
Oui oui, on a choisi d’être ici. Tu t’en souviens toi aussi ? Moi non plus, pas toujours en tous cas.
Se souvenir, mais de quoi juste ?
Ici, au Québec, on nous rappelle de se souvenir jusque sur nos plaques d’immatriculation pour ne pas qu’on oublie.
Mais comme on dit, la mémoire est une faculté qui…
Maudit, j’aurais dû l’écrire aussi.

Avec notre faculté qui… de plus en plus faiblissante, c’est de quoi se souvenir qu’ils auraient dû écrire sur nos plaques, pas ce sacré slogan flou. Mais on va prendre note.

Tatie, ton thé t’a-t-Il ôté tatoo ? Excusez-là.
Mais dis-moi chère plaque d’immatriculation, ne pas oublier quoi au juste ?
Que la beauté vient sous diverses formes et tailles ?

Que de nombreuses batailles ont eu lieu sur ce territoire volé à des gens qui y vivaient déjà depuis bien longtemps avant que les Européens n’y débarquent ?


Que nous sommes un fantôme conduisant un squelette recouvert de chair et composé de poussière d’étoiles chevauchant une boule de matière filant à travers l’espace ?

Et que nous n’avons rien à craindre ?
Que nous vivons de nombreuses vies, affublés de nombreuses identités changeantes et que nous nous réincarnons à répétition ?

Pourtant, que faire du passé ? Ou devrait-on dire des passés ? Car le passé, même si on le juge souvent imparfait, le passé est toujours recomposé, de mémoires et de souvenirs. On dit même qu’en modifiant notre façon de concevoir le présent, ça ré-interprète ce que l’on a vécu. Pensez-y, mais pas trop car mon roman photo continue. Vous vous en souvenez de ces multiples photos avec des bulles de texte ? Comme des bandes dessinées avec du vrai monde.
Certains disent que le secret du changement ne consiste pas à combattre le vieux, mais à mettre l’emphase sur bâtir l’avenir.

Au fond, peut-être qu’on devrait se souvenir que le vrai présent, le grand cadeau est squeezé entre le passé et l’avenir mais qu’il est fuyant et changement, tout le temps. On doit l’attraper au vol et le laisser filer… et filer avec. Pour feeler un bon cotton.

Ou rider le feeling ou sinon c’est lui qui nous ridera. Et nous ridera.

Car comme l’affirme ci-bas Paulo Coelho, un jour on se réveillera et il ne restera plus de temps pour faire les choses qu’on a toujours rêvé de faire et qu’on doit les faire maintenant.

Car notre mort surviendra un jour ordinaire, avec une to-do-list incomplète, et le monde continuera de tourner sans nous. Alors vivons un peu. Ou beaucoup beau cou.

Non non je ne suis pas insignifiante cria la petite poussière…

Relaxe tipit, relaxe la vie prend soin d’elle-même, tu n’es même pas nécessaire.

Ah, je viens de me souvenir grâce à ce reminder que l’on vit dans un monde dans lequel les baleines sortent les autres animaux des eaux pour les protéger des prédateurs, que les corbeaux organisent des rites funéraires, où les arbres partagent l’eau aux plus faibles par les racines en temps de sécheresse, que les dauphins se donnent des noms, que les loups de mer se donnent la main quand ils dorment pour maintenir le contact et qu’un groupe de personnes assis ensemble en silence dans un état d’amour peuvent significativement faire diminuer le taux de violence autour d’eau.

Vous vous souvenez des corbeaux ? J’en parlais ici hier.

Tout ce blabla, mais je voulais vous dire quelque chose d’important. Schnout, j’ai oublié. Je vais aller contempler ma plaque d’immatriculation.
Ah non, j’ai retrouvé. Merci Osho.

L’amour, toujours l’amour.

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Vivre, cela signifie pour nous : changer constamment en lumière et en flamme tout ce que nous sommes ; de même aussi, transformer tout ce qui nous frappe ; nous ne saurions absolument pas faire autrement.
– Frédéric Nietzsche (le gai savoir) via Jean Gagliardi
… et dernier friendly reminder de notre ami Bashar :

