DU(ré)ALITÉ

La plupart d’entre nous divisons l’humanité en deux clans: Les bonnes personnes et les mauvaises. Celles qui méritent d’être aimées et celles qui méritent d’être rejetées. Mais spirituellement, cette division mérite d’être questionnée.

Nous sommes des êtres de dualité.

Moi et le monde. Le monde et moi. Moi et les autres. Nous et eux. La tête et le coeur. Le noir et le blanc. Vrai ou faux. Les rouges et les bleus. Le bien et le mal. Ce que je veux beaucoup beaucoup et ce que je ne veux surtout pas. Ce que j’aime et ce que je déteste.

Vous voyez la game.

Il y a ce qui se passe de ce côté-ci de notre peau, et ce qui se passe de l’autre bord. Et l’aura ? Car pas un imperméable la vie. Du GoreTex plutôt, ça respire. Si on se coupe, on se ferme.

Comme s’il pouvait se passer des choses hors du monde de notre psyché qui ne nous affectaient pas. Tout est probablement question de sensibilité me direz-vous. Allez, dites-le.

Mais le monde fait partie de nous et nous faisons partie du monde. Le monde entier est en nous et tout ce que nous sommes, tous et toutes, fait partie du monde. Un gros package deal la vie. Avec nous dedans et elle en nous.

Et en même temps, on ne peut laisser tout ce qui se passe dans le monde – trop – nous affecter car il s’en passe bien des choses dans ce vaste monde. Habituellement, plus c’est loin moins ça nous touche. Mais tout de même, on ne peut se couper de tout. En fait, peut-on se couper de quoi que ce soit ? J’imagine un peu quand même.

Quand on voit quelque chose qui nous dérange profondément, telle la situation à Gaza, mais pas que, on a souvent le réflexe de vouloir le rejeter, de l’expliquer, de le justifier, de le nier, l’éliminer, ou carrément le faire disparaître de notre conscience. Comme si une telle stratégie pouvait fonctionner. Comme si le fait (de tenter) d’exclure quelque chose le faisait disparaître. Comme si en se fermant les yeux, on ne voyait plus la chose en question.

Pas si simple d’accepter TOUT ce qui compose le monde, tout ce qui s’y passe, de dire oui, de le prendre en et pour soi. En particulier ce qui nous dérange, ce qui nous répugne.

Pourtant, quoi faire d’autre ? Le repousser ? Nier son existence ? Décider de ne pas le voir ? Le dénigrer ? Le disqualifier ?

J’aime bien la méditation d’Atisha dont je parle souvent ici. Soit le concept qui consiste à tout respirer dans le feu ardent de notre propre coeur pour le transformer en positivité, en guérison, en transformation créative. Qu’un petit truc, mais il fonctionne.

Car la négativité n’est peut-être qu’un concept mental et intellectuel. Peut-être bien qu’il n’existe ni négatif ni positif en cette existence ? Peut-être que tout est neutre, que tout n’est que neutre.

Peut-être que ce qui est est, tout simplement. Sans jugement, sans catégorisation. Que l’on aime ou pas quelque chose est une chose. Mias notre jugement sur une chose, ou une personne, ne change rien à ce qui est. Ce qui est est, peu importe mon regard ou mon jugement. Mais je sais, pas si simple la vie. Car on a tous et toutes nos propres impressions, nos propres ressentis face à ce qui est.

Et si on pouvait simplement apprendre à accepter ce qui est pour ce que c’est. Tout simplement. En toute neutralité. La vie la vie genre. At face value comme disent les zanglos.

Je sais, je sais, chronique un peu bizarre ce matin. Mais je suis parti des deux citations ci-bas. Alors voilà ce qui arrive quand on commence par la fin. Mais au fond, il n’y a jamais ni début ni fin.

We always come full circle again. Again and again. Inspire, expire. And on and on.

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À la longue, il ne vaut jamais la peine d’avoir été cynique, revanchard, gagnant, compétitif, “the best” !
La seule chose à la longue qui vaille le jeu et la chandelle est d’avoir aimé.
– Christiane Singer

Plus il y a de moi, moins il y a de Dieu.
Notre orgueil, notre inquiétude, nos désirs de puissance et de plaisir sont des choses qui éclipsent Dieu.
– Aldous Huxley

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Tant que l’être ne s’est pas dégagé de la fascination qu’exerce l’ego sur lui, il ne pourra donc pas comprendre en essence ce qu’est Dieu ou l’absolu, puisque le mental/ego ne peut y avoir accès.
Vu que celui-ci n’y a pas accès, mais qu’il souhaite tout de même atteindre quelque chose d’élevé, il rabaisse la vérité à ses conceptions temporelles exiguës et s’efforce de tout faire pour s’empêcher la remise en question.
Voila pourquoi nous trouvons dans le monde des hommes de religions qui scrutent les écritures, essayent de trouver des signes partout pour se donner une justification à leurs croyances illusoires.
Mais ceci est fait en vain, car ils cherchent dans le limité ce qui réside dans l’illimité, ils cherchent en dehors d’eux ce qui est plus proche que leur propre souffle.

– Arnaud Desjardins

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