RIEN DANS LES MAINS RIEN DANS LES POCHES

Tu crains de perdre ce qui ne t’a jamais appartenu. Rien ne t’appartient d’autre que ton propre voyage.
– Shams Tabrizi

Hier, on échangeait entre nous sur notre groupe de méditation en ligne à savoir si, après toutes ces années à chercher à savoir qui on était, à se fouiller les entrailles de fond en comble pour se se trouver, se connaître, un peu, ou un peu plus du moins, où l’on en était. Pas si clair si on se connait plus ou mieux qu’avant. On se méconnait moins qu’avant peut-être tout au plus.

Et ce qui montait pour moi était que plus je cherchais, moins je savais.

Oh, je sais mieux qu’avant qui je ne suis pas, qui je ne suis plus, et même qui j’ai déjà pensé être mais qu’au fond je n’ai jamais été. Multidentités. Qui nous sommes et qui on pense être sont deux choses très différentes. En fait, peut-on vraiment être qui nous pensons être ? Ou ne sommes-nous pas qu’une pensée de qui nous pensons être ? Je pense donc suis ? ou ne puis-je être que ce que je pense être. Vous la pognez à peu près right ? Pas plus que moi, c’est OK. Complexe la quête de soi quand même. Pas certain qu’on va tout comprendre.

Dis-moi qui tu n’est pas et tu sauras un peu plus qui tu es. Kind of…

J’observe certaines personnes en dehors de moi et je sais très clairement que je ne veux surtout pas devenir comme eux. God forbid. Habituellement, ce sont des ils, qui ont beaucoup d’argent, du prétendu pouvoir sur autrui, mais ils dégagent quelque chose que je ne désire surtout pas devenir. Merci pour l’anti-direction messieurs les big shots de mes deux. Vous servez au moins à ça, à nous montrer ce que l’on ne veut surtout pas devenir.

Quand on cherche à se connaître, on pense qu’on va rencontrer quelqu’un, ou du moins quelque chose. On part avec une idée en tête. Bon chance. On cherche une sorte de noyau dur, notre visage originel, ou une petite part de Dieu en soi. Or something. Mais au fond, à force de chercher, de se chercher, on ne fait que courir après du vide, on ne fait que poursuivre qu’un bout imaginaire de Dieu, comme le chien qui court après sa propre queue. Ça risque de faire si on réussit à la mordre.

Pas certain si on peut réussir à se trouver en fait. Peut-être une grosse joke tout ça, qu’une grande course dans le vide. Il me semble que le chemin passe danvatage par un laisser-aller que par une acquisition de connaissances. Peut-être un peu d’expérience peut s’acquérir, amis surtout une perte d’illusions.

Il me semble qu’on ne peut pas se trouver, on ne peut que laisser tomber qui nous ne sommes pas, en abandonnant nos illusions, nos idéaux un peu trop illusoires et romancés, nos multiples idées pré-conçues. On ne peut que se découvrir car une investigation lucide et réaliste de ce qui regarde en soi.

Car si nous n’étions rien au début de la vie, très possible qu’on ne soit pas beaucoup plus à la fin. On ne fait que passer. Car la ligne d’arrivée n’est peut-être que la ligne de départ ?

À force de chercher en dehors de soi, on se rend compte que la quête nous mène de plus en plus en soi.

Nous sommes un témoin de la vie qui passe, autant en soi qu’à l’extérieur. On se rend compte plus qu’on se rencontre. Car nous sommes soit JE, soit MOI. Tout part de JE, fait le tour du monde et revient à MOI. On ne peut peut-être pas vraiment être les deux à la fois. Je suis, ou tout est moi ?

Que quelques questions fofolles pour titiller le mental.

On ne peut jamais réellement se connaître tout à fait car on change sans arrêt, tout le temps, sans cesse. Nous sommes changement constant, du moins témoins du changement constant qui prend place en soi comme en dehors. Ce qu’on appréciait peut-être jadis et qu’on pensait nous appartenir, on n’apprécie plus nécessairement aujourd’hui car tout change, tout flow.

Nous sommes des observateurs/trices du monde entier, de l’évolution du monde. Évolution, dévolution ou révolution ? La question se pose. Le changement du monde perçu du moins. Pour le meilleur ou pour le dire.

Toujours plus facile de regarder vers l’extérieur car en soi, c’est souvent noir, sombre et inconnu. Et s’enfarge dans le mental qui roule à toute vitesse, droit devant comme en rond. Là qu’est la première paix à faire. Celle avec son propre mental qui est un excellent esclave mais un impitoyable maître, si on le laisse prendre le contrôle.

Et à force d’investiguer, à force de se faire une place en soi, de s’y tracer un chemin, on commence à trouver un ou des endroits pour s’y réfugier, un ou des endroits d’où regarder le monde aller, à l’abri du show out there, au chaud en soi, repère en soie.

Au fond, nous ne sommes peut-être que des fenêtres ouvertes sur le monde, par lesquelles tout passe si on n’accroche pas, si on ne les condamne pas. Les fenêtres, comme les situations. Mais comme on accroche toujours à certains endroits plus qu’à d’autres, on doit s’arrêter où ça bloque, où ça coïnce, et regarder, sentir, réfléchir. Fléchir, et réfléchir. Et y respirer pour faire passer l’air du temps.

Nous ne sommes peut-être qu’un tas de noeuds pas encore défaits, pas encore dénoués, ni dédouanés. Pris à la frontière entre le connu et l’inconnu. Petit moi et nain connu.

Peut-être sommes-nous au fond qu’un gros noeud à défaire, de vieilles histoires qui se sont réincarnées à notre naissance, revenues dans notre ADN, des histoires que l’on traîne depuis de nombreuses années ou vies, et qui demandent résolution.

On cherche des solutions quand on fond ce dont a besoin sont peut-être plutôt des résolutions à des conflits ancestraux non-résolus.

Ci-bas, quelques témoignages de sages autochtones qui nous éclairent sur notre relation avec la nature. Car nous ne sommes ni plus ni moins que des éléments de la grande nature, des enfants de la Terre, là où notre corps retournera éventuellement, en terre, ou dans les airs.

Quant à notre âme, encore le grand mystère. Ce que nous sommes peut-être ?

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