à soi-même que les conséquences du mensonge sont les plus dramatiques. Car quiconque se ment à lui ou elle même finit par ne plus savoir qui il ou elle est. Surtout si on se croit.

On pourrait aussi rapprocher du couple vérité et mensonge celui de conscience et inconscience, avec leurs multiples teintes de semi consciences. Car l’acquisition – ou le dévoilement – de la conscience me semble être un processus qui tend du plus inconscient vers une conscience de plus en plus grande. Une graduelle illumination, un ensoleillement, une perte de voiles. L’ombre qui cherche la lumière. Avec possiblement un saut quantique un moment donné lorsque l’on réalise avec totale acuité l’ampleur des limites que l’on s’était imposées qui bloquaient notre regard. Lunettes enfumées qui bloquaient notre regard.

Ce qui est vrai pour un est un mensonge pour l’autre. Cela pose la question à savoir si un mensonge est toujours faux ? Ou s’il n’existerait pas de vrais mensonges ? Et une fausse vérité est-elle possible ? Intéressante question. Car la terre a officiellement longtemps été plate, quoi qu’elle semble le redevenir ces temps-ci pour certains. Parfois, plus on réfléchit, plus on tourne en rond. Vraiment pas plate la quête de la vérité.

Si certains pensent que la science clame posséder la vérité, cela ne me semble pas du tout le cas. On émet des hypothèses et on tente de les vérifier, avec des conditions le plus objectives qui soeint. C’est lorsque l’industrie s’empare des résultats pour vendre leurs produits que la science se retrouve pervertie et plus fausse que vraie. Mais autre débat. On fera nos recherches.

Combien de gens ont déclaré : c’est vrai, je le jure sur la tête de ma mère, en mentant. Et combien ont juré sur la bible de dire la vérité, toute la vérité, juste la vérité je l’jure en affirmant des choses complètement opposées.

Vraiment, le concept de vérité est fait de plastique malléable et twistable. Et ce n’est que face à soi-même que nous en sommes tributaires.

Et ça, ça, ça c’est vrai. Ou pas.

PENSÉES PENSÉES

Hé que ça pense le monde. Je pense, tu penses, il/elle pense, nous pensons, vous pensez, ils/elles pensent sans dépense.

Ça pense sans cesse dans le monde. 8 milliards de machines à pensées. Ça pense pour moi, pour toi, pour nous tous. Ça en moi, ça pense autour. Ça pense à ci, ça pense à ça, ça pense par ci pis ça pense par là. Ça pense pas à peu près. Ça pense sans compter, ça r’garde pas à la dépense. Ça pense hors de contrôle.

Car on ne contrôle rien en matière de pensées. Ça pense tout seul. Le monde se pense. Ça pense tout le tour de la panse. Ça tourne en rond car ça pense pas mal tout le temps à la même chose. La nourriture du mental est de la pensée, des pensées. À l’infini.

Je dis ÇA pense, car est-ce vraiment nous qui pensons ? ou n’est-ce pas plutôt que les pensées poppent en nous à notre insu ? La question se pose. Et prend beaucoup de temps à trouver. Toute une vie. et ce n’est pas la matière première qui manque.

Même quand on dort, quand on fait du sport, même quand on sort, ça pense encore. Cauchemar, mauvais sort comme disait le poète.

Évidemment qu’on ne dit pas tout à ce à quoi on pense. Ni ne l’écrit. Car il y a du drôle de stock dans notre moulin à penser, du bizzaroïde qui traverse notre machine à pensées. Tellement qu’à un moment donné

On aimerait bien. Ah si c’était seulement aussi simple. On a beau faire un backwash une fois de temps en temps, la matière première revient toujours. Comme des bulles à la surface. Certains aiment se divertir par l’humour, d’autres se transvestir par amour, d’autres encore choisissent d’altérer leur conscience à l’aide de spiritueux divers, même l’été.

J’te dis que ça pense à toutes sortes d’affaires c’te ptite affaire-là.

On est toujours face à face avec ce mental qui génère de la pensée comme certains champs au printemps.

Nous sommes condamné(e)s – certains se sentent damné(e)s – à apprendre à gérer notre faculté de penser, à gérer le flot incessant et constant de nos pensées infinies et auto-génératrices. Comme chaque matin ramène le soleil, chaque nouveau jour ramène son lot de pensées. Un gros tas de nouilles Ramen plein de noeuds les pensées.

Une bouillie incohérente, un magma qui poppe et poppe encore stimulée et alimentée par notre propre histoire pas toujours si propre car certaines pensées on préférerait refouler, comme par les histoires du monde environnant. Mais la pensée, même la plus sombre, cherche toujours son chemin vers la lumière. Toute pensée cherche la lumière, et espérons, la trouve.

Un moment donné, même si on aimerait bien, comme on ne peut se déverser le contenu car elles reviennent sans cesse

il ne nous reste qu’à faire face à tout ce qui monte, à observer, à sentir, à accueillir et à cueillir même car de précieuses pépites aussi à l’occasion émergent de ce volcan intérieur. En effet, le mental n’est pas diabolique. Il n’est qu’un micro processeur qui carbure à ce à quoi on le nourrit si on prend tout simplement le temps de l’assumer et de l’observer pour apprendre à comprendre son mécanisme automatique.

Comme le dit notre ami Krishnamurti (pas un ami intime quand même mais très précieux): On doit y mettre de l’ordre pour transformer ce foutu bordel. Lorsque l’observateur/trice devient ce qui est observé, alors il y a un ordre complet. – traduction très maison

Prendre le temps d’observer. Pour cela il faut arrêter.

Avoir le courage d’observer, de s’observer, et de se détacher de ces pensées, qui ne sont jamais nôtres, que des pensées sans propriétaires éparses et autonomes. Parfois elles s’accrochent à notre petite histoire, parfois elles émanent de la Grande.

Qu’elles soient sexy ou diaboliques, ce ne sont que des pensées, des bulles d’air. Jamais les nôtres, nous ne sommes propriétaires de rien de toute façon. Même notre corps nous le rappellera un jour.

Car de toute façon, pourquoi même se soucier de qui nous aime ?

De toute façon, tout le monde se fout de ce que l’on pense car nous pensons toutes et tous à peu près la même chose, nous pensons grosso modo aux même affaires, car nous vivons tous et toutes dans un corps, mû apr les mêmes besoins, et tous et toutes dans le même monde. Oh que de petites différences et variations personnelles, mais overall, la même bouillie mentale.

Alors pensées ?

ou pensées ?

Même si on ne nous a jamais promis un jardin de pensées, ni de roses, on nous a quand même légué une machine à penser, à pensées. Il suffit d’y mettre de l’ordre, et d’avoir le courage et la lucidité d’observer.

Et de s’observer observer, observer s’observer.

Et alors les pensées s’évaporent et perdent de l’importance. Et alors un certain ordre s’installe en soi. Un ordre certain. Un ordre qui comprend et inclut tous les désordres du monde, les nôtres comme ceux des autres. Un ordre, qui comme un constant et fluctuant équilibre fait de tous les déséquilibres du monde, ne se contrôle ni ne se contient. Un grand désordre désorganisé qui est accepté pour ce qu’il est. Tout simplement, dans toute sa complexité.