
Vous aussi ? Alors nous sommes au moins deux. Trois en fait, la madame, vous et moi. Mais sincèrement, considérant tous les aléas de la grande vie out there, je pense que c’est probablement le cas de la plupart d’entre nous à vivre la vie à peu près comme ça.
J’adore l’expression anglaise ish qu’on rajoute autant aux rendez-vous – ça donne du lousse – qu’aux explications. J’ai traduit par à peu près mais l’anglish sonne mieux je trouve dans ce cas précis…
ish diront sûrement certains lecteurs-trices… ish en effet… comme relish, selfish et quel ish.
On fait tous et toutes du mieux que l’on peut avec les moyens du bord que l’on a à notre disposition. Ce qui est plus que la plupart des gens. On s’occupe de soi et de nos proches avec le plus de soin que l’on peut y consacrer. La plupart du temps. Même si souvent on manque de temps pour tout faire ce que l’on voudrait faire. On court beaucoup alors qu’on devrait ralentir. Parfois on se pogne à temps, parfois pas.
Quand on regarde en dehors de soi, on constate que le monde brasse en ta. L’environnement, les guerres, les inégalités, les jeux d’égos un peu dégueux des joutes des politichiens et de leurs maîtres à dicter, les gens qui vivent dans la rue, la suffocation économique d’un nombre grandissant de nos frères et soeurs. Et on trouve quand même le moyen de se plaindre. Faut le faire. Ou arrêter de, c’est selon.
Personnellement, à chaque fois que je constate une crise quelque part, que ce soit un tremblement de terre ou une inondation, je voudrais aider. Parfois je le fais, mais toujours selon mes modestes moyens. Chacun.e nos priorités et nos causes. Mais toujours à la mesure de nos capacités. Et de notre volonté. Comme de nos choix.
Vivre aujourd’hui est clairement plus complexe qu’auparavant. On doit se dépatouiller dans un monde de plus en plus complexe, multi et de plus en plus rapide. Je n’ose même pas imaginer comment font les parents aujourd’hui avec la gestion des comms de leurs flots et les machines à images miniatures. Me semble que ça devait être plus simple avant d’être parent. Pensées vers vous si avez encore le temps de lire.
La vie devient de plus en plus à peu près, de moins en moins simple et facile, même si la mienne n’est sûrement pas la plus complexe. On doit apprendre à se méfier de – presque – tout, chaque coup de téléphone représente désormais un potentiel risque de fraude, chaque vidéo peut être fake, chaque nouvelle arrangée avec le gars de la vue en question.
Dommage que de nos jours, on ait à enseigner à nos enfants la méfiance, comme d’être toujours sur ses gardes. Ça me semble pourtant le propre de l’enfance de développer sa confiance en soi et dans le monde. Le discernement, OK, mais pas la méfiance bout de cierge. L’esprit critique et le discernement, sure, mais la peur et la suspicion face à presque tout ce qui bouge, no way José.
Et pourtant, c’est à peu près le monde à peu près dans lequel les enfants doivent apprendre à vivre aujourd’hui.
Malgré une certaine nostalgie, on doit faire avec. On doit vivre en fonction du monde dans lequel on a choisi de vivre. L’a-t-on vraiment choisi ainsi ? Certains disent que oui, d’autres que non. Que sera sera. Votre opinion vaut la mienne. À peu près. Exactement.
Et rendu à un certain âge, à un âge certain, on vit la vie du mieux que l’on peut la vie, on vit de plus en plus à peu près, selon nos moyens. Nos grandes certitudes foutent le camp, nos idéaux se simplifient, l’humilité croit et on revient à une simplicité de vie. À une intelligence naturelle.
Et quand le monde se complexifie et devient too much, rien comme revenir à la simplicité. Genre ces ptits messages Taoïstes.




___
Et je me permets de poster ici la chronique FB de François Gourd de ce Jeudi 17 septembre 2026 car ce matin, bouché-bée, il dit exactement cet à peu près existentiel avec les mots des autres.
Quand on a rien à dire car on sent que notre intuition est atrophiée par la bêtise humaine.
Alors on fait un silence au fond de notre cœur et on écoute le cœur des autres qui savent dire mieux que nous.
Il existe une forme de tristesse qui naît du fait d’en savoir trop, de voir le monde tel qu’il est vraiment.
C’est la tristesse de comprendre que la vie n’est pas une grande aventure, mais une succession de petits moments insignifiants, que l’amour n’est pas un conte de fées, mais une émotion fragile et fugace, que le bonheur n’est pas un état permanent, mais un aperçu rare et fugace de quelque chose auquel on ne peut jamais s’accrocher.
Et dans cette compréhension se cache une profonde solitude, un sentiment d’être coupé du monde, des autres, de soi-même.
– Virginia Woolf, Vers le phare
La rencontre est le but et le sens d’une vie humaine.
Elle permet qu’on ne la traverse pas en somnambule.
Quand mes yeux se fermeront, ils le feront sur une immense bibliothèque constituée par des visages qui m’auront ému, troublé, éclairé.
Un visage est éclairant quand un être est bienveillant et qu’il est tourné vers autre chose que lui-même.
Le soin qu’il prend de l’autre, l’illumine, le rend vivant.
Il capte une lumière et la renvoie.
C’est quelque chose de rare.
La richesse de cette vie est faite surtout de visages et de quelques paroles.
– Christian Bobin, L’homme joie
Les artistes sont des capteurs d’énergie, des capteurs d’états d’âme, emprisonnés dans un monde, celui-ci, représentant un monde riche de partage, le sien, ayant soif d’absolu.
L’artiste a le désir d’améliorer la condition humaine, la sienne ou celle des autres et désirant un changement vers un cap d’élévation de la conscience humaine, vers le bien et le bonheur, sans maîtriser la technique comme un enfant qui ne sait pas encore parler. L’artiste suit son chemin, le sien.
– Louise Hubert
Il fut un temps où le silence s’en alla en bateau pêcher du soleil pour remettre au monde du beau, car du beau, il en faut tout plein pour que l’homme, la femme, l’eau prennent la source pour retrouver du encore plus beau, pour que ça prenne la place de ce qui fait mal au dedans du dedans.
Y’a comme des silences très silencieux, des silences qui coulent en bateau, des politiques sans noms, sans mots, de l’idiot, du rien dans le sac à crème à glace.
Ça vire carré par boutte, tout est rond, pourtant ça prendrait du neuf, du c’qui sort du rouleau; on a juste besoin de vivre, de rire, de sauter comme sur le dos d’un chameau, d’partir se monter un projet pour mieux danser, d’écrire, de s’envoyer des cartes postales, des dessins animés, de décompresser, d’allumer l’allumette, de faire des feux pour se retrouver quek’part dans un bon temps rempli de remplitude, de beau sentier à marcher pour danser autour d’une belle tomate qui goûte la tomate sur un nid de mayonnaise, étendue sur une toast merveilleuse.
Le silence est froid parfois, on le veut chaud, totalement rempli d’espoir et d’humanité.
L’automne rougit, la tomate est mûre.
– Daniel St-Laurent
